26 juin 2014

soi même le monde.

Hier, prisonnier d'une insomnie sans délivrance je me raccrochai à tous les visages de ma vie ; alors à toi je murmurai les paroles que voici. 

il y a en moi un murmure qui dit la trahison

l'infini desséché que je porte en moi

mais

c’est mensonge

je ne me suis pas résigné à la forme attendrissante du réel quotidien

des jours de la semaine

l'etc du monde

Un matin de mes mains somnambules j’ai déchiré l’absolu

de mes doigts sévères 

les yeux hallucinés

j’ai déchiré l’infini

pour arracher le vacarme en lui

le vacarme en lui

travestissement

duperie

maquillage d'une femme vraiment laide

rouge et obscurité dans la lumière des soirs

trompant le désir. 

 

Un mouvement dément, une nuit, où les dents tremblent jusque dans le coeur

et l’on entend soi-même

pénétrant dans le temple

avec des pas bruyants comme des épées

une haleine de vandale

tordant les vieilles idoles

et sous la pierre de ces croyances mortes

une forme éclôt

neuve, inconnue

ô l’étrange miracle

les statuent elles aussi muent

alors

alors

un miroir

soi-même

le monde

l’infini.

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21 juin 2014

"M#####"

Il y a dans les prénoms en M.
L'idée d'une parole étouffée
D'un baillon sur la bouche serrée interrompant tout l'amour

On entend dans, l'initiale avouée, ce Mhhh, des plaintes déjà
éteintes

J'ai connu dans ma vie une foule de ces M., femmes étrangement muettes
Haïssant le silence ; l'âme pourtant aphone.

Je cherche sur leurs lèvres ma douleur, mon chant précieux, le rouge et le cri formant dans la nuit étincelles
Bruit des épées sur le sol
Je cherche une couleur homicide, un tremblement des paupières une rage
Je passe sur elles, alors, mes mains brûlantes
Quel miracle 
De transmuer ces boules de cendre froides en brûlants incendies
Et le feu prend enfin à ces yeux éteints, à ces lèvres sèches
Enfin le soleil touche cette peau allergique au soleil
Alors, 
alors
Alors
Enfin je me jette dans les flammes du bûcher inventé par moi, pour moi
Ma chère brûlure mon incendie adoré
Quand dans mes songes vient ramper la braise brûlante
J'accueille dans toute l'étendue de mon sommeil ce soleil naufragé

Mais ces femmes toujours meurent
Cette lumière d'août à leurs pommettes se dissipe
Et revient la pâleur des matins de janvier
La neige
Et la drôle de couleur
de boue du dégel
Et on appelle cette boue
Les frimas noirs
"M#####"

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16 juin 2014

Psaumes brisés

Le feu prend dans des coins de ma mémoire
Comme j’ai besoin et comme je réclame mes nuits ser-
-ties de plaintes
Ma chère douleur
Ô ferveur
Ô endroits d’ombre
fraiche et mure
Contre ta pierre absente, je me jette,
Bouche sèche, mains amaigries
Yeux agenouillés

Et la foi comme un volcan tu
Crachant une lave couleur d’alcool bouilli
La foi sortant d’un lit où le vin sacrilège
tache les draps


Dans la lumière nocturne, naît l’abside
Eglise, de souffle et d’haleine ;
Diable et dieu hachés
Dans le fleuve de ma gorge

Je prie
Les poings serrés, durs, à s’en briser les psaumes

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07 juin 2014

Ses vices

Mais je comprends ton soulagement, la façon dont tu vis cet enfin, et tu préfères c'est hélas un très commun défaut, les chambres d'hôtel éclairées et régulières aux grandes aurores boréales succédant aux nuits terribles
Tu préfères la constance d'un monde toujours égal à ces grands sévices

Le feu te fait peur s'il ne sort du briquet ou de la cheminée
Un effroi te saisit quand la flamme monte dans l'âtre
Ce début d'incendie banni de ton coeur venu là comme un fantôme vengeur
Et le rouge et le jaune forment contre toi, un doigt accusateur, tremblant et maudissant
Mais enfin tout se tait soudain
La bûche brûle doucement
On dirait une comptine
Enfin, tu es tranquille, le feu est réduit à la braise et la cendre


Tu egrènes ta vie comme un rosaire, et sur le fil tu remues des perles de poussière
Je comprends tu sais
Je comprends ta peur
Et ton goût pour ceci
Les paupières à demi closes
La lumière à peine
L'obscurité toujours consolée par l'éclairage public
Mais je ne suis pas de cette sorte.
Je ne veux pas vivre comme une comptabilité

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