27 novembre 2009

Narcisse s'il avait vieilli ou salut à la déchéance.

Narcisse qui cherche sa figure dans tous les passés, les photographies, Narcisse qui ne voit pas sa face odieuse, marquée de blessures gercées,, qui ne voit pas qu'il a le cou ensanglanté. Pauvre, pauvre beauté infirme, pauvre enfant toi qui d'amour trempait la main dans les sources claires et profondes, te voilà t'agitant au milieu des cascades, secouant la tête chauve dans l'eau profonde, soulevant les pierres qui font saigner tes mains. A la recherche de quoi Narcisse ? Narcisse bel enfant, où es tu mort, où te noies-tu ? Ces fleurs ont déjà ton odeur qui poussent et s'élèvent comme des fumées inclinées. Tu es là, et ta main crochue où pend la pourriture tremble dans l'eau pâle à la recherche de toi. Il espère que les feuilles qui tombent - parce que c'est l'automne parce que c'est l'heure pour les beautés de faner- viendront faire de la peinture dans les flaques régulières. Y tracer à traits fins comme des doigts de musique son visage d'hier. Tu étais beau, et tu n'es plus que rides.
Il ne sait plus bien qui il poignardera demain. Si ce sera le parfum de cette femme qui danse sur les rivages, si c'est le reflet qui meurt incessant,, c'est c'est lui même ce corps-carcasse qu'il traîne et sape. Il se sent une âme, soudain, oui un Âme. qui traine un corps, voûté, qui se sent Atlas à porter dans ses cernes toutes l'horreur du monde. Sous les paupières il a deux tombes profondes où se blottit la nuit. Pauvre, pauvre enfant.

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23 novembre 2009

Coup de feu dans le noir.

J'écris avec de la poudre et des balles.

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19 novembre 2009

De Anne à Wendy.

Annette

...

Wendy a les yeux bleus qui lui meurent lentement sur la poitrine. Quand elle marche là dehors, elle voudrait sous ses pas entendre les les vivats des fantômes. Je pense à elle, parce que j'ai une date qui me surgit du dedans. 31 décembre 2008. C'est la fête, et tout Paris qui brûle de couleurs, des lacets de lumière qui s'échouent sur la grève des cités bariolées. Quand on me frôlait, l'oeil jaloux, on me murmurait les obscénités que j'allais reproduire sans rougir, sans haïr. Je peindrai la nuit avec du noir, et ça lui sort des yeux qui sont toujours mouillants. Et c'est pourquoi ils sont bleus, tes yeux, qu'ils font penser à du verre qui ne réfléchit rien, comme un vitrail d'une Eglise sans sauveur. Tu es venue c'était neuf heures, la nuit trébuchante qui enroulait de ses ombres tout Paris, et la nuit est un corset qui serre Paris, entière. Un russe, ou un autre qui venait de son pays à genoux, là-bas de l'autre côté du froid et de l'Histoire, t'a tiré les dreads et elle a eu ce mot "je suis content d'être avec toi, parce que mon ex se serait battu ici" et tu n'as pas vu que la couardise était le pourpoint de l'indifférence. On s'est assis, au milieu de la fête, et de la musique, c'est Paris la nuit qui danse d'or, et de notes souterraines, et quand le tambour hurlait, que la guitare séchait, certains ont chargé. D'autres temps, ils avaient dans le corps tant de rages frustrées qui leur tourbillonnaient à l'intérieur, qu'ils sont venus. Et j'ai eu peur. Peur moins pour tes dents que pour mon ipod. Après tout, honorer la guerre, les batailles, sur le champ de Mars tout dédié aux victoires, aux morts échoués, quoi de plus fou ? Je me souviens, du rer C, de la défense, et du transilien, de la marche puteaux à ma chambrne. La clé qui tourne. Les draps tachés. Kagemusha. Les draps suants. "Tu m'as tué chérie". Et je ne l'aimais déjà plus. Je t'aime un peu je crois, comme mon enfant avorté, comme ce foetus qui quelque part finit de pourrir, lentement, tout couvé de froid et de mains savantes. Je pense à ça, parce que ma mémoire me le permet. Parce que j'aime une enfant, qui s'appelle Anne, et qui m'aime un peu en retour, et qu'elle a des yeux bleus immenses, qui me rappellent la tristesse des tiens. C'est ma Lolita, lèvres blêmes, qui saigne dans ma mémoire. Et les peaux stériles, les ventres affreux réclament des enfants à blasphèmes. Sur ses lèvres on peut faire tonner la foudre, qu'elles restent toujours blanches, qu'aucune obscurité ne peut les délier de cette pâleur cristalline. Dessus, sur ce fil sec qui entrouvre, et divise, rompt et abîme, comme une frontière de fusain sa bouche, je vois s'étirer les formes, les silhouettes, le passé, un peu, elle s'appelle Anne, et je l'aime et l'embrasse en silence, parce que c'est un peu de te réparer toi quand tu étais une poupée de cris, de rages et de larmes. Alors déli catement, je longe sa peau de ma salive, pour recoller tous les bouts d'elle, pour que son corps fasse jaillir sa flamme intérieure, ce bruit sec, de deux pierres qui s'heurtent, et c'est ce que je fais. Alors, mon souffle expire ma langue, et ma langue expire l'extase, je sens ses deux mains qui me tiennent la nuque, fermes, et la température de ses cuisses. C'est Lolita et il n'y a pas de gomme qui lui claque entre les dents, et me fout le frisson au ventre. Non. C'est le bruit du préservatif, qui craque, quand elle me réclame du vice, dans ces longs chemins qui mènent dans le noir, dans les halls d'immeuble, qui sont les caractères de la mémoire, et nous réfléchissent les formes, et les os. Alors je pense à Wendy, pas longtemps, seulement pour me mortifier les quelques secondes durant lesquelles mon sexe fait gicler sa tiédeur sur son ventre. Après j'oublie, et même si elle est phare de digérer l'or de moi, la sueur de moi, qu'elle la déglutit entière, j'oublie quand même. Je sens des voyages me parcourir, des bruits de pistolet, du chien qui tape le froid métal, et qui revient en place, à peine défiguré de son meurtre. Et c'est de l'électronique musique, alors je tire dans la foule, et elle danse. Ce n'est pas un général le DJ, juste un assassin. Alors Bang, Bang, Boum, Boum, on peut faire varier la bouche d'un flingue, ses sonorités, ça peut même piailler avec un peu d'audace.. Je l'ai prévenue Anne. Je préviens toujours. Je sens remuer en moi des vipères bruyantes, et si je m'en vais dans un long manteau de poussière, pense aux fronts qui perlent de batailles, à ces périmètres dessinés à la craie qu'on nomme pays, à tous ces crânes qui perlent de blessures à lécher. Mes mains sont fardées de sang. Alors je pense à toi Wendy, parce qu'il y a un peu du tien dessus. Je pense à Anne. Tu remarques comme c'est ironique. de Anne à Wendy il y a tout un océan de lettres. C'est simplement ça notre pays de neige. Regarde les traces qui s'y abandonnent. Le banc gelé et les sémaphores sevrées de sève électrique.

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08 novembre 2009

...Si le diable veut danser.

Je sais que pour te reconquérir il faudrait dispenser un silence tout teinté de mots, de l'ombre des mots. Mais je m'en fous, ton cul est intéressant, mais cent autres qui gravitent autour de mon nombril autant. La raison, la vraie, c'est que tu n'as pas encore tout à fait rejoint la procession de fantômes que je traverse au milieu de mes marches, la nuit, à travers lesquelles je passe quand je déambule entre deux insomnies, une paire de jambes, mes jambes, ses jambes. C'est que tu n'es pas encore, malgré ta paleur, toute transparente. Alors ouais, je pourrais jouer les roublards, les sniffeurs de vent, les grands malades, mais il y a dix raisons comme des lois divines qui sortent de la bouche écarquillée de Dieu pour ne pas. Tu ne m'intéresses pas, je refuse de te blesser et je sais que j'ai la foudre qui me court sur les phalanges,malgré moi, je suis né avec elle on s'habitue soi à l'électrique stimulation, à être un orgasme vivant mais frigide dans les bras des connes, parce que tu es chiante, chiante comme une naturaliste qui décrira sans fièvre le tissu froissé de sa vie, parce qu'encore ton cul ne m'intéresse pas assez pour que je bande trois cent kilomètres. Ce pays de neige qui nous sépare loin de l'autre. J'ai décidé de tout savoir faire avec du verbe, et je le sais, je peux faire chanter un clocher qui soulève sa musique dans de la poussière d'or, de la poussière sableuse, du temps qui tourbillonne et raconte des époques, traverse des images. Et les morts se lèvent. Tu sais, dans la tête, c'est les portes du pénitencier, qui s'ouvrent, et s'échappent cent malfrats la haine qui leur fait au visage comme de la petite vérole, cent mille petits trous, et on dirait des poètes mes bandits, je sais à peu près tout raconter. Et je ne veux pas te nier, t'es déjà presque disparue, placardée sur les murs fragiles, irisée, et ta figure se tient au bord du néant, comme une crète d'agonisant, pas tout à fait, alors je peux t'aimer un peu, dans le sort des insignifiances, dans ce sortilège des vides, de la magie du matin qui coule par petites embardées, comme des saccades de pluie et de neige qui volent et dansent. Tu sais quoi ? J'ai même pas envie de te baiser. Enfin, si, mais pas plus que celle que j'allonge trois fois par semaine, trois semaines par mois, sous les trois angles de son corps. Parce que tu sais, moi, j'ai un appareil photo au pubis, je suis comme ça, je prends sous toutes les vues, et je suis plein de rouages, mécanismes, de physique et d'optique dans le déclic, j'ai des boutons sur les nerfs, et il faut les saisir, tout plein d'extase, de peurs, de chaleur qu'il faut activer sur la pudeur, régler la focale, sucer la lentille et je vois flou de naissance. Et la vitesse, tu sais, la vitesse, elle est folle dans ma tête, elle court, elle transbahute, c'est la foudre, ma vitesse. Méfie toi toujours de la rage qui devient envie. Alors je suis ça, et je te prends, je les prends sous tous les angles avec mes yeux flous, et je sais tout faire et ça m'effraie tout, créer tout construire. Je peux parler de la lumière là qui se couche dans tes yeux, de ce crépuscule électrique des lampions qui hésitent, qui s'endorment, de la modernité qui elle aussi a ses heures, son matin, son soir, et même un zénith je crois. L'électrique extase aux doigts d'argent. Tu vois ? Je crois que tu me manques là, Wendy, qu'en t'écrivant, ça me rejaillit, et que je donnerai bien ma bouche pour la tienne, que j'aimerais tes bras autour de mon corps. J'ai froid, j'ai toujours eu froid, et tu sais je crois, combien mon corps, mes doigts, que j'enfonce dans les sexes féminins pour la chaleur de l'excitation, sont gelés. Et c'est dur, alors ça te fera trembler, et tu voudras un jour, et je voudrai un jour, on aura quarante ans et du néant dans les poches, poches trouées. Et t'aimeras un type et les séquelles de nous, e tu diras comme ça, que t'es amoureuse, mais t'auras quarante ans alors tu feras comme si, en te souvenant de tes dix-sept et de moi. On fera comment ? Un jour je t'appelle, un jour tu m'appelles et on se retrouve au milieu du monde, on fera des cartes mystérieuses, des recoins secrets et on l'appellera "nos corps", ce sera un fil mince mais tendu, de mon vice à ton vice, et on s'attachera les sens, on fera du bondage d'émotions. Tu fermes les yeux, quand tu me lis ? Et là, ils battent comment ? C'est quoi la régularité ? Tu sais à quoi ils me font penser, tes yeux ? A des blocs de lumière emprisonnés dans un cristal pâle. Dedans y a assez de peinture pour faire un nouveau déluge, pour tout submerger les phrases, les peurs, les haines, dehors, mais voilà tout est capturé dans la vue, c'est comme une pierre qui enterre l'épée sacrée : Excalibur, y a de la puissance endormie, et tu l'enterres dans le bruit, ton rocher c'est la poix des bocks. QUand tu auras trente ans aussi tu diras "le bruit commence à m'ennuyer", parce que tu sais l'odeur de la suie, et la beauté du silence, on peut en faire des tableaux du silence. Mais oublie pas c'est le lit des égoïsmes, et on s'y couchera dans ce lit, et on l'appellera solitude alors, on se mettra à genoux, enfin toi surtout, -c'est la place de la femme- et puis on priera. J'aurai le corps toujours maigre, avec des trésors dessus, et toi, le tien toujours comme un parfum pleine de volupté, le ventre gorgé de couleurs, de toiles, et les perles de ton dépit pour attacher ta taille à ton corps, pour ne pas qu'elle s'en aille ta taille. Et on se reverra, et tu le sais, et ça t'emmerde là tout de suite, de savoir que y aura ma bouche qui te fera gémir un peu, pas trop, de savoir que t'es tous les instruments de mon imagination, et la flûte, pour la bouche et le piano pour les doigts. Femme orchestre que je t'appelle. Tu vois, je te veux, sans te vouloir, parce que je suis loin du pays de fièvre, là où on truque les mots, où on leur donne des visages d'habitude, des traits d'inquiets qui rappellent des souvenirs. Je sais que je pourrais te faire m'aimer, y a toute une liste d'ingrédients, un lexique qu'on l'appelle, pour faire le philtre, mais je fais pas, je marche à côté de la route, tu reviendras dans mes bras, comme la pluie finit par tomber au milieu du désert, comme on voit soudain rejaillir l'eau de l'oasis tarie. Et un jour tu seras à Paris, et on aura une chambre d'aube et de pourpre, avec des haillons de lumière aux volets, et la nuit on s'aimera et le jour encore, puis tu t'évaporeras, et on s'en voudra, on fera des morsures à nos mollets parce qu'à te baiser quelques fois, à te faire l'amour beaucoup d'autres, je t'ai mis mon foutre d'extrême violence aux organes qui s'accroche à l'âme, et je suis désolé, c'est un peu moi, pas trop, qui incube en toi, mais j'ai des vertus dans tous mes liquides et alors je pleure pas t'imagines tout ce que je pourrais contaminer avec des larmes ? Tout ce qu'il y a de maladie en moi. Et puis je saigne pas, ça fait pourrir la terre je crois. Là, je veux que tu m'aimes, très fort, et très directement, qu'on se voit vite, et qu'on ne s'haïsse pas, qu'il y ait la place pour la coalescence de la violence et de la tendresse, et tout ça en rimes pauvres, c'est comme mon clavier conclavant. Je suis de la misère, tu le sais, jec rois, je peux truquer si tu veux, te faire trembler de loin avec des mots, vêtir un habit avec un long manteau qui habille tes cauchemars -mon nouveau manteau m'arrive plusbas que les genoux-, et puis même un masque pour bien te faire trembler, pour bien t'arracher à tous les bras amoureux de l'Univers. Tu sais Wendy, un seul de mes doigts, et je ne parle pas d'agilité, de sexualité, de bestialité, d'animalité, vaut toutes les mains réunies en ronde de l'humanité, qui serrent, tous les bras ne valent pas mes haines. Un seul de mes doigts, et c'st comme ça, je marche avec du souffle, et Bruxelles, c'est loin, et je bande pas assez pour que ça frappe à Saint-Gilles, et Saint-Gilles c'es tmonpatron, des estropiés, alors je le découpe lui aussi, pour former des images, pour te filer une farandole de baisers de loin, et d'oubli un peu. T'es pas encore dans la procession des oubliées, des abandonnées, celles que je traverse, et qui n'encombre pas ma marche, toi tu es dans mes pensées, dans ma mélancolie, je t'ai fait une place au chaud dans mes lignes, et si tu fais attention, juste un peu sous la ponctuation, tu verras que y en a une dansmes yeux, pas longtemps, parce que j'oublie, je chasse. Tu vois, je m'embourgeoise, je chasse, j'ai un habit vert, et je peux dire "Je suis mort" et j'ai la force de t'aimer. Pas longtemps, et c'est heureux, parce que tu m'aimes encore mais pas longtemps.On fonctionne pareil. On entend alors le tic-tac du crocodile, qui vient heurter le bois sec du bateau, on l'entend qui agite ses secondes agonisantes, comme une trotteuse, avec le calme méthodique de la mort. Il attend, en bas, sous la proue écaillée, qu'on descende se laver les sens, tu entends aussi ? J'ai déjà perdu mon ombre dix fois, et dix fois tu ne l'as pas recousue.

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07 novembre 2009

Allons voir mignonne...

Dingue. J'ai la gueule de la nuit pour que me causant tu imagines qu'elle entende la supplique et les plaintes, puis vienne bercer tes soirs et en faire des matins, orgueilleux/merveilleux, des merles moqueurs accrochés à tes yeux las ? Qui ploient, battent, et sans ailes s'entredévorent le sommeil. Moi je n'ai pas le temps de dormir, moi j'ai le temps de piller, voler, d'organiser des détentions. On a chacun pile comme on mérite, des prisons suisses, des boucaniers hurlants, Bruant, des culs brûlants, des seins, des bouches, et tout béant ouvert. Fais gaffe, à voir derrière l'insomnie mes membres tragiques tu vas tomber amoureuse, et de moi, c'est toujours très bas, vil, sournois. La chute, c'est moi, j'ai tout un épisode biblique qui part de mon nombril en mille cercles concentriques jusqu'à clouer Christ, à bombarder Port-Royal,à assassiner Henri IV. Ravaillac, c'était mon frère. Je peux tout faire avec du verbe, avec ma voix d'angelot qui sonne comme une cloche : les baptêmes, mariages, enterrements, tu t'imagines ce que j'y mêle moi, la vie, la mort, la renaissance, tout ça en un octave, en deux silences, hop. Vas-y pends toi à mes muscles. Fais gaffe mignonne, à pas trop t'approcher, je manie la foudre qui me tourne autour des yeux, j'ai le coeur buté sur un bâton de merveilleux, j'habite un vertige. Mais j'ai pas envie, ça m'intéresse pas moi, tes yeux, tes doigts gourds, et quand je dis tes yeux, je dis ceux de l'humanité racoleuse, je dis la foule rieuse et la mélancolie furieuse, je dis le monde et l'insomnie. J'ai divorcé des gens sur ma butte. Je suis riche, très riche, -comme Bruant- j'ai des soutiens en or, des baleines d'argent, des armatures en uranium, tout un cancer de fric suisse dans la gorge, je peux chanter un hymne à la vie. On me voudrait plus sobre, mais j'aurai toute la mort pour décuver ma vie, et toutes les ivresses que je vous ai pris. Toi, tes yeux, ton ventre, jusqu'à ta matrice stérile je connais, jusque derrière la peau, si retournée qu'elle exhibait le foie, le ventricule, les os, et les poumons noircis, ouf, et le pancréas, estomac, intestins, je sais ton anatomie, ton architecture en vrac, mille fois je te possède, mille fois je t'oublie, parce que je me souviens des détails, de la lumière qui jette ses reflets au plafond, le soir, ouf. A la fenêtre, Crowne Plaza, Bruxelles, des photographies, ouf, la nuit à quatre pattes, ton chapelet qui attache les perles de ta misère au ventre, ouf, les larmes,les baisers, les adieux, et Avignon, et Loison, et Chatou, et Boujan, et Montpellier, et Lille, et Bruxelles, et Genève, et Nice, et Pornic, et Leucate, et Grenade j'ai un abécédaire de villages et de montages, j'ai été de A à Z sur des corps de fillettes, j'ai tout l'univers entre mes doigts. Mais j'ai arrêté, quand j'ai vu que tout le monde pratiquait je me suis mutilé le visage, j'ai défiguré ma séduction, c'est traitre, et c'est pas joli, tout le monde fait, du plus ignoble à la bouche tordue ou poète transi de douleur. J'ai decidé de naître Louis XIV, je vais être soleil couchant, crépuscule, et puis la Cour, on jouera Molière et on l'interdira en même temps. Allez Solène, file, ouste, fais attention à mes postillons ensorcelés quand j'hurle ma vie, quand je clame mon être, c'est tout empoisonné, ce sont dix comètes qui jaillissent de ma bouche. Je suis avec du désir dans les membres, les phalliques et les autres, j'ai dix femmes orchestres, une flute et j'y colle ma bouche, un piano femme tendre sur lequel glisse mes doigts. Tu sais toi, combien c'est facile pour un pianiste de faire jouir une fille, et ses dix mille nerfs comme les cordes du piano, sa peau comme l'ivoire du piano, ses gémissements comme le cri du piano, tu sais ça, d'une caresse, j'en arrache dix sols, dix planants, et des la, des octaves, et puis même un dièse, un dièse qui jusqu'à Kaboul fait jouir les femmes sous burkah. Y a pas à accorder une fille, y a juste à lire sous la peau, les nervures, les veines, les souffles, et puis ça crie facile, et c'est du plaisir insignifiant, alors que la musique, Solène, la musique quand ça monte dans l'atmosphère ça fait des fusées qui s'écrasent sur la Lune, la musique, ça s'élève, ça fait bien attention à tout ramasser les notes. Alors pourquoi tu me causes, c'est un peu de la solitude, dans tes silenecs, et tu croyais, que t'allais là dans tes nuits m'enfermer à double mépris dans tes cellules d'emploi du temps. Non, t'as d'autres gens, alors moi, parce que j'ai cette gueule de poète, et c'est pas tous les jours qu'on croise un authentique génie, un qui peut faire naître la flamme d'un verbe, vas-y dis moi ce quej e frotte que j'en fasse un poème symphonique. Ah la musique, la musique, et je te réponds avec du retard moi l'attentif, moi le patient, parce que je faisais cracher une flute des gémissements, parce qu'avec la langue j'arrachais des sanglots puissants à un corps tout fragilisé de détresse. Au revoir Mlle Jardy, au revoir So, ou qu'importe qui tu es. Donne moi des nouvelles de tes insomnies, que je m'amuse à les découper en tableaux, à cracher de la peinture. Je suis trop grand pour l'Univers, alors je le porte dans ma poche.

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