27 juin 2009

Lina

Tu me files pas que le vertige, tu pends à mes yeux de délicieuses images, des dansantes. J'ai la rétine qui marche à carte mémoire, alors je renvoie, là, sur les bâches du cerveau les images de ta divine nudité. J'ai la mémoire en hyperaction, qui retient, te retient, te capture, toi, avec tes yeux dansants de tristes marées, avec ta bouche qui regorge de. De quoi déjà pour éviter la vile flatterie qui n'est jamais qu'une excroissance de la bite du demi-poète qui l'emploie. Alors pour le dire avec emphase et excès mais sans fausseté intéressée par les méandres de ton corps. Y a ta bouche qui regorge de mille souffle, mille souffle qui gonflent les voiles, les côtes, qui excitent les marins qui crèvent et qui pissent dans mon ventre. Je suis un peu dégueulasse, moi, avec des marins qui sont là à pisser dans les ports de mes côtes, qui s'apprêtent à les quitter, les côtes de l'anatomie pour l'Anatolie. Mais t'es belle, avec tes yeux qui s'effilent et tranchent dans ma chair. C'est que ce n'était pas assez, moi, mon regard lourd de cernes naturelles qu'il te fallut y ajouter, discrète, les poisons de tes vertus. Tu me coules déjà dans les veines, je suis innondé sans qu'aucun des seaux troués ne puissent écoper ce grand cadavre que tu me fais devenir. Je suis plein de creux partout qui dessinent des dents prédatrices, des crocs animaux pour te dévorer, toi, tes yeux, tes seins, ton ventre, te bouffer toute la nuit d'une chambre qu'on ne connaîtrait pas, ni toi, ni moi, parce qu'il faut bien ça, pour moi. T'emmener sur des voyages au toit du monde, dans une place anonyme où nous pourrions nous allonger l'un près de l'autre au rythme cardiaque de mon ventre amoureux. C'est sans sexualité, je suis un être quasi-castré, c'est posséder avec tout le glauque, tout le miasmatique, une chambre d'hôtel, toi et moi. Un endroit que l'on façonnerait la nuit, à causer, comme ça pour faire tomber des perles sur les cuisses. Parce que t'es belle, ce n'est pas affaire de petitesse, de justesse, de visage bien ordonné, poli et broyé par les codes. T'es belle, parce que dedans j'entends les bourreaux hurlés, parce que dedans j'entends des cris, que dans tes yeux, tes orbites ça cherche des bras aimants. Les miens frêles t'attendent, qu'on exulte sur la nuit, tous les deux, toi et moi. Avec nos origines communes qui mêleront comme des chênes voisins leurs profondes racines. Je te serrerai toute la nuit, moi, si j'ai cette chance, dans une chambre affreuse qu'on dira hotelière, passagère. Deviens mes fers pour la nuit, asservis moi, avec tes yeux tremblants de délicatesse, et moi, ma rage, ma colère qui dévore tout, le monde et sa médiocrité. Je t'attends, farouche, je t'attends avide. T'es belle de dedans, t'es belle inversée, si l'on sent ton coeur palpiter, que ton foie dégorge de trop d'alcool déprimé. Ouais, t'es belle là, dans les organes qui chialent, qui crient, qui digèrent. Lina, toi. Et moi qui disparait, je ne suis pas à la hauteur malgré mon mètre quatre vingt, tu es là, haute, sur des cimes que j'aime. T'es l'Art auquel je fais l'amour dans ma tête, avec un sexe métaphore. Je suis châtré, ça m'évitera de t'attirer coller entre mon ventre et la rue, la douleur et l'horreur. Je t'embrasse sur les yeux, sur les reins. J'ai la langue qui ne sait faire que ça, glisser sur les corps des filles trop belle. Je dérape. Qu'un mur m'y attende. Que tes yeux encaissent mon nez crochu.

Je n'ai besoin de rien pour flirter avec la nuit. Mais faut dire. Ta présence me rend insomniaque. Tragiquement. t'es une femme vertige. Une femme colline. C'est que tu n'es pas kabyle pour rien. Tu es haute est abrupte. Ca me fait penser à Bougie où cette montagne ressemble à une femme ensommeillée (tout le contraire de moi, à cette heur-ci donc). Gouraya. Disons donc que dans ma tête ce sera le pseudonyme de ta beauté. L'attentat dans mon ventre que mon coeur doit ignorer. De ton ventre sur lequl je dévore un nuit de couleurs et de lumières empruntées.

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24 juin 2009

Droit des affaires.

Donc l'an prochain je serai en master 1 de droit des affaires, donc l'an prochain je ne me laverai plus jamais -ce n'était déjà pas si fréquent- afin de puer autant dedans que dehors. Ce m'évitera j'espère d'être écartelé.

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23 juin 2009

Tragédie sociale

J'ai beau multiplier l'interaction je suis désormais incapable de créer du lien social. Je suis en dehors. Avec des fulgurances plein la tête. Je crois que je suis une musique, la dixième fugue d'une sonate bien éclairée. Mes nuits sont allongées et mes journées courbes. J'aurais beau choir, me prendre la tempête et son feu roulant à la racine, je serai toujours un arbre. Même rompu. Un immense. Je ne me courbe pas avec le vent, je lui tiens tête. Alors nous céderons, tour à tour. Je suis un chêne, je suis toujours un chêne, à terre ou aux cieux.

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13 juin 2009

La nuit.

J'évite la nuit au poignard des dimensions.

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11 juin 2009

Bagdad sous le bruit

Il est désespérant le bruit. De la foule et de la fête. Avec la même couleur et les mêmes promesses. il joue sa mélodie à toutes les oreilles. Le bruit c'est une foule qui se déguise de travers et de vertus. C'est un oubli qui nie, une foule et le bruit, c'est d'intensité variable et de même nature. Un même moment. Le bruit c'est le désespoir de ceux qui ne peuvent pas dire . Qui n'ont pas d'imagination. Le bruit c'est le refuge de ceux qui n'ont au dedans aucun pays. Et ça le rend triste, avec ses artifices ternes, et ses hurlements. La bruit c'est une tanière pour apatrides d'intérieurs, de ceux qui ne vivent que démeublés, en forteresse vidée, déménagée. Ils ont les mondes intérieurs sous saisie d'huissier, je crois, ceux qui nagent dans le bruit et sa suie qui vous colle à la peau, qui vous fait un masque de charbon et d'ennui. Le bruit c'est cette loterie fictive pour une green card. C'est là qu'ils vont ceux qui n'ont nulle part. S'enfoncer dans la farce urbaine, à plonger dans la gorge des néons comme des épées d'une foire. On s'amuse faut croire, à s'oublier l'un dans l'autre, l'un sur l'autre, l'autre sur l'autre, c'est ça le bruit, c'est de l'amnésie. Chez moi, il y a du silence, beaucoup de silence, du silence en surproduction tellement que c'est la déflation, dans mon ventre. C'est circulaire dans ma tête pour qu'on ne trouve pas de latex comme dans les coins du bruit. C'est triste le bruit. On ne s'entend pas. Qu'est ce qu'on y vit, dessus, sur ses corniches ? Sa jeunesse probablement. Celle qui pleure, qui crie derrière les décibels, celle qui ne rêve pas mais qui vit quand même sans éther, sans sacré, vide de spiritualité et de mystique, c'est une jeunesse qui n'a de Dieu que la fête et le bruit, pas de guerres intestines juste intestinales. Le bruit c'est l'endroit du semblant sanglot. C'est un continent subdivisé selon des critères géostratégiques, de la fête ultime, sacrée, orgiaque, idyllique, la fête d'élite socialement privée, aux fêtes du caniveau organisée sur parking. C'est la géopolitique du bruit, tout ça, du bruit médiatique, on peut se faire de laconiques communiqués, des guérillas du volume. Nous. Tandis que le bruit me désespère il enfle et démesure dans les oreilles des gens qui meurent, il a cette faculté unique de réunir l'amnésie commune et sélective d'une foule faite à l'identique. Qui a dit que le clonage était prohibé, violant l'intégrité de l'espèce humaine ? Le bruit n'a de couleur que le gris, de nuit que la tiède. La création, elle demande la nuit noire, le silence de la lampe et des mondes solitaires. Il faut Bagdad dans l'estomac. Bagdad sous les bombes, et les attentats, Bagdad la millénaire qui vit passer princes, rois, dictateurs et conquérants. C'est la tectonique qui fait rencontrer tes côtes et son bassin la création. C'est là. Dans les volcans qui s'assemblent sous ton pied, la lave qui dégouline sur le bruit. Le bruit qui parasite le mot, le verbe et l'expression mais qui fond sous la chaleur. Le bruit c'est la déprime des gens heureux, et je n'en veux pas, ni à cinq heures du matin, ni à dix heures le soir. Je suis bien moi, avec mon empire de moi, de "je" qui se clame en silence. avec un peu d'elles. Je suis bien avec mes mélodies internes, de ma respiration chahutée par la fatigue, avec les nocturnes...de Chopin. et le silence de l'âme qui annonce le souffle orageux des créations. Je suis bien avec la nuit qui se moque du bruit, et qui finit toujours par le couvrir. Qui infuse son sommeil à ceux qui lui résistent, la nuit. Le bruit, c'est cette drogue des inconscients, des idiots. Le bruit c'est le pis-aller de la vie. Une manière de ne pas se voir, pas s'entendre, pas penser. C'est le désespoir binaire. BIM-BAM. Ca transe. J'irai vous violer dans les coins du bruit, craignez moi, je suis la NuIT.

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Pleure Mon Fils.

Aux impétueux une vie entredévorée. C'est que le sablier n'égrène pas ses secondes de la même manière pour toi et pour moi. Je n'ai le temps que d'aller vite, et ce ce qu'Einstein dénommait "relativité", le temps qui circule aléatoirement de mon corps à ton corps, qui est un frimas dans le sang que l'été fait fondre. Voilà, le temps, il passe lentement.J'ai l'intelligence qui décompose ses mouvements, ses rotations, ses plates révolutions. Je le vois tomber, silencieux, le temps quand il trône dans les salons, en salle d'examen, quand l'attente le fait couler, 1,2,3,4,5,6... les bergers ont tué tous les moutons et le sommeil ne viendra pas cette nuit. Je me mens parce que je suis en verve mais qu'aucune fée verte n'est venue m'abreuver de lettres saignées, extra-territoriales. J'étouffe ici, et c'est la France occupée, c'est mon Paris ruiné aux frontières serrées. Ma vie est une poitrine de femme corsetée, étouffée, étreinte et bien camisolée. Nous sommes fous en suspens, sans images. Je déblatère, des bonjour au revoir. Je suis un muet de la poésie cette nuit, un MUET, m'entendez vous, j'ai le verbe qui me coule sous la peau mais qui ne sort pas. Je suis hermétique à la parole, et mes doigts ne figent rien, ils sont des mouvements que le temps laisse filer, le temps relatif qui traîne sur la vie courte ses spliffs, ses ivresses. Moi je suis sobre même à 4h37 c'est gentil de demander, et si je m'injecte de l'interdite substance c'est que mon imagination l'a créée, elle donne des rêves à deux sous, des pavés et des creux à faire des farandoles à Moscou. Tu t'imagines, en moi, dans mon écriture il y a de quoi faire danser la Crimée et les îles Sakhalines, dans ma tête il y a cette substance visqueuse qu'on appelle rêve et temps, qu'on essuie avec le papier buvard de la nuit. C'est moi la NUIT, elle se gorge de moi, et quand je suis épuisé, quand je suis livide de m'être essoré l'intelligence sur mon droit des sûrétés, civil, administratif des biens, que je suis gardé à vue par mes libertés publiques, que je manie l'oxymoron comme le sabre qui découpe en égales parts les saisons. Quatre allant deux par deux s'occupant de trois mois par année. C'est de l'équité, de la pure comme on dirait cocaïne. C'est gentil, mais ma paille ne plonge que dans des verres sucrées à m'en pourrir les dents. C'est la vérité, j'écris les crocs rouillés, bouffés. Ma plume est cariée, elle me lance et j'en jouis moi, de pouvoir écrire sous la contrainte des douleurs. Je sens que je virevolte, il faudrait transmettre l'étoile qui me passe dans les yeux, la faire descendre de la langue à l'écran. Et puis non. Je la garde, mon étoile-faucheuse, vous ne l'aurez pas, ou qu'en creux, qu'en silence obscurci. J'ai mis le feu à tout ce que j'ai fumé. Et je fume du papier à lettres rosi par les flammes et noirci par la cendre. J'aime faire que les souvenirs vous restent sur la peau, mes poignets sont brûlés, c'est un souvenir comme un autre. J'ai des traces sur le corps, tout le corps sculpté de maux et de joies. Il y en a des filles à m'être passées dessus, des Hélène, des Wendy, des Millie, des Elises, des Marion, des Elo, des quelconques et des encore là, parce que je suis irréstitible, mes doigts sont agiles. Je suis le virtuose des extases secrètes, des dénichées sur des trèsors de laideur, des grasses et fines, des sur qui je sniffe l'odeur de pays oublié. Elodie en a un sur ses seins, elle, des pyramides à vous faire trembler de penser que l'Egypte s'est éteinte, elle en a des histoires romaines, des Cléopatre sous Antoine et des Antoine sous Auguste. L'Histoire est une partouze, ne l'oubliez pas, ma prose un bordel. Tu payes et je te suce la moelle, puis tu te casses. Ici je prends et je ne donne pas. Tout fluide et tout liquide. Séminal et fiduciaire, je suis comme ça. C'est que mon temps passe lentement, et mes journées font trente deux heures. On m'a dit étranger à moi même, je dirai que je bois la corde des pendues, celle qui a durci sur les tables en verre, la blanche poudreuse, la neige des oubliants. Je dirai que je la bois, et que mon sang éternue. C'est comme ça, je suis né le sang pâle, blanc, et j'aime qu'il coule. Ce sont mes menstruations à moi, de le voir couler, saigner, pleurer, rager, pester, mon sang, ce sont mes règles, et c'est là que j'enfante. Quand je ne saigne pas de fièvre et de textes, que tout est retenu, que les veines gonflent comme des tempes douloureuses, quand je sens la saturation du venin, alors j'éjacule à l'intérieur, pression sur le sexe. Et j'enfante, j'enfante des royaumes désenchantés, des pleurs de jeunes filles voilées, j'enfante moi des pays de sucre, de miel, des Israël christiques et vous savez pourquoi ? Parce que baignée de Mer Morte il l'a ressucité, lui, il s'en fout, tout le monde c'est Lazarre maintenant, et tout le monde a la lèpre, alors il est là avec ses mains thaumaturgiques, il est là pour tout guérir la sclérose en plaque qui est la lèpre moderne et le reste. Il s'en fout, lui, quand il voit la partouze de l'Histoire il fera pas dire aux nuages qu'il faut cracher le feu du ciel, il s'en fout, il est apostat Jésus, il a renié Dieu quand le clou lui filait le tétanos.
-  C'est terminé cette histoire, mon dieu ?
-  Oui mon fils. Paradis ? Mais c'était là bas, il fallait jouir et vivre pour le mériter toujours. L'enfer ce sera pour ceux qui n'ont jamais joui du cadeau qu'était la vie, l'enfer ils l'ont vécu au paradis, d'avoir privé sa chair, ma chair des délices terrestres, des femmes et des hommes, du sucre et de l'ivresse. Le crime originel, mon fils, c'est d'avoir fait de la Terre une vallée de larmes."

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04 juin 2009

Encore. Encore.


Parfois je suis commun de chair désirée. D'amour arbitrairement dessiné dans le décolleté d'une femme fine. Je suis osseux pour flotter sur la vie. Servir de barque chaloupée à ses seins gonflés d'idiotie. J'ai le coeur qui me remonte du bas-ventre dans ces instants là. Y a du frisson dans la chair. C'est moi qui ruisselle en elle, dans un langage poudreux, osseux. S'écrier l'un dans l'autre. Les lèvres éperdues, qu'on sabre la nuit à coups de cris arrachés au corps. J'ai envie de toi. Que ça soit violent. Que ça brûle dedans et dessous. Et son prénom, Lo'. Délicieusement suranné qui se murmure le jour. Et puis la nuit. je t'attends. Avec la faim aiguisée par le silence. ma mine inquiète. Je suis un évadé des siècles, un romantique en camisole. Le ventre tremble. je saura mettre un bandeau à la peur. Unir ma crainte à tes yeux. Je sais que j'ai l'excès des radicaux qui effraient de bien trop. Je peux la faire pleurer la nuit pour toi. Je sais qu'on s'oubliera bientôt.

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Osseux.

Et si je suis osseux, c'est pour flotter sur la vie.

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03 juin 2009

Aux Inconnues Avenue des Invalides.

Ca fait des siècles que je marche sur la corde des pendus. Je t'écris à toi, toi qui t'en fous avec tes yeux de tristes océans, de marées noires endormies. Je vais mourir, je veux mourir. C'est parce que tu t'en fous que tu flottes légère que je te l'écris, que ça ne parasite pas les organes. C'est d'un étranger à une étrangère. Sans charmes, comme un accident, une rencontre sur un bateau qui tangue. Voilà, le propos liminaire. Mourir, c'est un peu comme abréger les phrases, casser la ponctuation introduite par la morale des autres, mourir, périr, c'est s'en aller au bout du mot, juste derrière la nuit. C'est vraiment ça, et tu t'en fous alors ça me plaît, à moi, de te l'écrire, de montrer que je mets mes points de suspension à la place des virgules, qu'au lieu de bégayer mes envies je me jette dans les fosses. J'y aspire. Je l'inspire. Ce n'est pas de la C. Je ne meurs pas comme les adolescents vivent, dans l'idiote déchéance. Faudra autre chose qu'un corps piétiné par la poudre. Je te l'écris. J'y vais en même temps. Je fume un pétard au vide qui a des saveurs de nulle part. C'est agréable, ça retourne le dedans, la fumée qui s'enfonce dans les os. Je te l'écris parce que tu t'en fous. Que quand même dans tes yeux j'ai vu de tristes espoirs, la lassitude qui est la grâce des gens désordonnés. Je l'ai vu, ça m'a suffi. Tu t'en fous et c'est heureux. J'ai vu des bourreaux, sur tes pommettes, la généalogie des assassins conventionnés. On peut pas vraiment dire que tu sois belle, avec ta tristesse qui t'effiloche le regard, mais t'as ce truc, cette came à l'esquinte qui me rend dingue quand en hiver je peux imaginer la couleur de ton souffle dans l'air glacé. Y a cette chose silencieuse, c'est le mal, le bien, le cul, le coeur qui respire dans un autre univers à vingt-six dimension et demi. Et demi. Parce que c'est l'art de l'équilibre. Tu vois, moi je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, je suis fatigué de jouer le funambule sur la même corde séculaire, fatigué de la voir rétrécir sous mes pas usés. T'es pas vraiment l'extase, parce que dedans ça pourrit, on a la gangrène de l'époque, toi ce sera la solitude, la solitude meublée. Comme un musée baroque qui abriterait de l'art romantique, tu vois, ta vie c'est une antithèse. Ce n'est pas du langage prophétique c'est parce que moi aussi je m'en fous. La dernière volonté des mourants, de ceux qui épuisés traversent des fleuves asséchés c'est de s'en foutre, aussi. C'est agréable la destination, la mort ça peut être un voyage, avec ses étapes, ses ivresses, ses déceptions aussi. Je cartographie la mort. Tu crois qu'on y voit quoi ? Des souvenirs en attendant qu'on se tarisse dedans, que le sang s'en aille pour nous assécher de saveurs, de pensée ? J'aimerais croire être autre chose qu'un agrégat de molécules savantes, c'est faux. Je péris. Tu vois je t'écris et je disparais. Comme un fantôme, un prénom délébile, avec le jour toute ma peau phosphorescente s'en va. On ne me voit plus, je me laisse gorger de noir, de nuit, d'ombres et d'abstrait. je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, que ça ne pèsera pas sur tes yeux aphtiques. Nous sommes tous en sursis. Je suis le soufflet et la joue, la tête et la hâche, le bourreau et la victime. C'est ça le suicide, l'autolyse. Pfuit, disparu à l'heure du poète...Je m'en vais. Je mettrai bien un billet à Saint Pierre pour ta solitude, que quand même, dans tes yeux passent autre chose que des fantômes, des disparitions et de l'ennui sinueux, qu'on roule et qui s'effrite, s'en va et s'expire.

Adieu camarade.

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01 juin 2009

Dr Göring et Mr Hyde.

myself
21 ans. Toutes mes dents cariés de rage.

Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu, en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

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