28 février 2011

Volutes.

 

Tu portes un dos-nu.Je ferme les volets.Quand je t'entends tousser, c'est l'odeur du raisin qui étouffe au fond d'un oeil.Je t'en prie, ne tousse pas.J'ai l'impression de te perdre.Je préfère quitter la pièce.Pour ne plus entendre.Le silence lâche.Mais le silence.Tu connais l'amour.Tes yeux ont déja transpiré bleu.Apprends-moi.Tu porte un dos-nu et des jambes blanches.L'air ne passe plus dans le salon.La pluie.Dehors.On ne fait que l'entendre, on ne la voit pas.C'est une menace l'amour.Dis moi que non.Ne sois pas malade.Apprends-moi encore.J'entends le rythme de ta gorge qui suffoque.Comme une musique violente et arrachée.Comme un noeud.C'est une panique l'amour.Je suis mon propre étouffement et je me tisse.Battant.Battant fin.Comme les gouttes.Gouttes d'enfant.Gouttes de Feu.Gouttes de lumière.De coton imbibé de toi.Goutte d'Adieu.De sueur.De limites.Comme la dèche.De la lune.Qui s'émiette.Sur ton visage Tu es Dieu.Tu es Dieu.Va t-en.Va t-en.Repousse-les.Tu sais, pour plonger, il faut mourir.Respire sous l'eau.Tu vas t'étouffer.Tu es.Comme le siècle nu.Je ferme les volets.Dans le noir, tu t'endormiras, et j'irai poser mon oreille contre ton épaule, pour écouter les baisers, que ton amant a du déposer.Pour apprendre l'amour.En fermant les yeux.Pour ne pas voir sortir de ta gorge, l'ennui des années qui passent, quand tu tousses J'ai l'impression que l'amour est une chute. Dieu, la lettre majuscule, c'est le cryptage à décodage facile.

Posté par boudi à 23:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Aveugle

 

J'ai un oeil qui tombe sur le béton, il glisse le long du trottoir de la place Wilson. Celle qui ressemble à un gros ventre rond. Avec son cinéma et son pays pour personne. Comme une bille fruitée, l'oeil roule le long du corps, comme un diable transparent, on pose les doigts sur les lèvres. Cette serrure que l'alcool entrouvre. L'oeil va à la rencontre. Je suis hors du monde. Nous sommes hors-norme. Le pèlerin au baton manquant, pour rosser, pour cogner. Je ne connais plus mon sens. Le sang est tendu, et j'entends la vitesse du ciel qui déconcentre les artistes de l'amour. J'entends les mots enfumés. Je te vois. Non, je ne te vois plus. Je t'ai vue. Et c'est terrible de dire ça. Je t'ai vue. Oui, je t'ai vue je te cherche. Tu es peut-être là pourtant, je ne sais pas, je te vois. Tes courbes sont floues, mon ombre est morte. Je voyais, ton visage comme un jour qui se lève, je te voyais. Fureur. Je t'ai vue, et tu n'es pas passée, tu es entrée. Entrée. C'est comme se lacérer le corps au dessus de l'émail et ne pas saigner assez. C'est la gorge de diamant dans le langage du rire. Je me frappe mais ça ne fait pas mal. Je me cloue des nuées lumineuses sur la lèvre. Si je ne te vois plus, c'est que je ferme les yeux ? C'est que tu es sortie ? Tu vois, je te vois encore, là. Tu pourrais voir pour moi. Tu pourrais. Moi, je perds la vue, doucement peut être mais je la perds. Tu entends mon oeil qui tombe sur les pavés roses ? En miettes. Je ne vois plus que toi. J'ignore l'empreinte du monde sur mes paupières. Je te vois qui presse la pulpe de mon iris Je te vois, et c'est étrange parce que je ne sais pas où poser les mains sur toi. Ca dérape. Tu es la scie à mille dents. Je suis dans le noir électrique. Alors parfois tu recules, mais je te vois, tu comprends. Je ne sais pas où je pose les mains. Et si je te mords ? Tu me le pardonneras ? Des coups de poings de fièvre amoureuse. Je vois dans le noir. Ta voix fait écho dans mon geste. J'ai un soleil qui s'enfante dans le ventre depuis cinq heures et huit minutes du matin le 5 janvier deux mille onze. Je suis perdu, comme l'enfant, comme l'étoile, comme un portrait. Et c'est difficile tu sais, de reconnaitre tes saisons dans mes brasiers. J'essaie, pourtant, et je rêve la langue que je broie ? Et ça m'effraie, cette assurance, c'est comme A qui lance des cailloux et qui n'entend pas le bruit. Le bruit de la chute. Elle n'entend pas, pourtant elle lançe fort. Elle s'effraie. Ses muscles comme une petite robe dans la neige sous le lit. C'est comme le soir, là, qui voit les cailloux s'épuiser vers le fond de la mer morte sans bruits. Je te vois, et le parfum dans le cœur poreux. Et quand je me console , je ne sais plus quel nuage fondu je console. Et quand je dis « c'est beau l'amour », cette putain de poésie, j'ai raison . Je suis dans le corps du temps. Je t'ai vue, je te vois. Je frappe et ça m'aveugle. Parfois, tu dis qu'il ne faut pas, pas ici. Et là ? Et là, je peux ? Je ne vois plus. J'ai de la vitesse dans mon sang, cette nuit là, un loup en ruines dans l'assiette, une cave interdite. Je suis sans jambes, qui titube devant la Reine sablée, devant nos yeux gonflés de violence, qu'un éclair de lune n'a pas pu calmer. J'ai jeté mes cheveux par la fenêtre, garçon de rien, garçon de toi. Et j'ai le sang blanc comme une hirondelle chassée en plein vol. Mon oeil escalade la rue, dans laquelle, en pleine nuit, dans le noir, nous nous sommes violés de minuit, nous avons bu minuit, et ivre de minuit, mes gestes étaient sans images, je te sens mon amour violent.

 

Posté par boudi à 02:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 février 2011

Je t'.

J'ai rêvé cette nuit l'auge où je baigne ma peau est celle où le reste du monde boit. L'eau impure de mon corps, les miettes en suspension de mes blessures désaltèrent les bouches fatiguées des voisins. Je suis la source.
Souvent je pense à toi. C'est une pensée innocente comme un témoin. Elle est présente sur le lieu des crimes qu'est mon corps. Mais elle ne fait rien cette pensée que penser à toi. Elle te regarde et t'adore. Je pense à toi, je te sens te transporter dans moi, je te sens à l'intérieur de mes veines. Tu es projetée avec cette pensée, projetée à l'intérieur de ce frêle esquif comme toute muse pour la viste des pays de poivres et d'épices. Tu es dans moi, vraiment, mon canot de secours quand ma bouche suffoque sous les eaux vives des torrents.

Je ne sais pas le goût de tes lèvres, combien de sucres s'y figent, pourquoi tes lèvres ont la couleur étrange de mes souvenirs granulés, ce sable cristallisé sur ta bouche. Toutes les fractions de toi, toutes ces parties, je voudrais y mordre comme dans un fruit, je voudrais y grimper. Tu as les yeux bleus qui détonnent, longtemps je les ai attendus, longtemps je les ai enregistrés dans ma mémoire qui s'ouvre comme un tiroir pour les faire revenir dans les pièces bleues de nuit. Ce que je te décris, avec mes pensées, c'est un mouvement, c'est un corps, mon corps, qui se tend vers ton idée. C'est une pensée sans membres, une pensée sans voix, qui ne te griffe pas. Quand tu marches, proche de moi, que ta voix change le vent, que tu en modules les paroles. J'aime, ce que tu prononces, je t'avoue, je n'écoute pas, mais tu inventes des couleurs dans mon paysage. J'ai une sorte de maladie des nerfs et des sens qui transmute en des saveurs les mots, les voix, les lettres, je les vois impliquées dans des chromosomes, dans des figures géométriques, j'en cherche le théorème, la formule, je te trempe dans des solutions pour te séparer et te mettre l'amour à boire. Quand tu me parles, quand les lacs bleus de tes yeux, quand leurs rondes extases parcourent et projettent comme des miroirs plein de lumière ce pâle des aubes, je souris. Je ne le dis pas, bien sûr, c'est trop plein de civilités une discussion, privée des sens, c'est poli, éduqué, c'est plein du rire surfait, faux, du rire qu'on trouve dans les petites potions alcoolisées. Je n'ai pas le droit d'être tout à fait étendu, pas le droit d'incliner ma tête dans le geste de l'ému, mais en pensées je me penche pour voir dans toi cette image très belles, très bouleversantes. Tu m'émeus, je t'attends souvent, sans une parole, je conserve des intuitions de toi. Tu me bouleverses.

Je t'aime.

Posté par boudi à 20:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 février 2011

Mon visage taillé dans le crime

 

 

 

 

Je suis la dernière geste d'un corps mixte, l'orient d'une pureté, le nadir d'un fantôme. Je refuse l'effort, quand il pointe sa petite cornaline grise. Je suis le résidu de l'alliage mis au creuset, l'endroit des réunions secrètes où se montent les poisons. Je suis le corps du complot. Je refuse l'effort, l'abstention du courage. Je refuse de travailler. Je n'ai jamais rien obéi. J'ai fait semblant, j'ai le visage sage. Le visage de celui qui ne ment pas. D. me disait "tu as le visage bavard, il dit tout ton sentiment" j'ai le visage menteur. j'ai le visage insensible, j'ai le visage de l'escroc qui s'excuse, qui se confond et la main de l'aigrefin qui dans les octaves de la bouche descend d'autant dans la bouche à receler.

Charlotte me disait "Tu ressembles à André Breton", et elle disait "ce n'est pas tous les jours un poète avec une vraie tête de poète". Elle gémissait poliment "ah, oh, hi", on faisait l'amour, j'avais mal à la tête. Mais elle mettait ses doigts dans ma braguette, elle disait "tu as quel âge, déjà, personne ne sait jamais". J'ai deux prénoms, qui vieillissent chacun leur tour. Je n'aime pas le corps qui oublie, je viens déranger, je viens faire des usages, pardon, jeune fille, je vous bouscule, "ah oh hi" c'est comme ça qu'on dit, je crois, quand on traverse une chair qui vous résiste. Pourquoi je ne passe pas à travers. Je regarde le spectacle, je suis dehors l'orgie. Charlotte me dit "c'était bien ?" Je dis, j'aimais bien les images, mais ça manquait d'effets spéciaux pour un film. Je disais, je ne sais pas, je n'étais pas là, je disais pourquoi tu me demandes, je n'ai pas de corps, j'ai des yeux, je vous voyais faire, tu traitais avec un autre. Je ne suis pas là, tu comprends, moi je regard faire, je suis absent. Je n'aime pas les corps, ça me donne la nausée, ça me travaille des organes de pensées. Je dis. Moi je ne veux que l'amour, que l'érotique bafouement, je veux le marbre des déclins, je veux tes seins de muses sacrilèges, je veux les desseins de ton corps, le relief imprimé sur les pages. Mais je ne veux pas le péril de mes fragilités je ne veux pas le risque de mon corps, le mettre sur le rebord d'un autre corps plein des vertiges des falaises, je ne veux pas, le reste, alors je confie à un autre la chaîne, la soif, je confie à un autre, je lui prête la voix qui fait "ah oh hi", mais je me suis exclu, j'ai excipé mon incapacité. je suis déjà en vacances, je sens la mer qui tonitrue. je n'ai pas de désir, je ne suis pas sexué, j'ai plein d'hormones qui se combattent et s'annulent plein d'hormones qui se mélangent dans l'atmosphère et qui gravitent comme des planètes autour des mots. Je capture, j'ai mon éprouvette d'effluves. Charlotte me dit "mais c'était comment", pourquoi des points d'interrogation, pourquoi ta bouche a la forme d'une ponctuation, recouvre ton éducation, ne fait pas comme les autres. trouve toi une voix, trouve toi une révolte. ait faim, ait soif, casse tes os, voûte tes envies, mets toi toujours en travers des gens, brise tes dents en mordant dans la pierre. sois insoumise. Je peux t'apprendre, j'ai mon corps en opposition, je suis né perpendiculaire.

Des hommes ont dit « le raffinement c'est trop lourd, trop long, trop plein de malheur » et ces hommes se sont associés pour former la première des sociétés modernes, ils ont dit, « le mot de raffinement, c'était presque ça, on était pas loin » et ils ont appelé leurs esclavages, leurs soumissions, ils ont dit leurs nuques courbées : « raffinerie » « il faut devenir, une raffinerie, traiter d'un liquide noir comme l'encre et en faire une chose transparente comme l'essence ». Les hommes, depuis, peinent le jour -et pensent y vivre, filtrent la nuit à travers un tamis qu'ils disent « le sommeil » tant elle était pleine des mystères auxquels ils avaient renoncé de découvrir, pleine des vérités en lesquelles il refusait désormais de croire, pleine des magies que leurs raisonnables sommeils avait appelé « songes, cauchemars et délires. Toutes ces raffineries ont des respirations de fumées, polluent ce pays du très tard, qui prend sa pleine expansion au nadir de la lumière et interdisent à l'éclat des poèmes de répandre toute sa démesure.

comment fait on pour devenir une usine, une chaîne de montage. prête moi tes gestes de labeur. ça se penche comme ça une tête intelligente,oui, comme pour recevoir un sacrement, comme pour accueillir la vieillesse qui fait son dépôt sédimenteux, calleux. je ne vieillis pas. quinze ans, ont mes cris. je suis un adolescent. on me le dit. Guillaume m'écrit "tu ne pourras pas vivre toujours comme ça, on en meurt". je ne veux pas de tranquillité, je veux de la vitesse, je veux être perturbé, je veux être dérangé, je veux dedans sentir les choses qui s'agitent, les couleurs grelottantes, le froid dans la lumière, la neige si liquide qu'elle couvre, qu'elle remonte, qu'elle dissout les os. comment devient on un artisan de la geste, comment perd on l'outrage je ne veux pas savoir. Comment vous imiter, comment ne jamais avoir de position, être vide en tout pour accueillir tout le bruit, toute la suggestion du dehors. Je suis plein, ma bouche crache des images, voyez les forêts de pins secs, voyez les fourneaux embrasés, voyez mon âme de fumée, et mon ombre qui m'abandonne loin derrière. Je suis plein de lumières, de trous, plein de limites et de fils, plein de moteurs et de chansons, on dirait que mon corps a pris feu dans la révolution des astres qui s'entrecoupent, on dirait qu'il s'y joue un drame qu'une bouche de spectacle mange, et qui repousse comme un foie maudit par les dieux. Le drame est un organe. BONJOUR DIT MON FOIE JE SUIS PROMETHEE. Je fais des recueils d'insultes, je compile des plis de rage, et d'écumes on me dit "bravo" c'est un bravo bourgeois comme un vingt sur vingt en rédaction. Je déchire toujours, les notes que j'obtiens. Je n'ai pas supporté. Louis Le Grand, les honneurs ça me fait tousser comme une allergie à la craie, je suis fait pour l'anonymat, je suis fait pour les habits du crime, je n'aime pas la lumière, on y voit les gens laids, je n'ai pas supporté, "bravo" ça veut dire quoi "bravo" ça veut dire que la nuit tient dans deux syllabes, bravo, ça veut dire que la douleur, le mal et l'absence peuvent se ranger dans les étagères des mots, ça veut dire "bravo de souffrir, bravo, encore un peu, je veux dire bravo si c'est comme ça qu'on écrit quand on se convulse quand les poumons normaux suffoquent de fatigue" comment c'est possible de remplir d'autant d'essence deux citernes en papier. Je n'ai jamais fait d'efforts. Quand il faut faire des devoirs, rendre des copies, travailler un exposé je commence à quatre heures, et je finis à six, je dis, les mots je les ai pris dans mes cernes, je dis, les idées je les entendues paître dans un champ d'huile d'opale, jai jeté des chiens affamés dans un miracle, oui, mes idées ce sont des miracles fragiles et fêlés. Personne n'a les mêmes. Personne ne peut imiter les couleurs dans ma tête, les couleurs qui s'assemblent, les couleurs reproduites, les couleurs amoureuses. Je lis très vite. J'ai tout lu. La philosophie, une nuit qui ne partait pas, une nuit incrustée dans moi comme une tache. Elles sont rares comme de l'uranium, dangereuses pareilles. Ca brûle dans des machines infernales, qui font des bruits de cauchemar. Je sais, une fois, je me suis coupé les doigts sur des idées et tant de drames qui ont saignés, tant de liquide depuis la naissance qui sont venus et toutes ces voix qui ne me quittent pas sont jaillies. Je sais tout faire, je peux tout écrire, tout dire, mais je ne ferai pas d'efforts, je ne me forcerai pas. Je ferai semblant, je dirai "plus tard, oui". Je dirai quand on m'accusera de ne rien faire, de rester en dehors de l'effort, de me tenir à l'extérieur :
- Tu es si belle quand tu travailles, laisse moi te regarder
- Mais je ne suis même pas là
- Alors laisse moi t'imaginer, oui, je t'imagine travailler, laisse la poésie mettre son champ de sel partout, ses cristaux de poussière, ses fleurs de sable. s'il te plaît ne dérange pas la crinière du songe qui te recouvre, laisse tes cheveux blonds flotter comme une voile légère, comme une lèvre que le vent soulève. Je te vois, tu sais, je n'ai pas besoin d'être là, avant de partir j'ai mis ton parfum dans mon agenda, j'ai mis ton parfum dans ma mémoire, c'est un dépôt, c'est une fleur, et je te sens, tu es dedans moi, tu fleuris, tu composes, j'entends ta musique, alors travaille encore, ça te rend belle en pensées, dans mes paumes linéamenteuses ça met des rimes, plein les lignes. Tu es mon alexandrin.

Je peux tout faire, et je ne ferai rien, je veux décevoir. Je veux être un traitre à l'attente, trahir, que l'on me dise des mission, que l'on observe un rendement, que j'imite le sang des ruisseaux. Au moment de l'action, je veux me dérober à elle, lui dire « j'ai une peau anguille, comment faire ». Décevoir le monde entier. Je veux décevoir les professeurs, je ferai des petites choses, je ferai de la petite couture, j'écrirai des libelles au lieu des pamphlets et des mirlitonades en place de sonnets. Je peux tout faire, tout dire, j'ai du style, "tu es un poète avec une gueule de poète" et Camille me dit "j'ai rencontré quelqu'un, c'est tout ton inverse, il est beau comme tu es laid, vulgaire comme tu es élégant". Je suis capricieux, je ne peux pas me courber, j'ai les os solides, j'ai les muscles crispés comme des larmes dans l'oeil. Qui peut les faire céder, je donne deux vers d'eau. Je ne sais pas me laisser faire, je ne peux pas. Quand on me demande quelque chose, j'ai un souvenir qui dit "Résiste" je crois entendre la voix de Marguerite qui m'abuse, je crois la sentir qui menace mon ombre. Qui me dit "j'ai un otage, résiste". Je résiste à tout, je ne sais pas obéïr, je n'irai pas en prison. La voix de brume de Marguerite, son souffle toujours dans la buée, toujours prêt à disparaître sous le nuage profond de la fragilité, Marguerite a la voix grave, elle me disait, courbe tes treize ans Jonathan, et je ne savais pas, je m'appelle Najib, comment répondre "je m'appelle Najib" quand personne ne le sait. Courbe ta nudité Jonathan, montre moi tes os de pauvres, tes muscles de pauvre, elle peignait la misère, elle peignait le Christ. J'ai les cheveux longs depuis, et une gueule de poète, et l'élégance et la laideur, je peux tout faire tout dire, je peux aller au bout du langage, je peux affronter les monstres qui s'y terrent et reprendre les joyaux. Comment peut on être fébrile de rater un emploi, de passer à côté d'un examen. La vie c'est ailleurs, la vie c'est plein de menaces, de bêtes, ça grouille, on entend les najas se faufiler dans des plaintes, on entend les pas en coton des brutes fauves, on entend, on entend la vie à côté, c'est la porte voisine, c'est l'autre avec ses jungles de miel, avec ses couvertures en ivoire, avec tout son danger. La vie, c'est ailleurs, la vie on s'y tient chaud à deux, on dit "le matin, quand tu pars au travail, tous les matins où tu te lèves sans moi, où tu m'oublies pour aller en dehors de la vie, je me déchire, je me sens abîmé, quelque chose de moi qui part, qu'on m'ôte brutalement. Ton travail, tu sais, c'est une arme qui sépare des siamois, c'est Moïse qui fend la mer rouge, et qui ne se rend pas compte de la douleur des amoureux qui s'y tiennent des coquillages pétrifiés. Nous sommes partagés, quand tu te rends plaider J'ai les nerfs, le coeur, le sensible, tu as les muscles, le cerveau, l'intelligence"

Lucie a des yeux bleus faits par des fleuves, on dirait de la peinture au couteau, quelqu'un est venu, il a vu une source claire et l'a déchirée, c'est son visage la lumière, ce sont ses yeux les crimes. Des objets de délit, des brillants dérobés. C'est ouvert la lumière, elle s'y déverse entière, et parfois je vous jure quand elle pleure Lucie, vous noie, ça vous recouvre, personne ne peut supporter autant de couleurs ruisselantes et graves, autant de tristesses dégradées comme des eaux sales. Lucie a la beauté des veuves elle m'aime, elle apprend à parler Khmer.

Je ne ferai pas d'efforts, j'écrirai des livres plein de scandales, je leur mettrai une silhouette qui disparait au coin des rues, qui pose des bombes dans les conventions, la couverture vous résistera et les images vous assiégeront. Je veux piéger le lecteur, je sais bien faire ça, ne lui laisser aucune chance. Je veux mettre votre innocence à genoux, je veux que vous sachiez. Je suis libre, je ne me laisse pas faire. A l'école je vous oublie, au travail je vous ignore. En attendant je vous trompe. j'écris sur vous les mots que vous ne savez pas, je prends vos ligaments pour en faire des reliures, je prends vos nerfs éteints pour les caractères dorées de mes titres. J'ai un nom de chapitre, j'ai un nom de chapitre, on le dira commerce, on le dira Lutte. Personne ne sait. J'ai une terreur depuis treize ans, une terreur pour les filles aux yeux bleus. Leurs regards de Marguerite, personne ne sait. je suis un enfant égaré.

Il n'y a qu'à l'amour que je peux tout céder. Qu'à l'amour même que je ne peux pas renoncer.

« Toi dont les bras ont su barré sa route atroce à ma démence »

 

Posté par boudi à 04:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 février 2011

Les gravures de l'aube

Je ne suis pas des liaisons, je ne suis pas des accords, des déclinaisons. Je ne suis pas d'accord Je ne suis d'accord avec rien. Je refuse tout. Comment peut-on accepter. « OPINER ». Ils opinent. Toujours. Oui. Oui. C’est combien ? Ton salaire, c’est combien, tu mesures combien, les comptables sont des arpenteurs. Ils comptent, ils mesurent, « il faut être heureux » sinon, sinon c’est l’échec, sinon c’est l’inquiétude. Tu veux un peu de mes nuits ? Tu veux vivre. Entre deux et cinq heures, sobre, épuisé, le monde se laisse faire. Et toute la nuit je m'agite Ce mépris des visages. Nier par les yeux Il y'a ceux qu'on ne revoit jamais Mais mais mais je me souviens de l'odeur des Craven A dans des fume-cigarettes en bois Je voudrais t'écrire sans que tu lises tu comprends je voudrais t'écrire comme on tient un journal et sans que tu comprennes vraiment ce que je veux dire Je les vois vivre, cumuler les rapports entre dominants dominés Je les vois venir les trains qui ne s'arrêtent pas devant moi les trains qui me rentrent qui me rentrent dans le ventre L'acier qui déraille sur mes dents J'ai les dents rouillées je n'arrive pas à capturer la lumière des trains qui ne s'arrêtent pas comme si comme si j'étais tellement faible tu sais tellement faible que je venais me noyer dans n'importe quels yeux de nylon bleu. N'importe quels rails Ce que je vois là c'est la mer l'horizon vide et clair Mais je pense aux trains Aux nombreux trains que j'ai du digérer si tu savais Bricoler mon énigme j'ai déjà essayé. Retrouver les bras ouvert d'avoir vu en face le parvis de ton dos soûl, de tes mains effrayantes. L'aube étonnante n'a jamais été aussi légère Une femme tellement ouverte Et qui n'a jamais trouvé Un compliment tout au plus Monsieur vous en faîtes tellement trop j'aimerais t'écrire comme un dialogue de sourd Ne me demandez pas de comprendre. Je manque de courage. T'as peut-être l'impression qu'ils sont tous autour de moi c'est pas vrai. vraiment les beaux jours ça s'allume avec quels yeux ? Je suis fatigué de défigurer les visages Je suis fatigué tu comprends de frapper les yeux avec des artifices Des besoins différents en littérature oui Tellement facile Si j'ai besoin de relever mes cheveux Oui J'ai tellement chaud de mes blessures J'ai tellement chaud de mes blessures J’aime que le bouquin me résiste. Que mon écriture te dérange. C'est pas l'image qui est importante Oui je tiens la main Je ne suis pas obligé de te regarder Elle n'existe pas D. Je tiens la main d’une ombre parce que c'est tellement douloureux l’absence Parce que c'est tellement tendu tellement nerveux tellement Pas pour moi Maman pourquoi tu parles de problèmes Si je suis obligée d'enlever mes vêtements pour ouvrir le livre. Si je m’allonge dans la salle de bains pour réciter la poésie. Laisse-les me regarder Ne ferme pas les portes Laisse-les Est-ce que j'ai chaud à ce point La mer ça commence dans le ventre ça commence à peine la mer pour moi ses vagues mauves Une main dans son sel Un bras vers son ombre Qu'on décapite qu'on décapite Vite qu'on décapite mes pâleurs. Mais de mon amour qu'est-ce qu'on peut en faire Des livres bon marchés Des poèmes singuliers De la littérature de la littérature vite il me faut de la littérature Décapitez putain décapitez J'ai la mer qui me monte jusqu'aux genoux Elle n'atteint pas plus haut Je suis impossible aux éléments ils ne me reconnaissent pas Avec tes yeux t'as avalé toute la mer ; tu ne me vois pas. Vite une parole Un livre Un auteur Vite un mouvement littéraire qui vienne m’enlever Je laisse mon bras tendu comme s'il y'avait un revolver qui m’avalait au bout Je laisse ma main dans l'eau Et les empreintes c'est pour les pauvres Qu'est-ce que j'ai retenu ? Vite vite oui je sais il faut répondre vite Ce que j'ai retenu Des jours des jours des jours entiers putain des jours qui s'entassent des trains qui me rentrent dans l’abdomen Qu'est-ce que je raconte Rien Je vous réponds C'est fou cette exclamation Joyeuse en vous C'est fou ce dos si fin si fragile On vous voit Mademoiselle On vous voit complètement nue Arrêtez de vous cacher Encore quelques instants à patienter C'est fou ce dos Avec des jours comme ça comme vous dites Des jours vécus tellement différemment des autres mais montrez-nous votre différence Mademoiselle C'est fou ce dos si intact Je ne vous crois pas C'est fou de dormir la nuit c'est fou Je ne crois pas aux fous J'ai le temps de peindre n'importe quel mur misérable Tu comprends pas que je t'écris Tu comprends pas que j'en ai rien à foutre d'eux Que j'en ai rien à foutre de ma façon de m'exprimer Tu comprends pas J'ai trop d'écarts d'envols dans l'oeil droit Est-ce que je peux me gratter l'oeil C'est fou votre dos Mademoiselle On dirait qu'un oiseau s'est écrasé sur vos omoplates Comme des traces d'ailes minuscules complètement malheureuses. Je ne crois pas à ton bonheur, je crois à ton éducation, je crois que tu es interdite, interdite, aux mélancolies. Tu appelles bonheur, joie, ta mélancolie. Lance-moi ton art privé dans la colonne vertébrale Tu verras si je suis fragile Lance ton art privé puisque tu veux pas le partager Ecrire non mais franchement quelle idée Tu crois que je suis capable d'écrire Vas-y envoie de toutes tes forces ton art privé. Ils arrêtent pas de dire que c'est fou ce dos tellement fou Tu les entends d'ici ? "Tellement fou" avec leurs petites voix à terre leurs voix tellement à terre tellement concrètes que je les sens "c'est fou fou fou fou fou" tu les entends n'est-ce pas ils font tellement mal avec leurs voix tellement pâles mais qu'est-ce qu'on fait ici ferme les yeux écoute écoute écoute écoute écoute les voix elles font tellement mal tu le sens tu le sens là ça te fait mal ? Ecoute "c'est tellement fou ce dos" alors balance Balance ton art privé privé de moi privé A chaque fois que je me déshabille je pense à une tragédie. Chaque fois que mon corps doit se mouvementer je pense à une douleur futur Je pense à un déséquilibre quand j’attends la littérature pour venir la décapiter La littérature qui qui qui rompt l'équilibre Je dirais des choses que les autres n'ont jamais dites C'est sur Je ferais tomber toutes les peurs La lourde liberté s'étend dans le sable Je le sens dans mes chevilles prêtes à courir tout les déserts c'est la liberté c'est la liberté mais je peux je peux je peux pas me retourner ils vont m’avoir, ils vont me mettre du travail, ils vont me mettre une femme, des enfants, ils vont me mettre des normes, ils vont m’éduquer, je ne veux pas, mes boucles sauvages ne veulent pas « Jonathan il faut que tu te coupes les cheveux » couper les cheveux ça veut dire « oui », ça veut dire accepter, ça veut dire renoncer. Ce n'est pas la poésie qui fera mon portrait Et la mer la mer la mer comment on la fait venir jusqu'a la gorge Comment on peut te faire comprendre que c'est à toi que. A toi que La mer se noue Toute la mer du monde dans tes yeux et si peu à mes pieds T'as tout pris tu l'as bu Mademoiselle partez, on a trouvé une phrase tendez votre cou On va décapiter C'est fou j’ai trouvé une phrase libre: Je t'aime

Mais j'ai pas peur tu sais, de vivre les veines ouvertes aux sentiments.

Posté par boudi à 14:26 - Commentaires [8] - Permalien [#]


Toute une nuit

Il ne faut pas que tu t'approches des yeux bleus, il y a des vides dont tu ne soupçonnes pas la force, il y a des vides sur les rues, des vides au bord des fenêtres, des vides dans les têtes. Ne t'approche pas des hommes vides, ne leur ouvre pas ta bouche, il y a des vides aux entrées des lèvres dont tu ne devines pas un seul instant le goût. La traduction, elle se fait dans le ventre. Je traduis les vitres, les morts, et les revolvers d'acier. Je laisse en paix quelques visages que je ne veux pas comprendre. Le visage des soumis. Le visage de celui qui se noie dans son verre, tellement il y a de ciel. Le visage de celle qui accepte, elle accepte tout, les honneurs, le sommeil, qui s’infiltre. Comment on fait pour admettre dans soi le sommeil, cette fleur extérieure qui pousse sa moisissure en vous. Je connais des ensommeillés, ils ont un visage en couleur et moi je suis blême. « Tu as dormi ». NON. J’ai visité, je me suis rempli de la nuit, j’ai le ventre rond d’une ivresse et d’un scandale, les montagnes je les vois dans moi, la nuit, la nuit m’abîme le sens, me jette contre des récifs dérangés, la nuit et son frémissement de femme soumise. La nuit, elle vit dans moi, mes yeux vous l’expirent. Ericka me dit « Au lycée, je te détestais, chaque fois que tu me regardais je me sentais méprisée ». C’était mes yeux d’amoureux. Je suis en colère contre les filles que j’aime, je leur en veux beaucoup d’obséder ma nuit, de coller leurs visages sur sa vitre teintée. Un peu plus haut, le désert rangé dans une face de clown. Je sais que vous souffrez. Je sais que vous souffrez et que vous n'arrivez pas à le dire. Dans les toilettes du Georges, une fille peut bien se faire égorger avec une ceinture de cuir, le sucre des bouches se transformera en alcool. Tous tombés. Je sais que vous dansez, je sais que vous souffrez et que vous danser. Comment peut on dire « Je suis heureux » ou « Je suis heureuse » toujours, et boire. Pourquoi boire des liqueurs, pourquoi morfondre ses sens. C’est une poésie pauvre l’alcool, une poésie d’indigents, de misérables de l’émotion, l’alcool, ceux-là qui visitent la liberté qui rumine des mots et des actions dans leurs veines. Je garde la tête à mes pieds. Je sens les tâches qui montent en moi, je sens le sang qui se glisse sous vos cigarettes. Je sais que vous avez peur du ciel. Je sens l'air qui se rallume, dans vos maquillages endormis. Je sais que vous ne savez pas vous réveiller. Que les fleurs du désaccord tremblent à vos pieds. Comme l'immense stratagème, je sens l'action s'approcher de moi. Tiens, prend ton violon, et joue sur ton ventre, lambeaux d'images. Je sais que vos regards sont craintifs. Au sous-sol, un homme tient un drapeau noir dans sa main droite et un revolver dans l'autre, il dit qu'il est prêt. "Ne t'approche pas trop de cet homme, s'il faut qu'il tire, qu'il tire sur lui, qu'il nous laisse en paix. Je suis ce type. Je ne respecte pas vos lois, je me glisse derrière elles, et j’agis dans leurs angles morts, je me joue de la norme. Je sais que dans les couloirs de vos hontes, vous le regardez, vous n'arrêtez pas de le regarder. La nuit je l'entends crier, qu'il est prêt, prêt à tirer, vous entendez, tellement prêt que vous en avez peur. Je sens les papillons affolés se cogner sous mes cuisses. Et vos villes, à quoi elles ressemblent, et vos villes, vos villes, des vides dont on ne soupçonne même pas l'existence, vos villes. Et les amants, dés le premier regard, c'était les ruines. La tradition qui se fracasse, quand on dépose une poignée de vie dans le corps de l'autre. Faîtes grincer vos guitares bande de trouillards. Le Christ a des bleus sur les bras, il a voulu dépasser le modèle, sortir du moule, allez gouter le lait des pucelles. Enfermé dans une cage, tenu en laisse, et qu'est-ce que vous imaginez. Est-ce que vos prétentions vous grignotent ? Il dit qu'il va tirer. Et j'entends encore, la femme dire, « qu'il nous laisse en paix, qu'il nous laisse en paix ». Plonger l'index dans vos bourrelets, vous crachez vos complexes sur la feuille. La fièvre est un mot qui témoigne, que l'existence se falsifie. Je donne une bonne part du verbe et dans le plat, juste quelques rimes, qui disent adieu au monde. A pleine bouche le souvenir d'une liberté, lacérer un mot comme un poignet, l'angoisse se dilate. Je sais que vos drogues vous allongent. Je sais que dans la chambre d'au dessus, deux filles tissent des caresses comme une conclusion. Je n'ai rien en moi qui pourrait finir dans une suite logique. La mort c'est tellement petit. Au sol, j'ai un devoir à remplir : comprendre sous vos jupes, les montées de rage. Je monte, je monte, il y a des meurtres dans vos ennuis. Il y a des phobies dans vos conseils. « Ne t'approche pas de la fenêtre. Dors la nuit. Aime le jour. Travaille. Soumets-toi. » Des épouvantes dans vos recommandations. Vous ne me ponctuerez jamais. Il dit qu'il va tirer, je l'entends, et, la voix fragile dit "qu'il nous laisse en paix". Tu auras grandi désespérément, et dans tes sanglots des continents drogués. Je sens le prénom se saigner en moi. Je sais que vos lames ne coupent pas. Je sais que la mer se rétrécit sous vos poèmes. Laissez-là donc danser sous la lumière, protégez là de vos idéaux. Hécatombe, est-ce que vous connaissez, c'est une femme qui n'a jamais existé, demande-t-elle en allumant sa cigarette, elle croise les jambes, remet une jupe droite en place, juste au bord des genoux, pour que j'aperçoive tout de même le galbe des deux bosses rondes épilées, renverse la tête en avant sans faire attention aux longs cheveux bruns qui trempent dans mon verre, laisse se dresser deux seins blanc sous une robe insensible, passe sa langue sur ses lèvres et. Hécatombe, est-ce que vous connaissez, c'est une femme qui a inventé l'éternité, et elle n'a jamais existé, dit-elle en s'évanouissant sur mes genoux pendant que la foule se précipite sur nous, pendant que je ne réagis pas, que je regarde cette nuque morte sur moi, que je sens cette cigarette brûlée sur ma main gauche. J'entends l'homme dire qu'il est prêt, cette fois ci, il se sent prêt, j'entends une balle de tirer, une deuxième, j'entends des bruits sourd, je pense aux prisonniers qui s'échappent, je pense à l'exil, à l'évasion, je pense aux fuites, aux échappements, je sens d'ici le sang, qu'il nous laisse en paix, non, c'est sur moi qu'il est venu tirer, l'homme qui était prêt. Et si vous y songez, pensez à sauter des fenêtres non recommandées. Pensez à tordre vos politesses, à refuser les lois. Je n’aime pas les inflexions, je n’aime pas les arrêts. Je suis plein de vitesse, tellement plein de vitesse que je m’écroule toujours derrière la ligne, derrière les frontières. J’ai couru, tard, derrière les heures, derrière le sommeil. Tellement de vitesse que j’ai déjà dépassé le silence, la fatigue, je suis déjà devant vous, je suis un point lumineux qui s’en va atterrir de l’autre côté. Je ne vous raconterai pas, je reviendrai muet, usé, je reviendrai silencieux et je me rangerai dans une de vos vies, n’importe laquelle, je sais tous vous imiter.


Posté par boudi à 09:53 - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 février 2011

La nuit est l'hermine du poète.

 

Si tu fermes les yeux tu peux voir deux initiales, pas des lettres comme ils font avec des signatures incestueuses et pleins d'argiles non avec des mots pleins d'essence comme le monde peut prendre feu . Tu n'aurais pas une envie, comme un baiser qui se dévoile ?Vous n'auriez pas une idée pour que le monde prenne feu comment cacher son visage dans le nid c'est le métal en plein jour M'exprimer ? Quelle drôle d'idée Des signatures c'est sur y en aura pas. quel homme censé voudrait connaitre comprendre savoir qui il est Le repère à fuir toujours le repère repère repère vous pouvez répéter je n'ai pas compris lesens de la question Je la trouve agitée cette question M'exprimer ? je n'ai aucune idée de ce que ça veut - dire, dire, dire Je suis une femme mais non non c'est pas vraiment mon genre on pourrait mais on ne sait pas c'est sur il y aura des cris au fond tu le sais Oui oui oui au fond les roues des camions les bouts de verre de bouteille tu peux les cacher dans ma gorge Le mythe c'est ça le Mythe je me disais aussi c'est pas normal de vivre ici C'est sur ton rire arbitraire c'est où nulle part où tu vas chercher ça ce nom Silence Reprends ta respiration tu l'as laissée s'échapper dans mon cahier ta respiration là partout Papa ça l'empêche de respirer "Il y a trop de respiration ici" On agonise j'écris plus je tente de m'exprimer est-ce que tu comprends ce que je veux dire ? Je suis dévoré plein d'hémorragies internes de crises douloureuses dans le cortex cérébral plein de nudités d'esclaves dans mon coucher de soleil plein de maladies sans solutions de médecine sans noms tu comprends ce que je veux dire tu comprends ce que je suis ou pas je suis plein de soufre et d'hydrocarbures plein de Je sais que je suis capable detuer plein de ça tu vois capable de tuer je sais oui plein de dérèglements de races et d'imprudences Et pourquoi en tête à tête Qu'est-ce qui s'est passé Je sais pas je sais je suis capable de tuer Je suis plein de clefs qu'on arrache de choc violent Le moteur des bateaux dans le visage ça te fait quoi Est-ce que tu voudrais que je te jette à l'eau là puisque tu le fais pas Il faut toujours une chute pour débuter une histoire. Autrement on se regarde là, et on fait comme si ça n'existait pas, comme s'il n'y avait rien, comme si on ne se voyait pas. Pardon, je n'ai rien entendu. Je te parle pas de commencements je n'ai pas de temps commencer finir c'est pas mon problème Tu voudrais que je te fasse déraper d'une marche et de ta morale Au pire tu saigneras et t'auras la mâchoire sur le côté mais tu comprends les histoires pourtant il faut qu'elles soient fortes pour être vivantes, sinon c'est la comédie, sinon c'est vulgaire, c'est comme les autres Je voudrais que tu me fasses pleurer jusqu'au décollement de la rétine ça sert à rien de pleurer c'est pour les arbres ça C'est terrible parce que tu me fais vraiment trembler. Les gens qui font trembler tu vois c'est rare je suis en train de le dire aux passions de m'attendre. Faudrait peut-être qu'un jour grand-mère pense à mourir parce que c'est sur on peut rater sa mort je le dis à maman tu vois maman elle me fait trembler, elle a l'air réelle je sais pas si elle comprend elle a pas l'air est-ce que j'ai l'air d'être une femme moi Regarde et toi tu comprends quand je dis que les gens n'existent pas M'exprimer ? C'est ce que je suis en train de faire Les gens demandent toujours qu'on les laisse tranquille ça me donne envie de pleurer maman c'est tellement triste Sujet :Silence Qu'est-ce qui fait que les gens sont silencieux Et les morceaux de politique dans ton assiette tu les manges pas pourtant c'est trés bon pour ce que t'as Quoi Qu'est-ce que j'ai à part des idées T'as une jeunesse.

C'est sur des signatures y en aura bas les contrats.
Personne ne sait à quoi ressemble la nuit.

 

 

Posté par boudi à 23:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Solécismes soliloques.

Quand je parle, je retiens l’offense, je retiens les mots emprisonnés, je retiens leurs peaux de poisons prêtes à éclater comme l’alcool des cépages. Je voudrais les faire sortir de mes veines gonflées et distendues par ton reflet de plumes. Ma parole répandant sa caresse d’appétit, son museau de tamanoir, sa moustache de fauve. Les lions dans moi ont des griffes de miel. Je retiens des crimes dans ma gorge, je ne les fais pas sortir, mes mains sont en opposition, ont roulé comme une pierre sur la source nouvelle. Il y a un aveu dans ma politesse, dans mes « bonjour » je confesse, je suis sous la chapelle, ma morale a le mal de mer, et j’entends ruminer les quelques pardons des Bibliques « Porte nerf qui êtes aux muscles ». Je pense à toi, je me dis, un être c’est si fragile, si j’y enfonce la bouche est-ce que tu te démontes, tu te troublerais comme la brume que bouscule sans excuses le temps. Ton prénom je l’aime autant que tes yeux. Je retiens les mots, suffoqués dans moi, et leurs os lumineux bout à bout s’écrèment, c’est un langage de galaxie affranchie, libérée de la gravité. Je suis le désordre. Le langage immoral, le langage des prostituées, des vendus, des loués, rouées, sous-loués, le langage et ses bas-résilles plein de scandale, les mots de foutre sec, de sang caillé, les mots, les mots du délit, ce crime timide, sans audace. J’ai couché une gosse dans une draperie pour l’écrire. Elle ne voyait pas, je moulais son corps sur le papier, je lui disais mets toi là, range toi dans la forme exacte de ta musique, et j’imprimais les mille tragédies de sa détresse sur le papier carbone de ma mémoire. J’ai vingt-deux ans beaux de crimes, mon existence vous assaille, vous nie, je suis dans un couple l’oxymore, je suis « l’obscure clarté, l’émotion austère ; le prêtre amoureux ». Vingt-deux ans passés à défier les lois, la grammaire, la syntaxe, ta gueule la norme la ponctuation JE SUIS UN SOLECISME ma gueule d’iniquité mon visage de crime, vingt ans à bafouiller la laideur pour devenir mon visage cruel, je vous regarde, baissez les voiles. Vingt-deux ans, j’ai renoncé au futur, j’ai vendu le destin, je veux une postérité, j’irai aux pompes funèbres la conquérir, j’irai la traquer dans le barillet du pistolet, j’irai la chercher la postérité dans le meurtre, j’irai faire danser la foule de peur au milieu d’une avenue pleine de gens, j’irai dans une boutique et je ferai baisser la voix à l’arrogance, j’irai dans un bureau et je tirerai jusqu’au silence. J’ai cédé le présent fragile et précaire, je veux une postérité pleine de rencontres. La postérité est un postiche que l’on met sur l’échec du présent. C’est un médicament dans la bouche du condamné à mort. Je ne me soigne pas, pour quoi faire, je sens la postérité qui vient à ma rencontre, et son écorce noire, amère coule sa sève dans mes narines. L’air est froid. La calvitie du présent ; le postiche du destin. Quand je parle, je voudrais agonir une pitié, j’ai empli un puits d’orphelin d’histoires de bonheur, je leur vends des images de joies, de minuscules vignettes qui fondent sous la langue. Je trafique les heureux, ma drogue est coupable. La foule en moi gesticule, les regards dansent dans les orbites denses, les débris de la mer y remuent les souvenirs de périples et des alcôves de marin se soûlent de la crête du vent. J’ai vu la mer mettre son pantalon de coutil aux cuisses galbées de noyés. Je l’ai vue habiller les morts. Le drap en soie de la mer couvre l’œdème humain ; l’abat-jour décroit les astres. J’ai vu des cris se suspendre en bulles crânes, la mer poser ses ongles rongés du cumin sur les désordres des hordes d’écume.

Je suis plein d’images mouillées, mon existence au bord des crêtes de fumées, je suis plein d’incendies que vous ne pouvez éteindre qui me brûlent dedans et que vous ne voyez pas. Des feux tellement grands qu’ils ont des haines. Les filles ont les baisers humides qui n’attendrissent pas la brûlure. Qui se répand, c’est tellement grand un feu que ça ne s’arrête pas de faillir, c’est tellement intense la douleur dans soi, qu’on dirait l’enfer qui lustre ses captifs. Tandis qu’Hélène me dit « j’aimerais ta vie » J’hurle de mal. Je lui réponds « parce que tu n’en sais rien, de l’insomnie qui défigure, de la cerne qui devient le visage, de la cerne violette comme une algue malsaine qui recouvre toute la grève de soi-même, tu n’en sais rien de l’ombre sauvage et de la croissance obstinée des lierres aigus. Mon sommeil est un marécage nourri de plants malades, perpétuel bourdonnement de la fatigue, mes moustiques vrombissent en taches sombres, et son corps prisonnier d’un étau, un manoir abandonné un soir de révolution, les tableaux arrachés en hâte et qui laissent un souffle de poussière sur les murs, mon sommeil est une aristocratie brisée, fanée, les armes héraldiques en morceaux. Tu voudrais, tu es sûre, devenir toi aussi le visage de la fatigue, devenir toi aussi l’espoir accablé, et troquer toutes tes nuits pour l’à peine de plaisir que nous jurent les senteurs des filles, leurs sexes béants, ouverts en bras ? Je puise le sommeil dans le plaisir, je réclame à leurs extases ma port de torpeur. Je cherche un lit, un tombeau, je cherche le sommeil, je cherche un monde de couleurs sobres. Sais-tu ce que c’est de vivre toujours au bord du risque, de ne se sentir vivant, éveillé, qu’à la frontière des falaises, qu’à sentir l’haleine fétide qu’exhale une peau méchante, des yeux bleus. Tu sais pourquoi j’aime les yeux bleus ? Parce que je les vois différents de leur matière véritable. Les yeux bleus je les vois…bouleversés, comme la porte entrouverte des chambres noirs où s’insinue le jour, ils irradient une pièce. Je m’en détourne avec retard, eux de développer cette houle de symboles, à enrayer l’ombre qui m’habite partout. Mon indifférence pour les yeux verts, noirs, marrons, tient de là. Ce que je vois n’existe pas, mes sens me trompent, un œil bleu disperse autour de lui des frémissements visibles, des marques de lumière, des pigments mouvants comme des anguilles. Les yeux bleus, je les vois et c’est un monde de merveille qui en jaillit, un monde qui n’appartient qu’à moi, de mes sens tronqués, drogués, de mes sens aux raisons abolies. Quand je regarde une fille aux yeux bleus, je les vois répandre une pâleur d’aube, je les vois avec des senteurs d’aurore qui s’élèvent et l’auréolent, sa figure est de marbre gracieux, sa figure devient le songe flexible, la marée humaine au goût de figues et de désert. Tu voudrais ça, voir la folie des yeux bleus, voir l’œil louche que personne ne voit, le regard troublant qui t’assassine ? Les refus que tu y entends, toujours, avant de proposer ton baiser ? Quand on me regarde, que j’ai de la tendresse pour les yeux bleus, je m’écroule à l’intérieur. Je ne laisse rien paraître, mais de m’effleurer suffirait à me mettre en désastre. Parfois je me rends insupportable, pour me garder du trop grand danger, de me mettre à pleurer sur l’orbe de lumière qui respire par ces deux soupiraux. Tu voudrais ça, un monde d’yeux bleus menaçants, à la mélodie mortelle des sirènes ? Les yeux bleus ont des crocs adorables, partout ce sont des gouffres, et partout je m’y jette. Il en existe des différents, des que j’aime pour le charme qu’ils ajoutent au visage, qui font des minéraux précieux au milieu d’une figure belle comme un vase chinois, comme une antiquité. Un amour. Mais ça tu n’en sais rien, deux yeux particuliers qui m’ont piégé. Je me débats, je me débats dans deux pupilles d’orage ».

Le feu, le feu dans moi tout est couleur de cendres, les yeux des belles, la charpente, les maisons, tout est couleur de feu. J’ai treize ans et je m’exerce contre le corps de Marguerite à découvrir le plaisir, j’y laisse mon être, la morale, et j’y découvre la haine. J’ai puisé à la vase noire, à la flaque noire, toute la haine du monde, je l’abrite dans moi, je la dissimule comme mes intentions. Je sais la peur, je peux vous raconter, elle a un prénom : Marguerite des yeux méchants, qui empoisonnent comme la rouille, qu’on dirait le premier mordillement du jour, l’acier refroidi par la nuit qui fait « psshht » en se gravant dans l’atmosphère, les baisers ont le goût du fer. Quand elle dit « Najib » je ne me retourne pas. J’ai treize ans et déjà le pas fatigué. Elle me rattrape, et le bruit des talons dans ce couloir si long, que je ne parviens jamais au bout. Elle me rattrape toujours, et ses talons matraquent le sol, je le dis « le pauvre ». Elle me rattrape, et je n’y échappe pas. Elle dit mon prénom « Najib » et ce n’est pas moi. C’est elle qui me prive de mon identité, j’ai déposé mon corps comme un sacrifice et d’avoir gardé l’essence, je continue d’exister, je suis toujours là. J’ai treize ans bonjour et ma voix fragile parle du pays des innocences bafouées, je vous dis, marguerite a posé ses mains de verre mutilé sur moi, elle m’a jeté dedans pour me boire « tu es délicieux Najib ». J’ai treize ans, et je ne dors pas de peur de la voir surgir, quand la poignée descend, quand les branches des arbres font sur les carreaux la musique de tambour de talons, quand la nuit a escaladé ma fenêtre, j’ai treize ans et je remonte à mes tremblements glacés ma couverture comme une main de père, comme un policier. J’ai treize ans, et les frissons qui bruissent dans ma chambre, la forme de ma chaise où je déplie mes habits, mon corps tout marqué des brûlures de cigarette des amours déjà passés. J’ai peur de toi, la nuit, et j’attends que les heures glissent dans le cours gonflé de ma terreur, qu’elles passent et qu’elles creusent dans le ciel des puits de lumière. J’attends le jour pour te survivre. J’ai gardé sous mon oreiller une lettre, une lettre qui si je te l’envoie fera un bruit de détonation, on entendra gémir le silence, on entendra ton corps s’écrouler comme un milicien sous les balles de la résistance. J’ai écrit une lettre avec de la poudre et des balles. J’attends ton rouge à lèvre pour y mettre le feu. Pourquoi je dis « Jonathan » aux autres, pourquoi j’ai perdu mon prénom. « Najib » plein de cris. Jonathan, c’est poli, Jonathan c’est comme il faut, Jonathan, c’est un peu drôle, ça se chante, Jonathan est un autre. Je n’ai pas d’identité, je n’ai pas de corps même. Pourquoi un prénom il n’y a rien à appeler.

Je sais, des yeux de tramway qui skient sur les rails, je sais des images lointaines, graves, j’ai vu des eaux de tourbillon. La détresse je l’ai dans le cœur, elle sombre en couleurs mortes.

Les choses que j’ai à dire je ne les ai jamais entendues, elles sont venues comme mon corps que personne n’a vu, comme mon prénom que personne ne prononce plus, je vais vous dire, moi, ce qui se cache sous la gaze funèbre, je vais vous déchirer tous les voiles, toutes vos religions, j’en ferai des rideaux à théâtre. Bientôt ce sera la première. Vous ignorez encore ce que le jour dissimule, ce pourquoi il est plein d’éclairs, de lueurs, plein de choses chromatiques, toutes ces choses qu’il éclaire, il vous les truque, vous trompe, vous ne savez pas, les monstres, vous ne savez pas les bêtes qui grouillent, vous ne savez pas encore les choses immondes, les flaques vertes où poussent des rosiers malades aux épines de détresse, sous l’écorce du jour, dans la craquelure prudenet de la nuit, de cette couture d’aube, sentez bien cette odeur de pétrole, sentez bien ce chant qui se répand, et retentit dans vous comme le vin chaud claque vos veines. Tout ce mépris, et j’ai quinze ans bientôt, encore, qui regardent le miroir, et vomissent Rimbaud, j’accouche des poèmes, le souvenir se tord dans moi comme un insecte que l’on torture. Mon ventre est une grotte vierge. Ma voix est le murmure du vent. Qui peut dire qu’il me connait sinon le silence et la nuit. Je suis un désespéré heureux. Gardez vos rires de charbon, j'ai des dents de diamant.

Posté par boudi à 16:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Les crises falsifiées

Je pense à celles qui s'épanouissent dans l'opposition les couleurs dégradées celles qui n'abandonnent pas Les ruines cachées sous vos lits elles sont sublimes si bien cachées tous ces rêves en miettes ces morceaux de hontes ces poubelles d'impuissances Tu trouves pas ça fragile la saleté c'est tellement fragile ça dépend tellement d'un souffle Je pense au sang de l'aigle Ne me demande pas pourquoi je t'aime pourquoi je pourrais t’embrasser sans civilité. Sans mariage. Je pense à celles qui ne se maitrisent pas je pense à ceux qui vont jusqu'au bout Avec leurs doigts Est-ce que t'y pensais déjà à la saleté à tout ça Ce que je ne dis pas encore Je pense à celles qui endure l'amour Je pense à celles qui savent -Camille avait raison- qui savent que c'est impossible Ta bouche tu peux la poser sur d'autres secrets que moi Dans ma tête les métaphores ou alors ailleurs ou bien autre part Autre Part A part peut-être que les métaphores sont autre part Je ne sais pas pourquoi je les sens dans ma tête Elles s'acharnent à briser la vision A transformer les fureurs Je pense aux dos des esclaves à leurs dos suant à leurs dos noir je pense à l'Afrique au sexe dégoulinant de viol. Je pense à une lettre qui commencerait par : je vous écris du futur, là où vous êtes déjà mort L'écrivain sanglote quand il écrit il a tellement peur de mourir avant d'avoir fini fini d'écrire Si ce que je dis vaut pas un clou ? Pas même une lecture oui Comment je voudrais mourir ? De rire Arrête de me toucher tu remues les mains dans le vide, souviens-toi, mignonne, je n’ai pas de corps, pas de réalité. Je suis un songe, je suis une fiction, je viens de vos cauchemars. C’est ce que je crois. Et je voudrais pas je voudrais pas je voudrais pas te faire vomir tu sais comme quand on se penche d'un manège qui va trop vite arrête de me toucher le vertige ça respire le dioxygène mal digéré ça monte à la tête c'est l'opium des amoureux Les caresses Je pense à une lettre qui se finirait par : mais de ce que je viens d'écrire, vous n'avez rien compris Regarde pas à droite à gauche avant de traverser tu risquerais de voir des obstacles à ton suicide Qui pense aux larmes qui est en train d'y penser là dans la seconde. Je ne peux pas m’empêcher d’y penser. Je pense aux enfants, aux tristesses. Qu'est-ce que c'est ridicule tout vos chefs-d’œuvre C'est pas incompréhensible ce que je dis Tu trouves ça incompréhensible ? Alors tu peux partir J'ouvre la bouche J'ouvre l'enveloppe Je te laisse partir si tu trouves ça incompréhensible Qu'est-ce qui te parle à toi Qu'est-ce que tu comprends petite laisse moi donner des coups dans la lumière avec mes pieds Lâche mes bras Je crois que je ne crois en rien et c'est la seule croyance que j'ai Alors à genoux la jeunesse en bande de chiffons Vous êtes plus forts en bande ; bande de con Est-ce que t'y pensais déjà à la saleté quand t'avais huit ans ? Moi oui. Je pense à celles qui sont perdues et qui ont lu tous les livres « Elle a terriblement envie de lui quand elle le lit » Essuie tes pieds avant de rentrer je trouve ça tellement beau les traces à l'entrée ça prévient tout de suite ça prévient tout de suite du danger : je suis libre C'est plus cher la nuit on pourrait pas imaginer que c'est le jour ? Je pense à celles qui sont en asile aux batteries dans ma tête à la musique de dingue dans ma tête ça bourre les yeux ça fait ressortir la rage De qui tu parles De qui tu regardes De qui tu penses Par où ça passe ta tristesse où je dois regarder pour la voir passer Je pense à une lettre qui commencerait par : ma tristesse, regardez-là, vous verrez pas ça deux fois, elle passe derrière mon oreille droite, discrètement, elle voudrait pas qu'on la remarque Elle veut tout tout de suite tout le temps Je pense aux hommes qui ont peur des femmes Je pense à celles qui ont un couteau dans leur sac à main aux éclaboussures de sang dans leurs coeurs Tu me demandes pourquoi je parle jamais C'est pas que j'ai rien à dire c'est que l'on ne me comprend pas Tu comprends rien à ce que je dis Tu me regardes et je tombe en arrière l'aphasie des appétits J'ai pas envie d'avoir un homme en moi maman de sentir un homme en moi j'ai pas envie de la mort ça me fait penser à la mort quelque chose qui éclate et qu'on ne récupère pas Dors dors dors mon angoisse Je suis pas perdu J'ai pas envie d'un homme en moi tu comprends comme la pointe du compas qui passe sur les lèvres sans se rendre compte Est-ce que les hommes se rendent compte qu'on a pas envie d'eux Est-ce que c'est possible tous ces désirs tous ces plaisirs dans leurs visages quand elles croient voir un homme dans moi ? Est-ce que je pourrais te tenir la main quand il viendra en toi pour t’abandonner, ton amoureux. J'ai pas envie de pleurer maman pourquoi tu dis ça les yeux je les ai toujours au brillant c'est à cause des moteurs à explosion qui traînent dans l'air des combustions chimiques qui planent au dessus de nous Je pense a l'expression "fille facile" qu'est-ce qui est facile tu comprends ma question tu comprends ce que je veux dire qu'est-ce qui est facile leurs yeux leurs bouches leurs sexes qu'est-ce qui est facile ? d'y pénétrer d'y toucher d'y gôuter ? je comprend pas montre-moi une fille facile montre moi ce qui est facile la féminité c'est ça c'est facile la féminité Je pense aux putains qui pleurent sur le bord des trottoirs L'espoir c'est un prénom de fille Je sais que c'est douloureux Toi aussi tu sens que c'est douloureux ou tu fais semblant quand tu trembles Elle n'en peut plus elle ne sait pas quoi penser Les fumeurs d’opium qui s'évanouissent dans ma tête les métaphores est-ce que t'es prête La part de femme en moi ça vient surement de là tu comprends ça correspond pas Est-ce que je suis un homme compliqué Dans les salons ma part féminine pleure elle pleure elle comprend que la beauté est absente que la métaphore est vulgaire Tu comprends la métaphore : la féminité mélangée à la violence masculine quand je tiens ta main de pensées Pleure pas rien n'est dit je suis là j'ai encore tout à écrire de ce que je vois

Posté par boudi à 10:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Dilettante.

A défaut de D. tu seras le journal à la peau de sel pour mes insomnies. Je ne veux plus t'entendre bourdonner, chut, tes bavardages sont de l'ennui, on croirait que d'un même festin les morts se sont éveillés. Ta bouche s'ouvre, c'est une tombe qui baille. Il faut la clouter, la clouter de mots pointus comme des nerfs taillés par la nuit. Elle est une serpe aux effets magiques, capables de tailler dans le vert d'un oeil des géométries d'étonnement. A défaut de mon almanach qui s'est égaré dans des jupes colorées, en l'absence de marbre tu seras la pourriture sur laquelle mes doigts glissent des sons insensés. Tu entends ? Ce n'est pas le galop du jour, c'est le délire de la nuit, ce sont ses boules mauves et mortelles qui roulent comme des nodules. Ta bouche je te la ferme avec des bulles de cire, c'est une voix de pape, ton corps, tu es le papier jaune et muet des iniquités. Assassine, va mordre avec ton visage de plastique vert, avec tes désirs de nylon, dans un étranger. Je veux, je veux ton front terrassé, les poèmes purs, je veux, les baptêmes dans des lacs taris, trois minutes sous l'eau, j'ai respiré l'oxygène des noyés. Mon sang remue en agonie. Et ma vie absente. Suis-je ici ? Est ce que j'apparais dans vos réalités. Je sais, je sais, dehors il y a des secondes qui s'écroulent, et tous les morts dedans, qui pleurent. Je sais, j'entends les cris du temps, l'horloge qui se plaint sur le moyeu de l'horloge aux chiffres froissés. Je sais, les feux iconoclastes, les transes des barbares, je sais, je sais les cris, la furie, et le prénom de l'abandon. Est-ce que j'ai un corps, encore ? A répéter des prières ? Est ce que j'existe ? non. ce que vous voyez à mes pas, c'est un orphelin. je suis un orphelin, sur la scène, je m'adresse à vous. Mais je n'existe pas. Je suis un enregistrement. Je passe en boucle. je suis une tirade qui n'en finit pas, au milieu de la scène, de succomber. Je suis tous les héros morts,toutes les villes défaites, je suis Rome, Carthage, Constantinople, je suis Paris, César dans la trahison de Brutus, je suis Hamlet au sang blême, Rodrigue aux spasmes.
Si je n'aime plus, si je ne suis pas amoureux, je disparais tout à fait. S'il te plaît, toi, toi que je sais, toi qui sait bien désormais que je t'aime, ne m'en veux pas. Ne m'en veux pas des étrangetés du ciel que je rabote, des orages en sucre que je fais décroître comme une vulgarité. Ne m'en veux pas de l'écrire et d'en priver, ne m'en veux pas de t'inquiéter, ne m'en veux pas de te faire revenir ici, dans tes pas silencieux, on croirait que tes yeux me lisant dansent, ou épient. Aimer, c'est ma seule réalité, c'est l'apparition soudaine de mes organes, je me sens des reins de vapeur, je me sens un coeur de friche, je suis prêt à l'éducation, prêt au labeur, je suis prêt, je sens mon être fleurir, et mes narines de coquelicot et mes côtes de Rhône, je sais mes mains d'étamines et mes poumons d'aube. Je suis en train de pousser. Attends, s'il te plaît, j'ai le corps qui se remonte, tout l'amour est ma fabrique, et mes yeux fument.
Tu sais. Je n'ai que deux champs, que deux horizons, les bois, et la mer. Je suis le pin sec et la marée inflexible. Je recouvre. Obstiné comme le ciel. Tu sais. L'aube maline, avec ses teintes amères, vieillies en fut, tu sais son visage de pourpre. Quand il sèche, quand il casse, que c'est le jour tout à fait, je te dis, le bleu de la mer est le vin séché du matin. Qui lui coule dessus. Qui empiète. La marée est une nappe.
A la jointure des deux, les sutures de mes mondes, c'est l'algue, l'algue empoisonnée, l'algue violette qu'on ne mange pas, l'algue aux milles blessures, le mortel onguent qu'on applique aux plaies satisfaites. Je sais mon étrangeté, et mes silences brusques. Je feins des départs. Mais je n'existe pas. Je fais semblant. Ici, mon ombre imite un corps. J'emprunte une attitude. Je me positionne dans le train dans l'angle bizarre de vos désirs. Comment désire-t-on un corps humain ? J'ai fait des amantes un jeu, j'ai fait des amours une guerre. J'ai deux-cent-vingt-huit filles qui m'ont joui dans la peau. Je n'ai rien senti. Le vent. Les caprices. J'ai tout oublié. La mémoire se décompose, c'est un corps usé. Les souvenirs se dégradent. Les souvenirs sont de la poésie écrite à la salive des merles.  Je prends vos formes, j'emprunte à la matière. Quand je couche avec une fille, c'est pour y piller un peu de l'odeur que son cou entrepose. Quand j'embrasse un garçon, je lui dérobe un peu des muscles superflus, tendus au-dessus de l'extase. Je n'ai pas de corps. J'ai une apparence. Ne me touchez pas, l'hiver pâle, grésillant me couvre et me découvre. Quand je souris, c'est que j'ai vu à l'intérieur de vous, des civilités. je suis un acteur. un acteur sans corps. je suis le costume. Tu sais. Toi, jen e parle plus qu'à toi, je n'écris plus que pour toi. J'ai toujours été absent. Mon absentéïsme me définit, me construit. Je n'ai jamais été présent. Ce qui me recouvre est un habit d'Arlequin fait de pièces de toutes les époques, je ne le veux pas joli, je le veux utile. j'ai le corps efficace pour le scandale. La seule chose que je partage avec vous c'est une voix. Une voix que je drogue, le matin, pour qu'elle perde de son influx de cavernes, qu'elle semble de votre époque. Je puise dans vos usures, le sortilège de l'habitude. J'imite bien. J'ai vingt-deux ans de voilures. Je suis une corvette. Avant de monter dans le tramway, pour faire de la place au milieu des empressements, je la fais s'exercer ma voix, suer son arrogance, transpirer sa sauvagerie. Je peux être normal, dit mon sanglot au reflet. Je peux vous imiter, je peux me rassembler, je peux me concentrer, mettre dans une fiole de chair, toute l'essence dispersée de moi-même et en classe y mettre le feu. Toute les nuits j'immole.
Je fais des études inutiles qui sont la fiole de mon existence. Un lit. Je me renonce, tous les jours. Je fais un pas de côté hors de moi-même pour appréhender cette dimension particulière, du faux. Les paroles synthétiques. Comment leur dire. Je sais la couleur du mensonge, je suis synesthète, je ne sais pas ce que vous dites, je ne suis pas intelligent, je comprends la nervosité, je vois en rouge le mensonge.
Ce que je partage avec vous, ce qui nous est commun, ce qui me rend humain, n'est-ce pas d'avoir une voix. une voix qui fléchit, qui décline, à deux heures elle a des allures vermeil et des ivresses de Bordeaux, avant elle est douce, avant ma voix caresse, tord et vrille. Je sais faire vos sourires, je sais faire vos joies, mais je ne sais pas la colère. Apprenez moi les teints honteux, apprenez moi les manies, apprenez moi à être laid, et bas. Ma voix, je l'exerce, je la jette dans une foule, et je regarde comme elle se débat, comme elle pousse, comme elle crie. Je la regarde gesticuler, ma voix. Se déformer, se sublimer dans le contact de vos atmosphères. Tandis que mon corps d'éther suffoque. J'ai des sens, je vous conquiers par les sens, mais je ne suis pas là. Je n'ai pas de corps. Ma mère m'aimait si fort, qu'à la naissance elle a retenu dans ses ovaires la matière, elle l'a retenue, et n'a laissé dehors que l'âme, que l'idée, de moi, la voix, et les nerfs. J'ai deux petites soeurs et un petit frère, et je vois, en rassemblant leurs géographies, mon corps. Je suis absent de moi-même. Je me vois. Les dîners familiaux sont une caverne de miroirs. j'ai trois reflets mais pas de corps.

La bouche de H. recèle mon crime quand elle baise mes lèvres. Elle jouit d'une escroquerie. Je suis imprescriptible. Je dis, elle a la tendresse délictuelle. Mon corps je l'ai soustrait à un mort. Je me suis déterré le visage. Il ne le sait pas, le mort, que je lui dérobais son corps, je lui disais, quand il flottait en jouant des lyres sur son marbre, que j'étais un ange, un ange au visage de tentation. Je lui disais, il faut le laver. Je lui disais, ce corps, j'y ferai une nouvelle onction, la salive des filles. Depuis je cherche les regards bleutés qui vibre comme des électricités. J'aime les yeux bleus, on croirait le vingtième siècle dans la nuit.

Je suis fascinant. Mon absence est fascinante. La lumière disparue, chérie, dessous son mythe d'aurore. Je suis fascinant et je vous vends mon orgueil. Il vaut une fatigue. A la première enchère au goût de sommeil, je me cède. Au premier pas de torpeur, j'abandonne. Offrez moi un corps, vos lits-cimetières. Vos chairs tombales que j'y pourrisse avec vous.

Posté par boudi à 02:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]