28 juin 2018

Hôtel Printania - Dinard

 

 

 

Au hasard jetant sa vie dans tous les fleuves. Voilà qu’une eau de salut se joue d’elle. Deux jours à l’hôtel Printania. Le premier pour oublier et le second pour le reste de la vie. Voilà que l’écume de Dinard - analogie drôle d’avec ce mien voyage où les choses se payaient en Dinars - couvre d’adieu les mois d’avant. Vingt ans de mariage. C’est long. 

Des quatre étendues de sable, là-bas, c’est la plage du Prieuré que vous dûtes - que vous avez du, que vous devez, impérativement sans quoi rien ne se dément - parcourir ; vous y couvrir d’algues ou de neige ; de courses ou au moins de baisers. Il y a le vent d’Atlantique, du vin et des rires. Proust est de passage.

La beauté, dit-on, réside dans la symétrie. Prononcée en français cet énoncé a le luxe de l’équivoque. Une plage Normande se transbahute plage bretonne. D’un chemin l’autre. Quel long détour pour rejoindre l’Atlantique et la vie - la vie figée si longtemps trop longtemps de Marcadet en Unigrains ; la vie libérée dans la pulsio -

Dans le lit, sans y penser, se mêle l’image de deux nuits. Irréductibles l’une à l’autre ; sans violence ni rapport. Allant chacune son chemin. Qui le souvenir ; qui le présent. Au réveil ne demeure aucun signe du temps d’avant. Cette nuit-là comme une gorgée d’oubli. Un vêtement en boule qu’on ne prendra pas avec soi. Ce faix enrouait la poitrine d’un cri de louve. Voilà le fauve calmé. Tempérament de feu qui réchauffe et ne brûle plus que pour rire. Comme les bébés chatnnes griffent tendrement l’autre qu’ils aiment.
Deux nuits comme va la marée. 

 

Ici il a fait du soleil. J’ai vu de la peinture Chagall, Malévitch et d'autres de Vitebsk. Soudain : Le temps retrouvé. En CE1 - à l’école élémentaire si je devais jouer mon passé simple jusqu’au ridicule - avec ma classe nous avions été à une exposition consacrée à Chagall. Je me souviens d’un parc et quelques éclats de couleur. La chose la plus vive demeurant pour moi la verdure d’alentour. Où était-ce ? Quel musée près de Suresnes - nous n’avions pas pris le métro, je m’en serais souvenu - exposait Chagall dans un trou de verdure ? Ecrivant, je me souviens des autocars scolaires qui très bien purent nous promener là-bas. Feuillage épais dans la mémoire.

Posté par boudi à 21:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]