25 décembre 2012

Sachez la foudre par coeur 2

Sachez la foudre par coeur enfants de la tragédie. Touchez par vos mains brûlés chers enfants, voyez par vos yeux brûlés chers enfants. Jetez vous contre ces femmes, débris insensés de la lumière. N'acceptez de philosophie que prononcée à quatre du matin par les vitraux. Récitez l'amour en comptant un deux trois vos brûlures les lendemains de la peur. Trouvez votre reflet non dans l'ondée tranquille des lacs mais dans les incendies de forêt. Dans le crépitement entendez votre pouls, chers enfants, chers et douloureux enfants. Enfin, à la fin de ce drame, à la fin de vos pleurs, à la dernière cendre étrange de votre bouche, alors enfin peut-être vous aurez aimer. Dieu, l'infini, un autre mirage.

 

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23 décembre 2012

Sachez la foudre par coeur

Ma tragédie débute si Aragon écrit «Elsa entre dans le poème», et salaud, Aragon, le dit.
Libre, Elsa glisse et danse du poème au réel ; inchangée dans l’encre ou dans l’amour. 

Mais toi du poème la gisante, toi sa prisonnière, toi engendrée dans lui, nourrie par lui. Toi à y pouvoir fleurir sans périr, toi. Ailes immobiles dans la volière. Toi captive semblable au regard sous tes paupières repliées -anémones paniquées sur l'infini.

Nous sommes de la même vérité, du même ciel. Mais le mien, sombre et glacé, cauchemar de janvier, plane, vautour lugubre ; mais le tien, doux juillet des chansons, bleu de l’amour brûle et pleure, l’Univers lui tient la main et les rossignols déraisonnent.

Le tutoiement de mes «je t’aime», t’entoure de ses doigts malades, dessine une ombre qui n’est pas l’ombre connue de ta chair mortelle et désirable et méprisable et aimée. Ce tutoiement, c’est toi mêlée de ma démence, toi fusionnée de rime et de chagrin, toi victorieuse de mon amour à moi.

Tu montes en moi, vacarme des marées, tu grimpes en moi, lierre assoiffé, tu prends au drame toutes les couleurs du mystère, voilà ton visage, arc-en-ciel de déraison. 

Mais si l’on m’annonçait ta mort demain ? J’y serais aussi indifférent qu’à ta vie réelle, ta vie fragile, ta vie insignifiante si je ne t'aime pas.

Dans mon existence intime, par chaque frémissement de mes tortures sensibles, tu deviens métamorphose des parfaits : la terre, le feu, le ciel, l’amour, et toi-même.

Je te sais depuis ton commencement, je t’ai faite de toute éternité ; soupirs et buées. 

J’ai pleuré à toutes tes naissances, à toutes tes blessures, à tous tes rires et à toutes tes fatigues. Je connais le goût de sueur de ta nuit. Ombre inexacte mastiquée par la lune, repue de soleil, trempée de lumière, tu vis en moi veillée des vertiges, première fois du regret.

Tu meurs en moi chaque jour. Tu prends toutes les formes imaginables, lumineuses et lugubres. 

Je sais le spectacle face au miroir, tous les matins, quand tu croises ton image ce reflet grandiose et insensé de lumière.

 

 

 

 

 

 

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18 décembre 2012

Inexacte s’il me fallait te ranger dans un mot, te prendre à son piège de sable mouvant, inexacte. Ombre changeante, tourmentée par le soleil, maquillée de saisons ; Inexacte, mon amour.
Dans la neige dure et glacée, inexacte. Inexacte où tu ne t'enfonces pas, inexacte dans l'eau qui te prend et ne te change pas.
Inexacte mon amour, quand tu es loin de moi.

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10 décembre 2012

La vie, enfin

"Enfin j'avais pu trouver un sens à ce cœur porté partout -asiles, baisers, opéras- douloureux et malade. Voilà sa vérité éclatante, voilà sa lumière déchiquetée : souffrir. 
Toute la vie je m'étais préparé à aimer, comme tous les maigres j’y cherchais mon appétit, ma force, ma colère. Je savais la nuit, l'ombre, les pleurs et toutes ces choses sensibles. J'ai lu les plaintes des poètes...mais je ne savais pas encore être poète.

Et puis que peut-on face à son goût du miracle, quand on joue depuis toujours à basculer son siège en arrière à la recherche du point prodigieux du vertige -malgré l'inquiète colère de la mère. Là où le coeur retient son souffle, où le ventre brûle de peur. Toute ma vie j'ai cherché ce moment de tension, cet instant de danger et de déraison.
Alors je me suis préparé à aimer (ou prier, ce qui pour les faillibles du coeur n'est que la conséquence la plus naturelle) avec ce soin de l'actrice dans la loge quand elle sent à ses mains faibles et son corps lâche que c'est pour la dernière -déjà- fois qu'elle joue. Pour ce dernier acte -de sa vie et de sa gloire mais sa gloire et sa vie se sont mêlés comme le monde et la scène confondus en l'espace qu'elle occupe (toujours scène, et toujours monde)-, elle rallume ses gestes et trouve dans sa volonté une nouvelle jeunesse -précaire, brûlante. La voilà qui se lance dans le feu, elle n’est plus que brûlure. "

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01 décembre 2012

A n'avoir que toi d'horizon

L'amour est une forme -la plus hésistante, la plus nécessaire- de perfection.

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