boudi's blog

28 novembre 2016

A la fin de l'envoi, je touche

à la fin de l'envoi, je touche

toute la journée tu n'as rien entendu
on eut beau te répéter dix fois les mêmes
recommandations tu gardais cet air indécis 
le même qu'aux jours d'insomnie mais
cette nuit tu avais dormi les huit heures
réglementaires la première bonne nuit
depuis six ans
pris ton petit-déjeuner une banane très blanche
une tasse de Chaï 
tu ouvres le journal en sautant
la double-page des sports
tu ne t'étouffes pas en lisant
les nouvelles
la tasse vidée d'un coup
tu cherches une cigarette

un matin comme il faut

pourtant
tu n'as rien entendu de toute la journée
comme un lendemain d'insomnie
tout vague bourdonnant
comme hanté

tu arrives sur le pitch
tu ne sais trop comment
le corps se rappelle tu te dis à toi même
et tout de suite tu rectifies tu te souviens
tu as laissé cette séparation corps/esprit
il y a longtemps
mais le corps pourtant qui s'obstine à
se souvenir

toi

tu te souviens 
ton premier gant 
le cuir serré sur ta
paume trop large
tu te souviens
la balle-métamorphose
ronde-courbe
Morte
à tes pieds un jour de partie perdue
lendemain du premier-deuxième amour
tu ne sais déjà plus distinguer
c'est fou le temps qui passe
le contrat pro
toi sur ta butte, le cinéma de plein-air
le pop-corn tu ne sais plus ni le coca-cola
la bière une kingfisher blue
ça tu es sûr
tu ne comprends pas pourquoi
cette bière là ce jour là
ce n'était pas la première bière
ni la meilleure
la fille tu ne te souviens pas
le film pareil
mais la bière 
la KINGFISHER BLUE
flotte, majuscules, en toi



tu essuies ton front
combien d'heures déjà
tu regardes le tableau des scores
neuf éliminés 
encore un 
tu le penses sans penser
c'est
ta main 
la même main
jadis...
auparavant
tu préfères auparavant
ce n'est pas si loin qu'il faille
employer les mots des choses révolues

ton équipe de quartier 
tu n'étais pas le plus fort ni le plus mauvais
tu te souviens d'Anish et d'Almar
Mitra, Manjit...les autres
que sont mes amis devenus
Ils vont par paire, tous jumeaux
dans la mémoire

le square c'était un temps de terrain vague
Raji le changeait :
Stade Olympique, Eden Garden
Ca aussi tu ne sais pourquoi tu te souviens
Raji
quel con tu penses
la bande
Mahendra, Singh, Doni
les cons

la nuit tombe
ta passion
ton métier
belle chute


et ta balle concrète vers la cible réelle
à la fin de l'envoi, je touche

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04 décembre 2015

LES VIVANTS

Nous allions vivre

nous disions chacun

je vais vivre

et mon alphabet moi ne débute pas

au A

il débute plus loin et en même temps

plus tôt c'est J, M

Je, Moi

ces choses par quoi mon corps

il y a des corps de matière on dit

de matière de chair de muscles

nerfs os et toute une aritmhétique bizarre 

de concepts pratiques

moi

je suis théorique

j'existe à travers le verbe

dans une sorte de

transparence

qui ne se fait pas chair

ce n'est pas le verbe 

biblique 

d'où l'homme un jour tomba

(l'ascendant de l'homme

c'est le verbe

le hoquet de dieu)

c'est la parole

tremblante de la lèvre tremblante plus encore

une première fois

mais on va rejoindre les vivants je dis

on va retrouver les vivants là ils ne diront pas bienvenue

non pas bienvenue

mais bonjour

bonjour comme si toujours j'avais été vivant

comme si toujours j'avais eu un visage de vivant

et mes yeux peut-être

peut-être une hypothèse

un espoir 

donneront de la lumière

les yeux qui ne savaient pas voir

les yeux crevés

les yeux blessés

toujours blessés

d'ombre et de peur

il y avait en moi 

des siècles en moi cette petite sphère

douloureuse

 changeante

non pas de volume

seulement de densité

toujours la même taille 

mais plus lourde

de plus en plus lourde

et plus chaude

naît n'importe où qu'importe

la jungle la ville 

son lieu d'origine

n'importe où c'était n'importe où

roule en enfer

et chauffe brûle brûle

la lèvre, un cri se forme

c'est une plainte je suis cette plainte

les vivants 

pitié j'arrive je me débarasse

je crache et je suis vivant je crache mais attendez

non trop loin les vivants trop loin

 

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04 septembre 2015

BERLINALEXANDERPLATZ

dans le soir profond

quel nom récité demande la bouche

parjure 

et les histoires les mêmes

toujours l’accent allemand

des formules magiques 

BerlinAlexanderPlatz 

gémissant d’éclairs

BerlinAlexanderPlatz 

tu te souviens ce temps

des vacarmes et des baisers

lents à se faire 

au poème tu souris

tu souris visage de morte

aux traits tirés

morte tout à l’heure

en enfer à la fin de tout

dans le néant des songes 

se délasse 

en ton visage de morte 

ta lèvre surprise tu ne savais pas

ta mort

stupeur ton oeil comme si

pour mourir.

tu avais du voir la mort en face

La mort je ne sais pas tes lèvres 

mais la morte je sais 

l’innocence tachée un peu

c’est du vin renversé la

maladresse ce geste qu’on

accidentel en mourant 

et la peau comme 

de l'osier percé

les cheveux usés

à peine vieux vêtement

ta tête

visage de morte

 

 

 

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13 juin 2015

POEME PATRIOTIQUE

Je veux manger des pommes-frites
avec de la sauce tomate liquide 
Un jour on me servait c'était
en l'an d'il y a deux jours
Une sauce tomate
et ses morceaux


J'avais commandé en vers et sûrement me comprenait-on de travers à cause de la forme bizarre qu'ont les vers et cette façon de prendre une place au milieu d'une page comme si c'était ton père qui payait le papier. Maintenant je fais des précisions en prose pour être sûr d'être compris comme une femme belle. On comprend toujours des choses très profondes des gorges des femmes et n'ayez pas l'esprit mal tourné je fais de la prose c'est sérieux comme un vittel-menthe à une terrasse de café.

Mais il manque au drapeau encore le blanc le rouge et les armes royales :

On visitera nouveau-chateau 
et ses vieux manoirs
incendiées du vent
d'Est.

Strasbourg ça sent la tarte flambée
il y a un château d'eau pour
le contraste poétique
je crois que c'est
rue du Roi-
Espérant.

C'est un poème infirme un sale bâtard écrit sur un ordinateur américain
et qui ne sait pas tuer le père mais je pisse sur la tombe de Freud
ça soulage je vous jure quand on a envie de pisser après
trois bières et une pute françaises
A Vincennes il y a des filles de 
joie qui ont leur papier et 
des capotes neuves.


J'aime bien le français engendreur d'élision parce que
c'est fabriquer du rien à partir de quelque chose comme
un peu la vie c'est très métaphorique je crois et peut-être
en fera-t-on une religion avec des dieux des symboles et après
un poète viendra il aura les yeux bleus et les mains abimées surtout
de les avoir frottées entre elles très fort pour faire du feu jamais
ne surgit la moindre image de ce mouvement répété comme
s'il était un de ces poètes qui traînent leur mal dans
une lassitude ordinaire imaginant toujours
qu'un je ne sais quoi à eux seuls
achèverait mon poème

Lui voulait avec des mots inutiles tracer la rose espérance la rose d'amour la rose toujours la rose et le lys délaissé ici partout fleurit
une jungle de lys dans l'herbe bleublancrouge.Je veux manger des pommes-frites
avec de la sauce tomate liquide 
Un jour on me servait c'était
en l'an d'il y a deux jours
Une sauce tomate
avec morceaux


J'avais commandé en vers et sûrement me comprenait-on de travers à cause de la forme bizarre qu'ont les vers et cette façon de prendre une place au milieu d'une page comme si c'était ton père qui payait le papier. Maintenant je fais des précisions en prose pour être sûr d'être compris comme une femme belle. On comprend toujours des choses très profondes des gorges des femmes et n'ayez pas l'esprit mal tourné je fais de la prose c'est sérieux comme un vittel-menthe à une terrasse de café.

Mais il manque au drapeau encore le blanc le rouge et les armes royales :

On visitera nouveau-chateau 
et ses vieux manoirs
incendiées du vent
d'Est.

Strasbourg ça sent la tarte flambée
il y a un château d'eau pour
le contraste poétique
je crois que c'est
rue du Roi-
Espérant.

C'est un poème infirme un sale bâtard écrit sur un ordinateur américain
et qui ne sait pas tuer le père mais je pisse sur la tombe de Freud
ça soulage je vous jure quand on a envie de pisser après
trois bières et une pute françaises
A Vincennes il y a des filles de 
joie qui ont leur papier et 
des capotes neuves.


J'aime bien le français engendreur d'élision parce que
c'est fabriquer du rien à partir de quelque chose comme
un peu la vie c'est très métaphorique je crois et peut-être
en fera-t-on une religion avec des dieux des symboles et après
un poète viendra il aura les yeux bleus et les mains abimées surtout
de les avoir frottées entre elles très fort pour faire du feu jamais
ne surgit la moindre image de ce mouvement répété comme
s'il était un de ces poètes qui traînent leur mal dans
une lassitude ordinaire imaginant toujours
qu'un je ne sais quoi à eux seuls
achèverait mon poème

Lui voulait avec des mots inutiles tracer la rose espérance la rose d'amour la rose toujours la rose et le lys délaissé ici partout fleurit
une jungle de lys dans l'herbe bleublancrouge.

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27 février 2015

Tu dis droite et c'est bleu

Personalité saccagée dans mon présent
Je
Défiguré au dedans 
Soleil d'épilepsie pas lumiere fumante 

contrefaçon.

Et finalement qu'aurai je vécu deux mois et demi de jeunesse dans toute ma vie 
Toujours nié, moi
Cette vie presque toute ma vie
Une éclipse un 29 février voila toute ma vie 
Dix grammes d'ombre dans un jour de miracle
Toute ma vie ce tard éparpillé
 intact a veiller le secret inutile 
toute sa force giclée le tremblement peureux
Quatorze secondes sept millièmes d exister 
Depuis qu'on a douze ans et demi le précipice bêché siècle par siècle

Toute sa vie...a tous les embranchements prendre l'erreur 
Dire gauche et c'était droite 
Bleu-roi et c'était l'autre bleu
Sa vie menée morte de plus en plus morte morte jusqu'à la mort du mot de mort morte de sa mort mourait en mourant 
Dépouille agitée Remugle des rêves dedans pas longtemps presque des rêves fibreux électrostatiques 
Les rêves-cauchemar partout a l'endroit des nerfs la mutation poétique l'ADN changée pile pour invoquer les formes mécaniques d'obscurité 
Comme on a souffert on dirait ? 
Dans cette vie atténuée 
Transparente presque on a erré fantôme antérieur on a joué l'homme sans rire et personne a l'audience 
Toute la vie son procès et l'on se trompe de salle
Toujours on nous montrait la tombe le rien 
Rentre chez toi ou ca nulle part. 
D'accord 
Alors nulle part c'est joli comme rien 
On dirait le vide de ma tête 
Mal ? Pas mal 
Pas là 
Toujours cette absence et serre le corps mords saigne sens expire chie pleure
Liquide matière toi je toi je 
transparence plastique du moi 
Pas vivant jamais presque vivant 
Deux moi et demi dans la nuit le rire les verres
Encore encore on a soif soif de toute sa vie a ce comptoir 
Vide le verre vide 
Le jour le jour arrive au secours non une goutte encore la vie
Douze ans et demi depuis 
Enfant presque mort un deux trois poils 
Mon visage alors 
Parole expirée 
Odeur de craie grinçante 
Je 
Toujours le semblant prétendre ce rire ce rire mais on se cache à l'intérieur 
Qui
Qui sors du rire
Toi etranger 
Sors sors sors
Je dis sors du rire
Je vais je vais 
La peur le non etre
Chaque fois si je ris
En moi la mort étend son vacarme 
Haha 
Pas de la mort sur le chemin de moi 
Haha dépasse borne des yeux 
Haha francjit 
Cheveux dents langues péages atteint
Haha marche mort marche à l'intérieur sinueux décombres d'images
Dis mort route périphérique suis le sillon ca tourne tourne tourne comme la nausée 
Mal 
Mal
De l'absence de moi
Toute cette farce 
Toujours nié trompeur trompant 
Comme si j'étais un homme 
Un homme je palpe deux bras deux jambes deux yeux
Dedans 
Rien 
Les murs blancs 
Au secours on a oublié le dedans au secours revenez revenez revenez dieu diable deux jambes deux yeux mais
Homme ?
Pas je dedans rien 
Rien desert
assoiffée la chose intérieure assoiffée 
Faites crever des nuages n'importe lesquels
Nuages dessins en hic en loques
Nuages de tous les préfixes des terminaisons avortées 
Chassées
Nuages ancestraux diluviens nuages de demain de jamais nuage nuage
Pour la chose assoiffée au dedans morte de ne pas mourir nuages démodées nuages
Vivre comme c'est Mystère 
Pays hors moi du moi de l'autre côté de moi 
Vivre barbelé 
Étends bras jambes yeux poils sexe 
LAMBEAUX
Étends étends nez souffle chant cri plainte 
LAMBEAUX
Étends peur ongles terreur 
LAMBEAUX
LAMBES 
Tout 
EAUX
Étends et
Dans le fossé 
L AN
BEAU
Vivant jamais pour rire incapable à vivre DÉGAGE tricheur tricheur on a vu ton truc 
COMME
Tu fermes mal l œil 
Tricheur 
Avance 
Avance je te dis 
Personne pour avancer. 

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28 janvier 2015

CORPS BLANC

 

je me vois

au-dessus d’un corps

qui est mon corps

un roman déchiré on croirait vu d’ici

son corps un roman déchiré en petits carrés

blancs

et vierges

son corps c’est original son corps de cet angle là

stérile innocent tape dessus noircit toi

on rameute un soleil essoufflé

des poignées de nuit comme

de la boue

et j’enterre la nuit

avec mon corps blanc

plante étoile conscience

j’étends les bras jusqu’au terme de l’univers

(derrière, c’est un silence, Dieu s’y tient, Dieu est silence)

un grand bruit

quelque chose cède

les enfants rient

« je n’ai plus peur de l’orage »

c’est le tonnerre de mon corps

mon agonie à la fin

moi aussi je ris

craignez mon rire

j’ai mangé de la hyène.

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12 décembre 2014

mon coeur à moi

mais le noir sec aux extrêmités de dentelle
racle le Coeur
néfaste on y a enfermé des amoureuses aux pas de rebours
on a bu des liqueurs
un peu de ciel renversé au fond d'une bouteille
la nappe tachée les baisers semés

pour retrouver le chemin de moi-même
ce passé du temps que j'étais
Je remonte les battements de coeur 
cailloux de bruits ploc ploc ploc
ils font musique d'enfance hahaha
le coeur dans ma poitrine bientôt mort

l'horreur vous imaginez à vingt-cinq ans à peine savoir que le coeur qu'on porte s'use trop vite
silex trop souvent frotté on l'a vidé du feu

demeure surface ronde inutile à ricocher sur l'eau
ce Coeur qu'on avait à soi précieux

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23 novembre 2014

Bijou d'écume

Mon amour a les yeux bleus pales et les cheveux du frisson 

Des lèvres destinées le cou lourd bijou d'écume 
Mon amour Ce sang comme une mer âgée 
A force de naufrage De
Tout ce qui crut mes lèvres périlleuses 
J'ai retrouvé ma vieille légende
Mon héros 
Ce moi même que je me racontais le soir 
De cette vase qu'on dit le coeur et l'âme mêlés
et je suis traitre comme une promesse de femmes
parfois je tremble c'est le délinquant à son premier forfait
et l'amoureux la nuit qui se retrouve au bordel pour oublier
le feu parti de sa vie
se réchauffer à ces femmes-cendres
oh 
comme la surprise est vaste
on m'a dit la nuit dernière 
dans un de ces mirages de fumée ocre
"tu fais douter de l'existence du jour"
je suis rempli d'ombre et le soleil derrière moi ne reparait jamais
que pour former ombre (et donc nuit) plus vaste Que
L'Univers
je tremble de froid dans ce temps sans sommeil
la drôle de buée sortie de mes lèvres
ce soupir d'aimer
ce corps brûlant dans le lit
la morsure tout à l'heure
creusant la chair et le givre
cet appétit du feu jamais rassasié
mes lèvres toutes courbaturées de baisers
dehors les cris délaissés des chattes 
le chant des oiseaux réclamant à la nuit une minute ou deux
comme un amant chassé exige un dernier baiser
ou bien le scandale
et n'obitent jamais rien.

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14 novembre 2014

J'ai inventé le feu en frottant ma vie à ta vie.

Pourquoi la vérité 

C'est si beau pourtant la vie à contre jour
A rebours des sentiers tapis de pas
Si beau là-bas où le jour hésite longtemps
sur des formes informulees
J'aime la lumière quand elle joue à mourir Dans 
les cheveux des vêpres. 

La nuit en soi il faut la défendre
Par les fourrés
L'ombre semée 
Le secret éclos 
Il faut défendre la nuit que je porte
Eglise jaillie des marées
gluante d'âmes et d'algues
L'Abîme me suit à la trace
Remonte le fil éparpillé des doigts 
Presque
Des je t'aime gâchés 
l'abîme arbre déraciné
marchant, vénéneux, à ma rencontre
Ah puits où je suis englouti
Je perds le compte des jours et l'écume d'être
On croirait...
des mains ferventes
Un chapelet de sanglots
Combien de temps déjà la pierre froide la roche engourdie
Combien de temps la poulie et la chair à vif des larmes
Combien de temps
Sans langage d'homme
Ce coeur noir cette foudre piégée 
Et toujours remuante à chercher de la poitrine l'issue de secours 
Toujours a recommencer ah son chemin on dit un pouls la décharge électrique le tonnerre l'orage du thorax
J'ai inventé le feu
En frottant mes os
A tes os
Précipice de mon je gouffre des paroles 
Je sombre je sombre
O obscurité
obscurité sans nom voix ni visage ob-
obscure contrée de moi-même 
obscurcie six fois
Exil du chant et du cri 
le langage du très tard
Paroles
des fétiches aux dents aiguës 
Aux poitrines brodées des meurtres
statues creusées dans le minuit glacé 
mortes presque comme des hommes. 
avant que n'entrent en fonction le bien le mal
nous parlions le miroitement et le torrent
nous parlions le bois et l'éclat
nous parlions la vie primordiale 
nous parlions notre regard Étincelle 
Mystère que je suis à l'heure de prières 
Je sombre je sombre
Dans le noir expirant 
L'ombre agonie 
Penchée 
Tordue
Comme un saule au 
Parfum parfum du soir des marais salants des baptêmes des plèvres traversées
Et tu ne veux avancer dans cette nuit là
La jungle détrempée Sur elle 
Les maladies arc-boutées 
Sans memoire sans remède sans sym-
-ptôme 
Que ce mauve aux paupières 
Comme un coup de couteau mal entré dans la chair 
Et ta langue a l'odeur de toutes les femmes La peau
Ce parfum de chiendent 
Puanteur des baisers sans amour 
Un crachât
Un mégot 
Tout ce qui n'est pas toi.

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11 novembre 2014

Incendie têtu

Le noir triomphant du feu

L'ombre calme
Najib Jonathan ou qui que je sois fus serai
Jamais avancé ici en péril
L'image de moi
Ce visage d'occasion et les mains tricheuses pour à la fin la cendre vendue et la poudre mouillée 
Comme feu et fracas 
Rien de moi mené jusque là
La farce des bras et la comédie de ma force
Et mes lèvres d'illusion moi toujours je suis demeuré etranger 
Comme une bouche condamnée 
ne sait plus que des mots de théâtre et des cris d'opéra. 
Oui 
Et la vie a quoi bon 
Le soleil en moi effrité
Et la nuit s'allonge dans mon corps 
ne méprisez pas le sombre que je porte 
Ne méprisez pas 
L'ombre haletée 
Et l'aube défaite 
J'ai traversé à la hate mon passé 
Pour me présenter au présent 
C'est moi 
Le soir faible 
La lumière percée de trous
Le peut-être des jamais
Le peut-être des toujours 

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12 octobre 2014

L'amour s'achève avec la pluie

monte en moi chant cruel
soleil du balbutiement où tout recommence

comme tout recommence

aux dents les ténèbres
l'innocence à la lèvre

libre

toujours le même chemin à la fin dans le bois à l'odeur de pluie et de mousse
aux chênes penchés aux feuilles gonflées de vent
le loup imaginaire dévorant les rêveurs
on entend se fendre dans la bouche le prénom ô routine d'amour
comme un geste le soir
une après-midi d'octobre 
les bourrasques d'automne balaient gaiement
enfin on dit enfin en marchant dans la nuit sordide
enfin on dit enfin vraiment enfin guettant le soleil entre les pattes des bêtes
dans le fond de la grotte
dans la terre humide et la rivière étroite
on marche libre léger
triste mais heureux
une vague en soi menace
crie un naufragé
soi-même ou bien le passé

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05 octobre 2014

Mon Amour

c'est toujours affaire de miroirs où tu te vois mal et il faudra un jour piller dans mon visage les yeux sur toi penchés alors te rendre au monde ta véritable image voir comme il faut les choses et la lumière issue de toi celle que tu transpires et fais naître ô soleil mouvant ô amour fragile comme l'eau pâle du matin comme le crachin léger que le vent disperse amour amour amour

 

hors de toi le monde gris comme la neige du paris de janvier

hors de toi la gorge toujours enrouée et la lèvre pâle

les jambes tremblantes et les mains impuissantes à broyer l'absence

toute la nuit l'attente de toi

à fixer d'un air dur le mouvement de la trotteuse pour presser les secondes

mais hélas la colère de mes yeux les fige de panique et ta venue plus lente à venir

combien de siècles encore de cette patience

à mordre la nuit comme un baîllon d'ombre retenant le chant d'amour

combien encore de ces rêves de toi que la lumière du jour dissipe

faite cendres aux lueurs de l'aube

poussière mêlée à la rosée

et je te bois dans le matin peureux

dans l'herbe fraiche le lila avanteureux

plus rien n'a ta couleur amour

et la jalousie épine de ces fleurs vrille dangereusement 

te donne des dents cruelles et des mots durs

mon amour obsédant le ventre lourd de toi à pourchasser sous le ciel gris

et la nuit basse l'ombre de toi

mon amour aux cils courbes

mon amour à la bouche d'été

mon amour mon amour mon amour

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12 septembre 2014

L'orme du val

 

l'âme éclot en moi le fit par chemins tortueux
Jonchés de ronces brûlantes
d'échardes vénéneuses et de pierres tranchantes
L'âme éclot en moi se fraya route à travers ce maquis d'ombre
cette douleur que fut ma vie pendant un an dur et amer comme un siècle de bataille perdue
dur et amer comme cent nuits d'insomnies.

 

Et je ne puis imaginer désormais votre langage autrement que bave gluante et mauvaise
votre bouche cloaque infâme où les moustiques paludiques grouillent et s'accouplent
comment imaginer désormais votre parole dépouillée de ce bourdonnement là
Dans les "bonjour etc" j'entends désormais ce bruit terrible et votre bave,

bave plus néfaste encore que les marais méphytiques 

coulant

toc

toc

toc

alors j'entends à chaque mot dit

"toc

Bzz

toc

Bzz"

oh le drôle d'Opéra appelons le "les copains d'abord" c'est à propos. 

Pour évoquer la puissance de la descente de croix de Rembrandt, Théophile Gauthier comparait sa vision à l'éblouissement de celui qui sortant d'une pièce sombre tombe sur la lumière vive de midi
et j'utiliserai pour décrire ces quelques mois de mon existence la métaphore tout à fait inverse
la réduction à rien de la lumière du monde
Et cette cage infâme d'obscurité où je me débattais en silence
Mes cris aphones toujours à buter contre le baillon de ténèbres
Le désespoir et l'impossibilité à vivre prisonnier du puits sans fonds
De l'abîme sans joie
Oh l'enfer est préférable à ce creux obscur
Le feu au moins y fait semblance de jour
Pourtant je l'ai dit sans cesse
La terreur en moi
Le janvier glacé dont j'étais hanté
Un janvier cruel
hiver gelé et sombre
A oublier la couleur du jour
A perdre le sentiment de l'aube
La misère et l'ombre enfonçant en moi leurs dents glacées

et moi j'ai traversé ces forêts infernales obscures et bruyantes de danger
à la fin de ce tremblement
au bout de cette nuit, oui j'ai aperçu un trou de lumière dans l'épais feuillage 
Oui entre les ventres gargouillant de faim des loups et les chênes à visage
J'ai vu de la lumière et je m'y suis jeté
Avec une force que je ne me savais plus
Je me suis jeté avec cette énergie qu'on dit toujours du désespoir
Et doucement dans ce corps exsangue la chaleur du soleil recommença son labeur
Doucement la vie et le goût de la vie en moi germant
Et cette florescence de moi
Ces roses ce printemps
Vous crachez dessus comme sur du chèvre-feuille
De vos mots criminels vous désherbez
Ah la bave 
La bave acide qui fane le lilas.

 

arraché au péril c'est de scandaleuse manière selon vos lois nulles
personne ces nuits terribles ne me chauffa de l'espoir même du jour
personne ne vint dans la chambre solitaire
contre les murs peints de noir
personne n'entra avec le souvenir du mois d'août
Alors j'ai survécu
Sans vous

et votre confort moral aheurté vous force à ces robes de juge immaculées et sur votre bureau propre
On ne saigne pas
On ne saigne pas et toutes les nuits une bonne passe son plumeau et débarasse les miettes d'homme assassiné
cet homme tous les soirs c'est moi
Débris de "je"
éparpillé
Et pour la lumière vous avez la lampe de chevet à abat-jour vert (il faut bien interrompre, tout de même ces lueurs, pour juger sévèrement, implacablement il faut pénombre, autrement l'homme apparaitrait parce que l'ami il faut le dire au premier jour du procès on lui arracha le titre et la tête; alors on comprendrait, on chercherait à comprendre).
Mais vous quittez le tribunal par la porte dérobée
et vous atteignez ce point de vous, on dirait, et vous la franchissez la main moite et la bouche sèche
Parce qu'on n'accuse jamais que pour se défendre, parce que 
Toi tu dis "on ne fera jamais comme ça, NOUS" et dans ce nous tu portes un crime immense
un camp d'extermination comme on en a plus vu depuis mes plus affreux cauchemars
et tu as tort.
Et toi c'est autre chose c'est l'indignation morale tu te sens floué par tous les gestes
Alors tu reprends toute mon histoire et tu changes un mot pour un autre tout le long chemin de toute ma vie
je deviens monstrueux
on me voit une moustache sèche et le début des cornes.

Pourtant vous ne savez rien
Drôle de tribunal où l'on invite jamais le condamné à s'exprimer
Drôle de sentence celle muette
Toujours surgissant pour meurtrir le corps absent
Et je n'imagine pas ce double de moi ce reste de mon ombre tant crucifié par vous et sottement
J'aime la croix et ne puis vivre sans son faix
mais ces gibets postiches
Ces imbécilités ennuyées gardez les hors de moi
De ma chair réelle et de mon être fantasmé
Vous n'avez rien compris depuis le début
Et cette histoire inventée me dégoûte bien plus que vous n'êtes dans votre aise morale
Qui d'ici ressemble à un cabinet sale
On a pas tiré la chasse.

Vous avez imaginé, inventé, parce que c'était vraissemblable et possible
Parce que parfois, même ce fut vrai
Vous avez imaginé et c'est barbare 

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03 septembre 2014

je t'écris

je t'écris pour feindre les grands sentiments amoureux et t'attirer la nuit (sans couteau, je préfère le crime à mains nues, une sorte de tradition religieuse) dans un coin d'ombre dangereux. Je ferai de grandes phrases lyriques Des tremblements de coeur Mes mains gémiront de joie à l'idée de toi mais tout sera faux c'est le métier d'acteur échappé de mes gestes et toi, naïve et dupe, tu te laisseras mener dans ces renfoncements mauvais et dangereux Le plaisir te laissera comme une morte puis dans un grand éclat de rire j'oublierai tout de toi les gémissements du soir la peur dans tes yeux et ta lèvre périe

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18 août 2014

Bis

Il me souvient

Tes doigts dans les songes

La peau douce
Etrangement parfumée

Tu sentais

Le rêve

Le pin brûlé

Ou bien

Toi-même, l'amour

(l'odeur de l'herbe blessée par

l'été affamé)

Tu sentais

Cette odeur perdue
Qui n'est pas l'odeur

Des lundis

Ni le son 

Métallique

Du dimanche

Ou les ongles 

Cassés

vernis

 

Il me souvient

Tes cheveux renversés,

immobiles

Dans le songe

Etait-ce alentour de toi (partout

autour)

L'eau d'une noyade (?)

La mer d'Avril

La sueur transparente

Des amants (beaucoup)

Ma main captive 

Des algues

 

 

Mes doigts au réveil

Remuant

Douloureux

Sur ta peau bru-

nie (saveur réglisse

La nuit)

Ta peau

Bru-

lée

(tendrement)

Par les baisers

Le soleil chaud humide

Dans la bouche

Le miroitement

Des dents

Les cent-douze blessures

De l'amour 

Mais nulle part le couteau

De l'amour

Le sexe honteux

La peau tue

Le café froid

Les apparences

De la mort

Cousin

Au cinquantième

degré

 

Tu dors encore, longtemps après moi

Tu bouges dans le lit en murmurant «pitié»

Toute la nuit l'horreur oubliée te remonte

Comme de la vase

De l'eau croupie

Le marécage de ton âme /

 

Refermées tes paupières sont bleues 

Et belles

Comme la nuit trempée

Humide 

De rosée

Tu as l'une des treize couleurs

Du sommeil

Quand tu dors

Mais que je ne dors plus

L'urine de la nuit empèse ton murmure

Elle vient sur tes lèvres dans un mouvement

De chatte

Et tu es tout son territoire

Gouttière

Chaton

Fauteuil

Tu es

Le peu importe

de mes poèmes 

 

 

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16 juillet 2014

Je suis prêt

Je sens à nouveau la respiration de la brume intime
M. remue comme la nuit ancestrale
et ses mouvements pareils à ceux des messes noires éveillent le volcan obscur
Le souffre d'éternité me monte aux prunelles
Je reprends le massacre interrompu il y a longtemps
de ces gestes là pareils à des pleurs carnivores

Je suis prêt

l'ambition l'ambition de toute ma vie passée

bat en moi comme le galop des orages

et je réapprends le cri de commandement face au miroir
Perdu un matin où le désespoir en moi s'assagissait
Je dormais bien

et les filles ne pleuraient presque plus jamais
les filles de ce temps là précieuses comme des mégots fumés deux fois

mais le soleil aride m'était entré dans l'âme

et je demeurai vivant et absent comme arraché d'une prise d'opium. Ni tout à fait intoxiqué, ni tout à fait éveillé
Nous attendions l'instant du manque Pour retrouver la vieille figure tragique le masque des rites horribles
Cette lèvre déchirée toujours par un cri

(un cortège d'oiseaux de proie)

Je retrouve mon âme et ses cent-dix mutilations, comme j'aime les blessures, comme j'aime les corps coupants

je rêve d'une femme nue et tranchante

statue de verre brisé pour lui faire choses d'amants

ce fut mon péché longtemps d'allumer dans les yeux et les cheveux de gamines inertes de grands brasiers pour m'y jeter

ah le délicieux bûcher allumé dans sa propre ombre

le feu qui partout vous poursuit comme un miroir d'abîme.

Le vertige dans toutes les courses

c'est toujours mordre et crier

 

Je me souviens de mon goût jadis pour la gloire et l'envie que j'avais de la faire toute petite contre ma poitrine pour la déchirer en tous petits morceaux et sur chacun de ces petits morceaux écrire "MERDE".

 

Je vois :

Un lac
S'y décomposent des plantes d'eaux à mille feuilles
elles tourbillonnent dans l'espace aquatique.

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13 juillet 2014

Danse des poètes

Je porte en moi un volcan affamé 

une lumière de tumultes bleus

toute la foule du monde

et sur nous la nuit avance semblable à un grand mât

j’ai senti parfois mon âme se fendre comme un glacier

dans un bruit d'orage

et la plaie immense

la béance articulée chaque jour de sa vie

la béance, chaque jour de toute sa vie

la douleur et la plainte

par où l'on dit "JE"

et la couture à jamais visible

et le poignard d'alors tremble encore dans le coeur

membre fantôme

il remue

ô ma douleur

ô ma mémoire

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02 juillet 2014

Une morte

Ton visage la nuit crispée ô ton âme déliée flamme

Grinçait dans ma nuit

Le miracle la vie sortie de torpeur, salive épaisse de la lèvre ocre

Blancheur à la crête du Je

Le vent piégé par les algues et le crissement du sable

T’appellent là-bas ; tu ouvres les bras, c’est l’horizon.

Vertigineuses absences

Au loin les paysages, miroirs étreints de feu ;

La nuit gonflait comme un lac, hésitante

Les doigts tendus, dans la gorge roulait la mélodie transparente

Sur la peau calcaire, des larmes

L’ombre d’une femme

Ton visage dessiné dans les linéaments de la terre

La lumière et le drap et ta peau écumes pâles

De cette aube morte

La main jetée de tous côtés ton absence, ma vie

Les paupières pareilles à des ongles sales,  yeux noirs

De la boue sèche, grattée par le regard

L’odeur d’au revoir de la route fraiche

Des arbres creusés de sang

Et des près mûrs de

Plus rien ne te ressemble ô chère morte

Tous les fragments de toi retrouvent leur air de tous les jours

La lande n’est plus ta peau ni lavande ta bouche

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Fumée beige

L'image de toi friable comme de la pierre sèche

Dieu mon dieu la minute-statue dans quel jardin déjà le soleil hardi
On vit c'est un jour de tempête
Le vent d'équinoxe dans des cheveux alphabet
Le bleu le jaune délavés des photographies
Comment s'appellent cet homme cette femme sans couleur
On ne voit plus les visages seulement la neige vide, un grand miroir aphone

Et tout ceci qu'était-ce déjà j'en perds mémoire, un rendez-vous manqué
Sur le bout de la langue
ce ne sera pas ce soir
Ce ne sera plus jamais le soir
Le vrai soir
Plein du silence de vivre
Les lèvres comme des ronces 

Un seul soir y vins-je le crépuscule remuant des. Ailes muettes
La lune bercée, mille chant d'ombres
On y plantera Dieu
Je germerai


Sur soi la nuit blanche
eau forte et douce
Aux figures froides
Le café ou bien le thé
Tu dis peut-être je ne sais pas
Et déjà je ne vois plus ta bouche en forme de
Peut-être ou je ne sais pas
À cette table
Il y a une place stérile
Comme un ventre vide

Ta place

Une image creusée d'oubli
Un grand vent disperse les lettres du prénom on cherche ses souvenirs dans le téléphone
Un mot s'écorche dans les cheveux
Les poumons vides, plus jamais

Monde abandonné
Feu de cheminée où brûlent les roses
Odeur de mai incendié
Sifflent les balles gémit la Seine
Contre le cœur, serrée, la neige fondue de toi

Le médaillon vide
Un trou dans la mémoire
De la taille d'un poème



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26 juin 2014

soi même le monde.

Hier, prisonnier d'une insomnie sans délivrance je me raccrochai à tous les visages de ma vie ; alors à toi je murmurai les paroles que voici. 

il y a en moi un murmure qui dit la trahison

l'infini desséché que je porte en moi

mais

c’est mensonge

je ne me suis pas résigné à la forme attendrissante du réel quotidien

des jours de la semaine

l'etc du monde

Un matin de mes mains somnambules j’ai déchiré l’absolu

de mes doigts sévères 

les yeux hallucinés

j’ai déchiré l’infini

pour arracher le vacarme en lui

le vacarme en lui

travestissement

duperie

maquillage d'une femme vraiment laide

rouge et obscurité dans la lumière des soirs

trompant le désir. 

 

Un mouvement dément, une nuit, où les dents tremblent jusque dans le coeur

et l’on entend soi-même

pénétrant dans le temple

avec des pas bruyants comme des épées

une haleine de vandale

tordant les vieilles idoles

et sous la pierre de ces croyances mortes

une forme éclôt

neuve, inconnue

ô l’étrange miracle

les statuent elles aussi muent

alors

alors

un miroir

soi-même

le monde

l’infini.

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