03 décembre 2009

Des putains et des saintes.

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Marie-Madeleine putain du ventre jusqu'aux mollets, Marie-Madeleine Sainte, du ventre jusqu'au voile. Des hanches qui se découpent dans la lumière et des reins taillés dans des chutes' d'ombre. Marie-Madeleine, lèche les plaies de Christ qui fument, et s'écoulent en glougloutant de sa mortelle blessure. Et les larmes, ses larmes qui d'un oeil roulent impies, qui de l'autre tombent sacrées, font un baume luisant sur les os crucifiés. D'elle s'en va un fleuve grec, fragile, d'eau étroite où l'on guérit de tout. Elle a déposé le sang de Christ dans la mare des larmes, le sang qu'elle a mis sur sa langue comme une onction, comme un baptême de ses vertus. Elle l'a bercé sur ce Styx plat pour qu'il revienne. On ne sait pas qui il a vu là-bas pendant trois jours, dans les pleurs de la sainte, dans les gémissements de la putain. S'il a écouté Orphée jouer de la lyre, s'il a vu les beaux habits, les beaux jardins incrustés d'ombre et de nuit qui sont la fierté du diable. On ne sait pas s'il entendait Marie-Madeleine à genoux, moitié-pute moitié-sainte, prier et puis hurler, hurler et puis prier, confondant les deux faces d'elle-même. L'alliage de ce corps virginal et profané, profané et virginal. le métal de cette peau tendre, qui guida Christ jusqu'en dehors des ténèbres. Marie-Madeleine qui déroula ses cordes vocales, qui se fit Ariane pour rappeler son amour dans ce long chemin qui nous évade du noir. Elle ne savait plus, si elle était putain ou sainte, elle ne savait plus rien de son sommeil, de ses verticalités, de son ventre où grouillait et l'enfer et le paradis. Marie-Madeleine, c'est notre guerre à tous, notre croix de papier...

Posté par boudi à 18:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]