05 octobre 2014

Mon Amour

c'est toujours affaire de miroirs où tu te vois mal et il faudra un jour piller dans mon visage les yeux sur toi penchés alors te rendre au monde ta véritable image voir comme il faut les choses et la lumière issue de toi celle que tu transpires et fais naître ô soleil mouvant ô amour fragile comme l'eau pâle du matin comme le crachin léger que le vent disperse amour amour amour

 

hors de toi le monde gris comme la neige du paris de janvier

hors de toi la gorge toujours enrouée et la lèvre pâle

les jambes tremblantes et les mains impuissantes à broyer l'absence

toute la nuit l'attente de toi

à fixer d'un air dur le mouvement de la trotteuse pour presser les secondes

mais hélas la colère de mes yeux les fige de panique et ta venue plus lente à venir

combien de siècles encore de cette patience

à mordre la nuit comme un baîllon d'ombre retenant le chant d'amour

combien encore de ces rêves de toi que la lumière du jour dissipe

faite cendres aux lueurs de l'aube

poussière mêlée à la rosée

et je te bois dans le matin peureux

dans l'herbe fraiche le lila avanteureux

plus rien n'a ta couleur amour

et la jalousie épine de ces fleurs vrille dangereusement 

te donne des dents cruelles et des mots durs

mon amour obsédant le ventre lourd de toi à pourchasser sous le ciel gris

et la nuit basse l'ombre de toi

mon amour aux cils courbes

mon amour à la bouche d'été

mon amour mon amour mon amour

Posté par boudi à 22:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]