22 mars 2013

L211-1

Aujourd'hui l'on guillotine avec des mots
Mais on ne trouve plus de vivants nulle part
Pour tromper leur ennui les bourreaux jouent entre eux
Le rôle des fantômes Le rôle des victimes
Assis sur le billot, dans le panier de Mort

Quelquefois on entend se débattre le Temps, la Nuit
On devine
L'Aristocratie du crime et quelques gueuses
On reconnait croit-on la République
Non, dit l'Amour, ses souliers sont trop propres.
Sa bosse trop exemplaire
"C'était le Vice, son demi-frère."

Et éclatent de rire les guillotines
Peuple de ce désert Etrange
Nommé jadis La Vie
Ou Le Sang.

 

Nous allons être avocats
Toi, tu seras -comme il faut toujours en droit et dans la vie- notre témoin.
Toi, désigné par mon Toi, tu es le ciel mourant ; un monde d'algues inquiètes.
Toi ce sont toutes les heures alentour de moi
Paniquées de ne pas parvenir à me briser.
Les heures fauves étranges
Aux dents ébrechées
Aux rugissements éventrés
Aux crinières brûlées par la cire des bougies (au XVIIème siècle quand tant de chefs-d'oeuvre se firent par les flammes ; je ne dis pas à la lueur des mèches, mais en Enfer, ainsi est devenue bien plus tard une oeuvre d'Art la main de Van Gogh cette immense brûlure trempée dans la lumière)

Nous allons être avocats.
Il faut chaque fois une sainte, demie-traînée (demie signifiant ici "pour rire" car on y entend glisser par on ne sait quelle ruse le même air qu'il y a en disant "Dieu") très ébouriffée et ce sera toi. Prends, si tu veux jouer bien ton rôle dans cette grande scène sans lumières, ces gueunilles, ces baisers. Je veux dire alors par tous ces mots étranges, prends la marque, fissure de mon coeur, cet éclair tombé à l'endroit du désir, toujours à courir et toujours revenant sur ses pas. Interminable routine de l'orage.

Les concepts et les mots trouvèrent ma Chair Infaillible close à double tour, marquée par les caresses du diable
Je suis l'Intact aux yeux purs ; les étoiles un jour d'Enfer -ces jours où tu pleures, toi, et où toi aussi, et où toi tu meurs parce que tu ne savais pas durer- vinrent me les crever de leurs "NOIRS BRASIERS" (ici tintent les éperons d'une homophonie étrange)


Trop pur hélas, je ne puis te donner tout ce que tu mérites, le pus d'un destin, les maladies vénériennes (le mariage, la pire de toute). Ces armoiries de l'amour.
Ni la vie ni la mort ne tournent plus autour de moi leurs doigts ensanglantés.
Un temps où "je" se disait de toutes les syllabes du mauve, une main creusa dans moi jusqu'au refuge d'ambre de la vie et de la mort (traquées me dirent-elles par les religions, et on entend derrière elles remuer les ombres inquiétantes, les torches de la Saint-Jean et les mains iconoclastes de la Mecque). Main si belle je ne pus m'en défendre. Et les lèvres de la vie et de la mort pour la première fois se délièrent, articulant l'Homme, le Mal toutes les gargouilles qui depuis Dix Mille Ans hantent le monde et les cimetières ( à l'entrée desquels on aura peint à l'encre sympathique : sortie de secours)

Nous allons être avocats.
Epuisé, dans cette forme solennelle de l'Homme aux yeux cernés, je dis : MERDE.
Je me prépapre au jour des serments à réciter cette prière des regrets. A prononcer ce sédiment de vie et de mort ; les injures de vivants, des bruits de foudres (qui sont des bruits d'invasion), de feu refleurissant.
Merde dirai-je devant ce peuple de disparu qui ne me fera pas face.

Mes lèvres ce jour là peintes en presque soleil
Où l'aube revenant de sa promenade des bords de Seine
Se promènera encore.



Posté par boudi à 02:10 - Commentaires [2] - Permalien [#]