25 juillet 2018

Adieu

thank you for saving me of myself.

Une conversation de deux heures avec Céline s'achève à peine. Lorsqu'elle lança, sans me prévenir, Type O Negative mon coeur se décrocha. Ce rapport que j'entretiens avec ma mémoire entraine souvent, chez moi des réactions violentes ; proches, dans l'expression, de l'arrêt cardique. Et si plutôt que Proust j'eus vécu l'épisode de la madeleine ; jamais celui-ci n'eut été relaté, mort qu'elle m'aurait rendu, cette madeleine.
La conversation avec Céline ne put prendre qu'un tour machinal. A ma surface remontaient les souvenirs qui décrochent le coeur. Les collants de plus en plus filés de Silène quand elle danse, le salon du bd des batignolles ; elle que je regarde mais par l'intermédiaire du miroir pour voir cet être comme au théâtre ; l'alcool trop bu et cette table basse qu'un jour je soulevai d'un coup de pied rageur ; la dernière cigarette qui n'en finissait pas de brûler ; la cire de la cheminée. Et Céline parlait de Françoise Héritier et je voyais dans le miroir une autre que moi.

De Céline à Silène quelle (di)semblance. 


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Les choses de ma vie plutôt que d'être inscrites dans un journal intime ont toujours figuré sur ces pages. On y trouve, naviguant par années, les différentes joies, doutes, amours, déceptions. 
Les événements récents n'échapperont pas à cette règle. Il ne faut y voir indignité ni cri d'au secours. 

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Aujourd'hui, j'ai senti à la voix de Silène, que tout ce qui demeurait, là, fragile, s'était dispersé. Dispersé pour elle et non pour moi ; moi qui suis ici le sujet à la troisième personne. Vie présente mais vie ressentie après tous les autres ; vie parvenue à moi après être passée par tous. Vie atténuée. 


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L'adieu parfois te surprend. Tu essaies de te rémémorer le moment de la conversation où elle a dit adieu ; tu le sais et pourtant tu ne l'as pas entendu. De ça tu es certain. Le mot ne fit pas vibrer l'air.  Pourtant tu le sais, l'adieu a retenti mais ce n'était pas en verbe. La voix elle même, sans le mot d'adieu, prononça l'adieu.
La voix de Silène aujourd'hui (18:08 ; 4 minutes) eut cette attitude et sûrement d'entre nous deux fus-je le seul à reconnaitre dans cette voix l'adieu.
La voix de Silène, ce jour là, dit adieu ; ce jour là la voix de Silène, dans la situation ordinaire ni commode qui fut la sienne (commissariat de clichy), sonna les vêpres.

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Mon obsession pour le suicide m'inquiète quelque peu. Me familiarisant avec l'idée je crains de lui rendre visite comme un salut à un bon ami - ami de 20 ans. La Loire et ses tourbillons, la façon dont le fleuve tape contre les berges et tournoie autour des pierres et du bois, la Loire qui passe comme une fuyarde tantôt et tantôt comme une louve. La Loire beige, sale, rapide. La Loire. Et il faut beaucoup de courage pour résister à l'appel lyrique ; pour faire demeurer la Loire un simple cours d'eau de 1012 kilimètres ; non lui offrir les attributs des femmes mortelles ; non se la choisir comme bourreau aux lames polymorphes. Quel courage que de résister à ce grand cri lyrique qui fut le mien douze ans (2005-2017) et même ce courage de ne pas dire comme un bûcher la Loire. 
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Silène m'ayant de Flaubert à Roussel souvenu le charme des hôtels de luxe me voilà m'y rendant. Ce sera Amboise mais, changeant comme je suis changerai-je ? évitant assurément l'hôtel de l'abbaye dont je ne veux rien savoir. Des hôtels et des vins de Silène je ne veux plus rien connaitre

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Et que ça crève la peste que tout danse et que tout change et rien ne sera plus jamais à sa place et je redeviens l'enfant d'avant pas sage se cassant le poignet en jouant au tarzan dans les arbres de la ciété de l'europe. non je n'accepte pas ce cri d'adieu qui n'était pas cri qui n'était rien que conversation non ce souflle là je ne m'y résoudrai pas il y a encore du sauvage en moi encore il y a en moi une vie inégalée une vie qui démange et cette démangeaison c'est la vie par tous perdu la vie que Silène connaît et qu'un jour, la retrouvant tout à fait, j'exposerai et ce sera peut être la vie une mutilation ce sera peut être moi en travers d'une voix ferrée (mais non laisse ça au passé à Attila Joszef) ce sera la confiance retrouvée toi, je, tu vas vivre et cette vie éclatante tu la retrouveras elle sonnera comme les mots d'ici quand tu démolis tout et tu vas te battre tu vas te battre mais pas pour rien pas ces bagarres des rues ridicules tu vas te battre pour autre chose pour la vie pas la vie sérieuse pas le travail pas la tête basse ça tu le vomiras pour toujours et j'emmerde qui me diras que c'est de l'adolescence j'ai vécu jusqu'à aujourd'hui sans jamais rien compromettre de moi et si je trainai dans les bureaux des banques je m'en échappai aussitôt que je sus que j'y créverai non alors je me rétablis dans la vie et ma vie n'était pas sage ma vie c'était les AR depuis Bruxelles la petite délinquance ma vie c'est ce grognement aussi et moi jamais tendre pour de vrai moi aussi mon tempérament est de feu mais j'ai crevé un jour et plus jamais le bois des os ne sut prendre ce feu de retour c'est la résolution total et je suis vivant et ça tremble fort et ce tremblement incendie jamais plus on ne me verra la bouche crispée paniquant devant les choses parce que je n'ai plus peur de la vie un petit détour encore ce point de côté qui me reste de ma fuite d'avant et quand il part il part j'en tiens le carnet j'en sens la diminution pas pressé pas pressé à quoi bon l'urgence quand l'adieu de toutes façons a fait son bruit.

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Un événement duquel j'étais le plus total des étrangers survint ; absent c'est un autre que moi qui recueillit l'événement ; et l'événement ainsi recueilli, comme un ex voto, me chassa. Et cet objet de prière, l'événement, cet ex voto, l'événement, changea tout. Le monde s'inversa mais c'était pour retrouver sa position naturelle. La pièce se retourna : le ciel était a sa place et la mer pareille. Il s'agissait, en réalité, du dernier rétablissement de Silène dans la vie : et, désormais dans cette existence tout (enfin) était à sa place. La dernière intrusion la voix la souffla ; et voilà que Silène retrouve son soleil d'enfance, heureuse, argentée, aimée, aimante.

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Tu ne me verras plus jamais nu.
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Je n'oublie pas de Silène l'enfance dont je reproduisis certains motifs. Il est probable que Silène continuera toute sa vie à ne pas supporter de s'emmerder. Et qui l'ennuiera trop longtemps le paiera plus cher qu'il ne pourra jamais économiser. Alors ce n'est pas pour toujours que cet adieu tintera - tintera ? cet adieu qui bourdonne encore à mes oreilles.
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Mais à cet ordre des choses je ne suis pas résolu. Et ce n'est pas d'une audace lyrique que je me pare. Non pas de la Loire enfumée ni des mots lance-pierres. C'est à ma vie que je suis résolu. S'il faut troubler cet ordre public alors cet ordre public sera troublé.

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Je ne te verrai plus jamais nue.

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Au sortir du commissariat après que la confrontation pénible ou non s'acheva quelque chose fut laissé ; non seulement les empreintes et l'ADN et le visage photographié quelque chose d'autre se détacha quelque chose comme toute la douleur qui est aussi tout le passé.
Et c'est ainsi, débarassée de la douleur, que la voix se fit attitude d'adieu ; la voix qui débarassée de la douleur délaissa, aussi, cette souffrance qui d'avec la précédente n'avait rien à voir  ; pourtant la voix prenant l'une pour l'autre se décida à laisser les deux.
Et c'est à 18h08 (4 minutes) que cette voix changée me surprit sans que la surprise je ne laissai transparaître. Voix inconnue à moitié et reconnue sinon parce que le nom s'était préalablement affiché sur l'écran du téléphone. Surprise que je ne laissai transparaître quand la voix inconnue se révéla la voix connue.
Voix qui, sans mots, me renvoyait à l'étrangeté, au dehors et à l'exil. Ainsi, donc, dans ce commissariat où furent ressassés les tracas d'avant ; ainsi donc, au commissariat de Clichy se débarassant de la vieille fatigue de l'été 2017, moi aussi je tombai.
Tous les efforts psychanalitiques toutes les incantations n'auraient pu parvenir à ce résultat et ni non plus les mots d'amour et leur grande banalité. Il s'était suffi d'un commissariat pour que tout périsse ; et quoi de plus logique à la fin, la vie, et je suis la vie, aussi, quoi de plus logique que la vie se pende là-bas.
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Cette chute, bien entendu, je ne l'accepte pas. Toutefois : déchoir dans cet ordre des choses me convient  et m'indiffère ; le monde réversible à nouveau sera renversé et, ma vie semant la zizanie renversera le monde ma vie semant la zizanie mais la zizanie semée pour le bonheur vraie et non le goût du chaos ; oui déchu mais dans le monde réversible l'abîme n'est pas l'abîme.
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L'histoire de smoothie et de MDMA m'a fait plus de peine que je ne croyais. Pas de colère. De la déception. Je me demande à quoi ressemblerais ma voix si je devais en parler.

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Depuis toujours je tiens en la plus ferme haine le langage désincarné. J'appelle langage désincarné celui topique ; privé du poids, du soi. Langage inhabité, froid, comme une chambre abandonnée. Lorsque, dans les moments de très grande douleur, ce sont ces mots là, ces clichés sans âme qu'on emploie je vibre de rage. Ces mots sont d'amour ou de réconfort les pires et s'ils soulagent parfois les grandes tristesses leur soin n'est que d'illusion ; leur charme se disperse vite ; et sans un geste qui les soutient leur vertu s'évapore ; quelle pitié de devoir ajouter au geste le mot. Quelle pitié. Et chacun gestes et mots, à cause de ceci, gestes et mots, chacun sont dépouille affreusement mutilée.

Je suis toujours déçu, je crois, lorsque ces mots sauvent. Déçu, non à cause d'une attitude bêtement poétique, déçu à cause de ce que ce traduit la quantité de désespoir du destinataire et de le voir guéri par un charlatan me tord l'estomac. 
Comment n'ont-ils pas honte d'employer ces mots faits pour tout le monde, usés jusqu'au sang, et que les disant, on les reconnait si peu, transparents, rapés à force que d'être passés et repassé par tout et par tous. Mots usés jusqu'au sang ? Quelle blague, mots nés exsangues. Je les hais et leur locuteur encore pire.


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La voix ignorait le message qu'elle portait. Il arrive fréquemment que notre résolution précéde notre décision ; que nous avons déjà choisi sans l'avoir à soi-même formulé. Durant les méditations diurnes ou durant le sommeil. Le rêve nous confesse et au réveil nous voilà soulagé ; on sait. Cette voix articulera bientôt l'adieu en mots clairs et rutilants. 
A cet instant là, où le mot sera éclairci, je ne serai pas là, longeant la Loire qui est aussi la mort ; le luxe qui est aussi la vie ; dans ces zones là, de mort et de vie, je reprendrai, avec angoisse, les gestes que j'ai quittés et ces cinq jours sont pour celà nécessaires. Réapprendre au bar-hôtel ce que je retenais tant que l'adieu se retenait.

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Silène ne se rend pas compte de ses exigences parfois et exige beaucoup de ma force parmi mon épuisement. Sûrement ceci, aussi, contribua à l'adieu que de ne me voir que morcelé dans cette urgence, perdant forcément à la comparaison, n'ayant le temps de n'offrir qu'une épaule - une maison.
 
Jérome soutient parfois des bêtises (je suis très en colère à ce sujet). Ce qui fait demeurer - non hanter, j'y tiens - l'amant d'antan ce n'est pas le goût de la perte, la recherche de l'abîme, ce risque qui ne coûte presque plus rien puisque, Jérome, en toutes les circonstances tempérera les feux trop virils. Ce qui l'a rappelé, l'amant d'antan, c'est ce coup retentissant un soir de Palerme et la nuit d'angoisse qui s'en suivit. Et ce coup sur la joue et la chute de ce corps sont les bruits qui m'ont rappelé moi. Le réceptionniste italien qui parlait français et me désigna la chambre 327 et je raccrochai avant de rappeler. Cette sonnerie de téléphone c'est quoi me maintient éveillé et présent, aujourd'hui, discret cependant vivant.
Ces neuf minutes passées au téléphone qui s'épanchèrent heures dans ma nuit quand l'alcool vous vous faisez dormir. Et les vers d'Aragon remontaient : 
Toute une nuit j’ai cru tant son front était blême
Tant le linge semblait son visage et ses bras
Toute une nuit j’ai cru que je mourais moi-même
Et que j’étais sa main qui remontait le drap
Cette nuit aucun de vous ne me la rendra et de l'avoir payée si chère, cette nuit, là voilà qui me rameuta ici. Au sifflet parfois la bête de somme, aussi, répond. Mais aujourd'hui la voix me dit adieu à sa prière ou son commandement je cède mais d'apparrence. 


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Je me marre pour finir devant tous ces mots éparpillés cette fragmentation du langage de tout disperser pour revenir plus tard et rassembler les monceaux de soi et c'est moi ainsi réaménagé de désordre, c'est moi, je, ce je que je tais et retiens et ma colère sourde digérée noyée dans cette loire qui moi ne me noiera pas et peut-être je cracherai dedans et plus bas, à Chambord, ce remontera comme une rage. Je suis vivant et désormais je n'abandonne plus, rien. Lorsque j'avais dix sept ans je voulais tout, je disais je veux tout et je ne céderai rien. Lorsque j'en eu 25, que je bossais alors et j'en gagnais du fric quoi qu'on racontât, que je regardais ma chambre mon macbook pro à 2000 balles, les SMS des filles à moi toutes acquises, mes vêtements de toutes les couleurs, lorsque je vis tous ces biens matériels je me suis dit alors : j'ai tout. Et ce tout ce n'était que le premier tout celui qui comme tout mode de connaissance nous fait nous apercevoir, après coup, que ce n'était rien. Et désormais c'est le tout que je veux, le vrai tout. Et vous verrez quand mon oeil encore sait étinceler.

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Je me sens bien. M'absenter du monde me rendra à l avie.

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19 juillet 2018

JECRIS SANS REGARDER SILENE

(j'écris sans regarder l'écran et à toute vitesse pur flux de conscience)

 

Ton plus grande succès c'est l'amour ta grande grâce c'est de ne digérer rien comme tout le monde et tes rots empèsent le ciel d'un air de débat.
Pourquoi as tu sacrifié ta vie. Quel intérêt ce fut que de te mettre dans ces abîmes amers là. Ni ceux d'avat ni ceux d'après. Et quoi ? Pourquoi n'en sortirpas il eut fallu il eut suffi d'un geste, d'un premier geste au cours de l'été, n'importe lequel des étés mais l'un de ceuxq ui ont passé. Un mot et tout aurait pu finir ou, même, tout aurait alors commencé et quoi les portes de l'élysée s'ouvrir et quoi encore trouver des fleurs mauves rencontrer dans les bains publics un autre siècle et l'ombre tenace de ta poésie lyrique. Que s'en est il fallu que je ne périsse pas et désormais la mort me revient comme une sale maladie vénerienne qui te passe et te rappelle ton vice d'avant. Cette putain d'acnée de la bite et e la lèvre cette chienlit d'herpès mais aç te couvrer l'âme. 
Tu écris sans regarder à cette heure ci tu as passé une nuit belle et un matin triste. Il était sur les ops de midi et les volets 'ouvraient la cigarette emplissait la chambre et c'était une odeur d'amour ce mélange de poussière et de tabac (chaud puis froid). Les rideaux renonçaient à filtrer la lumière blonde et tout s'envahissait, la thei¨ère où le thé infusait la nudité s'achevant dans une robe - quels motifs ? et mes chaussettes jaunes et cette putain de douleur depuis qui ne me lâche pas chien de garde de ma douleur.
Putain, putain, putain et je n'ai plus la force désormais encore je suis fendu par le centre et toute la force coule dans mon cri de châtré de lpache et toute ma force encore m'échappe et alors ce sera l'extinction, alors la lumière dedans baillera une dernière fois, alors quoi. Quoi. Le thé très noir on aurait cru du café et je réclamais du café et le café ce n'était plus possible parce qu'il fait au coeur et à l'humeur des drames pires que les amours mortes.
JAI MAL JAI MAL JAI MAL 
Et je :mets ceci ici non pour appel au secours et non pas (ou si mais pas seulement) être vu être lu et qu'on sache ce tambour infini qui me déchire l'entraille, ces boulets, ce roulis de feu qui me périt du dedans. JAI MAL PUTAIN. Pourquoi l'incapacité et c'était si grave que d'être un jour d'un pied lassé repoussé dans les coins, c'était si grave de ne pas croire non en l'autre mais en soi au point que de craindre d'être effacé, d'être soi-même comme un appartement qu'on abandonne. Pourquoi cette terreur là à ce point ? Tu avais vingt ans Jonathan et tu dormais dans le hall d'escalier de Marion, tu avais une tête de fou et la voisine du 5e te craignais comme un vagabond d'un autre siècle. Tes cheveux étaient hirsutes et tu attendais d'entrer chez Marion que Jessie sa mère et sojn beau père aillent travailler. Et la voisine une arabe te craignais tu avais les cheveux fous et un gros manteau de laine comme souvent trouvent les clocahrds pour se garder du froid. J'ai mal pourquoi ai je perdu cette force qui me menait au Capitole attendant des heures Marion qui ne venait pas. Pourquoi je rodais et tremblais dans ma chambre d'hôtel c'était quoi la place Washington je crois où il y avait les cinémas et je mre prenais en photo comme un fou. La premi§re chambre à côté de la gare. Pourquoi ai je perdu cette force là. Les brûlures de cigarettes que tu te mettais sur le ventre et le poignet pour montrer que tu aimais au delà de la douleu rphysique. 
Pourquoi cette fois là non ? Pourquoi cette peur là ? Moi, mOI MOI MOI difforme de l'action.
JNamais jamais je ne me le pardonnerai et moins encore depuis lundi que toute ma force m'a quitté 

plus jamais je ne serai vivant là je reprends la phrase à toute allure qui ne se laisse pas faire mustang de la page blanche qu'on ne dresse pas. Moi, moi , moi ,moi et je faillis et je faillis je défaillis et je faillis aussi le FAIRE. A quoi ç as'est joué? Cette semaine maudite où tu bossais comme un fou et Marcadet empoisonnait l'air ou bien la langue de B sur ta chatte humide. Non, non, non tout ça on surmontait et c'était ma peur d'être relégué, de devenir un personnage secondaire de ma prpore existence, de depérenrre d'une autre vie que de la mienne, d'être là, l^âché un jour dans un janvier glacial avec pour soi rien que sa honte sa détresse et samaladie mentale. Avec rien d'autre que ce pauvre rien. Pourquoi ? Pourquoi ? Etait ce si ompossible de dire d'accord. Il aurait fallu partir je crois que si l'on avait dit "partons, là bas, je crois qu'alors j'aurais pu" mais je ne savais pas. Et ce n'est pas normal de fuir plutôt que de dire ça suffit. AHHGHGH
Je pleure je chiale ne me divise je e décire je veux que cette peine là s'arrête et la phrase m'mporte et me tue et le clavier enourrit mes doigts et ce ne sera plus jamais la même chose. Ca t'a pris, l'amour, d'une autre forme, plus régulière avec sa démence aussi cette perfection qui dans les bouquins de Ballard fait des gamins assassiner leurs parents, les massacrer les pendre par les couilles. Bordel.
BORDEL ma voix intérieure je l'ai perdue et je la retrouve ici quand je tape comme un fou savez vous que tapant comme !a je murmure ce que je dis je précède dans un souffle ke puxel comme si moi je dictais à mes doigts et suqe nous étions séparés. JAI MAL.

POURQUOI POURQUOI
Il eut suffit fallu d'un rien de demande rà Mryriam le courage qui la fit vivre ) Athènes putain.

Qu'est ce qui t'as pris merde ? De retour de Nantes, qu'est ce qui t'as pris de retour de Nantes. Marc par la fenêtre me voyait descendre et il a dit "il arrive" et dans ce "il arrive" c'était en plein hiver un drôle de soleil. Et j'ai mal de m'en souvenir, j'ai mal à en crever, à en pleurer, et de retour à Nantes il faudra la noyade parce que ce n'est pas possible. La sottise se noyer dans les flots tendres des océans ou des mers, la sottise tandis que la mort se fait dans les grands fleuves qui tonitruent et tuent mieux qu'à leur tour. Mais les fleuves sont couverts d'hommes et de sauvateurs. Pourquoi j'ai fait ça ? Pourquoi je me suis pas jeté dans le vide, n'importe lequel de ces vides là celui du haut des ponts ou celui plus difficile du risque. 
Lerde tu as eu vingt ans tu as adoré avoir vingt ans avec ton méris et ta morgue tes réussites sans faire exprès Grasset qui t'écrit et toi qui te fais comme ça un peu d'argent de poche pour un livre que jamais tu n'auras fini et Y.B t'en veux pour toujours à cause de ça. 
Et Nantes, c'était hier Nantes puis ce fut, mais sans moi, alors, toutes les villes d'ailleurs et j'ai mal.
Et marc qui disait il arrive et qui disait "je me sens violé de voir Jonathan avec des grosses chaussures" il y avait du verglas et je craignais de tomber en glissant en montant la toute petite volée de marche. Le sol était gelé et cherchant de l'alcool et de l'eau pétillante (san P) alors elle a glissé et je crois que mon coeur s'est brisé dans cette chute à elle.

On croirait, des lecteurs me l'ont déj dit que ce que je fais c'est conscient que je mre relis et me corrige ajoutant au hasard de la sésure et de la syntaxe des fautes de frappe. Et j'ai écrit mes po!èes minutes pour montrer que c'était faux. Que j'écris à toute allure et sans regarder l'écran et que les mots giclent comme pour un amour trop vif la première nuit quand ç afaisait longtemps qu'on avait pas aimé.

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09 juillet 2018

CMP

L’hôpital de jour du centre médico psychologique (18-20 Rue de la Tour d'Auvergne, 75009 Paris) accueille, chaque jour, ses patients. Parmi ceux-là : Martin. Martin ne paraît pas, aux premiers abords, privé de raison. Il converse, sans anxiété manifeste avec chacun, donne son avis, écoute celui des autres. Rit de ce rire social et faux des gens de raison. Martin apparait, à mes yeux inexpérimentés, comme un être socialisé, parfaitement intégré, capable d’interactions normales et banales ; ainsi sa présence m'étonne et doit avoir des raisons.
Martin porte toujours un polo lacoste - de combien il en dispose je l’ignore - et, sur lui en permanence, un parapluie. Un de ces petits parapluies noir gardés dans un étui de toile et qui se déplient plus largement qu’on ne l’aurait cru. Dans ce siècle d’été jamais je ne l’ai vu s’en servir. Dans ces recoins de chaleur des orages surviennent, c’est vrai ; rarement cependant. Prévisibles, aussi. Annoncés par les baromètres-smartphone. Indifférent à ces modes prévisionnels ; Martin garde son parapluie.
Ce comportement, dans tout autre contexte, paraîtrait une précaution amusante et toutefois de bon aloi ; une fantaisie d’un aloi le même.
Or l’excentricité, la différence, l’étonnement ; bref tout ce qui échappe à une hyper-rationalité, devient ici une anomalie. Le parapluie de Martin dans ces mois de juin-juillet est anormal. En toute logique le parapluie est utilitaire son usage, parer la pluie, épuise son sens ; il se réalise totalement dans son utilisation, sans résidus. Il n’y a rien à en tirer d’autre. (Sauf pour quelques freudiens voyant en tout objet plus ou moins phallique le signe d’un Oedipe mal résolu et d’une analyse longue et difficile et coûteuse).
Martin garde ce parapluie en plein soleil - non déplié ; non « en usage » ; vigilant cependant . En plein soleil pour qui fréquente - en patient - l’hôpital de jour ce fait signe vers la folie, ce indique - au sens d’indice criminel -  la folie, la rend possible, en laisse deviner le commencement. Ce parapluie devient symbole, mystère à élucider - psychiatriquement. Son sens, parce que c’est Martin qui le porte en plein soleil, excède désormais largement sa fonction. Quelque chose, du trop loin, de l’étrange, de l’ailleurs, encombre cet objet. Chargé de discours, lourd maintenant le parapluie que Martin, au bout de sa main, agite. 

La présence des individus ici présuppose toujours la démence. A chaque acte est opposée une rationalité modèle qui n’est, pourtant, le sort de personne. Névroses, psychoses, angoisses et tout le lexique des souffrances morales, touchent chacun. Partout. Ici, ceci devient TOC, bipolarité, border-line. Tout est qualifié donc jugé donc traité donc effacé contenu. Le parapluie de Martin est un artefact de la folie ; par lui Martin est fou.
Le ton général narratif et neutre que je prends est fallacieux ; prétendant synthétiser ici le discours clinique. Je suis celui qui regarde et soupèse ce parapluie, je suis celui qui confronte Martin, portant son parapluie en pleine chaleur, à une normalité sociale : le parapluie ne se sort que sous certaines conditions. Sorti en dehors de ces conditions - ciel nuageux, gris, pluie, orage, indications météorologiques - saille une étrangeté. Cette étrangeté est de la folie de la quasi folie dès lors qu’elle concerne un individu appréhendé par une catégorie psychiatrique. Bref un abrégé de ces topographies de la déraison : DSM et CIM. 

C’est moi qui démembre Martin, moi qui isole de lui des parties qui doivent être caractéristiques de la folie - sinon pourquoi sa présence ici avec son air de tout à fait normal ? 
Au déjeuner que nous prenons en commun j’observe parfois Martin qui garde son parapluie sur les genoux. Sa main tremble régulièrement d’un spasme intraitable que son visage ne laisse paraître. Si à ces instants ses mains demeuraient dissimulées personne ne pourrait lire sur son visage impassible ou souriant (ou d’un impassible sourire) ce qui le traverse (et peut-être le traduit?). Il se nourrit peu - n’est pas maigre - choisit sans logique les aliments qu’il ingère. Jamais je ne sais s’il ne le fait à des fins de conformité sociale - donc de dissimulation - donc d’indices, encore, de sa folie ; mange si peu, son parapluie sur les genoux. 

De quoi le parapluie de Martin exposé au plein soleil est-il le fétiche ? Vers quel monde intérieur ce parapluie fait-il signe ? Ou quel ailleurs par l'objet médiatisé ?  Jamais je ne le saurai. Lui demandant obtiendrai-je une réponse ? Cette réponse et cette demande ont-elles un quelconque intérêt ? 


Désormais je pense à JH, toujours sociable souriant, dragueur plein de projets mis à l’ouvrage. Echouant, recommençant. A qui tout sourit et tout dépérit. On pourrait le croire, à observer sa contexture, comme un être sans angoisse - ce qui ne préjuge pas de son intériorité. Or à lui parler plus longtemps altéré - libéré ? - par l’alcool ou le cannabis c’est une fragilité comme les autres. Non, fragile en constance, mais révélant que ces choses là, ces actes grandiloquents ont pour lui, aussi, un coût. Plus capable que les autres de l’assumer mais penché, lui, aussi sous le poids de l’action ou de l’audace. Pour lui aussi c’est dur. Pas de quoi devenir patient de l’hôpital de jour.
Ses croyances montrent des au-secours (naïves, toujours, soulageantes et simples) anamorphoses de son audace.
Nous sommes tous des Martin conservant un parapluie en plein soleil haha.

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08 juillet 2018

Une histoire de suicide.

Léo a peur de la mort. Ce n’est pas une peur panique et omniprésente comme ce fut le cas de Yan lorsqu’il était devenu fou - ou était-il devenu fou à force de craindre la mort ? et passait sa journée à palper chaque partie mortelle de son corps - c’est à dire toutes. Léo a peur de la mort ; sa confiance en le Christ probablement tempère cet effroi cependant réel - il brille dans tous les yeux cet abîme.
 
Ces discussions me font toujours réfléchir à pourquoi je ne crains pas la mort. La mienne, bien entendu, celle de mes proches me paraît, par anticipation, atroce et insurmontable douleur. Moi que tout angoisse ; la (mienne) mort ne me fait pas peur (est-ce d'être une échéance certaine et surtout définitive ?)

A Tours, un matin, que s’engourdissait mon bras gauche et que ralentissait mon coeur je croyais mourir. J’attendais la mort dans la salle de bains de Camille, qui dormait dans sa chambre du premier étage. Le plus pénible était alors l’attente ; je m’étais étendu dans la salle de bains pour ne pas qu’un râle réveille la dormeuse. Le temps ne passait pas malgré mes efforts pour le faire passer - ordinateur, internet. Il était tard (6h du matin), j’étais fatigué et je mourrais. J’avais griffonné sur mon carnet les personnes à contacter pour qui allait me trouver trépassé. Voyant mon engourdissement atteindre ma jambe gauche et apprenant par le miracle d’Internet qu’existaient des crises cardiaques de cette sorte (« slow heart attack ») je me résolus à appeler le SAMU. Il ne s’agissait pas alors de « me sauver la vie » ; je ne craignais pas pour elle ; mais de me défaire de cet état intermédiaire. Que la vie ou la mort se décident. L'une ou l'autre indifférentes ; l’indécision seule me pèse (etais-je le lot d’une partie de cartes ?).
 
Cet épisode, mémorable parce que matériel et narrable, connut déjà dans ma mémoire et mon imagination des doubles qui se déroulèrent sensiblement pareil. La réalité ne m'étonna pas, la différence principale d'avec mes constructions mentales, était la présence d'une salle de bains. Pour l'tat intérieur kiff-kiff

De quoi on tire la conclusion d’évidence : la mort m’indiffère tandis qu’elle effraie, avec une intensité variable, la plupart des gens y compris mes amis.

Si je dois réfléchir à pourquoi :

Toujours j’ai considéré vivre comme très indifférent. Non que je n’y prenais mon parti ni mon plaisir. La vie ce pouvait être autant que ce pouvait ne pas être ; qu’il n’y ait rien au lieu de ce qu’il y ait quelque chose ; peu m’en chalait. Finir n’avait d'ailleurs aucune importance puisqu’alors, fini…je ne pourrai constater ma finitude, en désesperer encore moins. On me soupçonnera d’hypocrisie ou de manque d’imagination ; soupçons également injurieux et injustes.
Il m’est impossible d’anticiper cet état extrême, incompréhensible ; à mesure de Dieu pour un croyant ; infini et toujours...irréductible à la raison.
Alors peut-être suis je en vérité celui qui accorde à la vie la plus grande éminence ; une telle vitalité la vie, ma vie, qu’elle ne se conçoit qu’étante, actuelle, résolue. La vie qui ne saurait finir à cause du temps qui a passé, de l'usure des cellulesv,de l’accident automobile, de la maladie mortelle ou du chgarin d'amour.

Cette raison - cette inconscience de la mort - ne saurait être la seule explication à mon absence de crainte. Depuis très petit j’ai voisiné avec la-ma mort, y pensant régulièrement et sans tragique. Etat potentiel mais invraisemblable donc irréalisable. Je crois que c’est vers 7 ans que j’en pris toute conscience ; la possibilité du suicide m'entra ans la tête en même temps que d'autres réalités d'adulte (l'argent). Le suicide me poursuivit sans que jamais je ne m’y risquai (il m’arrivait à 12 ans de me saisir des couteaux de cuisine pour jouer avec moi-même au milieu de mes larmes à celui qui se tuait. Je n’en tirai même pas une égratignure et cela va sans dire aucune cicatrices). Seulement cette idée du suicide qui toujours a voisiné avec moi m’a rendu la mort ni inquiétante ni distrayante pour un sou (j’eus comme beaucoup de poètes de 20 ans une attirance d'ordre quasi-sexuel pour le suicide ; ce ne dura pas).
La crainte de la mort, absente, celle-ci devenait mon objet, mobilisable à ma guise ; il n’appartenait qu’à moi de convoquer ma mort lorsque trop las, trop blessé, trop quelque chose - non pas blessé, ne songeant pas à la mort, jamais, pour fuir un mal ; blessé un hurlement me déchire, un hurlement d’une vitalité telle que la mort devant lui reculerait jusqu’en enfer.
Est-ce à dire que la mort chez moi se confond avec le suicide ; qu'ainsi je ne peux craindre l'état - la mort - qui ne saurait résulter que de mon choix - le suicide. Dussé-je regretter le choix je serais déjà péri donc inconscient donc incapable de rétrospectives.

Considérant la vie comme, en quelque sorte, inexpugnable ; la mort - ma mort - me parait une fadaise. Sa réalisation en d’autres que moi, la finitude constatée en 2007 d’Hassein mon cousin (cancer du pancréas, 37 ans) n’est qu’une actualisation douteuse et, surtout, hétérogène à ma vie et donc ma mort. Le mot de mort s’il devait se lier à moi ne pourrait être le même mot qui se lie aux autres. 
Ecrivant ce sont des vers de Rilke qui me viennent il dit à propos de la mort qu’il faut - en quelque sorte - opposer à cette mort qui vient en des âmes vertes la vraie mort (livre de la pauvreté et de la mort) et qui chez lui est une chose mystique et qui chez moi est le suicide ; par quoi nous nous rejoignons par des paroles pourtant irréconciliables. 
La mort n’exerce sur moi plus aucune fascination, certaines me paraissent plus sages que d’autres, du moins plus...adaptées ? Des morts que Rilke n'aurait pas renié. Si je devais de moi-même me dessaisir de vivre ce serait dans les vagues, noyé (Virginia Woolf noyée les poches alourdies de pierres). Tandis que m’indiffère finir je ne peux m’empêcher cette coquetterie finale : périr dans des vagues d’Atlantique. Luttant de toute ma vie jusqu’au dernier souffle ; comme s’il s’agissait d’avoir vécu tout à fait. Cette mort qui parût à tous la plus pénible ; chacun a expérimenté le manque d'oxygène et ne peut se représenter lui même en souffrir jusqu'à défaillir en entier.



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A un âge ou le suicide et la mort sont d’invraisemblances ; où les personnages de romans ou de dessins-animés seulement en sont les sujets ; à cet âge - précisément je ne me souviens pas, 8 ans ? Margot se suicida. Sans y parvenir. A 8 ans, je crois, elle se jeta d’une fenêtre sans ; mourir elle se suicidait. Pourquoi ? Sa mère est pareille à celle de Silène fantasque et fantastique ; aimante et folle furieuse ; poursuivant une machette à la main l'amant qui blessa sa fille ; droguée mais sevrée ; prostituée mais jadis. Si semblable à la mère de Silène que ces deux visages maternels pour moi se confondent en un seul.

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Lorsque Amel, ma petite soeur de 12 ans ma cadette en avait 4 je jouai le mort près d’elle. Immobile. Jeu stupide d’adolescent. Elle y crut, s’en inquiéta, la peur l’envahit. Ainsi elle savait ce que c’était la mort et mourir ? Soudain, voyant à ma lèvre ou à ma main trembler un geste ; elle soupire soulagée cependant toujours inquiète. Elle s’exclama « mais non, t’es pas mort, t’es pas mort » et répétant les mots conjurait la mort possible. Peut-être suis-je protégé à jamais de la mort par ces quelques mots d’enfant ; et qu’avais-je fait moi ? Lui avais-je donné à voir - c’est à dire mis en conscience - ce qu’était la mort ? Cette mort alors qui fut une fiction la convainquit peut-être de l'impossibilité de mourir ? Et dans sa tête a rédigé elle aussi un texte à la semblance de celui-ci

 

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07 juillet 2018

Post-scriptum.

1. 

A Palerme, dans les grands hôtels, le « petit personnel » porte un sac Hermès. Avant de laver les vitres le voilà recouvrant son costume trois-pièces d’une tenue d’employé ; cachant le col blanc sous la blouse bleu - ou l’inverse.

Dans le grand hôtel de Palerme Wagner persifle et le fous meurent. Leur suicide est une forme, parmi d’autres, d’élucubrations. Ecrivains les voilà qui se tuent. Belle chute.
Dans le grand hôtel de Palerme où je ne suis pas, les laveurs de vitre portent des sacs Hermès et d’autres de superbes livrées. Dans le grand hôtel de Palerme où j’irai quand je serai grand.

 

A Palerme, si j’ai bien compris et malgré le mensonge de google, il fait un soleil de torture. Des tortures plaisantes, des tortures qui à Paris, derrière le velours bleu, se paient très chères.
A Palerme il y a du soleil et l’Etna. 

Aujourd’hui j’ai cherché la Sicile à Paris. Où elle se répand en liqueur et en cuisine « u cuoppo » m’a-t-on servi ; et la chaleur de l’Etna dans un Spritz apaisé de glaçons.
Mon verre carré dans quoi on avait servi de l’amarretto - ma madeleine - me faisait penser à l’hôtel des Normands (wikipedia) 

 

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 (photographie d'une absolue laideur- ce soir au dîner)

2. 

Il me semble que Silène a trouvé l’amour. B. lui disait, jadis, qu’après une folle passion viendrait l’amour vrai - ainsi que Spinoza parle de vérité vraie. Celui-ci est venu par un détour assez semblable, à la fin, que la passion : Internet. Certes au-delà de cette ressemblance formelle tout diverge ; la nature, les trafics, les sentiments, la douceur

A Silène on recommandait - faisait promettre - de ne pas brûler. Par impertinence, à cette heure-ci impropre à la brûlure (01:13) probablement brûle-t-elle. Ainsi il est des gens qui renversent tous les signes ; c’est sans faire exprès ; la révolte c’est eux.
Silène, malgré des accès de rage folle - déchaînement contre la passion d’avant -apparaît apaisée heureuse mais ne se sachant pas encore heureuse. Il demeure en elle comme une bille de plomb brûlant qu’elle prend pour de l’amour ; minuscule bouillie mais douloureuse, douloureuse à semblance d’amour.
Silène a trouvé l’amour par hasard, il porte la barbe et lorsqu’on le croise dans la rue on s’étonne en le fixant disant « Les hommes beaux à Paris ont tous la même tête ; tous la même chemise » (ce constat n’a aucune valeur critique - positive ou négative).


Silène selon son humeur néglige certaines…tâches ? Elle pratique l’anamnèse à sa guise et pour son plaisir. S’il devait se monter un tribunal dans sa mémoire on serait d’une seconde l’autre la victime ou le bourreau le juge ou le procureur ; se démontent et se remontent en un clin d’oeil toutes les institutions humaines. C’est son plaisir.

Beaucoup le lui reprochèrent d’en souffrir beaucoup. Or c’est elle qui a raison parce que c’est elle qui est la plus forte. Silène trie le réel le compose et le décompose selon son état d’esprit ainsi que ferait un peintre par ses repentirs. Silène choisit, distingue, note ; regrette peu en réalité. Perd rarement parce que c’est elle la plus forte. Il n’y a bien que F. - Frédéric, disons le  - qui la ruina du dedans. Personne d’autre. Et si certains - l’été à Frascati ou dans tous les conflits - pussent être réduit à ce F. ce n’était que par colère et une maitrise particulière de l’injure - comme d’autres en d’autres temps maniaient le fleuret ou d’autres désormais - pour d’autres jeux - le fouet. 


Sa vie c’est la vie. Je l’admire beaucoup. J’essaie de vivre.
Je suis content pour elle.


Je suis si fatigué d’être. Si fatigué. Parfois une force me revient. Cette force c’est une pensée qui me prend et m’anime ; mais il suffit d’un mot pour que cette pensée sans chair s’effondre. Un mot  ; et moi qui en reçois une foultitude, m’effondre. Je suis le plus malhabile des hommes pourquoi à la fin ? Parce que je suis ambigu, ne tranchant pas, demeurant dans l’incertain. Je suis le plus malhabile des hommes parce que j’ai toujours une gueule de coupable.


De Silène nous pourrions parler des heures, écumant son passé ou son présent, et cette vitalité sourde. Ce n’est pas le tempérament qui est de feu ; c’est la vie.

 

3.

 

Vers minuit je suis sorti sur la place Gustave Toudouze hurler sur une bande d’adolescents qui dansait sur une musique imbécile - forcément imbécile puisque passant par ma colère - dansait depuis des jours sous ce hurlement là. 
Une vingtaine imbécile et ivre et moi je devais calmer mes nerfs après le tremblement de cette après-midi (photographies de Palerme ; chapeau - panama ?). Adolescents en duvet en pucelage en bêtise en boutons. Révoltes de pacotille, bravaches pour rien, tremblants à la moindre menace.

Seulement ils étaient vingt et chacun se croyait la force des vingt. Ce gnome dabbant devant moi non pour le plaisir et la joie de dabber mais pour le spectacle offert et la gloire retentissante qu’il s’imaginait. Lui que je pris par les cheveux pour le jeter à terre devant le regard ahuri de ses amis. Quelques uns se mirent à la menace et moi qui avais mes nerfs à passer je m’en réjouissais, je me réjouissais de leurs poings morts, de savoir que j’allais me faire casser la gueule - un contre vingt nique sa mère j’suis single. Péril de rien du tout mais périlleux tout de même -Mickael guettait avec effroi par la fenêtre d’avoir entendu dans la rue mon hurlement  de louve ? — lorsque je remontai il avait mis ses chaussures s’apprêtant à descendre. Ses pieds chaussées me semblèrent une belle preuve d’amitié.

J’avais mes nerfs à passer et qu’importe à la fin que vingt me roulent dessus si « c'est là ta nuit, qu'elle me soit pesante, qu'elle m'écrase, que toute ta main soit sur moi, et que je me perde en toi dans un cri. »
Je crois que je recherche mon courage d’avant (été 2017) que je sens revenir par foulées. Mon existence est dure et me pèse. Mon courage fracturé au mois de septembre comme une coquille creuse ; mon courage fendu par le milieu pourquoi ? Pourquoi ? 

 

P:S

Au restaurant embarras curieux : la serveuse me dit « vous êtes très beau » ce qui, le plus souvent, s’apparente à une politesse un peu audacieuse ; étant le jeu de la serveuse et du client.
Seulement de paroles audacieuses en gestes insolents elle me touchait. Me touchait en passant, appuyait sa main et moi je buvais, crispé, comme un extravagant.

C’était une expérience curieuse. Banale, mais curieuse.
Lorsque j’étais autrement - je crois que c’est alors que j’avais toujours de l’ambition professionnelle - j’avais rencontré une femme dans un aéroport (Orly ?) ; le début de cette phrase ne laisse aucun suspens quant à ce que je vais raconter. Ce n’était pas mémorable, j’avais joui vite je crois et elle non - avais-je joui d’avoir simplement rempli une capote de mon sperme ?

Il règne une confusion autour du plaisir masculin assimilant l’éjaculation au plaisir. Si le plaisir sans éjaculation se conçoit bien ; ce n’est pas le cas de l’éjaculation sans plaisir - résultat d’un sondage Internet. L’éjaculation, chez la plupart des gens, se confond avec le plaisir. Rien n’est plus faux. Strictement éjaculer ce n’est que le moyen de répandre son génome. Le plaisir humain, c’est heureux, réside ailleurs ; l’éjaculat peut en être un indice pas davantage. 



Julie (???? j’oublie son nom de famille) chef du 23 Clauzel - restaurant favori de Stephane Bern - m’a dit bonjour comme à un copain, prenant de mes nouvelles - très sincèrement. Je crois qu’à cause de ce que ma tronche se reconnait bien les gens qui ne m’ont vu que deux fois s’imaginent m’avoir rencontré des tas de fois - qui plus est ceux qui voient défiler des mille et des cents - Je ne l’ai rencontrée qu’une fois cette dame et n’aurais pas su la nommer si elle ne m’avait interpellé de son restaurant. 

 

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06 juillet 2018

Le coléoptère qui voulait se faire aussi doux qu'un faon.

Ce n’est pas un faon, maladroit animal des bois ; mais un coléoptère des mêmes régions. Animal trompeur, sans colonne vertébrale dont l’être n’est qu’imitation et parjure.
Insecte dissimulé, n’avouant jamais sa nature ; voleur prenant la couleur végétale des plantes qu’il colonise. Menteur et sans réalité propre ; dans le bois se déguise en guêpe. Toujours autre trichant sur ce qu’il est ; toutes les couleurs dont il se pare n’y changent rien ; séduisant, par cette multitude chromatique, les animaux des bois. Nullité ontologique libérant sur son passage les toxines des herbes malades qu’il mâcha (2017-2018) ; suffoque qui le prit pour un faon ; qui se laissa duper par ce chant étrange du matin que le coléoptère sans témoin pousse.

Le faon, maladroit animal des bois, biche masculine, étranger au coléoptère des mêmes régions.

Le faon, maladroit animal des bois, d’un coup d’éventail sera brisé.

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02 juillet 2018

Le voyage d'Italie - Palerme

C’est toujours l’Italie : Rome, Turin ou Palerme tout débute par quoi finit.
Les proses, les vies les amours tous en des bouges latins.

C’est l’Italie
Sous la neige, sous la ruine, sous la cendre. Turin, Rome et Palerme. 
mais non le glouglou amer de Venise qui n’est d’Italie mais de partout ; comme tu disais et Ruskin après toi.


La vie reprend C’est l’Océan dévorant la Manche. C’est Frescati couverte de suie ; c’est un éclat de rire de Palermo.
La vie reprend ;
 

C’est toujours l’Italie où l’amour se défère où l’amour se déferre.
Il y a le Colisée ce labeur d’hommes ; il y a ce labeur inhumain d’Etna et de Vésuve. 

Dans Rome antique l’homme vainquait l’homme et le lion le chrétien ; dans Rome Antique la colline engloutissait Pompéï.

C’est toujours l’Italie ?
C’en est fini d’apprendre le bridge et de jouer à la belote, c’en est fini des chemins de fer et les longues traversées marines elles aussi finies. C’en est fini des amours écarquillées par un mal de mer ou une chute au wagon-bar. 
C’est un peu moins l’Italie cet avion à la signalétique rigide. Un peu moins l’Italie la voix polyglotte qui parle au micro. Un peu moins  l’Italie ces visages qui ne sont pas vos visages.

 

C’est l’Italie ! L’odeur de chaud, les olives, le vin de Sicile ; pour commencer un verre et toute la bouteille de Nero d’Avola même ! C’est l’Italie le taxi où le chauffeur arrange son rétroviseur pour vous voir baiser.

C’est la fête, l’amour sur les brasiers des rues, sur le sable aïe si tu as enlevé tes sandales, la mer toute salée, le sable encore aïe si la serviette glisse ; l’amour dans la chaleur de la chambre, dans le tremblement glacé du climatiseur réglé sur trop froid.

L’odeur d’olive et de sexe qu’on laisse dans la chambre, la robe portée sans sous-vêtements, d’autres gestes de plus neufs et de très antiques. Et les tomates et le vin encore et l’amour encore tout l’amour hé ! d’autres lieux, d’autres mémoires ! La langue descend le long du corps immobile ! l’amour ! Amore ! Cette voix de toutes les langues ! Les lanières et les marques discrètes sur les corps ; et les traces moins secrètes au revers des cuisses. Les soirées alanguies quand toute l'imagination y est passé et qu'il faut attendre demain...

Et ce coin corné de soi-même qu’on défroisse
et son étendue t’étonne toi-même ainsi c’était ça
Le coeur et pas ce rabougri qui était tout son avoir
à ce demeuré de Paris

C’est l’Italie brûlante des peaux conjointes
Le sable plein les cheveux, alors
l’amour infini te montera dans l’âme
et vous irez loin ! bien loin comme des bohémiens par la nature
heureux comme avec une femme !
Italie, Italie hurlait Aragon


C’est toujours l’Italie et sous la cendre d'Etna un peu de Rome à peine de Venise et tout Frescati engloutie il n'en restera pas même les statues de Pompeï.


Et ici, encore, même ici oui, quand de retour. Ce sera toujours l’Italie, l’Italie pour toute la vie. Métaphore ou double astral du bonheur. L’Italie au secours des crises demain. L’Italie ce jour d’un baiser sans la langue pour jouer les prudes devant l’italien aux yeux vagues. Et cette vie comme une marée qui prend et ne rend pas. Cette vie comme une marée qui secoue et fait vivre. Dans les eaux salées la dernière goutte de passé se dessèche et meurt.. Ainsi il reste la vie, enfin. 


Moi ?
Je lis un livre ridicule « les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même ». Il s’y raconte la blessure d’abandon prenant, pour se voiler la face, le masque de la dépendance. Dépendance ainsi traduite : les mots employés « absent ; seul ; je ne supporte pas » la définition «  Fusionnel, besoin de présence. Voix d’enfant. Pleure facilement. Un jour joyeux un jour reste. S’accroche physiquement aux autres. Psychique. Vedette. Aime le sexe. Plus grande peur la solitude. »

Moi, donc, je lis cette imbécilité d’un freudisme trépané - :). Aujourd’hui, comme très régulièrement j’ai envie de mourir. La mort, le suicide disons les choses clairement, ne m’effraie ni ne me fascine. Le suicide, bien sûr, exerça sur moi comme sur tous les poètes de ma trempe une attirance quasi-sexuelle. Voilà dans quoi le génie se réalise tout à fait, sa fin ultime, son oeuvre la plus grande.
Ah, on se consume brûlant mieux que dix soleils révolus dans cette mort. Conçu comme un sacrifice, quasi. Finito, baste. Sacrifice à quoi ? Au sacrifice lui-même.
Le suicide me dérange un peu en tant qu’il ressemble à un travail ; disons une opération de chirurgie très banale. Une appendicite d’où on retranche l’être plutôt que l’extrêmité infectée.

Cette fatigue d’un protocole afin d’assurer la réussite maximale de l’opération. le plus dur dans le suicide ce n’est ni la résolution ni la réalisation mais les préparatifs.

Donc, le suicide m’habite. Sans obsession, sans urgence mais nécessaire et inévitable. Si je devais m’en choisir un ce serait celui de Woolf. 

Celui de Woolf me va très bien. En costume trois pièces les poches alourdies de liqueur marchant dans n’importe quel eau jusqu’à ne plus y faire glouglou.
Je me sens carcasse. Privé pas d’un membre mais d’un fluide. Très asséché et la vie faillit prendre le dessus or j’ai refusé catégoriquement de sortir de ma survie pour tenter la vie.
Ainsi j’ai choisi ce lieu de mort définitive puisque je ne me vois pas d’autres sorts, à court terme, que la pompe funèbre. 

 


La Normandie s’était changée Bretagne. Rome et Venise devenant cette fois-ci Palerme la toute brûlée. 
C’est toujours l’Italie. 
 L’Italie survolée et de la lumière aveuglante sur les vitraux des Eglises et pour commencer de l’avion. 

 

 

 

 

 

 

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