27 novembre 2019

Traître à ta race

Dans l’escalier je guette les bruits
attendant plus fiévreusement
le livreur
qu’amant ou amante
le dédoublement




que suis-je devenu
souviens-toi la misère
enfant
le paquet de bonbons c’était toujours trop cher
Leader-Price
Maman voyant
sur le tapis roulant
le défilé des produits de marque
des autres
les français
elle disait comme ça
les français

malgré ses papiers d’identité
son passeport français
son permis français
la livraison 
maman disait
disait
ça doit coûter cher
maman
R. voyant ma veste
s'exclamait
ça doit coûter cher
comme un enfant il a dit
au moins 100 euros
ma veste à 700 euros
qu'est tu devenu
le poulet semi-moisi
du hard discount
un jour maman 
s’exclama
le poulet semi-moisi
c’est la dernière fois
comme dans ce vol
Air-Algérie
viande verdâtre
on nous disait
comme il existe le poulet
jaune
peut-être celui
vert après tout pourquoi pas
on pouvait tout croire
on nous apprenait à tout
croire.

Le petit F2 cité de l’Europe

jusqu’à 7 ans
dormir papa maman
yannis myriam moi
dans la même pièce


Trois-pièce dans le 9e
biscornu peut-être
avec une chambre en plus
un bureau


la machine à tirer l’argent
tu comprenais pas
que l’argent dedans
ce n’était pas gratuit
pas gratuit
pour nous
c’est sûr
(le découvert
MOINS 8000 francs
tu te rappelles
maman qui n’en peut plus
déjà enfant
tu commençais à comprendre
que tu étais pauvre)


aujourd’hui tu tires à l’envie
la machine c’est gratos
vérité infantile
tu confirmes
ta croyance de petiot
en un week-end tu claques
300 balles
Résidus de lyrisme - Page 6 Compte11

en boite de nuit
qu’est ce que tu es devenu
c’est ça ta vie
tu vois
verre
se remplir
se vider
piste de danse pareil
toujours le plus beau 
on te dit
ça
très belle lavallière
le plus beau
pas sûr


bizarre
les filles te sourient dans la rue
aujourd’hui
parfois se retournent
ces trois filles russes
comme cliché
vivant
dire
trois filles russes
comme pour
allégoriser
soudain
beauté moderne
(qui ne veut rien dire)
qui se retourne
(une seule)
mouvement de tête rapide 
deux fois
le sourire
pour toi
tu connais ce sourire
dans les films
ou les bars à strip-tease
où 
A.
bossait te racontait
le client mort-soûl
auquel
elle faisait les poches
au milieu du lap-dance
la mondaine
les flics
déguisés en client
demandant toujours
une pipe
dans l’espoir
peut-être
à la fois
de se faire sucer gratis
et d’augmenter leur taux
d’interpellation
la mise au jour d’un bordel illicite
Un jour t’as joué dans un film comme ça
tout le monde t’en parle
tu étais en slip dans l’une des scènes
Résidus de lyrisme - Page 6 Amour_11

tu n’es pas le plus beau
pas mâchoire carrée
ni bras d’hommes
pourtant
on se retourne
te demande
ton numéro
ça t’étonne
M. dit

t’es pas mal
puis t’es drôle
Avec L.
on disait

on fait un peu 
des high five à 
notre adolescence
tu vois 
c’est con qu’aujourd’hui
je m’en tape à un inexprimable point






tu avais jadis
des lunettes
petits yeux
elles te faisaient 
les lunettes
petit
chétif
mal sapé
muant à 16 ans
Grandissant d’un coup sec
1m85 sans gradation
comme ta vie
tout d’un bloc
tu dévales
tu ne sais pas si tu le dis
avec satisfaction
1m85
tu ne crois pas
c’est un fait
comme cheveux
bouclés
ça aussi
c’est ton charme




soudain 
on veut t’embrasser de force
dans les toilettes du sans-souci
puis on te frappe
quand tu dis non
tu sors
P. et V.
se foutent de ta gueule
toi tu es choqué
de t’être fait frapper
pour ça
Tu te dis pour calmer
ton coeur-chamade
Que les filles pfff
vivent ça 
le vivent
dans leurs corps réels
puis
dans leurs têtes fêlées


se défendent
dans la tête toujours
de ces extorsions
bien réelles
V. pour se faire pardonner
paye un long Island
14 balles quand même
Toi tu en prends deux autres
Tu en donnes un à une fille sur la piste
parce que tu as plus soif
elle te dit
tu as mis de la drogue dedans
tu reviens quelques lignes plus haut


Que les filles pfff
vivent ça 
le vivent
dans leurs corps réels
puis
dans leurs têtes fêlées


c’est vrai
se défendre toujours
sinon

J. t’a raconté hier sur la plage de Fécamp

le viol ce type qui l’a droguée
qui ne voulait pas partir de chez elle
qui a laissé sur sa table de chevet
200 euros en riant
il a évalué son crime son corps son plaisir
à deux cents euros
J. ne pouvait pas bouger
la drogue dissipée pourtant
J. ne pouvait plus bouger


j’ai pleuré
eu honte de pleurer
dit pardon
non représentant
les hommes
présentant
les excuses collectives de ma classe
eu honte de ne rien faire 
de plus que pleurer
(morale à peu de frais)
trop facile
pleurer
rentrer chez soi
ouvrir le frigo
mettre des glaçons 
dans son campari
soupirer
raconter à M-A
prendre la bouteille de champagne
dire tu en veux ?


qu’est ce que t’es devenu


qu’est ce que t’as peur
merde
du plaisir
que tu ressens
à l’épicerie italienne
quand tu blagues
avec le vendeur
qu’est ce que c’est que ça
ai honte
à nouveau
honte




tu as peur forcément de le dire avec un plaisir coupable
de moins en moins
tu arpentes trop sérieusement désormais
la rue des martyrs
ça t’effraie
tu trahis ta classe
tes parents
ça te fait peur
tu voudrais retrouver
ta colère d’antan
ne pas dire
« le caviste »
« le barbier »
« le pressing »
ne pas dire
ces mots des autres
qui n’étaient pas pour les immigrés
qui ne doivent pas être
pour nous ces mots
qui nous mettent
dehors
sauf quelques-uns
les Zineb
les Zora
les
toujours des femmes
si ça suffit pas
ça comme preuve


tu es devenu
français
tu t’es même mis à voter


Mélenchon certes
t’as voté quand même
jusqu’à 29 ans tu avais refusé
de t’inscrire sur les listes






mais ça commence par là
devenir ce qu’on hait
l’autre
tu étais
l’autre
devenant
l’autre
de l’autre
à force d’errances je suis devenu un autre et, cet autre lui-même, est devenu un autre.

alors ici tu prends conscience 
à ce moment là
de ce poème là
de ce que tu deviens
de ta transformation
tes chaussures à 600 balles
(volées, pour beaucoup
ça change rien)
tu déchires
ce que tu deviens
dans ce geste
pour rien
tu déchires
ce que tu crains
pour rien
tu gardes
intact
ce petit bout
ton prénom par quoi
personne ne t’appelle
(sauf papa maman frère soeurs)
Résidus de lyrisme - Page 6 Boudin11

tu gardes ça
tu l’accroches
le centre



 

Posté par boudi à 18:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]


24 novembre 2019

C'était cette envie de t'étriper.

Hier
zones humides
intérieures
pays
des foudres ou 
                    des tempêtes

Hier et depuis dix jours
ce climat incertain
de grêle et de neige
où nul tremble ne dure
sol verglacé
des chutes
verticalités
mortes
où j'ai passé
mille jours
sur le pavé de la place charles dullin
allongé
ou au NoPi
par terre
disant
que la verticalité
devait finir
c'est sûr
j'étais le plus cool

Hier, pourtant, on m’insultait, comme si de rien n’était, et de ceci je ne sais quelle courtoisie on attendait en réponse.
Hier il fallut la dissuasion un peu fâchée de R. et de M-A pour retenir tout à fait mon geste.
Geste que voici, donc, dans sa totale forme

Geste alourdissant toute ma paume
Main
devenue gourde
gelée 
main-poing




c’était le geste là =>Quasi-objectivisme - Page 3 Tarate10



Jamais on ne devine ce que l’autre porte en lui de démence, d’excès, d’intempérance, jamais on ne mesure et il est certaines provocations dont toujours il faudrait se dispenser. Non respectant un ordre moral, immuable, gravé dans je ne sais quelle roche antique (ou bien c’est Tarpeïa crevant sous l’or) ; la colère ou la révolte sont bonnes dans leur principe et leur expression ; mais principe et expression réclament cadres ; connaître sa place au sein d’une interaction lorsque celle-ci ne nous concerne pas. Ne pas sauter à pieds joints dans la flaque des autres. Ruminer, si on veut, faire ça dans son coin, s’exclamer auprès de confidents si on veut tant que ça n’entre pas là où ça ne doit pas ; parle dans ta barbe parfois entre tes dents ; siffle
Parce que ces choses

on ne sait jamais
les conséquences que ça a
Et ceci toujours
encore

malgré les tempéraments du dehors
durent encore
je crois qu’on oublie
trop facilement
la possibilité de la violence physique
que celle-ci existe
on la voit
les samedis
crever des yeux
au hasard pour rappeler
aux êtres humains
la fragilité d’un corps
ce que peuvent les armes
ou la folie brute
(disant "à bientôt T." c'était une menace, j'étais en train de mettre mon manteau)
et moi
si l’on m’attente
parce qu’on m’attente
alors
je me lève
de la même façon
mais suis-je
LBD ou à l’inverse
l’incendie du Fouquet’s
les deux
la réponse violente à la violence

Quelle bêtise égoïste
de se mêler
l’intrusion toujours dédouble
la colère
si j’étais rentré chez toi avec mes semelles crottées
alors
me serais-je tu ou
sinon
"désolé
tu exagères
dans ta violence"
tu n’avais pas le droit
tu ne mesures pas combien
je fais preuve d’amour
(non pas mansuétude
ou je ne sais quoi
du domaine du juge
de la sanction
un immense amour)

L’apaisement de mes mains
l’apaisement précaire
la boule
furieuse dans la gorge
ce calme fragile
d’où sourd déjà
sa nullité
sa durée
je ne la dois
qu’à d’autres
auxquels j’ai délégué
le sur-moi de ce moi
hors-de-moi.
ce texte pareil
dehors

Je cheminais mentalement
la pensée bourrique
circulaire
obsédante
tu imagines un métronome
rapide
Calculant l’itinéraire
me menant de chez moi
jusqu’à Saint-Cloud
l’iPhone dans la main
qui  
tremblait moins que l’autre
main


Quasi-objectivisme - Page 3 Trajet11

ou bien de chez mes parents tu prolonges un peu après suresnes
tu te souviens le bus 360 jusqu'à saint cloud
ou bien le val d'or
la station de transilien
tu l'as connue petit
ce train là
de fer
on l'appelait train de banlieue
depuis ce souvenir 
t'atteindre.


Quasi-objectivisme - Page 3 Trajet10




appeler pour savoir
quelle salle quelle heure 
quel prof


Quasi-objectivisme - Page 3 Le_lie10
`



J’en étais là de mes pensées 
avant de prendre l’air
détendre ma main
contre le vent frais
dans le quartier de l’opéra

Tu n'imaginais pas l'invasion
jusqu'où ça peut aller
le délire 
Quasi-objectivisme - Page 3 Adress10

Tu es fou
si R.
n'avait pas dit :
"fondamentalement tu t'en fous et lui aussi."
aujourd'hui encore je me raccroche
à ce mot
pour ne pas défaillir
en ce moment je suis fou absolument officiellement fou
madame l'enfermeuse m'a prescrit du Tercian

toujours lourde la main
du geste inaccompli
je ne sais
destin en suspens
ou autre chose
mesure soudain
parce qu’il ne faut pas
que c’est trop bête

trop bête trop bête trop bête trop bête

Quasi-objectivisme - Page 3 T_10


trop bête trop bête
mais c’était toi
tu n’avais qu’à dire pardon merde :
je ne pensais pas
que
et là 
mon dieu
malentendu
ça arrive après tout
tu m’infliges cette retenue qui déborde
et si un jour je craque
si tu te souviens
que le corps c’est le corps
c’est bien beau un jour d’en parler à foison
mais voilà il se manifeste parfois
dans la forme inattendue
ce jour on comprend
merde
on aurait dû
se rendre compte

peut-être désormais c’est ça le sort de la poésie
ressembler à snapchat
peut-être c’est ça
maintenant
la poésie
ressembler à snapchat
dire
fils de pute


entrer chez les gens
pour le spectacle
mais pas seulement


Mais plus loin que ça, bien plus loin que ça et plus tristement, tragiquement. Non pas déçu, puisque je m’y attendais. Je l’avais senti le jour que tu avais parlé de Damien Saez ; par hasard, un mot ; cette chose morale de peu de frais. Dès qu’elle entre je me méfie ; malgré ses atours je sais la saleté de ses sous-vêtements. Damien Saez, tu as raison au fond. C'était la manière ; la manière elle racontait ce que tu as prouvé ensuite.

Alors
je pense à M. qui me dit « je suis féministe » et relate avec une exactitude scientifique les plus fines thèses du sujet. M’apprend le continuum entre prostitution et mariage chez Paola Tabet ou les biais idéologiques des sciences prétendument objectives ainsi que le rapport Dona Harroway
Pourtant
il n’est pas femme
(c’est une évidence)
dans sa matière d’homme
mais il est toujours bien plus homme qu’il ne croit
les livres c’est bien ça grossit la bibliothèque
prouve sa masculinité
le prouve au détour d’un mot
d’une phrase
en riant
(c’est ce rire dans ce mot ; ce mot dans ce rire qui trahit ; transparaît le vieux monde acariâtre ça n’a pas changé tu vois et comment ça pourrait changer 5000 ans déposés en nous ; 5000 ans durs, profonds, racines, parfums, pigments ; comment ça pourrait nous passer d’un coup cette pitance dont on nous a bourrés depuis 5000 ans)
« Marie a une toute petite chatte »
croyant sûrement
dans ce « toute petite »
dire chose tendre
émue

et moi j’entendais
la connivence entre deux hommes
ai-je souri ?
Peut-être
amusé vraiment ou gêné
je ne saurai dire
(et je crois que c’est ici précisément
que je reconnais
les sous-vêtements sales)
Il dit de V.
« je ne peux plus le voir, avec sa misogynie »
le moins misogyne pourtant
lui je crois
qu’au moment de la pitance
il n’en prit pas sa part
me la laissa ou à M.
je ne sais

la morale à peu de frais, c’est ça
trouver
dehors
un autre imparfait
la lame qu’on voudrait
retourner contre soi
lui voilà une cible dehors

et j’aimerais vous dire à tous les deux
il n’y a pas de lame
vraiment
dès le début
il n’y avait pas de lame.

C. disait
« vous faites les coqs, toi surtout » (c’était moi, le toi)
se trompant elle touchait juste
(On se moquait sacrément de moi, quand même et de mon peignoir tissé dans les vêpres ; et moi je me défendais avec mes canines dérangées ; c'était le jeu de taureaux idiots ; lui plus expérimenté que moi en matière taurine)

soyons humbles 
pitié
je porte à égalité avec les autres
cette attitude hirsute
d’homme
maladroit peut
être
performant imparfait
constatons à l’infini
notre échec
ce
sera notre plus belle
réussite


la morale c’est à peu de frais, elle se paie de mots, se tape sur le ventre ; infecte morale sans morale. Son usage c’est la gloriole, la couronne putride, l’excommunication. Comme elle fait mal dans le ventre vivant, cette morale. Celle qui répudie, donne à tous les autres miroirs infâmes mais jamais n’y plonge son regard.
Ce n’est pas grave
d’avoir cette tête là
regarde aujourd’hui
chez le barbier
j’ai tout enlevé
(pour sur la balance peser quelques grammes de moins ôter cette journée de merde dans les poils d'homme
dans la barbe de l'homme où se nichait la violence peut-être)

Quasi-objectivisme - Page 3 Barbie10

m’illusioner
me sentir changé 
peau autrement

















C. m’impressionne toujours
lorsqu’elle prend des positions morales
je ne sais comment dire
exactement
ce qui me plait
dans cette fermeté
toute entière 
je crois
qu’elle ne se regarde pas
être morale
ne jouit pas
(tout l’inverse même
elle souffre)
dans ces cas précis
c’est si rare
que ça me touche au plus haut degré

(l’enjeu ce n’est pas se regarder ou ne pas se regarder ; des tas de gens ne se regardent pas, très bien, je les adore ; c’est d’en même temps assumer avec courage des positions dans l’espace politisé ; politisé de par cette prise de position)



de mon hasard intime
cette façon
qu’on a de déplacer
à l’intérieur de soi
cette fureur
dure
fraiche
comme enfantant
le vent
couchant
la toundra



Etat de lucidité
fragmentée
tristesse émerge cependant
de ce comportement
ou des mots de T.
(tristesse réelle
déception
du doute
confirmé
voilà
il y a une preuve maintenant
la preuve
tache)
Ce n’est pas vrai
alors
c’est tout
Comme M
ou moi
d’autres
tous à la fin

ici le bât ; la prétention au final ; le tragique de l’histoire : 

il n’y a AUCUNE déconstruction du masculin
possible
par l'homme

des formes atténuées
celle je crois des lâches
un peu
oh oui ces formes sont plus
justes
moins de dégâts
de dommages
il y a moins
l’Irak
leur motivation seulement est sordide
la preuve
dès que ça peut
ça sort
comme avant
non
ne prends pas cet air là
une femme 
jamais
ça n'aurait eu cette odeur

Je me souviens 2010, je crois,
M.H bitchait sur sa copine
jouait le rustre
et moi
pour rétablir l’ordre moral
comme le fait T. ou M. virant V.
en réalité
(mais si peu de frais que 
de se faire beau au détriment
des autres
l’amour, c’est tout, sauvera
notre seule chance
sans condition)
j’ai rencardé la gouape
pour coucher avec elle
appelant M.H une fois
l’affaire finie
dans l’hilarité cruelle
où je prétendais
exercer la justice
(de quel droit?)
qu’était-ce au fond
que le jeu minable
de l’homme prenant
à l’homme
pour faire l’homme

le « j’ai baisé ta femme » 
de Soral
exerçant son pouvoir
sur l’homme
c’est exercer son pouvoir sur l’humanité
couchant avec l’homme
rivalisant
mon dieu
comment avons nous pu faire
CA

j’ai pour ceci aujourd’hui
le plus grand dégoût
non pour moi-même
je n’y peux rien changer
aucune mortification n’y suffirait
(ce serait encore de la morale à peu de frais
dire ô ô ô ô)

la mue longue longue mue
mais ce sera pour toujours ma peau
tous les autres menteurs
de ne pas admettre
que c’est leur peau aussi
cette puanteur
aussi
ce parfum des roses
autant

 

 

Posté par boudi à 16:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 novembre 2019

A l'inconnue du photomaton

Capture d’écran 2019-11-20 à 17

 

sur la photo
tu n’as nul visage
dissimulée
par la nuit
celle partout
flash
absent

dans la cabine

ma main
on ne sait
précieuse
ou dure
cruelle
l’inverse
sinon

prend-elle
la
main
peut-être offrande
mains
de quoi le don
si elle s’enfonce
(où?)
est ce une dent
la main
ou main
ôtant
l’épine
(la dent)
douloureuse
depuis trop
souvent

ignorant
si je te baptise
ou si tu m’ordonnes
la nuit t’a reprise
nous avons divergé
nos verres renversés
je ne sais
lnconnue du photomaton


n’avais-je écrit
« Et chaque cabine de photomaton est pour moi un cercueil. »
décidément
ces lieux
forment à la
mort toi
je ne sais
où tu meurs
ni même
si tu meurs

Posté par boudi à 17:26 - Commentaires [1] - Permalien [#]

18 novembre 2019

Vitesse

Terreur /
du rendez-vous /

manqué /

avec qui

m'est

inconnu

pourtant

 

pour l'inquiétude

 

je n'avais pas 

le bon

nez

 

 Un peu plus
De vitesse
S'il te plaît

 

 

enfonce
les dents
rentre
la langue

Posté par boudi à 21:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 novembre 2019

Paris - Taxi

J'ai été, ce soir, pris d'un terrible désespoir. Insoutenable comme si la nuit voulait à tout prix écraser la nuit. Face à cette absurde douleur, ce voisinage (même poils pubiens) de la mort ; j'ai quitté mon appartement. Fermé la porte à double tour. Descendu en rafales les marches.
Puis j'ai parcouru mon quartier. Les rues connues. La place de l'Eglise Notre Dame de Lorette et, plus haut, la paroisse affidée où je voulais devenir catéchumène. Puis, comme tous mes projets conçus durant une phase maniaque, l'idée s'envola ; dieu mourut ; le christ redevenait cette pathétique et maigre idole.
La douleur ne me quittait pas. Malgré le vent presque du givre dur sur mon corps pas assez couvert - je voulais sentir la vie.
Alors.
Remontant place Pigalle j'ai hélé un taxi je lui ai dit de conduire et d'aller où il voulait tant qu'il demeurait dans Paris.
Pour lutter contre la nuit.
Les phares du taxi
La radio qu'il écoute
contre le silence
dru sec
de l'appartement
(      ) c'est toi
il a filé longtemps comme ça
avec son luminaire taxi
en rouge
maintenant
(je ne le vois pas)
(vert tout à l'heure)
filé sur les ponts de la seine
les pavés
la place de la concorde
qui me tord le coeur
filé filé mettant à des kilomètres de moi
le silence
et la nuit
j'ai appuyé sur la petite lumière
pour les passagers
"s'il vous plaît, non"
"j'en ai besoin"
"pourquoi"
"c'est comme ça"
"pfff"
je regardais mes mains
aux ongles coupés hier
(absente, toi, de mes caresses
sans traces)
il m'a laissé porte de vanves
rejoignant une station de taxi
puis je suis rentré
avec le vent
toujours
dur givre
à la maison j'ai ouvert une boite de thon
je l'ai arrosée d'huile d'olive
puis je t'ai appelée
j'ai lu un peu tsetaieva
pourquoi je ne sais pas

je n'étais plus triste
l'argent
avoir de l'argent
ça sert à ça aussi
à balayer les soucis
dans la rue
hélant
brisant la douleur
dans le claquement
de la portière
le verrouillage automatique
la direction assistée
le bonjour monsieur

Posté par boudi à 23:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Ton absence

C’est toi je ne sais si tu t’y reconnais. C’est malevitch qui t’as peint je crois.
Tu n’étais pas venue danser non plus avec lui.

Résidus de lyrisme - Page 5 White_on_White_%28Malevich%2C_1918%29
C'est un carré blanc ?
Bah non
C’est toi
Bah non, enfin
C'est un carré blanc
Mais si
Le nez
Regarde enfin le nez
C’est le nez exactement ton nez de quand tu n’es pas là.

 

Posté par boudi à 17:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 novembre 2019

La surécriture

tu cherches la faute d’ortaohap

de
frappe


la faute d’ ortapgre c’est la réussite de la langue


la faute d’orthographe
son cousin solécisme
l’autre
lbarbarisme
(attila passé dans le grévisse)

dans cet écart là
où tu t’assures
que ta langue
vit bien

cet écart là
où la langue
uniquement
vit


c’est cet écart là
dans cet écart là que la langie est vivante


Quasi-objectivisme - Page 3 Img_2810

la porte 
engourdit
c
du silence

la mauvaise image surréaliste
pain rassis
trop dur
sans miettes
même
inutilement
dur


comment ils sont les os d’andré breotn depuis le temps
tu te demandes

si les os de sa mâchoire
excommunient 
les os de ses mains

ce qu’il pense
d’avoir fini un
Cadavre
breton
comme l’exquis
Desnos



as tu cherché jamais autre chose que ce point de vue du  néant
ce contraire exact
exact à l’opposé
du vide

si tu devais tracer
à nouveau 
les figures du lycée
répartir sur le graphe 
les ordonnées et les abscisses
tu te trouverais
exactement
de l’autre côté
dans le miroir 
fêlé

 de

ces choses là

ce goût qui va
aux choses
vivantes
da$


l’aspect pourissant
tu ne sais pas
peut-être c’est ça une ville
ce qui te plaît tant
dans le béton hurlant

cette espéce de dégénérescence
la contamination en suspens
-
ne fondra pas
de ton vivant

c’est un risque gratuit

ne t’endo


yghbbhgyhygb
zzzzz

zzzzz
z
rs
sur l'écran


‘c’est moi qui danse la surécriture


La sur-écriture.





oiu l’criure m’évanouitytggfvbnjqsdfghjmlkjhfdsazsdfkzsedhtjfvntvtx,hb

tu te multiplies



Quasi-objectivisme - Page 3 Img_2811

dans la contagion contagion contagion contagion contagion contagion`
contagion contagion contagion contagion contagion contagioncontagion contagion contagion contagion contagion contagioncontagion contagion contagion contagion contagion contagioncontagion contagion contagion contagion contagion contagioncontagion contagion contagion contagion contagion contagioncontagion contagion contagion contagion contagion contagioncontagion contagion contagion contagion contagion contagion

hhhhc est le stylo qui ecrit ivi au hasard sese re volte contre onnesait quoi



 l zptitde a se fzie umin le psse semanfe tu meiss

Posté par boudi à 19:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 novembre 2019

Voyage sans initiales.

J’écris
au bureau 
donné par M.
Après son déménagement
rue de R.
(qu’elle faillit me voler
après le don
le donnant
à C.
qui finalement
n’en voulut pas
dont je recueillis
de justesse
le don
qui faillit se faire
trahison)

J’écris
Sur le siège
donné par
M. 
Parce que V.
l’avait abandonné
dans la chambre
que M.
occupe désormais
Place Ch. D.
Avec P.

M.
préfère
les chaises
petites et robustes
qui ont la forme
selon lui
parfaite
de l’étude
étroite et dense


Dans le salon
Nous mangeons
Sur la table en verre
Que M.
A laissé
Après avoir quitté
l’appartement
Pour vivre
à S.
La table
trouvée dans la rue
des M.
ou rue de C.
dont la chaîne
de transmission
se coupe



Il nous arrive 
de nous asseoir
sur les petits poufs rouge
en velours
offerts à M.
avant qu’il ne parte
à S.
Qu’il n’emporta pas

Ou bien
assis
sur les chaises
où je m’asseyais jeune homme
ces chaises
données
par ma mère

Nous coupons
les légumes et la viande
sur une planche à découper
qui n'est pas une planche
à découper
donnée un soir
par hasard
par ma mère

Les livres du salon
occupent la bibliothèque 
verte
fabriquée
puis offerte
par le grand-père
de
M-A

La vaisselle
se lave
par la brosse
achetée par E.
à ---
rapportée
en train
ou 
bus
je ne sais pas.

Les volumes de la pléïade
dans la bibliothèque verte
héritée par M-A
s’héritèrent
aussi


M-A
Travaille
sur le bureau
que M.
(quand il quitta P.
Pour O.
Avant de revenir à P.
D’abord Rue P
puis place CH.D)
a laissé

Bureau
Que M. qui
vit à S.
tâcha
de mille
matières étranges
Dont on retourna
la Planche
Pour retrouver
intacte
l’odeur
de bois neuf 
le parfum
intact
de la thèse
laissé par M.
avant son départ à O.
repris par 
M-A
chargé
d'une nouvelle odeur
grimoire

Dans le frigo
le fromage apporté
d'Italie
par O
revenant en train
De R.
Arrivant Boulevard B.
Sur l'étagère
un pot en verre
sauce à la truffe
Dans la bibliothèque
les étoiles de la faim
fromage
et truffe

J’ignore ce qu’il advint
de la serviette
un jour oublié
(ou abandonné)
Par R.
qui pourtant venait 
de l’acheter à Monoprix
Comme Diogène
je crois
c’était sa façon
de fuir les fleuves
où l’on se baigne

M, M, M, R, C, E, O
dormirent
dans le lit 
de la chambre
désormais
d'amis
qui est leur place
naturelle


Vous retrouvant
tous, 3xM, R, C, E, O etc
chez moi
Non fantômes
choses
donc
êtres
réels
quotidiens
avec
vos odeurs
vos gestes
je vous vois

Posté par boudi à 14:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 novembre 2019

Je suis né vraiment de ta lèvre

Je ne sais pas ce que tu vois en moi.
Si mes épaules s’arquent pourquoi parfois je te manque
c’est quelle partie de moi qui manque quand tu écris
je t’aime, j’aimerais que tu sois là
suis-je cette chaleur absente dans le plein hiver
cette forme recroquevillée sous la couette
si tu t’exténues dans les trains rapides
le tracé rectiligne des voies ferrées
lyon aix lille

je ne sais pas


si je veux tout briser c’est toi exceptée
à nouveau le goût dangereux du trop d’alcool
de l’excès intempérant
2h30 du matin en bas de chez nous
(samedi octobre 2019)
cracher dans la voiture
les phares endoloris
parce que par la fenêtre
on m’injuriait je ne sais pas quoi l’injure
par quoi je répondais ainsi 
dangereusement
courant rejoindre
clément et cie
dans la rue henri 
monnier
tu dormais
21 rue clauzel
j’espère le crissement des freins
la lumière hirsute des phares
le raclement de la gorge
j’espère ne gênent ton sommeil

si tout poussière et néant
tout
sinon toi
que je veux
si la veillée mortelle
que tu dormes
du sommeil humain
sourde au fracas 
où tout gèle

dors dors mon amour
si je crache et danse
ma peau frôle blessure
esquive de justesse
comme mes dents
ma langue quand
je mâche le kouglof
à la fleur d’oranger
avec toi

 

Posté par boudi à 14:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 novembre 2019

Misère des courtisans.

Avec fascination j’observe / l’état de mon compte en banque / déchéance
double fiduciaire des météos / contemporaines - températures négatives ô nos promises
de mon humeur toujours fléchie
toujours plus bas
à forer dans les abîmes
(aucun espoir de pétrole cependant
mais le noir, c’est sûr)

 

 

Quasi-objectivisme - Page 3 Img_2711


Fascinantes inscriptions, chiffres traduisant tout en même temps 
moyens de subsistance plaisirs émerveillements détresses. Que selon la couleur (rouge, alerte) ou verte (soin, tendresse) ; selon le signe apposé (négatif comme le rhésus rare) il faille respirer ou conter son apnée (positif tu seras sauvé)

Quasi-objectivisme - Page 3 Img_2712Quasi-objectivisme - Page 3 Img_2713

Apnée, pour sûr.
Dans la misère entrebâillée
la part d’ombre grandissante
ta poche vide
le chauffage
coupé
(comme
du soleil
le cou)

Se souvenir Carver :
"J’ai 45 ans aucun emploi
imaginez le luxe que c’est
essayez d’imaginer."



Quasi-objectivisme - Page 3 Img_2714




Etais-je heureux ce mois de mai 2018
Il me semble que oui
je l’étais
heureux

Posté par boudi à 16:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]