boudi's blog

16 mai 2012

D. Hématome.

Le ciel est encore bleu

Comme s'il ignorait lui aussi

Que je t'oublierais.

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08 mai 2012

lalala

Le miroir est un amoureux objectif, un mauvais photographe qui te rend ta beauté comme d'abord il te la prise. Ses mains d'ennui, sa figure polie, ses lèvres pales qu'il passe sur toi dans son soupir mesquin. Il a la façon d'aimer des petits bourgeois. Toujours le mot comme il faut, comme une bise aux filles jolies. Toujours le geste appris, la main bien dressée, quelconque et en définitive, parce qu'il l'adresse au merveilleux de tes yeux, le geste vulgaire. Le miroir te rend ordinaire. Son éclairage te force a ces parures de fausse indolence, ces précieux imités, ces débris de lumière insolente.


Mais ! Tu es née grand morceau d'eclair ! tout le feu du ciel, tout l'orge de la nuit c'est ta vie, c'est ta faim. Ne te laisse pas apprivoiser par le faux-pouvoir du poudrier. Puise au soleil ce qu'il te faut d'ambre et de brulures. Ne te prépare pas les lèvres du rouge menteur qu'on met aux mariées. Tu as des yeux d'abime. Le fard que peut il ? Ajouter à la nuit, l'ombre ?
Montre moi tes ongles couleur d'angoisse quand l'insomnie les taille, montre toi quand tu inspires, montre toi quand tu expies. Je veux te voir dans tes bas troués, je veux te voir dans le péché du verbe aimer. Montre moi tout ce que tu peux faire, dire, mentir. Je veux ton visage habillé de la fine lingerie du baiser, les joues massacrées par la peur, les yeux creusés du désastre. Montre moi la vérité de la panique, la vérité de ton corps amoureux, le cruel de ta faim quand elle blesse le jour comme un rossignol. Casse cet aquarium de la logique, laisse toi faire s'il te plaît par la déraison, la déraison de mes mains.


Montre tes dents en entier sans la gêne d'un sourire récité. Mords ! Déchire ! Comme la Diane du poème.

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04 mai 2012

L'ennui

Je veux te faire des choses bizarres,
hisser le soir jusque dans tes yeux
te montrer mon visage des jours d'offense
quand j'y plie, quand j'y casse les amandes maladroites
Je veux te montrer la couleur d'orphelinat de ma voix
Quand elle va pleurer, qu'elle ne sait plus bien la forme des fleurs
si elles sont mouillées, si elles sont carrées

Je n'ai plus jamais chaud depuis que l'hiver est venu dans mes mains
Qu'il est venu pour moi, me chercher, me mettre dans son grand pays rond et dur comme une pierre effritée, comme un visage sans profil.

Je veux dire des bêtises à toutes les filles parce qu'elles ont les yeux bleus, les autres n'existent pas, les autres sont fabriquées avec ce qui restait. La douleur, la tragédie et aussi beaucoup l'ennui. Les yeux marrons, les yeux d'écorce m'embêtent et portent sous leurs paupières toutes les fins du monde, tous les bois pénibles. Je ne veux pas être menuisier demain, demain, je veux faire l'amant, je veux mendier tous les visages, toutes les étreintes.

L'été m'oublie depuis le premier jour et je garde au ventre ce teint maladif, ce teint d'enfant prématuré. Ma peau tousse, suffoque, depuis toujours et l'été ne vient pas, l'été m'évite, l'avenir m'évite. Je ne sais pas encore vieillir, j'ai tous les fruits fragiles, les fruits précieux qui retiennent encore leurs voix de sucre. Je veux coller, je veux briller alors je vais suer, sous tous les soleils, dans tous les midi. La journée s'escalade. Maintenant je vais dormir. La journée a été nulle, à peine colorée.

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23 avril 2012

Adieu

Je voudrais écrire un adieu qui durerait toute la vie.

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18 avril 2012

Dans ta bouche je suis déjà mort, c'était il y a longtemps D.

Dans ta bouche je suis déjà mort

C'était il y a longtemps tu ne te souviens pas

Je n avais pas encore ce visage là j avais des paupières d allure, des paupières de lichens

des lèvres d incantation j'étais toujours fait pour le carnage et partout on disait c'est la guerre la guerre la guerre

On parlait de moi dans toutes les inquiétudes

Je m'apprêtais a devenir une commémoration

mais

Je suis mort dans ta bouche

c’était avec une autre bouche que celle qui te prête une voix désormais

Qui te met des baisers païens aux dents

Jadis, tu portais mes cernes comme une lingerie fine

Jadis j'étais le scandale à la mode à la devanture de l'amour

Et ma mort a moi trainait mon image dans un miroir de larmes

Ces jours là j'avais des yeux de reflet, des yeux de mirage

Des yeux vairons des yeux de sacre

Je suis mort avant d'exister

 

Je n'étais selon la lumière qu une erreur

Et selon les fous que la folie même

J'étais mère sans le pouvoir

Et mes filles n'existent que pour toi

Je leur ai donné ton regard de pierres fines désolées

On les trouve dans toutes les bouches d'enfant

Minuscules et fragiles

 

Tu ne te souviens pas surement de la mort et sa démarche de diapositives

Comment pourrais tu

Ce jour la tu n’étais que le chagrin du pavé

Tu étais avant de trouver ta matière prétentieuse,

Avant de trouver ton visage de mariage

Un sentiment Un sentiment mortel Un sentiment pénal

 

voila je t’embarrasse les joues

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05 avril 2012

De ton frémir, frémir.

J'ai perdu dans tes bras deux ans de rides, d’études inutiles, de gens infréquentables / J'ai perdu dans ton rire tout l'ennui des gens trop sages / J'ai trouvé dans tes yeux les silex du merveilleux / les yeux de l'enfant sauvage / la brûlure préhistorique /

Désirez / Résistez / En un mot // Libérez la vie, tous, libérez la vie / libérez vos voix de leurs prisons de gorges / de leurs cages de bonjour / Dans les signes de main trop parfaits soyez comme je suis à ce miroir de paumes / soyez comme je suis à ce miracle de vivre // un barbare /

Venez demain dans cette grande salle de noir / Venez avec vos robes de chambre / de salles de pleurs / Venez vous offrir le corps des merveilleux / Arrachez le rêve à la prison des ronfleurs / Il est l'heure de devenir votre inconscience / vos gestes de buées / vos gestes de bruine / Temps d'enchanter le monde de vos travestissements /

Partout le traducteur écrivant "INFINI" s'est trompé de graphie, "amoureux" il voulait inscrire "amoureux" / en minuscules /

Vivre ne m'était que noyade ; noyade ; noyade ; noyade et noyades quatre fois pour remplir deux fois chaque poumon de marécages pour ne battre que de ce pouls là qui va s'inonder

////

Je ne marche que du soutien de ta voix / Que pour le rivage de ta vie /

A mon front la lumière ne ressemble à aucune lumière diurne, c'est la marque de tes baisers /

Mon ambition c'est d'avoir vingt ans ; j'ai vingt ans ; je les ai cette fois ci pour de vrai ; je les ai pour toi ; je te les tends // bois son jus furieux / mords sa chair heureuse / PrENDS son crin / son rire / sa douleur vermeille / Prends y tout ce qui change de couleur en changeant de saison /

je veux sentir le métal de ta vie // carénage de tes dents / réacteur de tes muscles / hublots de ta force / Je veux trouver un tailleur de pierre qui n’utilisera que le textile de ta voix pour t'habiller // la flanelle de tes ongles / le coton de ta peur / l'algue de ton cou / la lavande de tes yeux / Je veux sentir l'infini que tu expires / l'infini que tu inventes / l'infini du miroir quand la nuit te présente la solitude /

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01 avril 2012

Si fragile

Si fragile ma vie quand tu n'es pas là
Si fragiles nos nuits, s'il te plaît ne bouge pas autrement que par ton frémir

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28 mars 2012

Marie pleine de grâce

J'ai bu sur ta peau
Une eau pure
Comme
L'eau des mirages

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23 mars 2012

Je ne bois éther ni thé

Je suis à la recherche de mon éternité

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22 mars 2012

Rossignol au chant de sang

Je boirai de mes yeux matières
Le rossignol égorgé à minuit
Les soleils fusionnés
Au creuset de ta fièvre

Je ferai de mes mains la métaphysique
De l'amour
De tes reins l'engrenage de la littérature

Te toucher, t'aimer, c'est te profaner
Vertige, Insomnie de tes yeux de vitrail
La couleur des fleuves amaigris

Si seulement aimer pouvait être un acte
Ce serait le plus courageux

Le ciel est émouvant maintenant qu'il est un miroir.

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15 mars 2012

A CETTE AMOUREUSE QUE JE N AI JAMAIS APPELEE AUTREMENT QUE DANS SON LINGE DE FICTION "D." CE NE VOULAIT RIEN DIRE D? VOILA TOUT

DANS TA BOUCHE JE SUIS DEJA MORT
CETAIT IL Y A LONGTEMPS TU NE TE SOUVIENS PAS
JE N AVAIS PAS ENCORE CE VISAGE LA J AVAIS DES PAUPIERES D ALLURE ET DE LICHENS
DES LEVRES D INCANTATION J ETAIS TOUJOURS FAIT POUR LE CARNAGE ET PARTOUT ON DISAIT C EST LA GUERRE LA GUERRE LA GUERRE ET ON PARLAIT DE MOI DANS TOUTES LES INQUIETUDES
JE M APPRETAIS A DEVENIR UNE COMMEMORATION
MAIS
JE SUIS MORT DANS TA BOUCHE C ETAIT AVEC UNE AUTRE BOUCHE QUE CELLE QUI TE PRETE UNE VOIX DESORMAIS QUI TE MET DES BAISERS PAIENS AUX DENTS
TU PORTAIS MES CERNES COMME UNE LINGERIE FINE DE CE TEMPS LA
ET MA MORT A MOI TRAINAIT MON IMAGE DANS UN MIROIR DE LARMES
CES JOURS LA JAVAIS DES YEUX DE REFLET et DE MIRAGE
DES YEUX VAIRONS DES YEUX DE SACRE
JE SUIS MORT AVANT D EXISTER

JE N ETAIS SELON LA LUMIERE QU UNE ERREUR
ET SELON LES FOUS QUE LA FOLIE MEME
J ETAIS MERE AVANT DE LE POUVOIR
ET MES FILLES N EXISTENT QUE POUR TOI
JE LEUR AI DONNE TON REGARD DE PIERRES FINES DESOLEES
ON LES TROUVE DANS TOUTES LES BOUCHES D ENFANT
MINUSCULES ET FRAGILES

TU NE TE SOUVIENS PAS SUREMENT DE LA MORT ET SA DEMARCHE DE DIAPOSITIVES
COMMENT POURRAIS TU
CE JOUR LA TU N ETAIS QUE LE CHAGRIN TU ETAIS AVANT DE TROUVER TA MATIERE PRETENTIEUSE TON VISAGE DE MARIAGE UN SENTIMENT UN SENTIMENT MORTEL UN SENTIMENT PENAL

VOILA JE TEMBARASSE SUR LES JOUES

ET

JE VOUDRAIS UN DESERT CLIMATISE MAINTENANT QUE JE T AI RECONNUE PLACE DE LA BOURSE UN JOUR OU LE CIEL BRADAIT MA JOIE A L ENCAN DE MIDI

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09 mars 2012

Aux adieux

Cette nuit encore tu as laissé vide l'habit de silence que je t'avais préparé
Je ne remuais pas dans mon lit pour essayer avant toi ce soulier que tu allais mettre à tes pas
Comme je tentais t'inventer dans le mutisme de mes gestes
Mais ton silence à toi est inimitable
C'est celui chantant de la nuit
C'est le bruit immobile des étoiles
Celui trouble de la défaite
Cet autre inconnu qu'un pouls remonte
Ton silence embaume les péris que la mer doucement recrache au monde
Comme une idée oubliée
Une copie de philosophie où l'image est punie
Un stylo perdu...

Je me souviens le matin en sursis dans tes yeux
La tristesse comme une écume qui y perdait sa vague
J'ai voulu tes lèvres tes lèvres de voyage d'angoisse tes lèvres de solitude
Tu me manques comme à un amoureux
Comme l'eau parfois peut manquer au noyé

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07 mars 2012

ADIEU A TOUT CE QUE JAI DE VIEUX

Maintenant tous je vous chasse qui avez rendu obscène vivre et aimer. Je vous fais ce meurtre de symbole. Cet au-revoir d'un signe ancien. Demain j'aurai fini de balayer tout ce que j'ai déjà eu de vieux Tous hors de moi. Par la fenêtre d'un geste. Par l'étonnement d'un cri. Vous ne serez plus là. Tous qui avez dans la bouche autre chose qu'un bijou volé, qui avez peint des sorties de secours à vos yeux affreusement mutilés d'ambitions. Tous qui mettez à vivre des chaussures cirées, un pardessus parfait, un visage de petite fille sage tous qui avez tué le sauvage de vos pas pour seulement mettre des talons. L'enfant extraordinaire de vos mains. Mon cœur est un lit d’hôpital aux draps jamais changés. Toutes les maladies des légendes « vivre » « aimer » par vos lois éradiquées s'y reposent.
· ·
  • Jonathan Boudina
    Vivre mais qu'est ce que c'est ? Un casino miteux, le croupier sans jeton. Tous nés ruinés on s'y rend dans cette salle unique. Sans carte on y mise ce qu'on peut. Son DESERT, son ennui, sa fatigue. Moi. Je mise tout le reste. L’hypothèse Ma voix. Les yeux bleus. Mon désastre. La neige de ma vie. La vase de mon souffrir. Tapis ! Allez. Ouvre ton ventre tapis ! Je mise ! L'infortune. L'angoisse. La misère. La nuit. Les cheveux longs. Tapis ! Mon souffle. Mon pouls. La déraison. Les dents de songe. Les cils menteurs. Tout.
    Et toi qu'est ce que tu mises ? Tu mises tes habitudes. Et l'habitude ça t'a déjà tout pris. Ta main qui va sur le pavé digital de ton chez toi comme elle va sur les corps. Tu as fait d'un boitier électronique ton amant le plus régulier. Tu vas au plaisir du même geste de grenier fatigué que celui qui te mène à l'emploi. L'habitude ça t'a tout volé. Ta voix quand elle fait "bonjour". Ta bouche et ses baisers dressés quand déjà ce n'est plus la première fois que tu frémis Tout. Tout. Ta vie tu l'as mises en gage et pourquoi ? Parfaire ta ruine. Cette usurière l'habitude.

    Vous avez fait de vivre un point de vue et bien voilà moi je dis c'est un panorama et vous n'y êtes pas invités. L'infini ça demande d'autres dents que des dents d'émail, vos dents fameuses de bains publics

    Qui comprend que le REVE c'est d'abord un foyer. Qu'on le bâtit de la Pierre de nos ongles, du précieux de nos voix Que vivre se débouche à vingt ans et se vide d'un coup. Garçon encore à boire ! Toujours à voir. Vingt ans ça ne s'entretient pas comme un meuble de vestige. Ça se gâche dans des batailles. Ça ne soupire pas. Vingt ans. Ça halète comme une mer jalouse.
    Changer. Changer de corps de visage. Changer par le maléfice de vieillir ? Rien n'est forcé ! L'amoureuse dans le miroir choisit son fard et bien à mon tour je décide la lumière qui tombe sur ma vie ! Vous en gênez l'exploit, le parfum. Je veux un air sans vos visages endettés. Et pour ce crédit qu'avez vous eu ? Un bonheur minuscule !
    Moi. Pour être heureux j'ouvre le dictionnaire et je raye tous les mots, je ne laisse intact que "aimer". Du chantant de la nuit je vous dis « je t'aime » et « je t'aime » ça veut toujours dire « adieu »
    Il y a 16 heures · · 1
  • Jonathan Boudina
    Comme je suis fatigué de toutes vos vérités d'équation
    Comme les gens vite s'effacent et vite vous devenez des rires anciens des personnages historiques des rubriques et des thèmes dans le manuel de mes mains
    La déraison vous lit

    Je voudrais laisser l'empreinte solaire de ma vie dans toutes les rimes

    Maintenant je vous refoule hors du rêve hors du tracé périlleux des fougères
    Restez dans vos formulations pragmatiques du réel

    J'ai fait à l'objectivité son procès, elle comparait pour crime contre la folie
    Empoisonneuse de l'erreur de la poésie de la lumière et du rêve
    Je la condamne selon vos lois hideuses nah !
    J'ai dressé une Cour spéciale pour juger les concepts Au jury on trouve l'insolence, le ciel, la fièvre et on récuse la science Vous vous n'avez jamais rien su organiser d'autre que des pelotons d'exécution à qui ne vous ressemblait pas
    Ah inadapté lyrique c'est ton tour de rire
    "Mais du feu je ne cherche chaleur ni lueur du feu j'attends la brûlure" dit il et tout le monde rit

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04 mars 2012

lalala

C'est fou ce bonheur d'où ça chute cette joie toujours là comme une majuscule
Tout ce bonheur comme le fou qui trouve sa certitude enfin dans son reflet
Comme le bruit d'une amante délaissée qui remonte le parloir de sa jupe
Tout ce bonheur comme tous les frémirs de première fois au sortir des lycées
Tout ce bonheur d'un baiser qu'on ferme mal avec la langue
Ce geste d'amoureux enfin égaré dans les rues de Paris
Ces cheveux de noyés qu'ont les forêts en flammes
Je suis heureux comme le poète qui fait rimer tes yeux heureux comme qui atteint l'adieu en disant "je t'aime" très tard

Et tu avais aujourd'hui les yeux tristes et beaux comme des bijoux volés, tout frais comme un jus pressé. J'ai retenu mes mains pour ne pas mordre tes lèvres de mes gestes insolents. Ne pas te dire je t'aime tous les jours c'est un prodige. Mon joli désastre j'ai les jambes usées comme de t'avoir cherchée toujours. LaLaLa

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26 février 2012

La mort est un exil

J'ai chanté chanté et pour aimer usé tout le feu du ciel et dieu meme y est passé.

 

Je ne m'intéresse plus aux filles après vingt ans. Elles ont au coin des yeux de minuscules rides. C'est pas des yeux d'amoureuse ca. Ca dit pas "je t'aime"Ca ne sait plus rien dire que des habitudes séniles, des politesses.. Et cette bouche comme une barque jamais détachée. Ca n'a plus faim que de nourritures périssables. L'infini est devenu loin. Une denrée insaisissable. Ca ne se bat plus un corps après vingt ans, ca se laisse faire et ca attend.

 

Rentrer ? Pourquoi faire Paris est vaste comme un coeur amoureux et j'y vais dans cette rue où deja Aragon gagnait sa misère. Ah. Je retrouve un ami que j'avais perdu. Comme la nuit parfois fait la mer et vous rend ces corps là qu'on croyait bannis pour toujours. Exilés dans un silence hideux

 

Toujours je me suis représenté le bonheur comme un condor. Un condor dressé.

 

Avant j'étais amoureux, maintenant je suis fatigué.     

 

Un amour qui débute est un monde au delà des ténèbres.

 

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17 février 2012

Mon cinéma ? Quelle tragédie !

 

Les histoires que je veux vous raconter ne se déroulent dans aucun lieux, ne se fixent sur aucune pellicule, n'attendent aucune date. Il y a un cinéma de trois dimensions dont on applaudit le parjure.

 

Mon cri s'il devait être du cinéma serait un cinéma sans dimensions. Un cinéma de songe. Non pas la reproduction insuffisante d'un réel essoufflé, non pas la répétition bégayante, la paraphrase infinie de ce qu'avec nos yeux véritables de chair et de sang nous avons déjà ignoré. Un cinéma de la transgression, un cinéma inabouti, brouillon, l’œil en colère, le cheveu désordre, la frange mal coupée rabattue sur la bouche comme une molécule de fièvre. Un cinéma du cri rendu à sa matière d'engrenages douloureux, de rouages organiques, de force. Un cinéma de la toute puissance qu'on fait avec ses dents pétries par le froid, ses doigts broyés par la faim sous le pilon de la plainte. Je veux apporter dans vos vies des mains denses de mensonges, de vagues creuses, de lichens, de marées obscures sans besoin de lunettes bicolores pour faire au monde paraître de l'épaisseur. Sur les sièges il y aura des acteurs et ils se détourneront de vous comme toujours vous avez fait avec vos vies à les laisser passer comme une barque mal attachée, comme un pouvoir incertain, comme la jeunesse en bas de sa folie, la cheville foulée. Trop vieille pour courir avec ces muscles-là.

 

Et je voudrais y mettre des individus immobiles, colériques, froids, sentencieux qui ne diront qu'hors de l'écran ce que vous expirez dans vos nuits, vos angoisses, vos désirs, le cuir de vos folies, et ils s'exprimeront quand ils fuiront du cadre cette métaphore pénible de vos limites. J'appellerai la bordure du champ : la morale et c'est hors de cette morale visible que tous s'exprimeront. Sur cette fausse poutre formée par les extrémités de la projection, des danseurs s'inviteront de partout, de toutes les origines, des furies de la mer, des acrobates du péril, des tigres de passage, des funambules borgnes, tous les continents de la folie, trembleront, les bras chargés de magnolias, debouts sur ce trait de fiction. Maintenus en équilibre par le parfum de leurs fleurs, par le poids du malheur, cette autre gravité, muette dans l'équation de Newton. Ils tiendront par tout ce qui vous maintient vous debout quand vous sortez dans vos commerces, quand vous allez rire pour de faux, sortir, boire, mentir, mais ne rien comprendre.

 

Il y avait un cinéma muet ? J'en ferai un cinéma sourd ! Les oreilles bouchées de poèmes, de rimes mal faites, de quatrains inégaux. Les pas de la déroute, ça bat comme ça un coeur, comme une défaite.

Ce bruit parasite qui encombre la bande qu'est ce que c'est ? C'est un pouls vivant, un poème qu'on froisse.

 

Voilà. Qui s'avance, qui se recule, et toujours on en verra le dos de ces spectateurs, de ces fuyards. Ils n'ont rien à dire ; tout à trahir. La démarche ne trompe pas.

 

  • Quelle heure est-il ?

  • Nulle part moins le cœur !

Le rêve est partout en cage, sous les paupières closes du dormeur. Qui a asservi le songe à la bouche du sommeil, aux pays étroits des sénescents, à la prison des ronfleurs ? Je veux dire : Un poème de raideurs, d'étonnements, de crampes, de prurit. Un poème de lenteur, qui ne déploie sa force que dans l'image, qui ne libère sa colère que dans le désastre. Il faut beaucoup de catastrophes pour faire une voix. UN VISAGE C EST UNE MEULE.

 

Demain je changerai de corps, de jour, de saison. Demain, tout aura une autre couleur que celle de la raison. Celle d'un toit ouvert, d'un enfant oublié au fond d'une poitrine, d'un amour jamais débuté. La mer nous a rendu ce matin un corps, et ce corps nous ne nous souvenions pas l'avoir perdu.
Une ville. Il faudrait une ville monogame qui ne s'accouple pas deux fois par jour avec l'aube, avec le crépuscule et porte partout des enfants difformes des angoisses, des vapeurs. Une immense manufacture de paupières. Sur la côte le froid dans les miroirs imite les naufrageurs.

 

Je voudrais une salle mal coiffée, où on viendrait en pyjama comme pour se dire là disponible au rêve, attentif aux songes, à l'émoi, à cet abandon qu'on ne se permet tout entier qu'inconscient, exilé des autres existences, lavé des autres vies. Il en faudra des matins ratés, des nuits brûlées par un soleil distrait, des larmes de sueur et d'amour pour bâtir une journée. Tous ces morts à moi. Vivre ? Jouir debout, sur un charnier.

 

Je voudrais exposer partout mon refus comme une toile, comme une sculpture, un cœur arraché, moulé dans les mains de mon amour. Je me suis formé tout entier pour des yeux bleus, clairs, mais toujours clos comme un poing.

 

Bien sûr. J'appellerai ce film « printemps ». Les bubons du pestiféré, la crasse du mendiant seront bourgeons, rosées, parfum. Des oiseaux morts partout. Des cheveux longs comme des forêts incendiées qu'on approchera avec des hurlements de loup. Il y a dans le ciel plein de mésanges qui ne sont jamais revenues de dedans moi. Le ciel ne comprenait pas la plainte.

 

Voilà que tout commence. Faites du bruit dans la salle, allumez toutes les voix, renversez les boissons, mâchez vos vices, venez ici avec vos lampes torches, vos lasers, votre teint éclatant, la poudre de vos mensonges, vos visages réparés de baisers. Ca commence, on le sait parce qu'on ne reconnait personne.

 

« Mais Emma, c'est d'une virginité plus grave dont je veux vous entretenir. Cette virginité secrète par delà le remords, la pudeur et la religion. Cette virginité du cri, cet hymen de la glotte, cette innocence du verbe d'aimer. Mais Emma, crachez vos nourritures inconsistantes, vos viandes froides, ces lèvres soûlées de liqueurs fades. Abandonnez vous à un mot, à un seul mot maigre, de cartilage. Vous verrez : un coeur ça s'ouvre comme une loge. Ca se débat comme un amoureux sevré d'amour. »

 

Et Emma tourne la tête, montre son dos, pour dire "je ne sais pas" ou bien "je désobéïs". Elle tourne le dos comme on hausse normalement les sourcils, mais Emma n'a pas de visage, elle n'a qu'un dos, alors elle le tourne à l'infin. Peut-être elle dit "ou bien comme tu en as envie toi, fais ton film, tes idées, ta poésie parlons-en, qu'est ce qu'elle y fera au monde." Peut être qu'elle n'a pas compris qu'elle était dans une pièce, qu'elle avait un texte, peut être qu'elle croit que c'est sa vie, et qu'elle va pouvoir désobéïr. Mais vous verrez après comme elle n'a jamais désobéï Emma, elle est née en Suisse, on ne peut pas désobéïr quand on est né là-bas.

 

« Mais Emma la poésie, la poésie, se moque de tout. Voyez c'est un pouvoir. Un pouvoir précieux. Un pouvoir de ne rien changer. »

 

"C'est trop, trop pour une première fois, trop de vouloir toutes mes saisons, toute mon année, tous mes gémissements, et qu'est ce que tu sais toi de quand la voix devient du sang, qu'on met sa révolte dans des gestes, et ses gestes dans des machines infernales, comment on a les ongles sales jusqu'au cou parfois dans un cri, et qu'on y ajoute des suffixes, des terminaisons horribles. Comment ça commence crime, par où ça se débute, on ne sait jamais vraiment, ce qu'il lui faut, c'est comme un enfant fou, on ne comprend pas ce qu'il veut, comme une révolution on ne comprend pas le visage qu'il faut lui faire. Par là ? Ca manque de flèches, de repères, c'est tellement immense, et toujours avant d'aimer, de vivre, on était dans cette cage la nuit, sur cette page, sous les barreaux des cils rassurants. Puis on apprend. On sait, c'est là, voilà la porte battante : une lèvre qui va dire le crime qu'on voulait. et je ne dis pas crimes légaux, je ne dis pas crimes comme on en fait des articles imbéciles, des photographies épaisses, des caractères minuscules, des épaules rondes. Des mots gâchés pour une loi, je dis crime pour dire tout ce qui est permis et qui ne changera rien à la misère de l'homme, qui ne l'arrachera pas à la servitude de sa faim, de sa soif et de sa morale. Tu me demandes dans un jour, d'oublier, moi, le mot de "nuit", la nuit qui m'est montée à la taille, qui m'a changé de visage après les pleurs, tu me dis d'oublier les eaux que j'ai bues parce que j'ai cru, et que maintenant je ne crois plus rien. Le monde n'est pas venu, jamais, j'ai attendu, je suis devenu vieille mille fois pour mes principes, je me suis vu dans ces miroirs d'entre tous les plus fragiles : les larmes. Il faudrait pour aimer que ma bouche recommence la même peine, la même prose, le même vers tissé de maladies, de ciels plein de poux. J'ai hurlé une fois à ce procès inique qu'on dit la vie partout et combien c'est merveilleux quand on a des cheveux blonds, quand on a les yeux pâles comme deux bougies fatiguées. Mais moi je veux faire la morte maintenant. Je veux des yeux comme deux vitres sales. Peut-être y savoir des enfants passer, mettre leurs doigts dans mon haleine, y dessiner l'injure. Mais demain, demain (…)"

 

 

En attendant ce demain triste. Je ramasse dans la nuit des cailloux imparfaits, précieux comme des fleurs rares. Je les ai ramassés moi.

 

Je voudrais inventer la nuit, avec une taille enfin comme il faut, la découper des ciseaux stricts du tailleur. La nuit toujours inégale, jamais comme on voudrait, qui vous fait trébucher l'insomniaque dans le matin peureux. La nuit trop courte quand elle a sa jupe de putain. Trop imparfaite. Trop infaillible. A quoi bon ? Il faudrait ; il faut changer  l'ombre, il faut se changer dans l'ombre, c'est la coulisse de la vie. La Géométrie de l'envers, des dessous, de la flanelle et des jarretelles.

 

Emma. Obéir vous avez toujours su faire, assise, debout, c'était toujours obéir, croire, aller au pas. Tout a toujours été caserne pour toi, l'amour même. Et tous les matins c'est au son du tambour que tu te levais, au son de la diane que tu combattais, aux ordres, aux ordres que tu dormais, pleurais, vivais, mourais. Morte, c'était encore au commandement, et il aurait suffi d'un ordre que tu quittes ta tombe de parfums, de pleurs, d'un ordre que tu défasses tes cheveux de lianes, que tu frottes les silex de tes ongles, les traces de matin dans tes nuits. Tu étais à un son de t'enflammer. De mettre le feu partout dans une agitation démente. Mais ta folie n'a jamais bougé, elle est restée bien sage comme une sauvage dressée par la peur.

 

Tu n'as eu de singulier que ton désespoir, de propre que cet habit partout délassé, qui gît depuis tous les âges abandonné aux portes des Eglises, qu'on délaisse, qu'on froisse, qu'on découpe et qu'on use. Ah. Le désespoir c'est utile comme un chiffon, comme un bout d'étoffe dont on raccommode sa vie, comme une médaille, comme une gloire, comme une excuse muette. Ah le désespoir, ça n'a servi de patron à aucun visage, on y a rien taillé, on l'a pillé, foulé. Allez. Amen. Ton désespoir c'est ton absolution, ton désespoir c'est un habit vide pour des fantômes, des dires mesquins, des amours de ruelle. Et dix mille maigres tiendraient dedans.

 

Et ma vie que je filme maintenant sur ces bobines de papier c'est notre vie à tous. Un film mal monté. Rien ne change. L'ordre des images, la qualité du son, à peine. Mais tout est toujours pareil à l'autre extrémité, quand le silence monte, assassin de la ville basse. Je n'aurai rien dit qui n'aura déjà été dit, j'aurai porté la répétition dans mes pas. Dans ma bouche rien d'original que ce que vous avez tous dit une fois. La vie. La vie. La vie. Pourquoi y venir ?

 

Et pourtant ça continue d'affluer. La salle est pleine !

 

Parfois, quand je suis seul avec le monde, il me force à regarder. Alors je vois tout. Je sens tout. Le lacet réussi de l'enfant, la bille perdue dans la rue, le ballon crevé, les cartes abîmées. Je vois tout.

 

Je me tourne par habitude, dans mon lit, je jette ma voix, mon geste la guide, et personne que mon ombre à moi. Ça n'a toujours été que ça, mon ombre à moi, qu'elle s'appelle Loriane, Lucie, Camille. Qu'importe.

 

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Mort

Mort

J'aurai les yeux comme deux grandes vitres sales.

 

 

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15 février 2012

lalala

Je reviens, ça fait un joli bruit, et puis après j'irai me mettre dans un cri, dans une langue très bizarre qu'on ne dit qu'une fois comme on fait un râme, comme on enlève de ses yeux les pleurs pour les poser à ses lèvres. N'avoir plus de langage que les larmes.

Je ne t'aime plus et combien c'est terrible cette impuissance du coeur qu'on s'y découvre et sa poitrine qu'on croyait un trésor et je t'aimais quand moi même je ne croyais plus pouvoir aimer. Et à midi il faisait déjà nuit. Tes yeux sont redevenus des yeux.

Comme tu étais belle avant, quand je te pouvais mettre comme vêtement le songe, quand pour maquillage mes mots. Mais voilà, il faut que tout passe, tout parte, que mes névroses quittent tes épaules rondes, que ton ventre s'ouvre à d'autres mains que les miennes.

 

Je ne t'aime plus
De là ce goût de cendre froide dans ma bouche
J'ai fumé cette cigarette jusqu'au filtre
Entends moi tousser, c'est comme ça que je te dis adieu petite fille, initiale jolie comme il y a longtemps.

 

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29 novembre 2011

Perdre la vie

Je suis parti mourir mais je n'avais pas pris ma vie.

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11 novembre 2011

Tara

Tara a des yeux bleus, on dirait que l'infini est venu y mourir.

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