P.

 

En même temps que tes idées s’éloignaient des miennes tu t’es effacé. Quelle sorte de brume, de mauvais vertige, t’ont pris-e et dépris-e.
Un mois sans nouvelles de toi.


Par où entra-t-il le monde infect

quelle plaie creusée en toi

permit l’infection

de ce monde contagieux

le haut-mal

la lèpre de la tpete

 

D’un coup, face à moi, tu te tenais c’était un autre. Ton approximation méchante. Forme faussée, un peu plus épaisse, grâce à la fonte poussée à la salle mais dans les yeux et dans le verbe quelque chose d’irrémédiablement différent. Extinction de voix au niveau du regard.


Je pense à toi, parfois, lorsque l’OM joue un match de football et toi que je ne peux charrier ou féliciter avec une fausse humilité. 

 




Je regarde le score sur eurosport ou google

je demande à Siri

de me faire la conversation

ça me fout en l'air




Je crois que je t’aime encor

malgré tout

que l’amour jamais ne se contente 

chose si fragile

de mourir d’un rien

que l’amour

non pas

sensible

au mauvais vent

celui quadruple

et spectral

d’Ecosse

ne se ténue ainsi

 

serions nous

tas des poussières

amassés

dispersés

le geste las

5h 6h

trop tôt le matin

par les gens

d’entretien

?

 



serait-ce nous le pollen

d’avril 

l’éternuement de C.

serait-ce notre amour

fertile 

mais léger

?


mon amour enfle et te serre

de ta

coque de glace

j’attends le dégel

je sais qu’il ne vient

pas

sans

boue

 



quelques rues nous séparent

si je compte bien

c’est à peine 4

toi

la place où tu dors

le 6e étage

le lit récupéré 

tu te souveins

avec la fourgonnette jaune

le lit

monté et monté

le lit dans

ta chambre

collé à la fenêtre

par où on l'on voit en grand

le Sacré-Coeur

 

Depuis la dernière fois, j'ai bu, parlé, fumé dormi

très mal sans que ce n'eût rien à voir avec toi

mais voilà

je ne sais plus te serrer

écouter ta mauvaise musique

te voir chausser tes lunettes pour dire

que tu vas travailler

ton dual screen dans ta chambre

cet air sérieux inattendu que tu peux prendre

 

parce qu'un


un jour je ne sais quelle voix 

devint la tienne

l’accent

de Méditérannée

changé en


l’atroce inflexion

du plateau télévisuel

 

te saisit

fourche ta langue

la chaîne n°15


l’émission de 19h

chaîne 16

déforme ta voix



je t’aime et

je t’attends

4 rues plus bas

rappelle toi

tu descends d’abord

les 6 étages de ton immeuble

puis la rue

tu tournes à droite jusqu’au croisement

au boulevard puis

tu descends encore

ça va plus vite dans ce sens là

il ne faut que descendre

puis 

tu tournes à droite

encore

et tu arrives

le code 47B09

4 étage droite

si tu te souviens bien


4 rues

4 étages

pourtant entre nous

ce pays entier de froid

        

                           voilà comme tu es aujourd'hui

grand espace célinien

 

 

 

 

 

 

...