boudi's blog

une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.

05 mai 2009

Luit la Nuit.

Et la nuit descend sur le bruit de la ville, elle enveloppe les murmures et les cris. Elle emporte le mouvement du jour avec le soleil dont elle se rassasie. La nuit descend brumeuse sur la ville qui bruisse encore. Elle imprime le sommeil sur les visages burinés d'ennui. La nuit qui descend lentement, avec ses habits de neige, recouvre très loin la ville. Elle commence par ensevelir les toits des Eglises et glisse son ombre pour étouffer les buildings. Dans les villes la nuit est violette, pâle et malade. Elle recouvre de son obscurité délavée les tous petits et les  clochers, les mairies et les écoles. Dans la ville la nuit est blême et sage. Elle attend devant les vitrines du bruit et de la fête. Elle n'engloutit plus rien, et sa brume affamée, son corps engourdi, se penche sur les gouttières. La nuit n'a plus de royaume, que des mares d'ombre. Elle attend que la lumière s'épuise, que la danse s'essouffle. Dans la ville la nuit n'attend qu'août qui éteint le bruit, et tait la lumière. Elle attend la nuit, avec sa patience et son meurtre entre les seins. Elle attend. Et alors il n'y a plus d'écrivain, plus de nuit. Que des plumes sèches de bile, la nuit génitrice meurt en couches et rien ne sort. Que des embryons avortés. On le dira pas au pape.

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Des rêves en chrome.

Moi je fais des rêves en chrome. Des corps qui se mélangent où les fluides s'entredévorent, glissant le long de ton épiderme. Je vois des images comme ça, symbiotiques. Qui se remplissent la panse de mots et de langueurs. C'est comme la mer qui se courbe et se retire, qui disparait sur le sable et laisse la trace de sa course. Les traces de ces pas oubliés, immaculés et sonores, polyphoniques et nacrés. Une chanson, la mer qui enfle et et ride sous les bourrasques de la fièvre. Dans la mer mentale que je décris, tu vois, la solitude, fait naître des débris, des récifs, des pointus assassins qui sont comme des  bandaisons dans la chair. Le désir il coule tous les téméraires capitaines, il les pend aux figures de proue, avec les amarres enfin déliées. Tous les pontons ont brûlé du même feu, en même temps. L'incendie des désillusions.

Posté par boudi à 16:05 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les corniches sont des falaises urbaines.

Les corniches sont nos falaises urbaines. Nous tendons notre équilibre sur des fils de béton. Et les yeux des femmes sont les meurtrières de demain. Le jour aspire la nuit expirant. Le poumon de la Terre est tronçonné. La nuit est grippée, elle tremble jusqu'en Italie. Et nos bords de fenêtre désagrègent l'équilibre. Le jour est sous héroïne et les femmes sur les hommes. Le ciment a séché et tous les cœurs du monde sont prisonniers de l'écorce. Il ne reste d'humanité, que des vestiges, des sculptures, des moulages. La poésie est dans l'Océan. Pour faire des rimes marines au fond d'un requin. C'est un peu triste.

Posté par boudi à 15:54 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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