boudi's blog

15 février 2020

Booba.

il s’est    é 
dans l’étang
il y a peut-être écrit : néant                                        
il avait sur lui quelques papiers formels, une plaquette de photographies tirées par le photomaton de la défense.
Sur les 5 visages Il en manque un. A la place un rectangle vide.
Ou bien ceci, le vrai visage à venir, ce vide en bas à droite, après cette répétition de 4 fois le visage du pareil au même.
Il tenait dans la main
son C.V sur lequel, à l’aide d’un trombone, il avait attaché sa photographie. Qui colle d’un peu de salive.
pourtant son corps jeté là
immobile
on ne     t
   
sa raison ni pire son                ge
c’était un choix.
 
 
le pourtour blanc semble étouffer
ce visage immobile
4 fois répété
muet
la bouche enclose
de fleurs lacunaires
ni jeu ni pardon
le corps étendu
de ce soupir pour jamais
retenu
la photographie n’a pas de voix
le CV ne rend compte
de personne.
c’était l’étang près du bois de boulogne
où les moustiques mutilent
et zozotent
à toi je parle désormais
toi qui hante et hante
l’interligne
toi 
      
c’est
      
rituel
<<>><<<<<
prends soin de la mort en toi
elle te chérit plus que tous les professeurs
certifiant tes aptitudes à poursuivre d
   gues     des
la mort en toi t’attend patiente
te profondeur
s’étend
mains froides
pourlèche
ta bouche
ne juge pas 
mains aimantes
toi aussi
tu connaissais l’amour
  ois pas
ne te dis pas de tout le délaissé
le chien abandonné le 27 août
le 88 888e animal 
de l’année 2019
toi aussi tu sais
l’amour mâche
la terre prépare toi au baiser heureux
de boue de cendres prépare toi
au bois usé doucement
ta douce caresse
d’éternité
....
...
..
.
-
vois poignée de terre par poignées de mort
tu es couvert
jusqu’à
éternité
poids suspendu
dont tu hérites
ta richesse
toi aussi tu aimes c’est pour quelque
h
o
s
e
 

la mort
n’a pas d’yeux
sans visage
n’est pas
le SMS reçu
le 15 février
annonçant la mauvaise nouvelle
tu bouchais tes yeux tes oreilles
en vain
la terre meuble
déblayée depuis des jours
tombe tombe eau
du déluge
l’étang
bourdonnant
pas ternaire des coureurs à pieds
pam-pam-pam pam-pam-pam
l'entorse des chaînes des vélos
sur le poignet
le tatouage
un petit oiseau
triste et bleu
les cyclistes tournent dans le virage
eux aussi porteurs de la mort à venir
l’ombre des pinèdes
quelques morceaux de verre
le soleil dépasse
              ges
        de  on salaire  ‘  t    r as  rance vie oh
    a - b   lbi

 

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13 février 2020

Des goûts.

Le frôlement de l’alcool, je me l’épargne depuis deux semaines et demies aujourd’hui. L’alcool n’est pas pour moi une dépendance particulièrement marquée. Son absence ne me pèse pas, j’y pense parfois, l’évoque et deux semaines et demies pourtant passent. Pourtant, j’écris ceci a alambic où circule le mot-ferment. Qui n’est alcool d’aucune sorte.

 

A l’ivresse, lorsque sa possibilité se présente à moi, je ne résiste pas. Aussi et surtout du refus, absurde exercice, de retenue et de tempérance. 

Regardant avec dépit celui et celle qui se donnent à peine le mal de mer, disant, avec ridicule je suis pompette. Le mot même dissuade de se maintenir dans l’état de ce mot là. Pompette et que peut-on dire de pire parlant de soi-même. Pompette et l’on a entaillé profond, profond, l’estime à porter à soi-même. Pompette et je croyais désormais la honte et l’humiliation choses révolues et pourtant ce mot là les concentre. Pompette.


Je vais plus loin, dépasse le mot pompette, loin, l’évite même.

J’ai goût de l’aventure et des Amériques, je crois que sûrement, Collomb et la bande traversèrent autant l’Atlantique que des tempêtes de rhum.


A l’alcool je pense cependant douleur, ni atroce ni petite, ni frustration autre que celle énoncée à mes proches pour la farce et l’attitude lorsqu’eux boivent.

 

Ce week-end, sans le remarquer, je suis demeuré à la maison, dans la chambre, passant au salon à l’heure des repas, à la cuisine pour remplir ma bouteille d’eau, dans le bureau, un peu, pour ouvrir Là de Robert Creeley. Mais dans la chambre surtout. Inutilement immobile, attendant que le temps passe.

 

La coutume était de faire la fête et danser jusqu’au matin deux jours par semaine et voilà que, sans alcool, ce désir et cette habitude s’éteignent, exténués, indésirés. Devenue, la fête, consubstantielle à l’ingestion sur le comptoir des alcools forts ou des cocktails parfumés.

 

Sans alcool on peut très bien s’amuser, aucun doute à ce sujet, mais je ne le veux pas.

/

Ce par habitude et pour le goût du désordre que j’affectionne tant.


La nuit, ces nuits là, je ne me change pas autre mAais moi-même extrême et très indifférent. Trouvant grâce Ce geste, retenu, sobre, non par pudeur et peur, mais par la maladresse excessive des non-hallucinés.

On trouve dans l’alcool harmonie ignorée : niée par trop souvent. Sorte d’adéquation temporaire entre le geste et la pensée. La forme et le reste.

Des autres, alors, je m’indiffère. Pas du genre à 

me fendre de grandes déclarations d’amour envers les potes et les anonymes rencontrés dans le hasard des rues ou des miroirs.

Je ne juge pas qui prend ces pentes. J’ai d’autres chutes, recherche d’une forme de silence - le mien.


Quelques inconnu-es me parlent et je leur demande, souvent, de ne pas le faire. Sans morgue, en souriant. 

 

Si je vais au fumoir, seul lieu souvent où l’on s’entend, c’est pourtant davantage pour être vu, être avec les autres, que véritablement y fumer ma cigarette. Ce n’est pas être avec les autres mais près des autres.

Dans ce lieu là s’est inscrit quelque chose de très rituel et très ordonné malgré l’état de dépravation dans lequel je me trouve.

Je sors, avec délicatesse mon paquet de sobrani, cigarettes colorées, qui s’ouvre comme, du temps d’antan, la boîte d’étain où les cigarettes brunes poliment se rangeaient.

Puis j’insère la clope au bout doré dans mon porte-cigarettes, dont je ne manque jamais de préciser qu’il est en argent, serti de grenat, depuis la main d’un artisan d’Erevan. Souvent c’est la seule parole que je prononce.


Près pas avec.


Puis, c’est au tour de mon briquet saint-laurent ou des mes allumettes du Ritz de produire de mon geste la flamme finale. 

 

Lorsque Catherine s’approche de moi pour me demander mon prénom, K. s’agace et s’exclame « mais en plus ça marche » non que l’enjeu d’être regardé soit d’être ainsi abordé puisque je ne souhaite pas converser. Pourtant cette situation m’intéresse pour la sorte de sexisme de K. qu’elle éclaire. Où les femmes, encore, se conquièrent par artifices, trucs, que tout geste soit geste de cette finalité. 

 

 

La promenade de mes doigts, le mouvement du porte-cigarettes à mes lèvres, tout le rituel concerne autant mon libraire, Julien, que Catherine ; ma soeur que ce type d’1m90 qui m’aborde pour médire des grévistes, croyant, sûrement à la vision de mon apparence que macère en moi la même mauvaise matière qu’en lui, aigre, tourne, tourne.

 

(en boite de nuit je me méfie toujours des hommes en chemise et je vous conseille de faire de même. On les décompose en deux types, ceux très ivres dont on peut imaginer qu’ils fuient je ne sais quoi et portent mal la chemise, accostent bruyamment et méchamment les femmes ; les autres, toujours sobres, au premier cocktail, l’oeil toujours pernicieux et perçant, en chasse et répugnant. Ceux-là ce sont les pires, vautours voyant en la femme très ivre, charogne. Méfiez-vous de celà)

 

Errance. C’est au milieu de ces visions, moi (pour)suivi avec érotisme ou sans, que je me déplace. Je n’existe que sous ces lumières cernées, peintes ou pas, ébahies ou non.

(je suis un effet d’optique)

 

De moi je suis assez satisfait mais je n’y prête pas une grande attention et ceci fait partie de mon jeu. Faire croire à ma très grande habileté au soin extrême de ma démarche, on croit mon négligé chic et ce n’est que négligé. Mes chaussettes ont des trous aux extrêmités.

 

 

(suis-je sauvé par tant de cris auparavant passés, de ces nuits sans sortie, errant petit chien perdu, suis-je sauvé d’avoir expiré, au final, dans les cris, les larmes tout le poison qui me hantait, déguisait ma gêne en arrogance, me faisait passer pour tout autre chose. on parle souvent de manque de coordination pour les maladroits faisant sur leur passage tout déchoir et j’étais en ceci disharmonique me présentant mal à cause de la grande peur en moi et mon apparence trompeuse me faisait subir des autres ô les quoilibets )

 

Avec l’âge j’ai acquis une grande aisance sociale qui fait ma mise en scène la plus désintéressée du monde. Son objet et sa destination ce sont les yeux et mon paraître. Je m’arrête à ce rebord là, il me constitue pure matière, pure Apparence. 


La très grande confiance qui m’anime diminue d’autant le sévice de ma prétention - je suis ce que je prétends. 

Je me démontre en m’exposant. J’existe, ainsi. Je suis lumière trompeuse, comme très souvent les choses passagères, et la foudre impressionne par la brièveté de son éclat

 

Pour rire, en dehors de la fête, je proclame souvent que je suis devenu de la plus totale superficialité ne m’intéressant désormais qu’à mon extérieur, mes yeux peints, délicatement, au crayon noir, relevé du geste épais du mascara. De cette grande farce moi aussi je suis le joué, le dupé, cette extravagance à moi même piège ô étreinte de mon foulard rouge en soie tout autre chose multicolore.



Et puis quoi ?
Je ne veux excéder ma forme physique. Face aux intellectuels et aux débats intelligents et rigoureux désormais je m’ennuie. Je les trouve artificiels et inutiles. Sans extase et dévitalisé comme les dents très mortes - et les matelots atteints du scorbut en savent quelque chose, ce sont les pires, ceux qui débattaient sûrement sur le Santa-Maria de la légitimité de la monarchie espagnole.


Lorsque très heureux je me disais matière.
Je m’espérais alors, et je vous souhaite un jour de connaître le même espoir, étendue de peau pouvant absorber sur une plus grande surface tout le vent vivant.

 

 

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09 février 2020

Auto-Commentaire

Je commente mon dernier poème.
Puisque m'a été fait la remarque et que j'aime apporter des précisions, j'ai une tête de quatrième de couverture.

Ca formait un duo d'avec mon poème qui portait ce comentaire en lui (était programmé pour le recevoir) ; un peu comme le feu pâle de Nabokov sauf qu'au lieu de s'opposer à un écrivain fictif l'opposition réside sur la dualité texte/voix (langage écrit/langage oral). Qui est un autre dédoublement, autre hétéronomie, plus métaphysique.

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06 février 2020

Ce soulagé

Ce qui a sonné ce soir à ta porte

ce qui s’est brisé comme la planche en bois

une absence

sous le couteau à pain

tu as poncé la table brune

les sciures les copeaux de bois

clair

tu as vu dans les sillons

des visages

nombreux

passés présents

d’autres inconnus

à venir pour sûrs

tu les reconnaîtras dans la rue

tu diras toi je t’ai vu-e sous le frottement

du papier de verre

le regard un peu borné

ce pas décidé

de ces rouleaux

fins de bois

comme

une bouche

timide

 

ce soulagement parfois de la place vide

cet espace à ton côté

le vent nouveau trait sans trahir

transparence de la 

matière

frottée

le corps

frotté

jusqu’à l’usure

la transparence

l’érosion par les vers

par les vents

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20 janvier 2020

Instagram

Vous pouvez me trouver sur insta désormais : influx en sueur pour le jeu de mots influenceurs.
Les influenceurs, de nos jours, pour satisfaire leurs dépenses vendent des produits inutiles et parfois dangereux et en font la promotion à travers des "stories" (petites vidéos qui ne durent que 24h) en lisant souvent un argumentaire fourni par la marque.
ceci pour faire poésie partout et de tout ; comme des flèches le bois et le feu.
Je découpe à ma guise leurs discours versifiant la plus banale prose

Leur donnant la beauté inverse du but mercantile originel. La poésie étant gratuite par nature.


Parce que ce faisant on présente aussi une vision du monde marchand contemporain, les objets à vendre dessinent aussi l'être en devenir. Il s'agit d'une certaine apparrence, une certaine minceur, par exemple. Voilà ce qu'on dit du monde. Ce faisant, on trouve aussi des invariants stylistiques. C'est la langue de l'époque. Puisque les argumentaires, comme dit déjà, sont fournis par les marques. 
INSTAGRAM

 

https://www.instagram.com/influx_en_sueur/

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19 janvier 2020

A cet ami disParu

P.

 

En même temps que tes idées s’éloignaient des miennes tu t’es effacé. Quelle sorte de brume, de mauvais vertige, t’ont pris-e et dépris-e.
Un mois sans nouvelles de toi.


Par où entra-t-il le monde infect

quelle plaie creusée en toi

permit l’infection

de ce monde contagieux

le haut-mal

la lèpre de la tpete

 

D’un coup, face à moi, tu te tenais c’était un autre. Ton approximation méchante. Forme faussée, un peu plus épaisse, grâce à la fonte poussée à la salle mais dans les yeux et dans le verbe quelque chose d’irrémédiablement différent. Extinction de voix au niveau du regard.


Je pense à toi, parfois, lorsque l’OM joue un match de football et toi que je ne peux charrier ou féliciter avec une fausse humilité. 

 




Je regarde le score sur eurosport ou google

je demande à Siri

de me faire la conversation

ça me fout en l'air




Je crois que je t’aime encor

malgré tout

que l’amour jamais ne se contente 

chose si fragile

de mourir d’un rien

que l’amour

non pas

sensible

au mauvais vent

celui quadruple

et spectral

d’Ecosse

ne se ténue ainsi

 

serions nous

tas des poussières

amassés

dispersés

le geste las

5h 6h

trop tôt le matin

par les gens

d’entretien

?

 



serait-ce nous le pollen

d’avril 

l’éternuement de C.

serait-ce notre amour

fertile 

mais léger

?


mon amour enfle et te serre

de ta

coque de glace

j’attends le dégel

je sais qu’il ne vient

pas

sans

boue

 



quelques rues nous séparent

si je compte bien

c’est à peine 4

toi

la place où tu dors

le 6e étage

le lit récupéré 

tu te souveins

avec la fourgonnette jaune

le lit

monté et monté

le lit dans

ta chambre

collé à la fenêtre

par où on l'on voit en grand

le Sacré-Coeur

 

Depuis la dernière fois, j'ai bu, parlé, fumé dormi

très mal sans que ce n'eût rien à voir avec toi

mais voilà

je ne sais plus te serrer

écouter ta mauvaise musique

te voir chausser tes lunettes pour dire

que tu vas travailler

ton dual screen dans ta chambre

cet air sérieux inattendu que tu peux prendre

 

parce qu'un


un jour je ne sais quelle voix 

devint la tienne

l’accent

de Méditérannée

changé en


l’atroce inflexion

du plateau télévisuel

 

te saisit

fourche ta langue

la chaîne n°15


l’émission de 19h

chaîne 16

déforme ta voix



je t’aime et

je t’attends

4 rues plus bas

rappelle toi

tu descends d’abord

les 6 étages de ton immeuble

puis la rue

tu tournes à droite jusqu’au croisement

au boulevard puis

tu descends encore

ça va plus vite dans ce sens là

il ne faut que descendre

puis 

tu tournes à droite

encore

et tu arrives

le code 47B09

4 étage droite

si tu te souviens bien


4 rues

4 étages

pourtant entre nous

ce pays entier de froid

        

                           voilà comme tu es aujourd'hui

grand espace célinien

 

 

 

 

 

 

...

                                    

                  


                                                               



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17 janvier 2020

Excréments.

la découverte de moi un jour de pleine lune c'était
ou de lune trois quart et prétentieusement giboise
découverte de moi
mon désir à moi un jour
que moi je veux 
que j'ai le droit de vouloir
avec
et de vouloir contre
et que parfois parfois ce sera tant pis pour les autres
qu'ansi je leur fais grande place en moi
grande amitié de leur
dire
je veux pas
le droit
sans honte
de vouloir
ce que tu ne veux pas
de me compter
en premier
je ne suis pas bon
mes élans naturels
ne me guident pas aux consolations 
micro-sociales
je suis attentif
à ton visage
et je ne te sacrifie de mon drap
que l’ombre
mais c'est toute l'ombre
alors.
bien meilleur que tous
faux gentils
vrais cruels
si je dis tous
c’est exclusivement 
aussi
de vous
tous
ou
us
s
Je pense à x
qui souvent vénéneuse
passe
l'air innocente
noire noire noire
qui ne devient pas verte
ne murit-rat pas

Oui
je tartine la figure d'excréments.
je connais la haine plus facilement que la colère et l’amour tout autant que la haine
déborde de moi mauvaises rives aux chemins de halage aux routes bétonnées mon amour
tant pis si vous n’en voulez pas
mon amour gorge gorge
tant pis si vous ne voulez pas
on ne demande pas l’autorisation de recevoir
la haine giflante
(le gant volant dans le salon pour défier l’air
et l’autre)
et de ceci non plus je n’ai pas honte
j’ai des vices et leur inverse
Et j'aimerais n'avoir à offrir que ma lumière et j'offre à la fois mieux et pire : de l'humain, la sale chaire humaine putréfiable et guérissante ; à la fois parfumée - je sens parfois le lilas si l'effort me fait suer des mains et parfois le mauvais fauve - et puante carcasse.

OUi cadavre humain putrescent merveilleux
superficiel et dense
ravi que sur la piste de danse
les regards des filles
et des garçons
se posent sur moi
qu’on me renifle
qui j’ignore
pas honte
de ne tolérer que mal les méchants et les vilains
J’importe
et vous aussi
ma volonté de fer
voilà mon je veux
l’étendue 
de mon humanité
singulière
mon portrait
je veux.
si je recueille tous mes suffrages ce n’est pas au détriment absolu des autres
les interactions, non toutes mais la plupart,
portent une tension l’
opposition de désir-t
contradictions
de faible intensité s’il s’agit de hcoisir un film
plus intenses parfois
Et ce parfois
au dernier term-
de ce parfois
alors
je veux
sans quoi vraiment je vous 
nie-
je vous trompe-
si je ne me donnais pas
la prééminence
alors
je mens-
pour vous
quelle immense tendresse
dans mon ventre 
malade
quelle immense tendresse
depuis mes membres
je vous oriente
je vous vois beaux merveilleux chancelants
je vous vois tentant
ratant
peureux
craintifs jusqu’au pelage roux ou blond
heureux
les cils peints le crayon qui dérape sur l’oeil
la feuille ou la peau
mon amour immense se fiche comme une flèche
vous êtes merveilleux et salauds
mais n’interrompt pas ma haine
la saloperie
ce merveilleux
n’interrompt pas
de vous poignée infâme
et je sais poignée infâme
toi aussi tu fais comme tu peux
mais ce comme tu peux
c’est un peu trop comme tu veux
(non disant je veux
ou je veux
minablement
)
je sais
la peur la honte je sais la crainte je sais les coups enfant les tromperies je sais les agressions l’hurlement la nuit ta sale figure dans le miroir les jeux solitaires dans la cour je sais la trahison et je sais que je ne sais pascependant pourquoi tu as fait tourner cet tout çaaigre
venin
mauvaise vie
c’est à toi que tu dois dire pardon
mauvais liqiuide ta vie
épaisse et malodorante
tu avais le choix un moment
de dire tant pis
pardon à moi dire
voilà c’est moi cette plaie cette peine
c’est moi surtout tout le reste
c’est moi
je t’aime pourtant
je t’aime
mais
je te hais
la haine ah la haine
june haine farouche envers ceux, gens
qui
considèrent dans l’amitié des hiérarchies
et n’hésitent pas à tracer régulièrement et 
sans ironie
le graphe de celles-ci
non pour classer et présenter
leurs propres préférence
s
non pour ceci mais pour exprimer
qu’ils sont les plus aimés 
de telle ou telle absent-e
ou présent-e
vous les connaissez
ceux qui produisent en société
une connivence exagérée
pour duper les autres
à la grande surprise
même de qui ne se savait pas 
tant aimé-e
ce n’est pas de l’égoïsme
mais du riquiquisme
sachez, vous de cette sale peste
guérir
et si je vous vois à nouveau
faire ça devant moi
je vous claque du
mauvais augure le coucou dans ma
gorge
,
nous connaissons tous icelui icelle
interpellant en pleine société 
cordialement ivre
ou sobre
tel-le autre
pour signaler
on ne sait quelle aventure d’envergure
à eux seuls connus
ceux qui non pour chasser leur peur à deux
(o beau geste d’amour)
se blottir dans le souvenir commun
non de cette façon
qui le font
pour chasser
les autres
dire
au fond
je t’admets ici 
sans que tu appartiennes
tout à fait à ma bande
ne dépasse pas.
Aujourd’hui je m’affirme éblouissant
je compte plus que quiconque et quiconque compte autant que moi
mon amour va à tous
et tous n’entrerez pas
je suis cool
je croyais bien connaître le je
de l’avoir employé en mon plein lyrisme
pourtant le voilà qui se déclare pour la première fois
non seul
je existe
si tu dis
je veux.

 

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Défais, électricité

ainsi le bonheur
de tes gestes
à ce point ça
dépend-ant
du 
chaos si étrrrrangèr-e 
à t-soi-même, volonté
chose q u i 
t’happe
te cccircuiiit électrique ta courte
tête
t’épilepse comme de la
 viande
la
centrale
dé————>charge
dans le noeud compliqué
des synapses
la belle usine
ta tête
élecrrique
la belle fabrique
à mourir
i,co,scie,t
on a dit
l’inconscient
le lieu
du refoulement
cet orage là
planqué
l’;nc;nsc;;nt
ce feu de ta tête
les origines brûlant-e-s
tu es
un continent
entier
ravagé 
l’orage-s de foudre
regarde ta tête 
pale
comme tu 
te fais peur
au milieu du néon
le gaz lumineux
tu voudrais
échanger
fréon néon
n’importe quoi 
plutôt
que ce mauvais feu
tu n’y crois pas$$$
ce courant assommant
comme les vaches dans l’abattoir——e
courant
s,celan,t
courant toujours
affaire de cour€nt
bien bien
courant
dans l’inexpirable
bien bien avaaaaaant
le po-nt
pas mirabeau
mais tout comme
où coule
la seine et mes amorts
fée electricité
on s’est bien gourrés
de t’ainsi nommer
s’ouvrant
aux vents quadruples
dé-fée, électricité
donnez-moi
d'âge
la pierre
le feu
du non-lieu
anté-silexement
donnez moi
la nuit non
résolue

 

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13 janvier 2020

Réhabiter.

fr

texte initialement publié sur le forum dont sont issues les captures d'écran. De prendre ampleur ici lui fait perdre un peu de son sens mais en conservant suffisamment - et ce blog me servant aussi d'archives - je le présente ici.



Quasi-objectivisme - Page 3 Captur28


Hésitation à cette heure là d’insomnie du choix
Entre les différentes icônes de la barre de tâche apple
on y trouve les traitements de texte
ce ne sont pas des logiciels libres
civilization V ce V jaune 

« photos » cette rosace multicolore
médiathèque de mes photos
synchronisées depuis iCloud
où j'entrecroise
une recherche bizarre
formelle
des
actualités mêlées 
d’intime
le commun d'internet
et
le sexe
du moi-avec-moi
et dont je ne sais pas encore trop quoi faire
comment ouvrager la profusion

C'est à dire :
je document ce moi-même
jusque dans ma nudité crue
moi archive constituée de superficie
ma dimension
mon étendue
physique et/ou morale

Quasi-objectivisme - Page 3 Captur27

Je m’étais suggéré d’ouvrir un topic TW sur le forum pour y mettre ce que je produirai d’ainsi, comme on dit, sensible. Décourageant à la fois les pas assez curieux, les profondément-s inquiets, prévenant, surtout de la nature de ce qu’on allait voir, du potentiel heurt recelé au-dedans et de l'inspiration - c'est à dire la respiration retenue - nécessaire avant d'y plonger.
Nullement question de ce moi civil, réel, connu à exposer en direct. 
Mais le choix du document, sa remédiation, m'expose dans une nudité plus vive que celle de notre naissance. 


Devait y figurer, entre autre, de la pornographie mais vu de biais. Ce qu'on ne voit pas dans la pornographie, le décor, la télévision allumée, ce à quoi personne n'a prêté attention, quelle couleur le parquet. Mais aussi ce qui importe et qu'on voit au premier chef.
TW, oui, plutôt que la balise spoiler que tout se matîne de cette tendresse là.



Mon propre corps à moi, aussi, sûrement exposé dans son habit antédiluvien ;
cependant non sujet exclusivement dédié à la nudité (sexualisée ou pas).


La nudité moins en le corps physique
dévoilé , non le corps sans vêtements. Dire nudité non en ce sens ordinaire et transparent. Dire nudité, plus crue - sous mais aussi avec la peau

Pas non plus de ce qu'on appelle communément l'impudeur ici (grossièrement : révélation de l'intime, qui devrait demeurer privé, c'est à dire dissimulé et, franchement disons le un peu


honteux). 

 

Nudité, de moi, parce que lieux et corps choisis et désignés par moi. Parce que mon corps mais aussi mes photographies, mon errance.
Y réfléchissant je m'aperçois combien continuent de se maintenir se partage entre deux nudités deux monstrations. Corps et esprit. Prétendant au corps on ne fait que dire le corps soit exactement le nier. DE la meilleure des façons indiquer, désigner sa totale absence. Cette dualité a encore de beaux jours...et sur le forum en même temps.



TOUT

SAuf

ton

CORPSA

 

et c'est Romain qui mieux que les autres l'a dit et montré

anti-corps

voilà

dans sa duplicité

l'anti corps

dans sa diversité

anti-corps

ce qui ronge la vie microbienne bactériologique

lieu du grouillement

le corps

ça grouille

spoil:
 



Projet non abandonné.
Murissant

lentement
comme moi
me déshabillant
parfois



Et dans le même temps :

J’hésite à glisser le curseur jusqu’à ce V, double cliquer (tapotement sur le pad) qui lance Civilization V. Comme pour s’assurer que tel est bien mon désir une fenêtre intermédiaire s’ouvre, rappelant ce qui se passera si j’exécute le programme. Plusieurs heures jubilatoires et vaines ; comme parfois est la jubilation, sûrement. Plaisir pour rien, sans but, bruit sourd de ce plaisir (Romain, penses-tu que le cri qu'on pousse dans la caverne, le faux cri dans le monde des apparences, cette ombre là qui se répercute contre les parois, penses-tu que malgré sa détresse ou sa joie, penses-tu Romain que ce cri là produit le bruit sourd du plaisir d'une partie de Civilization?)

Quasi-objectivisme - Page 3 Captur26


Je choisis la difficulté maximum où l’ordinateur triche à outrance et moi parce que je ne veux pas me faire battre par l’informatique je triche plus encore
« je mourrai le marteau à la main ».
dans civilization chaque découverte d’une technologie s’accompagne d’une citation. Au moment de celle de la chimie ou de l’acier, l'italique citée s'affiche sur l'écran. Elle est de John Henry, refusant de céder à l'industrie peut-être. Je la fais mienne, luttant le clavier au doigt.
je n'ai jamais lu le poème original de John Henry
faisant à l'instant la recherche


Quasi-objectivisme - Page 3 Captur29


Lorsque nos villes contiennent trop de population le mécontentement les rend improductives. Pour y pallier je construis dans les régions les plus septentrionales une fontaine de jouvence qui augmente le bonheur de l’empire.
Les merveilles dites naturelles ne sont normalement accessibles que par le hasard.
Mais je triche.
Je vis le clavier à la main.

J’adore jouer avec les romains. Au stade de l’antiquité leur unité de mêlée, le prétorien je crois, est très supérieure à celle de leurs voisins. L'arme de siège, la baliste triomphe aussi de la catapulte plus ordinaire des barbares.

Je pense beaucoup à Romain lorsque mon écriture parvient dans ce genre de zones.
Parce que probablement les territoires qu’il explore et donne à voir voisinent avec les miens. Autrement, d’autres périphéries, un centre dévié. Pourtant j’y reconnais du même. Qu’est-ce? Semblable manière de tatonner ; serait-ceci le point commun ; le mouvement de la main au milieu de la nuit nuit nuit.

Je lui fais une place curieuse, je ne sais si elle est généreuse, cette place, si on fait ainsi à quelqu'un qu'on aime. De le fixer, quelque part (et le laissant libre du reste de ses mouvements - je veux dire ses mouvements à l'intérieur de mon amitié) dans une sorte d'espace géographique.

j’aime rechigner

traîner des pieds
ou de l’âme.

Un jour je lui ai dit
je te délègue mon surmoi


LE DROIT


Puis

Je débute aussi une action judiciaire contre ubereats pour les manquements graves et répétés à leurs devoirs tels que prescrit par le code de la consommation dans L212 ou L 612 je ne sais plus. A cette heure-ci, oui, dans ce qui se nomme encore Sans-titre 35.
Année et demis
comme au
bar

Quasi-objectivisme - Page 3 Captur24

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12 janvier 2020

EREME OECUMENE

espace in-ha-bi-ta-ble
l’ereme
l’inhabitable
ἔρημος
lieu-non-dit
im-
prononcé
non-
prononçable


tu perfores
des dents
l’endroit irrespiré
la croûte
de l’inhabit-
-able
dure
irrésistible
la croûte
dure

tes incisives tu essaieras toutes tes dents
canines
jusqu’aux bas-fonds
de la morsure
la molaire
tes dents
les tor-
dues
les droites
les in-
sages

perceras
tu couleras
filet de bave
tu engendreras
ta bactérie
de toi
le microbiote
infestera 
la vie
viendra
naîtra

ta bave sera un dieu

tu nommeras

salive

tu seras un dieu


ta bouche
         él-a-guant
des d-ents
               rong-eant
                  évid-ant
               mord-ant
   écorch-ant

tu seras un dieu

le brouillon
d’un dieu

 

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10 janvier 2020

L'enquête sauvage

Pour comprendre de quoi il s'agit :
Faire une enquête inspirée des détectives sauvages de Bolano. Nous cherchons ce que nous voulons selon nos désirs nos pathologies nos besoins nos espoirs
Cela donnerait du 12 novembre au 7 janvier, écrire,
55 poèmes, soit 76 pages, soit 2453 vers

la forme et le fond sont libres

j'ai seulement deux demandes - par l'idée d'en faire un petit recueil collectif à l'issue -
essayer de faire, parmi votre production, un (ou plusieurs) poème composé avec en tête les mots suivants :
écriture
- réel -
viscéral
(ensemble ou séparés)
J'ai choisi, pour ma part, de rédiger tous les poèmes de mon enquête à la date limite prévue initialement. 

Débuté le 7 janvier à 1h58, achevé de rédiger et d'insérer les "idées" multimédiatiques à 3h53 achevant sur mon document word de les insérer à 4h15
1:58 -> 3:53=> (insert multimédia)=>4:15
1.
Il y a cette stèle c’est devenu de la poussière on dit
y était inscrit le dernier vers du dernier poème
le vent
extraira de cette terre natale
souple heureuse
le liquide mystérieux
jaillit doucement
et la larme
et la rime
dans l’urne mieux
que funéraire
récolterai-je
ce doux pétrole?
2.
              ,                    ;
                         ,
       ,                 .
             ,
?
3.
Chemin envers ce pays de champagne. Les cigarettes rangées dans la poche intérieure de l’imperméable. Les lunettes de soleil anti UV garantie UE. Le chapeau à bord plat, traité à l’insecticide pour repousser les moustiques porteurs de maladies mortelles. Le là-bas. Nouveaux parages, nouvelle vie.
C’est pour de vrai, c’est pour de vrai
c’est comme porter une cravate pour son premier stage.
4.
Le filet à papillons à mailles étroites que toute la poussière s’accumule ici et nos mains patientes, nos mains aimantes trouveront le dernier vers de l’ultime poème. On doit plus sérieusement attacher nos lacets.
5.
On a dit
le premier indice
on a dit
ce sera aussi le dernier
que c’est tout au bout du monde
civilisé
on a dit
cette expression là
et nous avons frémi
sans répondre
on nous a montré sur la carte
nous avons pâli
Nous sommes réels
c’est
plus loin que le mexique sauvage
plus dangereux que le loup amoureux
on a pâli
nous sommes viscéraux
6.
.Le repas a été frugal. Je m’habitue à manger peu, à heures régulières, je trompe la faim et moi-même. Les journées seront longues et denses. Il faut parvenir au but rapidement. Je crains le manque de nourriture.
Pensée : Un Dieu qui ne me mènerait pas directement au paradis ne mérite pas qu'on y croix.
7.
 D’où vient la poussière 
(plus loin bien plus loin mais à partir de là)
8.
Effroi. Il a fait une saison de givre d’un coup sec. Tous les hivers du monde se sont rassemblés en ce point unique. Tous les hivers accumulés, les glaciers, les fjords et les frigidaires.
9.
L’auto-radio perd le signal et se mélangent des voix inconnues. Je n’entends pas le bruit de l’eau. On a perdu le rythme sinueux de l’eau battante des villes. Clapote, clapote la vie ? Est-ce ceci s’approcher de la poussière ? S’éloigner des cours d’eau ?
10.
B                                                                                                                                                      B
    B                                                                                                         B
B     B                                                                 B
   B
11.
Je ne sais plus rien. S’il y a lieu ou langage si quelque part outre-noir existe
l’outre-noir
du non-noir
le départ
de quelque jour que ce soit
n’importe
quelle aube
du Bleu
pitié
du Bleu
12. 
Est-ce encore ma langue que je parle. Qu’articulé-je ma bouche bouge-t-elle
et laquelle trouverai-je
Je dis un mot à quoi je ne comprends rien.
Je dis un mot
inintelligible
Vite, vite 
13.
AU SECOURS p
e
r
d u p e r
u
14.
15.
C’est moi ? Est-ce bien moi ? Paroles de malédictions, ô stupeurs, vous m’avez changé, que cette langue, ce visage, mon dieu, mon dieu. Si je passe la langue sur les lèvres moi encore moi. Aucun son ne sort aucun soi à moi même ne sort.
 
16.
viscéralement défait.
17
Morceau de moi. Débrisé. On dit
que je suis quelque part
sur ce passage fléché
une mèche je demeure
c’est moi que je perds et la recherche me cherche
me débute me perpétue.
18. ???? 
19.
EXISTER
SE PRODUIRE REPRODUIRE PAR LE TRUCHEMENT DE LA MUSIQUE LADAGGIO CE QUE TU VEUX CROIS
JE SUIS
RATURE LA SURATURE
DU SURCHIEN SOUSRAYE
Vingt : balafre
                                                                                                                                                                                                        
                                                                                                                                                                                                    
————————————————————————————————————————————-  -————————————————————————————————————————————-  -  ———————————————————————————————————————————-  —-   
——————————————————————————————————————————-  ——-——————————————————————-    ——————————————————————-                                                                                                                                                                                                     
                                                                                                                                                                                                    
                                                                                                                                                                                                          
21.
22.
VOIL0 TU PERDS LA TËTE L4INCOSNCIENCE ENFIN TE PRENDS TU DISPARAIS SOUS LE VERBE LE MONCEAU DE LCINOMPRHENSIBLE VERBE tu ne comrpendras plus rien tu deviens ntelligible ti même langue morte tu te tutoies tu prends de la distance avec toi même le plus vite possible combien de minutes déjà de désertt tu as ainsi creusé hahahahahahaha
tu es devenu de l’encre transparente matinée de vide de rien de colere de creveure tu ne sais plus 
ce que c’est que cette ie à toi tu es brouillon de toi même mais tu ne te recommenceras pas, tu cherches dans ta main derriere le crâne le bouton de recommencement tu cherches ton bouton power ton reset
et ça ne marche pas tgrsiuyzhgoiurghaI>GZ
TU CROIS FAIRE DE LA MUSIQUE
chantonner comme ça
23.
Suis-je l’enquêté ou est-ce moi qu’on investigue. Autour de moi des masques parlent et s’agitent dans un mouvement rituel je ne sais me prie-t-on maudit-on ?
Je ne sais combien de jours sont passés, si l’hiver même a changé. Le temps qu’il fait, je ne sais pas le temps qu’il fait, rien ne s’écrit, rien ne s’inscrit.
Quelque chose entre dans la peau.
24. 
25.
seul
26.
Y a t il des masques ? 
NON.
27.
C’est à n’y plus croire comme le désert peut débuter facilement dans une vie. N’est-ce pas la chose la plus normale après tout que voisine la poussière et le désert. Croyant trouver la pierre réduite néant où s’inscrivait le vers c’est au désert aussi et d’abord que l’on parvient. Dernier poème peut-être est-ce aussi tout un sahara à rassembler puis à trier.
28.
Je ne suis plus ni visage ni raison plus ma voix ombre et si je me découvre c’est un autre moi que j’aperçois. Les cours d’eau m’ont fui. Désormais je comprends. Ici, dans la périphérie, le pourtour et partout, l’eau heureuse parcourt le pays mais c’est mon visage qu’elle fuit, mon visage qui n’est plus mon visage. Comment j’ose dire je moi qui n’existes plus.
29.
et l’unique cordeau des trompettes marines.
30.
Ai-je encore un nom-prénom.
31.
https://www.thispersondoesnotexist.com/
32.
Y suis-je ?
33.
Par délicatesse j’ai perdu ma vie
34.
Il a fait un grand vent ce matin. L’espoir paraissait renaître. Je me suis servi deux fois du porridge. J’attends, tranquillement. Cette quête me plaît.

35
Je n’en sortirai pas.
J’arrache, j’effeuille mon visage
feuille à feuille comme un gâteau d’or
qu’on dessertit
des regards se posent sur moi
des regards de mort-vivant
je feins de ne pas voir
ceux qui me voient
36.
L’autre, B, qu’a crevé, m’a laissé bien en peine. Faisait dix degrés pourtant. A clamsé.
Depuis son périr, la solitude, là. Ce moment que ça a dégénéré que tout a fui par le filet à papillons ma vie d’abord mon visage aussi c’est sûr ma propre figure qui s’est évadée. Le nez, à côté, le nez quelle blague.
Moi c’est la langue, la voix et je me suis dissous dans l’ombre.
37.
Le poème, le poème, le poème
4400 fois
répéter le poème
qu’on n’a pas appris
qu’on n’a même pas trouvé.
le poème
comme la vérité
38 (146,66)
Langue, sèche.
Tant de désert
Une seule gourde.
39.
J’ai entendu j’ai entendu frémir une rime là au loin je suis sûr ça a fait un bruit d’oiseau mort ça a fait le bruit enfin
le premier vers
j’en étais sûr
tout seul même
il rime 
c’était sûr
que la poésie ça débutait par là-a
rime
40.
Je vais revenir couvert d’or, ah ça, le pied bot peut-être et la main ensanglantée
j’ai tiré du rivage du marais un peu de cet or 
c’est le début, ça débute, je sens
cette cicatrice le long de mon doigt
premier morceau de la stèle
41. 
42.
n’est-ce pas toujours se chercher soi-même que ces départs, ces aventures, la traque réelle : ce soi-même qui s’efface ; ce soi-même dans les cratères, les dunes ou les déserts. N’est-ce pas la bien vaine quête de fixer graal ou poème son attention sur ces ailleurs. Diverti de l’essentiel et soi s’efface, se divise, perd visage, devient autre. perd perd perd.

43.
Ahahaha la gloire
la gloire
oh
44.
Pourtant, je me dissous. Petit cachet d’aspirine. La vie ce verre d’eau et moi dispersé.
Saute de fatigue la paupière saute la conscience. Me dédoublé-je en folie. La malédiction, cette douleur qui m’est entrée dans la chair et la démence avec elle.
45.
suis-je
46.
Qui-suis-je ?
47.
 
Je ?
48.
C’est la plaie qui me guide, la trace oblongue sur mon doigt, la chaîne trouvée d’argent vrai c’est sûr ou de plomb saturnien pourquoi pas ah c’est facile je la suis la chaîne qui tremble au son de vérité.
 
quarante-neuf :
 Intersection
50. stèle 
51.
 
52.
Un dernier effort, c’est là, c’est au bout, je l’ai le mot secret, je l’ai l’aveu de la terre, de la stèle, je le tiens dans mes bras comme un trésor d’Ethiopie.
53. Insert coins
TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TdRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAeIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGaIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN  d TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN
 
54 ;
55.
56.
 
57.  
L'enquête - une performance Captur23

 

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07 janvier 2020

Loup loup partout

loups loups de toutes les formes
loups
des autres parages
loup
loups des bois de toutes les plaines
les loups tachetés d’Afrique loin
loup amazonie
panthères sombres
jaguar ou tercios
loups la plainte loups les
lions de la térenga ceux de l’Atlas
loups les fauves l’ours de sibérie
loup des toundras
le tigre de bengale
loup loup
le diable de tasmanie
le vociférateur des jungles
loup
l’incendie des terres australes le
loup loup
le squale blanc des eaux profondes
loup la bouche
loup la faim
loup loup encore
la peste de l’an mille trois cent quarante-sept
cinq années
de loup
je pense à, toi,
chat-garou
qui ne connut ni les steppes ni la peste
ni l’eau mortelle des squales
ni le bengale ni la nocha triste
ni le feu de forêt 
pas la tasmanie non plus
ni la jungle ni la ville
je pense à toi chat-garou
qui ne sait pas le pelage
clair du smilodon
qui sait
peut-être du ratel
la rage
dans la nuit
une dent
s’éteint

 

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06 janvier 2020

Virago.

 

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03 janvier 2020

Nudité.

écrit en une heure, dans le cadre d'un atelier, avec le thème de la nudité ; je le laisse dans sa brutale nudité, sans retouches :
aHHHHHHHH
GGGGGG
HHHHHH
Partout tu cherches chien carnivore
nudité à renifler de tes pattes 
nu tu dis 
tu dis nue la
zone étroite le pubis 
le bas-ventre
nu
diaboliquement
rapetissé
pudiquement pourtant
minimisé
au niveau de texte
au niveau de sexe
au niveau de baise
ah ah ah quelle misère
des prénoms tu anticipes déjà
le sexe
le défilé
chattes les matchs ou
la queue tordue droite
dure
ces yeux la courbe
des joues
l’inclinaison de la lumière
éclatera ombre
sur ce sexe
vorace
le plaisir la blague l’importante question c’est la nudité
tu places ici le gémissement
les putains
tu t’en branles.
Nique
l'         h                                      
        u                                                           
    i         d                                                     
          m                                                                                              
                e  
s'oppose au                                                   
 
r
i
g
i
d
e
ou                            le
 
com
      -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
nu toujours
et comme c’est chiant
de remettre ses chaussettes
de traiter dans une fausse
négligence
le sexe
nu
quand tu expulses nu le gosse nu quand tu sues séminal nu
quand tu coules nu transparente et gluante nu au sommeil
c’est au tour du désir
de crever sa ridicule mort
demeure 
nu pourquoi
Alors se précipitent dans la lumière vive
les mains savantes gantées clac un coup glacé
ce drap jeté déjà
les yeux se détournent
ta nudité on y met fin
tu as un prénom
en quelques secondes
on a eu peur peur
qu’elle dure
que tu n’imprimes pas ton visage
dans ce suaire là
ne sait-on jamais que plus tard
tu deviennes un saint
il faut capturer ton visage
dans ce drap ancêtre
deux fois millénaire
de l’appareil photo
pour la nudité
tu vas devoir te battre 
tu vas devoir te battre
toute ta vie pour la récupérer ta nudité
hein
on te protège de ton propre toi nu
on ne sait le pouvoir
ce dont tu serais capable si tu demeurais
exposé au vent peut-être à a la maladie aussi
aux saisons violentes
mais à la vie peut-être et surtout
 
dans le doux piaillement de
la barboteuse la grenouillère
et si mon corps ici s’épuise
qui devine
sous les mots
l’épaisseur de ma peau si m’écriant
sur la foule de papier
ce masque les mots
les pixels
toute cette ombre
nocturne le traitement de texte
ce petit truc qui clignote
trait vertical
à la fin du dernier mot écrit
qui te dit
encore
encore
savez-vous
la nudité cachée
la nudité dans les mots recelée 
l’aveu du langage tu crois
haha
l’aveu du mot écrit
ta page tu crois
ah la farce encore c’est encore
une cale
recule 
recule
recule
loin dans l’ombre
le secret 
tu ajoutes
avec les mots
une épaisseur
une croute
surcouche
d’obscurité
tu ne vois plus rien
ton visage
ni ton corps
la nudité
tu ne t’en assures plus
on l’a mise à double tour
sous scellés
et tu ne la récupéreras que mort
quand le tissu dans la tombe
s’effilera plus vite que ta peau
soumis aux vers
ces autres chiens
avides
de ton corps nu
tout entier cette fois
Et je pense soudain à J. qu’on a mis soigneusement en morceau. On a découpé, d’abord, c’était l’habit. Découpé, enlevé couche à couche, patiemment, on a mis en petits carrés blancs dans une sorte de formol tout ce qu’elle fut oh, ce qu’elle fut banquière esclave des habitudes Dubaï même, c’est vrai. J., soigneusement, cruellement déshabillée pour jouir du corps à naître nu, fragile, gêné qu’on emporta dans un grand désert nue J. qu’on prit, qu’on tordit il fallait attendre que le corps soit tout à fait nu pour tordre essorer cette vie et tu as pleuré ce corps nu et ce corps lumière ouf de justesse redevenu lumière lumière jamais perdu corps nu éclate éclatant soleil en cette saison de détresse.
Je pense à Léopoldine qu’on épuise deux ou trois heures la nuit dans cette maison de Romainville puis on dit dégage ton utilité c’était ton corps nu le dégonflement de mes paupières dans l’usage de ton corps 
nu
ah serpillère et tu retraces
mal habillée
pressée
les yeux je ne sais pas
des coquards peut-être
des larmes c’est sûr
traversant tout ce chemin
pour retourner à staligrad
la nudité abîmée
gâchée
le corps nu pour exercer 
la souffrance
je pense à saint sébastien se tenant devant je ne sais plus quelle ville Sienne c’était je crois percé de flèches crucifié sa nudité ses larmes de martyr pour garder de la peste la ville à mourir
sur la nudité quel pouvoir parfois on exerce
je pense à moi
expirant parfois de plaisir
le corps 
nu tendu
frottant ou soufflant
ma langue mon visage
mes ongles
mon centre mes extrêmités
composent tout autant
mon corps nu
ravi
je ne suis pas plaie infiniment ouverte
à la douleur
je suis brèche dans quoi entre
tant de joie le monde entier
la vie
à partir
de là.
 
si
si je vous montre
en vérité
non mes mots
mais l’effroi nu 
de moi-même
visage
puis torse
tous les poils
mis en scène
exhibé
nudité recroquevillée
exhibée
Au sens de la loi, ma nudité débute si j’expose de moi mes parties génitales, étendue, pour le cas des femmes à la poitrine telle que sexualisée par le code pénal dont nous n’ignorions de la perversité mais qui, à chaque article, c’est à dire dans ce foutoir par centaine, ne cessent de nous en faire l’heureux rappel.
Ma nudité s’accomplit au sens social, pénal et moral par l’exposition de mon sexe à moi, dressé, mou, humide, sec.
Gardé-je voilé l’étroite zone et de justesse échapperai-je à 222-32 
Mais le visage ? Le visage ah ça doit rester nu et visible, ça, R645-14 même. Ca rugit dès le départ, ce R, là menaçant comme un grognement de flics. Et gare à toi ! On peut t’arracher un oeil si tu te crois le plus malin. Le visage, le visage ça reste nu, éclatant, on doit te reconnaître partout où tu passes et toi même si tu veux rester discret, ne pas te faire apercevoir, que les passants ni les caméras de sécurité n’emprisonnent ton image, ton précieux visage, ce par quoi tu te dis, à la fin de la journée, c’est bien moi, ah si tu veux échapper à la capture, à la multiplication de ton image, déformée, accusé, si tu veux y échapper sache que c’est un délit, une infraction, que tu peux perdre un oeil, ou une main, on t’aura prévenu, ne t’obstine pas. Ton visage ne t’appartient pas, il est à tous, même à moi. Alors je te fixe dans la rue, insistant, ne t’échappe pas, même au carnaval je te guette du coin de l’oeil moi j’en ai deux, tu vois, parce que je m’expose comme il faut, aux appareils photographiques, aux caméras de sécurité, au soleil et toute la lumière du monde ne vit que pour moi. Le reflet lumineux des averses, c’est pour ma gueule, les mornes soleils et la curieuse illumination des nuages gris, pareil. 
Alors, toi avec ton masque
toi
toi n’oublie
pas ça Rugiiiit.


Je suis le voisin nu, celui qui ouvre les rideaux, sans s’en apercevoir, ainsi qu’il est né. 
Baîllant sans gémir dans la lumière éclatante du soleil ou la lumière bizarre des nuages gris écrasant ou le reflet lumineux des averses. 
 
je m’exhibe
vous ne savez pasf
si je porte sur moi
le scandale
A 7 ans, circoncis en même temps mon frère, lui 3 ans de moins.
Sofiane, le fils de Zakia, devait y passer aussi 
la peau surabondante 
ôtée d’un coup de couteau 
je ne sais où a passé ce morceau de mon moi nu
peut-être le cherché-je dans les peaux les corps 
dans la chambre à coucher au miroir recomposant
cette partie inconnue dont je sus être le porteur
le mot décalotté dans la nudité crue
je ne me souviens pas

Zakia demandait pour rassurer son fils
si nous pouvions montrer notre bite
au bout rose non encore usé par le frottement
de l’air du slip du caleçon.
Yannis, mon frère, refuse d’un non définitif
surpris même qu’on lui demande ceci
et moi j’acceptai
déjà goûtant
le plaisir 
du déshabillement
Zakia demandait
si nous pouvions montrer
la partie la plus définitive
de ce qu’être nu signifie
l’exposition du pénis
détermine la nudité
réalisée ou non
accomplie ou non
si
l’infraction d’exhibitionnisme
donne droit
après les mains savantes
droit aux mains
violentes.
nudité s’accroissant
à la puberté
compliquée de poils de l’enflement des couilles
des déformaitons du nez 
la puberté comme un poing de boxeur
percute ta figure nue

 

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01 janvier 2020

20 20 20 20 20 20 hexadécimal

Toute ma vie supposant
départ de ma mort 33 ans
contestant le par trop vulgaire
âge scélérat
27
du vinyle et des cédés

Toute ma vie maginait
périr du péril profond
de l'âge dur de la croix

et j'ignorai alors
2020 que c'était toi
qui portait en symétrie
ma mûre mort

De symétrie en symétrie
33

2020
c'était couru d'avance
votre rencontre
en mon moi mort

traçant en moi
lieu pur de découpe
séparant
as-
semblant
deux :
vie
et
mort

mon terme ma mort
2020 ton débord
jusqu'à la fin de ma fin

 

//////
2019 les décombres
Tu as passé
en plein hiver
et je n'ai pas fait gaffe
tu avais mal peut-être
aux dents ou au rein
et tout le monde déjà
impatient
ignorait ton mortel destin
en même temps...
tu en as suscité des haines
là haut
regarde bien ce que tu as fait
pas pire pas mieux
c'est vrai que les autres
les aïeules
aux pierres tombales
déjà tu t'affiches
scélérate tu dures
dans la douleur
du marbre dur
demain
je parcourrai 2020 et le cimetière de Montmartre
trouvant sur la roche éplorée le dernier la dernière
qui te suivit au chant funèbre aux récitations au silence
A ta santé
je répands longue
file
d'alcools de liqueur
eaux de vie fortes
dès le départ tu vois
décembre
pleure
pleure
pleure
on ne te dénombre 
plus

 

 

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30 décembre 2019

De quelle couleur ta peau

Je fume des Craven A
Au Mont-Valérien il fait froid
La vapeur devant moi
mon haleine peut-être
celle de décembre le
décombre 
de la clope.

je me sais
dans l’air immobile
le plus heureux
de la Terre

Le malheur a
passé 
Nous étions à table
Au comptoir 
A gratter les tickets de loterie
Je ne sais quel gain
le loto 
Quelle perte à nouveau
à la course
je ne sais
Tu es parti

j’ai senti la porte battante du café et le vent
à ma droite à ma gauche
l’absence
de malheur

trois mois quatre peut-être
trois ou quatre mois
plus long que l'été
sans une seconde l’envie
de crever
finie les imaginations
les bords de mer non pour la bronzade
mais pour le périr
fini
fini
l’imaginaire
et son bain de cyanure


De retour un jour peut-être
vieil amant qui croit sa place
scélérate
gardée dans le pieu
ah vieil amant ridé
revenu 
de son voyage tropical là-bas semant malaria
ou bien mendiant lourd chargé des maladies des rues

tu n'entres pas
triple vitrage des fenêtres
et plus stricte vigilance
le rire de l’amour
tu n’entres pas


demeure le débord
bien sûr
la gorge percée
par le hurlement nocturne
vieux chien-loup 
on ne change pas
le pelage
interdit l’écorchage ma chair


tu continueras toujours ta démence sans malheur 
oui
le débord ce n’est plus le malheur le six pieds sous terre même à la surface.

cris CRIS Cris
pourtant
Merde
seul regret
vieil ivrogne jeûneur
et l’amoureuse blanchit
devant la crise sans objet
l’amoureuse dit
c’est le retour des tourments
le malheur qui revient en plein dans le ventre
ratant jamais la cible le malheur il a dans l’oeil 
le compas des inventeurs

mais 
cette rage
tu la domptes
la main tendre
la main sévère
l’amour
tes dix doigts 
sertis
tendres
sévères


douleur demeurée
douleur
douleur gardée
douleur
douleur mais 
de la vie non
de la mort-
p
                                      o
                                      u
                                                                            s
s
                                      i
                                      è
                                                                                                                  r
e
douleur
emplie d’amour
les pas sur lesquels
on ne revient pas
sur lesquels
nous ne revînmes pas

Vous
à quelques heures près
le même soir
vous trois
précieusement
égarés
manquants
la poche trouée
où vous filez

Je m’assieds parfois où je vous ai perdus
sans vous chercher
je m’assieds dans la mémoire

merci

du pouvoir intact d’aimer
merci
que je me suis trouvé
avec vous
pour vous
lourd lourd 
rocher tombal
aujourd’hui
P, V, M
poussée jusqu’ici
cette roche rouge
chaude
déjà d’autres vous
rejoignent
s’avancent
dans le bruit de sabot
lourd lourd
toujours son lourd
le pas discret
des disparus
en venir

ce n’est pas grave

Exposé à tous les vent
plus rien ne m’érode
me touche
puis se dissipe

J. de retour
comble dépasse
toutes les absences
recouds la poche
C’est aussi le vent qui est neuf
le manque ne fait pas mal

Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais


Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais




engouffré soi
se sentir point de passage
de
mille et mille gués
se sentir 
jonction
noeud
de la vie grouillante

Et moi-même aussi
axe
d’un autre noeud
traversant, arrondi
lisse
cette toute allure.

ce monde entier m’entre dans la peau
ce n’est pas chère la vie ce n’est pas chère ma peau

et je n’ai pas assez de mémoire pour vous tous


Les coktails du Red House 
puis Midnight Sister

E. rencontrée me donnera des places
pour le museum d’histoire naturelle
elle a promis

Oui.
AH
HA
AH
AH
et je voudrais crier dans les mots à l’intérieur des mots produire la fissure de la taille
d’une bouche ouverte et blessée                   le liquide langagier humide
crier ce bonheur cette joie la douleur de vivre
d’être heureux et d’y croire la confiance infinie
en la vie à venir et la vie même passée
d’où tu sortis meurtri
les mains en sang
la cicatrice sur
ton doigt
trahi




Jusqu’à la douleur 
ce bonheur jusqu’au
au mal au plaisir
fier sans honte 
malgré la maladresse
les tant pis pour toi
les tant pis parfois
quand ta dent 
a cassé a
rougi
ta lèvre
un peu de sang
mordillée trop fort
trop tard
(petit point de lumière dans le café sombre et tiède)

Le bonheur les larmes
tu ne sais pas quoi croire
les yeux les yeux toute la détresse
des yeux ou la bouche ou bien la bouche
pendant deux heures montrant les dents
féroce bonheur renard enfantin

c’est la mémoire aussi qui revient
             la mémoire aussi qui revient
                             revient revient revient revient revient
jusqu’au bout

Le tintement de ce verre provoque en moi
la jubilation du baiser
2010 sur la péniche
je ne sais plus quel prénom
prenait ma main
la glissait
dans la culotte
humide
retrouvant retrouvant
tendresse amniotique
surpris de me trouver là




que suis-je devenu incendie et
feu de camp à la fois
incendie si
le noir nous monte aux joues
à en crever de peur

dissipe incendie le cauchemar que toute cette vie 
avait planté dans ta vie

j’ai retrouvé
la vue

 

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23 décembre 2019

Sound of silence

quelle place quelle place je prends
moi voix voix VOIX 
VOIX
ON ENTEND QUE TOI
TOUTE LA VILLE
TE CONNAIT
T A I S T O I J
J
T
D
I
S
suis-je la fontaine place pigalle
clapotant
ou bien moi même ce monument aux morts
où silence ce péri
figure
lettres dorées
italiques comiques
entre mes omoplates

tué
silence
quelle place quelle place suis-je
et la fontaine place pigalle
ne fait aucun son
son
eau morte immobile funéraire
le pourtour de pierre
rien

//

Au café, vous deux face à moi et
j’étendais les jambes
basculant l’une d’elle par-dessus le bras du fauteuil
l’es   pa    ce   
   sec           sec
e              
              s
                            p
      a
c
e                  

     toujours

ain
si
ma jambe

flottant dans le vide
fine jambe fusée


nul temps mort ma parole roulant le feu roulant
alors sur  l’iPhone chercher spotify
booba
temps mort
écouter

temps mort

silence like a cancer grows

demander au chauffeur uber pool
de passer temps mort
Il s’appelle Hakim
il le fait

puis

Sound of silence déjà téléchargé
ne pas utiliser la 4G
mon forfait à 4,99 EUROS chez Bouygues Telecom
20 GB de data


sound of silence
p
artout

p
artout

                 p
artout
p
artout


SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE


SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE


SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE


SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE


appuyer sur le bouton repeat


disque rayé
l’iPhone                          S

désespoir de M-A         silence aucune chance
V. dit
Je ne sais quoi choisir
la détresse de M-A
le bonheur de Jonathan

(c’est celui qui est heureux qui a raison)
Hurlement
parvient
jusqu’aux muets
(vibration de l’air féroce)

Pourtant

Pourtant précieux à mes yeux le précieux moment du langage (yeux bandés) mené à l’impasse 
contre le muret s’asseoir voix exténuée
clapotante
écouter                                                                                       O
son des bulles
ce picotement à l’intérieur de la coupe
en verre
le mouvement inquiet
bruyant dans les yeux
du garçon
les lunettes frottant contre le nez
un sphinx taillé ordinaire
oncroirait

LA
…                                              
                             …                           
                                                          …
                                                                                       …
                                                                                                                    …
                                                                                                                                                 …
                                                                                                                
TAIS TOI
TAIS TOI
TAIS TOI
                                …
                                                                                                                    …
                                                                                       …
                                                          …
                             …

TAIS TOI
TAIS TOI
TAIS TOI


.
L’espace insécable, ce blanc, là
silence de la page dans l'espaçant tac tac tac
large touche
pour ne pas manquer sur le clavier
la possibilité du silence

(ne suis-je contaminé
piqué mouche tsé-tsé
du débit infini
somnambule la parole
et dans les rêves jadis
même nous parlions
Y. et moi
)
insécable
si facile sur l’écran
naturel
sa place une tabulation
la barre espace
selon
virgule point final saut de ligne


générer         
à
                                                 l’
inf                                 i
            ni
                                                                                                plus
 encore
e n c                o                                                                                                                r

e

e

e

e


TAIS 
TOI
TOI
TOI
TOI TOI TOI


TOI


T
A

une croûte le

si
en

e

gratte
te
grrrr





dans le dedans du mot
dans le mot même
à l’intérieur le ventre même des paroles trouver l’espace du 
taire 

le silence
c’est au silence
de faire
au silence
cassure
brisure au-dedans
du silence



Savez-vous le débordement périlleux toujours en moi ; ce que j’endigue entre les dents, dans la gorge, les pierres posées, là, jalons, faibles faibles herses ; si vous saviez les tentatives les échecs de boucher cette boucherie



silence like a cancer grows

je disproportionne


écrasé-je de mon flux vous autres et la femme adultère sauvée par Christ non encore en croix n’eût à souffrir grêle moins soutenue


Réside-t-il ce silence
au fond du douzième verre
le campari le whisky
rasade rasade rasade
TABULA                                                                                                                    TION
 RASA                             DE


ET pour silence
m’enfermé-je
silence
désespéré des cités


boîtes de nuit
un seul
deux seuls
sons
remuement hanches
la goutte de sueur
tombe
mais

like silent raindrops fell
And echoes
In the wells of silence





au fumoir
causaient des machins
pourquoi parlez-vous
je disais
pourquoi
je disais
dans les mains
TAIS TOI TOI TOI TOI TOI
TOI TOI TOI TOI TOI
TOI TOI TOI TOI
TOI TOI


à quoi bon bon bon bon
quelles fins
quel inutile
le langage morne
ce ressemble parfois
le fumoir ses débris de cigarette
ce qu’il est resté d’une cyanose
aux terrains cabossés des batailles




feu mauvais diable austère me courbe la langue cimeterre coupez coupez coupez la tête qui parle.

 

 

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11 décembre 2019

L'oubli

 

début du poème2


 

 

Si j’entre, malaisé, dans le café ; franchissant avec gêne sa porte, il ne faut y voir rien d’autre que ma tentative de me mettre au monde. 

Entrés, Mathias nous dirige, dans le « petit salon », nous installe, de ces mots désuets des gens du service, à une place cependant trop bruyante dont nous changeons rapidement.

Au-dessous du luminaire art-déco, je trouve une prise où brancher mon MacBook air sa batterie ne tient plus qu’une quinzaine de minutes. 

Nous sommes venus ici pour écrire en groupe, 5 personnes. 

N’imitant aucune avant-garde, ne nous retrouvant là que parce que la grève entrave les déplacements dans Paris et que ce point central de la capitale permet la présence de tous. 
Si je dois arpenter cette écriture ce n’est qu’après mon installation sur une chaise et une table, après avoir branché sur le secteur mon ordinateur, après avoir sélectionné, sur l’écran de l’ordinateur, le réseau wifi « zimmer » le mot de passe zimmer donné par Mathias (en minuscules, il précise).
Success.


C’est un bon début.

 

localisation dans le café

 

Je me translate

corps

réduit à main

déployée

curseur de souris

sur l’écran

 

 

227FE476-2537-4C24-A3C9-5BF8A7D6205F

 

 

 

 

Mon déplacement dans l’espace physique se réduira au glissement du doigt sur le pad, à l’utilisation des raccourcis claviers (cmd+n pour une nouvelle page, tabulation etc) et aux touches enfoncées.
Navigation facile, géographie apaisée, sans compas, étendant à ma guise les bras dans ce monde là, touchant sans effort les confins de ce globe.
 

Pourtant ma liberté que je crois totale aussitôt s’interrompt. Le puissant outil technologique à ma disposition me permet d’atteindre chacune des 30 000 milliards de page que google indéxe. Pourtant, mon corps soumis au pourrissement, à la faim, à la fatigue et à la mort m’interdit de parcourir réellement cette étendue virtuelle

J’ai encore un corps.

Je n’en connaîtrai qu’un fragment

accroissant

ajoutant

pierres et pages

à 30 000 milliards

  

 coordonnées

 

 

 

Lorsque nous nous croyons débarrassés du corps celui-ci revient en trombe. Interrompant le geste. Il y a au moins 80 ans deux fois, juste à côté de nous, nous écrasant ces voix de leur double-siècle.

 

 



 

 

1721 0215

 

 

 

 

 

Quelque part je suis né

et j’ai grandi

de ces lieux

ce lit d’hôpital

Hôpital Foch

du 17 mai 1987

demeurent les récits

des photographies pas sûr

ce qu’on dit

les paroles des parents

ce lit

nous sommes des rumeurs

où ma soeur

mon frère

ma soeur

vinrent 

ce lit

un autre

dans ce défilé des ans

et des rumeurs

2,3,12 ans

où changent 

les choses

qui ne changent

pas

 

Le premier studio des parents

je croyais l’adresse

7 rue Gustave Flourens 92150 Suresnes   

mentalement

chemin mental

délégué

au parcours

de la souris

tentant retracer

mon chemin

depuis mon domicile

actuel

jusqu’à ce moment

le premier

de moi-même

d’abord

la ville mentale

itinéraire ratée

loupée

je ne me souvenais pas

accumulant les erreurs

de trajet

la perte

 

superposition erreur

 

 

Traçant le fil de moi-même

de mon domicile actuel

à celui, le premier

quittant l’hôpital

où je posai mes langes

pour la première fois

Me trompant

entrant l’adresse (mauvaise ville)
Me trompant encore (mauvaise adresse)

  

Alors j’ai écrit à maman pour demander dans l’espoir qu’elle me réponde tandis que j’écrivais ce poème que sa réponse me parvienne non pas trop tard laissant ou le mensonge ou le vide à la place de cette vérité que je voulais prononcer mon berceau le premier que je voulais montrer non dans sa forme primesautière mais dans la métaphore le déplacement spatial constituant devant vos yeux lieu de mes sommeils

en a un un peu

 le petit studio

 

 

 

(était-ce neuf mois auparavant

dans le brouhaha

de la fécondation

l’agitation

mitose

le liquide amniotique

premier

lieu de moi?

) 

 

 

 

mots view plan

 

 

 

 

 

mes premiers

pas se trouvent

mes premières paroles

se trouvent

maman 

papa

premiers mots

premiers visages

les premières peurs

les premiers goûts

la première douleur

toutes mes premières fois

rien n’a su durer

en moi ni en eux

ce secret chemin  

reconstruit

après

bien après

mal

faussement

les premières douleurs

souvenues

peut-être

les mêmes que celles d’antan

où l’inverse

plaisir ce qui fut 

terreur

terreur 

ce qui fut plaisir

 itinéraire clauzel caron

puis

il y eut

la mer

concrète

voltigée

10 km

de haut 

20 fois plus

de distance

 

 

ma grand-mère m’enleva

me prit

au froid

voyant

le froid

humide

l’hiver

dur 

de cet appartement

trop petit

miteux

dangereux

pour le nouveau né

cette année 

la première ou la seconde

froid de mort-vivant

on aurait cru

2 degrés il faisait

le printemps de ma naissance

ce fut

2h30 d’avion

pour atterrir 

le petit aéroport de Béjaïa

(sa piste défoncée)

je sus le kabyle

autant

j’oubliai le français

même pas deux ans

d'âge

déjà 

l’oubli

ma grand mère de ce temps-là coupa

une mèche de mes cheveux très bouclés 

à la première page d'un album photo

consacré à moi-même

elle l'y attacha

cette mèche

y est encore

mes cheveux

premiers cheveux

souvenirs

 

je dansais

dans les rues

le quartier chinois

aujourd’hui

30 ans après

dans les rues de Béjaïa

en bas de l’immeuble

les Babors il s’appelle

encore me reconnaissent

gens

de ce temps là

gens

de cet antan

où dans la rue

quand les boutiques

qui n’existent plus

passaient

pour attirer les clients

la musique douce

et belle

le chant

triste comme la rumeur

de la derbouka

et de l’exil

on me reconnait encore aujourd’hui

me rappelant

ce dont je ne peux me rappeler

cet enfant dansant

toujours souriant

on dit que c'était moi

ma rumeur

Capture d’écran 2019-12-11 à 01notre vie c'est aussi ça

 

tenté-je retrouver celui là

dansant des nuits entières

avalant la nuit la piste de danse

d’autres gens aujourd’hui me disent

qu’est-ce que tu danses bien

j’aimerais leur répondre

Tanemmirt

j’ai oublié le kabyle

j’oubliais

j’ai oublié

jusqu’à l’oubli

de mon oubli

la langue perdue

pendante

 

 

oublié

maman

le mot de maman

pour maman

je dis

tata

quand je la revois

yaya

je l’appelle 

maman

et ça rentre

dans le coeur

de maman

se fiche

comme le

gel de cet hiver

à quoi on m’arrachait

que je rendais

cruel

premières dents

déjà je mordais

la

langue perdue

 

je me demande

dans quels replis

fichés

ces mots

que je réclamais

china

et chouchou

 

les oranges 

et la viande

 

gazouz

pour la limonade

le pshiit oublié

de la capsule 

en métal

qui saute

pour moi

et mes yeux brillaient

pétillaient

c’est sûr

mieux que les bulles

 

 

 

verglas

qui prit en moi

je porte

quelque part

comme un fossile

gardé intact par le permafrost

l'amazigh

langue enracinée

avant moi

dans mes ancêtres

que j'interromps

ma rumeur

coupe cerveau avec mots kabyle

 

Parfois, des années après l’oubli

papa m’emmenait voir le petit studio
36 rue Albert Caron

du dehors semblable à une charmante

maisonnette 

un cottage anglais presque

pourtant

humide

glacial

les chiottes dehors

après la courette

en graviers

on dit

que déjà je courais

ma grand-mère

m'enleva

naissait-il le goût de l'exil

 

On y croisait

Monsieur (nom oublié ? Albert ? Alfred ?)

voisin d'alors

usé par la cigarette
jusqu’au trou
vrillant
stigmate
la gorge

percée 

la cigarette

redoutée

instinctivement depuis ce jour là

malgré mon achat récent

d’un porte cigarette

en argent 925

massif

fait main

par Vin artisan arménien

le faisant

avec ses mains

le sertissant de grenant

malgré aujourd'hui

la fierté

des Craven A

fumées juste pour le style

ce nom précieux

ces clopes

souvenir

de Charlotte D. que je ne veux

jamais oublier

 

 

Dans ces chemins d’errance

ici

point

de moi

suis-je

ici 

mon corps

ma coordonnée

ce moi désordre

moi

par la vitesse

de la fibre optique

retrouvant

cette mémoire perdue

ces chemins

ces routes

faites et refaites

goudronnées dix fois depuis

sur quoi roulèrent

les google cars

 

 

pourtant je ne me crois nul passé

n’existant

sauf au

présent

absolu

dans cette seconde

micro

mili

seconde

cette seconde

passant passée

ne demeurant

d’elle 

que la trace

sur le visage

vos visages

 

le mot prononcé

le souvenir de mon geste

l’amour et la rancune

méritées ou non

trouvant signe

dans l’archéologie

précaire

et fragile

de cette lèvre qu’on a fendue

fut-ce d’un coup de couteau 

ou d’un baiser si maladroit

que notre dent dépassant

y enfonça un peu de son trop d’amour

 

qu’en sais-je

 final cerveau

 

je suis une rumeur

 

 

 

 

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01 décembre 2019

Qu'est ce que t'es mort mon pauvre.

longtemps
Longtemps 
étranger
inconnu
impossible
mon moi-même
à moi-meme
ce je
au monde
ce moi
socialisé donné
aux autres
ce moi
par quoi les autres appellent
ce moi
te nomment
(appel des autres
par quoi à soi-même moi-même 
existe
aussi)
moi
fiction
fictionnalisée
encore
jusqu’au plus haut
degré de virtualité
cette question même
du soi-même
au monde
j’en fus comme 
détourné
prenant
virage
par peur
crainte
honte
n’existant pas
ne pouvant
ne sachant
exister
dans l’extension
absolue
de ma matière
disciplinée
il fallait tricher duper
(nous avions tranché
en faveur de cet impératif là)
nous étions entourés de ces sales gosses de riche
je dis entourés
c’est
cernés
qu’il faudrait dire
de ces riches là
nous qui ne l’étions pas
et enfants
coupables à nos yeux
honteux sûrement aussi
de n’être pas
de la bonne espèce
dissimulions
observions
pour imiter
l’attitude
convenable
trouver
le sourire juste
l’ordre des couverts
mieux
apprendre
les autres
pour 
se distinguer
dans
le semblable
trois
yannis myriam moi
pas
amel qui naitra plus tard
bien plus tard
qui jamais n’eût alors à
se rompre à ces manigances
trouva d’autres douleurs
intenses à égalité
perdant
pareillement
l’intégrité de ce je
(fou comme nous pouvons
si vite
tomber en morceaux
à ressembler
à quelques falaises
devant chacun de nous
affichant
« risques d’éboulement »)
nous
observions
comment ça marche
pour paraître
sans honte
dans l’attitude
du triomphe
comme
eux
nimbés
de naissance
oints
nous paraissions
baignés
dans les mêmes huiles
aptes
aux mêmes
crimes
tous les codes tous les 
comme il faut
écoutant attentivement
toute la vie
écoutant
pour faire
imiter
mieux même
précéder
leurs voix
ma voix
comment porter à tes lèvres le verre de vin
où mettre
tes doigts
pour préserver l’effervescence des bulles
regretter
avec une moue patiente (cependant) l’absence de flûte
qui les disperse moins
mais c’est très bon
connaître les règles
savoir manger de la caille
demander
oh, le champagne zéro dosage, oui tu ne sais pas, si, si je t’assure
savoir exiger connaître des mots dans toutes les langues
dire badin
vin léger
ou rond
avec l’air de ne pas y penser
connaitre le mot « tourbé »
à quinze ans et demi
j’y rejoins mon cousin
mes vacances gâchées par la tempête
à Orlando
oui…pauvres de nous
fous les palmiers
la méditérannée 
dans l’ouragan
on dirait
nulle envie jalouse
grande grande grande colère
vengé (je)
par la tromperie
riant sous cape
ne me rendant pas compte
que ce 
je interrompu
ce je
du jeu
s’interrompait
que c’était moi
qui payais le prix
ma vie à moi
sous la cape
suffoquant
c’était
de
n’être jamais soi-même
toujours
choisir plutôt
le
comme il faudrait
que l’endroit fragile
petite voix
presque muette
agile et aigue
fluet toi
plutôt que
ce tremblement là
se faire
comme il faudrait
l’image précise
ciselée
riche
plus riche que ces riches
conforme
mieux
inventant
sa vie
sa chambre
à soi
démontant le lit superposé
dans la tête
sans échelle
architecte d’
un autre appartement
la honte
étendant
dans la parole
l’espace vital
faisant dans le verbe
palais dorures
pistes enneigées
soleils roucoulants
comme difficilement
ma vie
était à moi
comme rupture
deux mondes
toujours
cohabitant
en conflit
dure
                          dure
                                                    dure
                                                                              dure
                                                                                                        dure
le masque ce masque
          tenait
sur le
nez
(enfant j’avais
nez minuscule
qui s’il grandit
démesuré
j’en suis sûr
c’était pour mieux
faire tenir
sur le nez
ce loup)
le masque
ne tombe pas
même l’hiver
ne tombe pas
c’est ta vie
va au bout
ne révèle pas
ton jeu
pas
à cette table
ni à aucune 
autre
sinon
tu
non
nous-mêmes 
jusqu’à la démence
(au point de colère)
déchirant
déchirant
les souvenirs
de cette lèpre là
maintenant
ou si
toujours c’était
une facticité
(nous allâmes
jusqu’aux faux documents
faussaires en tout
à quel prix
je te dis
à quel prix
toujours
image fêlée
se dire
c’est bien moi ceci
et moi
malgré moi
jusqu’au prénom
choisi malgré moi
par mes parents à moi
disant à l’école maternelle
3 ans tu y comprends quoi
ce sera
Jonathan - sur la carte d’identité deuxième prénom -
à la maison Najib
toujours
ce dédoublement
venu du dehors
d’abord
puis
du dedans
qui était
un dehors
une pression extérieure
sur l’abdomen
toi 
tu as vomi
c’est tout
ce dédoublement
préparé
sinon
dès le plus petit âge
c’était quoi moi
ce moi à moi
par quoi
je m’appelle
dans ma tête ?
les deux et aucun
dès le départ c’était le mensonge
dès le départ
tu savais
tu savais
que ta légitimité
ce sera toujours
doute
incertain
que tu n’étais pas
comme il faut
alors
choisis
la vie
l’histoire que tu veux )
soi-même
où le fus-je
en ces temps là ?
(oh, j’ai joui
comment ne pas jouir
du mensonge
rutilant
n’avoir que ça
croire n’avoir que ça
l’avoir poli
c’était ta fortune
dire
ce qu’on veut
être cru
faire dans la bouche
vivre ces mondes
son palais ses églises
les voyages 
la Flandre
l’argent de poche
pffff
à Londres
en voyage de classe
4e
tu avais économisé
économisé un an au moins
pour sortir l’équivalent de 800 francs
comme une pièce aujourd’hui de deux euros
t’étonnant
ah c’est beaucoup?
sachant qu’on dirait
ce bourge
puis tu retrouvais la chambre
partagée avec ton frère
sans douleur
tu ne souffrais pas
vraiment d’être pauvre)
jejjejejejejejejejejejejejejejejejejejejejejejejejejeje
dans la poésie 
c’est sûr
le je
ma poésie à moi
il y avait je
conservait
ma poésie
ce fragment
irréductible
dans la poésie
je
n’étouffant pas
j’étais là dans mon outrance
dire je de toute sa vigueur ici
dans le hasard d’un vers né
par chance
ce je contrarié 
partout sinon
faux projeté
le je
lanterne magique
ailleurs
ce je promulgué
aux autres
mais sous le chapiteau
dans
le circonflexe du poème
j’étais
je
x
je
même pas 
dans l’amour
dans l’amour
longtemps aussi
ce fut de traviole 
peut-être
c’est sûr
parce que tu sais
comment ça marche
même dans l’amour
où toucher quoi dire
pour obtenir l’amour
vertige sincère qu’on ne croit pas
autre chose
mais jamais dans l’amour même
tu ne te mettais en jeu
dans ta vérité
(c’est à dire l’endroit du risque
réel
plus réel
que ta chair-charpie
quand on te jette
dans la silencieuse pâture
je te quitte mortel
fanal qu’elle dit
je dis :
ton lieu
précis du je
mon dieu
où existait-il
quand tu perdis dieu
jonathan
quand dieu mourut
qui déjà
qui encore
te savait?
pouvait te savoir
tu étais seul
en morceaux
éparpillés
illisibles
et dieu même
s’en lassa
ou c’était toi
tu ne pouvais plus supporter
son regard accablé
sa douleur tu imaginais au ciel
la pitié
à te voir
morceaux toujours plus morcelés
réduisant au défi de toutes les lois
physiques
l’atome de l’atome
)
bien sûr
bien sûr
je ne dis pas
amour falsifié
je ne dis pas ça
en amour évidemment
coeur
souffrant
tortures tralala
(plus que la moyenne même)
dans l’espace total
de la souffrance
(plus que vous)
quand marion
passe à toute allure sur la place du capitole
t’évite
t’écris
je t’aime
mais
je ne peux pas
pas encore
il ne fait pas assez froid
elle portait des collants bleus - comme le froid
quand tu erres dans Chatou
jusque sur l’île des impressionnistes
pour la croiser
que sa petite soeur
Lola
te voit
dit
il était beau
de belles chaussures blanches
c’était
vrai
mon amour 
vraie
ma douleur
pourtant
du toc
en même temps
(comme chaussures blanches
alors
gucci du bled
authentiques
parce que j’avais le port
altier
des choses précieuses
vrai le faux
porté par moi
)
amour vrai pour de faux
pareillement
en ce temps là
moi inconnu
toujours
être de brume
(ce n’était pas le goût du mystère
pour se donner des airs
modalité d’existence
aucune autre à moi si peu moi
connue
pas
l’envie d’enténébrer 
susciter pour rien
le danger
c’était le creux
l’absence pure
le non-lieu
j’étais
ce nulle part
qu’on ne peut pas
combler
situé en
d’impossibles coordonnées
désordre magnétique
pour la boussole)
Aujourd’hui 
comme il mit du temps à éclore
ce soleil
me voilà incapable 
des jeux
sordides
je dis sordides
(ce n’est pas sordide
vraiment
j’accentue
comme pour signifier
la stase
le temps long
encombré
cette congestion
morveuse)
et dieu
je ne fis que ça
ne savais faire de mains bouches
nulle autre chose
moi non plus
que ces jeux là
comprendre
pour
utiliser
ce que j’avais appris
cet enseignement malade
ce que je croyais être moi-même
vengeance du fou ivre
tirant au hasard
touchant les cibles
innocentes et coupables
indiscernées
faisant feu feu feu
de ce colt ridicule
tu faillis tuer de douleur
pourtant
et toi-même
en mourir
peut-être
Qui es-tu ?
aujourd’hui
je ne sais si disant
aujourd’hui
je veux dire
le moment exact
de l’apparition sur l’écran
du mot
aujourd’hui
et
sa mise en italique
si je dis
à cette seconde près
ou aujourd’hui
signifiant la période 
récente
distincte
sé                                                     pa                                                     rée 
de mon passé
du temps long
de la vie passée
voilà pourquoi
me sont insupportables les manières
l’esquive pour rien
et
insupportable pareille
peut-être
la peur
(cruel rejet, la peur
à quoi on ne peut rien
autre entrave
la peur
à l’expression
impossible
du je)
ce gel
dans l’effroi
le mot qu’on devine
qui ne sort pas
gâché
le mot
par la peur
infâme
Un jour on te dit
on
c’est absolument tout le monde
jusqu’à ton frère
ou ton amoureuse
je ne te connais pas
un jour
on te le dit
pourtant
tu racontes tout
trichant bien sûr
(moins qu’on ne pense
plus que tu ne voudrais)
tu racontes pourtant
bien plus que tous les autres
la retenue
tu ne sais pas 
mais c’est vrai
nous ne sommes 
réductibles à
la somme de nos discours
tout autant compte
ce je-ne-sais-quoi
toujours retenu
par moi
malgré moi
trouvé chez les autres
ce je-ne-sais-quoi
qui est soi-même
vous autres
tous
moi excepté
il y avait la poésie pour moi me sauver la vie pour me maintenir hors du flot infâme impossible la poésie où je parvenais moi à être au contact de moi abouché à moi-même bouche-à-bouche de l’horrible noyade la duperie même pour moi non pour moi finalement comme horrible ça aurait été la duplicité contre moi-même aussi et alors l’obscurité pour toujours l’impossibilité ou à funeste prix retrouver la surface des choses naître au jour quitter ou se défaire abysses et colloques des noirceurs il y avait la poésie plus que l’amour bien plus que l’amour où je me demeurais de justesse par quel miracle ici j’étais en même temps lieu et corps dans la poésie où je me trouvais moi là intact jonathanajib rabiboché sans problèmes indistincts et entiers le hasard non-choisi la langue tombée sur toi par hasard où tu te retrouvais presque toi même quasi-je ouf c’est fou la parole dans la tête ce long défilé les rêves aussi bien sûr qui restructuraient ta psyché par là forcément que tu n’es pas devenu totalement fou
elle fut longue
comme elle fut longue
cette rencontre
avec moi-même
à n’y pas croire
de se voir là
tu as enfin pris
le bon virage
pas si usé même
pas si usé
que t'aurais
cru
:)

 

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27 novembre 2019

Traître à ta race

Dans l’escalier je guette les bruits
attendant plus fiévreusement
le livreur
qu’amant ou amante
le dédoublement




que suis-je devenu
souviens-toi la misère
enfant
le paquet de bonbons c’était toujours trop cher
Leader-Price
Maman voyant
sur le tapis roulant
le défilé des produits de marque
des autres
les français
elle disait comme ça
les français

malgré ses papiers d’identité
son passeport français
son permis français
la livraison 
maman disait
disait
ça doit coûter cher
maman
R. voyant ma veste
s'exclamait
ça doit coûter cher
comme un enfant il a dit
au moins 100 euros
ma veste à 700 euros
qu'est tu devenu
le poulet semi-moisi
du hard discount
un jour maman 
s’exclama
le poulet semi-moisi
c’est la dernière fois
comme dans ce vol
Air-Algérie
viande verdâtre
on nous disait
comme il existe le poulet
jaune
peut-être celui
vert après tout pourquoi pas
on pouvait tout croire
on nous apprenait à tout
croire.

Le petit F2 cité de l’Europe

jusqu’à 7 ans
dormir papa maman
yannis myriam moi
dans la même pièce


Trois-pièce dans le 9e
biscornu peut-être
avec une chambre en plus
un bureau


la machine à tirer l’argent
tu comprenais pas
que l’argent dedans
ce n’était pas gratuit
pas gratuit
pour nous
c’est sûr
(le découvert
MOINS 8000 francs
tu te rappelles
maman qui n’en peut plus
déjà enfant
tu commençais à comprendre
que tu étais pauvre)


aujourd’hui tu tires à l’envie
la machine c’est gratos
vérité infantile
tu confirmes
ta croyance de petiot
en un week-end tu claques
300 balles
Résidus de lyrisme - Page 6 Compte11

en boite de nuit
qu’est ce que tu es devenu
c’est ça ta vie
tu vois
verre
se remplir
se vider
piste de danse pareil
toujours le plus beau 
on te dit
ça
très belle lavallière
le plus beau
pas sûr


bizarre
les filles te sourient dans la rue
aujourd’hui
parfois se retournent
ces trois filles russes
comme cliché
vivant
dire
trois filles russes
comme pour
allégoriser
soudain
beauté moderne
(qui ne veut rien dire)
qui se retourne
(une seule)
mouvement de tête rapide 
deux fois
le sourire
pour toi
tu connais ce sourire
dans les films
ou les bars à strip-tease
où 
A.
bossait te racontait
le client mort-soûl
auquel
elle faisait les poches
au milieu du lap-dance
la mondaine
les flics
déguisés en client
demandant toujours
une pipe
dans l’espoir
peut-être
à la fois
de se faire sucer gratis
et d’augmenter leur taux
d’interpellation
la mise au jour d’un bordel illicite
Un jour t’as joué dans un film comme ça
tout le monde t’en parle
tu étais en slip dans l’une des scènes
Résidus de lyrisme - Page 6 Amour_11

tu n’es pas le plus beau
pas mâchoire carrée
ni bras d’hommes
pourtant
on se retourne
te demande
ton numéro
ça t’étonne
M. dit

t’es pas mal
puis t’es drôle
Avec L.
on disait

on fait un peu 
des high five à 
notre adolescence
tu vois 
c’est con qu’aujourd’hui
je m’en tape à un inexprimable point






tu avais jadis
des lunettes
petits yeux
elles te faisaient 
les lunettes
petit
chétif
mal sapé
muant à 16 ans
Grandissant d’un coup sec
1m85 sans gradation
comme ta vie
tout d’un bloc
tu dévales
tu ne sais pas si tu le dis
avec satisfaction
1m85
tu ne crois pas
c’est un fait
comme cheveux
bouclés
ça aussi
c’est ton charme




soudain 
on veut t’embrasser de force
dans les toilettes du sans-souci
puis on te frappe
quand tu dis non
tu sors
P. et V.
se foutent de ta gueule
toi tu es choqué
de t’être fait frapper
pour ça
Tu te dis pour calmer
ton coeur-chamade
Que les filles pfff
vivent ça 
le vivent
dans leurs corps réels
puis
dans leurs têtes fêlées


se défendent
dans la tête toujours
de ces extorsions
bien réelles
V. pour se faire pardonner
paye un long Island
14 balles quand même
Toi tu en prends deux autres
Tu en donnes un à une fille sur la piste
parce que tu as plus soif
elle te dit
tu as mis de la drogue dedans
tu reviens quelques lignes plus haut


Que les filles pfff
vivent ça 
le vivent
dans leurs corps réels
puis
dans leurs têtes fêlées


c’est vrai
se défendre toujours
sinon

J. t’a raconté hier sur la plage de Fécamp

le viol ce type qui l’a droguée
qui ne voulait pas partir de chez elle
qui a laissé sur sa table de chevet
200 euros en riant
il a évalué son crime son corps son plaisir
à deux cents euros
J. ne pouvait pas bouger
la drogue dissipée pourtant
J. ne pouvait plus bouger


j’ai pleuré
eu honte de pleurer
dit pardon
non représentant
les hommes
présentant
les excuses collectives de ma classe
eu honte de ne rien faire 
de plus que pleurer
(morale à peu de frais)
trop facile
pleurer
rentrer chez soi
ouvrir le frigo
mettre des glaçons 
dans son campari
soupirer
raconter à M-A
prendre la bouteille de champagne
dire tu en veux ?


qu’est ce que t’es devenu


qu’est ce que t’as peur
merde
du plaisir
que tu ressens
à l’épicerie italienne
quand tu blagues
avec le vendeur
qu’est ce que c’est que ça
ai honte
à nouveau
honte




tu as peur forcément de le dire avec un plaisir coupable
de moins en moins
tu arpentes trop sérieusement désormais
la rue des martyrs
ça t’effraie
tu trahis ta classe
tes parents
ça te fait peur
tu voudrais retrouver
ta colère d’antan
ne pas dire
« le caviste »
« le barbier »
« le pressing »
ne pas dire
ces mots des autres
qui n’étaient pas pour les immigrés
qui ne doivent pas être
pour nous ces mots
qui nous mettent
dehors
sauf quelques-uns
les Zineb
les Zora
les
toujours des femmes
si ça suffit pas
ça comme preuve


tu es devenu
français
tu t’es même mis à voter


Mélenchon certes
t’as voté quand même
jusqu’à 29 ans tu avais refusé
de t’inscrire sur les listes






mais ça commence par là
devenir ce qu’on hait
l’autre
tu étais
l’autre
devenant
l’autre
de l’autre
à force d’errances je suis devenu un autre et, cet autre lui-même, est devenu un autre.

alors ici tu prends conscience 
à ce moment là
de ce poème là
de ce que tu deviens
de ta transformation
tes chaussures à 600 balles
(volées, pour beaucoup
ça change rien)
tu déchires
ce que tu deviens
dans ce geste
pour rien
tu déchires
ce que tu crains
pour rien
tu gardes
intact
ce petit bout
ton prénom par quoi
personne ne t’appelle
(sauf papa maman frère soeurs)
Résidus de lyrisme - Page 6 Boudin11

tu gardes ça
tu l’accroches
le centre



 

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