24 août 2009

Camé à l'esquinte.

Ca ne peut pas marcher indéfiniment de se camer à l'esquinte, il faut des drogues plus souples, plus femmes qui viennent mettre de la poésie dans la gorge. Je sniffe, je cherche à m'injecter directement dans la plume quelque saloperie poétesse, des muses en poudre à avaler comme une posologie. Soigner la médiocrité qu'on appellerait ce traitement fait de petite mort. Il m'en faudrait moi, des semi-remorque pour tout évacuer, tout cracher aux latrines ce talent nonchalant. Je suis un musicien sans instrument, je joue des mots, je les fais divaguer, ils sont là puissants, rageurs, s'élevant en fracas. Mes mots marquent chaque porte contre laquelle ils se griffent. Mes mots copulent de substantifs en adjectifs, ils muent, émergent, de l'un en sort un autre, c'est une rime interne, une meute hurlante, c'est une musique personnelle, tout est enfoui, tout est intestinal quand j'écris, quand je parle. Ma poésie n'est qu'un gargouillis. Mes yeux sont la braise éteinte, noirs, noirs comme la foudre que je vois se renverser dans ma bouche, noirs, noirs, comme la répétition qui grince avec ses cheveux fous attachés, séparés de chaque côté du mot. Une raie de milieu. Je crois, qu'ici, systématiquement, je vous mets à la vue des palindromes translucides et vous êtes surpris d'entendre les mots bruts ainsi chanter, ainsi danser. Le prélude de Tristan, encore lui, qui fait donner ses gammes, qui ordonne aux Walkyries, les Walkyries puissantes et enragées, de mettre le feu au théâtre, de mettre le feu aux rideaux. Ils ne tomberont plus ! la pièce doit à jamais être jouée, acteurs essoufflez-vous de déclamaisons -et ça m'appartient-, actrices mourez violées du verbe de vos amants. Et ça je le pique dans des veines d'ombre déguisées de lumière. Je vole, je suis un escroc poète comme Lacordaire en était un meurtrier. J'ai jamais eu le cran, moi d'enfoncer mon verbe dans l'omoplate de sentir le sang gicler comme l'encre du poète. Je jouis, je me cherche une muse, moi, désespérément je la traque dans les rues. Ne l'oublions pas c'est là le sex-toy du poète. Et pour construire il doit d'abord jouir, répandre homogène sa semence sur des carreaux imaginaires, la planter sous la peau des femmes au sourire de verre. J'en ai connu et je m'en fous, je m'en fous et c'est tragique de n'avoir de cœur que fossilisé, pourri, complétement vendu à la seule littérature. Je n'ai pas d'amante, que des objets, des jolis objets aux yeux pâles. Pas clairs, jamais, pâles et abîmés c'est ainsi qu'elles sont mes muses, abîmées, froissées, et je tente, moi de leur faire disparaître les plaies originelles, je tente moi de les guérir de mes mots thaumaturges pour ouvrir au coeur un nouveau cimetière où mon verbe gerfaut plongera ses serres, où mon verbe vautour pillera leurs trésors ignorés. Les femmes me suffoquent des fumées brumeuses qui s'échappent de leurs corps. Je suis malade, je suis camé, je VOIS le parfum, je ne le sens pas, ça n'a pas d'odeur mais une couleur, grise, veloutée, qui danse et s'enflamme. Je vois le parfum qui s'arrache des boucles et des croches il a la couleur des matins calmes, je le sens goutter, tomber, s'effondrer et se relever comme une pluie qui passe à l'envers. Je vois le parfum que les femmes crachent à chaque respiration et je m'étouffe. Je suis amoureux de tous les jolis corps, je suis amoureux de toutes les lignes que je vois dans leurs yeux pâles. C'est ainsi que je sens, c'est ainsi que je vis, je vois sur vos ventres plats des lignes, des milliers, des centaines de milliers de lignes qui me font bander loin. Et je me touche, je me touche pour écrire, je sens vos odeurs qui m'envahissent, je vous sens vivre en moi, mes enfants, mes victimes, mes disparues déjà. A peine aimées déjà oubliées. Je suis ainsi tragique qu'après vous avoir écrit je vous tue, sans sursaut, sans remords. Comme un avortement. Clinique. J'essuie de mon visage l'encre qui gicle de vous et je me rends dans la vie indifférent, costume rayé mais serviette remplie de nos traces nocturnes, de nos rages intimes. Vous toutes. Je n'aime pas, personne, ni toi, ni toi et toi encore moins que les autres je vous possède, vous êtes A MOI, et que d'autres glissent leurs organes dans les vôtres je m'en fous, que d'autres viennent s'ébattre petitement, vous arracher des sanglots d'extase, ne me touche pas, vous m'appartenez autrement, dans un corps impalpable et désincarné que je vous prête et vous reprends selon mon besoin, selon mon désir. Je te jouis dans la bouche, chérie, quand je sors de ma poche le stylo aux dents d'encre, je te jouis dans la bouche à chaque seconde que je pose la première majuscule de mon génie malade. Je suis navré, vous autres, amants fades, personne ne peut prendre ce corps que je façonne, cette armure sans chair que j'offre aux muses. Personne ne vous eût avant moi, personne ne vous aura après, je vous ai faites, je vous ai construites, chimères, homuncules, vous sortez des doigts alchimistes du poète, des forges biologiques de mon ventre vous n'avez de demeure que mes latrines. C'est terrible à dire, encore plus à hurler, mais je vous ai, pour toujours, pour toute les nuits à venir, vous n'échapperez pas aux cellules que je vous dessine, vous ne quitterez pas ce masque que je vous greffe. Qu'un visage, celui que je vous prête, qu'une voix celle du silence. Je suis navré, vous toutes, de vous oublier, de vous promettre le temps et de déposer à vos yeux le silence. Je suis navré de n'être que d'une autre dimension que vous, ma chair, mes sangs vivent à l'envers, autrement, je dessine avec des mots et j'ai l'Univers entre les mains, l'Univers bille de verre que je lance contre les murs. Qui se brise et qui me coupe la langue. Je saigne, je crois, je saigne sur l'Univers décapité.

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19 août 2009

Prends Garde à Toi

Je peux là écrire les pires atrocités qu'elles seront aussitôt dévorées par le maelström de tes doigts. Je pensais hier, "oh que j'aimerais percer la couche d'improbable, fouiller derrière les voiles -bientôt interdits en France- sous lesquels s'enfouit ton identité" parce que quiconque est doué de paranoïa ET d'une certaine faculté d'observation ne peut jamais que sourire à toi. Mais bref, je veux être ignoble. Sous mes Décombres : de l'homosexuel au tison flamboyant enfoncé dans les fosses à jouissance, que l'on marque au fer le sonnet du trou du cul sur leurs peaux ignobles, qu'ils brûlent jusqu'aux sang tous ensembles réunis dans un cloître devenu cloaque. L'incendie aux Eglises, aux chapelles, mais tout ceci est mort-né, c'est un embryon, un avortement, et certes je m'ennuie, j'ai peur, demain l'on me rase la tête pour que je marche au pas, et je lis, et je sors bien trop, et la nuit me dévore de son appétit gigantesque et des haines s'infusent, se répandent, me parasitent malgré moi.
Et je suis colère, et je suis envie. Appelle moi péché, chérie, je disparais dans une tombe sans croix. Maudit, maudits nous sommes et nous éructerons des mots ivres, des mots fous et des locutions malades, du verbe lépreux, de l'amour décomposé, tu vois bien tout ça tombe en morceaux. TOUS LES EDIFICES SONT DES RUINES, Chérie, ou Chéri, ou je ne sais pas, je n'ai jamais su lire le sexe d'un (cri du)poulpe, et le journal du voleur ne m'apprend rien. L'infâme je l'ai vissé au coeur, c'est mon étoile jaune d'étoffe impie, je passe dans la vie avec rage, faites attention je suis l'incinérateur qui vous happera tous, la mort au regard d'ange, la brebis aux dents de loup. J'ai le vertige fragile, j'ai la nausée déchirée, ce sont des mots à mélodie, tu vois, tu les ouvres et le verbe est devenu une boite à musique, et fragile, et déchirée elle s'élève la musique, elle frappe, elle ramasse le son qui lui tourne autour, lascifs les mots, lascifs ils attirent, charment les bruits qui rampent, comme les noyaux attirent les particules, c'est question de gravité, et je vois leurs yeux se plisser, je vois leurs corps se tendre, je vois les bouches, moi, les bouches incarnats roter comme des volcans au bord de la jouissance. Oh amour, oh homme, oh femme, mais je ne sais pas ouvrir les masques de fer, mais je ne suis qu'un monte-en-l'air au sang d'encre, je ne sais pas crocheter les serrures des visages étrangers. Je veux percer, avec mes doigts qui tournent, vissés dessus des forêts de 12, le métal qui te forme, et la main du forgeron la trancher ; ce voleur qui prit la couleur du mensonge pour tes yeux d'aube. Je prends de l'avance sur l'instauration de la charia. J'essaie de deviner. Mâle ou femelle, blonde et brune ? De quels alliages donc sortent tant de paradoxe, quel feu et quelle enfer servirent de forge à l'aporie ? Je peux écrire l'infâme et le bon, l'ignoble et le beau, que ça mourra au même endroit. Le fossé derrière les mots, juste entre la nuit et le jour, je veux que l'on m'enterre au crépuscule, que la mort de mes mots, ces seigneurs traitres, goûtent aux entrelacs du soir et de l'aube. Quelle jouissance plus extrême que la coalescence du temps, que le voir se fondre, se confondre, discerner au loin les teintes effrayantes de la nuit et la couleur apaisante du matin ? J'aimerais tous là, vous inviter dans ma tête que vous goûtiez dans votre éveil un peu de mon enfer, que je m'ouvre la poitrine pour faire sortir spectres diffus, idôles décapités, et anges cornus ! Je vous invite dans ma tête, ça ne se refuse pas, je déroule la langue, pénétrez moi de vos bêtises, sur le palier vos habits de médiocrité et le silence dans ma caverne aux bruits indistincts. Et si tu entends rire, pense que c'est le cri prochain de la mort. Le rire est la foudre de l'assassin annonciateur du tonnerre à la faux brutale. Attends toi à perdre la tête dans la mienne, à sertir ta peau d'or et de merveilles qui putréfiées te dévoreront les sangs. La pourriture est reine. Je peux tout écrire, n'oublions pas que le génie sait tout dire, j'ai trop d'images, trop d'images sous mon ciel déterré, trop de flammes pour mon corps barbelé. VOUS ETES MES PROIES ET JE VOUS MARQUE DE MES SOUHAITS ENRAGES. Je suis léger de quelques grammes en moins de vous, c'est le poids de l'âme réfugiée dans mon ombre. Je n'écris que d'ici, que de DERRIERE moi, ce n'est jamais ma face de poète qui vous cause, mais mon ombre, mon ombre et sa colère, mon ombre et son écume. Pour s'y rendre, loin là-bas derrière la dernière vague, chez les ombres bavardes, il faut un sauf-conduit "Poète vos-papiers" qu'ils réclament et je les brûle à la face du douanier, que l'on me refoule je reviendrai toujours, je me ferai un radeau de chair, je pagaierai avec vos corps désarticulés. Je suis infâme, je l'ai déjà dit, je fais grincer les mots, j'ouvre la porte et je détourne les yeux. Que l'on avale cette fiole de poison pour n'être que malade et plus jamais mort. Je l'ai été une fois, ça m'a suffit de remonter les fleuves d'oubli, de soudoyer les passeurs squelettiques qui exigent des pièces en or ou bien vos jolis corps. Pouah et de quoi se plaignent-ils eux avec leur peau d'esclave quand ils prennent d'assaut Ceuta ou Melila, quand ils crèvent par dizaines d'un radeau renversé ? Ils savent ce que c'est de se taire toute une vie pour remonter des enfers, de ne plus jamais déglutir de peur d'avoir dans la bouche une goutte de cette liqueur fatale ? Je suis bouillant, je ne suis pas mathématique, les équations je les brise je ne les résouds plus mon amour. Oh dis moi non encore une fois, dis moi "non" mon amour ça aiguise mes crocs qui me fendent les lèvres, dis moi non mon amour ça m'affame. Dis encore "non" que mes crocs déchiquettent les secondes. J'arrive ! J'arrive ! J'arrive ! Et les vents, les vents sourds me portent, et me soulèvent, je suis léger d'une âme perdue, souvenez vous, soulevez vous, que mon infortune m'offre quelques compagnons à dévorer. Nous disserterons, et d'un coup traître mon ombre vous engloutira. La nuit recouvre tout, et je suis la nuit, je suis caché dans chacune des ombres, que les villes soient assises ou à genoux, qu'elles attendent au bois ou dans une cave qu'on les allonge. Je suis tout ça, je suis la putain et le client et nous sommes en chaleur. Mais mon amour, tu vois, t'es perdue dans mes lignes infâmes, sous toute la poussière de mes Décombres, tu te trouveras bien un charmant allié, un ami, un abruti conjoint parmi cette foule au linceul de sable, parmi ces morts suspendus à ma bouche. Ici c'est mon crâne, mon royaume, et  votre enfer. Vous êtes conviés au banquet des atrocités, on y dévorera le temps perdu, le voyage et la guerre. Vous reprendrez bien un peu de Shoah  chers convives ? De massacres ? Une cuisse d'Arménie ? On les dit fameuses, à moins que ce ne soit fumeuses, c'est question de crémation ou de cuisson ? Oh je ne sais plus, c'est l'enfer vous dis-je, j'ai cohabité toujours ici avec le diable, il m'a appris à ne plus avoir peur, à ne jamais crier que du feu. Et si je ris prends garde à toi, ce rire est enfant de bohème. Je crois que j'entends le jour comme un enfant naissant qu'il faut que la mère la nuit gifle ; j'entends le matin jaillir comme une braise saute d'un lac de cendres. Il est bien trop tôt pour fermer les portes de l'enfer, pour vous déroulez ma langue aphteuse. Pâles, splendides victimes, et toi mon amour blême, vous êtes une aube d'hiver, un souvenir de neige et de givre. Partez, il est temps d'entendre d'autres voix, de faire sonner contre mon corps les cordes d'une autre orgue. J'écris hébété, je ne suis maître de rien, voici mon ombre qui s'endort alourdi, qui tremble de froid. J'ai la peau noire pour me glisser derrière vous quand la nuit grogne.

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16 août 2009

Des larmes à la mer.

Je suis en larmes de savoir que je ne lirai jamais tout, qu'en littérature on se trouve facilement des parents mais pas de père. Je suis en larmes en pensant aux charniers d'hier, et je ne comprends pas, je ne comprends pas pourquoi l'Art n'a pas dit non à l'horreur, je ne comprends pas pourquoi les pages de Nietzsche n'ont pas pâli devant l'horreur à s'en rendre invisibles, pourquoi Bach, pour rendre la pareille à Beethoven, ne s'est pas brutalement rendu muet quand la barbarie hurlait ? Pourquoi la musique et la poésie ont chanté à Auschwitz ? Vous savez, les gens talentueux pillent, volent, et tuent. Le génie c'est d'abord être un criminel, les autres, les petits pouilleux, les écrivaillons empruntent effrayés. C'est de la littérature émasculée qu'ils vous servent toujours. Je suis en larmes devant ces monts infinis, je suis en larmes devant cette injustice "la droite écrit mieux que la gauche, et la droite frappe plus fort, aussi". C'est ignoble, mais les ignobles ont du style. Il me reste à apprendre, beaucoup, pour être infâme, écrire mon petit Décombres à moi, mon école des cadavres. Je viserai qui ? Les pédés, je le sens bien, ça de me faire -c'est ambigu- une bande de tantes au marteau piqueur, de leur vomir dessus, de les recouvrir de verbe comme de pourriture, cette vermine. Ouais, ce sera ça, je serai Yahvé, dieu jaloux, pleurant mes larmes d'encre sur les villes que sont les pages. Beaucoup de cités à chaque ligne bientôt noyées. Mon déluge à moi, et pas de Noé pour sauver cette humanité miteuse. Je pleure de savoir que j'ai du talent, finalement, plus que vous, et ça m'attriste de vous voir minuscules, transparents et délébiles ou plutôt même de ne pas vous voir. Je vis entouré de spectres et je n'ai pas peur.

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13 août 2009

Allitération

Je ne suis pas alité, mais allitéré

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Talent

Mon talent mûrit moins vite que je ne vieillis/pourris.

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03 août 2009

Le vertige furieux

LDeux sphères. Des distantes empoisonnées qui se rencontrent, bien hermétiquement closes qui se communiquent par delà silence clivé, c'est-à-dire qu’il y a de chaque côté de ces milliers de bulles rupturantes des émotions, des sensations de désespérés en cloques. Des putains en chaleur prêtes à mouiller de chagrin. C’est ainsi. Des sphères qui se rencontrent et qui ne doivent pas converser sous peine d’infuser dans l’autre, dans la veine de l’autre de l’eau bouillante courant, circulant à toute vitesse, passant, passant, dépassant, transmutant en magma, en lave brûlante. Quand deux sphères étrangères, translucides mais hermétiques se causent, se délayent, passe un venin que je sais respirer, que mes bronches savent encore digérer . Dedans, quand deux sphères étrangères se métissent,  que les reins se courbent, que les corps se dressent. J’observe. Je suis un grand silence bavard et bavant. Je suinte le verbe et ma sphère, ma sphère hermétique, jamais poreuse le distille. J’aime, constater, triturer, racler avec le verbe et les dents les cervelets étrangers. Ouvrir un abîme secret sous chacun de mes pas. Parce que je me perds d’expérience en déshérence. Parce qu’à l’émotion, au vécu je sacrifie le sens rationnel, le tout bien organisé, l’algorithme régissante, tutélaire.  La mathématique furieuse qui sort des sphères justement, le rapport social, quand l’interaction se noue, c’est du calcul, de la statistique, du pour cent d’échec. Tout se quantifie. Se mesure. J’ai une règle dans la tête, un compas, et un sécateur. Je sens vos arrêtes poindre, et je parlais de sphères, de rencontres et de grincement. Parce que voilà, moi, ma sphère grince, se souvient et s’en moque. Que les autres craquent, que la membrane se distende, que d’un plop définitif et fatal ils s’en aillent. Je m’en moque j’ai le verbe qui m’habite, c’est ma schizophrénie à moi, la littérature. Mais je voulais dire nous sommes des sphères des millions en englobant  des millions.  Dans un rapport hiérarchisé que je balaie. La pourriture recouvre l’or. J’ai le vertige facile en face de jolis yeux, ce sont des escalades, de la varappe sur le nez, que je balance l’imaginaire contre le front, il y a une prise aux pommettes. J’ai le vertige facile, ça m’a joué des tours à force de vivre comme ça, moi, au dessous d’abimes scélérates qui s’ouvrent sous mes pieds Je ne trahirai pas, je ne dirai jamais « vous ».  C’est au marteau que je broie la politesse. Tout ça n’est qu’une farce. Une bouffonnerie. Parler c’est déjà apprendre à ne rien dire. Mettre la cravate c’est accepter d’être en laisse. Les étrangers savent parler  la langue de l’estomac, celle qui digère, qui broie, violente de sucs. IL faudrait faire comprendre à la jeunesse que son avenir c’est de vieillir, qu’elle n’a pas de révolte que le temps ne sache éroder. Il y souffle contre ses parois, et la falaise, la falaise immense, la vertigineuse falaise s’effrite et rompt, bouffé par le sel de la mer et le vent de l’habitude. Alors c’est ça. Et moi je suis une sphère solide.  La poitrine en berne et le sourire étendard. Je me marre parce que les autres errants sont ridicules, qu’ils tremblent d’incertitude, de petites émotions factices. Oh les illusoires commotions, oh les petites blessures, et je suis mort, et toi aussi, et dieu pendu à mes couilles.  Je suis la potence et le gibet. Mais ce n’est pas la discussion ! Ce n’est pas le sujet ! Le sujet ce sont les sphères et les rencontres, la soumission de la bulle à l’autre, du désir endolori. Oh les jolis yeux sont des gouffres dont je m’écarte. Dans curieux il y a du suicide assisté.  De l’entraille  loqueteuses. Ma bouche périssable, mon court instant ici. J’en ferai sortir des éclairs, j’éjaculerai de la bouche le tonnerre, je cracherai les flèches venimeuses. Ce qu’on ignore, c’est que la foule est vénéneuse, l’approcher dissout les facultés . Je reste à côté, dans une autre perspective. Dans ma vie il me faut de la puissance, des individus forts, furieux, des comme machin qui sont là aux mots de rage autolyse. C’est à croire qu’elle finira dissoute par son même acide.  Que son corps carié, noirci de suie désespérée se fermera sur lui même. C’est un corps cancer dont l’on parle. Je crois que je penserai toujours à ses jolis yeux.

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