Il m'a souvent été délicat d'être. 
Un événement récent, consécutif à une trop grande ingestion d'alcool, hante désormais nuits et jours jours et nuits. L'un se prenant pour l'autre et l'autre se prenant pour l'un. Mon temps, désormais, bloc uniforme de plaintes entrecoupé par des fragments de rires et de vie. 
Si la vie malgré le péril qu'elle a toujours représentée pour moi a toujours été la plus forte il faut lui conserver, pour les temps de chavir à venir, cette propriété là.
Malgré le cauchemar que fut cette nuit là et cauchemar réïtéré de sommeil en sommeil me faisant celui-ci pesant et coupable.
Je tente de préserver ma raison et c'est au prix de grands efforts moraux. J'accoutume mon corps à des exercices et mon esprit pareillement. Je m'envisage dans l'eau glacé de la douche, la frugalité, bref un ascétisme tel qu'on peut se le représenter au 21e siècle ; temps de mystique asséché. Pitoyable. Que de l'esprit saint ne demeure que le suaire. 

Il m'a été dit que de ces bassins là, profonds, obscurs, boueux on finit par sortir que le simple passage du temps comme une rape arrache ce sordide et pourtant nuits et jours, tous rapports sociaux, toujours alourdis de cette nuit là.
Et tandis que je tente, à l'écrit, de la rationnaliser de mettre en discours ceci c'est à dire, par le truchement de l'écrit, à distance cet événement se rapproche.
A personne je n'ai pu en parler et je me retrouve seul avec cette grande plaie de crainte que de l'ouvrir par le partage et la dupliquer plutôt que m'en délester par la confidence.

Cette nuit là comme une naissance retournée. 

Me voilà déplorable plus que jamais ne poussant de la voix qu'un entre-cri de noyade. 
Il ne faut pas être dupe il est des nuits dont on ne se sépare jamais
Des nuits que l'on devait au monde à cause de ce mépris toujours le même promulgué par tout
Lorsque je l'évoque auprès du personnel soignant quelque chose bringueballe ; un ressac de procédures
Le tout ira bien médical les perfusions verbales et le souhait que ce passe.