28 octobre 2009

Je bande encore.

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Et ils auraient voulu que plus jamais je ne bande ? Ou moi ? Que je ne bande plus pour ressembler un peu à ce continent d'eunuques ? Hé. Faudrait voir, les parfums, faudrait voir toutes les entêtantes extases que je louperai, moi, à plus bander, faudrait voir comment c'est doux un dos animal, comment c'est chaleureux des seins de fer. Je fonds, je glisse, je tremble, et je suis assis sur un banc de lumière, au milieu du désert, c'est violent de couleurs et les yeux doivent s'habituer à la vigueur blanche, le regard, sorti de sa chambre noir, discerne derrière les barreaux pâles, des formes, des corps, des dévastés et puis des droits comme des chênes. Je rêve d'incendie, je rêve, de faire gémir la terre, et puis les murs, et enfin les miroirs, qu'avec toi ma C. (et c'est par respect que je ne dis rien de ton prénom) on fasse pleurer trois cent voisins. J'ai l'habitude, des gémissements, moi, ailleurs, en bas, en haut, droit, fiers, et puis on irait sur une jambe tant qu'elle est dure, tant que je bande, je peux conquérir l'Univers. C'est mon risque l'impuissance, c'est le danger d'avoir tout son talent contenu dans sa bite, là juste au bout, et ça rouille d'être dressé toujours aussi colérique, un talent, ça fait mal à force, le sang qui caille. Vous avez déjà entendu ma voix ? Elle est calme mais frénétique, elle parle toujours de bazar, et puis de folie, elle parle de murs qui montent, des flammes qui viennent fondre le ciel, et on appelle ça la cendre, et vous avez le corps tellement mort que vous ne savez plus si c'est chaud ou bien, si c'est froid, et vous mettez des masques le matin, vous en mettez trois différents, un sur le ventre, un sur les yeux et un du mollet aux orteils, et vous êtes contents. Et pourtant y a pas Ensor dans vos têtes, y a pas la folie de vieillards hurlants, de clowns inquiétants. Le cirque est un loisir, l'enfer un mythe, et les deux sont en moi, je suis une légende tout seul, je suis un poème, une symphonie, une musique qui vous effraie, et vous avez peur de moi, parce que vous savez bien que ma salive empoisonnée vous mettrait par terre, allongés. On peut mêler nos fluides, échanger nos sécrétions, comme desnuméros de télephone et enfanter des bêtes à cornes, des peurs. Césarienne pour bête immonde. Ma voix vous la voulez ? C'est là 06 75 84 70 47. Attention, partez, c'est léger ma voix, c'est comme un flocon qui tourbillone sur un visage, qui se pose et vous brûle, vous dévore, ça fait tout avaler, ça fait fin à toutes les lignes, à tous les paragraphes, et y a pas de virgule, y a pas ponctuation dans la vie et je parle comme je vis. J'ai pas de frein au verbe, j'ai que des vitesses, des plus, des envies, des associations, de smots, des alliages, alors je mets quoi là, dans ma chimie, c'et quoi le substantif magique, l'alchimiste d'aujourd'hui, la poussière de demain, merde, quoi, je ne mets que du cri, ma voix brise les os, elle écarte les mers, ma voix, elle fait tout ça, pleurer les femmes et puis rire les enfants. C'est pas du zozotage, c'est de l'assuré envolé. Je parle du poète à la voix de lyre, du fou au cri de tambour, et moi, moi, j'ai la voix de l'azur, qui passe, qui file, traverse, et vous pend. Y a pas de formules en littérature, j'en claque comme des aces, je les balance, je suis une machine à les servir, mais je suis DANS LA BANQUE D'INVESTISSEMENT MOI MONSIEUR? JE COMPTABILISE PAS LES CHIFFRES JE RAMENE PAS LES CLIENTS? MOI JE SIGNE ET CA DEVIENT SAIN, ON SE REND PAS COMPTE SOI COMMENT UN AVOCAT JURISTE JUGE LEGISLATEUR CA A TOUT POUVOIR. Chaque article du code civil est une lettre de cachet. CA FAIT QUOI ? ? ? ? ? CA TROMPE CA MENT ? Et d'un mot, d'un souffle, d'un vote, d'un paragraphe, d'un renvoi la même pensée, la même volonté qui asservit, qui assujettit, qui ravale, qui rapièce, la même exactement la même, d'une ligne peut mener au trou ou au sommet, c'est ça le juriste toute sa vie se consacre à justifier la pensée odieuse. A tenir en équilibre entre le légal et l'illégal. Sur une jambe il risque la vie des autres. C'est marrant, on se sent un peu général, tous les jours à la banque c'est Verdun. Le droit, la morale ce sont des prisons pour imbéciles heureux, l'honnêteté est un vice de pauvre et c'est pour ça que les pauvres sont pauvres, il faut bien leur faire admettre le bien et donc le paradis pour qu'ils acceptent d'être pauvre, de pas savoir comment c'est de savoir, de jouir. J'ai les jambes qui tremblent. J'écris avec les jambes ? J'écris avec le corps, et vous ne pouvez pas saisir quand vos vies sont en ordre, quand vos emplois du temps vous mettent à genoux, c'est pas innocent si chaque cadre de l'agenda s'appelle cellule. T'es enfermé volontaire. CA doit faire bizarre le matin, de verrouiller sa propre prison, d'éteindre sa propre lumière pour vivre dans le noir avec des yeux abominable,s avec des peurs de gosses.
J'ai oublié d'être con, j'ai plus envie de rien, mais je bande encore, je bande encore et j'ai des rêves, comme un loup au milieu d'un chenil, parce qu'il aime les chiennes. Mais j'ai toujours des dents, j'ai toujours l'instinct de malfaiteur. Je n'ai besoin que de ma C., qui m'attendrit l'être, me fait léger, et le ciment, et le béton, et le bitume, et tout ce qui goudronne les plumes et puis la grandeur, elle l'allège, c'est de la mutilation, de l'amputation d'horreur, je suis plus grand. Après. Oh ta bouche. Je lui donne un prnéom tu permets ? Promesse. J'ai la voix de l'azur.

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24 octobre 2009

Je n'ai fait que fuir

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    Toujours être ailleurs. S'en aller.
     

    Ca m'agace la foule. Encore.

    J'ai ouvert mon moleskine. C'est amusant qu'aucune ne le devina sous mes épaisses poches, dans mes valises, sac, ce petit carnet de 10 cm de haut, plein de mythes, de minuscules lettres, des déliées à peine formées. Je l'ai ouvert, et j'ai trouvé des dates, des amusements.

    2 juillet 2007 :

    6h37
    J'attends à la gare de Lens mon TGV. Le brouillard de Loison fit une cape autour de mes épaules. Le temps est complice de mes fuites, il me nimbe de sa grisaille. J'ai volé la mastercard de Jean, celle d'Emilie. Je n'ai pas trouvé celle de Sophie. Le chien a aboyé. J'ai tourné la clef, lentement, dans la serrure pour ne réveiller personne, j'ai descendu les escaliers à genoux pour ne pas les faire ployer. Que le bois soit muet et les murs sourds. Je suis parti, avec de l'organisation dans les poches. J'arrive à Paris. Je suis bac+1.

    17 juillet 2007 :

    J'ai craché tout mon mépris, tout ce que j'avais dans le ventre, d'ordures à la gueule d'Elodie, tout l'uranium digéré, toute la saleté qui me fait dedans des caprices ravageurs. Je lui ai mis dessus comme mon foutre sali, comme la noirceur de tous mes sens. Elle a chialé. Je m'en tape. Pauvre conne.

    Décembre 2007 :

    Wendy est venue chez moi, en silence, dans des pas de laine. Papa était devant la télé, Papa qu'elle crut mort, que je déguisais, avec des parfums de poussière, d'absent, que je glissais du vide sur ses yeux. Papa était par terre, et je lui ai dit à Wendy, pas un bruit, des esquisses de mouvemnt, du mutisme, vas-y allonge toi. "Marion..." "Tu m'as tué chéri". Pardon, c'est l'habitude de simuler, dissimuler, le texte, l'oreillette, l'absence multiple. Chut, tais-toi, tu n'existes pas.

    Samedi - printemps/été 2008 :

    Je suis parti doucement de la chambre, sans faire craquer le lit. Wendy était nue, sur son flanc, endormie. Les images de la télévision brésillaient, coloraient. Il y avait du bleu pâle au plafond. Elle n'a rien vu, rien entendu des mouvements saccadés de ma fuite. Quelques secondes avant, quand las, déjà, quand las trop de fois, je me réfugiais dans mes silences, elle avait mis ses doigts autour de ma bite, que le sang circule, que le sang me jaillisse dessus. Qu'elle sache un peu comment ça fait, de vivre, d'avoir le sang tout contenu, des règles qui vous saignent dans le désir. Ca a marché à demi. Elle a des vertus que j'appelle des vices, la mignonne.
    00h30. Je prends les clefs de la chambre que je dépose dans la salle de bain humide, je les dépose là pour que sous l'auréole de pluie, de gel, il y sue des larmes. Qu'au réveil elle les trouve toutes trempées, dessous de l'eau qui coule, circule, de l'eau qui gémit un peu. Elle se réveillera et je ne serai plus là. J'ai ouvert sa sacoche, très précisément, j'ai pris 25€. Devant son appareil photo et son ipod j'ai hésité (comme elle hésitât un jour) puis j'ai eu peur, peur de son père, peur de son noir. Je me suis imaginé son père que j'imagine avec une voix de tambour. Certains poètes sont des lyres, des accordéons, des violons, lui je l'imagine acteur époumoné, tambour. J'ai pris un peu de son argent, oublié Maggie Cassidy, laissé sa richesse technologique. Qu'elle vive de son bruit, sa prétention, ça ne me regarde plus on ne se reverra pas.

    Août 2008 :

    Elodie, ma belle Elodie est toujours là, malgré les cris, malgré mes rages. Elle m'attend, elle est venue à Paris "un peu pour toi". C'est fou. Je la croise avec Marion, je la file, je l'organise, je la fragmente en petites cellules qui s'intègrent à l'emploi du temps. Jardin Du Luxembourg-Ophtalmo--Palais de Tokyo-Marion-Père Lachaise-Maison d'Elsa. C'est fou, ces gens qui restent, qui demeurent, comme si j'avais en moi une lumière invisible et nécessaire.

    Mars 2009

    Avec Marion, c'est fini, je me le dis depuis un moment, il faut juste faire rompre ce qui trop plie, ce qui met du terne, du gris dans mes yeux. Elle m'ennuie, je dois organiser la fin, la structurer, mettre de l'architecture, du planifié soviétique, de la charpente aride pour tout soutenir les au-revoir. Son père n'est pas là. Nous avons les clefs, nous y dormirons. J'ai tout pensé. Avec un bruit de rasoir, quand elle se touche sous la douche, j'ai volé son GPS. Sans scrupules, aucun, jamais. Je l'ai pris, rangé dans mon sac à dos vert-fond cuir. Je le vendrai (note du présent : 219€). J'ai déjà récupéré mon Rimbaud, je sais que c'est fini, mais moi je ne quitte pas, pas vraiment, j'attends que les choses meurent, qu'elle serpe le pied de vigne, vendangés les vins de l'abandon.

    Avril 2009 :

    Avec Wendy on s'est revus, plusieurs fois, avant. Malgré ce départ la nuit que j'ai dguisé de mes névroses, que j'ai travesti en alcool. Fiole à purin. J'ai violé l'hôtellier. Je suis parti sans payer, sans rien retirer d'argent, certes. La dernière fois -avec Wendy encore- je l'avais escroquée la pauvrette de 65€ d'une nuit que je ne payai jamais. Marion m'a quitté avant, quand elle découvrit trop nettement les passions qui m'unissaient avec Christine. Dont elle ne devinait pas le quart. Tant mieux, elle est mieux seule, surtout mieux après moi. Je l'ai transformée, en mieux, elle doit en être ravie. Wendy, je l'ai volée, ses jeux (revendus) ses livres.

    Eté 2009 :
    J'ai un peu troqué sa bouche contre du fric. C'est sale le pognon, des dommages et intérêts à ses douleurs morales. Voilà. J'ai clos deux ans, la mâchoire cousue. Je ne l'ai pas rappelée, ça frétillait sur mon être, mes os ployés de fruits las, de branches coulant, liquides et juteux. Je n'ai pas rappelé.
    Pourquoi m'aime-t-on ?

    Je n'ai fait que fuir, m'en aller par les routes qui ne croisent rien. Je crois que je n'existe qu'à peine, sur les ventres, les seins, les yeux et quand aujourd'hui je n'ai de désir que cimetière, je fais quoi ? Je vis où ? Quel désert ?

    Narcisse défiguré.

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02 octobre 2009

P

Pas envie d'écrire. J'ai tout un carnet de sensations, avec des chiffres, des dates, des femmes qui font ployer les lignes de leurs trop lourdes poitrines. Ouais. Pas envie d'écrire, je tiens ma vie dans un journal étroit. Je fais plus trop dans le glauque. Demain je danse, un peu, le chacha, contre des miroirs immondes, dans un souterrain où l'on vit bien. Alors je m'abandonne moi, je me tais, beaucoup. Je peux dire quoi. Je peux dire ça :
Si tu doutes de l'enfer viens faire un tour dans ma tête

La beauté excuse la médiocrité. Le talent excuse la laideur.


Pour s'endormir certains hommes baisent, les moins chanceux et les mariés se masturbent. Moi j'écris. Mais je n'écris plus, alors je ne dors plus en conséquence.


Je rêvais de mettre l'humanité à genoux pour qu'elle -rampante, toujours- prenne un peu de hauteur.


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