16 juillet 2014

Je suis prêt

Je sens à nouveau la respiration de la brume intime
M. remue comme la nuit ancestrale
et ses mouvements pareils à ceux des messes noires éveillent le volcan obscur
Le souffre d'éternité me monte aux prunelles
Je reprends le massacre interrompu il y a longtemps
de ces gestes là pareils à des pleurs carnivores

Je suis prêt

l'ambition l'ambition de toute ma vie passée

bat en moi comme le galop des orages

et je réapprends le cri de commandement face au miroir
Perdu un matin où le désespoir en moi s'assagissait
Je dormais bien

et les filles ne pleuraient presque plus jamais
les filles de ce temps là précieuses comme des mégots fumés deux fois

mais le soleil aride m'était entré dans l'âme

et je demeurai vivant et absent comme arraché d'une prise d'opium. Ni tout à fait intoxiqué, ni tout à fait éveillé
Nous attendions l'instant du manque Pour retrouver la vieille figure tragique le masque des rites horribles
Cette lèvre déchirée toujours par un cri

(un cortège d'oiseaux de proie)

Je retrouve mon âme et ses cent-dix mutilations, comme j'aime les blessures, comme j'aime les corps coupants

je rêve d'une femme nue et tranchante

statue de verre brisé pour lui faire choses d'amants

ce fut mon péché longtemps d'allumer dans les yeux et les cheveux de gamines inertes de grands brasiers pour m'y jeter

ah le délicieux bûcher allumé dans sa propre ombre

le feu qui partout vous poursuit comme un miroir d'abîme.

Le vertige dans toutes les courses

c'est toujours mordre et crier

 

Je me souviens de mon goût jadis pour la gloire et l'envie que j'avais de la faire toute petite contre ma poitrine pour la déchirer en tous petits morceaux et sur chacun de ces petits morceaux écrire "MERDE".

 

Je vois :

Un lac
S'y décomposent des plantes d'eaux à mille feuilles
elles tourbillonnent dans l'espace aquatique.

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13 juillet 2014

Danse des poètes

Je porte en moi un volcan affamé 

une lumière de tumultes bleus

toute la foule du monde

et sur nous la nuit avance semblable à un grand mât

j’ai senti parfois mon âme se fendre comme un glacier

dans un bruit d'orage

et la plaie immense

la béance articulée chaque jour de sa vie

la béance, chaque jour de toute sa vie

la douleur et la plainte

par où l'on dit "JE"

et la couture à jamais visible

et le poignard d'alors tremble encore dans le coeur

membre fantôme

il remue

ô ma douleur

ô ma mémoire

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02 juillet 2014

Une morte

Ton visage la nuit crispée ô ton âme déliée flamme

Grinçait dans ma nuit

Le miracle la vie sortie de torpeur, salive épaisse de la lèvre ocre

Blancheur à la crête du Je

Le vent piégé par les algues et le crissement du sable

T’appellent là-bas ; tu ouvres les bras, c’est l’horizon.

Vertigineuses absences

Au loin les paysages, miroirs étreints de feu ;

La nuit gonflait comme un lac, hésitante

Les doigts tendus, dans la gorge roulait la mélodie transparente

Sur la peau calcaire, des larmes

L’ombre d’une femme

Ton visage dessiné dans les linéaments de la terre

La lumière et le drap et ta peau écumes pâles

De cette aube morte

La main jetée de tous côtés ton absence, ma vie

Les paupières pareilles à des ongles sales,  yeux noirs

De la boue sèche, grattée par le regard

L’odeur d’au revoir de la route fraiche

Des arbres creusés de sang

Et des près mûrs de

Plus rien ne te ressemble ô chère morte

Tous les fragments de toi retrouvent leur air de tous les jours

La lande n’est plus ta peau ni lavande ta bouche

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Fumée beige

L'image de toi friable comme de la pierre sèche

Dieu mon dieu la minute-statue dans quel jardin déjà le soleil hardi
On vit c'est un jour de tempête
Le vent d'équinoxe dans des cheveux alphabet
Le bleu le jaune délavés des photographies
Comment s'appellent cet homme cette femme sans couleur
On ne voit plus les visages seulement la neige vide, un grand miroir aphone

Et tout ceci qu'était-ce déjà j'en perds mémoire, un rendez-vous manqué
Sur le bout de la langue
ce ne sera pas ce soir
Ce ne sera plus jamais le soir
Le vrai soir
Plein du silence de vivre
Les lèvres comme des ronces 

Un seul soir y vins-je le crépuscule remuant des. Ailes muettes
La lune bercée, mille chant d'ombres
On y plantera Dieu
Je germerai


Sur soi la nuit blanche
eau forte et douce
Aux figures froides
Le café ou bien le thé
Tu dis peut-être je ne sais pas
Et déjà je ne vois plus ta bouche en forme de
Peut-être ou je ne sais pas
À cette table
Il y a une place stérile
Comme un ventre vide

Ta place

Une image creusée d'oubli
Un grand vent disperse les lettres du prénom on cherche ses souvenirs dans le téléphone
Un mot s'écorche dans les cheveux
Les poumons vides, plus jamais

Monde abandonné
Feu de cheminée où brûlent les roses
Odeur de mai incendié
Sifflent les balles gémit la Seine
Contre le cœur, serrée, la neige fondue de toi

Le médaillon vide
Un trou dans la mémoire
De la taille d'un poème



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