Ce qui a sonné ce soir à ta porte

ce qui s’est brisé comme la planche en bois

une absence

sous le couteau à pain

tu as poncé la table brune

les sciures les copeaux de bois

clair

tu as vu dans les sillons

des visages

nombreux

passés présents

d’autres inconnus

à venir pour sûrs

tu les reconnaîtras dans la rue

tu diras toi je t’ai vu-e sous le frottement

du papier de verre

le regard un peu borné

ce pas décidé

de ces rouleaux

fins de bois

comme

une bouche

timide

 

ce soulagement parfois de la place vide

cet espace à ton côté

le vent nouveau trait sans trahir

transparence de la 

matière

frottée

le corps

frotté

jusqu’à l’usure

la transparence

l’érosion par les vers

par les vents