16 septembre 2009

Le club des cinq

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Pourquoi ne pas se pendre quand on est vidé de violence, de puissance, de tout l'Univers qui craque ses articulations entre chacune de vos dents ? J'en reçois dans mon théâtre, moi, des petits acteurs qui s'époumonent sans souffle sur la saynète de leurs os, oh les petits rodomonts qui déclament des lignes, des pages, de l'encre. "Je récite". C'est de la poésie primitive, c'est Lascaux en vers, du Jean De La Fontaine mis en glaires. Merci pour eux. Il y a une femme dans ma vie, qui a une initiale reine, qui arrive comme ça, qui a déposé sur ma bouche ses habits, pour qu'ils y fondent, pour que sa nudité me fasse le corps et le gland incarnat -il faut le décontracter, je n'oublie pas- elle a deux empires qui se dressent à la place des yeux, deux empires de beauté conquise, de plaisirs obscurs, et d'une légèreté qui me rend balourd. Elle est si légère, si fine, que j'imagine que même mes muscles ficelles peuvent la faire tournoyer, que sans le verbe, juste avec mes forces, juste avec ma vigueur d'enragé écumant, je peux la faire s'étourdir contre les étoiles. Ouais, c'est comme ça, pile ici, de la douceur sans mièvrerie, c'est étonnant une ivresse sans liqueur visqueuse, sans mesquineries ni ennui. J'aime. Avec mon corps de Midas aux mains de feu.
Chez les autres. Dans vous foules identiques, visages trop visibles j'ai des interrogations. Des petites questions entre grincheux qui m'incubent dans la tête. C'est un bacille solitaire. Une peste bleue. Ah ! Imbéciles. Pourquoi vivez-vous ? Offrez donc à vos corps une sublime jouissance, femme, donnez à vôtre être pâlissant de l'extase à faire pâlir le plus acharné des amants. Sautez du haut d'un pont. Puisque toute votre existence n'est qu'un prétexte à l'orgasme, une volonté toute nette de baisouiller dans des coins. Vous êtes une souffrance triste, une douleur froissée. Une insulte.
Tes clous, toi, médiocre, c'est où que tu te les enfonces, dans quelle chair ? Quand t'es femme c'est à l'entrejambe, de sentir du rigide dangereux qui te saigne dans la peau. Oh, Oh, arrache toi donc des sanglots de plaisir, gémis contre toi-même.
Tout est bas. C'est Bourgeois. Pas de tragique dans vos vies ; du burlesque. Je me dis, quand même chéris et chéries qu'il vous faut du violent, des trucs qui vous renversent le dedans, qui font s'inverser les ventricules, à droite tu pompes, à gauche tu envoies. C'est une métaphore de la sexualité, le coeur. Scindé en deux "foudroyés à la naissance" murmure Platon.  Allez, pour la violoene, les macs font bien ça. Vous pourriez avoir facile, l'excuse à la déchéance, le corps sur le trottoir. Ca permet même un style de vie. Pas très bobo, mais on peut rouler dans des berlines et se faire mettre dans une camionnette. j'ai décidé de décevoir aujourd'hui, de faire gicler de l'exclamation, de passer du verbe tendre, mou, au membre dur de l'archer. Je fais du violon et je joue des mots, haha.
C'est qu'il y a trop de fantômes dans ma nuit, trop qui exigent que je sacrifie des lignes, que j'aligne des pantins aux lignes, que je les attache à la marge une couronne d'explosifs pour le crâne. Et que ça saute ! Qu'on fasse une farandole des chairs répandues, des corps agonisants, des imagines pitoyables que je sue. Mon écriture est sudation, je suis les éléments, le feu et puis le lacet de foudre qui vient vous étrangler au sommeil, la secte qui brûle vos frères et la religion qui enterre vos parents. Droit dans mes bottes de S.S, c'est direct pour M.. Pardon pour l'obsession, c'est la frénésie des yeux bleus les volutes de votre brume. Vous avez vu ? Tu as vu foule, que dans mon moi, il y a de l'autre initiale, je dis Je, à travers un prénom aux yeux clairs -pas pâle, jamais pâle ils sont trop faits de vigueurs, de mers auxquelles j'éjacule le feu, hé-. Narcisse défiguré (il faut que mes petites lectrices amatrices de bons mots puissent aussi se toucher Monsieur Phillippe, Mademoiselle la Belle, et puis pour Tristan aussi, et Frida qu'est plus trop Margot, tous ceux qui valent quelque chose en somme. Vous êtes quatre. Je peux pas être bâtard pour faire de la littérature de jeunesse, mais chacal je peux essayer, on fera un club de cinq) c'est moi, moi qui me cherche dans les cicatrices, dans toutes les cicatrices imbéciles qui couvrent l'Univers. Je suis l'Univers. Vous savez Philippe (je fais dans le demi-tutoiement par le prénom) j'ai besoin que vous rasiez mon style, que votre lumière (nous sommes amateurs du même vers d'Hugo) pèle ma flamme. Voilà c'est dit. Je vous dédie ceci -je paye mes lecteurs, c'est un modèle économique à étudier pour les majors productrices de moindres- "

Ma vie est un torrent merveilleux, j'ai mille bras, parce que je suis l'Océan et ses affluents". Giflez moi, mouchez moi. Je m'en branle, vous voyez bien, je mets du foutre partout. Pardon pour la déception, pour le talent autodestructeur, pour l'espoir un peu idiot qui râle. Je vous estime, et pourtant il faut oser décevoir pour grandir. Arrosez moi. Vous ne crachez pas vous, c'est moi qui fait ça, quand je ne bave plus, quand j'ai acquis la technique pour transmuter ma bave en crachat. Et ceci je vous le dois à vous et Genet. Genet a son nom au Panthéon, il y pousse et s'y élève sans cesse. Cent de ses soeurs désorganisées, brouillonnes, sur lesquelles on ne marche pas.
Je m'en tape des petites médiocrités qui encombrent le présent. Des bouffons ordonnés qui s'agitent et rêvent en uniforme d'originalité. Qu'ils s'enculent entre petits seigneurs de la veulerie ordinaire. Priez pour la sève du poète. Je cause aux contradictions, je parle au mensonge derrière les yeux qui collent d'ennui. On ne guérit pas de la médiocrité.Au mieux on oublie par rasades de vodka, par rail de C. à la colle ou au white spirit. Déchéance, tout est déchéance.
Qui avale la couleur des yeux gris, livides de la foule ? De ce visage unique, reproduit en série, elle est où la manufacture de l'original, du style et de l'identité. J'ai tout un convoi de dynamite à lui adresser très cordialement. Du feu à vos cendres. Je suis de la race des enragés, alors petite fille je ne supporte pas, je ne supporterai plus jamais  l'eau croupie de quand tu mouilles -depuis que j'ai la Mer. Il n'y a que dans les yeux, dans les mains qui déshabillent ma pudeur, qui enroulent la tendresse maternelle autour de mon excès, que j'écoute, il n'y a que là, quand ma flamme déroulée, un peu hirsute, ne trouve rien à brûler que douceur que je retombe. Un pâmé en terre brûlée.
Y a que toi dans mon noir, toutes les lumières -pas les blafardes, pas les lampes torches que sont les croyances des groins- ont ta peau. Je les lèche, toutes. C'est un acompte sur le plaisir.
Toi foule, toi individu, est ce que tu veux demain que je t'étrangle avec ma chaîne de vélo ? Que je t'enfonce ma plume trempée dans mon sang au profond de l'artère. Te contaminer du même délire que moi.
J'en ai entendu cents infatués, des maitres suffisants me clamer "je m'épanouis dans le chaos" et ils n'en savent rien du chaos. Le chaos c'est une galaxie qui vous fond sous la langue comme une goutte de cyanure, le chaos, c'est de vomir son acide sur la feuille et d'en voir sortir une eau-forte. Le chaos c'est une lutte, une perpétuelle, ce sont des flétrissures qu'on ne compte pas et qui vous fleurissent aux entrailles, ça vous transforme en champ de mines, en tic-tac affamé de secondes, le chaos ça vous fait de la course et pas trop de virgules -ni ponctuation- dans les mots.C'est du Proust sans Proust, le chaos. Eux, les très fiers, les complétement satisfaits s'amusent sur des décombres qu'ils appellent chaos. Compléments au néant, mariés au vide, quel joli couple. Mignon entre voir dans mon nombril voir si le noir a germé. Dans ma tête c'est la guerre, en attendant l'armistice je participe. J'enrôle. Je meurs. Je bombarde. Salut Dresde, salut Verdun, c'est combien de trous, de bombardiers, d'obus, d'acier déchainé encore. Je m'ennuie. Dans l'excès même il y a de la monotonie.  Je vous proposerai bien une cicatrice mais sur vos corps vierges où vous dessinez des traces au stylo, des petites blessures, des imperceptibles mouvements de douleurs. Vous sauriez où accrocher une si belle balafre ?  Mauve en plus ! En mon royaume c'est une décoration militaire, c'est ma croix de feu, j'ai toujours été un peu fasciste. Et une cerne, une cerne vous en voulez ? J'en ai accumulé dans mes nuits terribles, dans ma lutte avec elle, la nuit, et son corps osseux.

Encore toujours, quelques bouffons, une Cour, je ne parle pas de moi, je parle de toi foule, foule avec tes yeux indifférents. Grise, tu es le ciel de Paris. T'as des rides plein l'intelligence. T'as toujours été vieille, tu es née vieille. Fritzgerald n'a rien inventé, il a recopié la foule qui ne rajeunit pas. Fontaine des flétrissures, et avale ses tanins, et avale ta piquette et dis moi que c'est du cheval-blanc. petits vins pour petits humains.

Vous savez, moi quand je passe devant un miroir, je vomis, c'est pour l'hygiène, devant ma gueule. Et eux je sais très bien le rituel, quand ils n'arrivent pas à sauter par dessus le reflet couvert de sale, et bien, eux ils pâlissent. Ils rougiraient bien, mais ils n'ont pas de couleur. Ce sont des individus délavés qui ne savent que disparaître un peu plus, un peu mieux. Ca ils ont appris à se dissoudre -ils sont diplômés-, à se cacher -non derrière les mots, les leurs sont faméliques, efflanqués, c'est la Somalie dans le lexique- sous l'apparence. A force de leur vomir dessus on finira bien par les faire transparents.

Ma peau ne cherche plus les coups, mais ta bouche, et je m'en veux de la glisser là, de la faire reine de ce tas de cendres, de ces cadavres desquels je prends les dents en or pour lui forger un bijou, un trésor. Pardon à tes charmes, d'avoir besoin de concentrer la bêtise en cent lignes, de faire tourner la folie et toutes ses balles, toutes les munitions des sens pour t'apprêter. Ce soir on sort boire un peu d'infini, sortons nus.. Ca nous coule des bouches. Elle a pas encore dit oui la belle, et j'ai les doigts gourds mais sournois. Je suis traitre et elle préférera mes mains caressant ses vices qu'étranglant ses vertus.

Aux imbéciles, désolé pour la guillotine, les têtes à claque je les décapite.

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10 septembre 2009

Immoralité.

"Je suis un gosse très morveux, très délinquant. Pas au niveau d'un Genêt mais je me débrouille dans l'immoralité"

Moi.

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08 septembre 2009

Pulsions

Viens me chatouiller les pulsions que je t'abîme.

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03 septembre 2009

Romançons.

Chaque fois que j'entrepris de conquérir le corps d'une femme je lui suggérai que son coeur recélait d'insoupçonnés trésors, de sortilèges que seuls mes yeux hyperlucides pouvaient leur révéler. Je plongeais la main contre son sein pour en retirer de fabuleuses images, des à la faire danser contre sa propre imagination, à faire corps avec son propre corps ! Elles n'en pouvaient plus, les pauvres, de ce visage neuf qu'elles crurent voir dans mes doigts agiles qui bientôt, descendant plus bas, leur montreraient d'autres extases.

Chaque fois, j'agissais avec sournoiserie, probablement bus-je enfant à la même coupe -empoisonné par le christianisme- qu'Eros. Me voilà aujourd'hui rendu vicieux, avec les membres durs comme le coeur. Mon verbe qui se cognait à leurs lèvres n'avaient qu'un dessein, les violer, leur jouir à la bouche et pour se faire je sapais leur identité, la confiance qui tremblait déjà dans leurs yeux. Les lettres de fièvre que je leur envoyai ne se destinaient qu'à les engourdir par la poésie à la manière des meurtriers antiques qui plutôt qu'assassiner par de violents poisons l'Empereur à déchoir, lui suçaient toute énergie par de légères aspirations pile contre les facultés -les courtisanes excellaient en la matière. Si bien, que l'Empereur ainsi affaibli, débilisé, incapable de tenir en main son sceptre métaphorique, tremblant en évoquant cet Empire qui s'étendait de frontières toujours renouvelées, finissait par être chassé du trône et du Panthéon.

Mes femmes, ces femmes, toutes qui pareilles à Narcisse cherchèrent à se mirer -et donc à s'aimer- dans le reflet de mes pages finirent frappées d'un aussi triste sort. La marée du verbe est plus surprenante que l'on peut supposer, et il s'y déchaine parfois la fureur d'un torrent qui engloutit tout, toutes les forces, tous les espoirs qu'elles réunirent en vous, cette peau neuve qu'elles admirèrent, que j'avais aimé chez d'autres. Elles ne nommèrent que les fleurs qu'elles perdirent.
C'est ainsi que je guidai mon existence, de corps en corps, comme des barques stygiennes, avec des manières d'escrocs à faire passer les écrivains américains pour sincères, à faire passer leur style immonde et vénéneux pour l'expression de la plus pure émotion.
Voilà, ma vie, elle débuta contre le sein d'une femme, ma mère, pour toujours errer contre la pâleur d'une autre. Mon corps glacé, de ce sang-froid qui me prive d'énervement et n'offre à mes ennemies que des colères sobres et méthodiques comme le canon d'un pistolet, pour se réchauffer devait chercher la chaleur de ces corps. J'allumai des brasiers, deux flammes rougissantes aux pupilles, juste pour que la nuit soit moins effrayante, que j'y trouve le réconfort d'un foyer, d'un foyer qui changeait de formes de jour en jour, qui changeait selon l'appétit de mon ventre. Chacun se fie à la boussole qu'il peut, la mienne était taillée dans l'excitation et la pulsion, elle me guidait de femmes en femmes, de corps en corps de décadence, toujours la décadence, en orgie. Je l'appelais ma bite.

Je goûtai tant de charmes, tant de délices répétées, identiques que ma bouche pleine du sel et de l'Océan des femmes finissaient par vomir, par vomir de son propre désir. Ma bouche gonflait, rassasiée, prête à rompre de séduire de si infâme manière.

Chacune se crut unique, et j'enfilais avec le même étonnement -feint- le même masque sur dix milles visages. Les hiérophantes de l'étique médicale, eux qui babillaient sur les travers du clonage, ne surent rien de mes sauvages manipulations. J'offrais un corps impalpable à des femmes qui réclamaient d'exister ! Elles devenaient l'Univers toute une nuit et ma bouche, ma bouche chantait la formation des planètes, les explosions stellaires, elles sentaient la gravité leur remonter du bas-ventre, et leurs seins se gonfler d'envie, elles y voyaient des galaxies jusque dans leur nombril tandis que de cette cosmogonie s'échappait des râles, mes râles, les râles de mon extase, de mon sexe que j'enfouissais partout, qu'elle suçait pour en retirer des mots, encore des mots, pour se voir belle, d'une beauté puissante, d'une beauté qui leur faisaient tomber amoureuses d'elles mêmes. Elles ne couchèrent jamais avec moi ; seulement avec mon verbe -et ce corps que je leur prêtais. Le verbe eut droit à toutes les faveurs, à leurs vertus salies, vendues pour entendre un mot, un phonème sauter de ses hésitations. « Une virgule pitié » que je les entendais supplier pendant qu'à genoux je les immaculais.

Ces femmes ignoraient le calice qui me contaminât, elles ignoraient ma solitude et les dents de loup qui garnissaient la bouche du poète. Toujours prêtes à marquer, à enfoncer chaque millimètre de leur envie dans les chairs féminines, à les soumettre. La poésie est bondage. Je les assassinais à chaque minute qu'elles passaient réfugiées contre mon torse adolescent, désespérément adolescent. Je tatouais mes souhaits enragés sur leurs seins. Je les rangeais : classées, comme un éleveur organise avec fierté son cheptel. J'étais fier, moi, avec mon visage unique, imaprable, inchangeable, de mettre des belles à quatre pattes, de les faire sentir le parfum de mon vice, de ce vice qui hante toutes mes nuits sans elles.

Je voulais échapper à tout ça, à ces nuits qui m'arrachaient des sanglots silencieux encombrés d'un corps inutile -et je ne parle pas du mien. Je parle de celles-là, des rages que je partageais avec elles sans qu'elles surent grimper aussi haut que moi dans la haine. Elles n'avaient que des défauts, c'est à dire un vice sans ambition, un tout minuscule vice à la voix d'adolescent en mue ! Je voulais échapper, moi, à ce trou noir qu'ont les femmes, aux mensonges. Mais la solitude, la solitude, celle qui ferme votre porte à clé la nuit, celle qui vous colle du silence artiste dans les yeux pour vous empêcher de les clore, qui vous permet de suffoquer plutôt que de respirer, celle là est terrifiante. Elle est hantée de fantômes, de démons geôliers. C'est d'un enfer véritable dont je vous parle. Elles n'y crurent pas, elles, quand mes yeux perdus, ivres, tournoyant, jurant que j'avais vu le Styx, que j'avais vu des monstres cousus de blasphèmes. Alors je devais dérouler ma langue, les inviter dans ma tête. Et quand je le fis, chaque fois que je le fis, celles qui n'étaient alors que des victimes innocentes devinrent folles compulsives prises de soubresauts, elles hoquetaient de douleur à chaque seconde, elles crachaient, éructaient contre ces images que nous partagions désormais. Je n'offrais pas d'alliance à mes femmes seulement mes cauchemars. Pour les subir il fallait être vide d'âme. C'est contre elle que leur appétit se jetait le premier, farouche, ardent, il dansait avec ses fourches, avec ses têtes cent fois réinventées, avec la peur carnassière contre l'âme acculée, contre l'âme effrayée qui avait clos ses yeux déjà, qui se savaient bientôt gésir à l'intérieur du corps ennemi.

Je peux l'écrire. J'ai tué pour de vrai, juste avec des mots et mon sexe. J'ai tué pour de vrai, juste pour éjaculer dans la gorge d'une blonde.

La solitude, celle que je fuis dans leurs yeux d'automates -mes automates- m'effraie. C'est une hydre changeante, qu'on ne peut risquer de décapiter sous peine d'être assailli de milles peurs nouvelles, puissantes d'autres facultés, de légendes que vous ne saviez nommer et qui vous tue malgré tout.

La solitude, la nuit, me laisse les traces de nos combats sur les doigts. Mes mains sont pleines de cicatrices, de celles que je lui inflige avant des les arracher. Je n'ai jamais perdu contre la nuit, je me garde d'elle méfiant, avec des corps étrangers, des corps inconnus qui irradient la pièce de leur pâle luminescence. Je me protège, ainsi, avec de la chair nue. Je ne baise que des blanches aux yeux clairs, pour qu'elles chassent toutes les ombres qui m'envahissent. Ce sont mes briquets, mes lucioles qui virevoltent interminables contre mon ciel, le ciel très bas, voûté de ma chambre.

Je n'ai jamais pu dormir la nuit. Quand la paupière tremblait, je sentais les pas de la nuit menaçante, je la sentais avec son odeur d'agression, je respirais le sang de ses victimes déjà. Alors je sais, je sais tout d'elles, l'heure de son lever et celle où le jour lui succède épuisée de n'avoir su m'emporter.

Posté par boudi à 05:57 - Commentaires [23] - Permalien [#]