07 juillet 2018

Post-scriptum.

1. 

A Palerme, dans les grands hôtels, le « petit personnel » porte un sac Hermès. Avant de laver les vitres le voilà recouvrant son costume trois-pièces d’une tenue d’employé ; cachant le col blanc sous la blouse bleu - ou l’inverse.

Dans le grand hôtel de Palerme Wagner persifle et le fous meurent. Leur suicide est une forme, parmi d’autres, d’élucubrations. Ecrivains les voilà qui se tuent. Belle chute.
Dans le grand hôtel de Palerme où je ne suis pas, les laveurs de vitre portent des sacs Hermès et d’autres de superbes livrées. Dans le grand hôtel de Palerme où j’irai quand je serai grand.

 

A Palerme, si j’ai bien compris et malgré le mensonge de google, il fait un soleil de torture. Des tortures plaisantes, des tortures qui à Paris, derrière le velours bleu, se paient très chères.
A Palerme il y a du soleil et l’Etna. 

Aujourd’hui j’ai cherché la Sicile à Paris. Où elle se répand en liqueur et en cuisine « u cuoppo » m’a-t-on servi ; et la chaleur de l’Etna dans un Spritz apaisé de glaçons.
Mon verre carré dans quoi on avait servi de l’amarretto - ma madeleine - me faisait penser à l’hôtel des Normands (wikipedia) 

 

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 (photographie d'une absolue laideur- ce soir au dîner)

2. 

Il me semble que Silène a trouvé l’amour. B. lui disait, jadis, qu’après une folle passion viendrait l’amour vrai - ainsi que Spinoza parle de vérité vraie. Celui-ci est venu par un détour assez semblable, à la fin, que la passion : Internet. Certes au-delà de cette ressemblance formelle tout diverge ; la nature, les trafics, les sentiments, la douceur

A Silène on recommandait - faisait promettre - de ne pas brûler. Par impertinence, à cette heure-ci impropre à la brûlure (01:13) probablement brûle-t-elle. Ainsi il est des gens qui renversent tous les signes ; c’est sans faire exprès ; la révolte c’est eux.
Silène, malgré des accès de rage folle - déchaînement contre la passion d’avant -apparaît apaisée heureuse mais ne se sachant pas encore heureuse. Il demeure en elle comme une bille de plomb brûlant qu’elle prend pour de l’amour ; minuscule bouillie mais douloureuse, douloureuse à semblance d’amour.
Silène a trouvé l’amour par hasard, il porte la barbe et lorsqu’on le croise dans la rue on s’étonne en le fixant disant « Les hommes beaux à Paris ont tous la même tête ; tous la même chemise » (ce constat n’a aucune valeur critique - positive ou négative).


Silène selon son humeur néglige certaines…tâches ? Elle pratique l’anamnèse à sa guise et pour son plaisir. S’il devait se monter un tribunal dans sa mémoire on serait d’une seconde l’autre la victime ou le bourreau le juge ou le procureur ; se démontent et se remontent en un clin d’oeil toutes les institutions humaines. C’est son plaisir.

Beaucoup le lui reprochèrent d’en souffrir beaucoup. Or c’est elle qui a raison parce que c’est elle qui est la plus forte. Silène trie le réel le compose et le décompose selon son état d’esprit ainsi que ferait un peintre par ses repentirs. Silène choisit, distingue, note ; regrette peu en réalité. Perd rarement parce que c’est elle la plus forte. Il n’y a bien que F. - Frédéric, disons le  - qui la ruina du dedans. Personne d’autre. Et si certains - l’été à Frascati ou dans tous les conflits - pussent être réduit à ce F. ce n’était que par colère et une maitrise particulière de l’injure - comme d’autres en d’autres temps maniaient le fleuret ou d’autres désormais - pour d’autres jeux - le fouet. 


Sa vie c’est la vie. Je l’admire beaucoup. J’essaie de vivre.
Je suis content pour elle.


Je suis si fatigué d’être. Si fatigué. Parfois une force me revient. Cette force c’est une pensée qui me prend et m’anime ; mais il suffit d’un mot pour que cette pensée sans chair s’effondre. Un mot  ; et moi qui en reçois une foultitude, m’effondre. Je suis le plus malhabile des hommes pourquoi à la fin ? Parce que je suis ambigu, ne tranchant pas, demeurant dans l’incertain. Je suis le plus malhabile des hommes parce que j’ai toujours une gueule de coupable.


De Silène nous pourrions parler des heures, écumant son passé ou son présent, et cette vitalité sourde. Ce n’est pas le tempérament qui est de feu ; c’est la vie.

 

3.

 

Vers minuit je suis sorti sur la place Gustave Toudouze hurler sur une bande d’adolescents qui dansait sur une musique imbécile - forcément imbécile puisque passant par ma colère - dansait depuis des jours sous ce hurlement là. 
Une vingtaine imbécile et ivre et moi je devais calmer mes nerfs après le tremblement de cette après-midi (photographies de Palerme ; chapeau - panama ?). Adolescents en duvet en pucelage en bêtise en boutons. Révoltes de pacotille, bravaches pour rien, tremblants à la moindre menace.

Seulement ils étaient vingt et chacun se croyait la force des vingt. Ce gnome dabbant devant moi non pour le plaisir et la joie de dabber mais pour le spectacle offert et la gloire retentissante qu’il s’imaginait. Lui que je pris par les cheveux pour le jeter à terre devant le regard ahuri de ses amis. Quelques uns se mirent à la menace et moi qui avais mes nerfs à passer je m’en réjouissais, je me réjouissais de leurs poings morts, de savoir que j’allais me faire casser la gueule - un contre vingt nique sa mère j’suis single. Péril de rien du tout mais périlleux tout de même -Mickael guettait avec effroi par la fenêtre d’avoir entendu dans la rue mon hurlement  de louve ? — lorsque je remontai il avait mis ses chaussures s’apprêtant à descendre. Ses pieds chaussées me semblèrent une belle preuve d’amitié.

J’avais mes nerfs à passer et qu’importe à la fin que vingt me roulent dessus si « c'est là ta nuit, qu'elle me soit pesante, qu'elle m'écrase, que toute ta main soit sur moi, et que je me perde en toi dans un cri. »
Je crois que je recherche mon courage d’avant (été 2017) que je sens revenir par foulées. Mon existence est dure et me pèse. Mon courage fracturé au mois de septembre comme une coquille creuse ; mon courage fendu par le milieu pourquoi ? Pourquoi ? 

 

P:S

Au restaurant embarras curieux : la serveuse me dit « vous êtes très beau » ce qui, le plus souvent, s’apparente à une politesse un peu audacieuse ; étant le jeu de la serveuse et du client.
Seulement de paroles audacieuses en gestes insolents elle me touchait. Me touchait en passant, appuyait sa main et moi je buvais, crispé, comme un extravagant.

C’était une expérience curieuse. Banale, mais curieuse.
Lorsque j’étais autrement - je crois que c’est alors que j’avais toujours de l’ambition professionnelle - j’avais rencontré une femme dans un aéroport (Orly ?) ; le début de cette phrase ne laisse aucun suspens quant à ce que je vais raconter. Ce n’était pas mémorable, j’avais joui vite je crois et elle non - avais-je joui d’avoir simplement rempli une capote de mon sperme ?

Il règne une confusion autour du plaisir masculin assimilant l’éjaculation au plaisir. Si le plaisir sans éjaculation se conçoit bien ; ce n’est pas le cas de l’éjaculation sans plaisir - résultat d’un sondage Internet. L’éjaculation, chez la plupart des gens, se confond avec le plaisir. Rien n’est plus faux. Strictement éjaculer ce n’est que le moyen de répandre son génome. Le plaisir humain, c’est heureux, réside ailleurs ; l’éjaculat peut en être un indice pas davantage. 



Julie (???? j’oublie son nom de famille) chef du 23 Clauzel - restaurant favori de Stephane Bern - m’a dit bonjour comme à un copain, prenant de mes nouvelles - très sincèrement. Je crois qu’à cause de ce que ma tronche se reconnait bien les gens qui ne m’ont vu que deux fois s’imaginent m’avoir rencontré des tas de fois - qui plus est ceux qui voient défiler des mille et des cents - Je ne l’ai rencontrée qu’une fois cette dame et n’aurais pas su la nommer si elle ne m’avait interpellé de son restaurant. 

 

Posté par boudi à 02:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]