20 juillet 2018

Brèves de table basse - la toux

Il se trouve qu'actuellement je tousse beaucoup. Aux alentours de trente degrés à l'ombre mon organisme réagit comme s'il en faisait trente de moins. Je crache beaucoup, mes glaires m'impressionnent parfois, visqueuses, épaisses, denses et jaunes. Lorsque je les expulse d'un râle la trajectoire, flottante, me fascine.
Il se trouve qu'actuellement je tousse beaucoup, ma gorge est irritée et j'en suis très las. La nuit m'est pénible et le sommeil en devient rare. A sa rareté je suis déjà accoutumé mais tout de même de le voir hanté par autre chose que l'excitation nerveuse ou la peur du noir ou les angoisses. De le voir tout gâché de cette toux infecte.

Actuellement, parce qu'il est deux heures du matin et que l'ennui me gagne - mais la fatigue non mon corps s'étant comme résigné à ne pas pouvoir dormir - je me dis que peut-être je vais mourir ; la pensée m'amuse qu'un médecin, demain, m'annonce ça : "vous allez mourir".
Ce diagnostic - aucune maladie identifiée - agit comme une rationalisation - un remède - à mon état. Actuellement je tousse beaucoup et j'attends de mourir.
Comme beaucoup et peut-être tous je regarde avec un certain amusement le sang de mes excrétions et je me raconte la fable de la tuberculose. Et cette fable qu'on a connu par les livres et les films où toujours dans un train un dîner une chambre toujours cette fable où la toux tâche un mouchoir blanc de sang.
L'imaginaire, à force de connaissance, se développe et l'imagination toujours se conjuguant au passé me propose le sanatorium qui a passé de mode. Mon père, plus jeune, y fut hospitalisé. Mon père qui plus jeune passa par à peu près tous les périples d'être et qui parvint, tout de même, à être à vivre et à proposer au monde, avec l'apport non négligeable de ma mère, quatre enfants.
Bientôt, à cause de ma toux hors-sujet il n'en restera que trois. C'est le médecin, demain, qui le dit.

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19 juillet 2018

JECRIS SANS REGARDER

(j'écris sans regarder l'écran et à toute vitesse pur flux de conscience)

 

Ton plus grande succès c'est l'amour ta grande grâce c'est de ne digérer rien comme tout le monde et tes rots empèsent le ciel d'un air de débat.
Pourquoi as tu sacrifié ta vie. Quel intérêt ce fut que de te mettre dans ces abîmes amers là. Ni ceux d'avat ni ceux d'après. Et quoi ? Pourquoi n'en sortirpas il eut fallu il eut suffi d'un geste, d'un premier geste au cours de l'été, n'importe lequel des étés mais l'un de ceuxq ui ont passé. Un mot et tout aurait pu finir ou, même, tout aurait alors commencé et quoi les portes de l'élysée s'ouvrir et quoi encore trouver des fleurs mauves rencontrer dans les bains publics un autre siècle et l'ombre tenace de ta poésie lyrique. Que s'en est il fallu que je ne périsse pas et désormais la mort me revient comme une sale maladie vénerienne qui te passe et te rappelle ton vice d'avant. Cette putain d'acnée de la bite et e la lèvre cette chienlit d'herpès mais aç te couvrer l'âme. 
Tu écris sans regarder à cette heure ci tu as passé une nuit belle et un matin triste. Il était sur les ops de midi et les volets 'ouvraient la cigarette emplissait la chambre et c'était une odeur d'amour ce mélange de poussière et de tabac (chaud puis froid). Les rideaux renonçaient à filtrer la lumière blonde et tout s'envahissait, la thei¨ère où le thé infusait la nudité s'achevant dans une robe - quels motifs ? et mes chaussettes jaunes et cette putain de douleur depuis qui ne me lâche pas chien de garde de ma douleur.
Putain, putain, putain et je n'ai plus la force désormais encore je suis fendu par le centre et toute la force coule dans mon cri de châtré de lpache et toute ma force encore m'échappe et alors ce sera l'extinction, alors la lumière dedans baillera une dernière fois, alors quoi. Quoi. Le thé très noir on aurait cru du café et je réclamais du café et le café ce n'était plus possible parce qu'il fait au coeur et à l'humeur des drames pires que les amours mortes.
JAI MAL JAI MAL JAI MAL 
Et je :mets ceci ici non pour appel au secours et non pas (ou si mais pas seulement) être vu être lu et qu'on sache ce tambour infini qui me déchire l'entraille, ces boulets, ce roulis de feu qui me périt du dedans. JAI MAL PUTAIN. Pourquoi l'incapacité et c'était si grave que d'être un jour d'un pied lassé repoussé dans les coins, c'était si grave de ne pas croire non en l'autre mais en soi au point que de craindre d'être effacé, d'être soi-même comme un appartement qu'on abandonne. Pourquoi cette terreur là à ce point ? Tu avais vingt ans Jonathan et tu dormais dans le hall d'escalier de Marion, tu avais une tête de fou et la voisine du 5e te craignais comme un vagabond d'un autre siècle. Tes cheveux étaient hirsutes et tu attendais d'entrer chez Marion que Jessie sa mère et sojn beau père aillent travailler. Et la voisine une arabe te craignais tu avais les cheveux fous et un gros manteau de laine comme souvent trouvent les clocahrds pour se garder du froid. J'ai mal pourquoi ai je perdu cette force qui me menait au Capitole attendant des heures Marion qui ne venait pas. Pourquoi je rodais et tremblais dans ma chambre d'hôtel c'était quoi la place Washington je crois où il y avait les cinémas et je mre prenais en photo comme un fou. La premi§re chambre à côté de la gare. Pourquoi ai je perdu cette force là. Les brûlures de cigarettes que tu te mettais sur le ventre et le poignet pour montrer que tu aimais au delà de la douleu rphysique. 
Pourquoi cette fois là non ? Pourquoi cette peur là ? Moi, mOI MOI MOI difforme de l'action.
JNamais jamais je ne me le pardonnerai et moins encore depuis lundi que toute ma force m'a quitté 

plus jamais je ne serai vivant là je reprends la phrase à toute allure qui ne se laisse pas faire mustang de la page blanche qu'on ne dresse pas. Moi, moi , moi ,moi et je faillis et je faillis je défaillis et je faillis aussi le FAIRE. A quoi ç as'est joué? Cette semaine maudite où tu bossais comme un fou et Marcadet empoisonnait l'air ou bien la langue de B sur ta chatte humide. Non, non, non tout ça on surmontait et c'était ma peur d'être relégué, de devenir un personnage secondaire de ma prpore existence, de depérenrre d'une autre vie que de la mienne, d'être là, l^âché un jour dans un janvier glacial avec pour soi rien que sa honte sa détresse et samaladie mentale. Avec rien d'autre que ce pauvre rien. Pourquoi ? Pourquoi ? Etait ce si ompossible de dire d'accord. Il aurait fallu partir je crois que si l'on avait dit "partons, là bas, je crois qu'alors j'aurais pu" mais je ne savais pas. Et ce n'est pas normal de fuir plutôt que de dire ça suffit. AHHGHGH
Je pleure je chiale ne me divise je e décire je veux que cette peine là s'arrête et la phrase m'mporte et me tue et le clavier enourrit mes doigts et ce ne sera plus jamais la même chose. Ca t'a pris, l'amour, d'une autre forme, plus régulière avec sa démence aussi cette perfection qui dans les bouquins de Ballard fait des gamins assassiner leurs parents, les massacrer les pendre par les couilles. Bordel.
BORDEL ma voix intérieure je l'ai perdue et je la retrouve ici quand je tape comme un fou savez vous que tapant comme !a je murmure ce que je dis je précède dans un souffle ke puxel comme si moi je dictais à mes doigts et suqe nous étions séparés. JAI MAL.

POURQUOI POURQUOI
Il eut suffit fallu d'un rien de demande rà Mryriam le courage qui la fit vivre ) Athènes putain.

Qu'est ce qui t'as pris merde ? De retour de Nantes, qu'est ce qui t'as pris de retour de Nantes. Marc par la fenêtre me voyait descendre et il a dit "il arrive" et dans ce "il arrive" c'était en plein hiver un drôle de soleil. Et j'ai mal de m'en souvenir, j'ai mal à en crever, à en pleurer, et de retour à Nantes il faudra la noyade parce que ce n'est pas possible. La sottise se noyer dans les flots tendres des océans ou des mers, la sottise tandis que la mort se fait dans les grands fleuves qui tonitruent et tuent mieux qu'à leur tour. Mais les fleuves sont couverts d'hommes et de sauvateurs. Pourquoi j'ai fait ça ? Pourquoi je me suis pas jeté dans le vide, n'importe lequel de ces vides là celui du haut des ponts ou celui plus difficile du risque. 
Lerde tu as eu vingt ans tu as adoré avoir vingt ans avec ton méris et ta morgue tes réussites sans faire exprès Grasset qui t'écrit et toi qui te fais comme ça un peu d'argent de poche pour un livre que jamais tu n'auras fini et Y.B t'en veux pour toujours à cause de ça. 
Et Nantes, c'était hier Nantes puis ce fut, mais sans moi, alors, toutes les villes d'ailleurs et j'ai mal.
Et marc qui disait il arrive et qui disait "je me sens violé de voir Jonathan avec des grosses chaussures" il y avait du verglas et je craignais de tomber en glissant en montant la toute petite volée de marche. Le sol était gelé et cherchant de l'alcool et de l'eau pétillante (san P) alors elle a glissé et je crois que mon coeur s'est brisé dans cette chute à elle.

On croirait, des lecteurs me l'ont déj dit que ce que je fais c'est conscient que je mre relis et me corrige ajoutant au hasard de la sésure et de la syntaxe des fautes de frappe. Et j'ai écrit mes po!èes minutes pour montrer que c'était faux. Que j'écris à toute allure et sans regarder l'écran et que les mots giclent comme pour un amour trop vif la première nuit quand ç afaisait longtemps qu'on avait pas aimé.

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09 juillet 2018

CMP

L’hôpital de jour du centre médico psychologique (18-20 Rue de la Tour d'Auvergne, 75009 Paris) accueille, chaque jour, ses patients. Parmi ceux-là : Martin. Martin ne paraît pas, aux premiers abords, privé de raison. Il converse, sans anxiété manifeste avec chacun, donne son avis, écoute celui des autres. Rit de ce rire social et faux des gens de raison. Martin apparait, à mes yeux inexpérimentés, comme un être socialisé, parfaitement intégré, capable d’interactions normales et banales ; ainsi sa présence m'étonne et doit avoir des raisons.
Martin porte toujours un polo lacoste - de combien il en dispose je l’ignore - et, sur lui en permanence, un parapluie. Un de ces petits parapluies noir gardés dans un étui de toile et qui se déplient plus largement qu’on ne l’aurait cru. Dans ce siècle d’été jamais je ne l’ai vu s’en servir. Dans ces recoins de chaleur des orages surviennent, c’est vrai ; rarement cependant. Prévisibles, aussi. Annoncés par les baromètres-smartphone. Indifférent à ces modes prévisionnels ; Martin garde son parapluie.
Ce comportement, dans tout autre contexte, paraîtrait une précaution amusante et toutefois de bon aloi ; une fantaisie d’un aloi le même.
Or l’excentricité, la différence, l’étonnement ; bref tout ce qui échappe à une hyper-rationalité, devient ici une anomalie. Le parapluie de Martin dans ces mois de juin-juillet est anormal. En toute logique le parapluie est utilitaire son usage, parer la pluie, épuise son sens ; il se réalise totalement dans son utilisation, sans résidus. Il n’y a rien à en tirer d’autre. (Sauf pour quelques freudiens voyant en tout objet plus ou moins phallique le signe d’un Oedipe mal résolu et d’une analyse longue et difficile et coûteuse).
Martin garde ce parapluie en plein soleil - non déplié ; non « en usage » ; vigilant cependant . En plein soleil pour qui fréquente - en patient - l’hôpital de jour ce fait signe vers la folie, ce indique - au sens d’indice criminel -  la folie, la rend possible, en laisse deviner le commencement. Ce parapluie devient symbole, mystère à élucider - psychiatriquement. Son sens, parce que c’est Martin qui le porte en plein soleil, excède désormais largement sa fonction. Quelque chose, du trop loin, de l’étrange, de l’ailleurs, encombre cet objet. Chargé de discours, lourd maintenant le parapluie que Martin, au bout de sa main, agite. 

La présence des individus ici présuppose toujours la démence. A chaque acte est opposée une rationalité modèle qui n’est, pourtant, le sort de personne. Névroses, psychoses, angoisses et tout le lexique des souffrances morales, touchent chacun. Partout. Ici, ceci devient TOC, bipolarité, border-line. Tout est qualifié donc jugé donc traité donc effacé contenu. Le parapluie de Martin est un artefact de la folie ; par lui Martin est fou.
Le ton général narratif et neutre que je prends est fallacieux ; prétendant synthétiser ici le discours clinique. Je suis celui qui regarde et soupèse ce parapluie, je suis celui qui confronte Martin, portant son parapluie en pleine chaleur, à une normalité sociale : le parapluie ne se sort que sous certaines conditions. Sorti en dehors de ces conditions - ciel nuageux, gris, pluie, orage, indications météorologiques - saille une étrangeté. Cette étrangeté est de la folie de la quasi folie dès lors qu’elle concerne un individu appréhendé par une catégorie psychiatrique. Bref un abrégé de ces topographies de la déraison : DSM et CIM. 

C’est moi qui démembre Martin, moi qui isole de lui des parties qui doivent être caractéristiques de la folie - sinon pourquoi sa présence ici avec son air de tout à fait normal ? 
Au déjeuner que nous prenons en commun j’observe parfois Martin qui garde son parapluie sur les genoux. Sa main tremble régulièrement d’un spasme intraitable que son visage ne laisse paraître. Si à ces instants ses mains demeuraient dissimulées personne ne pourrait lire sur son visage impassible ou souriant (ou d’un impassible sourire) ce qui le traverse (et peut-être le traduit?). Il se nourrit peu - n’est pas maigre - choisit sans logique les aliments qu’il ingère. Jamais je ne sais s’il ne le fait à des fins de conformité sociale - donc de dissimulation - donc d’indices, encore, de sa folie ; mange si peu, son parapluie sur les genoux. 

De quoi le parapluie de Martin exposé au plein soleil est-il le fétiche ? Vers quel monde intérieur ce parapluie fait-il signe ? Ou quel ailleurs par l'objet médiatisé ?  Jamais je ne le saurai. Lui demandant obtiendrai-je une réponse ? Cette réponse et cette demande ont-elles un quelconque intérêt ? 


Désormais je pense à JH, toujours sociable souriant, dragueur plein de projets mis à l’ouvrage. Echouant, recommençant. A qui tout sourit et tout dépérit. On pourrait le croire, à observer sa contexture, comme un être sans angoisse - ce qui ne préjuge pas de son intériorité. Or à lui parler plus longtemps altéré - libéré ? - par l’alcool ou le cannabis c’est une fragilité comme les autres. Non, fragile en constance, mais révélant que ces choses là, ces actes grandiloquents ont pour lui, aussi, un coût. Plus capable que les autres de l’assumer mais penché, lui, aussi sous le poids de l’action ou de l’audace. Pour lui aussi c’est dur. Pas de quoi devenir patient de l’hôpital de jour.
Ses croyances montrent des au-secours (naïves, toujours, soulageantes et simples) anamorphoses de son audace.
Nous sommes tous des Martin conservant un parapluie en plein soleil haha.

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08 juillet 2018

Une histoire de suicide.

Léo a peur de la mort. Ce n’est pas une peur panique et omniprésente comme ce fut le cas de Yan lorsqu’il était devenu fou - ou était-il devenu fou à force de craindre la mort ? et passait sa journée à palper chaque partie mortelle de son corps - c’est à dire toutes. Léo a peur de la mort ; sa confiance en le Christ probablement tempère cet effroi cependant réel - il brille dans tous les yeux cet abîme.
 
Ces discussions me font toujours réfléchir à pourquoi je ne crains pas la mort. La mienne, bien entendu, celle de mes proches me paraît, par anticipation, atroce et insurmontable douleur. Moi que tout angoisse ; la (mienne) mort ne me fait pas peur (est-ce d'être une échéance certaine et surtout définitive ?)

A Tours, un matin, que s’engourdissait mon bras gauche et que ralentissait mon coeur je croyais mourir. J’attendais la mort dans la salle de bains de Camille, qui dormait dans sa chambre du premier étage. Le plus pénible était alors l’attente ; je m’étais étendu dans la salle de bains pour ne pas qu’un râle réveille la dormeuse. Le temps ne passait pas malgré mes efforts pour le faire passer - ordinateur, internet. Il était tard (6h du matin), j’étais fatigué et je mourrais. J’avais griffonné sur mon carnet les personnes à contacter pour qui allait me trouver trépassé. Voyant mon engourdissement atteindre ma jambe gauche et apprenant par le miracle d’Internet qu’existaient des crises cardiaques de cette sorte (« slow heart attack ») je me résolus à appeler le SAMU. Il ne s’agissait pas alors de « me sauver la vie » ; je ne craignais pas pour elle ; mais de me défaire de cet état intermédiaire. Que la vie ou la mort se décident. L'une ou l'autre indifférentes ; l’indécision seule me pèse (etais-je le lot d’une partie de cartes ?).
 
Cet épisode, mémorable parce que matériel et narrable, connut déjà dans ma mémoire et mon imagination des doubles qui se déroulèrent sensiblement pareil. La réalité ne m'étonna pas, la différence principale d'avec mes constructions mentales, était la présence d'une salle de bains. Pour l'tat intérieur kiff-kiff

De quoi on tire la conclusion d’évidence : la mort m’indiffère tandis qu’elle effraie, avec une intensité variable, la plupart des gens y compris mes amis.

Si je dois réfléchir à pourquoi :

Toujours j’ai considéré vivre comme très indifférent. Non que je n’y prenais mon parti ni mon plaisir. La vie ce pouvait être autant que ce pouvait ne pas être ; qu’il n’y ait rien au lieu de ce qu’il y ait quelque chose ; peu m’en chalait. Finir n’avait d'ailleurs aucune importance puisqu’alors, fini…je ne pourrai constater ma finitude, en désesperer encore moins. On me soupçonnera d’hypocrisie ou de manque d’imagination ; soupçons également injurieux et injustes.
Il m’est impossible d’anticiper cet état extrême, incompréhensible ; à mesure de Dieu pour un croyant ; infini et toujours...irréductible à la raison.
Alors peut-être suis je en vérité celui qui accorde à la vie la plus grande éminence ; une telle vitalité la vie, ma vie, qu’elle ne se conçoit qu’étante, actuelle, résolue. La vie qui ne saurait finir à cause du temps qui a passé, de l'usure des cellulesv,de l’accident automobile, de la maladie mortelle ou du chgarin d'amour.

Cette raison - cette inconscience de la mort - ne saurait être la seule explication à mon absence de crainte. Depuis très petit j’ai voisiné avec la-ma mort, y pensant régulièrement et sans tragique. Etat potentiel mais invraisemblable donc irréalisable. Je crois que c’est vers 7 ans que j’en pris toute conscience ; la possibilité du suicide m'entra ans la tête en même temps que d'autres réalités d'adulte (l'argent). Le suicide me poursuivit sans que jamais je ne m’y risquai (il m’arrivait à 12 ans de me saisir des couteaux de cuisine pour jouer avec moi-même au milieu de mes larmes à celui qui se tuait. Je n’en tirai même pas une égratignure et cela va sans dire aucune cicatrices). Seulement cette idée du suicide qui toujours a voisiné avec moi m’a rendu la mort ni inquiétante ni distrayante pour un sou (j’eus comme beaucoup de poètes de 20 ans une attirance d'ordre quasi-sexuel pour le suicide ; ce ne dura pas).
La crainte de la mort, absente, celle-ci devenait mon objet, mobilisable à ma guise ; il n’appartenait qu’à moi de convoquer ma mort lorsque trop las, trop blessé, trop quelque chose - non pas blessé, ne songeant pas à la mort, jamais, pour fuir un mal ; blessé un hurlement me déchire, un hurlement d’une vitalité telle que la mort devant lui reculerait jusqu’en enfer.
Est-ce à dire que la mort chez moi se confond avec le suicide ; qu'ainsi je ne peux craindre l'état - la mort - qui ne saurait résulter que de mon choix - le suicide. Dussé-je regretter le choix je serais déjà péri donc inconscient donc incapable de rétrospectives.

Considérant la vie comme, en quelque sorte, inexpugnable ; la mort - ma mort - me parait une fadaise. Sa réalisation en d’autres que moi, la finitude constatée en 2007 d’Hassein mon cousin (cancer du pancréas, 37 ans) n’est qu’une actualisation douteuse et, surtout, hétérogène à ma vie et donc ma mort. Le mot de mort s’il devait se lier à moi ne pourrait être le même mot qui se lie aux autres. 
Ecrivant ce sont des vers de Rilke qui me viennent il dit à propos de la mort qu’il faut - en quelque sorte - opposer à cette mort qui vient en des âmes vertes la vraie mort (livre de la pauvreté et de la mort) et qui chez lui est une chose mystique et qui chez moi est le suicide ; par quoi nous nous rejoignons par des paroles pourtant irréconciliables. 
La mort n’exerce sur moi plus aucune fascination, certaines me paraissent plus sages que d’autres, du moins plus...adaptées ? Des morts que Rilke n'aurait pas renié. Si je devais de moi-même me dessaisir de vivre ce serait dans les vagues, noyé (Virginia Woolf noyée les poches alourdies de pierres). Tandis que m’indiffère finir je ne peux m’empêcher cette coquetterie finale : périr dans des vagues d’Atlantique. Luttant de toute ma vie jusqu’au dernier souffle ; comme s’il s’agissait d’avoir vécu tout à fait. Cette mort qui parût à tous la plus pénible ; chacun a expérimenté le manque d'oxygène et ne peut se représenter lui même en souffrir jusqu'à défaillir en entier.



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A un âge ou le suicide et la mort sont d’invraisemblances ; où les personnages de romans ou de dessins-animés seulement en sont les sujets ; à cet âge - précisément je ne me souviens pas, 8 ans ? Margot se suicida. Sans y parvenir. A 8 ans, je crois, elle se jeta d’une fenêtre sans ; mourir elle se suicidait. Pourquoi ? Sa mère est pareille à celle fantasque et fantastique ; aimante et folle furieuse ; poursuivant une machette à la main l'amant qui blessa sa fille ; droguée mais sevrée ; prostituée mais jadis. Si semblable à ces mères atroces que leurs deux visages maternels pour moi se confondent en un seul.

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Lorsque Amel, ma petite soeur de 12 ans ma cadette en avait 4 je jouai le mort près d’elle. Immobile. Jeu stupide d’adolescent. Elle y crut, s’en inquiéta, la peur l’envahit. Ainsi elle savait ce que c’était la mort et mourir ? Soudain, voyant à ma lèvre ou à ma main trembler un geste ; elle soupire soulagée cependant toujours inquiète. Elle s’exclama « mais non, t’es pas mort, t’es pas mort » et répétant les mots conjurait la mort possible. Peut-être suis-je protégé à jamais de la mort par ces quelques mots d’enfant ; et qu’avais-je fait moi ? Lui avais-je donné à voir - c’est à dire mis en conscience - ce qu’était la mort ? Cette mort alors qui fut une fiction la convainquit peut-être de l'impossibilité de mourir ? Et dans sa tête a rédigé elle aussi un texte à la semblance de celui-ci

 

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06 juillet 2018

Le coléoptère qui voulait se faire aussi doux qu'un faon.

Ce n’est pas un faon, maladroit animal des bois ; mais un coléoptère des mêmes régions. Animal trompeur, sans colonne vertébrale dont l’être n’est qu’imitation et parjure.
Insecte dissimulé, n’avouant jamais sa nature ; voleur prenant la couleur végétale des plantes qu’il colonise. Menteur et sans réalité propre ; dans le bois se déguise en guêpe. Toujours autre trichant sur ce qu’il est ; toutes les couleurs dont il se pare n’y changent rien ; séduisant, par cette multitude chromatique, les animaux des bois. Nullité ontologique libérant sur son passage les toxines des herbes malades qu’il mâcha (2017-2018) ; suffoque qui le prit pour un faon ; qui se laissa duper par ce chant étrange du matin que le coléoptère sans témoin pousse.

Le faon, maladroit animal des bois, biche masculine, étranger au coléoptère des mêmes régions.

Le faon, maladroit animal des bois, d’un coup d’éventail sera brisé.

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02 juillet 2018

Le voyage d'Italie - Palerme

C’est toujours l’Italie : Rome, Turin ou Palerme tout débute par quoi finit.
Les proses, les vies les amours tous en des bouges latins.

C’est l’Italie
Sous la neige, sous la ruine, sous la cendre. Turin, Rome et Palerme. 
mais non le glouglou amer de Venise qui n’est d’Italie mais de partout ; comme tu disais et Ruskin après toi.


La vie reprend C’est l’Océan dévorant la Manche. C’est Frescati couverte de suie ; c’est un éclat de rire de Palermo.
La vie reprend ;
 

C’est toujours l’Italie où l’amour se défère où l’amour se déferre.
Il y a le Colisée ce labeur d’hommes ; il y a ce labeur inhumain d’Etna et de Vésuve. 

Dans Rome antique l’homme vainquait l’homme et le lion le chrétien ; dans Rome Antique la colline engloutissait Pompéï.

C’est toujours l’Italie ?
C’en est fini d’apprendre le bridge et de jouer à la belote, c’en est fini des chemins de fer et les longues traversées marines elles aussi finies. C’en est fini des amours écarquillées par un mal de mer ou une chute au wagon-bar. 
C’est un peu moins l’Italie cet avion à la signalétique rigide. Un peu moins l’Italie la voix polyglotte qui parle au micro. Un peu moins  l’Italie ces visages qui ne sont pas vos visages.

 

C’est l’Italie ! L’odeur de chaud, les olives, le vin de Sicile ; pour commencer un verre et toute la bouteille de Nero d’Avola même ! C’est l’Italie le taxi où le chauffeur arrange son rétroviseur pour vous voir baiser.

C’est la fête, l’amour sur les brasiers des rues, sur le sable aïe si tu as enlevé tes sandales, la mer toute salée, le sable encore aïe si la serviette glisse ; l’amour dans la chaleur de la chambre, dans le tremblement glacé du climatiseur réglé sur trop froid.

L’odeur d’olive et de sexe qu’on laisse dans la chambre, la robe portée sans sous-vêtements, d’autres gestes de plus neufs et de très antiques. Et les tomates et le vin encore et l’amour encore tout l’amour hé ! d’autres lieux, d’autres mémoires ! La langue descend le long du corps immobile ! l’amour ! Amore ! Cette voix de toutes les langues ! Les lanières et les marques discrètes sur les corps ; et les traces moins secrètes au revers des cuisses. Les soirées alanguies quand toute l'imagination y est passé et qu'il faut attendre demain...

Et ce coin corné de soi-même qu’on défroisse
et son étendue t’étonne toi-même ainsi c’était ça
Le coeur et pas ce rabougri qui était tout son avoir
à ce demeuré de Paris

C’est l’Italie brûlante des peaux conjointes
Le sable plein les cheveux, alors
l’amour infini te montera dans l’âme
et vous irez loin ! bien loin comme des bohémiens par la nature
heureux comme avec une femme !
Italie, Italie hurlait Aragon


C’est toujours l’Italie et sous la cendre d'Etna un peu de Rome à peine de Venise et tout Frescati engloutie il n'en restera pas même les statues de Pompeï.


Et ici, encore, même ici oui, quand de retour. Ce sera toujours l’Italie, l’Italie pour toute la vie. Métaphore ou double astral du bonheur. L’Italie au secours des crises demain. L’Italie ce jour d’un baiser sans la langue pour jouer les prudes devant l’italien aux yeux vagues. Et cette vie comme une marée qui prend et ne rend pas. Cette vie comme une marée qui secoue et fait vivre. Dans les eaux salées la dernière goutte de passé se dessèche et meurt.. Ainsi il reste la vie, enfin. 


Moi ?
Je lis un livre ridicule « les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même ». Il s’y raconte la blessure d’abandon prenant, pour se voiler la face, le masque de la dépendance. Dépendance ainsi traduite : les mots employés « absent ; seul ; je ne supporte pas » la définition «  Fusionnel, besoin de présence. Voix d’enfant. Pleure facilement. Un jour joyeux un jour reste. S’accroche physiquement aux autres. Psychique. Vedette. Aime le sexe. Plus grande peur la solitude. »

Moi, donc, je lis cette imbécilité d’un freudisme trépané - :). Aujourd’hui, comme très régulièrement j’ai envie de mourir. La mort, le suicide disons les choses clairement, ne m’effraie ni ne me fascine. Le suicide, bien sûr, exerça sur moi comme sur tous les poètes de ma trempe une attirance quasi-sexuelle. Voilà dans quoi le génie se réalise tout à fait, sa fin ultime, son oeuvre la plus grande.
Ah, on se consume brûlant mieux que dix soleils révolus dans cette mort. Conçu comme un sacrifice, quasi. Finito, baste. Sacrifice à quoi ? Au sacrifice lui-même.
Le suicide me dérange un peu en tant qu’il ressemble à un travail ; disons une opération de chirurgie très banale. Une appendicite d’où on retranche l’être plutôt que l’extrêmité infectée.

Cette fatigue d’un protocole afin d’assurer la réussite maximale de l’opération. le plus dur dans le suicide ce n’est ni la résolution ni la réalisation mais les préparatifs.

Donc, le suicide m’habite. Sans obsession, sans urgence mais nécessaire et inévitable. Si je devais m’en choisir un ce serait celui de Woolf. 

Celui de Woolf me va très bien. En costume trois pièces les poches alourdies de liqueur marchant dans n’importe quel eau jusqu’à ne plus y faire glouglou.
Je me sens carcasse. Privé pas d’un membre mais d’un fluide. Très asséché et la vie faillit prendre le dessus or j’ai refusé catégoriquement de sortir de ma survie pour tenter la vie.
Ainsi j’ai choisi ce lieu de mort définitive puisque je ne me vois pas d’autres sorts, à court terme, que la pompe funèbre. 

 


La Normandie s’était changée Bretagne. Rome et Venise devenant cette fois-ci Palerme la toute brûlée. 
C’est toujours l’Italie. 
 L’Italie survolée et de la lumière aveuglante sur les vitraux des Eglises et pour commencer de l’avion. 

 

 

 

 

 

 

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