27 février 2011

Je t'.

J'ai rêvé cette nuit l'auge où je baigne ma peau est celle où le reste du monde boit. L'eau impure de mon corps, les miettes en suspension de mes blessures désaltèrent les bouches fatiguées des voisins. Je suis la source.
Souvent je pense à toi. C'est une pensée innocente comme un témoin. Elle est présente sur le lieu des crimes qu'est mon corps. Mais elle ne fait rien cette pensée que penser à toi. Elle te regarde et t'adore. Je pense à toi, je te sens te transporter dans moi, je te sens à l'intérieur de mes veines. Tu es projetée avec cette pensée, projetée à l'intérieur de ce frêle esquif comme toute muse pour la viste des pays de poivres et d'épices. Tu es dans moi, vraiment, mon canot de secours quand ma bouche suffoque sous les eaux vives des torrents.

Je ne sais pas le goût de tes lèvres, combien de sucres s'y figent, pourquoi tes lèvres ont la couleur étrange de mes souvenirs granulés, ce sable cristallisé sur ta bouche. Toutes les fractions de toi, toutes ces parties, je voudrais y mordre comme dans un fruit, je voudrais y grimper. Tu as les yeux bleus qui détonnent, longtemps je les ai attendus, longtemps je les ai enregistrés dans ma mémoire qui s'ouvre comme un tiroir pour les faire revenir dans les pièces bleues de nuit. Ce que je te décris, avec mes pensées, c'est un mouvement, c'est un corps, mon corps, qui se tend vers ton idée. C'est une pensée sans membres, une pensée sans voix, qui ne te griffe pas. Quand tu marches, proche de moi, que ta voix change le vent, que tu en modules les paroles. J'aime, ce que tu prononces, je t'avoue, je n'écoute pas, mais tu inventes des couleurs dans mon paysage. J'ai une sorte de maladie des nerfs et des sens qui transmute en des saveurs les mots, les voix, les lettres, je les vois impliquées dans des chromosomes, dans des figures géométriques, j'en cherche le théorème, la formule, je te trempe dans des solutions pour te séparer et te mettre l'amour à boire. Quand tu me parles, quand les lacs bleus de tes yeux, quand leurs rondes extases parcourent et projettent comme des miroirs plein de lumière ce pâle des aubes, je souris. Je ne le dis pas, bien sûr, c'est trop plein de civilités une discussion, privée des sens, c'est poli, éduqué, c'est plein du rire surfait, faux, du rire qu'on trouve dans les petites potions alcoolisées. Je n'ai pas le droit d'être tout à fait étendu, pas le droit d'incliner ma tête dans le geste de l'ému, mais en pensées je me penche pour voir dans toi cette image très belles, très bouleversantes. Tu m'émeus, je t'attends souvent, sans une parole, je conserve des intuitions de toi. Tu me bouleverses.

Je t'aime.

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24 février 2011

Dilettante.

A défaut de D. tu seras le journal à la peau de sel pour mes insomnies. Je ne veux plus t'entendre bourdonner, chut, tes bavardages sont de l'ennui, on croirait que d'un même festin les morts se sont éveillés. Ta bouche s'ouvre, c'est une tombe qui baille. Il faut la clouter, la clouter de mots pointus comme des nerfs taillés par la nuit. Elle est une serpe aux effets magiques, capables de tailler dans le vert d'un oeil des géométries d'étonnement. A défaut de mon almanach qui s'est égaré dans des jupes colorées, en l'absence de marbre tu seras la pourriture sur laquelle mes doigts glissent des sons insensés. Tu entends ? Ce n'est pas le galop du jour, c'est le délire de la nuit, ce sont ses boules mauves et mortelles qui roulent comme des nodules. Ta bouche je te la ferme avec des bulles de cire, c'est une voix de pape, ton corps, tu es le papier jaune et muet des iniquités. Assassine, va mordre avec ton visage de plastique vert, avec tes désirs de nylon, dans un étranger. Je veux, je veux ton front terrassé, les poèmes purs, je veux, les baptêmes dans des lacs taris, trois minutes sous l'eau, j'ai respiré l'oxygène des noyés. Mon sang remue en agonie. Et ma vie absente. Suis-je ici ? Est ce que j'apparais dans vos réalités. Je sais, je sais, dehors il y a des secondes qui s'écroulent, et tous les morts dedans, qui pleurent. Je sais, j'entends les cris du temps, l'horloge qui se plaint sur le moyeu de l'horloge aux chiffres froissés. Je sais, les feux iconoclastes, les transes des barbares, je sais, je sais les cris, la furie, et le prénom de l'abandon. Est-ce que j'ai un corps, encore ? A répéter des prières ? Est ce que j'existe ? non. ce que vous voyez à mes pas, c'est un orphelin. je suis un orphelin, sur la scène, je m'adresse à vous. Mais je n'existe pas. Je suis un enregistrement. Je passe en boucle. je suis une tirade qui n'en finit pas, au milieu de la scène, de succomber. Je suis tous les héros morts,toutes les villes défaites, je suis Rome, Carthage, Constantinople, je suis Paris, César dans la trahison de Brutus, je suis Hamlet au sang blême, Rodrigue aux spasmes.
Si je n'aime plus, si je ne suis pas amoureux, je disparais tout à fait. S'il te plaît, toi, toi que je sais, toi qui sait bien désormais que je t'aime, ne m'en veux pas. Ne m'en veux pas des étrangetés du ciel que je rabote, des orages en sucre que je fais décroître comme une vulgarité. Ne m'en veux pas de l'écrire et d'en priver, ne m'en veux pas de t'inquiéter, ne m'en veux pas de te faire revenir ici, dans tes pas silencieux, on croirait que tes yeux me lisant dansent, ou épient. Aimer, c'est ma seule réalité, c'est l'apparition soudaine de mes organes, je me sens des reins de vapeur, je me sens un coeur de friche, je suis prêt à l'éducation, prêt au labeur, je suis prêt, je sens mon être fleurir, et mes narines de coquelicot et mes côtes de Rhône, je sais mes mains d'étamines et mes poumons d'aube. Je suis en train de pousser. Attends, s'il te plaît, j'ai le corps qui se remonte, tout l'amour est ma fabrique, et mes yeux fument.
Tu sais. Je n'ai que deux champs, que deux horizons, les bois, et la mer. Je suis le pin sec et la marée inflexible. Je recouvre. Obstiné comme le ciel. Tu sais. L'aube maline, avec ses teintes amères, vieillies en fut, tu sais son visage de pourpre. Quand il sèche, quand il casse, que c'est le jour tout à fait, je te dis, le bleu de la mer est le vin séché du matin. Qui lui coule dessus. Qui empiète. La marée est une nappe.
A la jointure des deux, les sutures de mes mondes, c'est l'algue, l'algue empoisonnée, l'algue violette qu'on ne mange pas, l'algue aux milles blessures, le mortel onguent qu'on applique aux plaies satisfaites. Je sais mon étrangeté, et mes silences brusques. Je feins des départs. Mais je n'existe pas. Je fais semblant. Ici, mon ombre imite un corps. J'emprunte une attitude. Je me positionne dans le train dans l'angle bizarre de vos désirs. Comment désire-t-on un corps humain ? J'ai fait des amantes un jeu, j'ai fait des amours une guerre. J'ai deux-cent-vingt-huit filles qui m'ont joui dans la peau. Je n'ai rien senti. Le vent. Les caprices. J'ai tout oublié. La mémoire se décompose, c'est un corps usé. Les souvenirs se dégradent. Les souvenirs sont de la poésie écrite à la salive des merles.  Je prends vos formes, j'emprunte à la matière. Quand je couche avec une fille, c'est pour y piller un peu de l'odeur que son cou entrepose. Quand j'embrasse un garçon, je lui dérobe un peu des muscles superflus, tendus au-dessus de l'extase. Je n'ai pas de corps. J'ai une apparence. Ne me touchez pas, l'hiver pâle, grésillant me couvre et me découvre. Quand je souris, c'est que j'ai vu à l'intérieur de vous, des civilités. je suis un acteur. un acteur sans corps. je suis le costume. Tu sais. Toi, jen e parle plus qu'à toi, je n'écris plus que pour toi. J'ai toujours été absent. Mon absentéïsme me définit, me construit. Je n'ai jamais été présent. Ce qui me recouvre est un habit d'Arlequin fait de pièces de toutes les époques, je ne le veux pas joli, je le veux utile. j'ai le corps efficace pour le scandale. La seule chose que je partage avec vous c'est une voix. Une voix que je drogue, le matin, pour qu'elle perde de son influx de cavernes, qu'elle semble de votre époque. Je puise dans vos usures, le sortilège de l'habitude. J'imite bien. J'ai vingt-deux ans de voilures. Je suis une corvette. Avant de monter dans le tramway, pour faire de la place au milieu des empressements, je la fais s'exercer ma voix, suer son arrogance, transpirer sa sauvagerie. Je peux être normal, dit mon sanglot au reflet. Je peux vous imiter, je peux me rassembler, je peux me concentrer, mettre dans une fiole de chair, toute l'essence dispersée de moi-même et en classe y mettre le feu. Toute les nuits j'immole.
Je fais des études inutiles qui sont la fiole de mon existence. Un lit. Je me renonce, tous les jours. Je fais un pas de côté hors de moi-même pour appréhender cette dimension particulière, du faux. Les paroles synthétiques. Comment leur dire. Je sais la couleur du mensonge, je suis synesthète, je ne sais pas ce que vous dites, je ne suis pas intelligent, je comprends la nervosité, je vois en rouge le mensonge.
Ce que je partage avec vous, ce qui nous est commun, ce qui me rend humain, n'est-ce pas d'avoir une voix. une voix qui fléchit, qui décline, à deux heures elle a des allures vermeil et des ivresses de Bordeaux, avant elle est douce, avant ma voix caresse, tord et vrille. Je sais faire vos sourires, je sais faire vos joies, mais je ne sais pas la colère. Apprenez moi les teints honteux, apprenez moi les manies, apprenez moi à être laid, et bas. Ma voix, je l'exerce, je la jette dans une foule, et je regarde comme elle se débat, comme elle pousse, comme elle crie. Je la regarde gesticuler, ma voix. Se déformer, se sublimer dans le contact de vos atmosphères. Tandis que mon corps d'éther suffoque. J'ai des sens, je vous conquiers par les sens, mais je ne suis pas là. Je n'ai pas de corps. Ma mère m'aimait si fort, qu'à la naissance elle a retenu dans ses ovaires la matière, elle l'a retenue, et n'a laissé dehors que l'âme, que l'idée, de moi, la voix, et les nerfs. J'ai deux petites soeurs et un petit frère, et je vois, en rassemblant leurs géographies, mon corps. Je suis absent de moi-même. Je me vois. Les dîners familiaux sont une caverne de miroirs. j'ai trois reflets mais pas de corps.

La bouche de H. recèle mon crime quand elle baise mes lèvres. Elle jouit d'une escroquerie. Je suis imprescriptible. Je dis, elle a la tendresse délictuelle. Mon corps je l'ai soustrait à un mort. Je me suis déterré le visage. Il ne le sait pas, le mort, que je lui dérobais son corps, je lui disais, quand il flottait en jouant des lyres sur son marbre, que j'étais un ange, un ange au visage de tentation. Je lui disais, il faut le laver. Je lui disais, ce corps, j'y ferai une nouvelle onction, la salive des filles. Depuis je cherche les regards bleutés qui vibre comme des électricités. J'aime les yeux bleus, on croirait le vingtième siècle dans la nuit.

Je suis fascinant. Mon absence est fascinante. La lumière disparue, chérie, dessous son mythe d'aurore. Je suis fascinant et je vous vends mon orgueil. Il vaut une fatigue. A la première enchère au goût de sommeil, je me cède. Au premier pas de torpeur, j'abandonne. Offrez moi un corps, vos lits-cimetières. Vos chairs tombales que j'y pourrisse avec vous.

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21 février 2011

LAB-ial.

 

[09:53:35] boudii : LALALALALALALALAA

[09:53:47] boudii : LE DROIT DES MARCHES FINANCIERS EST D ORIGINE PRINCIPALEMENT EUROPEENNE

[09:53:54] boudii : LA DIRECTIVE PROSPECTUS LA DIRECTIVE TRANSPARENCE

[09:54:00] boudii : CEST DES VERS MAGIQUES

[09:54:06] boudii : DES CORNEES DE VIEILLARDS AVEUGLES

[09:54:19] boudii : ILS NOUS FONT BANDER AVEC LEURS MOTS SORTIS DU FOND DES ENTRAILLES DUN MONDE

[09:54:23] boudii : ON DIRAIT DES BOUCLES DE PETITE FILLE SAGE A DEFAIRE. Je t'arracherai toute ton éducation, je la retrancherai par boules comme des nodules avec le scalpel du désordre. Tout ce qui jaillira aura la forme d'une ombre délétère et tu la verras sous les pas des autres, cette ombre que tu n'auras plus, cette tache morbide qui te coule aujourd'hui au pas.

[09:55:31] boudii : C'est à croire que les légalistes chantent, que les traders font sonner des titres virtuels comme du papier à musique.

[09:55:50] boudii : La bourse c'est l'armée, on ordonne, commande, on détruit, fusionne; c'est du rassemblement, des torrents, des affluents de sommes et de folies.

[09:56:49] boudii : Les actions ont des ailes de cristal et planent haut dans la boue du monde.

[09:57:16] boudii : La Bourse a deux grands yeux de carnage, deux grands yeux où quelque chose brille encore, on se demande quoi, c'est un horizon, c'est une ligne qui courbe l'avenir. Braise d'enfer, la bourse, ton oeil trompe.

[09:57:40] boudii : On croirait des tombes ou des fous, enfin quelque chose, vous voyez, quelque chose qui vous tend le ventere comme le voile d'un tambour.

[09:58:03] boudii : Je chante, merde, je chante des sévices d'investissement, je chante avec tous les râles d'un blessé qui ne sait pas mourir.

[09:58:21] boudii : Décliner toute la douleur du verbe, le pendre tout en haut des grandes cimes, des grands chênes millénaires, dont il reste des grâces et des odeurs;

[09:58:40] boudii : Ca flotte, c'est Grenoble, la montagne, c'est être au milieu des formes célestes, un de la cosmognie, un parmi les mythes.

[09:59:17] boudii : Voir, parterre les lumières aplaties de la ville, les lumières en ordre, rangées, mais regarde le ciel et mon doigt secoue l'Univers qui se trouble et se bouleverse, c'est de l'eau le ciel, et mon corps tellurique y ricoche.

[09:59:37] boudii : Je bouleverse des étoiles de terre, de lumière, des yeux de fille, des cheveux roussis de peur.

[10:00:10] boudii : Je secoue l'Univers, c'est une crinière et l'astre immobile, dix mille boules de feux en fusion brillent à tes cheveux.

[10:05:10] boudii : Le régulateur, le régulateur, mais l'aiguille a flanché, et les heures se sont figées; Régulateur, régulateur, mais on ne comprime plus rien, on ne sait pas limiter. On ne sait pas.

[10:08:42] boudii : Tout ça c'est de la chimie vois tu, c'est de la chimie nécessaire, ce sont des corps qui sont déjà des fluides, qui sont déjà des larmes indistinctes. On ne sait plus, on ne voit plus, les yeux se sont rembrunis, ils ont la peste bubonique, tu vois les regards transpirent de maladies, on ne se reconnait plus, on a des corps d'esclave, on a des âmes qui sont des cils.

[10:09:14] boudii : Pardi, Pardi, Pardi, mais ici il y a des références, des règlements comme des saisons imprévisibles.

[10:10:00] boudii : On ne sait plus bien, on étouffe, on étouffe. La Bourse c'est les Tropiques. L'Achat/Vente, dénoué, mais ce sont de grands arbres qui plongent jusqu'en enfer.

[10:10:13] boudii : Ils ont traversé l'HIstoire, c'est à croire qu'ils ont marché, ils ont marché sans mobile, mais ils avaient des intentions, les arbre,s et les fluides, et les larmes, ils avaient des intentions et se tenaient sur des pierres brûlantes. "Le désespoir est mon soleil" dit la vipère, et le venin se déroule sur le croc. "C'est ma littérature" dit le serpent. LES CROCS SONT DES PARCHEMINS.

[10:46:10 ] boudii : Par principe, tout fonctionne par principe, par des organigrammes, des hiérarchisations

[10:46:16 ] boudii : On ne s'en rend plus compte

[10:46:23 ] boudii : les hommes sont devenus des escaliers.

[10:46:39 ] boudii : Des marches, hautes marches et grands abandons.

[10:46:47 ] boudii : Vous avez vu déjà des dents qui brillaient mieux que le fond des âges

[10:47:16 ] boudii : Des écumes et des algues brillantes habillent de lumière visqueuse les absurdités marines.

[10:47:39 ] boudii : Moi je bois, je bois tous les jours avant de baiser pour ne plus savoir d'où me vient ma nausée.

[10:47:48 ] boudii : Pardon, c'est l'alcool qui tousse dans mes veines.

[10:48:00 ] boudii : C'est lui qui écrase le souffle, le tourne le vrille.

[10:48:24 ] boudii : Tu comprends, tout n'est question que de violence méthodiques, d'éducation.

[10:48:42 ] boudii : Déforme ton apprentissage au marteau, retaille, ta gueule, c'est Héphaïstos aux rugissements de forge qui parfume les relents de toi-même. Salope l'éducation, chienne la conformité, toujours se résoudre, toujours s'abriter, ô dôme des lois garde moi du jour, ô redoute du droit protège moi du beau et demeure moi dedans l'habitude, l'usure, tous les bonheurs éclopés meurtris. Leurs rides alcools.

[10:48:48 ] boudii : La foudre est le lacet des dieux.

[10:49:00 ] boudii : ILS SONT TANT A S'ÊTRE PENDUS A DE LA LUMIERE

[10:50:24 ] boudii : La musique est divine, je veux dire qu'elle s'y forme, les cordes d"'un piano sont recouvertes du sang sec des dieux sacrifiés.

[10:50:34 ] boudii : La musique ce n'est que l'agonie des Olympes.

[10:51:06 ] boudii : Tu croyais quoi ? Qu'une si belle voix, si colorée pouvait jaillir d'un corps humain ? Comme l'extase des femmes ne fait qu'imiter la formaton des planètes, leur cri radium, palladium.

[10:51:18 ] boudii : Nos doigts sont des médiums, ils sont le gué entre deux réalités d'obstacle.

[10:52:21 ] boudii : Il y a des femmes qui ont des cheveux de flammes.

[10:52:29 ] boudii : Quand je les vois je leur dis "pourquoi portez vous l'auréole" ?

[10:52:38 ] boudii : A leur sourire je reprends : "Vous êtes tellement morte ?"

[10:53:33 ] boudii : Elles ne peuvent plus parler, leurs yeux sont muets.

[10:53:43 ] boudii : On croirait qu'elles font du droit, ou des études, ou des plagiats;

[10:53:52 ] boudii : Tout ce qui se troque contre la lumière des yeux.

[10:55:38 ] boudii : Bonjour, bonjour foule, ton âme est vairon, on la croirait dédoublée. Tu as le bleu, tu as le noir.

[10:55:53 ] boudii : Mais, femme, qu'es tu ? Tu te tournes, et tournes, pour être la jungle, pour être le froid.

[10:56:04 ] boudii : Cayenne à l'OUest, Vladivostock à l'Est;

[10:56:16 ] boudii : Quelle carte sublime, quelle géographie, tes yeux bicolores.

[10:58:44 ] boudii : J'ai roulé le jour, dans un suaire de nuit, j'ai contaminé la réalité.

[10:59:13 ] boudii : Mais ses dents, ses dents qui se portent dans sa bouche mieux qu'un collier de perles de Tahiti.

[11:00:03 ] boudii : au cou des reines.

[11:01:40 ] boudii : Tu as vu la réalité dit Robespierre ? TU l'as vue perdre la tête ? Chantent les révolutionnaires.

[11:01:47 ] boudii : A paris poussent des arbres de la liberté.

[11:01:54 ] boudii : Juillet les piétine en semaine sanglante. Versailles je te déteste. J'irai mettre en flammes tes emblèmes, dans les galeries d'Art moderne j'ouvrirai la gueule à des grenades de couleur. J'éventrerai le monochrome blanc de Twombly et je dirai, comme il a dit « je vous ai offert la lumière » je dirai « j'ai déchiré la lumière ».

[11:02:05 ] boudii : Saison d'enfer, Rimbaud et un de ses enfants pleuvent leurs prunelles, qui se décolorent dans le jour. Il y a elle, et ses cuisses qui se tendent. J'imagine l'étreinte de ses amours, pour me mettre aux muscles assez de mal. Mes forces sont nourries de la douleur. Ils y puisent l'eau des remèdes. Mes vingt ans sont mortels lorsqu'ils posent leurs yeux dans les siens. Je ne peux pas m'en détourner, ma déchirure.

[11:02:30 ] boudii : Je connais son corps mieux qu'un cahier.

[11:02:36 ] boudii : Qu'un cahier affamé d'encre.

[11:02:42 ] boudii : J'écris, des strophes, entières

[11:02:47 ] boudii : qui la couvrent jusqu'aux yeux

[11:02:51 ] boudii : Ses cils sont dépliés

[11:02:55 ] boudii : Ce sont des lys.

[11:03:06 ] boudii : Que les anarchistes brûlent.

[11:03:19 ] boudii : Dans un grand drapeau noir, noir comme la cendre, noire comme du passé raillé.

[11:07:38 ] boudii : HAHAHA

[11:08:10 ] boudii : Les révolutionnaires ont des humeurs, des humeurs de procédure civile, couleur de grenier

[11:08:24 ] boudii : qui tombent en des morceaux de souvenir.

[11:08:34 ] boudii : Il y a des souvenirs dans la tête d'un révolutionnaire.

[11:08:47 ] boudii : Blanqui ? Blanc qui ? rient les négriers. Où es tu ? Les communards te cherchent ! Ils veulent éventrer des maisons, ils veulent plonger dans des tunnels, poser des bombes qui répandent des idées, qui réparent l'injustice par le meurtre. Le crime est la cicatrice posée sur l'ordre.

[11:08:59 ] boudii : Tu meurs toi ? Est ce que tu meurs ?

[11:09:16 ] boudii : Ah, ces boulets qui trainassent leurs poids de chaînes;

[11:09:21 ] boudii : Le sacré coeur est un cul royal

[11:09:26 ] boudii : qui se pose sur le dos du peuple.

[11:10:59 ] boudii : J'ai toujours travaillé pour mon désastre.

[11:13:01 ] boudii : Je me suis promis de la détresse et j'ai tout voulu pour que cette image corresponde à ma jeunesse. Il n'y a pas de « moi » homogène mais plusieurs figures qui se concrétisent et se réalisent en moi-même. Lorsque je me lève, le matin, à l'heure où l'habitude fait choisir ses vêtements, je regarde dans la loge les masques suspendus. Je mets toute mon élégance, tout mon soin à choisir celui qui ira le mieux à la journée. J'accorde mon masque à l'humeur du temps. Je parodie les émotions communes. Je sais tout faire. Je peux tout faire. J'ai plus de dons réunis en un seul de mes caprices que dans les efforts de toute la foule unie, organisée. Mes désordres forcent la réalité à toutes les positions, toutes les gymnastiques. Soumets-toi réel, incapable, réalité, maquillée de rimes. Mon insomnie te payera le déduit.

[11:13:56 ] boudii : Chaque fois que se dresse un bûcher je l'appelle "mon destin" et j'y plonge, je plonge dans son corps de femme cruelle et affamée. Au matin, mes yeux fardés de chair, de douleur, sanctionnent cette destinée.

[11:14:04 ] boudii : Mon bras gauche est brûlé de restes d'alcools.

[11:14:13 ] boudii : J'ai conservé le droit, pour l'écriture.

[11:24:47 ] boudii : Ce que l'on s'ennuie dans la foule.

[11:24:52 ] boudii : Dans son bavardage inerte;

[11:25:00 ] boudii : On dirait des questions, tous ces gens sont des questions.

[11:25:09 ] boudii : Ils interrogent sans raison, ils interrogent pour faire passer le temps, comme au commissariat, l'inspecteur.

[11:25:18 ] boudii : Les murs sont des fantasmes.

[11:25:41 ] boudii : La réalité est folle, c'est Artaud qu'on drogue.

[11:25:49 ] boudii : La réalité écrit, la nuit me bave dessus.

[11:25:54 ] boudii : Femme de violence.

[11:26:21 ] boudii : C'est à croire toujours que le feu qui brûlait dans les temples de Vestale

[11:26:28 ] boudii : Se sont réunis en une seule force de gravité.

[11:26:30 ] boudii : Qui pèse, qu'on nomme « mon coeur ». MON COEUR EST LA FLAMME INVINCIBLE DES DIEUX INVOQUES DES MALHEURS CHASSES MON COEUR CHAUFFE CHAUFFE SA GRANDE CRISE PALPITE ET POMPE LES DETRESES, SANG NOIR, VENTRICULE, L'AORTE PORTE DANS SA BARQUE LE BONHEUR EPAIS. Je suis un désespéré. Et ma barbe, cette pépinière de la nuit, où les fleurs mordent la terre qui les retient. Je ronge ma prison.

[11:26:57 ] boudii : Sans la gravité des désespérés, je crois que l'orbite terrestre aurait dévié de son orbite.

[11:27:08 ] boudii : L'équilibre de l'Univers a un nom scientifique : mélancolie.

[11:27:30 ] boudii : Ce sont les cordes de Parthes qui tiennent suspendues les étoiles.

[11:27:59 ] boudii : Chaque fois qu'une fille pleure je me dis, quelle actrice sublime, l'émotion me déborde moi aussi. Tout ça ce n'est que du rire. Combien d'années sans une larme ? « J'ai douze ans, je m'appelle Jonathan, mais je ne suis pas sûr, de m'appeler comme ça, à l'automne, sous la couleur enfuie des paysages je pleure. Je pleure, c'est novembre et les dernières larmes qui glorifient mes pupilles. J'ai le regard sec... »

[11:28:15 ] boudii : Le génie est une maladie qui brûle le sang.

[11:28:21 ] boudii : Il y a deux eaux, deux eaux contraires et vénéneuses dont la rencontre forment un tourbillon, ce tourbillon des eaux, de Léthé cognant dans Styx, c'est moi, moi.

[11:28:43 ] boudii : Les veines sont des nappes phréatiques qui absorbent les pleurs des belles.

[11:29:03 ] boudii : Les rires forment le magma interne, la peau des indifférentes c'est de la lave séchée. Je mets mon baiser de toutes ces eaux réunies pour te raviver. Dis moi combien il fait frémir de tes nerfs endoloris. Je crois. Que je t'aime. Petite.

 

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19 février 2011

Livre from Amsterdam - Hot Blondie.

De toi je veux de l'intimité silencieuse, aux rideaux de velours rouge couvrant nos teints mouillés des sueurs légitimes de l'excès, nos plaisirs sont des baigneurs au milieu des sentences de nos visages, des fleuves d'une largesse de cils, où dorment les plants sauvages de nos caprices, de nos déclins. Je te tends un pays tout entier, aux frontières prismatiques, je  te tends un pays qui dans moi gémit, la voix courbaturée et craque partout menacé des eaux noires des forêts que l'on nomme les flaches, menacés des braconnages du réel, du fusil de l'impératif. Je te tends ce qui frémit, palpite, ce qui prend l'apparence de deux conques creusant dans la lumière de quoi bénir les muscles. Nous aurions, dans l'intime, sur ces baisers qui séparent du monde, qui nous en cachent et le font écroulé comme une confesse sur la bouche coupable, à l'abri de toutes les réprobations.
Offre moi tes lèvres que le baiser y naisse. Je te tends le moule de ma bouche pour que ta tendresses s'y forme. L'intimité est-ce autre chose, encore, que l'isolement conjoint, de deux volontés tendues ensemble au dessus d'un but ? Qui se fabrique de quatre mains potières. Je pourrais t'en façonner un, de la taille d'un orgueil, je pourrais y punaiser des photos en couleur, les articles du journal, des couvertures de roman. L'intime, c'est ce pas dans une foule qui ralentit deux corps étrangers, qui se bercent assez, soudain, de l'écho rencontré en l'autre, du reflet sonore de sa foulée imitée, reproduite. Je pourrais t'inviter dans l'intime de mes nerfs dans le danger profond de mes yeux où naissait le vertige qui creusait le vide dans les corps des funambules. Je voudrais sentir dans une transe commune, dans nos respirations mélangées, associés en les senteurs nouvelles du désespoir, je voudrais coller l'effluve de toi aux images de toi qui se réunissent à l'intérieur de ma bouche, le parfait frisson de notre distance. Je te proposerai mon ventre ouvert et tu dirais "il y fait froid comme à la tombée de l'espoir"

J'ai l'obsession de toi, de tes yeux mouvants qui enfilent tes orbites comme les mains du joaillier tissent les colliers, tu es lourde à mon âme comme un péché dans le geste du saint, comme le crime dont la justice ploie les innocents. Tu te tiens dans la pliure du regard que fait la fierté aux visages sensibles, ce petit creux où s'agglomère en peaux neutres le pleur suspendu, cassé, gelé. Tu te tiens au rebord de moi, je te sens proche, mais aucun de mes mouvements ne peut t'atteindre. tu es d'une autre réalité. De l'autre côté de cette matière invisible au-delà du visage, au delà des pensées, dans le sens même pratique, physique tu m'es extérieure. Dans un univers nous nous tenons chacun d'un côté distinct de la lumière.
Si mon audace me compose au corps le toucher de ton être, je suis certain de te  passer au travers, de te déchirer sans douleur comme la brume traversée par des processions. Comme le silence redevenu silence après que les voix longtemps chantantes se taisent. Si mes manières sont en capacité de te troubler, tu te reviens à l'état primitif d'avant moi dès lors que je te quitte. L'ondée rare, cette mare précieuse, bleue liqueur, absinthe suisse, où la pierre de mon âme s'enfonce, divise, jusqu'à ce que les eaux se reviennent toutes en ordre comme tes cheveux longs mais dressés. Tu as sur la tête une colonie de serpents d'or, de fougères baignées d'aube, couvertes d'automne, tu as sur la tête une tiare de venin pour doubler la lumière de celle de tes deux beaux yeux de buée. J'y inscris des signes indiens...

Tu es belle dedans moi, belle comme la promesse de la jeunesse, comme une femme muette. Tu es belle dans tes indignations qui t'empourprent en bas ce que ta lèvre a ganté de pâle, cette étrange trace de dignité, cette petite tache invisible, immaculée, ce petit reste de calme que l'injustice enflamme. Il est heureux qu'à l'heure de nos courtes conversations, les images du fantasme se forment directement dans l'obsession, sans prise sur le réel, sans y aspirer ce qui lui manque de couleurs et de laisser la trace résiduelle de lui comme une preuve du crime, comme le sperme stagnant, jaillissant du sexe du violeur. La croute du crime, et le regret trainant là sa laideur coupable. J'ai vu des pantalons de coutil avouer mieux un crime que la bouche des condamnés à mort. J'ai vu les ourlets figures, me raconter toute l'histoire sous l'aube d'un réverbère, dans le crépuscule d'un porche, j'ai vu les braguettes trembler des images rassemblées en un point par le réel. Je sais toutes les choses, tout le pigment insensé de la fatalité.

Tu es trop précieuse pour que je te souille du mot d'amour, pour que je te souhaite rangée dans mon quotidien de désordre, où ma solitude crève les yeux des fillettes, où ma solitude comme une douane jette en dehors de mes secrets toutes ces étrangères, que je dis d'amour ou de passion, qui ne sont que des dégoûts, les ombres-vêtements que je me mets au froid. Je ne peux pas te couvrir de cette guenille, ce vêtement public du verbe dont je sais bien que tu te doutes qu'il te concerne, quand je le sors ici du silence.

Tu es autre, dans moi, et je t'enjambe ruisseau

Du pas leste et brisé des couleurs

Faillies de l'accord

Étrange du vent

Avec le son

Du silence reprisé par les mille bourdonnements

Infernaux. Ce chant révolté des grèves

Aux allures de défaite

Ne suffit pas à disperser tous les parfums

Entêtants, des premières audaces

Les eaux chaudes jettent
La leur du thé
hors de meu

-rtissures du soir




Il me faudra oublier, le chant de tes yeux. Tout ce que j'y vois quand je m'y fixe. Je tiens à toi, de loin, je te veille à mes façons, je m'enquiers de ton état, quand tu es hors de mes visions, à des fées, des monstres, des idées fixes comme des constellations je demande aux hallucinations qui t'ont crue voir dans le délire si tes yeux dansent toujours comme d'éclatantes Lady, et aux songes, que ton sommeil autorise, à me rapporter tes gestes et tes sacrilèges. Je te sens, il est une odeur dans toutes les puanteurs du monde que je sais la tienne, que j'ai affiné jusqu'à me la rendre intime, à l'allonger dans ma chambre pour y transformer l'atmosphère -comprends, je te fréquente tous les jours, en l'ombre de toi. Mon sommeil absent, tu l'enveloppes, le berce, mon lange ou mon suaire. Selon que je meurs ou que je suis mort.
Tu es trop digne, trop précieuse ,trop étrangère pour que je vienne immobiliser le verbe mou, fatigué d'aimer. Tu es trop loin de ma myopie pour que ta forme réelle m'apparaisse, tu es floue, incertaine comme le plaisir. Et de ton bord de la vie le temps s'en va, sans frissonner jamais, de son pas militaire. Tu te tiens de l'autre côté des idées, entre le marbre de celles qui durent et l'acier de celles qui tuent. Ce sont des lois.

Je t'embrasse sur les yeux
Ton petit feu et toi
Passe de bonnes vacances.

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18 février 2011

Narcisse défiguré, mon amour.

Je me dis qu'il est bien pauvre le monde intérieur de ces gens là pour se rêver des partances, dans des paysages de piquets, délimités en dehors d'eux même, s'arracher comme des souches mortes de la terre qui les héberge, et les retiens, je me dis qu'ils sont bien pauvres leurs mondes intérieurs pour parler d'ambitions, de carrières, d'orgueils et d'argent. Se calibrer un futur à hauteur d'escalier.
J'ai quinze ans pour toute la vie puisque les gens vieillissent d'être mesquins, cette mesquinerie qui se visse à toutes les innocences pour les défaire, les pourrir, les infiltrer et croupir leurs larmes, c'est une infection de radium, le bacille se niche, il incube avec lenteur dans la révolte, il suspend le temps des cris, des pestes et des rages. On se réveille, en ville, avec 2,01 enfants, et un divorce qui se fait pourtant déjà jour. J'ai quinze ans jusqu'à ma mort, d'échapper à toute les veuleries ordinaires, je suis un cri, haïssez moi. Je voudrais que la bourgeoise qui me lit ne sache pas s'en détourner, nouée là du dégoût visqueux qui émane d'elle, que ses yeux fondent sur le papier. Je veux piéger le lecteur dans la laideur de son hypocrisie, je lui tends le reflet de ses lâchetés, vois ton monde pâle, vois ta soumission et ton écrasement, je t'appelle assassin légal, et assassiné officiel, tu es martyr. Je ne veux laisser aucune chance à qui me dévore.
Tu ne voudrais pas toi d'une autre vie, un peu dangereuse, qui sente l'aubépine, une autre vie pleine de toi-même, de l'enfer et des saisons mourantes, de toute la fragilité d'une existence, comment vouloir se conformer, se confirmer, se valider à travers un cadre d'esclave, comment s'exiger mû par l'instinct bas et réinventé d'une flûte de puissance. Comment, fait on pour se dire "en couple" de façon définitive, jusqu'à annoncer avec regret "je ne suis pas libre". Ta cellule je te la brûle, vois le monde menaçant, vois ses coupoles d'odeur, vois ses fleurs de marbre qui rugissent du sourcil, vois les pistils qui enfantent, et le sexe végétal ouvert comme une blessure, vois, vois ce monde autre que celui de l'habitude usée, des répétitions et vos vies de loques et de guenilles.
J'ai vu vos geôles, visité vos prisons, et je n'en veux pas, à la liberté je ferai un rapport horrifié quant à l'état d'une société carcérale, mécanique, soumise, répétant l'ordre, qui fait quotidiennement ses flexions sages, ses exercices de soumission. Peuple imberbe, je baise ton front nu et grelottant, je baise ta froide nuque de mes vertèbres qui craquent, je baise tes joues froides où je voudrais coucher la terreur, dans son bel habit de deuil, et moi mon ombre dans sa peau de morte, dans son visage drogué t'incendie.
Je me dis comme vous devez être creux, d'avoir besoin de ces attributs, de vous projeter hors du monde, tandis que dans moi j'ai des paysages, des régions toutes entières, vierges de mains, et de salissures où s'entendent encore hennir les cheveaux sauvages aux dents cabrés et dures, je suis toutes ces contrées invisitées, tous ces endroits qui vous manquent au coeur, dans vos géographies vendues, dans vos intérieurs censures. Regardez moi, si je brûle, si je crie, si mon visage s'entend de la défaite n'est ce pas qu'il grouille de vies, de morts, de destinées, et de drames, je suis le coeur de la tragédie qui palpite des deux ventricules, qui renvoie la lumière dorée, et l'ombre de la veine violette, je suis le fantôme de vos retenues, je suis l'ombre de vos mines compassées, celui qui vient le jour durant insulter la mesure qui vous bat les tempes. Vous êtes des métaux mous, quasi-liquides, obsédés de vilenie. Je n'ai d'obsessions que du beau, et mes gestes -sauf dans le commun, des présences imposées, à l'Université, au travail, là où je peux échapper à l'autre, qui est autre qui ne peut non plus m'échapper, où deux impératifs nous mènent à la même auge souillure- s'étudient pour déclamer ces diapositives qui dans la tête de passer si vite brûlent la rétine comme des sabres chauffés à blanc. Je voudrais t'inviter dans moi, que tu vois ce que c'est que vivre sans pudeur, sans politesse, ce que c'est simplement que vivre tout entier, de chaque parcelle de soi tendue vers cette seule exigence que vivre, d'absorber la lumière et les yeux bleus pour ce dessein unique, de vivre et de grandir.
Je les vois toujours, multiples, à dire "nous" et ne font qu'aditionner des singuliers "je" de ces nous sans matière, contours d'artificiels comme des frontières d'Etats neufs, je veux un nous qui mélange, qui fond et confond, de ces nous alliage dont on ne sait les indépendances subtilisées d'Union.
Je les ai dans moi ces pays là aux ramages de couleurs, ces fleuves, ces vallons de songe, ces craquements de banquise, ces chants de sirène, les bêtes mythologiques, le froissement des diables polis quand ils filtrent dans mon foie cancéreux, je les ai dans moi ces senteurs de yeux bleus.
Je suis l'aimant qui les guide et les retient, je suis la flute enchantée qui chasse les folies à dents aigues des villes souricières. Je suis celui qui vient rabattre les couleurs en un prisme de soir, qu'il attache autour de lui en drap sénateur. Je suis le cri, et la beauté jaillit de moi, elle est mon ombre que le soleil m'arrache pour montrer à ses piquets de flamme ce que c'est qu'être feu. Tandis que vous tous, et toi hélas, cherchez le beau dehors, pour le mettre dans vous, vous le cherchez avec des yeux morts, avec des gestes fatigués, et le beau vous ignore, vous passe tout autour, c'est une allergie, l'eau en approchant vos corps se détourne et me nourrit. J'ai bu tous les fleuves du réel, bu tous les fleuves de la pensée, bu ceux de l'enfer et les sources de vin du paradis, j'ai vu toutes ces danses mystiques qui ajoutent à la lèpre la garance des frocs trempés de sang.
Vos inexistantes figures se confondent avec le silence et l'absence, vous ne savez pas la terreur et l'effroi vous ignorez les mains blêmes qui vous suivent pleines de menaces répétant avec vous les grands crimes qui vous jouissent dessus, je suis enceint de tout ça, le monde part de moi, ce que vous vivez est depuis ma lèvre la couleur c'est ce que je vomis,la nuit ce que je pleure, le jour ce que je crie, tout ces noyers sont mes lèvres d'affront douloureux. Et ton front douloureux s'en va, dehors de moi, et je ne te rattrape plus...

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Lanternes, lents ternes.

Pauline, à midi, à l’heure de nos déshabillages bavards, quand je monte au 12 de la rue Balzac, dans l’appartement où elle s’impatiente, prononce cette prière « je suis amoureuse tu sais, ça ne veut rien dire ce que l’on fait. On se donne du temps qui prend l’apparence du corps, on se donne nos muscles, on se donne nos fatigues, on les mélange, mais on ne les unit pas, elles restent toujours étrangères, se voient sans se comprendre, ton langage n’adhère pas sur ma peau, il a perdu sa propriété de magie visqueuse.
Toi tu ne m’aime pas et moi je te déteste. Tu ne m’aime pas parce que tu vis dans un monde plein de pensées, de choses étranges, de couleurs invisibles. Quand tu m’appelles, parfois, sans t’en apercevoir tu me dis Anne, et tu continues, à parler d’yeux bleus que je n’ai pas, je suis pleine, moi, je n’ai pas eu l’éclat décoloré de ces filles translucides que tu aimes tant, de ces défaites du pigment, de ces peintures d’échec, de ces brouillons de saveurs. Une blonde aux yeux bleus est une précipitation délayée, effacée, elle est faite dans l’urgence, le soleil inattentif les oubliait, ce sont des machineries de l’ombre, c’est de l’argile mou, ce sont des pâtes crues ces filles que tu aimes tant. Tu me disAnne, et tu parles de l’abîme de ses reins, tu n’écoutes jamais l’autre, c’est à peine si tu le vois –j’ai les yeux myopes. Tu es dans ta tête, tout le temps à l’intérieur de toi-même alors que tu m’entres dedans, c’est toujours la mystique du pays de toi que tu visites, toujours cette absence douloureuse dans tes traits crispés qui me fait te haïr, et te rendre si indispensable à ma solitude. Qu’est ce que l’on partage ? Rien ? Mutualiser nos détresses ? A peine, on disperse dans la même direction notre temps, on vérole notre jeunesse du même silence, de la même transe mécanique qui ébaubit toutes les pucelles que tu aimes défaire. ».

Je circule sur des tas de scène, par pitié ne me pardonnez pas, je traîne mes décombres, mes membres et mes cendres, j’allonge mon ombre sur des tas d’amour composites, qui jaillissent moitié de la forme que la réalité a bien voulu leur consentir, moitié de ce que le fantasme leur colle au visage. Je suis amoureux de petites invisibles que je me maquille des couleurs chatoyantes de mon estomac, de la peau des fruits miteux que j’expire, leur chevelure est faite de l’éponge molle des pensées. Les nuages qui les couvrent dans la nuit abritent l’eau matricielle des mers de demain, toutes ces larmes contenues dans l’œil immense du ciel, qui se tient suspendu en l’air comme un couperet sans mécanisme.
Je m’abreuve en moi-même dans vos lèvres closes comme des yeux. Etre heureux, c’est être aveugle, et j’en crèverai les yeux brûlés, je m’en dénouerai les paupières si elles coulissent jusqu’aux silences. On ne vit bien qu’éblouit. Le bonheur ne vaut pas l’amour, ma petite Pauline. Anne, c’est autre chose que toi, Anne c’est dix-sept ans douloureux qui lui tordent le nez pareil à un crime qui se tiendrait au milieu du visage des innocentes faïences, tu imagine la fêlure d’un vase d’antiquité ? Son nez est cette blessure qui se tient dessus sa bouche comme un avertissement pour tous les faillibles du verbe, littérateur, tous ceux-là, adorant, ses jambes de compas, ne comprenant rien des poisons de sa lèvre mycélinienne; mortelle parure que sa beauté de scandale. Anne, est de ma race d’ignoble, de son corps parfait de déïté malfaisante, de ses dix-sept encombrants elle me menace, ses dix-sept ans sont dangereux, ils brûlent et suffoquent, s’étendent partout comme des ailes d’utopie. Ne respirer que son parfum vénéneux, cette fleur expirant souffle par souffle une buée d’accidents. Je meurs cent-dix fois par nuit dans l’étreinte de ses ormes, l’écorce de sa peau déchire les tissus fragiles.

Parfois elle me dit, le soir de nos sordides émois « Je crois que l’an prochain je partirai avec toi, ce sera la Pologne, ou la Hongrie, ou ce que tu voudras qui nous donnera l’excuse de nous tenir chaud, on partira en hiver, et on ne se laissera pas. Nous boiterons d’avoir trop d’hideur, d’être trop lourd de nos corps unis par le scandale et la cruauté. Si tu as faim, que ma peau ne suffit pas à te nourrir, si tu as faim, j’irais voir ceux-là qui payent pour la chaleur humaine. ». Anne, veut venir à Paris la semaine prochaine, et elle me dit « Je dormirai sur un banc, avec un couteau et ma poitrine belge, je dormirai sur le banc, avec mes seins de clochers et mes yeux bleus. Si tu veux me voir, on baisera dans les toilettes publiques, on y entrera à deux, en gloussant pour que les passants se tournent, et s’indignent en se bouchant le nez. Mais tu devras me payer, si tu veux me goûter. Je me suis assez offerte, maintenant je tarife, je mesure, je répartis, je suis une part sociale précaire. Je te vends la tendresse, l’étreinte, les bras, tu peux payer de ta détresse, de tes rimes de muriers, tu peux payer avec de grandes bouchées d’or, tu peux me payer de l’argent que tu volais à Georges dans son sommeil interdit. Mais je veux quelque chose de ce moment, quelque chose de sale, de bas, je veux quelque chose qui me rapproche de l’enfer où tu rugis tes certitudes malfaisantes, je veux moi aussi pousser ces hurlements qui m’ont glacé tant de nuits, que tu pousses sans pouvoir les retenir comme l’eau d’un fleuve qui rompt son barrage de bois. Ces cris, ceux-là dont tu disais qu’ils sont tes nerfs nécrosés, tendus, recroquevillés comme des billes de plomb, tes nerfs abominables déformants ta bouche, et ton langage, murmurant des prières aux condamnés ».

La vie je veux la mener en pointe, tendue vers quelque chose d’excessif, quelque chose comme l’Art, qui ne souffre que mal les contraintes, qui balbutie dedans ses paroles révolutionnaires, qui va abandonner toujours les mornes normes jusqu’à descendre les barricades des rimes. Je veux construire des salles cassant l’harmonie des architectures, vivre au milieu d’un paysage saccagé de bombes, creusé de guerres, et au milieu dans les lits de boue trouver vos caresses à vous, mes petites que j’aime, que je chéris et qui me détruisent. Si vous saviez toutes comme les yeux bleus me mettent en miettes, combien je n’ai jamais su résister que par fierté à leurs suggestives poussières. Ils n’en sont aucun à ne pas m’émouvoir du profond des notes graves qu’ils chantent, aucun iris qui ne me fassent pas passer au corps les eaux tièdes de la désespérance, aucun yeux bleus face auxquels je peux me tenir sans ternir, aucun vers lesquels je n’ai pas la caresse qui arme mon bras, et si la politesse en interdit l’expression je meurs en moi-même de cette flamme interdite. J’ai fait feu en moi, de ces absentes, disparues, rangées dans leurs vies. Tous les yeux bleus qui parsèment les visages ont hérité cette politesse de sommeil, cette douleur profonde, à laquelle on ne peut se soustraire, et c’est mon visage en elles, dans les bains malades de la pupille dilatée que je crois observer. Mon reflet ascète, fendu en deux, dans vos beaux yeux. J’aime les yeux bleus, et quand ils incrustent un joli visage comme les opales un collier, quand l’intelligence qui les porte et qui les vivifie s’ancrent dans ma peau, je défaille tout entier, et j’écris les promesses rieuses avec des mains d’enfant. A la nuit, je grimpe, ma sœur les doigts mangés de gouache pour la teindre de la parure heureuse de ce que me font ces yeux là. La contamination de leurs mélodiques stupeurs. Yeux bleus venez à moi, étudiez ma nuit, scrutez mes dépits, guérissez moi pitié des hurlements qui me façonnent un monstre. J’hésite au crime encore, et j’y tends, j’y tends mes muscles d’enfants ne sauront pas tenir encore, j’entends les voix dans moi qui ordonnent déjà, qui structurent l’occupation, me vendent, et me féodalisent. Mon âme et ma chair pour deux royaumes, à l’âme l’évêché ; à la matière la châtellenie.
Guérissez moi de la brume de vous, venez, venez mettre vos lueurs dans la nuit au ventre violet, érigez vos torches de papier qu’embrasent vos éclats bleus de lumière. J’ai mal à toi, et à vous. Aux cheveux blonds, brûlés de jour et ma solitude. Je vais visiter des mondes de couleurs, et de mélancolie, je veux tes baisers mouvementés, et la reliure de cuir de ton corps, que je frotte jusqu’à la flamme. Je brûle de faim pour vos images, pour vos yeux de maximes.
C’est ainsi, on ne s’en remet pas

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L'algorithme de ta peur

« Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes »

La Mer changeante des secousses qui se brisent en tempête, et son écume malade fait à la malice un soulier de vairs, à la parole légère jusqu’à la transparence. Le bruit des corps brisés fait les premières tonalités du concert requiem, celles livides des désespérés et le son animal sauvage, dompté par le flutiste, enfermé au zoo de l’instrument, les cordes du piano sont des fleurs d’émaux grillageant l’insoumise bête de bruit. Sur les récifs taillés en larmes immobiles, sur les récifs figés dans des postures d’Andromède viennent se jeter dans leurs chaînes tous les crevés de l’espoir, qu’on dit dans ces contours sans vie amoureux de tes yeux. La nuit, souvent, marchant sous les débris du jour, dans ses restes maigres réfugiés, tremblant, sous les lumières fragiles des réverbères, il en est un qui hurle son agonie-Verdi à la recherche de ton corps où briser le sien de la note finale des valses tristes, j’en vois un, et c’est toujours le même, qui se jette dans les effluves de toi que tu laisses comme des souvenirs colorés pour y mourir, un, et c’est encore le même, qui te souhaite psalmodiant la tragédie de ses os rompus. Les pleurs sèchent vite en entrant en amour.
Frisonne les vagues au rythme doux d’un rictus, sur la pâleur dessinée dans les draps plissés en visage du sable à poils ras, se recouvre lui des mirages du désert que la mer dépose, sédimenteux ; les naufragés sont des demeures de désert, des détachements éclaireurs des fictions, ces abris à songe, qui portent en eux les images de délire que délaisse la folie apeurée. Leurs cheveux d’algues tâchées d’actinies tombent froissés sur leurs haleines de rhum et les peaux ivres de souvenirs démontés s’effacent comme la trace sur la plage de ces corps meurtrissant, découvrant, rassemblant, sonnant et dissonant l’outrage des sérénades, tout l’outrage des amours vrais, dont on ne revient pas.
Je traîne deux corps aux gravités distinctes, le corps céleste plongé sous les courbes de l’enfer, dansant sous les pièges tendus partout et sur les chaleurs mortelles mais qui ne peut plus mourir, je traîne ce corps-âme dans des pays suffoquant où brûlent les poumons de chiffon, dans l’étuve sèchent l’argile des souvenirs en la figure du cri. Je traîne un corps tout de matière absente, tout étranger aux autres corps de réalité qu’il croise et frôle, celui-là soumis aux gravités physiques qui expriment en tout son consentement, qui se laissent faire. Souvent, je regarde passer les gens et avec surprise, dans le cœur du débit ininterrompu, je vois passer ma vie qui s’en va de moi, ma vie que je regarde m’échapper sans la retenir, comme une femme adultère. Je la regarde passer, et toute cette foule de plâtre en réalité ne bouge pas, c’est moi, c’est moi qui dérive loin de toutes leurs usures. Mon orgueil d’être jeune et vivant. Et ce corps de matières, de chairs, de plaisirs et de désirs, échappent à tous les autres corps – sauf les trois nuits par semaine consacrées aux libations idiotes, aux sacrifices séminaux où des vierges à l’hymen mille fois flétri me fusionnent. Je suis en dehors de la réalité, je me tiens à l’écart de toutes les considérations, de l’ambition, et du futur. Déjà je suis ailleurs, à survivre aux vacarmes de l’enfer, le diable joue toujours le même air obsédant, langoureux et sous leurs habits de soufre les damnés le contemplent.
Le chagrin du vin ne vaut pas le chant triste de la Mer bordée de liberté, aux bras de continents où s’endort le jour, quand sa vaisselle d’aube y plonge le fracas de porcelaine de ses couverts de lave. L’enfer existe ; j’y pourris, et mon délabrement y répand des odeurs nouvelles d’invention, des exhalaisons d’une idée qui brûle, d’un sens d’émerveillement, les fleurs tirent de moi la sève qui les colore. L’enfer morcelé de ses eaux miraculeuses, à la confluence de Styx et de Léthé, sous la bave des cerbères, dans les pleurs des puretés déchues, se forment ses mers aux plantes vives et cruelles, aux algues de mains désenchantées.
La Mer je la sens dedans l’être, dans le miracle des blessures, dans la déchirure où tu danses et t’infiltres en pensées, ô la mer, ô l’amour, les poisons dilués, tapis, sévères me rongent comme la digue saure des Pays-Ras, sous le glou-glou de l’Océan de menaces et les blondeurs allemandes m’occupent les pas. J’ai cinq Mers mortes dans mes paumes qui n’en finissent pas de somnoler.
Sous ton souvenir qui passe ici, sous tes multiples factures, dans le prisme craquelé, fracturé, fissuré de tes yeux bleus, gonflent des paniques, c’est le vent des voiles, et des voyageuses figures soufflant des étendues de sel brillants. Tu ne dures pas sous la peau, comme la pensée sacrilège dans le corps du saint, tu t’en vas en belle dans les pâleurs horizon railler ce fou qui vous suit.
Ton double, la lumière, plonge dans son scaphandre de nuit tout au fond des eaux troublées, à la recherche de ton corps comme la géométrie cherche son théorème. Je reviens vers toi de ces pays étranges que nul n’a vu pleurer, que nul n’a su exister dans le repli du temps, dans la courbure de la lumière réfractée par l’obstacle de mon corps, dans ce monde dedans moi sans clôtures, où les loups jaillissent du jour à la façon de sources heureuses, leurs poils gris entassent en aiguilles les faims humaines.
Mes nerfs émoussés mettent un froc de marin à leurs sensibles décadences. J’irai mendier ton être de charité ; tes yeux d’être plus tristes que le vin me font ému.

Les enfants des cités
Baisent comme les
Voyous des chansons.

« Et pourtant je vous dis que le bonheur existe.
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues

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Je meurs de ma petite mort.

Mignonne,

Les couleurs sont le voyage de la lumière, elle ivre, ouverte en bouche et en baisers qui déploie ses plumes de barbarie, ses sucres tropicaux, ses couronnes rancies, ses fleurs d'alcôves, la rancoeur de la mandragore que l'on avale et qui pousse dans soi ses racines de doigts sorcières. Souvent j'écris sur une belle que je ne dis pas, qui est toi, un amour du loin vociférant ses pitiés. Je dis, il est une fille de silence que j'aime et qui ne s'en doute plus, et c'est toi que je concerne, toi que je concentre. Tu es dans mes doigts, le plaisir muet, et dedans ma parole, dedans mes rescrits aux yeux vérolés de plombage. Tu bouges dans moi comme une corde tendue où tu secoures l'état de mes nerfs, où mon être est pays habité de séismes vigueurs, petite.
Je voulais te dire, ma nuit, la nuit usagée comme un vieux corps fatigué qui me traîne et me soumet, la nuit vulgaire, et ses jupes courtes et noires sous laquelle les genoux jouent des sonnets maquerelles. Je voulais te dire ce que fait le temps pour celui ivre des sons et des paroles, qui s'en va récitant, les vers limoneux. Lorsque je me lève, que je devance de rire le jour collant de ses outrances, je sens le temps qui rétrécit son débit, parle plus lentement sa voix à vieillir les peaux humaines. J'échappe aux ans de tressaillir sous les caresses aux mains de lampe. Autour les berges, toutes les berges s'entend, s'abaissent et semblent des plages, des grèves surmontées des calottes moqueuses. Le fleuve rugit dans la mer calme et figée, et dessus le miroir des eaux immobiles, l'éclat bleu de tes yeux de deux fois quinze ans plonge le ton entêtant de ses corolles rigueurs.
Je me souviens, les nuits où nous nous découvrions, défaits par la semaine, purge de la fatigue que ton étreinte longue à venir, que la nuit lente à dépérir, réfractait. Je me souviens les nuits où nous dépecions les plaisirs, affamés de leurs peaux de fanfare.
Il flottait dehors, dans des langes de notre intime, le refus du lucre et du stupre, et la seule musique pour faire au visage le fard qui déplace les montagnes cris. Que de cristaux qu'une bouche abrite, la moisissure tintante des lèvres, et le baiser vrillé comme une nuque de morte, tentateur comme tes boucles un jour blondes, hier brunes.
Tous les jours tu changes, tous les mercredi à l'heure de dîner ensemble je déguenille mes forces, je me mets en vrac d'attente devant le restaurant de la rue Saint-Jacques où chante sous nos êtres la vapeur. Tous les jours tu changes, et je ne te vois que le mercredi, dans l'angle incertain, nomade, de la lumière qui se presse et te bouscule, qui te bleuit de passer sur toi avec entrain. Dans cette césure semaine, où riment les mains, et les couleurs, où se font de criardes chansons, des babioles aux fenêtres verrouillées , monte, monte, monte ta voix sur ma voix avant nos promesses coalescentes. Quand je me tais, je m'en vais répétant le mouvement sans bruit de tes lèvres de serge, qui se closent sur ton éveil comme le rideau sur la chambre du malade. Qui se balancent comme le soleil à la cime du ciel, et les arbres frémissent sous ton pas qui précipite l'éveil des natures, le chant des bêtes, et la grande chasse des oiseaux de proies. J'entends le tonnerre de tes rires jusque dans mes sommeils. Je ne veux de nous qu'un amour mortel, de jouer sur cette scène tendue pour nos infinis qui se répondent, le lierre de nos caresses et la maladie incurable des gens brisés. Je ne veux pas d'amour sage, bien éduqué, ce doit toujours être taillé en flèche, que nul baiser jamais ne me guérisse de la blessure de toi. Ces entailles que je me fais comme des anathèmes sur l'épaule saignante. Dans tes bras je veux croître jusqu'à briser, et mon corps mis dans le tien, d'expirer jusqu'aux noyades suffocations. Tu es ma mer, la grande mer aux parures changeantes, aux habits de nacre et de jaspe, que jappent les chiens d'écume et les brimades des poupes navires que sont tous les amants que je ne suis pas.

Je t'aime, petite fille, ma plaie d'où s'écoule le chant des sangs.
Je t'aime, petite fille aux yeux de piège et mes mains de voyous
s'y prennent comme des loups.

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17 février 2011

Songes.

Mon écriture est pleine de rêves mauvais. Ne la prenez pas dans vos vacancières malles.

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16 février 2011

Opales de rescousse



Si tu savais comme il m’est doux ton visage quand il sort des eaux mortes du matin, que je le vois paraître et disparaître dans les hésitations du chant immobile, cette marée des sons lancinants qui jette au silence ses goëmons légionaires ; déclenche leurs trémas, vaporeux, d’absence, le lichen violet des mers ivres, pendues à tes baisers orphelins. Si tu savais comme il m’est doux de te savoir apparaître, tous mes mercredis soirs à tes vingt-trois heures trente précises, toi l’inconsolable aux yeux de veuve, de lins et de sciure, toi et ta chevelure de vallée à laquelle je tresse tous les jours les vers que je peux, avec des toits de chaume et d’hémistiche pour les garder des mauvaises nuits. Il est vingt jours que je t’écris ici, que ton prénom sous le papier carbone des secrets se montre, que ton visage dans le bain mauve de l’insomnie se révèle comme la photographie traînée des chambres sombres où je songe nos émois. Ma petite silencieuse, au teint de césures, dans nos indifférents brouillons bercés des mélodies enflées de creusures, sabotés de violons et

D’iambes figurant les détresses noyées

Roulent leurs fruits de noyers
                                                Dans la rue Saint-Jacques fermentent nos baisers de pêches, je n’ai pas de mois de mars pour les voir fleurir et dorer, mords la chair du fruit sûr, c'est ma peau, ni d’hiver à rester voir les pommiers normands à la peau jaunie des soupirs d'automne, et la berceuse des mers du Nord dont on devine l’horizon mugissant de mon départ, me déchire déjà. La fêlure de février est mon mourir, ces trois jours amputés au bout de son bras fondront mon deuil dans l'alliage creusé aux partitions. Le moignon du meurtre dira-t-on. Il me reste un mercredi depuis cette nuit où voir chatoyer l’écume sémaphore de tes boucles blondes, de ta tresse angelote, qui tombe sur ton front comme une pudeur dissidente. Je n’ai plus qu’un mercredi, pour te confier ce que tu devines de mes gestes alanguis pour toi, entravés de mes nerfs pour le parler muet, quand je te cause, de mon insolence déjouée- cette bombe pleine de rires, c’est toujours en trainant des crampes à mes orteils. A mes tempes les essuies-glaces font le mouvement des heures rythmées, et s’impatientent, leurs deux yeux d’anguilles me pressent de restituer à la mort ce temps que je laisse délabré. J’ai eu assez d’ardeur en vingt ans, pour ne jamais ternir. C’est d’un sommet que je me jette ; d’une brûlure que je meurs les yeux grands ouverts de n'avoir en vingt ans jamais connu la nuit en sommeil. Il n’est que pour toi mignonne, que j’abandonne, mon insupportable parure de caprices et mes cheveux coiffés en révolte, ces piquets noirs de débris. Je dépose les figues et l’été sur le seuil de nous, en dehors de nos paroles d’oiseaux rares, du ramage de ton teint, je laisse mon indifférence sur les yeux pâles de l’Université, mes ergots là-bas, pour te venir la gorge virginale, le ventre ébloui de la même faim que ces gosses de dix-sept ans que l’ivresse, fraudant la lucidité érodée, fait roter d'hommes. J’abandonne sur les sièges du RER la haine polie et les voix mortes, il est de belles figurantes dedans aux voix sèches d’alcool. A mes sens vivants elles sont des trompe-l’œil, apparences humaines épaisses comme de l'ombre. La mort je m’y suis fait en fixant, curieux, les grisailles de leurs yeux, les cils de barreaux devant la lumière captive, gémissante, bêlant comme les loups mis à l'enclos. Mes regards sont de la cendre noire, compostée. Des feux venus de si loin, qu’on les porte précieusement, comme des sacrilèges ou des cercueils, et brûlent sans faillir les orbites hallucinées, répandant largement l'orgueil de ma jeunesse. Vingt ans d’excès se payent d’un vertige, au sommet du Mont-Valérien, où je trébuche bientôt.

 

Ma très légère, mon enfance muette de signes, se répand sur toi la douceur accumulée deux jours dans la semaine à mettre ma défroque de gamin morveux, à bailler des mots ennuyés d’être là, de sortir pour « ça ». Je suis heureux mais impatient et quand mon visage prend ses airs graves, hideux de torture et de serpes, c’est que j’ai mis le masque de mes imaginaires, que tout moi me parcourt, se comprime dans mes reins et m’invente, et discrédite le soupçon des choses poétesses. Si je me tais, la lèvre compromise de tristesses, c’est que je jubile dans ce dédale mouvementé de dans moi, qu’il est ce monde de couleurs froides me frôlant les organes de lave où je vis vraiment avec ta pensée. Je me tais de parler en moi-même aux souvenirs, mon visage est un archaïsme, autres temps, autres joies, se rencontrent dans moi notre histoire et son annexe la mort.

 

Le réel cette chose des parjures.

 

Je n’ai jamais pu coucher une fille sans lui formuler des mots d’amour, de n’avoir rien d'autre à présenter qu’un peu de poésie raclée, aux ongles noirs, de m’excuser ainsi de mes audaces de bientôt, de mettre entre son corps et le mien ce spectateur inerte aux parfums plus lumière que leurs yeux de disparues. Ma poésie est un pardon que je fabrique pour les amantes de ne les pouvoir aimer, de ce bouquet de rimes monte l’odeur de regrets ; mon silence la confession à ces mélanges de prêtre qu’on voit sous les fronts bas des bibliothèques, je dis aux gravures, aux illustrations, les pauvres larmes versées d’elles, ce ventre de moi est un lac des eaux bouleversantes, je suis ce Niagara à la cascade émue. Pardon Marion, pardon Wendy, pardon Loriane, pardon, Marianne, pardon Céline et pardon Elodie, pardon à toutes et pardon à Guillaume et Clément, pardon Emilie pardon à tous les abandonnés, toutes les délaissées, pardon de mes rages et des mes fièvres. D’Eragny à Tizi, de Bruxelles à Genève, de Gand à Quimper, de Jijel à Munich. Je devais pour m’initier du bois sec de celles-là, simuler les passions comme on souscrit les incantations d’entre les proues de l’enfer aux cous tatoués des meurtres. Autorisez moi les plaisirs d’ecchymose de vos yeux.« Ecartez-vous flots venimeux, je dois fuir mon appartenance et mon prénom d’Egypte poursuit jusque dans vos eaux troubles et austères mon autre prénom hébreu ; Je m'appelle Najib et Jonathan. Jérusalem c'est moi ».

Je suis bien plus loin que la réalité.

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