boudi's blog

une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.

09 septembre 2008

Esquisse du prénom

Il y'a ces couloirs longs, qui ne se doutent de rien. Le décor n'est pas à la hauteur, le décor ne se colle pas à ma peau. Le train ne va pas assez vite, le train s'arrête, me nargue, les gens ne me regardent pas, le sens n'est pas à sa place. A l'intérieur, je visite mon impatience. Regardez-moi, je pars, j'arrive. Je vais la chercher. Silencieuse comme un jour de février, sous la pluie.

L'instant est calme. Ses yeux sont grands, ils étouffent une peur qui bat dans les poumons, ils encerclent un sourire timide qui tremble sous la langue, ils ouvrent grand les paupières comme une bouche pour engloutir votre corps qui arrive, pressé, souterrain, poli. Et vous, et vous, et vous, bien sur, bien sur, tout doit s'accélérer, les mots, ici, là bas, les mots d'autrefois, de ces jours là, bien sur, vous, qu'attendez-vous, les mots mouillés par un regard inconnu, défaits par un sourire silencieux. Bien sur, vous attendez, que les mots trahissent. Non, rien, j'ai croisé mon ombre. Stop. Seulement les trajets sont lourds, seulement les trajets peuvent décrire, ensuite, je suis incapable, je suis l'impuissant, je suis celui qui descend dans le lac, qui ouvre la bouche dans l'eau, qui s'étouffe avec son sel. Ensuite, je suis incapable, les mots ne vont pas assez vite. Bien sur. Je suis incapable de dire, la surface d'un rire, des cheveux solides sur un visage plat, incapable de lui prendre la main, de la regarder sans penser. Sans penser que. Par la fenêtre, elle imagine, des mots, des phrases, des littératures oubliées, qu'elle imagine. Pourquoi. Je suis incapable, bien sur, vous, vous attendez, mais je suis incapable.

Il y'a eu cette scène :

la chambre est seule, la chambre est serrée. Je la reconnais, je ne la connais pas, mais je la reconnais, je la rencontre. Il y'a le bois, sage, et les photos accrochées avec empressement, les photos impatientes, les photos immobiles qui traversent les murs. Il y'a une armoire en bois, fermée, qui semble n'avoir jamais été ouverte, l'armoire interdite, l'armoire du désordre. Dans ma tête, c'est l'armoire qu'on n'approche pas. C'est ça. Maman disait que. Elle avait raison. Il me fallait des interdits. Ca sera l'armoire, et ça sera sa main. Sa main droite posée à côté de moi, comme un animal apeurée, fraîche et nouvelle. J'imagine sa nuque endormie sur l'oreiller, je ne la vois pas, mes cheveux cachent mes yeux, je ne vois pas sa nuque, sa peau, mon visage est penchée, je ne vois qu'une main. Une main qui n'est pas une main. Une main déguisée en main. Une main qui ressemble à une attente. J'imagine l'odeur, j'imagine la moiteur. Je ne vois rien, je ne sens rien. Il y'a mes pieds qui se frottent, l'un contre l'autre, à l'autre bout du lit, ma peau qui se détache, mes pieds gorgés d'eau de la douche, d'eau parfumée, mon tee-shirt qui se soulève au dessus du bassin, une langue silencieuse portée entre deux lèvres. Il y'a une main et un corps que je ne vois pas. Je ne me retourne pas. Et commencer. Commencer le travail. Commencer le travail, du désamour. Retenir, tout retenir. Cette scène, où je dois tout retenir. L'odeur, la forme de l'armoire, la couleur des draps, le trouble du plafond, le silence de son sommeil. Ne rien oublier. Retenir, la nuit derrière la vitre, qui nous regarde, qui me questionne. Je me bouche les oreilles. Tais-toi. Vite, s'approcher de tout. S'approcher du départ, de la main, de la lune, du miroir fleuris, des bougies éteintes, des dentelles qui essaient de deviner. Taisez-vous. Je voudrais que les éléments se taisent. Je suis dans mon action. Je suis dans l'émotion brouillée. Il y'a cette scène donc, et cette fille, en face, cette actrice, qui remonte sa robe, qui empreinte les traces, de la nudité. De ma nudité, que j'ai oubliée, en venant ici. Je ne parlerai pas, je ne bougerai pas, je ne me déshabillerai pas, je ne pleurerai pas, je serai mélangée. Je serai poli. Il y'a cette scène, de ma première insolence : tout retenir, pour m'oublier.

Et puis, il y'a cette autre scène :

La salle de bain est moite, de partout. J'ai les pieds humides, je fais des traces sur le carrelage. J'ai la peau qui glisse. La porte est fermée, le miroir est embué. Je reste, là, silencieux, dans cette petite pièce qui tombe de mes gestes. Je fais glisser sa jupe le long de ses cuisses. Je troue des collants qui s'emparaient de deux mollets mouillés. Je retire un tee-shirt blanc doucement, je ne brusque rien, je soulève les bras pour le faire passer par la tête, ses cheveux se collent à mon cou, à ma bouche, à mes pommettes, l'odeur du shampoing me courbe la nuque. Je lève la main, et d'un doigt, je parcoure tout le long de la pièce, je touche les murs de la salle de bain du bout du doigt, je veux ressentir, la matière, le parcours de la peau. Mon doigt se courbe devant les plaques de carrelage froid, le ciment est docile, il laisse passer, ma trace. Arrivé à la fenêtre embuée, j'écris son prénom, [...] , mes lettres glissent, sûres d'elles, arrondies, penchées, [...], légèrement, sans appuyer, la buée se laisse effacer, amoureusement, jus d'air, esquisse du prénom.

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31 août 2008

Suce des géants et des nains.

Bien sur, vous attendez, le poing qui s'en va fissurer le miroir, la pluie qui vient effaçer le prénom inutile, la peau qui vient vous expliquer. Non. Non. Elle vous explique. C'était calme, c'était doux. C'était. Ca n'était pas comme ça. C'était sous terre. Sous peau. Je ne sais même pas si c'était. Taisez-vous. Je ne veux plus de questions. Les pierres par la fenêtre, ouvrent grand leurs oreilles. Il n'y a rien à entendre, il n'y a pas de bruits, il n'y a que des murmures, que ses murmures "Si je te laisse seule, maintenant, je me laisse seul aussi". Il n'y a que des nuits sage, des lumiéres faibles, ses cheveux qui coulent le long de mon épaule, ma main qui cherche son front, l'odeur des filles, il n'y a pas. Taisez-vous. Ce que vous attendiez. Le plafond laisse dégouliner ses curiosités. Non, retiens-tout, je ne veux pas, de ton liquide curieux, impatient. Il n'y a pas de violence. Retiens ton humidité, je n'ouvrirais pas la bouche la nuit, tu ne m'atteindras pas. Rien de ce que vous attendiez. Juste son sourire derriére ces petits airs de petite fille, des petites mains qui regardent les miennes, juste un silence poli à travers les draps, juste un baiser pour la nuit, juste des yeux qui ne sont pas perturbés par une frange trop longue et insolente. Il y'a juste, des choses qui s'ajoutent, qui se déplacent. Il y'a juste, son amoureuse, et son sourire que j'imagine se mélanger sous les doigts de M. Il n'y a pas. Elle dit peu. Elle a le silence épais. Il n'y a pas. Jusqu'au départ. Il y'a le départ. Taisez-vous, laissez moi finir. Il y'a le départ. Là, je dois réussir à l'écrire. Il y'a juste la violence du départ, caché. Pourquoi. Je ne comprends pas pourquoi. Laissez-moi l'écrire. Laissez-moi me dire que vous ne me lirez pas. Je ne comprend pas pourquoi, partir. Partir comme ça. Non, je ne peux pas. La gare est inondée. Les visages sont en attente. Les vitres du train nous regardent. Les costumes des hommes se déchirent. Les souliers des petites filles ont les lacets défait. Les rouge à lèvres s'écaillent. Les salive retournent dans leurs gorges. Le ciel passe son œil à travers des gouttes de pluie d'argent. Les braguettes s'ouvrent. Les mains se cherchent. Les corps sont en attente, haut perché, ils nous scrutent. Les ampoules se cassent, en silence, leurs débris s'écoulent dans les décolletés. L'hiver s'éteint, s'installe, tranquillement, il attend, le moment venu, il attend, c'est son film, son histoire, son manuscrit, son scénario. Il prend son temps, il nous regarde, il s'impatiente de son moment. Les parfums sont brisés, les amoureux se séparent, les ventres se tordent de nervosité, le vent suis notre mouvement, inconscient. Pourquoi je suis parti. Pourquoi je suis parti comme ça. Les hanches se brisent. Les trains attendent de démarrer. Les valises se vident. Inconscient, je suis inconscient, de partir, comme ça. Non, je ne peux pas. Laissez-moi, attendez, je n'ai pas fini. Je dois pouvoir l'écrire. Je dois pouvoir retrouver. Partir, comme ça, pourquoi, je ne peux pas, c'est impossible, je ne peux pas m'oublier à ce point, je ne peux pas nous oublier, je ne peux pas. Alors pourquoi. Qu'est-ce qui me prend. Qu'est-ce qui me prend de partir comme ça, avec ce sourire, avec ce calme. Avec ce sac sur mon épaule qui s'attarde lourdement, ses cheveux décoiffés, ma frange qui ne se met pas en place à cause de l'humidité de la pluie, ce manteau sage qui tombe, mon parfum qui ne se remue pas. Partir, comme ça. Calmement. Pourquoi. Je ne connais pas mon rôle, je ne reconnais pas mon texte. Je ne devais pas. Je ne devais pas jouer ce rôle là. Moi, je devais jouer la force, je devais recevoir la gifle, je devais ouvrir les bras. Comment ça se fait. On s'est trompés. Pourquoi. Rendez-moi, mon texte. Je ne suis pas dans mon jeu là. Le décor va tomber. Moi, je devais. Alors pourquoi je ne le fais pas. Pourquoi je pars comme ça. Il y'a un problème, on s'est trompés. Revenez, donnez moi les mots, les phrases, donnez-moi l'ivresse, donnez-moi les pleurs qu'il faut, donnez-moi le visage qu'il fallait. Pas celui-ci, pas celui de l'indifférence, pas celui du départ indifférent, pas celui que j'ai en ce moment. Donnez-moi les gestes, de la puissance. Ceux qu'on m'avait réservé. Attendez, ne partez pas, et vous, les trains, ne démarrez pas, attendez, je vais trouver, quelqu'un qui pourra me donner, mon rôle. Mon rôle qui m'était réservé. Attendez, non, ne partez pas. Je n'ai pas encore fait ce qu'il fallait. Redonnez-moi les baisers qu'il faut, l'événement que j'avais inventé. Restez, ne partez pas, je vais trouver, faites-moi confiance. Pourquoi je pars comme ça. Ça ne fait pas partie de la scène. Je suis peut-être trop dans le désamour. Je suis peut-être trop dans la politesse. Je suis peut-être trop dans la politesse. Pourquoi. Vous, Madame, tendez-moi un texte qui bout dans les entrailles, une phrase, un geste. Venez. Partir comme ça, ça n'était pas pour moi. Partir, comme si, j'allais la revoir demain. Comme si, je ne l'avais pas aimé. Comme si. Alors partir, dans un rôle qui n'est pas le mien, avec un texte vide, partir, la regarder, savoir qu'au fond, on ne nous a pas enseigné, ce qu'il fallait, mais savoir qu'au fond, on savait, que le calme était déguisée, et dire ensuite "ce qui me manquait c'était le départ parfait

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25 août 2008

La vie s'en va.

Je me régale de vos genoux assombris par les rayures du zébre qui du haut de son perchoir fait des signes humides avec le mouchoir de la liberté pleins de larmes Qu'est-ce que ça peut vous faire à vous si ce que je dis vous touche le menton les sourcils ou les fesses Je ne demande pas qu'on me laisse tranquille Je demande au passant quelle heure il est dans son corps je régle les pendules du mien et c'est vrai que la mort c'était bien On revient des voyages avec les joues froides et dans ton frigidaire il y'a des odeurs d'amour congelé On dit que la voisine est jalouse du serpent que j'avale et qui me ressort par le nez mais qu'elle entre elle aussi dans le pays des cinglés où les cintres se battent avec des habits de mousse Ce qu'on pense est déja un vieux souvenir politique Mélanger les mots à la vapeur sur mon sein la Palestine qui hésite entre rouler dans l'herbe ou franchir le sommet Une langue fontaine tourne autour du point zéro Celui qui pointe sa siréne gelée dans des mains d'holocauste Mes premières naissances sont venues jusqu'a moi Danser sous les réveils n'a pas fait venir le jour qui de son prix augmenté est allé se ranger dans un supermarché glamour.

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29 mai 2008

L'idéal singulier.

M

Loin.


Il y'a un conseil taillé au marteau : tu ne devrais pas lire de poésie dans la nuit. Les femmes qui se regardent dans les vitrines, en inspectant leurs cheveux. C'est que le ciel je peux le prendre entre mes mains, le secouer, et vous le balancer à la figure. Je trouve ça ridicule et pourtant, je fais de même : je me regarde. Est-ce que j'espère me trouver laid ? Plus j'entends Baudelaire entre tes lèvres, plus je commence à trouver qu'il est tard. Je n'aime pas la poésie, tu comprends. Je n'aime pas les femmes qui se regardent et je n'aime pas la poésie. Si l'on me demande si j'aime les mots, je répondrais que oui, mais ça, c'est une réponse instinctive. Par instinct, j'aime les mots, par principe, je ne les écris pas. Les mots que j'aime, je ne les ai jamais écrits. Je te les dis. M. Les mots. Je les dis avec la gorge nouée. Les yeux, tes gifles. S'il fallait que j'écrive un livre, ce serait un scandale sous la forme d'une silhouette, que vous croiseriez dans les couloirs sombres : on sentirait la présence mais on ne distinguerait pas ses formes. Il y a notre différence. Quand j'hurle, c'est sur tes plaies. Parce que tu es avec moi. La partie manquante. Toi. Alors quand Maupassant dit "L'homme s'approche", je ris, la littérature m'ennuie. Je n'ai que faire de votre intelligence. Je n'ai que faire de savoir si je suis un homme ou une femme. Je sais que je veille sur toi avec une hache en bois, attendant la sentence. Je sais, la plus belle des destructions  La construction, nous. Si je vous croise, je vous plante un revolver mou entre les deux yeux. J'attendrais que vous pleuriez. La Vie se taira, et je descendrais dans le ciel pour y retrouver les trains que j'ai raté. Avec toi. Un homme, c'est un assemblage comique. La sagesse, est une maladie un peu sombre. Dans les pharmacies, on ne vend pas de médicaments pour les prudents. Prudence, reste anéantie dans ta tâche, moi je ne veux plus me regarder dans les glaces pour savoir si je suis beau, je veux savoir que je suis laide.

A partir de ce moment là, je ne perdrais plus de temps, je cours, en frappant dans le dos des beautés immobiles et grossiéres, j'enmènerais dans ma course, les lamentations fades.

Défais toi de ton éducation. Arrête de te tenir droite, comme si la courbe de ton dos ne devait pas se casser, sois avachie, courbe tous les os, casse-toi en deux, défais ce que tu peux de noeuds, mange avec tes mains et mets de la terre sur leurs tables propres, mets ton nez dans ton verre, et jette ton assiette à terre, casse, arrête de poser gentillement tes mains sur tes genoux sous la table, met-les dans ta bouche, lave-les après manger, dans la bouche des autres, ne sois pas si fièrei, jette-toi des ponts, trouve-moi misérable, trouve-toi merveilleuse, continue de ne pas idôlatrer ces gens qui sont rentrés dans leurs épaules droites, "arrête de fermer les portes par politesse laisse-les grandes ouvertes" c'est ce que tu me dis. Qu'on entende tout, arrête de te taire, et parle, parle, dis-ce que tu as à dire, et même, le reste.

Quand vous lisez, je vois votre éducation, et je regrette déja d'écrire.

A l'envers, ça donne :

Vivant il-croit se, mais, probléme de pas pose me ne ça, mort sois je Que. dire rien veux ne je que et mort suis je que dit qui celui c'est, j'enmerde que un bien a en'y il's Et.

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12 mai 2008

[ Sans visage, dévisage. ]

moi
Ca doit être l'été. Le bel été. Aujourd'hui je confonds, "ça ne peut plus durer, ça ne peut plus durer". Je confonds les gestes et les crimes. J'ai la peau sur l'os. La peur sur la chair. Dur. Je suis un jus frais, je t'épouse, ferme les yeux. Ferme les yeux. Ferme les yeux. Ferme les yeux M, tu me retrouveras dans le noir, silencieuse, sous ta mâchoire qui efface. On ne peut pas récupérer, un souvenir amoureux, sous une pleine lune indifférente.
Je ne me montrerai pas. Les enfants se noyaient dans les flaques. Ton coeur coule à travers les barreaux d'une grille. La grille verte à l'entrée de mon jardin. Le coulis empêche les passants de passer sur le trottoir. Empêche les hommes de venir me tuer une seconde fois. C'est l'hiver qui fait son effet. Il barricade. Il protége du bonheur. Il claque mes dents sur les digues du Nord, et les arrêtes des poissons me fendent les côtes. J'arrache ton écorce pour la grande occasion : l'été.Il ne faut plus, l'hiver, le froid, la neige, les lumières, le noir. Il ne faut plus, que je pense à ça. Vite l'été. Tout doit revenir. Le bruit des marteaux sur le chantier au goudron suant. Tout doit revenir, la trace des pas quand on court, la terre qui gratte de sécheresse sur les cuisses, le tee-shirt qui colle sur le dos des filles en été, les marins qui s'embrassent sous le tunnel en secret, les gares qui ne tiennent pas leur promesses, le calendrier qui se défigure, les couloirs de l'Université qui se dérobent sous le bruit des rires, suivre sans réfléchir, attendre de voir son ombre approcher par la fenêtre du dernier étage, tout doit revenir, les insomnies éteintes, l'alcool sous le lit pour violer la gorge avec mon rire nerveux, le Lac là bas, la nuit, le jour, l'été, avec le son de ta guitare, et le gôut de mes pleurs dans la gorge, à l'intérieur, l'intérieur, d'une maison, d'une poche, d'un livre, l'été c'est l'intime, le gôut des larmes dans l'assiette, les moustiques qui s'enfuient les ailes gonflées de sang volé, c'est revenir en cercle et humilier, toujours, en profondeur, humilier un paysage qui dégouline de chaleur, qui dégouline de beauté, une peinture fondu. Vite vite, va t'en hiver. Tout doit revenir, la café de C. qui s'arrête de respirer en me voyant approcher, les coulisses d'un amour perdu, la capuche de son imperméable qui recouvre mon visage entier, l'étouffement, le corps qui s'allonge sur l'herbe mouillé en fermant les yeux sur ce qui se prépare, sa voix : "c'est dangereux dans le noir" "oui mais il fait jour" "dés que tu fermes les yeux, c'est la nuit, tout est toujours dangereux, toujours, dans le noir, avec tes yeux sombres". Tout doit revenir, la peur dans le train des mains qui aggripent, l'odeur des cigares indifférentent à mon chagrin, la cloche de l'église qui sépare ma nuit de ma journée, mon amour de mon regret, ma raison de mon visage, tout doit me revenir, même la vague qui t'arrive dans le nez et que je ne sais pas arrêter à temps. Tout doit revenir, ton sommeil qui bave dans mon corps, mes bras qui ne savent pas t'encercler pour la nuit, le froid qui coupe ton désir.
Vole en éclat, achéve ta violence sur moi, rends-moi mon visage. Va t'en hiver épais bombé d'essence, je suis le gosse humide qui cache tes cadavres sous ta neige sale. Je suis ton vestige. A l'intérieur, il y'a ta destruction, l'été va réparer ma censure. Tout doit revenir, ton poing contre la fenêtre, les bouts de verre si lourd que je retrouve entre mes reins, tout doit revenir, le secret des maillots de bain salé, le souvenir d'une main qui ne touche pas, qui ne touche plus, déja. J'ai la main incapable de toucher. Rends-moi mon visage M. On voit mes os. Je suis la misére fragile que tu glaçes avec un vent amoureux qui ne tient pas entre les branches. La nature me protége, la balcon se fend. Je perd mon visage, je fouille, dans l'eau glaçée, dans la sueur de tes promesses, je cherche mon visage dans mes souvenirs. Je me souviens pourtant, pourtant je me souviens, d'une bouche, des yeux, bleus, la bouche était pâle, perdue, elle savait parler, c'était mon accusation, la langue de massue. Je cherche, j'avais un visage, où est-il. Rends-le moi. Avant que le soleil ne grille mon sang. Le sang qui monte à la tête. L'hiver me prend par les pieds, la tête en bas, je perds mon visage, comme un chapeau, il tombe, il vole, il s'enfuit, à quatre pattes, avec le vent, avec la tempête, mes bras dansent dans le vide, je le cherche, le sang me monte aux joues. L'hiver est irréel. Tout doit revenir. La lumière qui se noit, qui se concentre. Tout doit revenir, son odeur, ses paroles. Et tes cuisses, tes cuisses. Arrachées. Arrachées. Je les vois, arrachées du corps, en dehors, les cuisses. Tu vois, je délire. Je vois les cuisses arrachées du corps. Je vois un couteau dans le bas-ventre qui gesticule encore, sous les boyaux passionnés. Vite, reviens je perds. Je perds la raison, comme j'ai perdu mon visage. Je me souviens d'une nuit dans un cri, alors tout doit revenir. La réalité. Je dois retrouver, ma vérité. Les montagnes qui se décomposent en poussières, l'enveloppe qui ne s'ouvre plus, le bal des accidents. J'ai perdu mon visage, dans la nuit du 11 mai, sur le quai. Sous un train, le soleil est né Ses rayons ont transpercé mes yeux, j'ai perdu la vue, j'ai pas vu mon visage qui partait. Il est tombé. Hiver, rend-moi l'été. Ces souvenirs, mon souvenir. M, rends-moi ma précipitation, son geste. Rends-moi ce qui m'appartient. Ma mémoire.


Ils disent "amoureux".
Je réponds :
"Mais amoureux, ça veut dire quoi. Ca veut dire stupide, ça veut dire non, non non et oui. Ca veut dire chaque nuit, chaque nuit ça recommence, ça veut dire se souvenir, ça veut dire vide, seule, amoureux ça veut dire adolescents, ça veut dire 20 ans, en plein dedans, ça veut dire, manquer."
Elle demande : "Que deviendra l'amoureux ?"
"L'amoureux, se souviendra de l'amoureuse. J'aurai la racine amoureuse. Une racine fraîche, sans eau pourtant. Une amoureuse en apprentissage".

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10 mai 2008

Les noyés ont encore beaucoup d'air

N

Je me mets à table et je crache du sang. J'aurais voulu te protéger, tu sais, comme on se recouvre de calme, pour passer la nuit. Eviter l'écriture qui suce du foutre.
Il y'avait des caméras éteintes, sous les tables. Des chats qui crèvent dans des sachets. J'ai lu, quelque part, dans un corps, qu'il faut arroser l'arbre. Liberté, c'était écrit dans l'invisible. Des prisonniers qui soufflent et qui se tiennent la main. Ce sont des images qu'on t'offre comme du feu. La voisine a beau se concentrer, elle perd son orbite. On t'offre des images concentrées, fantastiquement. On te souffle des tempêtes en plastique, avec des branches cuites et des orages en nylon. Le vrai, ici, à la porte des bras. Et il y'a un homme, qui va bientôt mourir, sa peur est grande ouverte, sa panique coule entre ses dents, il va mourir. F. Ce sont les anonymes, qui meurent. Ils sont en miniatures, dans les cadeaux bien emballés, ce sont des jouets de la violence. Des images qui s'échappent, d'un sac poubelle en fer. Froissée dans la salle de bain, la maman aura beau se concentrer, elle perdra son sang. La mer, on te l'a inventée, tu peux passer en dessous, si tu te concentres sur ma main. Il n'y a pas de soleil qui parle aux enfants, il n'y a pas de poésie, il n'y a que de la concentration. Quand je me réveille, il y'a du sang sur l'oreiller, des flammes dans les baisers. Il y'a la Grande Gueule du ciel, qui avale nos têtes. On te suçe le ventre, et je ne voudrais pas te voir rire. J'aurais voulu te protéger. Il y'a une porte au bout de la rue, où il est écrit "la révolution pluvieuse". A l'intérieur, le brouillard, et le plafond, qui pleut. Un bossu qui vous acceuille, avec le drapeau de sang planté sur la bosse. La révolution, c'est par ici, Madame. Détendez votre bouche, déshabillez votre peau, fermez vos yeux, c'est dans le fond du magasin. Ici, on ne se protége pas. Ici, c'est la vie dans tous ses états. Une main béante, saignante, puante, pendue en plein milieu de la pièce, à une corde pleine de mouches. Tapez dans la main, faites tomber les derniers ongles de la mort. Gardez vos yeux fermés. Les épées sont noyés, les guerres sont achevées. C'est l'endroit de la révolution. Les moeurs sont humiliées. Vos tabous sont décapités. Est-ce qu'il est tant d'avoir peur. Il était, écrit, liberté, dans l'invisible. La peur, en dehors d'ici Madame, on ne la ressent plus, dehors ils sont morts. Morts. Vous voyez ce que je veux dire. Ils mettent des gants pour faire l'amour. Les mains sont sourdes de ce qu'elles ne peuvent attraper. Le peuple enlève la tête des ennemis, avec un tire-bouchon pourri. Et toutes les têtes, toutes, sans exceptions, même les exceptionnelles, toutes, servent de tapis. Dehors les scènes se répétent sans fins. Et ça, ça, on en a conscience, dehors ils le disent comme des automates, comme des monstres eux, ce que nous ne sommes pas "ce que je vis, je l'ai déja vécu, ce que je dis, je l'ai déja dit, ce que je fais, je l'ai déjà fait, ce que je ressens, je l'ai déja ressenti, ce que j'ai avalé, je l'ai déja avalé, ce que j'ai pleuré, je l'avais déja perdu". Et nous on découvre, nous on invente entre nos yeux, les mots, la vie, la paroles. Mais dehors, les morts n'ont pas d'action. Les jours s'accouplent avec les nuits accroupies dans un ennui de morgue. On s'ennuie avec les morts Madame, on s'ennuie. On retrouve leurs bouches dans leurs bières, et les jambes des femmes assises, se fendent quand elles se lèvent. Le sexe des femmes debout se cachent dans des artères en bois. Le sang, il n'y en a plus depuis longtemps déjà en eux. Dehors ils n'ont plus de piles. Ils ont des oiseaux affolés dans leurs usines, des flèches dans leurs cheveux. Ce sont des morts, qui ont vécu cent morts. Ils se tuent entre eux, mais ils sont déja morts. Des morts, avec des deuils dans tous les coins de leurs pièces. Ils n'ont plus de place, dans leurs lettres. On retrouve des Dieux un peu paumés dans leurs urines. Ils se pendent à leurs canapés dans leurs rêves les plus fous. Ils ont des désirs conçus dans les mystéres de l'ennui. Leurs taureaux n'ont plus de cornes. Comment voulez-vous qu'on éventre, leurs vies. Ils se protégent de tout, dehors. Bien sur, ils ont des ivresses minuscules, des esprits souterrains, des foetus haletants dans leurs draps. Ici, tout ça, ça ne suffit pas. Ici, vous êtes dans le magasin de la révolution. Et si il pleut, c'est justement, pour que l'on ouvre pas, les parapluies. Ici, on ne vous surveille pas. Les régles sont sans dessus sans dessous, à l'oeil des exhibitionnistes, sans sens. Les remparts sont fondus à la bougies, et la mort est une bactérie de rien du tout. Sans cesse sans cesse sang cesse cent cesse sans cesse, cessez. On bégaie vos morales, dans une salive masturbée. Ici, c'est écrit. Liberté, dans l'invisible. Tu vois, le bossu, il m'a demandé d'appuyer, sur sa bosse, et une poussiére immense est sorti de sa bouche à toute vitesse. La Révolution, poussiéreuse. Celle dont on parle depuis des siècles, celle qu'on retrouve dans les livres, et dans les bouches, mais celle qui ne vient toujours pas. Il y'a des remous dans mes genoux qui claquent sous la table. La révolution me fait du pied, dans un monde trop petit pour nous, ils ont filmé, je te protégerai Ma plus grande foire, tu sais, c'est ma révolution intime. Mon plus grand défaut, c'est d'être vivant sans être concentré, sur la vie. Nous, c'est la vie, au dessus des ponts qui s'effondrent.

Viens percer, l'eau des chats noyés. Viens, nous ce n'est pas eux, nous c'est la folie aux yeux, et le neuf à la peau. Nous c'est loin d'eux.

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06 mai 2008

Dangereux et transparent.

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C'est facile de devenir celui dont tout le monde parle. On dit dans la rue que je suis l'ombre de F. Qu'il était la lumière. Et quand je tiens le manuscrit dans ma main, tout me revient.
L'échelle de l'abandon. Le sous-sol interdit. La racine sous la pierre. Le ventre sous langue.
Tout me revient. J'ai huit ans et je connais déja. Les origines de la peur. Le calme de mon corps. Je suis déja dans le corps humide. Le fond sec. Le corps suant, rivière musical. Je suis déja l'enfant qui coule. Transparent. Blanche priére. A huit ans, pas encore percé d'ordres, la seule force dans la faiblesse. Je suis déja, une cachette infinie. Je suis une fille à la fente close. Verrouillée. Une tentation dans le miroir. Maman disait que j'étais dangereux quand je vomissais Rimbaud devant la glace en pleurant, comme pour atteindre mon corps. Tu es dangereux. Dangereux et transparent. L'enfant sans peine. Dans la richesse de l'harmonie. Un coquillage minuscule qui respire sous le sable. Sans boulversements. Un muscle indien
Et puis, il y'a eu la confidence. Celle qui s'aggripe au cou. La premiére. Je te garde sous les ongles. Mon début de nuit. Ton visage doux. Où tout se passe. Un lieu où il faut tout construire. Un visage colérique et calme. Un alcool. Un visage qui vient loger dans le corps. Tu dira demain, avec le recul "tout se passait dans la mâchoire". C'est que je ne sais pas écrire, c'est que je n'ai rien à raconter. C'est qu'il me faut une scène, qui gronde en moi. huit ans, le pouls acéré. Le sommeil paisible. Le coeur obèse. L'haleine tiède. Nuque. Course. Pieds. Route. Bruit. Tu ne t'effondreras jamais. Et je défile, devant toi, sur la place de l'enfance. Carnaval, je suis plein d'étages. L'enfant armé qui ne sait pas se servir des fusils. L'innocence effrayée par elle-même. Tu aimes, confidence. Mes bras aux blessures, et quand je saute dans l'eau qui n'existe pas j'éclabousse quand même. Je ne laisse rien sur le passage. Je ne frappe sur rien. Parfois les vitres, le plexiglas, parfois mon ventre. Je fonds en moi. Je vais: je vais te, maintenant que j'ai vingt ans, maintenant que je sais l'impact de la peau, maintenant que mon parfum colle aux arbres, maintenant que ma violence est dans le secret. Maintenant, que j'ai les yeux profonds et inutiles,un corps grand comme le monument, la tristesse dans la créche, l'enfance en miettes dans les creux. Tu as des tresses trop courtes. Je tire. Dans ma chambre J'entends encore maman dire non. Aujourd'hui maman dit la même chose quand elle me lit. Je fais le rapport. Confidence. Tout me revient. On va te reconnaître, ma confidence. Tu étais inquiéte. Tout me revient. J'aime ton rire. Maman dit non, et nous sommes juste à côté. Tout me revient, quand je tiens le manuscrit dans mes bras. Et c'est trop brusque. Je dois placer mes idées. Je cherche le corps de l'écriture dans toutes les rues. Aucun ne correspond à ce vertige. Je dis ton prénom. Tout me revient. Mes huit ans. La maîtresse qui croise les jambes et ma tête qui tourne. Hier soir, j'étais dans tes bras, et je me laissais caresser. Et là, il faut que je fixe mes idées. Brouillon. J'ai l'écriture brouillon. Comme un raz de marée. Rien ne se fixe. Je dois fixer mes idées.  Tout me revient. Ton heure et ces murs qui tombaient lentement, lentement. Pardon si tu lis ça. On va te reconnaître. J'avais déchiré mes collants en laine de huit ans, et ouvert la porte. Je suis arrivé, j'ai ouvert la porte et je suis entré, tu es venue dans cette chambre. Tu as déposé ton odeur. Tu me fais peur quand tu as un regard de poupée de plainte.. Hier soir, j'étais dans tes bras, je crois. Monsieur, sortez, je ne veux plus écrire, laissez-moi tranquille. J'arrive avec un corps comme une adresse. Aujourd'hui, je suis presque propriétaire. J'entends une voix à l'intérieur me dire "je n'ai pas mes propres pensées, parce que je n'ai pas mon propre corps". C'est à ce moment là, que je loge en moi. Que je m'installe dans cette peau. A huit ans. J'entends encore les autres dire « il est dérangé, il me fait peur, avec ses yeux, ses yeux, ses yeux ». Dérangé. Non, occupé. Oui. Pas dérangé. Rien ne me dérange. Tout m'occupe. Je suis occupé. On m'occupe. C'est si simple d'être celui dont tout le monde parle. Je refuse. Je suis arrivé brûlant comme un soleil timide. huit ans. Tu disparais sous les draps. Réapparais en ombres. Je veux. Je suis si gros. Tu es si mince. Tu es l'eau du bain trop froide. Je suis entré. J'ai jeté tes poupées sur ton lit. Et je suis monté dans ton lit. Je suis monté. Monsieur, je veux allez jusqu'au bout de l'écriture, ce qu'on imagine pas encore. J'entends encore Maman expliquer « non ». Je te griffe. Ce n'était pas dans la violence. Non, c'était autre chose. Une panique. Et je t'ai dit, là je t'ai dit ça, la confidence. Là, oui, je t'ai dit, sur toi, sur l'étouffée : « je veux t'arracher la peau ». Je t'ai dit ça, et je ne voulais plus que tu sortes des draps, je me suis allongé sur ton ombre. Pardonne-moi. C'était avec toute la violence de l'enfance trop mouillée. C'est si facile, d'être comme tout le monde veut. Monsieur, laissez-moi allez au bout de l'écriture. L'enfance glissante. Sans matiére. L'enfant pendant sous les mains. Je veux t'arracher la peau. Tout me revient. Et c'est ça ma confidence. Tout me revient quand je tiens le manuscrit dans les mains. Il me faut une scéne. Ne pas publier, ne pas dire, je publie depuis toi. Je dis ça. Toi et moi l'écriture secréte. Il y'a des débuts partout, sur nos corps. Pardon d'ouvrir la scéne. Ca aussi c'est ma confidence : la naissance de l'écriture. Marion des vents, ne pars jamais, depuis j'ai 20 ans. Je serai là, encore, dans la répétition, des choses qu'on lit déjà. Des terres qui nourrissent comme ce que je tiens dans les mains. La louve sans pattes.

J'entends aujourd'hui ma mère qui me lit et qui dit « non ». Mais ça elle ne sait pas, tout ce qui me revient.


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13 avril 2008

MN

MN         

Nous sommes la vie trouvée au bord du ciel qui goutte. Je dessine ton visage fière au rouge à lèvres sur les glaçes de mes yeux noirs. Eteindre toutes les guirlandes de Noël, pour allumer des brasiers de nos yeux. Illuminer de ton bleu .Sens mon ombre brûlante sur ta cuisse gauche. La vie suspendue aux rues pleine de monde. M, diamant papillon. La seule. J'arrive vers toi, l'été kabyle coulant sur mes doigts, avec le pantalon serré, je te prends les doigts, et je continue gêolier à cent clés déchirées, de danser pour la princesse opalescente. Tu caresses l'eau de mes yeux sans la faire bouger, ma bouche se tait. Pour t'embrasser. Ton visage sort de l'eau transparente, tu traduis la nature. Tes yeux donnent la nourriture à la vie. Tirant les poèmes des paumes en psaumes, ma langue se fend en deux. Ombre lumiére blanc noir miel sel seul tous ciel terre grand petit froid chaud frais sec. Tu es le tout. L'Eve aux pieds nues. L'Eve déchirant la peau d'Adam, sans y gôuter. Le grenier est jeune d'éternité, où on entrepose notre vie sans poussière. S'isoler du monde qu'on brûle. Sur mes grandes jambes, je tends les mots pour atteindre le soleil qui coule d'entre tes dents liées. MN. 

 
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10 avril 2008

Mélancolie des âmes perdues.

moi

Elle s'est retrouvée en face de moi. Assise comme un regret. "C'est ton regard, ta timidité, tu es mythologique, impénétrable". Je disparais. Je reviens. Je suis le mouvement. L' amoureux. Moi, je me résume à cette conversation avec elle, autour d'un thé. Je me résume à 4 heures de bavardage. Je me résume. Je suis triomphant, à un corps en décalage. Elle me prolonge. Mes gestes sont inquiets. Elle murmure "un jour, ça arrivera, un jour ça viendra". Je cherche un visage trés précis. Comme ces nuits qui pleurent. C'est l'une des dérnières fois que j'écris ici, je pense. La neige s'enterre sous la mer. Je m'en vais la puiser. J'ai le corps qui y glisse. Prenez-moi Monsieur sur votre divan, comme avec une femme secouée. J'ai les jambes écartées entre les yeux. Mon sexe est une cachette. Mon corps, une excuse à l'extravagance. Je suis l'élégance vulgaire, le délicat renard. J'ai des sabots de laine sur la langue, je m'irrite, m'assèche. Parcourez mon paysage, buvez en ma gorge, Monsieur. J'aime "Monsieur". Vous nommez avec ce qui n'existe pas. Vous m'appartenez. Mon homme, Monsieur. De mains en mains, je m'aggripe, m'attache. "Moi, on ne me posséde jamais. Je ne fais que passer." Il faut du talent. De dos en dos, je détache. Je ris en vous consolant. Prenez-moi Madame, comme avec votre fille, dans un berçeau de coton. Dépoussiérez-moi la bouche, étranglez moi de terre, apprenez-moi la vie, ses contours, ses désirs. Prenez-moi Madame, comme vous donniez le sein. Apportez moi vers le corps dur, tremblante, vers vous, le fruit secret et usé. Je suis le village au sillage clos de vos désirs les plus blessés. Je comprends les femmes. Les femmes m'aiment. Je suis asexué. Au grand Galop, M devant moi, frotte les recoins de mon imagination. Il faut me nourrir. Elle me demande "et toi, comment les appellerais-tu ?". Si j'avais un petit garçon. Un petit. Garçon. Victor. Je l'appellerais Victor. Comme j'aimerais me transformer en Victor parfois. Victor, l'effroyable poignée de verre qui briserait les visages des femmes enchantées. Enchanté, je m'appelle Victor. Je vais vous aimer pour mieux vous tuer. Je vous aimerais, parce que vous me plairez trop. Vous viendrez, pressée, vers moi. Je suis Victor, l'insensible. Je suis la guerre, la haine, la paix, l'amour. Je suis le personnage et le roman. Je suis la syntaxe et le style. Le clair obscur. Je suis la honte, l'arbre malade. Je suis l'auteur et le lecteur. L'autel et le sacrifice. L'esprit sain. Et je vous offre un thé Vermeille saveur miel sur la terrasse de votre bouche. Enchanté, je suis Victor. Vous et moi. Je suis vous. Alors, mon petit garçon, je l'appellerais Victor. Et si c'était une petite fille : Jade. Jade, la solitude des pierres précieuses. Jade, la distance. L'élégance de son pouvoir muet. La délicatesse d'un petite corps comme une griffe. Tu vois, M, je suis un peu, ces deux futurs enfants. Je m'appelle Jade et Victor. Je suis eux et moi. Je pourrais être vous. Entre temps, on m'écrit "Je pense à toi, alors voilà, je pense à l'inacessible, c'est humain". Alors je découpe, le milieu de mon corps, ma pudeur, la nappe, les cheveux de M. "Qu'est ce que tu fais ?". J'essaie d'être accessible aux autres que toi, tu sais, je m'ouvre, M. Portes ouvertes.Horaires précises pour jouer le jeu. Je regarde la marche pressée des promeneurs par la vitre, je les envie de me dégouter ainsi. "Toi, tu as le temps" me disait-on toujours . Personne ne sait. Que le temps jouit de moi. Je suis le corps le plus maléable du monde. De la salle. Le plus transparent. Je pourrais ne plus reconnaître mon adresse . Ma famille est un amour excusable. Je voudrais partir, mais pour qui, pour quoi, toi. Maintenant, pour toi. Ici, on me désire, mais je ne veux pas, je ne peux pas, je ne veux que toi. J'essaie d'expliquer à.

Je suis océan, je balaie les doutes, et je vole mon coeur.
Prenez-moi la main et engloutissez, comme des seins frais, des jus d'amour.
Je connais, le gôut de la passion.Le parfum de la passion.
Et tu m'écris "Mais je fais mal pour aimer."

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29 mars 2008

A notre étoile.

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Tout me revient. Tout redevient, tout reprend. A pas de loups tu glisses. Et si on avait des grands coeurs, des sauvages sur un toit. N'oublie pas Papa, pense à mes étoiles. L'optimisme de ton évidence. C'est une visite guidée, dans cet amour. La famille qui repose sur les yeux. Ta chemise pliée au col je t'aime trop fort, je t'aime si fort à m'en déchirer les yeux, tu sais. Tiens moi la main, le corps, les jambes, marche, ouvre et brûle, et toi, offre-moi une petite robe de fête. Mon amour, reviens moi entière que je te raconte des bouts de main qui font les robes.  Aujourd'hui, je serais trés heureux de parler de toi. De te dire "comme tu t'emportes, tu t'emportes c'est si beau", tu répondras "oui mais la colére c'est moi". Comme la chanson. Comme mes yeux qui se taisent. Comme mes lèvres qui se ferment au goût de sommeil. Y aura toujours un peu de malheur et y aura toujours les autres qui ne savent pas. Qui ne connaissent pas. Mais il faut rester, même quand le coeur se plie, même quand le coeur ploie de larmes sur les rédactions. Tu sais, amour, mon crâne c'est comme ce coin d'incendie, où il ne faut rntrer. La dernière des guerres, on l'a faite, parfois, une bombe enterrée dans nos plages normandes qui explosent. Relevons nous. Je veux ta poitrine à embrasser même si tu peux le dire j'allume la lumière toujours trop tard. Pour éclairer ta peau blanche qui assomme les vagues rouges, les jours qui fondent, et tes oreilles qui annulent mes mots. Toujours, la tristesse de mes mouvements inconscient. Il y'aura toujours la durée de l'instant qui s'écoule et nous échappe. Les sommeils qui remuent la nuit. On pourrait le faire ici si tu accrochais tes rubans aux barreaux, si je creusais les yeux brûlés de cendre, si le bois qui soutient la poutre tombait dans un bruit de zeppelin explosé. Dans le contre-jour, il faut regarder la lune, dans les larmes il faut voir le reflet de l'enfance, de nos genoux qui font un bruit de maracasse, viens, mon amour on pourrait taper du pied en rythme sur "I love Paris", pleurer sur les grands écarts des oiseaux Tu te souviens de ce massacre à pieds-nus dans la pénombre, c'est dans mes bras qu'on peut pleurer sur les astres perdus. Ici, avec moi, nous pourrions voir ce soir qui glousse avec le printemps des giboulés, avec les mers sans fins, avec nous. Tu ne verras de soir qui glousse, ou de mer sans fins, que dans mes yeux de poussière. Ne ferme pas les portes, ne les ferme pas, j'ai les doigts sur les gonds. Ferme, vas-y que je te montre mes doigts violets. Mon coeur bat des couleurs, et je supprime la musique nocturne, parce que tu as su tuer mes voix, tu les as éteintes de tes mots, de tes mains qui touchent. Même, si les cris gonflent, tu me guéris. Donne tes yeux, de braises, tes yeux de cris, on se retrouvrera quand les chandeliers mettront le feu aux rideaux, parce qu'il y a le soupir de cette vie sur une scène inconnue, sur une Seine disparue. Le corps rouge, de désir, je le dis, désir sur le corps, et j'ai le plaisir dans nos nuits de veines. Ce champ d'organe et la voix libératrice. Je me place devant toi pour t'épargner mon visage, cette bulle d'images graves, coeur qui palpite sur le bord d'un éventail sans années, que j'agite pour souffler l'air de tes reflets, parce que mes yeux suent de notre vie. Tu te souviens, de cette jupe fendue, tu te souviens des santiags, tu te souviens des veines dans la rue froide où les heures m'ont presque eu ? D'un jean qui se déchire, qui traine sa corde usée sur des pavés humides, sur des cigarettes qui brûlent. Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai. On se cache derrière les mots, ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai, mon stylo est un poignard de dimensions. Personne n'ose. Tu te souviens comme tu danses en marchant ? En contre-nuit. On me cache. Dans tes yeux qui se baissent "Qu'est ce que t'as vu ?". Je cache mes bosses avec mes mains bossues.. L'écriture me fait si mal Je suis l'écriture cernée. J'ai le vertige de la terre, le vertige de toi.. C'est vrai, c'est fou Je suis à toi, en toi, tu ne me sens pas.  J'ai le baiser qui se renverse. Il t'atteint. J'écris pour toi. J'écris et je te dis que je ne supporte pas les rires des rues qui éclaboussent de gras, de solitude, de vide. Alors je passe ma langue sur tes lèvres imaginées pour nettoyer ce qu'il reste de cire. Je te parle d'une attirance. D'un magnétisme. Tu es ma course, tu es ma vitesse, les muscles, le sang qui monte aux cuisses. Dans cet essouflement, mes jambes tétanisées. Tu es mon immobilisme agitée Là. Nous sommes ensemble, dans la même allure. Dans le même rendez-vous, de l'écriture. A toute volée, je te veux. C'est notre course éperdue sur les racines pour apprendre à disparaitre des autres. Je reconnais ce souffle, ce souffle qui obsède. Je te soupçonne d'être moi même. Ne te demande pas si je t'aime, ne me le dis pas. Je veux tes ongles dans mon dos que ça dépasse l'infini. Là. Maintenant. La répétition d'un geste interdit. Je devrais m'énerver, et brûler, tu me tues.

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28 mars 2008

Rumeur.

Dans les yeux toujours, je reconnais mon jour, je redécouvre ma flamme, comment entendre le bruit de la cendre qui tombe de poudre, qui s'estompe sur vos pas, dans l'étoile bergère qui ne guide que le désespoir. C'est très beau le jeunesse mais elle porte surtout les regrets de ces soleils dissous, des nuits éternelles. A vous bonheur des paillons, à nous riches de vertiges qui vivons de la prodigalité des ciels. Il s'est tant perdu de minutes à pleurer contre les pleintes que j'y reconnais des mirages, que je cherche une partance hâtive. L'impatience qui vous épuise les reins ne s'explique pas, elle ne se dit pas, et s'exprime d'un mutisme de chambre noire. Doué de non-parole, d'un astre à la crinière entre les jambes, de lune révolue et un baiser qui cherche toujours ce cou lointain. Le théatre a brûlé, et je sais attendre à porter ma croix, à ne plus trahir, tromper, souiller les draps de sentiments acides. A quoi bon ? Quand la passion vous fauche vomir de nouveaux corps, piller de nouveaux lits. Je ne disloque pas cette âme, et je cherche dans les bras disparus un continent. Le coeur est lourd de suie et de charbon, des larmes qu'on fait glisser de fierté et d'orgueil. Brûle tes apparences, et jette tes nuits, et jette tes jours. Je ne m'éteins pas, je le laisse à la rumeur sans demeure. N'oubliez pas, à chercher dans les bras des filles un pays on s'éparpille. Parce que le poète a toujours raison.


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21 mars 2008

Ombres improvisées.

Les ombres qui grossissent contre mon reflet, savent tout, sapent tout, et me répètent. La nuit est à lier. Folle alliée. Allumée, clair, éclair, lacets de foudre qui embrasent le ciel, sortent des tranchées militarisées d'un ciel sans nuage. La nuit sait tout, et anesthésie, s'écoule les secondes, les heures haut par mots et monts. Tic, tique, je tique, dans la poitrine moussante. J'ai le mal au coeur qui glisse la nuit dans un rayon de lune, qui tait, tait. J'ai su coudre ma bouche et ma colère. La nuit m'injecte sa couleur dans un bain de morphine, d'antalgiques, je soupire. Le sommeil me fuit. Le sommeil est l'ennemi. PLANTE UNE AIGUILLE. PLANTE UNE PETITE AIGUILLE CONTRE LES HEURES QUI HEURTENT. Silence, silence, il faut faire silence, de la rumeur grondante, de la déclamaison des oraisons. Passe l'obole auréolée, et tais toi, réprimande, tais toi, critique, je m'ennivre d'une crique tête de mort, qui craque son os tissulaire. J'ai des larmes pénétrantes, moi, j'ai des larmes qui tachent mes joues, s'enfoncent, l'acide je le digère, le régurgite des yeux brillants, noirs. Jais. Jais. Jais mais d'ivoire, j'ai le jais des ivoires noircis, comme des dos d'esclave, comme des noblesses abolies. Je sais survivre aux poignards, sous ma peau, le fer. Dans ma poitrine prison, cage-thoracique, dort un coeur affamé, se nourrit d'eau croupie. Révolte, révolte, il se tait, sait, et se tait, saute, tressaute, vibre. Il y a des interférences radiophoniques, il y a des interférences qui ont des dents larges, noires. Se tirent, s'étirent, mes dents sont des ombres qui luisent aux larmes, faites attention, faites attention à la prochaine nuit, quand mon coeur de loup sauvage déchirera mes vêtements gris, ma chemise gitane. Gardez près de vous une balle d'argent et un pistolet précis, gardez près de vous de quoi tirez sur la lune dont l'opulence gave mon foie, folie. N'oubliez, pas serrez autour du coeur que vous n'avez plus un chiffon rouge à l'odeur de vie. Les charognards ne prennent que les carcasses pourries. Bourreau de minuit, j'ai une corde serrée au poignet, des kits de pendaison bohèmiens. J'écris, la hache à la main, j'écris, je découpe. Des lettres retranchées d'un alphabet endormi, je viens sortir des réserves les belles endormies, les presque disparues, la hache trouve le z du rire, aux zigomatiques envapés, des X d'interdits qui crachent la douleur que vous ne comprenez pas. Qui font rire dans la pâle adolescence la foule qui cache son odeur derrière les arômes synthétiques. Je pèse votre ennui qui m'écrase la poitrine. Je signe un acte de décès. A votre nom. Une pierre tombale qui brûle. Je sais tout, je suis le confident de la nuit qui vous habite, de toutes ces nuits en vous qui noircissent mes yeux et mes boucles rebelles. Je suis la lumière crispée du réverbère qui souffle, près de votre fenêtre, le chant de l'oiseau invisible qui s'éveille avant l'aube du crépuscule, je suis l'odeur fraîche qui vous réveille le matin, le parfum de brûme et le goût de rosée qui trempe dans votre chocolat. Je suis, dans l'intime, dans la prospection. Une pioche qui s'enfonce, laboure, je suis votre sang qui coule sans blessure. La nuit brille comme un souffle de chacal et me répète vos écarts, vos mots, entiers dans des baquets vomis. N'oubliez pas, la nuit sera encore pleine demain, et mes dents ont faim, ma langue de fourrure a soif. Faites attention, ne dormez que d'un poumon, je sais tout de vos yeux de verre qu'on brise de vérité.

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18 mars 2008

Tranché.

L'entre-ouverture est acide. Les juges ont des marteaux de forgeron. Sous mes doigts, les corps se décomposent pourtant, sous mes doigts, il y a l'air qui entre par la fenêtre, le rien de mes doigts qu'on croit être féminin. Dans les rues, on traine des rumeurs, on lance des trahisons par petits bouts de rien. Un innocent se fait trancher la tête. Un innocent. C'est la Terreur, ce sont des Saint-Just et Robespierre. Robespierre a perdu son éloquence s'exclame Saint-Just. Bouche arrachée. Un train s'élançe vers le ciel. Une pluie d'étoiles me tombent dessus. Je léve les bras pour protéger mon visage. La poussière vole autour de moi. Je me débats et le sang couleur d'argent se méle aux miettes d'astres. Mon cou se fend. Les étoiles sont des pierres. Les hurlements de la rue deviennent des chants de guerre. J'aimerais ne jamais revenir. L'amour sans visage qui s'épuise de doute. Je pense parfois à une mére qui brûlerait les cheveux de son mari en pleine nuit, et irait les mélanger au lait dans la tasse des enfants au petit matin du désir masochiste. Rattrape-les mots. Tu auras besoin de moi. Je glisse sur ton nez, comme un sexe qui lançe son lasso. Ne me laisse pas plein. Ils m'envahissent. Les mots. Certains se cognent maintenant contre mes dents blanches comme ta peau du dos, où le sang ne circule plus quand je laisse ma main glisser le long de l'échine. Je suis l'aventure qui t'attend. Retiens-les. Mon palais suffoque. Les mots me font hurler comme un enfant a la voix cassée. Et mes amigdales couchent dans tes draps. Baignés de phrases absentes. Regarde comme je suis vrai. Regarde comme les mots prennent toute ma gorge. Comme j'ai le visage fissuré de mots. Des mots partout. De toi. De moi. De nous.. Rattrape-les. Tends vers moi ta main de poétesse sans feuilles. J'ai les bas qui font brûler ma peau, qui taillent dans le sang. J'ai perdu mes jambes. Je suis l'écriture impotente. Et je te vois passer, dans cette rue, dans ces rues, dans ma gorge, comme une amante qui ne se rend pas compte. Et je reste là, à avaler ta langue. Devant les yeux indifférents. Et mon visage de dormeur. Les yeux ouverts comme des sexes inconnus. Et les mots qui coulent, le long des joues troués. Rattrape moi. Je veux fondre sur le pavé, comme les soumissions molles de nos hâches étroites.

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14 mars 2008

L'avalanche dans le ventre.

Je loue mes sourires contre un goût salé de silence visible, contre la plage qui n'a plus peur quand la nuit vous étouffe, et que son baillon de souffre vient chiffonner vos yeux. Est ce que je peux avoir encore peur ? Après les pavés qui dansent contre la nuit, après les rue piétonnes et les traces dessus ? Il n'y a plus de peur à seize degrés au bord des larmes du train d'infini, plus de peur dans la danse subite qui tourne avec le cyclone, après les heures courtes près des colonnes classiques, des chevaliers du désordre à drapeau rouge. J'ai coulé un peu de sang sur un banc de kaolin, un mouchoir vierge et le coton gorgé de rouge de l'esprit : l'encre. Le départ sensible au fond du ventre, dans l'écoulement de l'embryon, ses océans d'heures courtes. La gestation pour le sang des yeux explosés, et le clair de lune tu l'as vu ? La nuit me transforme tu sais, mon coeur s'hérisse et s'habille d'une jupe de gitane qui vient frôler les mollets, et je mets des talons pour enfoncer dans la terre des morceaux éternels. Je tranche ma mémoire au cutter pour inscrire l'hier, j'encre le souvenir sous la peau, avec les marins qui pissent contre le vent pour faire s'écouler la douleur dans la mer et la pluie. Le romantisme de la rue, qui respire l'acide et le souffre, derrière l'étoile que j'aspire pour garder au fond des yeux son éclat. Ne jamais oublier l'éclat. Derrière une ombre inconnue, derrière les pas soûls. Qu'est ce qui peut nous emporter ? Quelle tempête peut faire ployer mon crâne ? Quelles aiguilles ? Vision de fourrure, je tranche à la douceur, et il y a de l'espace libre, de l'espace dans la cité, et si tu ne sais pas quoi en faire...sous mes doigts sonnent la vie rapide, sous mes doigts contre l'ivoire. Notre vie est un risque à la bordure, au nauffrage facile des âmes, et qui vit dans ce bateau qui prend l'eau des fioles folies ? Qui navigue dans la brume dans l'esquif qui tourne ses voiles gonflées de vapeur ? Quelle eau pourrait bleuïr les yeux, rougir les lèvres. Pleurer sur le corps taché, prier sur les plaies, et faire résonner des cris contre la migration, contre la transhumance. Tu sens l'odeur que dégage l'agonie qui se frotte ? De la croyance, et de l'espoir, qui craquelle le sol aride. Excusons nous pour la souffrance, pardon la douleur, nous sommes l'avalanche dans les ventres qui cognent.

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11 mars 2008

L'horizon aux yeux bleus.

Mon feu aux yeux ne s'explique pas, il n'y a pas de définition, pas de formules pour résoudre l'inéquation égalitaire, la faillite du cerveau qui s'écoule, tombe en une trombe humides petites opales. Une vision de braises sanguines, un découpage en rythme violent, et toc, toc, ma tête se balance, invente un chemin d'étoiles. Rythmique de l'insensé, cogne tes pas au sol, martèle un cri organique, un bras animal sort de la bouche, méfie toi de ses ongles tigres, méfie toi des animaux édentés. La sauvagerie est une strie sur leur fourrure fauve, la sauvagerie est la marque sur ton corps que tu évites, en reculant la griffe porte des dents qui viennent morde ton dos. Un fruit, une aspirine amère. Sort de la Terre, j'ai un prénom des terroirs inconnus, vierges de souillures, de piétinement, personne ne sait, ça rime, ça se suit, c'est une suite à l'avril-mai qui tire. J'écris à la fatigue, pour rechercher la mystique qui manque quand deux allumettes ne se connaissent pas et mettent le feu au foin des rhumes. Tu fais éternuer l'Univers mon amour, quand, tes yeux s'entrouvrent aux premières berceuses du matin, des notes qui flottent, du corps qui réclame, qui réclame l'interdit. De soif. Sortir son fusil-tue-cheyenne, canon d'argent, la flute Winchester qui danse, et tourne. Faire glisser les doigts contre la peau laiteuse et l'oeil brillant, frémir. Hisser des barricades le long des bras, près des veines tendues, fortement, saccagées du sang. La voix. Me fait vaciller, quand elle ravale des larmes piquantes, brillantes, qui tranchent facilement les deux grands rocs qui abreuvent les terres brûlées. L'onde fugitive nous capturera sous la voilure épaisse de la brume, le temps de s'aimer, le temps éternel de s'aimer contre le mol mat de la barque, qui tangue, dérive. Nous dérivons, c'est fonction mathématique pour étudier la croissance au dos. Voilà ! La vie, se balance sur des airs d'espoir les ombres semées, plantées en grains de pénombre que nourrira la crue de nos partages, bientôt. Nous dodelinons, sur les flots joyeux, du bonheur, et nous traquons la douleur, cette proie exterminée sous le voile sombre de la nuit. Une nacelle, attend de délier ses rames pour nous baigner le corps, et les hanches dans le sable figé. Viens, montons, dans les ascensions folles. Les tours interdites qui enferment les maudits, les mots camouflés, envie de l'extase permanente, des bulles bleues pour les hématomes. Je veux voir un nouvel été briller, dans le corps resplendissant, dans des yeux de naissance. Tout à corps naît, la flamme qui éveille l'être, à des transports neufs et étranges, nous parfume de ses vapeurs brûlantes, les corps fumants des feux de la passion qui souffle ses joyaux jusqu'à nos bouches exaltées...Et dans un post-scriptum j'ajouterai les senteurs de la lettre, l'exhalaison heureuse qui vient emplir chaque parcelle de la peau. Je peux le dire, ici, à la face du monde que je ne vois pas. Je t'aime. Un coup en l'air, du fusil pour que ça s'entende bien loin.

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10 mars 2008

S'ouvrir le ventre à la passion.

BOUH !!

Boudi036

Connexion Déconnexion Superposition. Hyperbole. Répétition. Je ne suis pas d'accord, un désaccord criant, qui hurle, je ne suis d'accord avec rien, j'ai l'esprit des contradictoires, j'ai l'esprit qui dicte Toute la nuit je m'agite. Le visage, des rebelles, des traces qui, ah, les ongles plantées, dans la prunelle, comme. L'odeur gluante des Marlboro qui cogne les pavés. Je fume une cigarette en bois, je fume un bâton d'encens. J'écris à, j'écris sans qu'on me lise, j'écris comme à mon journal, et sans qu'on comprenne vraiment. Je vois vivre, ça s'appelle merveille, les rapports entre dominants et damnés. Les trains s'arrêtent sur moi, rentrent, rentrent dans mon ventre, déraillent sur mes dents qui tirent la sonette. Rouillés, je capte la lumière et ça ne s'arrête pas, une W.inchester me flingue sans savoir, croit être l'arme seconde, malgré son canon qui crie. Pour que je me tire dedans, boum, une décharge. J'ai les dents rouillés. Qui mâchent, la mache. Devant, la mer, l'horizon vide et clair, et plat d'un pays, mais je pense aux trains, à un train rouge, j'y pense, il ne s'arrête pas, pas tout de suite, il emmène. J'en digère des trains, pour te trouver, j'en digère pour bricoler contre l'énigme, je cherche les bras ouverts sur la Seine. Rue. Saint. Rome. L'aube sera légère, je crois, tellement ouvert, tellement de trous. Complaisant. Je te crie des mots de muets, je te crie des mots sourds. Ils sont autour de toi, et ça s'allume comme les beaux jours, ça s'allume comme des nuits qui ne viennent pas. Je défigure les paysages qui passent, le train, gare. Le Nord. Des feux d'artifice. Des étincelles, oui, je me frappe les yeux avec des bleus. Des besoins, tellement. Je relève mes cheveux, tellement chaud de mes plaies, tellement chaud, j'aime, ça ne cède pas sous la pressions. L'image qui me colle dans la mémoire. Je te tiens la main, je la regarde, je la glisse, un anneau d'air. Tu existes, je te tiens, parce que c'est tellement douloureux la nuit en moi, parfois, tellement tendu, tellement nerveux la nuit qui craque. Je suis forcé de m'enlever la peau pour tourner des pages, je suis forcé, la mutilation des pages. Ne ferme pas les portes, laisse les ouvertes. J'ai chaud à ce point, ouvre la fenêtre. J'ai chaud, casse la vitre noire. La mer ça commence à peine, la mer j'en ai besoin, j'en ai besoin, là pour la chaleur, les vagues mauves, la main dans le sel, le bras vers le ciel, viens qu'on décapite, qu'on décapite, qu'on arrache la tête blessée. Mais les blessures ça s'écoule. J'ai le mal de mer qui touche mes genoux, je suis insensible aux éléments du décor, insensible à la marée grise. Vite, un mouvement, je tends mon bras, comme si je tenais une épée au bout. Je laisse ma main. Qui bouge dans les méandres rouges. Les empreintes, c'est pour nous, ça s'imprime. Vite, vite, je sais, écrire, vite, ce que je retiens, des jours, des nuits, des nuits entières qui s'entassent dans un train qui me rentre dans la peau. Qu'est ce que je raconte ? Mon délire, mon amour, mon délire. C'est une folle exclamation, tu sais. Joyeux, je suis gai, des rondes. De fumée, souffle au visage, soufflet. Le dos fragile, comme le tien, fragile, arrête de te cacher, c'est le dos qui s'imprime, encore un peu à patienter. Dévorer. Des jours vécus différemment, avec une différence au coeur. Intacte, différence. C'est fou mais je ne crois pas aux fous. Tu comprends, je t'écris, à toi, là, l'envie cheville au corps. Je peux peindre un mur misérable avec mon sang, pour que tu lises, ça, j'ai le temps pour, je ne comprends pas ce que j'écris, j'ai des écarts, des envols dans l'oeil droit, c'est pour ça que je ne peux pas parler à la foule, merde, merde. Je ne peux pas leur causer. Je peux me gratter l'oeil et détruire l'écosystème, la vie animale. Sur mon visage, j'ai un oiseau écrasé, des traces d'ailes minuscules entre les yeux. Lance moi ta colonne vertébral, lance moi, écrire, écrire, je ne sais pas faire, j'envoie mes forces sur le papier, mes forces désossées. Ecrire, je veux balancer mes forces avec toi, c'est ça l'amour, c'est là le désir au sommet, tu vois, c'est jonction des mains, des bras de fleuves. Je suis fou, mais je le sais, et j'emmerde les mots ils ne suffisent pas à calmer, pulsion, réaction pulsion d'envie. Mal au corps, tu comprends, de ça, là, l'inconnu, toi, dans mes tripes, et mal de cette voix colorée qui m'hurle dedans, concrète. Ferme les yeux, la peinture qui recouvre d'or la paupière, d'un trait bleu. Ecoute, ecoute, écoute moi, comme ça fait mal, alors balance moi au dessus d'une hâte, d'un précipice, balance le privé, privé de moi. Je pense à un cutter quand je me déshabille maintenant, je pense à une entaille qui saigne, un déséquilibre dans le corps parce que ta présence, toi, m'essouffle, mais tu ne sais pas. Chut, n'écoute pas, je ne sais pas ce que je dis, je me décapite, je suis la guillotine, viens. C'est sûr, je ferai tomber toutes les peurs, la lourde liberté qu'on entend dans le sable et nos jambes prêtes à parcourir la steppe, c'est la liberté, la liberté. Mais je les sens nos mollets prêts à courir toutes les étendues qui s'alignent. Viens, on fait des portraits romanesques. Trouble, trouble, j'étouffe, tellement chaud. Mais chut. Comment, on se fait comprendre, quand toute la mer à tes pieds ? Toute la mer pour m'abreuver. On va décapiter au cutter, encore, une phrase, s'ouvrir le ventre à cette passion.

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07 mars 2008

Surtout dis que je suis fou.

Je suis enfermé dans un rire qui dérange ma nuit, je suis le prisonnier d'une voix grasse et longue qui vient amputer mon sommeil d'heures. J'ai besoin de quoi respirer pour réveiller mon matin, j'ai besoin d'une bouteille qui se boit sans trembler et de ma ma bouche qui recouvre la tendresse qu'elle ne comprend pas. Que quelqu'un vienne devant mon éclispe me protéger de l'aveugle, que quelqu'un se range devant moi, pour me protége de la lune. Tendez vos yeux à l'écarlate lueur d'un matin qui déssoule, tendez votre corps à la rosée mutine et écoutez mon cauchemar qui s'écoule les yeux larges, qui s'écroule au ralenti des paupières qui battent. Des armes, une hâche, une épée, de la fumée, un tison, que quelqu'un m'offre un poignard des dimensions pour faucher le temps, faucher l'argent et ces hurlements, ces hurlements, ces disparus que je continue de fréquenter, ces trous blanc dans ma tête. Je vous offre mes bouts de miroir, mes fins d'histoire pour que vous puissiez lire dans le cristal mes formes étranges, mes os saillants d'irrévérences, dites les folies nocturnes qui se repassent puis se froissent, dites ce qui se passe derrière et le gôut du crime dans mon intestin grêle qui pleut, qui tombe, qui crève. Ouvrez vos gorges. Guettez ces visages sans bouches. Pillez les spasmes de la nuit achevée des braises. Je pleure. Ca ne guérit pas. Endormi ? Endormi dans des crises d'épilepsie. Endormi le crâne brisé contre un gargouille de fer. Toi, reste, là, perturbe je t'en supplie ce coeur que je penche vers le vide. Retiens je t'en prie une main qui casse l'abandon. J'ENTENDS. Mes sens, mon sang. L'ouïe animal, je suis une impulsion grande, je suis l'impulsion, l'instinct des bêtes. J'entends ces bâtons qui longent les les murs dans un bruit de coups, allez expliquez moi les murs crevés, expliquez moi ces ecchymoses ambivalentes, schyzophrènes, expliquez moi ces blessures rouges. J'a l'ambiance esclave quand la nuit est un cri perpétuel, quand la nuit est une plainte de loup piégé. Captif. Fer des forêts de monstres en plâtre. Jette-moi sous les trains de l'absence, dis le. J'ai scié mes reins aux tiens, je suis le loup qui fait la forêt, les neuf queues du renard jamais rassasié. L'agonie fouette le maitre de l'univers. Plonge ma tête dans un évier de mots, répands moi dans l'égoût, je m'évanouis dans ces gaz inquiétants. Le bruit intérieur ne sort jamais des lèvres. Excité le sens du vent vers un éclair un éclair un éclair. CLAIR. Tourmenté dans une flaque. Fais l'esquisse de l'odeur d'une force, d'un tour. La difficulté de la gorge étranglée, d'un canal pendu, mon ange, ma pâle écorce. La disparition et tourner le dos et l'énorme vie entre mes poumons a un visage de sang dégoulinant, a une bouche de cendre qu'il lui manque, il lui MANQUE UNE BOUCHE. JE RECULE en plaquant mes mains sur ma bouche, je recule, mais on ne peut pas reculer de soi. Je passe mes doigts sur la bouche je ne sens plus mes lèvres, je ne sens plus de chair, mon visage est un trou noir qui aspire mes mains. ECOUTE ecoute-moi, entends l'enfant batârd qui hurle rauque dans ma poitrine, entends et regarde. La panique ne se voit pas, la panique se sent, alors respire, respire la fleur d'agonie. La panique, j'ai le visage de la panique, et comme je suis beau, et comme ça me ressemble d'être un trou noir. Ma voix me recrée des muscles, des orbites, des galaxies, du cosmos. Visage rentre dans visage blême. La panique me fait mal, la panique d'une voix rauque au rire gras, au visage INEXISTANT, une voix sans bouche, une voix qui ne remue pas, mais qui parle, qui parle, et tue. Mes cuisses me brûlent jusqu'au sang
Donne moi les signification, mon ange dis moi les glissements de terrain qui ensenvelissent la raison. Ecris les démangeaisons de ma peau, dans les catacombes du docte.
Dis le que je suis fou.

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03 mars 2008

Encore...

J'ai un oeil qui tombe sur le béton, il glisse le long du trottoir de la place Wilson. Celle qui ressemble à un gros ventre rond. Avec son cinéma et son pays pour personne. Comme une bille fruitée, l'oeil roule le long du corps, comme un diable transparent, on pose les doigts sur les lèvres. Cette serrure que l'alcool entrouvre. L'oeil va à la rencontre. Je suis hors du monde. Nous sommes hors-norme. Le pèlerin au baton manquant, pour rosser, pour cogner. Je ne connais plus mon sens. Le sang est tendu, et j'entends la vitesse du ciel qui déconcentre les artistes de l'amour. J'entends les mots enfumés. Je te vois. Non, je ne te vois plus. Je t'ai vue. Et c'est terrible de dire ça. Je t'ai vue. Oui, je t'ai vue je te cherche. Tu es peut-être là pourtant, je ne sais pas, je te vois. Tes courbes sont floues, mon ombre est morte. Je voyais, ton visage comme un jour qui se lève, je te voyais. Fureur. Je t'ai vue, et tu n'es pas passée, tu es entrée. Entrée. C'est comme se lacérer le corps au dessus de l'émail et ne pas saigner assez. C'est la gorge de diamant dans le language du rire. Je me frappe mais ça ne fait pas mal. Je me cloue des nuées lumineuses sur la lèvre. Si je ne te vois plus, c'est que je ferme les yeux ? C'est que tu es sortie ? Tu vois, je te vois encore, là. Tu pourrais voir pour moi. Tu pourrais. Moi, je perds la vue, doucement peut être mais je la perds. Tu entends mon oeil qui tombe sur les pavés roses ? En miettes. Je ne vois plus que toi. J'ignore l'empreinte du monde sur mes paupiéres. Je te vois qui presse la pulpe de mon iris Je te vois, et c'est étrange parce que je ne sais pas où poser les mains sur toi. Ca dérape. Tu es la scie à mille dents. Je suis dans le noir électrique. Alors parfois tu recules, mais je te vois, tu comprends. Je ne sais pas où je pose les mains. Et si je te cogne. Tu me le pardonneras. Des coups de poings de fièvre amoureuse. Je vois dans le noir. Ta voix fait écho dans mon geste. J'ai un soleil qui s'enfante dans le ventre depuis cinq heures et huit minutes du matin le deux mars deux-mille huit. Je suis perdu, comme l'enfant, comme l'étoile, comme un portrait. Et c'est difficile tu sais, de reconnaitre tes saisons dans mes brasiers. J'essaie, pourtant, et je rêve la langue que je broie ? Et ça m'effraie, cette assurance, c'est comme A qui lançe des cailloux et qui n'entend pas le bruit. Le bruit de la chute. Elle n'entend pas, pourtant elle lançe fort. Elle s'effraie. Ses muscles comme une petite robe dans la neige sous le lit. C'est comme A, là, qui voit les cailloux s'épuiser vers le fond de la mer morte sans bruits. Je te vois, et le parfum dans le coeur poreux. Et quand je console , je ne sais plus quel nuage fondu je console. Et quand je dis « c'est beau l'amour », cette putain de poésie, j'ai raison . Je suis dans le corps du temps. Je t'ai vue, je te vois. Je frappe et ça m'aveugle. Parfois, tu dis qu'il ne faut pas, pas ici. Et là ? Et là, je peux ? Je ne vois plus. J'ai de la vitesse dans mon sang, cette nuit là, un loup en ruines dans l'assiette, une cave interdite. Je suis sans jambes, qui titube devant la Reine sablée, devant nos yeux gonflés de violence, qu'un éclair de lune n'a pas pu calmer. J'ai jetté mes cheveux par la fenêtre, garçon de rien, garçon de toi. Et j'ai le sang blanc comme une hirondelle chassée en plein vol. Mon oeil escalade la rue, dans laquelle, en pleine nuit, dans le noir, nous nous sommes violés de minuit, nous avons bu minuit, et ivre de minuit, mes gestes étaient sans images, je te sens mon amour violent.

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22 février 2008

Explosions autorisées.

A l'heure où tout s'efface, les marques brûlent un peu plus fort comme une suprême ironie pour souvenir des stigmates croisés, à l'heure où l'otage de l'épiderme se suicide l'écarlate se répand. Peau colorée, tout demeure, au temps contre les aiguilles désarmées, à la pureté des flammes et de l'étoile.

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Enfance.

"Ce sont les gens qui dérangent qui avançent".Et moi, je soupire.Quand j'avais dix ans, plus rien ne me dérangeait.J'étais même plutôt du genre à tout accepter.Aurélien me bousulait.Mes parents gesticulaient. Ma soeur me mordait.Mon frére s'amusait.Les professeurs criaient.Les éléves jouaient.Et moi, rien ne me dérangeait.J'étais facile.Et léger.A dix ans, j'avais le gôut de la pomme fraîche que l'on vient de faire passer sous l'eau pour pouvoir croquer dedans.A dix ans, je ne savais pas ce qu'était la colére.Je faisais attention à ne brusquer personne.Le chien de l'époque qui haleaité aprés m'avoir couru aprés dans le jardin.Son odeur de cheveux mouillés.Rien ne me dérangeait.A dix ans, j'ai écrit : "Quand j'oublie que demain je me léverai une nouvelle fois, je panique : j'ai peur de provoquer ma propre mort".Dans un petit cahier à spirale.A dix ans, je voulais apprendre ce qu'était la colére.Ce qu'était ce renard qui éternue dans le bassin.A dix ans, je ne dérangeais personne.On disait de moi, que j'étais calme, et plus mâture que la plupart des autres enfants de mon âge.Mais l'on a toujours construit autour de moi, une sorte d'image lisse et douce.L'on m'a toujours inventé un personnage aux allures de jeune garçon sage, au début.L'on a toujours construit autour de moi, une éspéce de "mythe" qui me faisait passer pour quelqu'un d'autre, en mieux ou pire.J'ai toujours attiré la lumière ou l'ombre.J'ai toujours attiré les compliments inutiles et mesquins.J'ai la peau lisse.Et la taille fine.On ne se doute pas un seul instant, "du reste".Quand je regarde les photos, j'étais plutôt mignon. Peut-être que c'est pour ça, l'inconnu.J'avais les cheveux un peu bouclés, la peau plus mâte, et le sourire malicieux.Et quand je me mets à relire toutes ces pages de ce cahier, je me trouve d'une beauté différente, plus malsaine, la peau transparente, et le sourire qui coule sur le menton.Quand je relis, cette petite écriture, je me dis que finalement, c'était moi qui me dérangeait.Je ne dérangeais personne.J'étais mon propre dérangement. Ce que personne ne connait, celui qui se cache, et cache le moment, et l'acte.J'aimais provoquer en moi, ce que les autres ne savaient pas faire.J'aimais me déranger."Quand il commence à y avoir de la poussiére dans ma chambre mon journal, je refuse de balayer : c'est un peu de moi".

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