30 novembre 2012

Maintenant je joue au mort.
Artiste, pf, titre d'ivroge, d'infirme, titre de raté. Accessoire stylistique du mort de faim, litote de la misère.

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26 novembre 2012

L'infini

C’était tout notre pouvoir, l’infini et nous n’eûmes jamais rien eu d’autre à offrir. Et l’infini ça ne se tend bien qu’à des amoureuses mouillées de froid, tremblantes de faim. Aux peureuses, aux repues, aux désertiques ? Jamais. Pour elles on a fabriqué des cinémas et c’est bien assez de démence pour contenter leurs poitrines effrayées, bien assez de sentiment pour remplir leurs coeurs tièdes et ratés. Qu’y feraient-elles dans cette grande étendue de désastre, ce rectangle de toutes les saisons ? Au bord des balcons, à ces corniches urbaines, tu les vois inquiètes comme des somnambules. Leur vertige s’atteint à cette hauteur ridicule.
Bien entendu, si tu amènes une de ces quelconques ici, à l’infini, je veux dire. Elle cherchera frénétique un miroir, et s’étonnera de n’en trouver aucun. Elle te reprochera l’infini «c’est donc ça ? Je préfère mes cabines d’essayage.»
Laisse leurs maladies du coeur, de l’âme, leur sale maladie mentale : la morale.

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16 novembre 2012

Musique

J'écoute de la musique
Laquelle ?
Ton coeur qui va battre
Tes ongles sur ma peau
J'écoute
Un deux trois
Le silence de mort que tu laisses
Quand la porte claque
Tout.
J'écoute la musique du monde
Tes petits pas sur le plancher parce que tu n'as pas enlevé tes talons
Tous les soupirs de ma gorge.

j'écoute le bruit de tes baisers
Parce qu'enfin ta lèvre est lourde, est mûre
de ce fruit.

La poésie entre partout, impolie, les mains sales, les souliers crottés et lorsqu'elle se met à chanter -faux- tout est pardonné, et sa voix, et sa bouche cramoisie et son corps maigre. Tout. La poésie s'habille de ciel, elle se déverse dans les lits, sans le bruit grossier de l'amant. Elle occupe par le chant toute la place vacante.

Si toi aussi tu veux tenir ce rire content, cette façon de rester jeune mieux qu'avec tes liqueurs, tes crèmes de jour, de nuit, vient goûter dans mes bras les insomnies primitives. Celles qui mettent le feu à tout, à ton petit ventre capricieux, à tes mains à aimer. Oh, ce ne sera pas long, la nuit passe si vite quand on est le bout d'une rime, mais ah, fille, femme, ou tout ce que tu veux pour qualifier ton sexe je te rendrai de la couleur des pierres noires et parfumées...Ce n'est pas grand chose la poésie. C'est une infirmité, une blessure, mais voilà, une glorieuse, une de nouveau combattant, d'une guerre, d'où l'ont revient changé, la peau tannée, le coeur plein et brisé.

Toi, tu peux venir chanter avec moi, les mains levées, sans les poings serrés, les révolutions, pf, je les laisse à ceux qui ont dans le ventre une pourriture à épuiser. Mon ventre est pur, pur...comme une biche effroyable.

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