15 octobre 2013

Un poème nul

Vous dites :
"Je veux l'infini les grandes images les vertiges les abîmes"
Et vous aplatissez de vos paumes dures l'idée même des rimes
vous vous contentez du trois fois rien imité
une pièce de musée rapportée
une étoile ratée
Vous dites 
et vos gestes à contre-courant de votre parole
vous mènent en ces endroits du monde
vastes comme des déserts épuisés
vous mènent à ce point insensible du ciel
et c'est toujours l'hiver
la glace, la boue mêlée
tout un pays de mensonges

Je dis

soyons capricieux
renversons toutes les choses humaines
Les concepts les phrases les figures

sur la table de vivre :

(une cigarette neuve
la fumée intacte
les assiettes vides
les couverts propres
l'absence)


Soyez malades de cette drôle de maladie des chiens, des loups et du soleil
attrapez la rage mentale
du coeur
des mains
du baiser
et tremblez toujours comme si c'était le premier jour
une naissance l'interminable courroux
d'exister enfin

Posté par boudi à 17:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]