19 février 2013

Artiste pénal.

Mais aujourd’hui... Artiste, quel mot ridicule, grotesque et grillagé. Artiste, je préfère mieux ivrogne, salaud, truand, je préfère trafiquant, suicidé, enfin, j’ouvre le code pénal et au hasard je jette mon âme, voilà je suis L211-1, nom d’artiste et matricule de bagnard, tout à la fois.

C’est toujours ma langue nocturne et indéchiffrable, mes hiéroglyphes pour les chouettes et les chats.

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17 février 2013

Suicidé, j'ai trouvé mon pseudonyme.

- J'ai au monde désormais un calme de suicidé

- De suicidaire tu veux dire non ?

- De suicidé. L'acte est commis, seulement, il n'a pas encore retenti. Je suis un écrivain, un mauvais certes oui, mais un écrivain tout de même. Avec l'âme tout à fait en vrac et les yeux tragiques, oui un écrivain, avec tout le nécessaire à tragédie. Des yeux remplis comme jamais tu n'en vis et des doigts tremblants et une âme, oui une âme, une fragile, une mal coupée, un peu vulgaire, d'un bois d'incendie -mais qui finit en bûches dans l'âtre bourgeois. Voilà. Je me suis suicidé, je l'ai décidé et ma pierre tombale m'annoncera de travers, ah je me moque dans vos calendriers et j'évite vos dates, vos jours à passer un par un, se tenant la main. Je suis né posthume, funèbre, ouvre le dictionnaire des synonymes, ah la cascade des suffixes. Je suis la fin de tous les adverbes. Oui suicidé. Et suicidé même je ne l'aurai pas été comme il faut. Suicidé, je n'ai plus peur de rien. Suicidé. Je serre les dents, je n'ai plus peur, mes frayeurs de jadis qu'elles comblent d'autres cernes, emplissent d'autres mains.
Mon coeur remuait comme la porte battante d'un casino poussée par une main policière. Mon coeur te voilà calmé, tu fais moins le fier, moins l'inquiet tu ne joues plus tes tragédies d'amoureux. Désormais, tout s'est tu, les lumières et l'effroi. Je n'ai plus peur, mes sueurs froides  rosée irritante du matin. plus peur si je me lève pour aller à la ville, pour dire bonjour comme il faut, voilà ma voix a les cheveux courts. Voilà, mes manières et mon rire.
Désormais je n'ai plus peur, plus de rire, désormais, j'ai un ventre, oui, mais plus de coeur.

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01 février 2013

Et cet enfant dans le ventre du mot stérile

Il faisait ce matin en moi un temps de verglas et de miroir ; temps d'oubli et de mémoire.

Et le givre fredonne l'air prisonnier de la glace. La chanson muette des reflets.

Chanson muette


Et cette vie au vitrail, m’en souviendrai-je
J’étais le carreau en mille morceaux Le
rêveur désasoiffé aux eaux de mirage
A la croix se reconnait ce temps d’effroi
d’avant toi
Mon double de neige et de froid
Mon martyr.

Temps avant les miroirs


J’ouvrai les chambres où le plaisir
Sur le corps de femmes inertes
s'offrait contre quelques baisers


Ma voix

Mes baisers,
Femmes brutales
Pâleurs de ma bouche
Mes baisers
Cendres innocentes
Et tièdes
Baisers, mes poèmes sans rythme
Mes rimes de cyanose
Baisers
Mes vers mutilés
Mes paroles sans destin
Baisers
Mon vent des falaises
Ton prénom tracé dans l’écorce

Randonnée


Coeur où j'avançai
Petit à petit
De peur de briser la mince couche de glace
De peur de ces eaux de mémoire de nuits
De regrets
De peur des fantômes affamés
Sous la fine couche d’oubli
J'avançai petit à petit dans le dédale
De mon coeur
De peur des baisers


La nuit


Savez-vous les insomnies comme une pleine saison d’hiver
les chemins de silence
dans un décembre de cendres
Ni houx ni sapins au mois étrange des décombres
la neige fondue sous le pas de l’année enfuie
la nuit épaisse, les pièges, le grec ancien
Savez-vous

 

Je

moi
J’ai connu cette saison de pierre
Cette saison d’horreur
J’ai connu
ma toute puissance d’enfant
Face aux quatre lettres de
VIOL
Piétinée
cejour
As-tu
haï tes dents
As-tu
haï tes ongles
As-tu
Haï les baisers les caresses
Les tiens
Et puis les tiens que crois-tu
Ce sont les mêmes partout
Que veux tu que je te chante
un corps c’est un corps
Regarde les
La haine et l’amour et tes songes
Toutes tes faiblesses
Oui et tes songes
Où les quatre lettres de VIOL
Te battent dans ton sommeil
Ton corps ton ombre ton reflet
Tes doubles d'incendie, tes martyrs et tes saints


L’insomnie

 

Huit heures du matin, je te trouve au prieuré, fixant ta montre
Tu es venu jusqu’ici, et tu vois la lumière du jour, ton sauveur croyais-tu,
à l'instant mise en croix
Tu croyais t’échapper, en parcourant à vitesse d’insomnie la nuit
Tu te cachais dans tes cernes
Les paumes de tes yeux, les phalanges de ta tête
Les chansons, les airs bien connus
ce qui ne sert à rien


Savez-vous les insomnies comme une pleine saison d’hiver
les chemins de silence
dans un décembre de cendres
Ni houx ni sapins dans l'étrange mois des coutumes
la neige fondue sous le pas de l’année enfuie
la nuit épaisse, les pièges, le grec ancien
Savez-vous

moi
J’ai connu cette saison de pierre
Cette saison d’horreur
La Pâques du Givre
J’ai connu
ma toute puissance d’enfant
Face aux quatre lettres de
VIOL
Piétinée

cejour
As-tu
haï tes dents
As-tu
haï tes ongles
As-tu
Haï les baisers les caresses
Les tiens
Et puis les tiens que crois-tu
Ce sont les mêmes partout
Que veux tu que je te chante
un corps c’est un corps
Regarde les
La haine et l’amour et tes songes
Toutes tes faiblesses
Oui et tes songes
Où les quatre lettres de VIOL
Te battent dans ton sommeil
Toi, ton reflet ton ombre
tes doubles d'incendie tes martyrs

L’insomnie

 

L'alphabet obscène
Les quatre lettres
La couleur du jour
Regarde-les mourir



Je suis cette ville en sueur
Où le coeur prenant forme d'Eglise
Grava en place de devise
Les quatre lettres de mon sang de ma peur
V I O L
Et cet enfant dans le ventre du mot stérile
Aujourd'hui comme jadis oublie le ciel d'août
non je ne dirai pas les noms antiques le passé des autres gens
et je me souviens
il faisait en moi
un temps de miroir et de verglas ;
mon reflet tremblant toute ma mémoire
Je reconnus
les quatre lettres
l'ombre
et le givre
les portes fermées
Je reconnais
cette nuit
ces yeux bleus
Ma tragédie mon péril
Pour l'enfant que j'étais
Portez le deuil, baissez vos paupières

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