08 novembre 2009
...Si le diable veut danser.
Je sais que pour te reconquérir il faudrait dispenser un silence tout teinté de mots, de l'ombre des mots. Mais je m'en fous, ton cul est intéressant, mais cent autres qui gravitent autour de mon nombril autant. La raison, la vraie, c'est que tu n'as pas encore tout à fait rejoint la procession de fantômes que je traverse au milieu de mes marches, la nuit, à travers lesquelles je passe quand je déambule entre deux insomnies, une paire de jambes, mes jambes, ses jambes. C'est que tu n'es pas encore, malgré ta paleur, toute transparente. Alors ouais, je pourrais jouer les roublards, les sniffeurs de vent, les grands malades, mais il y a dix raisons comme des lois divines qui sortent de la bouche écarquillée de Dieu pour ne pas. Tu ne m'intéresses pas, je refuse de te blesser et je sais que j'ai la foudre qui me court sur les phalanges,malgré moi, je suis né avec elle on s'habitue soi à l'électrique stimulation, à être un orgasme vivant mais frigide dans les bras des connes, parce que tu es chiante, chiante comme une naturaliste qui décrira sans fièvre le tissu froissé de sa vie, parce qu'encore ton cul ne m'intéresse pas assez pour que je bande trois cent kilomètres. Ce pays de neige qui nous sépare loin de l'autre. J'ai décidé de tout savoir faire avec du verbe, et je le sais, je peux faire chanter un clocher qui soulève sa musique dans de la poussière d'or, de la poussière sableuse, du temps qui tourbillonne et raconte des époques, traverse des images. Et les morts se lèvent. Tu sais, dans la tête, c'est les portes du pénitencier, qui s'ouvrent, et s'échappent cent malfrats la haine qui leur fait au visage comme de la petite vérole, cent mille petits trous, et on dirait des poètes mes bandits, je sais à peu près tout raconter. Et je ne veux pas te nier, t'es déjà presque disparue, placardée sur les murs fragiles, irisée, et ta figure se tient au bord du néant, pas tout à fait, alors je peux t'aimer un peu, dans le sort des insignifiances, dans ce sortilège des vides, de la magie du matin qui coule par petites embardées, comme des saccades de pluie et de neige qui volent et dansent. Tu sais quoi ? J'ai même pas envie de te baiser. Enfin, si, mais pas plus que celle que j'allonge trois fois par semaine, trois semaines par mois, sous tous les angles de son corps. Parce que tu sais, moi, j'ai un appareil photo au pubis, je suis comme ça, je prends sous tous les angles, et je suis plein de rouages, mécanismes, de physique et d'optique dans le déclic, j'ai des boutons sur les nerfs, et il faut les saisir, tout plein d'extase, de peurs, de chaleur qu'il faut activer, régler la focale, sucer la lentille et je vois flou de naissance. Et la vitesse, tu sais, la vitesse, elle est folle dans ma tête, elle court, elle transbahute, c'est la foudre, ma vitesse. Méfie toi toujours de la rage qui devient envie. Alors je suis ça, et je te prends, je les prends sous tous les angles avec mes yeux flous, et je sais tout faire et ça m'effraie tout, créer tout construire. Je peux parler de la lumière là qui se couche, de ce crépuscule électrique des lampions qui hésitent, qui s'endorment, de la modernité qui elle aussi a ses heures, son matin, son soir, et même un zénith je crois. L'électrique extase aux doigts d'argent. Tu vois ? Je crois que tu me manques là, Wendy, qu'en t'écrivant, ça me rejaillit, et que je donnerai bien ma bouche pour la tienne, que j'aimerais tes bras autour de mon corps. J'ai froid, j'ai toujours eu froid, et tu sais je crois, combien mon corps, mes doigts, que j'enfonce dans les sexes féminins pour la chaleur de l'excitation, sont gelés. Et c'est dur, alors ça te fera trembler, et tu voudras un jour, et je voudrai un jour, on aura quarante ans et du néant dans les poches, poches trouées. Et t'aimeras un type et les séquelles de nous, e tu diras comme ça, que t'es amoureuse, mais t'auras quarante ans alors tu feras comme si, en te souvenant de tes dix-sept et de moi. On fera comment ? Un jour je t'appelle, un jour tu m'appelles et on se retrouve au milieu du monde, on fera des cartes mystérieuses, des recoins secrets et on l'appellera "nos corps", ce sera un fil mince mais tendu, de mon vice à ton vice, et on s'attachera les sens, on fera du bondage d'émotions. Tu fermes les yeux, quand tu me lis ? Et là, ils battent comment ? C'est quoi la régularité ? Tu sais à quoi ils me font penser, tes yeux ? A des blocs de lumière emprisonnés dans un cristal pâle. Dedans y a assez de couleurs pour faire un nouveau déluge, pour tout submerger les phrases, les peurs, les haines, dehors, mais voilà tout est capturé dans la vue, c'est comme une pierre qui enterre l'épée sacrée : Excalibur, y a de la puissance endormie, et tu l'enterres dans le bruit, ton rocher c'est la poix des bocks. QUand tu auras trente ans aussi tu diras "le bruit commence à m'ennuyer", parce que tu sais l'odeur de la suie, et la beauté du silence, on peut en faire des tableaux du silence. Mais oublie pas c'est le lit des égoïsmes, et on s'y couchera dans ce lit, et on l'appellera solitude alors, on se mettra à genoux, enfin toi surtout, et puis on priera. J'aurai le corps toujours maigre, avec des trésors dessus, et toi, le tien toujours comme une peinture pleine de volupté, le ventre gorgé de couleurs, de toiles, et les perles de ton dépit pour attacher ta taille à ton corps, pour ne pas qu'elle s'en aille ta taille. Et on se reverra, et tu le sais, et ça t'emmerde là tout de suite, de savoir que y aura ma bouche qui te fera gémir un peu, pas trop, de savoir que t'es tous les instruments de mon imagination, et la flûte, et le piano. Femme orchestre que je t'appelle. Tu vois, je te veux, sans te vouloir, parce que je suis loin du pays de fièvre, là où on truque les mots, où on leur donne des visages d'habitude, des traits d'inquiétudes qui rappellent des souvenirs. Je sais que je pourrais te faire m'aimer, y a toute une liste d'ingrédients, un lexique qu'on l'appelle, pour faire le philtre, mais je fais pas, je marche à côté de la route, tu reviendras dans mes bras, comme la pluie finit par tomber au milieu du désert, comme on voit soudain rejaillir l'eau de l'oasis tarie. Et un jour tu seras à Paris, et on aura une chambre d'aube et de pourpre, avec des haillons de lumière aux volets, et la nuit on s'aimera et le jour encore, puis tu t'évaporeras, et on s'en voudra, on fera des morsures à nos mollets parce qu'à te baiser quelques fois, à te faire l'amour beaucoup d'autres, je t'ai mis mon foutre d'extrême violence aux organes qui s'accroche à l'âme, et je suis désolé, c'est un peu moi, pas trop qui incube en toi, mais j'ai des vertus dans tous mes liquides et alors je pleure pas t'imagines tout ce que je pourrais contaminer avec des larmes ? Et puis je saigne pas, ça fait pourrir la terre je crois. Là, je veux que tu m'aimes, très fort, et très directement, qu'on se voit vite, et qu'on ne s'haïsse pas, qu'il y ait la place pour la coalescence de la violence et de la tendresse, et tout ça en rimes pauvres, c'est comme monclavier. Je suis de la misère, tu le sais, jec rois, je peux truquer si tu veux, te faire trembler de loin avec des mots, vêtir un habit avec un long manteau qui habille tes cauchemars -mon nouveau manteau m'arrive plusbas que les genoux-, et puis même un masque pour bien te faire trembler, pour bien t'arracher à tous les bras amoureux de l'Univers. Tu sais Wendy, un seul de mes doigts, et je ne parle pas d'agilité, de sexualité, de bestialité, d'animalité, vaut toutes les mains réunies en ronde de l'humanité, qui serrent, tous les bras ne valent pas mes ongles. Un seul de mes doigts, et c'st comme ça, je marche avec du souffle, et Bruxelles, c'est loin, et je bande pas assez pour que ça frappe à Saint-Gilles, et Saint-Gilles c'es tmonpatron, des estropiés, alors je le découpe lui aussi, pour former des images, pour te filer une farandole de baisers de loin, et d'oubli un peu. T'es pas encore dans la procession des oubliées, des abandonnées, celles que je traverse, et qui n'encombre pas ma marche, toi tu es dans mes pensées, dans ma mélancolie, je t'ai fait une place au chaud dans mes lignes, et si tu fais attention, juste un peu sous la ponctuation, tu verras que y en a une dansmes yeux, pas longtemps, parce que j'oublie, je chasse. Tu vois, je m'embourgeoise, je chasse, j'ai un habit vert, et je peux dire "Je suis mort" et j'ai la force de t'aimer. Pas longtemps, et c'est heureux, parce que tu m'aimes encore mais pas longtemps.On fonctionne pareil. On entend alors le tic-tac du crocodile, qui vient heurter le bois sec du bateau, on l'entend qui agite ses secondes agonisantes, comme une trotteuse, avec le calme méthodique de la mort. Il attend, en bas, sous la proue écaillée, qu'on descende se laver les sens, tu entends aussi ? J'ai déjà perdu mon ombre dix fois, et dix fois tu ne l'as pas recousue.
07 novembre 2009
Allons voir mignonne...
Dingue. J'ai la gueule de la nuit pour que me causant tu imagines qu'elle entende la supplique et les plaintes, puis vienne bercer tes soirs et en faire des matins, orgueilleux/merveilleux, des merles moqueurs accrochés à tes yeux las ? Qui ploient, battent, et sans ailes s'entredévorent le sommeil. Moi je n'ai pas le temps de dormir, moi j'ai le temps de piller, voler, d'organiser des détentions. On a chacun pile comme on mérite, des prisons suisses, des boucaniers hurlants, Bruant, des culs brûlants, des seins, des bouches, et tout béant ouvert. Fais gaffe, à voir derrière l'insomnie mes membres tragiques tu vas tomber amoureuse, et de moi, c'est toujours très bas, vil, sournois. La chute, c'est moi, j'ai tout un épisode biblique qui part de mon nombril en mille cercles concentriques jusqu'à clouer Christ, à bombarder Port-Royal,à assassiner Henri IV. Ravaillac, c'était mon frère. Je peux tout faire avec du verbe, avec ma voix d'angelot qui sonne comme une cloche : les baptêmes, mariages, enterrements, tu t'imagines ce que j'y mêle moi, la vie, la mort, la renaissance, tout ça en un octave, en deux silences, hop. Vas-y pends toi à mes muscles. Fais gaffe mignonne, à pas trop t'approcher, je manie la foudre qui me tourne autour des yeux, j'ai le coeur buté sur un bâton de merveilleux, j'habite un vertige. Mais j'ai pas envie, ça m'intéresse pas moi, tes yeux, tes doigts gourds, et quand je dis tes yeux, je dis ceux de l'humanité racoleuse, je dis la foule rieuse et la mélancolie furieuse, je dis le monde et l'insomnie. J'ai divorcé des gens sur ma butte. Je suis riche, très riche, -comme Bruant- j'ai des soutiens en or, des baleines d'argent, des armatures en uranium, tout un cancer de fric suisse dans la gorge, je peux chanter un hymne à la vie. On me voudrait plus sobre, mais j'aurai toute la mort pour décuver ma vie, et toutes les ivresses que je vous ai pris. Toi, tes yeux, ton ventre, jusqu'à ta matrice stérile je connais, jusque derrière la peau, si retournée qu'elle exhibait le foie, le ventricule, les os, et les poumons noircis, ouf, et le pancréas, estomac, intestins, je sais ton anatomie, ton architecture en vrac, mille fois je te possède, mille fois je t'oublie, parce que je me souviens des détails, de la lumière qui jette ses reflets au plafond, le soir, ouf. A la fenêtre, Crowne Plaza, Bruxelles, des photographies, ouf, la nuit à quatre pattes, ton chapelet qui attache les perles de ta misère au ventre, ouf, les larmes,les baisers, les adieux, et Avignon, et Loison, et Chatou, et Boujan, et Montpellier, et Lille, et Bruxelles, et Genève, et Nice, et Pornic, et Leucate, et Grenade j'ai un abécédaire de villages et de montages, j'ai été de A à Z sur des corps de fillettes, j'ai tout l'univers entre mes doigts. Mais j'ai arrêté, quand j'ai vu que tout le monde pratiquait je me suis mutilé le visage, j'ai défiguré ma séduction, c'est traitre, et c'est pas joli, tout le monde fait, du plus ignoble à la bouche tordue ou poète transi de douleur. J'ai decidé de naître Louis XIV, je vais être soleil couchant, crépuscule, et puis la Cour, on jouera Molière et on l'interdira en même temps. Allez Solène, file, ouste, fais attention à mes postillons ensorcelés quand j'hurle ma vie, quand je clame mon être, c'est tout empoisonné, ce sont dix comètes qui jaillissent de ma bouche. Je suis avec du désir dans les membres, les phalliques et les autres, j'ai dix femmes orchestres, une flute et j'y colle ma bouche, un piano femme tendre sur lequel glisse mes doigts. Tu sais toi, combien c'est facile pour un pianiste de faire jouir une fille, et ses dix mille nerfs comme les cordes du piano, sa peau comme l'ivoire du piano, ses gémissements comme le cri du piano, tu sais ça, d'une caresse, j'en arrache dix sols, dix planants, et des la, des octaves, et puis même un dièse, un dièse qui jusqu'à Kaboul fait jouir les femmes sous burkah. Y a pas à accorder une fille, y a juste à lire sous la peau, les nervures, les veines, les souffles, et puis ça crie facile, et c'est du plaisir insignifiant, alors que la musique, Solène, la musique quand ça monte dans l'atmosphère ça fait des fusées qui s'écrasent sur la Lune, la musique, ça s'élève, ça fait bien attention à tout ramasser les notes. Alors pourquoi tu me causes, c'est un peu de la solitude, dans tes silenecs, et tu croyais, que t'allais là dans tes nuits m'enfermer à double mépris dans tes cellules d'emploi du temps. Non, t'as d'autres gens, alors moi, parce que j'ai cette gueule de poète, et c'est pas tous les jours qu'on croise un authentique génie, un qui peut faire naître la flamme d'un verbe, vas-y dis moi ce quej e frotte que j'en fasse un poème symphonique. Ah la musique, la musique, et je te réponds avec du retard moi l'attentif, moi le patient, parce que je faisais cracher une flute des gémissements, parce qu'avec la langue j'arrachais des sanglots puissants à un corps tout fragilisé de détresse. Au revoir Mlle Jardy, au revoir So, ou qu'importe qui tu es. Donne moi des nouvelles de tes insomnies, que je m'amuse à les découper en tableaux, à cracher de la peinture. Je suis trop grand pour l'Univers, alors je le porte dans ma poche.
28 octobre 2009
Je bande encore.
Et ils auraient voulu que plus jamais je ne bande ? Ou moi ? Que je ne
bande plus pour ressembler un peu à ce continent d'eunuques ? Hé.
Faudrait voir, les parfums, faudrait voir toutes les entêtantes extases
que je louperai, moi, à plus bander, faudrait voir comment c'est doux
un dos animal, comment c'est chaleureux des seins de fer. Je fonds, je
glisse, je tremble, et je suis assis sur un banc de lumière, au milieu
du désert, c'est violent de couleurs et les yeux doivent s'habituer à
la vigueur blanche, le regard, sorti de sa chambre noir, discerne
derrière les barreaux pâles, des formes, des corps, des dévastés et
puis des droits comme des chênes. Je rêve d'incendie, je rêve, de faire
gémir la terre, et puis les murs, et enfin les miroirs, qu'avec toi ma
C. (et c'est par respect que je ne dis rien de ton prénom) on fasse
pleurer trois cent voisins. J'ai l'habitude, des gémissements, moi,
ailleurs, en bas, en haut, droit, fiers, et puis on irait sur une jambe
tant qu'elle est dure, tant que je bande, je peux conquérir l'Univers.
C'est mon risque l'impuissance, c'est le danger d'avoir tout son talent
contenu dans sa bite, là juste au bout, et ça rouille d'être dressé
toujours aussi colérique, un talent, ça fait mal à force, le sang qui
caille. Vous avez déjà entendu ma voix ? Elle est calme mais
frénétique, elle parle toujours de bazar, et puis de folie, elle parle
de murs qui montent, des flammes qui viennent fondre le ciel, et on
appelle ça la cendre, et vous avez le corps tellement mort que vous ne
savez plus si c'est chaud ou bien, si c'est froid, et vous mettez des
masques le matin, vous en mettez trois différents, un sur le ventre, un
sur les yeux et un du mollet aux orteils, et vous êtes contents. Et
pourtant y a pas Ensor dans vos têtes, y a pas la folie de vieillards
hurlants, de clowns inquiétants. Le cirque est un loisir, l'enfer un
mythe, et les deux sont en moi, je suis une légende tout seul, je suis
un poème, une symphonie, une musique qui vous effraie, et vous avez
peur de moi, parce que vous savez bien que ma salive empoisonnée vous
mettrait par terre, allongés. On peut mêler nos fluides, échanger nos
sécrétions, comme desnuméros de télephone et enfanter des bêtes à
cornes, des peurs. Césarienne pour bête immonde. Ma voix vous la voulez
? C'est là 06 75 84 70 47. Attention, partez, c'est léger ma voix,
c'est comme un flocon qui tourbillone sur un visage, qui se pose et
vous brûle, vous dévore, ça fait tout avaler, ça fait fin à toutes les
lignes, à tous les paragraphes, et y a pas de virgule, y a pas
ponctuation dans la vie et je parle comme je vis. J'ai pas de frein au
verbe, j'ai que des vitesses, des plus, des envies, des associations,
de smots, des alliages, alors je mets quoi là, dans ma chimie, c'et
quoi le substantif magique, l'alchimiste d'aujourd'hui, la poussière de
demain, merde, quoi, je ne mets que du cri, ma voix brise les os, elle
écarte les mers, ma voix, elle fait tout ça, pleurer les femmes et puis
rire les enfants. C'est pas du zozotage, c'est de l'assuré envolé. Je
parle du poète à la voix de lyre, du fou au cri de tambour, et moi,
moi, j'ai la voix de l'azur, qui passe, qui file, traverse, et vous
pend. Y a pas de formules en littérature, j'en claque comme des aces,
je les balance, je suis une machine à les servir, mais je suis DANS LA
BANQUE D'INVESTISSEMENT MOI MONSIEUR? JE COMPTABILISE PAS LES CHIFFRES
JE RAMENE PAS LES CLIENTS? MOI JE SIGNE ET CA DEVIENT SAIN, ON SE REND
PAS COMPTE SOI COMMENT UN AVOCAT JURISTE JUGE LEGISLATEUR CA A TOUT
POUVOIR. Chaque article du code civil est une lettre de cachet. CA FAIT
QUOI ? ? ? ? ? CA TROMPE CA MENT ? Et d'un mot, d'un souffle, d'un
vote, d'un paragraphe, d'un renvoi la même pensée, la même volonté qui
asservit, qui assujettit, qui ravale, qui rapièce, la même exactement
la même, d'une ligne peut mener au trou ou au sommet, c'est ça le
juriste toute sa vie se consacre à justifier la pensée odieuse. A tenir
en équilibre entre le légal et l'illégal. Sur une jambe il risque la
vie des autres. C'est marrant, on se sent un peu général, tous les
jours à la banque c'est Verdun. Le droit, la morale ce sont des prisons
pour imbéciles heureux, l'honnêteté est un vice de pauvre et c'est pour
ça que les pauvres sont pauvres, il faut bien leur faire admettre le
bien et donc le paradis pour qu'ils acceptent d'être pauvre, de pas
savoir comment c'est de savoir, de jouir. J'ai les jambes qui
tremblent. J'écris avec les jambes ? J'écris avec le corps, et vous ne
pouvez pas saisir quand vos vies sont en ordre, quand vos emplois du
temps vous mettent à genoux, c'est pas innocent si chaque cadre de
l'agenda s'appelle cellule. T'es enfermé volontaire. CA doit faire
bizarre le matin, de verrouiller sa propre prison, d'éteindre sa propre
lumière pour vivre dans le noir avec des yeux abominable,s avec des
peurs de gosses.
J'ai oublié d'être con, j'ai plus envie de rien, mais je bande encore,
je bande encore et j'ai des rêves, comme un loup au milieu d'un chenil,
parce qu'il aime les chiennes. Mais j'ai toujours des dents, j'ai
toujours l'instinct de malfaiteur. Je n'ai besoin que de ma C., qui m'attendrit l'être, me fait léger, et le ciment, et le béton, et le bitume, et tout ce qui goudronne les plumes et puis la grandeur, elle l'allège, c'est de la mutilation, de l'amputation d'horreur, je suis plus grand. Après. Oh ta bouche. Je lui donne un prnéom tu permets ? Promesse. J'ai la voix de l'azur.
24 octobre 2009
Je n'ai fait que fuir
Toujours être ailleurs. S'en aller.
Ca
m'agace la foule. Encore.
J'ai ouvert mon moleskine. C'est
amusant qu'aucune ne le devina sous mes épaisses poches, dans mes
valises, sac, ce petit carnet de 10 cm de haut, plein de mythes, de
minuscules lettres, des déliées à peine formées. Je l'ai ouvert,
et j'ai trouvé des dates, des amusements.
2 juillet 2007 :
6h37
J'attends à la gare de Lens mon TGV. Le brouillard
de Loison fit une cape autour de mes épaules. Le temps est complice
de mes fuites, il me nimbe de sa grisaille. J'ai volé la mastercard
de Jean, celle d'Emilie. Je n'ai pas trouvé celle de Sophie. Le
chien a aboyé. J'ai tourné la clef, lentement, dans la serrure
pour ne réveiller personne, j'ai descendu les escaliers à genoux
pour ne pas les faire ployer. Que le bois soit muet et les murs
sourds. Je suis parti, avec de l'organisation dans les poches.
J'arrive à Paris. Je suis bac+1.
17 juillet 2007 :
J'ai
craché tout mon mépris, tout ce que j'avais dans le ventre,
d'ordures à la gueule d'Elodie, tout l'uranium digéré, toute la
saleté qui me fait dedans des caprices ravageurs. Je lui ai mis
dessus comme mon foutre sali, comme la noirceur de tous mes sens.
Elle a chialé. Je m'en tape. Pauvre conne.
Décembre 2007 :
Wendy est venue chez moi, en silence, dans des pas de laine.
Papa était devant la télé, Papa qu'elle crut mort, que je
déguisais, avec des parfums de poussière, d'absent, que je
glissais du vide sur ses yeux. Papa était par terre, et je lui ai
dit à Wendy, pas un bruit, des esquisses de mouvemnt, du mutisme,
vas-y allonge toi. "Marion..." "Tu m'as tué chéri".
Pardon, c'est l'habitude de simuler, dissimuler, le texte,
l'oreillette, l'absence multiple. Chut, tais-toi, tu n'existes pas.
Samedi - printemps/été 2008 :
Je suis parti
doucement de la chambre, sans faire craquer le lit. Wendy était
nue, sur son flanc, endormie. Les images de la télévision
brésillaient, coloraient. Il y avait du bleu pâle au plafond. Elle
n'a rien vu, rien entendu des mouvements saccadés de ma fuite.
Quelques secondes avant, quand las, déjà, quand las trop de fois,
je me réfugiais dans mes silences, elle avait mis ses doigts autour
de ma bite, que le sang circule, que le sang me jaillisse dessus.
Qu'elle sache un peu comment ça fait, de vivre, d'avoir le sang
tout contenu, des règles qui vous saignent dans le désir. Ca a
marché à demi. Elle a des vertus que j'appelle des vices, la
mignonne.
00h30. Je prends les clefs de la chambre que je dépose
dans la salle de bain humide, je les dépose là pour que sous
l'auréole de pluie, de gel, il y sue des larmes. Qu'au réveil elle
les trouve toutes trempées, dessous de l'eau qui coule, circule, de
l'eau qui gémit un peu. Elle se réveillera et je ne serai plus là.
J'ai ouvert sa sacoche, très précisément, j'ai pris 25€. Devant
son appareil photo et son ipod j'ai hésité (comme elle hésitât
un jour) puis j'ai eu peur, peur de son père, peur de son noir. Je
me suis imaginé son père que j'imagine avec une voix de tambour.
Certains poètes sont des lyres, des accordéons, des violons, lui
je l'imagine acteur époumoné, tambour. J'ai pris un peu de son
argent, oublié Maggie Cassidy, laissé sa richesse technologique.
Qu'elle vive de son bruit, sa prétention, ça ne me regarde plus on
ne se reverra pas.
Août 2008 :
Elodie, ma belle
Elodie est toujours là, malgré les cris, malgré mes rages. Elle
m'attend, elle est venue à Paris "un peu pour toi". C'est
fou. Je la croise avec Marion, je la file, je l'organise, je la
fragmente en petites cellules qui s'intègrent à l'emploi du temps.
Jardin Du Luxembourg-Ophtalmo--Palais de Tokyo-Marion-Père
Lachaise-Maison d'Elsa. C'est fou, ces gens qui restent, qui
demeurent, comme si j'avais en moi une lumière invisible et
nécessaire.
Mars 2009
Avec Marion, c'est fini, je
me le dis depuis un moment, il faut juste faire rompre ce qui trop
plie, ce qui met du terne, du gris dans mes yeux. Elle m'ennuie, je
dois organiser la fin, la structurer, mettre de l'architecture, du
planifié soviétique, de la charpente aride pour tout soutenir les
au-revoir. Son père n'est pas là. Nous avons les clefs, nous y
dormirons. J'ai tout pensé. Avec un bruit de rasoir, quand elle se
touche sous la douche, j'ai volé son GPS. Sans scrupules, aucun,
jamais. Je l'ai pris, rangé dans mon sac à dos vert-fond cuir. Je
le vendrai (note du présent : 219€). J'ai déjà récupéré mon
Rimbaud, je sais que c'est fini, mais moi je ne quitte pas, pas
vraiment, j'attends que les choses meurent, qu'elle serpe le pied de
vigne, vendangés les vins de l'abandon.
Avril 2009 :
Avec
Wendy on s'est revus, plusieurs fois, avant. Malgré ce départ la
nuit que j'ai dguisé de mes névroses, que j'ai travesti en alcool.
Fiole à purin. J'ai violé l'hôtellier. Je suis parti sans payer,
sans rien retirer d'argent, certes. La dernière fois -avec Wendy
encore- je l'avais escroquée la pauvrette de 65€ d'une nuit que
je ne payai jamais. Marion m'a quitté avant, quand elle découvrit
trop nettement les passions qui m'unissaient avec Christine. Dont
elle ne devinait pas le quart. Tant mieux, elle est mieux seule,
surtout mieux après moi. Je l'ai transformée, en mieux, elle doit
en être ravie. Wendy, je l'ai volée, ses jeux (revendus) ses
livres.
Eté 2009 :
J'ai un peu troqué sa bouche contre
du fric. C'est sale le pognon, des dommages et intérêts à ses
douleurs morales. Voilà. J'ai clos deux ans, la mâchoire cousue.
Je ne l'ai pas rappelée, ça frétillait sur mon être, mes os
ployés de fruits las, de branches coulant, liquides et juteux. Je
n'ai pas rappelé.
Pourquoi m'aime-t-on ?
Je n'ai fait
que fuir, m'en aller par les routes qui ne croisent rien. Je crois
que je n'existe qu'à peine, sur les ventres, les seins, les yeux et
quand aujourd'hui je n'ai de désir que cimetière, je fais quoi ?
Je vis où ? Quel désert ?
Narcisse défiguré.
02 octobre 2009
P
Pas envie d'écrire. J'ai tout un carnet de sensations, avec des chiffres, des dates, des femmes qui font ployer les lignes de leurs trop lourdes poitrines. Ouais. Pas envie d'écrire, je tiens ma vie dans un journal étroit. Je fais plus trop dans le glauque. Demain je danse, un peu, le chacha, contre des miroirs immondes, dans un souterrain où l'on vit bien. Alors je m'abandonne moi, je me tais, beaucoup. Je peux dire quoi. Je peux dire ça :
Si tu doutes de l'enfer viens faire un tour dans ma tête
La beauté excuse la médiocrité. Le talent excuse la laideur.
Pour s'endormir certains hommes baisent, les moins chanceux et les mariés se masturbent. Moi j'écris. Mais je n'écris plus, alors je ne dors plus en conséquence.
Je rêvais de mettre l'humanité à genoux pour qu'elle -rampante, toujours- prenne un peu de hauteur.
16 septembre 2009
Le club des cinq
Pourquoi ne pas se pendre quand on est vidé de violence, de puissance,
de tout l'Univers qui craque ses articulations entre chacune de vos
dents ? J'en reçois dans mon théâtre, moi, des petits acteurs qui
s'époumonent sans souffle sur la saynète de leurs os, oh les petits
rodomonts qui déclament des lignes, des pages, de l'encre. "Je récite".
C'est de la poésie primitive, c'est Lascaux en vers, du Jean De La
Fontaine mis en glaires. Merci pour eux. Il y a une femme dans ma vie, qui
a une initiale reine, qui arrive comme ça, qui a déposé sur ma bouche
ses habits, pour qu'ils y fondent, pour que sa nudité me fasse le corps
et le gland incarnat -il faut le décontracter, je n'oublie pas- elle a
deux empires qui se dressent à la place des yeux, deux empires de
beauté conquise, de plaisirs obscurs, et d'une légèreté qui me rend
balourd. Elle est si légère, si fine, que j'imagine que même mes
muscles ficelles peuvent la faire tournoyer, que sans le verbe, juste
avec mes forces, juste avec ma vigueur d'enragé écumant, je peux la
faire s'étourdir contre les étoiles. Ouais, c'est comme ça, pile ici,
de la douceur sans mièvrerie, c'est étonnant une ivresse sans liqueur
visqueuse, sans mesquineries ni ennui. J'aime. Avec mon corps de Midas
aux mains de feu.
Chez les autres. Dans vous foules identiques, visages trop visibles
j'ai des interrogations. Des petites questions entre grincheux qui
m'incubent dans la tête. C'est un bacille solitaire. Une peste bleue.
Ah ! Imbéciles. Pourquoi vivez-vous ? Offrez donc à vos corps une
sublime jouissance, femme, donnez à vôtre être pâlissant de l'extase à
faire pâlir le plus acharné des amants. Sautez du haut d'un pont.
Puisque toute votre existence n'est qu'un prétexte à l'orgasme, une
volonté toute nette de baisouiller dans des coins. Vous êtes une
souffrance triste, une douleur froissée. Une insulte.
Tes clous, toi, médiocre, c'est où que tu te les enfonces, dans quelle
chair ? Quand t'es femme c'est à l'entrejambe, de sentir du rigide
dangereux qui te saigne dans la peau. Oh, Oh, arrache toi donc des
sanglots de plaisir, gémis contre toi-même.
Tout est bas. C'est Bourgeois. Pas de tragique dans vos vies ; du
burlesque. Je me dis, quand même chéris et chéries qu'il vous faut du
violent, des trucs qui vous renversent le dedans, qui font s'inverser
les ventricules, à droite tu pompes, à gauche tu envoies. C'est une
métaphore de la sexualité, le coeur. Scindé en deux "foudroyés à la
naissance" murmure Platon. Allez, pour la violoene, les macs font bien
ça. Vous pourriez avoir facile, l'excuse à la déchéance, le corps sur
le trottoir. Ca permet même un style de vie. Pas très bobo, mais on
peut rouler dans des berlines et se faire mettre dans une camionnette.
j'ai décidé de décevoir aujourd'hui, de faire gicler de l'exclamation,
de passer du verbe tendre, mou, au membre dur de l'archer. Je fais du
violon et je joue des mots, haha.
C'est qu'il y a trop de fantômes dans ma nuit, trop qui exigent que je
sacrifie des lignes, que j'aligne des pantins aux lignes, que je les
attache à la marge une couronne d'explosifs pour le crâne. Et que ça
saute ! Qu'on fasse une farandole des chairs répandues, des corps
agonisants, des imagines pitoyables que je sue. Mon écriture est
sudation, je suis les éléments, le feu et puis le lacet de foudre qui
vient vous étrangler au sommeil, la secte qui brûle vos frères et la
religion qui enterre vos parents. Droit dans mes bottes de S.S, c'est
direct pour M.. Pardon pour l'obsession, c'est la frénésie des yeux
bleus les volutes de votre brume. Vous avez vu ? Tu as vu foule, que
dans mon moi, il y a de l'autre initiale, je dis Je, à travers un
prénom aux yeux clairs -pas pâle, jamais pâle ils sont trop faits de
vigueurs, de mers auxquelles j'éjacule le feu, hé-. Narcisse défiguré
(il faut que mes petites lectrices amatrices de bons mots puissent
aussi se toucher Monsieur Phillippe, Mademoiselle la Belle, et puis
pour Tristan aussi, et Frida qu'est plus trop Margot, tous ceux qui
valent quelque chose en somme. Vous êtes quatre. Je peux pas être
bâtard pour faire de la littérature de jeunesse, mais chacal je peux
essayer, on fera un club de cinq) c'est moi, moi qui me cherche dans
les cicatrices, dans toutes les cicatrices imbéciles qui couvrent
l'Univers. Je suis l'Univers. Vous savez Philippe (je fais dans le
demi-tutoiement par le prénom) j'ai besoin que vous rasiez mon style,
que votre lumière (nous sommes amateurs du même vers d'Hugo) pèle ma
flamme. Voilà c'est dit. Je vous dédie ceci -je paye mes lecteurs,
c'est un modèle économique à étudier pour les majors productrices de
moindres- "
Ma
vie est un torrent merveilleux, j'ai
mille bras, parce que je suis l'Océan et ses affluents". Giflez moi,
mouchez moi. Je m'en branle, vous voyez bien, je mets du foutre
partout. Pardon pour la déception, pour le talent autodestructeur, pour
l'espoir un peu idiot qui râle. Je vous estime, et pourtant il faut
oser décevoir pour grandir. Arrosez moi. Vous ne crachez pas vous,
c'est moi qui fait ça, quand je ne bave plus, quand j'ai acquis la
technique pour transmuter ma bave en crachat. Et ceci je vous le dois à
vous et Genet. Genet a son nom au Panthéon, il y pousse et s'y élève
sans cesse. Cent de ses soeurs désorganisées, brouillonnes, sur
lesquelles on ne marche pas.
Je m'en tape des petites médiocrités qui encombrent le présent. Des
bouffons ordonnés qui s'agitent et rêvent en uniforme d'originalité.
Qu'ils s'enculent entre petits seigneurs de la veulerie ordinaire. Priez
pour la sève du poète. Je cause aux contradictions, je parle au
mensonge derrière les yeux qui collent d'ennui. On ne guérit pas de la
médiocrité.Au mieux on oublie par rasades de vodka, par rail de C. à la
colle ou au white spirit. Déchéance, tout est déchéance.
Qui avale la couleur des yeux gris, livides de la foule ? De ce visage
unique, reproduit en série, elle est où la manufacture de l'original,
du style et de l'identité. J'ai tout un convoi de dynamite à lui
adresser très cordialement. Du feu à vos cendres. Je suis de la race
des enragés, alors petite fille je ne supporte pas, je ne supporterai plus
jamais l'eau croupie de quand tu mouilles -depuis que j'ai la Mer. Il
n'y a que dans les yeux, dans les mains qui déshabillent ma pudeur, qui
enroulent la tendresse maternelle autour de mon excès, que j'écoute, il
n'y a que là, quand ma flamme déroulée, un peu hirsute, ne trouve rien
à brûler que douceur que je retombe. Un pâmé en terre brûlée.
Y a que toi dans mon noir, toutes les lumières -pas les blafardes, pas
les lampes torches que sont les croyances des groins- ont ta peau. Je
les lèche, toutes. C'est un acompte sur le plaisir.
Toi foule, toi individu, est ce que tu veux demain que je t'étrangle
avec ma chaîne de vélo ? Que je t'enfonce ma plume trempée dans mon
sang au profond de l'artère. Te contaminer du même délire que moi.
J'en ai entendu cents infatués, des maitres suffisants me clamer "je
m'épanouis dans le chaos" et ils n'en savent rien du chaos. Le chaos
c'est une galaxie qui vous fond sous la langue comme une goutte de cyanure, le chaos, c'est de vomir son acide sur la feuille et d'en voir
sortir une eau-forte. Le chaos c'est une lutte, une perpétuelle, ce
sont des flétrissures qu'on ne compte pas et qui vous fleurissent aux
entrailles, ça vous transforme en champ de mines, en tic-tac affamé de
secondes, le chaos ça vous fait de la course et pas trop de virgules
-ni ponctuation- dans les mots.C'est du Proust sans Proust, le chaos.
Eux, les très fiers, les complétement satisfaits s'amusent sur des
décombres qu'ils appellent chaos. Compléments au néant, mariés au vide, quel joli couple. Mignon entre voir dans mon nombril
voir si le noir a germé. Dans ma tête c'est la guerre, en attendant
l'armistice je participe. J'enrôle. Je meurs. Je bombarde. Salut Dresde, salut Verdun,
c'est combien de trous, de bombardiers, d'obus, d'acier déchainé
encore. Je m'ennuie. Dans l'excès même il y a de la monotonie. Je vous proposerai bien une cicatrice mais sur vos corps vierges où vous
dessinez des traces au stylo, des petites blessures, des imperceptibles mouvements
de douleurs. Vous sauriez où accrocher une si belle balafre ? Mauve en plus ! En mon
royaume c'est une décoration militaire, c'est ma croix de feu, j'ai
toujours été un peu fasciste. Et une cerne, une cerne vous en voulez ? J'en ai accumulé dans mes nuits terribles, dans ma lutte avec elle, la nuit, et son corps osseux.
Encore toujours, quelques bouffons, une Cour, je ne parle pas de moi, je parle de toi foule, foule avec tes yeux indifférents. Grise, tu es le ciel de Paris. T'as des rides plein l'intelligence. T'as toujours été vieille, tu es née vieille. Fritzgerald n'a rien inventé, il a recopié la foule qui ne rajeunit pas. Fontaine des flétrissures, et avale ses tanins, et avale ta piquette et dis moi que c'est du cheval-blanc. petits vins pour petits humains.
Vous savez, moi quand je passe devant un miroir, je vomis, c'est pour l'hygiène, devant ma gueule. Et eux je sais très bien le rituel, quand ils n'arrivent pas à sauter par dessus le reflet couvert de sale, et bien, eux ils pâlissent. Ils rougiraient bien, mais ils n'ont pas de couleur. Ce sont des individus délavés qui ne savent que disparaître un peu plus, un peu mieux. Ca ils ont appris à se dissoudre -ils sont diplômés-, à se cacher -non derrière les mots, les leurs sont faméliques, efflanqués, c'est la Somalie dans le lexique- sous l'apparence. A force de leur vomir dessus on finira bien par les faire transparents.
Ma peau ne cherche plus les coups, mais ta bouche, et je m'en veux de la glisser là, de la faire reine de ce tas de cendres, de ces cadavres desquels je prends les dents en or pour lui forger un bijou, un trésor. Pardon à tes charmes, d'avoir besoin de concentrer la bêtise en cent lignes, de faire tourner la folie et toutes ses balles, toutes les munitions des sens pour t'apprêter. Ce soir on sort boire un peu d'infini, sortons nus.. Ca nous coule des bouches. Elle a pas encore dit oui la belle, et j'ai les doigts gourds mais sournois. Je suis traitre et elle préférera mes mains caressant ses vices qu'étranglant ses vertus.
Aux imbéciles, désolé pour la guillotine, les têtes à claque je les décapite.
10 septembre 2009
Immoralité.
"Je suis un gosse très morveux, très délinquant. Pas au niveau d'un Genêt mais je me débrouille dans l'immoralité"
Moi.
08 septembre 2009
Du latex à mon vice.
Personne n'imagine ce que c'est que de
vomir de douleur à chaque virgule, à chaque exclamation. Oh, oui
certainement il faudrait que je me recalotte l'écriture avant que
d'être syphilitique, d'avoir le cerveau nécrosé, et le talent, les
petits bouts de talent flottants, errants qui me traînent sous la
langue carbonisée. C'est un conseil joyeux qu'il me donna, merci BT,
je vous aime mais je suis circoncis. Et puis, il y a Guillaume qui
veut que je cesse d'escroquer les petits garçons, vas-y moralise moi
avec tes yeux de consanguin et ton nez qui peut sniffer jusqu'au bout
de la table. Guillaume enfile du latex à mon vice que tout me gicle
dessus, dorénavant, que toute mon habileté de monte-en-l'air,
d'aigrefin, de nez creux ne fasse que m'épouiller moi-même, me
vider des bêtes, des minuscules bestioles qui s'accrochent à ma
queue, qui se balancent selon son mouvement. Vous voudriez que je
débande ? Fatigués que vous êtes d'avoir ce sexe droit, dressé,
marmoréen à sans cesse branler, à agiter, ouf, je vous épuise en
mouvements inconséquents, en lectures. Ma langue est asexuée, ma
langue n'a pas de couleur, pas de bas-ventre, tout ceci c'est de
l'allégorie, et d'une femme j'en crache une autre au même visage, à
la même bouche. Vous ne savez pas, vous ne savez pas combien j'ai
mal de cracher du sang à chaque ligne, du noir, du visqueux, du qui
racle la gorge, j'ai mis de mon ADN plein les pages. Guillaume me dit
que l'ADN a une mémoire génétique "tout est substance"
et Lara, la petite Lara sociologue junior n'est pas d'accord. Quand
je les vois discuter j'applaudis, lui avec Calais et l'intelligence,
elle avec l'instinct et les maladies endormies. Elle était folle, je
lui ai tout pris sa folie à Lara, j'ai tout aspiré en devenant son
ami -j'ai quelques amis-.
J'ai des lecteurs, ouais, qui savourent,
oh quelle délectation petite bourgeoise qu'un gosse du ruisseau
comme moi vomisse dans le caniveau. Je viens mettre du rire à leur
aube. J'habite un vertige, vous savez ça ? Et j'y cherche une muse,
dans ce studio, dans cet habitat sans barreaux. Je flotte à la
frontière de la lumière, juste debout sur la frontière, sans
identité, entre deux pays : le jour et la nuit, qui ne veulent pas
de moi. J'ai beau enfiler des haillons de couleurs, mettre du fard à
mon ventre, du législatif à mon discours ! Refoulé à la douane de
la vie, juste en bordure, c'est mon Ceuta, mon Melila à moi la
vie.
Vous savez, vous tous, je vous connais par coeur, je vous
connais, je sais votre existence. Moi. Vous êtes tous des médiocres
suffoqués. Il y a des lois bruyantes et d'autres silencieuses,
sournoises. Des prisons pour délinquants et des murs invisibles.
Vous êtes l'architecture du pénitencier, c'est votre morale, vos
réprimandes -et je suis un juriste affirmé- qui forment le béton
des prisons. J'ai le corps cellule, viens donc t'y enfermer
mignonne, viens donc y mettre tes vertus dans mon coffre aux misères.
Tu sais, tout fond dans ma lave, dans ma nuit, dans ma nuit toujours,
viens y dissoudre les comètes de tes yeux.
Viens, faire un tour avec moi, visiter Paris la ville à genoux, on entendra peut-être les mécaniques du Panzer sur les champs. Quelle extase, de sentir du belliqueux au fond du langage, du borborygme rythmé par un tambour. J'aime l'Allemand, c'est la langue des violents, des vrais assassins. Je pense que l'on devrait, avant de tuer, lire une phrase du Faust de Goethe. N'importe laquelle. C'est ça l'aristocratie du crime, le faire en poème.
Mais viens dire que je n'ai que des conneries, des larmes, à écrire, viens donc faire rouler tes mots contre mon feu, faire tourner ton barillet contre mon fusil à deux coups. Que je te piétine un peu, je n'ai pas cette superbe qui permet de mépriser sans écraser. J'ai eu le choix : haïr ou pleurer. J'ai choisi. Faites attention à vous, à votre dos, veillez votre ombre que la mienne ne s'y soit pas glissée avec son envie toujours frénétique de tirer. Je lui ai sculptée un visage dans l'ébène de la haine, dans le bois de la colère. Tous ces tambours, toutes ces armées, toutes ces campagnes que je mène dans mon crâne, tous ces boulets qui déchirent la terre, qui creusent, qui assèchent vous surgiront par traitrise. Je suis sournois, toujours traître et vicieux.
Bien sûr que je vous viole quand
j'écris.
Je marche au milieu de la route.
Celle qui vous effraie.
Je marche nu.
Pulsions
Viens me chatouiller les pulsions que je t'abîme.
03 septembre 2009
Romançons.
Chaque fois que j'entrepris de conquérir le corps d'une femme je lui suggérai que son coeur recélait d'insoupçonnés trésors, de sortilèges que seuls mes yeux hyperlucides pouvaient leur révéler. Je plongeais la main contre son sein pour en retirer de fabuleuses images, des à la faire danser contre sa propre imagination, à faire corps avec son propre corps ! Elles n'en pouvaient plus, les pauvres, de ce visage neuf qu'elles crurent voir dans mes doigts agiles qui bientôt, descendant plus bas, leur montreraient d'autres extases.
Chaque fois, j'agissais avec sournoiserie, probablement bus-je enfant à la même coupe -empoisonné par le christianisme- qu'Eros. Me voilà aujourd'hui rendu vicieux, avec les membres durs comme le coeur. Mon verbe qui se cognait à leurs lèvres n'avaient qu'un dessein, les violer, leur jouir à la bouche et pour se faire je sapais leur identité, la confiance qui tremblait déjà dans leurs yeux. Les lettres de fièvre que je leur envoyai ne se destinaient qu'à les engourdir par la poésie à la manière des meurtriers antiques qui plutôt qu'assassiner par de violents poisons l'Empereur à déchoir, lui suçaient toute énergie par de légères aspirations pile contre les facultés -les courtisanes excellaient en la matière. Si bien, que l'Empereur ainsi affaibli, débilisé, incapable de tenir en main son sceptre métaphorique, tremblant en évoquant cet Empire qui s'étendait de frontières toujours renouvelées, finissait par être chassé du trône et du Panthéon.
Mes femmes, ces femmes, toutes qui pareilles à Narcisse
cherchèrent à se mirer -et donc à s'aimer- dans le reflet de mes pages
finirent frappées d'un aussi triste sort. La marée du verbe est plus
surprenante que l'on peut supposer, et il s'y déchaine parfois la
fureur d'un torrent qui engloutit tout, toutes les forces, tous les
espoirs qu'elles réunirent en vous, cette peau neuve qu'elles
admirèrent, que j'avais aimé chez d'autres. Elles ne nommèrent que les
fleurs qu'elles perdirent.
C'est ainsi que je guidai mon existence, de corps en corps, comme
des barques stygiennes, avec des manières d'escrocs à faire passer les
écrivains américains pour sincères, à faire passer leur style immonde
et vénéneux pour l'expression de la plus pure émotion.
Voilà, ma vie, elle débuta contre le sein d'une femme, ma mère,
pour toujours errer contre la pâleur d'une autre. Mon corps glacé, de
ce sang-froid qui me prive d'énervement et n'offre à mes ennemies que
des colères sobres et méthodiques comme le canon d'un pistolet, pour se
réchauffer devait chercher la chaleur de ces corps. J'allumai des
brasiers, deux flammes rougissantes aux pupilles, juste pour que la
nuit soit moins effrayante, que j'y trouve le réconfort d'un foyer,
d'un foyer qui changeait de formes de jour en jour, qui changeait selon
l'appétit de mon ventre. Chacun se fie à la boussole qu'il peut, la
mienne était taillée dans l'excitation et la pulsion, elle me guidait
de femmes en femmes, de corps en corps de décadence, toujours la
décadence, en orgie. Je l'appelais ma bite.
Je goûtai tant de charmes, tant de délices répétées, identiques que ma bouche pleine du sel et de l'Océan des femmes finissaient par vomir, par vomir de son propre désir. Ma bouche gonflait, rassasiée, prête à rompre de séduire de si infâme manière.
Chacune se crut unique, et j'enfilais avec le même étonnement -feint- le même masque sur dix milles visages. Les hiérophantes de l'étique médicale, eux qui babillaient sur les travers du clonage, ne surent rien de mes sauvages manipulations. J'offrais un corps impalpable à des femmes qui réclamaient d'exister ! Elles devenaient l'Univers toute une nuit et ma bouche, ma bouche chantait la formation des planètes, les explosions stellaires, elles sentaient la gravité leur remonter du bas-ventre, et leurs seins se gonfler d'envie, elles y voyaient des galaxies jusque dans leur nombril tandis que de cette cosmogonie s'échappait des râles, mes râles, les râles de mon extase, de mon sexe que j'enfouissais partout, qu'elle suçait pour en retirer des mots, encore des mots, pour se voir belle, d'une beauté puissante, d'une beauté qui leur faisaient tomber amoureuses d'elles mêmes. Elles ne couchèrent jamais avec moi ; seulement avec mon verbe -et ce corps que je leur prêtais. Le verbe eut droit à toutes les faveurs, à leurs vertus salies, vendues pour entendre un mot, un phonème sauter de ses hésitations. « Une virgule pitié » que je les entendais supplier pendant qu'à genoux je les immaculais.
Ces femmes ignoraient le calice qui me contaminât, elles ignoraient ma solitude et les dents de loup qui garnissaient la bouche du poète. Toujours prêtes à marquer, à enfoncer chaque millimètre de leur envie dans les chairs féminines, à les soumettre. La poésie est bondage. Je les assassinais à chaque minute qu'elles passaient réfugiées contre mon torse adolescent, désespérément adolescent. Je tatouais mes souhaits enragés sur leurs seins. Je les rangeais : classées, comme un éleveur organise avec fierté son cheptel. J'étais fier, moi, avec mon visage unique, imaprable, inchangeable, de mettre des belles à quatre pattes, de les faire sentir le parfum de mon vice, de ce vice qui hante toutes mes nuits sans elles.
Je voulais échapper à tout ça, à ces nuits qui m'arrachaient des sanglots silencieux encombrés d'un corps inutile -et je ne parle pas du mien. Je parle de celles-là, des rages que je partageais avec elles sans qu'elles surent grimper aussi haut que moi dans la haine. Elles n'avaient que des défauts, c'est à dire un vice sans ambition, un tout minuscule vice à la voix d'adolescent en mue ! Je voulais échapper, moi, à ce trou noir qu'ont les femmes, aux mensonges. Mais la solitude, la solitude, celle qui ferme votre porte à clé la nuit, celle qui vous colle du silence artiste dans les yeux pour vous empêcher de les clore, qui vous permet de suffoquer plutôt que de respirer, celle là est terrifiante. Elle est hantée de fantômes, de démons geôliers. C'est d'un enfer véritable dont je vous parle. Elles n'y crurent pas, elles, quand mes yeux perdus, ivres, tournoyant, jurant que j'avais vu le Styx, que j'avais vu des monstres cousus de blasphèmes. Alors je devais dérouler ma langue, les inviter dans ma tête. Et quand je le fis, chaque fois que je le fis, celles qui n'étaient alors que des victimes innocentes devinrent folles compulsives prises de soubresauts, elles hoquetaient de douleur à chaque seconde, elles crachaient, éructaient contre ces images que nous partagions désormais. Je n'offrais pas d'alliance à mes femmes seulement mes cauchemars. Pour les subir il fallait être vide d'âme. C'est contre elle que leur appétit se jetait le premier, farouche, ardent, il dansait avec ses fourches, avec ses têtes cent fois réinventées, avec la peur carnassière contre l'âme acculée, contre l'âme effrayée qui avait clos ses yeux déjà, qui se savaient bientôt gésir à l'intérieur du corps ennemi.
Je peux l'écrire. J'ai tué pour de vrai, juste avec des mots et mon sexe. J'ai tué pour de vrai, juste pour éjaculer dans la gorge d'une blonde.
La solitude, celle que je fuis dans leurs yeux d'automates -mes automates- m'effraie. C'est une hydre changeante, qu'on ne peut risquer de décapiter sous peine d'être assailli de milles peurs nouvelles, puissantes d'autres facultés, de légendes que vous ne saviez nommer et qui vous tue malgré tout.
La solitude, la nuit, me laisse les traces de nos combats sur les doigts. Mes mains sont pleines de cicatrices, de celles que je lui inflige avant des les arracher. Je n'ai jamais perdu contre la nuit, je me garde d'elle méfiant, avec des corps étrangers, des corps inconnus qui irradient la pièce de leur pâle luminescence. Je me protège, ainsi, avec de la chair nue. Je ne baise que des blanches aux yeux clairs, pour qu'elles chassent toutes les ombres qui m'envahissent. Ce sont mes briquets, mes lucioles qui virevoltent interminables contre mon ciel, le ciel très bas, voûté de ma chambre.
Je n'ai jamais pu dormir la nuit. Quand la paupière tremblait, je sentais les pas de la nuit menaçante, je la sentais avec son odeur d'agression, je respirais le sang de ses victimes déjà. Alors je sais, je sais tout d'elles, l'heure de son lever et celle où le jour lui succède épuisée de n'avoir su m'emporter.
24 août 2009
Camé à l'esquinte.
Ca ne peut pas marcher indéfiniment de se camer à l'esquinte, il faut des drogues plus souples, plus femmes qui viennent mettre de la poésie dans la gorge. Je sniffe, je cherche à m'injecter directement dans la plume quelque saloperie poétesse, des muses en poudre à avaler comme une posologie. Soigner la médiocrité qu'on appellerait ce traitement fait de petite mort. Il m'en faudrait moi, des semi-remorque pour tout évacuer, tout cracher aux latrines ce talent nonchalant. Je suis un musicien sans instrument, je joue des mots, je les fais divaguer, ils sont là puissants, rageurs, s'élevant en fracas. Mes mots marquent chaque porte contre laquelle ils se griffent. Mes mots copulent de substantifs en adjectifs, ils muent, émergent, de l'un en sort un autre, c'est une rime interne, une meute hurlante, c'est une musique personnelle, tout est enfoui, tout est intestinal quand j'écris, quand je parle. Ma poésie n'est qu'un gargouillis. Mes yeux sont la braise éteinte, noirs, noirs comme la foudre que je vois se renverser dans ma bouche, noirs, noirs, comme la répétition qui grince avec ses cheveux fous attachés, séparés de chaque côté du mot. Une raie de milieu. Je crois, qu'ici, systématiquement, je vous mets à la vue des palindromes translucides et vous êtes surpris d'entendre les mots bruts ainsi chanter, ainsi danser. Le prélude de Tristan, encore lui, qui fait donner ses gammes, qui ordonne aux Walkyries, les Walkyries puissantes et enragées, de mettre le feu au théâtre, de mettre le feu aux rideaux. Ils ne tomberont plus ! la pièce doit à jamais être jouée, acteurs essoufflez-vous de déclamaisons -et ça m'appartient-, actrices mourez violées du verbe de vos amants. Et ça je le pique dans des veines d'ombre déguisées de lumière. Je vole, je suis un escroc poète comme Lacordaire en était un meurtrier. J'ai jamais eu le cran, moi d'enfoncer mon verbe dans l'omoplate de sentir le sang gicler comme l'encre du poète. Je jouis, je me cherche une muse, moi, désespérément je la traque dans les rues. Ne l'oublions pas c'est là le sex-toy du poète. Et pour construire il doit d'abord jouir, répandre homogène sa semence sur des carreaux imaginaires, la planter sous la peau des femmes au sourire de verre. J'en ai connu et je m'en fous, je m'en fous et c'est tragique de n'avoir de cœur que fossilisé, pourri, complétement vendu à la seule littérature. Je n'ai pas d'amante, que des objets, des jolis objets aux yeux pâles. Pas clairs, jamais, pâles et abîmés c'est ainsi qu'elles sont mes muses, abîmées, froissées, et je tente, moi de leur faire disparaître les plaies originelles, je tente moi de les guérir de mes mots thaumaturges pour ouvrir au coeur un nouveau cimetière où mon verbe gerfaut plongera ses serres, où mon verbe vautour pillera leurs trésors ignorés. Les femmes me suffoquent des fumées brumeuses qui s'échappent de leurs corps. Je suis malade, je suis camé, je VOIS le parfum, je ne le sens pas, ça n'a pas d'odeur mais une couleur, grise, veloutée, qui danse et s'enflamme. Je vois le parfum qui s'arrache des boucles et des croches il a la couleur des matins calmes, je le sens goutter, tomber, s'effondrer et se relever comme une pluie qui passe à l'envers. Je vois le parfum que les femmes crachent à chaque respiration et je m'étouffe. Je suis amoureux de tous les jolis corps, je suis amoureux de toutes les lignes que je vois dans leurs yeux pâles. C'est ainsi que je sens, c'est ainsi que je vis, je vois sur vos ventres plats des lignes, des milliers, des centaines de milliers de lignes qui me font bander loin. Et je me touche, je me touche pour écrire, je sens vos odeurs qui m'envahissent, je vous sens vivre en moi, mes enfants, mes victimes, mes disparues déjà. A peine aimées déjà oubliées. Je suis ainsi tragique qu'après vous avoir écrit je vous tue, sans sursaut, sans remords. Comme un avortement. Clinique. J'essuie de mon visage l'encre qui gicle de vous et je me rends dans la vie indifférent, costume rayé mais serviette remplie de nos traces nocturnes, de nos rages intimes. Vous toutes. Je n'aime pas, personne, ni toi, ni toi et toi encore moins que les autres je vous possède, vous êtes A MOI, et que d'autres glissent leurs organes dans les vôtres je m'en fous, que d'autres viennent s'ébattre petitement, vous arracher des sanglots d'extase, ne me touche pas, vous m'appartenez autrement, dans un corps impalpable et désincarné que je vous prête et vous reprends selon mon besoin, selon mon désir. Je te jouis dans la bouche, chérie, quand je sors de ma poche le stylo aux dents d'encre, je te jouis dans la bouche à chaque seconde que je pose la première majuscule de mon génie malade. Je suis navré, vous autres, amants fades, personne ne peut prendre ce corps que je façonne, cette armure sans chair que j'offre aux muses. Personne ne vous eût avant moi, personne ne vous aura après, je vous ai faites, je vous ai construites, chimères, homuncules, vous sortez des doigts alchimistes du poète, des forges biologiques de mon ventre vous n'avez de demeure que mes latrines. C'est terrible à dire, encore plus à hurler, mais je vous ai, pour toujours, pour toute les nuits à venir, vous n'échapperez pas aux cellules que je vous dessine, vous ne quitterez pas ce masque que je vous greffe. Qu'un visage, celui que je vous prête, qu'une voix celle du silence. Je suis navré, vous toutes, de vous oublier, de vous promettre le temps et de déposer à vos yeux le silence. Je suis navré de n'être que d'une autre dimension que vous, ma chair, mes sangs vivent à l'envers, autrement, je dessine avec des mots et j'ai l'Univers entre les mains, l'Univers bille de verre que je lance contre les murs. Qui se brise et qui me coupe la langue. Je saigne, je crois, je saigne sur l'Univers décapité.
19 août 2009
Prends Garde à Toi
Je peux là écrire les pires atrocités qu'elles seront aussitôt dévorées
par le maelström de tes doigts. Je pensais hier, "oh que j'aimerais
percer la couche d'improbable, fouiller derrière les voiles -bientôt
interdits en France- sous lesquels s'enfouit ton identité" parce que
quiconque est doué de paranoïa ET d'une certaine faculté d'observation
ne peut jamais que sourire à toi. Mais bref, je veux être ignoble. Sous
mes
Décombres : de l'homosexuel au tison flamboyant enfoncé dans les fosses
à
jouissance, que l'on marque au fer le sonnet du trou du cul sur leurs
peaux ignobles, qu'ils brûlent jusqu'aux sang tous ensembles réunis
dans un cloître devenu cloaque. L'incendie aux Eglises, aux chapelles,
mais tout ceci est mort-né, c'est un embryon, un avortement, et certes
je m'ennuie, j'ai peur, demain l'on me rase la tête pour que je marche
au pas, et je lis, et je sors bien trop, et la nuit me dévore de son
appétit gigantesque et des haines s'infusent, se répandent, me
parasitent malgré moi.
Et je suis colère, et je suis envie.
Appelle moi péché, chérie, je disparais dans une tombe sans croix.
Maudit, maudits nous sommes et nous éructerons des mots ivres, des mots
fous et des locutions malades, du verbe lépreux, de l'amour décomposé,
tu vois bien tout ça tombe en morceaux. TOUS LES EDIFICES SONT DES
RUINES, Chérie, ou Chéri, ou je ne sais pas, je n'ai jamais su lire le
sexe d'un (cri du)poulpe, et le journal du voleur ne m'apprend rien.
L'infâme je l'ai vissé au coeur, c'est mon étoile jaune d'étoffe impie, je passe dans la vie
avec rage, faites attention je suis l'incinérateur qui vous happera
tous, la mort au regard d'ange, la brebis aux dents de loup. J'ai le
vertige fragile, j'ai la nausée déchirée, ce sont des mots à mélodie,
tu vois, tu les ouvres et le verbe est devenu une boite à musique, et
fragile, et déchirée elle s'élève la musique, elle frappe, elle ramasse
le son qui lui tourne autour, lascifs les mots, lascifs ils attirent,
charment les bruits qui rampent, comme les noyaux attirent les particules, c'est question de
gravité, et je vois leurs yeux se plisser, je vois leurs corps se
tendre, je vois les bouches, moi, les bouches incarnats roter comme des
volcans au bord de la jouissance. Oh amour, oh homme, oh femme, mais je
ne sais pas ouvrir les masques de fer, mais je ne suis qu'un
monte-en-l'air au sang d'encre, je ne sais pas crocheter les serrures
des visages étrangers. Je veux percer, avec mes doigts qui tournent,
vissés dessus des forêts de 12, le métal qui te forme, et la main du
forgeron la trancher ; ce voleur qui prit la couleur du mensonge pour tes
yeux d'aube. Je prends de l'avance sur l'instauration de la charia.
J'essaie de deviner. Mâle ou femelle, blonde et brune ? De quels
alliages donc sortent tant de paradoxe, quel feu et quelle enfer
servirent de forge à l'aporie ? Je peux écrire l'infâme et le bon,
l'ignoble et le beau, que ça mourra au même endroit. Le fossé derrière
les mots, juste entre la nuit et le jour, je veux que l'on m'enterre au
crépuscule, que la mort de mes mots, ces seigneurs traitres, goûtent
aux entrelacs du soir et de l'aube. Quelle jouissance plus extrême que
la coalescence du temps, que le voir se fondre, se confondre, discerner
au loin les teintes effrayantes de la nuit et la couleur apaisante du
matin ? J'aimerais tous là, vous inviter dans ma tête que vous goûtiez
dans votre éveil un peu de mon enfer, que je m'ouvre la poitrine pour
faire sortir spectres diffus, idôles décapités, et anges cornus ! Je
vous invite dans ma tête, ça ne se refuse pas, je déroule la langue,
pénétrez moi de vos bêtises, sur le palier vos habits de médiocrité et
le silence dans ma caverne aux bruits indistincts. Et si tu entends
rire, pense que c'est le cri prochain de la mort. Le rire est la foudre
de l'assassin annonciateur du tonnerre à la faux brutale. Attends toi à
perdre la tête dans la mienne, à sertir ta peau d'or et de merveilles
qui putréfiées te dévoreront les sangs. La pourriture est reine. Je peux tout écrire, n'oublions
pas que le génie sait tout dire, j'ai trop d'images, trop d'images sous
mon ciel déterré, trop de flammes pour mon corps barbelé. VOUS ETES MES
PROIES ET JE VOUS MARQUE DE MES SOUHAITS ENRAGES. Je suis léger de
quelques grammes en moins de vous, c'est le poids de l'âme réfugiée
dans mon ombre. Je n'écris que d'ici, que de DERRIERE moi, ce n'est
jamais ma face de poète qui vous cause, mais mon ombre, mon ombre et sa
colère, mon ombre et son écume. Pour s'y rendre, loin là-bas derrière
la dernière vague, chez les ombres bavardes, il faut un sauf-conduit
"Poète vos-papiers" qu'ils réclament et je les brûle à la face du
douanier, que l'on me refoule je reviendrai toujours, je me ferai un
radeau de chair, je pagaierai avec vos corps désarticulés. Je suis infâme, je l'ai
déjà dit, je fais grincer les mots, j'ouvre la porte et je détourne les
yeux. Que l'on avale cette fiole de poison pour n'être que malade et
plus jamais mort. Je l'ai été une fois, ça m'a suffit de remonter les
fleuves d'oubli, de soudoyer les passeurs squelettiques qui exigent des
pièces en or ou bien vos jolis corps. Pouah et de quoi se plaignent-ils
eux avec leur peau d'esclave quand ils prennent d'assaut Ceuta ou
Melila, quand ils crèvent par dizaines d'un radeau renversé ? Ils
savent ce que c'est de se taire toute une vie pour remonter des enfers,
de ne plus jamais déglutir de peur d'avoir dans la bouche une goutte de
cette liqueur fatale ? Je suis bouillant, je ne suis pas mathématique,
les équations je les brise je ne les résouds plus mon amour. Oh dis moi
non encore une fois, dis moi "non" mon amour ça aiguise mes crocs qui
me fendent les lèvres, dis moi non mon amour ça m'affame. Dis encore
"non" que mes crocs déchiquettent les secondes. J'arrive ! J'arrive !
J'arrive ! Et les vents, les vents sourds me portent, et me soulèvent,
je suis léger d'une âme perdue, souvenez vous, soulevez vous, que mon
infortune m'offre quelques compagnons à dévorer. Nous disserterons, et
d'un coup traître mon ombre vous engloutira. La nuit recouvre tout, et
je suis la nuit, je suis caché dans chacune des ombres, que les villes
soient assises ou à genoux, qu'elles attendent au bois ou dans une cave
qu'on les allonge. Je suis tout ça, je suis la putain et le client et
nous sommes en chaleur. Mais mon amour, tu vois, t'es perdue dans mes
lignes infâmes, sous toute la poussière de mes Décombres, tu te
trouveras bien un charmant allié, un ami, un abruti conjoint parmi
cette foule au linceul de sable, parmi ces morts suspendus à ma bouche.
Ici c'est mon crâne, mon royaume, et votre enfer. Vous êtes conviés au
banquet des atrocités, on y dévorera le temps perdu, le voyage et la
guerre. Vous reprendrez bien un peu de Shoah chers convives ? De
massacres ? Une cuisse d'Arménie ? On les dit fameuses, à moins que ce
ne soit fumeuses, c'est question de crémation ou de cuisson ? Oh je ne
sais plus, c'est l'enfer vous dis-je, j'ai cohabité toujours ici avec
le diable, il m'a appris à ne plus avoir peur, à ne jamais crier que du
feu. Et si je ris prends garde à toi, ce rire est enfant de bohème. Je
crois que j'entends le jour comme un enfant naissant qu'il faut que la
mère la nuit gifle ; j'entends le matin jaillir comme une braise saute
d'un lac de cendres. Il est bien trop tôt pour fermer les portes de
l'enfer, pour vous déroulez ma langue aphteuse. Pâles, splendides
victimes, et toi mon amour blême, vous êtes une aube d'hiver, un
souvenir de neige et de givre. Partez, il est temps d'entendre d'autres
voix, de faire sonner contre mon corps les cordes d'une autre orgue.
J'écris hébété, je ne suis maître de rien, voici mon ombre qui s'endort
alourdi, qui tremble de froid. J'ai la peau noire pour me glisser
derrière vous quand la nuit grogne.
16 août 2009
Des larmes à la mer.
Je suis en larmes de savoir que je ne lirai jamais tout, qu'en littérature on se trouve facilement des parents mais pas de père. Je suis en larmes en pensant aux charniers d'hier, et je ne comprends pas, je ne comprends pas pourquoi l'Art n'a pas dit non à l'horreur, je ne comprends pas pourquoi les pages de Nietzsche n'ont pas pâli devant l'horreur à s'en rendre invisibles, pourquoi Bach, pour rendre la pareille à Beethoven, ne s'est pas brutalement rendu muet quand la barbarie hurlait ? Pourquoi la musique et la poésie ont chanté à Auschwitz ? Vous savez, les gens talentueux pillent, volent, et tuent. Le génie c'est d'abord être un criminel, les autres, les petits pouilleux, les écrivaillons empruntent effrayés. C'est de la littérature émasculée qu'ils vous servent toujours. Je suis en larmes devant ces monts infinis, je suis en larmes devant cette injustice "la droite écrit mieux que la gauche, et la droite frappe plus fort, aussi". C'est ignoble, mais les ignobles ont du style. Il me reste à apprendre, beaucoup, pour être infâme, écrire mon petit Décombres à moi, mon école des cadavres. Je viserai qui ? Les pédés, je le sens bien, ça de me faire -c'est ambigu- une bande de tantes au marteau piqueur, de leur vomir dessus, de les recouvrir de verbe comme de pourriture, cette vermine. Ouais, ce sera ça, je serai Yahvé, dieu jaloux, pleurant mes larmes d'encre sur les villes que sont les pages. Beaucoup de cités à chaque ligne bientôt noyées. Mon déluge à moi, et pas de Noé pour sauver cette humanité miteuse. Je pleure de savoir que j'ai du talent, finalement, plus que vous, et ça m'attriste de vous voir minuscules, transparents et délébiles ou plutôt même de ne pas vous voir. Je vis entouré de spectres et je n'ai pas peur.
13 août 2009
Allitération
Je ne suis pas alité, mais allitéré
Talent
Mon talent mûrit moins vite que je ne vieillis/pourris.
03 août 2009
Le vertige furieux
LDeux sphères. Des distantes empoisonnées qui se rencontrent, bien hermétiquement closes qui se communiquent par delà silence clivé, c'est-à-dire qu’il y a de chaque côté de ces milliers de bulles rupturantes des émotions, des sensations de désespérés en cloques. Des putains en chaleur prêtes à mouiller de chagrin. C’est ainsi. Des sphères qui se rencontrent et qui ne doivent pas converser sous peine d’infuser dans l’autre, dans la veine de l’autre de l’eau bouillante courant, circulant à toute vitesse, passant, passant, dépassant, transmutant en magma, en lave brûlante. Quand deux sphères étrangères, translucides mais hermétiques se causent, se délayent, passe un venin que je sais respirer, que mes bronches savent encore digérer . Dedans, quand deux sphères étrangères se métissent, que les reins se courbent, que les corps se dressent. J’observe. Je suis un grand silence bavard et bavant. Je suinte le verbe et ma sphère, ma sphère hermétique, jamais poreuse le distille. J’aime, constater, triturer, racler avec le verbe et les dents les cervelets étrangers. Ouvrir un abîme secret sous chacun de mes pas. Parce que je me perds d’expérience en déshérence. Parce qu’à l’émotion, au vécu je sacrifie le sens rationnel, le tout bien organisé, l’algorithme régissante, tutélaire. La mathématique furieuse qui sort des sphères justement, le rapport social, quand l’interaction se noue, c’est du calcul, de la statistique, du pour cent d’échec. Tout se quantifie. Se mesure. J’ai une règle dans la tête, un compas, et un sécateur. Je sens vos arrêtes poindre, et je parlais de sphères, de rencontres et de grincement. Parce que voilà, moi, ma sphère grince, se souvient et s’en moque. Que les autres craquent, que la membrane se distende, que d’un plop définitif et fatal ils s’en aillent. Je m’en moque j’ai le verbe qui m’habite, c’est ma schizophrénie à moi, la littérature. Mais je voulais dire nous sommes des sphères des millions en englobant des millions. Dans un rapport hiérarchisé que je balaie. La pourriture recouvre l’or. J’ai le vertige facile en face de jolis yeux, ce sont des escalades, de la varappe sur le nez, que je balance l’imaginaire contre le front, il y a une prise aux pommettes. J’ai le vertige facile, ça m’a joué des tours à force de vivre comme ça, moi, au dessous d’abimes scélérates qui s’ouvrent sous mes pieds Je ne trahirai pas, je ne dirai jamais « vous ». C’est au marteau que je broie la politesse. Tout ça n’est qu’une farce. Une bouffonnerie. Parler c’est déjà apprendre à ne rien dire. Mettre la cravate c’est accepter d’être en laisse. Les étrangers savent parler la langue de l’estomac, celle qui digère, qui broie, violente de sucs. IL faudrait faire comprendre à la jeunesse que son avenir c’est de vieillir, qu’elle n’a pas de révolte que le temps ne sache éroder. Il y souffle contre ses parois, et la falaise, la falaise immense, la vertigineuse falaise s’effrite et rompt, bouffé par le sel de la mer et le vent de l’habitude. Alors c’est ça. Et moi je suis une sphère solide. La poitrine en berne et le sourire étendard. Je me marre parce que les autres errants sont ridicules, qu’ils tremblent d’incertitude, de petites émotions factices. Oh les illusoires commotions, oh les petites blessures, et je suis mort, et toi aussi, et dieu pendu à mes couilles. Je suis la potence et le gibet. Mais ce n’est pas la discussion ! Ce n’est pas le sujet ! Le sujet ce sont les sphères et les rencontres, la soumission de la bulle à l’autre, du désir endolori. Oh les jolis yeux sont des gouffres dont je m’écarte. Dans curieux il y a du suicide assisté. De l’entraille loqueteuses. Ma bouche périssable, mon court instant ici. J’en ferai sortir des éclairs, j’éjaculerai de la bouche le tonnerre, je cracherai les flèches venimeuses. Ce qu’on ignore, c’est que la foule est vénéneuse, l’approcher dissout les facultés . Je reste à côté, dans une autre perspective. Dans ma vie il me faut de la puissance, des individus forts, furieux, des comme machin qui sont là aux mots de rage autolyse. C’est à croire qu’elle finira dissoute par son même acide. Que son corps carié, noirci de suie désespérée se fermera sur lui même. C’est un corps cancer dont l’on parle. Je crois que je penserai toujours à ses jolis yeux.
27 juillet 2009
Je suis la rage non pasteurisée
Dr Göring et Mr Hyde
21 ans, toutes mes dents cariées de rage.
Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.
Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.
Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.
Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.
Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.
Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.
Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu,en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.
Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de
l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons,
nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut,
relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a
confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays
qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans,
on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit
international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel
noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire
partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te
suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de
jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce
que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois
dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie.
Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un
périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je
ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht.
Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au
sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à
le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de
fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au
visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps
récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On
doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que
les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les
autres. C'est chimique, tu crois ?
J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.
Acta est fabulas.
21 juillet 2009
Naufrage.
Je ne mûris plus, je pourris.
19 juillet 2009
Je
Je ne crois qu'en l'émotion syntaxique, dépossédé du sens, je dois écrire pour toucher avec le verbe intrinsèquement mortel. Histoire, passion, mort ? Au feu, je n'écris que pour tuer, moi, je n'écris que pour mettre le feu au mental, c'est de la musique qui jaillit des doigts, des notes, croches, double croches, écorchés. Rien d'autre, l'émotion verbale est contenu dans le mot. Vous voyez ses veines saillir, se gonfler de jus d'ombre, prêtes à céder, chacune, j'écris "grégaire" et dans ta tête l'anévrisme explose. Boum. Je n'écris plus parce que je n'ai rien à dire, que je ne cherche plus jamais à allonger sous la plume des corps de femme, et des yeux envieux, et jaloux, je n'écris plus parce que je n'ai rien à dire, aucune rage, aucune haine bien captive de mon ventre, fauve, un peu puante prête à surgir vous faire saigner l'aorte. Rien. Je suis creux.
16 juillet 2009
aaaa
Je jure de faire jaillir de ma bouche périssable, de mes dents cariés, je jure de clamer des mots d'éternité du fond de l'altérité. Je suis un loup sans estomac. Mes dents sont longues. Mon corps est vide d'appétit.





