09 mai 2009
Château à la dérive.
Tu me rends héroïque de l'écriture au fond de mon lit. J'ai l'impression de fendre mille créatures merveilleuses en t'écrivant. balayer des maisons de géants étudiants, d'écraser des hydres resplendissantes. Percer des armures de métaux inconnus. Dompter des porcs qui ont dévoré des pays entiers, des porcs qui depuis l'Amérique mangent et déversent les ordures sur la carte, se repaissent de misère. J'ai tout ça dans les doigts, et ma tribune métaphore pour assaillir, pour étourdir les lettres. T'es un harcèlement sexuel et une guérilla sensorielle. Tu saurais me dire pourquoi je t'ai dans la peau. Tes pas légers. Musique sur mes os. Courent le semi-marathon de Paris près des côtes flottantes de mon anatomie. T'es libre dans la vie autant que captive dans mon imaginaire, comme toutes les femmes que j'happe. On lui permet tout à l'imaginaire, de séquestrer la beauté, la cloisonner, la pervertir, la sévicer. L'imaginaire, il a tous les droits, il ploie l'Univers, efface le code pénal, c'est la toute puissance, l'encrier de la nuit déversé sur les pages neutres de la loi. Dans l'imaginaire j'ai ôté les yeux du monde, pris un scalpel de verre pour opérer les syncrétismes, nouer deux religions, deux religieuses lesbiennes. C'est marrant dedans, on a tous les talents, on hurle debout dans un monde en papier journal, on essore le sel du hareng-sot dessus. Dans l'imaginaire on déploie tout, on déforme à l'infini la flamme qu'on fait devenir humaine "Salut, ça va, flamme" ? Et tu peux lui causer, la faire danser dans ta paume, l'articuler et la résumer, la flamme. Ca rend fou l'imaginaire, c'est une camisole d'images, de rêves, de parfums et de saveurs, c'est joli comme un théâtre d'ombres, ça fait briller des guirlandes colorées, l'imaginaire. Et même qu'on peut y être un peu heureux, neurasthéniquement heureux, dans l'imaginaire où l'on vit d'une solitude habitée et exaltée. L'oeil noir brillant, quasi-anar. On vit dans un demi-tombeau trois quart enfer. C'est qu'on cause avec des morts, qu'on parle à Rousseau de l'infini de sa plume, et de Céline on emprunte le voyage, on se range dans la cale de la nuit, dans l'ombre de Céline. Il nous voit pas, il nous voit plus. Il raconte son Histoire et on voit les gens mourir entre ses doigts. Il a tout dégluti, tous assassinés Céline, alors c'est le plus beau, alors c'est le vainqueur sur l'Univers. Il a beau être enterré, on viendra bien chialer sur la disparition. Une mort à crédit, bien humide le crédit, bien liquide pour sûr. On rembourse avec intérêts quand on chiale clairement, dessus. Ils doivent tous être satisfaits à hanter mon imaginaire. Appelle moi chateau à la dérive...
Commentaires
Ooooohh Chéri il est trop beau celui-là. lE MOT QUE JE préfère c'est neuras-tenique-ment. J'aime bien j'happe aussi. Moi, comme tu sais, je ne jappe bien qu'à 4 pattes.
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