31 mars 2010

Aux petites choses

Avant de s'anéantir
Les étoiles
Brûlent
Désespérées
Comme un amour
Qui s'en va
Mais qui s'embrase
Dans les bras
D'un amour
Qui ne s'en va pas

Et cet amour
(Qui demeure)
Pareil à un ciel
Aux étoiles déchirées
Gomettes qu'une bouche d'enfant,
Rose et vivante, avait posée
Que des mains aux formes d'adieu
Grattent et
Décollent.

Cet amour
Pareil au ciel de
Florence
Fronce sa peau
Noircie
De fleurs
Et d'épines
Et pleure
Les amours
mortes.
Comme le ciel
(étiolé)
Pleure
Les étoiles éteintes

395/

Et sur ton ombre j'ai replié les bras
En cherchant les contours de ton corps
En imaginant tes lèvres.
Demain, je les oublierai, je baiserai en vain
Le souffle qui les fait naître ; l'alizé des soupirs
Du fantôme de toi.
Ma Maudite.

Sur ton souvenir j'ai tracé des pays
A la craie rouge, aux parfums de nulle part
J'ai cherché dans l'identité la différence de ton odeur
J'ai remué des pavés, fouillé le fond des révolutions
Pour avoir sur les paumes un peu de ton prénom
Qui s'échappe d'un conte, d'une histoire, d'un poème
OU
Les cristaux des voyantes
Semblables à tes yeux
Troublent le passé.

(Pour avoir un peu de ta saveur morte dans le ciel
Pareille à l'étoile bleue qui s'est éteinte, et s'éteignant
Gèle les galaxies, les coeurs des amoureux épris
Tremblent.)

Je t'ai écrit dans ce que tu liras bientôt,
Quand la poste fera son office, à trainer
Eboueur des poètes,les déchets de mes nuits,
Que tu as peur la nuit ; que j'ai froid la nuit
Qu'on ne sait plus bien quand nos corps se désunirent
Qui frissonne de peur ; qui frissonne de froid

Mes mains ont bleui, ce sont des taches de vin
Posé sur ton corps de nacre
Que le blanc des draps décolore.

Tes cheveux sont des algues de tourments
Qui nouent entre eux les rondins
des radeaux
Et noient les fuyards aux adieux prononcés.
Tes lèvres sont des anémones qui s'enroulent
Sur un squelette de fer, et se déplient
Comme un drapeau qui claque
Pour étouffer mon murmure.
D'adieu.

Tu es un piège de pâleur,
Un piège assiégé d'hiver.
Sur le ventre, et sur lequel je coule
En blanc, en clair, tu m'as appris
A pleurer en couleurs.
Seulement je ne pleure pas.

Tu es un caillou froid qui borde le rhin
Et tes reins sont le courant
qui jettent en leur sein les mains des amants.
Je ne sais plus de quel côté est la nuit
De quel côté est le jour
Alors je marche sur le bord de l'horizon
un jour aube, un jour noir
Je suis debout sur un trait de lumière
qui brunissant
M'enterre.

Et je m'en vais.
Je te laisse mon ombre
Que tu attacheras à un autre.
Avec tes boucles de ciel
Avec tes algues d'ombre
Tu en prendras un autre
Qui jettera l'ancre
Sans pouvoir la lever
Au fond de la vase
Noire comme le fond
de
L'Univers
Où se voile ton coeur.
(Un autre
Qui sera un souvenir
A t'attacher au cou
A faire une perle d'oubli
Un diadème
Pour danser.)

Dans la nuit tu trouveras des corps
Mais tu n'y trouveras plus
L'amour.
Qui, pareil à la mort,
Enfante dans le ventre du poète
Les vers.

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29 mars 2010

A.

J'ai la poésie de Desnos qui fait des miracles dans mes abîmes
Qui les écarte, ces failles du verbe, qui y engouffre
Le vent, les alizés, l'odeur indistincte de la mer.
Je pense à toi, je te dis, A., que je m'ouvrirai les veines
Pour mettre sur ton ventre blanc, un peu de mon sang.
Oui, comme une bouteille d'un vin sacré, qu'on brise
Et qui tâche la nappe des noces, et des festins
Avec le verre qui coupe les doigts curieux
Comme la bouteille qui imprègne toute la joie
Qu'il y avait dans les pas des danseurs,
Sur la robe de la mariée
Je serai cette tache de sang
Sur ton ventre blanc
Sur ton corps
Transparent
Sur tes
Nerfs
Invisibles
Je serai,
La blessure, le fantôme au milieu des fantômes qui mangera ton ombre, avec les doigts courbés comme des gouttes de pluie.

Je cherche ta bouche, A., ta bouche qui bleuît comme les lacs
Que l'hiver gèle, comme la neige qui pare les sapins verts.
Tu sais. J'ai la chaleur d'une étoile qui s'en va, j'ai sa couleur
Rougeoyante.

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22 mars 2010

Amours mortes

Je cherche des bras
qui me tiendraient chaud, pour toute la vie.
Comme ça n'existe pas.
Je tue.
Pour qu'à la crémation,
j'ai chaud.
Rien qu'un peu
De chaleur humaine

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20 mars 2010

Cartographie

Le corps humain est la géographie de l'individu.

Qu'on se moque des primitifs, derrière l'océan pacifique, qui vendaient leurs terres pour un peu de verre soufflé.

En.

Vendant.

Sa propre géographie.

Ses cartes.

En descellant ses mystères.

En ravageant ses domaines.

En laissant.

A l'abandon.

Son corps.

Pour une pièce d'argent.

Pour un diamant taillé.
Qui n'a pas de reflet.
Je ris.
Parce que.
Je n'ai pas d'or.

(J'aime le verre soufflé.)

Qui rendait au visage.
La vraie couleur des vendus.

J'ai mis.
Sur mon corps.
Des tatouages.
Comme des croix.
Sur une carte. Une carte.
Qui redevient secrète.
Une carte qu'on enterre.
Qu'on celle.
Au fond.
Des mers.
Derrière les ciels.
QU'on fait descendre les nuages.
En dénouant les cravates.
Qui nous étranglent.
Comme des laisses.
Qui.
Nous laissent entrer.
Là où le monde tourne gravite.
Et.

Danse.

Danse.

Le monde gravite, autour de la musique qui les fait tournoyer, mon amour.

C'est dommage. Sarah.C'est dommage.
Parce que pour être si belle. Sarah. Mon amphore.
Sarah. Anaphore.
C'est dommage. Parce que pour n'être plus qu'hanches, plus que corps.
Pour te délester même de l'esprit.
Du souffle.
De l'être.
Tu as du apprendre à vomir.
C'est dommage.
Qu'il te reste entre les dents. des morceaux d'éducation.
Peut-être qu'il faut cracher. Et pour cracher il faut avaler.

Je t'apprendrai.
Sur un autre continent.
Comment on fait.
Comment.
On.
Se suicide.
De.
Sa.
Propre.
Morale.
Et tu pourras dire.
"j'ai fait des deux doigts qui me font vomir le monde, les deux doigts du plaisir"
Et tu sauras. Comment crier.

Tu auras des larmes dans la gorge.
Tu auras dans la bouche des rages.
Des colères.
Quand je te toucherai, tu guériras.
Tu diras "je suis guérie".

Et demain tu auras de la fièvre.
La belle fièvre.
La fièvre.
Qui.
Enflamme le ciel.

On volera un pays.
Avec un prénom de fille.
Qui avait le regard de la mort.
On l'appellera Anne.
Anne.
Parce que c'est le prénom des solitudes efflanquées.
Qui ont oublié d'avoir des seins.
Qui ont oublié la matrice dans le corps de la mère.

Faut tuer le père et la mère quand ça suffit plus.

Anne.
A vu s'etouffer le père.
Sans voir ses seins gonfler des souffles désespérées.
Anne.
A sanctifié la mère.

A vif.
On s'aimera.
Sur les barbelés.
On s'aimera.
Au coin des grilles.
Mais ce sera pour de vrai.
Comme des soldats qui désertent.
Et qu'on attache.
Comme des soldats qui s'en vont.
Et qu'on tatoue.
Comme des bandits qu'on menotte.
Et qui trahissent.
Comme des amoureux qu'on délie.
Et qui se perdent.
Sur la géographie.
D'autres corps.
D'autres vies.

Je t'aime.

je t'aime.

Je t'aime.

"Et c'est à jamais".
Un jour j'aurai la moustache.
Qui te fera me croire.

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19 mars 2010

Turgescent

Allez quoi.
Rester le même, c'était partir la nuit, parce que j'avais trop mal à l'être, que de m'abandonner les reins sur des reins ennemis. Allez quoi.
J'ai la peau tellement épaisse, qu'aucune basse ne la sature.
Allez.
Quoi.
(Je ne pars plus la nuit en abandonnant les filles -comme toi- dans une chambre inconnue. Maintenant je suis le dernier à claquer la porte en claquant des doigts. C'est moi qui ferme les volets, qui rabats les draps sur les bouteilles vidées, j'éteins la télévision  quand je sors, pour éviter qu'on se réveille couvert d'images, qu'une autre que toi voit un plafond bercé de couleurs alors que l'amour sera parti visiter d'autres peaux, d'autres cuisses. D'autres fureurs.)

Celui qui fait la musique du jour.
Le frottis de l'aube.
Sur les replis des jupes
Du ciel.
C'est moi.
Moi.
La tulle transparente.
Où passe
La lumière
(de la lune)
Au milieu des volets
De dentelle.
Entre les restes
De nuit.
(blessée)
Dans les creux.
Des stores
De Venise
(attelle)

Alors.
J'enfante le jour
Entre mes doigts
De soie.

(Je n'ai pas changé,
Mais j'ai vieilli.
J'étais la nuit.
Qui est devenue le jour.
La nuit.
Qui redeviendra la nuit.)

Maintenant, je ne cherche plus la violence dans les nombrils bleus des filles.
Je l'ai. En moi. Fragile violence, que je couvre, mes bras sont les langes, le roulis protecteur qui berce mes dangers.

Je suis la marée, maintenant, la marée qui noit.
Et étouffe.
Et remplit.
Le poumon
Percé.

Maintenant, je ne pars plus, la nuit en faisant pleurer les clés et les filles. Je reste, et c'est moi qui pleure.
Avant.
Quand mon être s'écarquillait de douleur. Démesurément. Je partais.
Je rentrais.

Devant le miroir, je me branlais en abandonnant le corps étranger, le corps souillé que je pouvais souiller.

Je préférais ma bite.
Aux étroitesse féminines.
L'eau.
Qui coule.
Serpente.
Avale.
Ravale.
L'eau.
Qui Bégaie dans le noir.
L'eau qui vous parfume les doigts.
L'eau. Qui vous purifie l'envie.
Et putréfiée.
L'eau. Qui vous engloutit.
Avec sa couleur.
D'alcool.
Vierge.
Ses vagues
Amples.
La mer
Porte des bas.
Des robes
Et se maquille
Quand elle heurte
La poupe ; la quille.
La mer s'habille.
en rouge-marin.


Maintenant que je reste c'est moi qu'on déshabille, on m'enfonce les doigts dans la bouche.

C'est toujours une question de membres à dénombrer, de nombres à dénombrer.
C'est toujours une question.
Qu'on allonge.
Comme une fille.
Qui s'allonge
Comme un sexe.

Je suis.

Je suis.

Je suis turgescent.

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15 mars 2010

Moi et mon double.

Je crois que je suis multiple, ma peau est le verre du miroir qui se réfléchit elle-même, et qui se réfléchissant se dévore. Toute ma vie n'a été que résister. Résister à mes haines, à mes désirs, résister à l'obscène qui se mêle en moi, au bruit lourd de l'envie qui a asphyxié toute morale. Je serai le crime. J'en ai déjà la laideur. Vous savez. Le crime, c'est ce qu'on appelle "charme", c'est à dire l'horreur séduisante, de laquelle on ne détourne pas la tête. Il n'y a pas d'yeux plus tendres que ceux de la victime. Parce qu'elle est séduite.

J'ai abdiqué. J'ai abdiqué dix fois. J'ai vendu mes poils, mes fiertés, j'ai vendu tout ce que j'étais, pour caresser les boucles et les ventres des filles et des hommes sans regrets. Pour mélanger le parfum toux au parfum tiède ; le musc et la rosée. Je me suis fait enculer et j'ai aimé ça ; j'encule et j'aime ça. Je suce, et de sentir tressaillir un corps mâle, de voir ces cuisses douloureuses qui se tordent, d'écouter ce souffle qui du chuchotis du désir devient la tempête de la jouissance, je bande. J'avale. Parce que ça ravit les muscles puissants qui me surplombent. Qui sont des appels aux caresses. J'y perds la langue et la mémoire.
Dans les renfoncements de la nuit -à l'arrière des voitures d'occasion- je pose mes mains sur les hanches de Clément un jour, de Clémence un autre, j'y pose les mains. Je sens dans la sueur qui roule sur son dos, qui passe sur la colonne comme la sève d'un arbre qu'on éventre, de la peur. Alors, je mets du délire dans ma voix, je mets du fracas dans mes gestes pour bander plus fort. Parfois Clément pleure, parfois Clémence rit. Je m'enfonce. Dans la nuit des corps, dans l'agonie de nous.

Je lèche la chatte de Clémence. Mon alcool transparent des peaux douces.

Clément, c'est mon amant, il fait du dessin, il croque les hommes. Clément m'en veut de ne pas jouir quand il me caresse le sexe. Il m'en veut, quand dans l'ascenseur qui me mène chez lui, j'ôte sa main qui me déboutonne la faim. Avec défi il me dit "tu préfères que ce soit une fille qui te suce". Parce que je l'en empêche toujours.
Il ignore encore que ma bite n'est faite dans un métal si violent, si douloureux, qu'elle ne sait que pourfendre.

Aux gobelins, pour emmerder les cons, pour devenir l'oeuvre d'art que le crime m'autorise à être, je lui tiens la main. Vulgairement. Je lui tiens la main, comme pour dire aux passants, qu'il vient de me baiser dans les halls de leurs immeubles, dans les rues où passent leurs gosses, pour dire que tous ces endroits, tous ces murs sont pavés de nous, de nos désirs coupables, de nos vices réprouvés.

Je ne suis qu'une provocation. Qu'une insulte. Deux syllabes pas articulées. "Pédé". Je vois les bouches qui en prennent la forme. Et je viens dire aux vieux -parce que ce sont les seuls que ma lâcheté me permet de railler- s'il veut lui aussi goûter mon sexe.

Je n'attends jamais la réponse.

Je ne suis plus jamais amoureux, depuis que je suis tombé dans les abîmes du désir, depuis que je me suis abandonné.

"Tu crois que je pourris quelque part ?"

Clémence me répond que je suis une algue. "Une algue ça ne pourrit pas, ça s'attache, ça survient, ça s'enroule autour des jambes".

Et on s'en débarrasse, écoeuré.

Est-ce que je la baise, Clémence ? Est ce que quand j'ouvre la porte de sa chambre, c'est pour la baiser. Quand elle se tient cambrée contre le mur de sa colloc -encore une provocation- je la baise ?
Ou lui fais-je l'amour. Je veux faire sourdre de mes mains des fleurs, de n'être plus que le parfum qui l'enserre, et lui donne la joie. Joie violente, joie superbe. Celle qui apaise les envies qu'on partage.

Nous ne sommes que du tombeau.

Quand on se retrouve tous les trois chez Bert's on boit de la limonade de sapin "en en attendant le bois".

Mardi. On sort à quinze. A la belette qui tête. J'en bande déjà. J'en bande à l'idée de leurs larmes, j'en bande à l'idée de mes peurs.

Je n'ai jamais bandé si fort qu'alors qu'on pleurait dans mes bras.
Marianne, Emilie, Marie, Hannah, Sarah, Sonia, Hélène, Wendy, Sophie, Marion G., Francesca, Marion W, Clémence, Clément, Paul-Henri, Margo...
Vous vous en souvenez. Ma bite est pleine de larmes.

Mardi.
Je montrerai mon tatouage aux juifs errants. Je montrerai mon tatouage. Et je serai heureux.


Vivement la fin.

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11 mars 2010

Extraits

J'ai couru, enfin, pour fuir les ombres casquées, les ténèbres gantées de lois et de crépuscule.

Tout à l'heure ils viendront. Tout à l'heure ils surgiront comme ça, pendant que je ferai couler ses cheveux sur mes doigts, comme si le ciel fuyait dans mes mains. Ils arriveront. Dans la rue, ça fera un bruit de milice, ça fera un bruit de métal et de caoutchouc.

Et quand le peuple se taira de n'avoir plus de cris dans la gorge, le dictateur posera ses pieds longs, ses semelles cloutées sur le pays, comme le directeur financier sur son bureau.

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08 mars 2010

Le jour

Cette petite tâche d'or qui te monte des yeux
Cette petite tâche de lait qui te démangeait hier
C'est le jour fier qui brûle en toi, pieux
Chaud, comme un matin de lierre
Qui amoncelle les pierres
De feu, sur les nerfs
Obtus de la Terre,

..........................

.............................................................................  Et des loqueteux de l'enfer


................................................... Tu es mon ciel.

 

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06 mars 2010

Mes vers.

Narcisse, bel enfant, fouillait l'eau claire et basse
Pour puiser de l'ondée le reflet parfait de ses nuits
Et, je, Narcisse défiguré, sans vertu ni grâces
Me mire dans la pisse froide qui innonde les ruelles à minuit.

La religion est l'enfant matricide de la pensée
Qui de ses désirs moisit vos désirs, insensé
Christianisme qui te crut phare dans la nuit de la vie ;
Et qui fut holocauste ou bûcher dressé aux parvis.

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