30 mars 2009

Vertige

L'écriture m'excite. Mon aphrodisiaque. Mon extase. Ma masturbation. Je crois que. Ouais. C'est ma langue, mon verbe que je branle au lieu de mon sexe délaissé. C'est comme si j'éculais de la littérature. Et attends. Pas de l'uniforme blanche visqueuse. De la polychrome, absurde de teintes et de variations, d'effluves et de saveurs. En phase primaire. Amorcée. La littérature maladie qui fait vomir des arc-en-ciel, des arches assassines, de "je" sournois. Trois mille six cent couleurs. C'est moi le bleu de Klein et les autres ciels qu'on a pas pu découvrir, là bas, de l'autre côté de la lumière, parce que que je n'ai pas encore pu les vomir. Tellement de glaire, de bave, de gerbe,et une seule bouche étroite pour tout dire. C'est ça la frustration, d'éjaculer par des conduits creusés pour des vers. Tu vois, ils se trompaient les antiques, les Gatien, les médecins. C'est pas noire la bile, c'est primitif, bleu jaune rouge, et même violet desfois. Ca laisse des traces merveilleuses sur le corps la littérature. Des poèmes en prose qui se lisent en braille. Si tu passes ta langue dessus, tu sauras toi aussi les histoires formidables et les hideurs insoupçonnées, tu pourras ouvrir des portes condamnées, et découvrir des coffres cachés par Picasso pour nous en éloigner. Il faudrait des photographes à délire, des qui capteraient les minutes, l'heure, qui tourne incessante, studieuse. Comme des chronomètres. Des pour prendre le pouls de la fièvre plutôt que des néons obstinés de lumière quelconque. On peut rien contre l'habitude même la colère ça suffit pas à la disperser, ou pas longtemps. L'habitude c'est un fracas, et le génie un silence. On est trop bavards pour être géniaux. T'es ma muse. Ca vaut ce que ça vaut. Y a pas pire, là. Parce que je pense à t'écrire ça me gicle des doigts. L'orgasme littéraire on t'apprend pas à le retenir. Tu sais pas où il se verrouille le perinet du verbe. En un mot. T'es l'invisible main onaniste, l'accoucheuse de mon verbe sinueux. Avec toi je prends des chemins en terre meuble. Des fragiles qui font des estuaires de boue. Pose toujours ta main délicate, libre d'alliance trahie, sur ma langue impatiente. Tu vois. Je crois que j'ai l'écrit érotique. Que de membre long, rigide, effilé, je ne suis doté que d'un stylo malingre. Faut le faire baguette. Pas magique, mais à musique. Faire sortir du fracas de l'habitude un silence qui pense. Des murmures hantés, des fantômes décapités, des légendes effrayantes. De la musique !  Merci d'exister. Tu es dans mon mental. Tu chuchotes à mon intuition. Merci M. d'être. M...use. Belle. Délicieuse. Discrète. Colère. Talent. Merci. Quand. Je. Ponctue. Je. Crois. Que. Je. Commets. Un. Meurtre. Un. Génocide. Comme. Un. Spermicide. J'avorte. Embryon au cachot. Tu me fais suer de mots. J'en ruisselle d'écrits frustrés, de bouche écartelée, de langue tendue, cracheuse asséchée. Une longue prise de courant, et de risques, qui ondule dans mon corps. J'veux pas lâcher les doigts de dans l'électrique stimulation. Périr d'écrire. Oxymoron de momies giratoires, ferrés d'habitude. Crever de vivre. Ecrire. Pour de vrai. Dans mon identité pas compromise. Mon petit talent bien égoïstement caché. Ca bourdonne. Ca ne doit pas se taire l'écoulement, le bruit. Que je doive en crever de déshydratation à vomir les mots, que ça me laisse muet de déverser ma folie. Il y a tout. Un concentré. Furieux. Courroucé. Un peu qui peut tout dire, il a déjà tué l'interdit, cette habitude des hémicycles. Pauvre demi-jouisseurs législateurs. "Je", c'est la plénitude. J'ai déjà dit. Magellan. Voilà. Des cycles entiers, des menstruels saignants, des solaires brûlants, des cycles, des saisons quatre par quatre déréglées. "Je". Comme une flèche lancée à pleine vitesse. Cette fois c'est l'arc qu'est bandé. Trop tard. Ne dîtes rien. Elle est déjà partie la flèche. Je peux tout écrire, elle arrivera. Tout crier. J'ai l'univers qui craque entre mes doigts. Je le sens fébrile. Je peux dire. Ta bouche. Tes seins. Ton ventre. Je peux les habiller d'ombre et de soie livide. D'obstinés fantasmes, d'asservissants désirs, de maquerelles certitudes. Je paye tout ça en larmes de chiens, en encre noire, bien dense comme la nuit qui nourrit le crime. Tu m'épuises à deux heures. J'ai un port qui pousse dans la tête. Des grecs colonisants. L'accent aussi fort que le poisson qui pourrit dans la cale. C'est Marseille et des souvenirs, des cris, des mouettes, des plages microbes. Bientôt ce sera Amsterdam pour la chanson, les petites vertus, les étendues, Amsterdam on dirait que rien ne peut s'y finir, que les trains meurent dans la mer. Bientôt. L'Ouest qui fera une histoire sur des menhirs, pour dire les bardes et les druides, les serpes et les remèdes poisons. Singapour et ses cargaisons bridées de normes internationales. Je peux dormir sur la mer. Boire l'océan. M'allonger sur ton corps. Ses embranchements. Jambes qui divisent le torse en affluant de beauté. Delta doux et calme, irrigue mes pulsions. Deux jambes pendues, légères comme la marée qui remonte, tressaillent. C'est de l'obsessionnelle écriture. Je guette derrière le réverbère éteint -il y a rêve dans réverbère- ta sortie. J'attends que le jour taise ses tempêtes d'habitués. J'attends, de te faire peur avec la nuit vivifiant le sordide, abreuvant les créatures de cauchemar. Faire peur. C'est comme un viol qui répond au désir qui claque. Ca salira les ballerines que tu ne portes pas. Tu ne danses pas dans la vie. T'y voles, toi. Des mots d'horreur. Dépossession. Je me fais femme. C'est sucer l'âme dans les mots terribles. Sans contrôle. Je suis drogué à quelque chose ça me fait des petits meurtres confidentiels dans les reins. D'ulcères timides qui se révèlent malins. Faut toujours se méfier des timides. C'est les pires. Ils osent pas, alors ils réunissent en fantasmes toutes les bassesses de l'imagination. Si un jour le courage vient -aidé par la fin du monde, ça vous assassine un timide. Planté, tu pourras pas dire que je t'avais pas prévenu. Les timides ça espère, ça fait que ça. C'est bien pratique pour éviter de mourir. Parce qu'ils écoutent les dictons populaires. On se maintient à la surface avec nos lâchetés, nos concessions. Les yeux baissés, mais le nez à flot. Faut juste pas cesser. Disparaître. Ca peut trop effrayer quand on attend pour vivre la bonne minute. Y a même plus de guerre pour s'inquiéter. Que du maintien de la paix, asphyxiée la paix qu'on s'occupe tellement à la maintenir. Ca frise l'acharnement thérapeutique. T'inquiète pas. Tout arrive. Une météorite ou les américains ou les chinois ou les russes ou ton père ou ta lame. Y a plus qu'une question de temps. Tu vois. Faut des photographes-chronomètres. Pour quand tu te seras évaporé sous la chimie d'une drogue ou d'une bombe. Le temps lui il s'en foutra de vous. Nous restera des voyages au centre de la terre. Et ça c'est secret. Les cadavres qu'on y déposera vous les connaissez pas. Des anonymes glorieux. Des déserteurs inconnus. On célèbre ses héros. Nous. Des fuyards. Ceux qui tenaient trop à la vie pour la laisser tomber. C'est bien facile de se résoudre quand on a pas de fièvre, c'est bien facile quand on accepte la nuit de l'Univers. Nous on a jamais su.

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18 mars 2009

Je vais t'appeler Magellan.

Je vais t'appeler Magellan. Magellan alors. PMagellan qui à l'aventure, au dos des tortues centenaires parcourt le globe incertain d'être globe. Reviens sur tes navires avariés, tes soutes ivres de trésor suant. Reviens. La Terre est ronde, c'est pour ne jamais fuir loin. On revient toujours au point de départ à courir dans la paume de l'Univers. Je vais t'appeler Magellan. Ramène moi de la soie de Ceylan, des épices de Bombay, des pierres de temples de Phnom-Penh.  Des femmes et des esclaves aux dos courbés, aux langues indigènes. Les faire passer sous les bites caudines de nos onanistes échoués. M, masse moi l'imagination. Voyageuse, drague au fond des océans tout l'or coulé hier, toutes les tempêtes, les colères, les grimoires, toutes les batailles navales, les pirates, les barbes rousses, bleues et les corps décapités. De ton voyage circulaire autour de ton crâne fiévreux imaginatif. Marche droit dans le noir marri de la nuit. ?Nos noce d'ombre. Colle du miel à tes seins nus. Du sucre à tes lèvres paiennes. Oh, découvreuse, découvre toi de tes habits de lumière.

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Frêle

Frêle comme un pousse. Quand le vent rumine ses amertumes je marche droit. Par fierté, evanescence au vent. Je ne zigzague pas entre ses respirations, je file droit dans le bourasques. Je suis frêle. Je n'ai que des carences sur le os, que des absences sous la peau.

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Une fille en soie.

Boudi013Wendy   Boudi092Marion.

Il y a une fille en soie couchée dans des draps d'ennui. Une fille sans soif qui évites les fontaines de vertus. Je vois une étoile singulière qui se tait sous l'architecture des constellations. J'attends. Des barrières qu'elles s'effritent, des miradors qu'ils se bouchent, des meurtrières qu'elles se suicident. J'attends, avec mon coktail en terrasse. Je sirote l'Histoire. J'attends sa vérité, son procès et ses oublis.

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Maniaque.

Je suis un maniaque de l'impureté. Obsessionnel du blanc moucheté, tâcheté. Comme un visage noirci à l'ombre de ses vices. Alors ses yeux bleus sur peau de lait. Ca a son effet. Ca devient lac de coco éventrées, parure amusée des infinis sertis. L'abri capitonné de mes angoisses. J'écris tous les jours le blanc, le bleu. Les deux peaux jointes. La prière qui monte du même corps, pris dans le même piège. Un mètre soixante deux=un mètre quatre vingt quatre. Mathématiquement imparable, on apprend ça juridiquement. J'imagine ton front imbibé des parfums de l'existence, la goutte de sueur qui se pleure, tes lumières habitées. Toute courue de jeunesse épuisée de colère, de rage, de jalouses considérations. Un printemps qui vente et qui pleut. Un giboulé dans l'été moribond. Dans mon moi de mai, mes pinsons et mes mon dos nu. Tu tombes pile dans la nuque découverte. Glaciale d'inconnue. Tu me coules ton étrange dans le cou qui dégouline beaucoup plus bas. L'eau de la terre qui abreuve le sexe. Il boit la sève glaciale, gonfle gelé, stalactique, poignard de givre et de feu.

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Concupiscence

Concupiscence. Con. Le sexe féminin, conque des envies. Cul. Le désir ondoyant, balladé, moulé, flirtant près des interdits sexués. Pis. Les mamelles de tendresse tendues vers l'amant affamé, le miel et le lait coulant invisibles. Sens. Combinaison chimique des fièvres, l'addition des désirs, du corps féminin démembré. Con cul pis sens.

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C'est combien ?

Prénom. Photo. äge. Date de rencontre.
Combien de préservatifs à prévoir. De pilules à ingérer. D'escalier à grimper. De bouteilles à descendre. De peurs à attendre. Combien de millions de spermatozoïdes à étouffer. D'enfants à taire. De centilitres à éjaculer. Combien d'obsessions à bailloner. De fantasmes à altérer. Combien. Combien d'ennui à crever. Combien.

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13 mars 2009

Je conchie l'urinoir.

Des haineux méticuleux, soigneux de crasse et de suie enchantée, de la peignée de l'épaisse qui jaillit des méchancetés ramonées . Là. Miteux incurables de sottises. Pauvres rougis de vin et de jeux. La mine, la mine teintée de leurs prochaines calomnies. De ces mesquins délateurs sans cause. Du bonheur de petits boutiquiers, d'apothicaires usuriers. Ces épiciers qui ont le diable à crédit. Fiole de purin sur échelle de graisse. Oh je l'ai vu le prolétariat splendide, paré de diamants, la gueule pleine de mets infinis, des écrins géants où fourrer des lignes blanches comme un horizon matinal. Des géants, des étouffants comploteurs de misère de la goutte d'or aux chiottes en or. Les parfaites mécaniques rutilantes, huilées de mesquinerie. Je l'ai vu l'intelligence avilie dans les manoirs orgiaques, sous les lustres gorgés d'ennui.. Je les ai vus, moi, les veules apprêtés, troupeau terrorisé, paniqués des miroirs et des images. Des bonds de loin en loin. J'ai vu la misère plaquée d'or, tirée de son caniveau par le ricanement du jeu et des ruines. Je l'ai vu, moi, la riche inculture, la décérébrée célebrée, le prestige d'armées en déroute frappé sur l'argent. Gravé sur la face des hymnes incantatoires. Oh. L'achat complaisant du statut, de  toiles défigurées, des Picasso devenus pique-assiettes. Allons, parfaits idiots, satisfaits bouffons, paraphiles de l'esthétique, laudateur des modernités exquises ; je conchie votre urinoir.

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