24 février 2022

Ukraine

Je me surprends à actualiser Twitter, le live du journal le Monde et celui du New York Times, comme les lives des multiplex de football. La même excitation molle dans l’attente d’une nouvelle notification. Un but marqué, un aéroport pris. Le carton jaune, les hélicoptères détruits. La surface plane de l’écran aplatit les informations, m’accoutume à ressentir sans relief les différents messages. 

Dans le feed Twitter, de courtes vidéos montrent un système sol-air détruit dans un champ ukrainien, je vois la frappe du barcelonais Frenkie de Jong face au S.S.C Naples qui détruit la lucarne du gardien comme l’indique un commentaire.


Tout s’égalise, voilà donc, ce qu’on dirait le spectacle ce mode d’équivalence des images, le vrai comme mouvement du faux, même lorsque ces images cachent (puisqu’elles ne montrent pas) la réalité la plus insupportable selon nos récents critères occidentaux : la mort. Nous ne supportons pas, nous a-t-on soutenu, la mort, ce qui a expliqué, nous a-t-on encore dit, les mesures autoritaires, et acceptées, prises par tous les gouvernements. 

 

Je parle peu d’hyper-actualité, je n’aime pas le régime hyper-émotif et egocentrique qu’elle engendre - en toute bonne foi. 

Je n’aime pas, non plus, me produire moi comme au-dessus de la mêlée, moi qui serais, alors, de la dernière lucidité, c’est à dire du pire cynisme, ou de la plus extrême raison, c’est à dire de la plus apathique lâcheté. Ici, je m’étudie, être mon propre rat que j’éventre et étudie comme l’écrivait Dustand. Sujet de l’objet ; objet du sujet.

 

La mort, se montrait à nous, de façon quotidienne, par courbes comparant la surmortalité du printemps 2020 devenue rapidement surmortalité de l’année 2021. Sur différents sites, nous pouvions trouver un décompte quotidien, actualisable, des morts du COVID et des contaminations, ces morts en suspens, crût-on, pendant longtemps. Décompte quotidien ou hebdomadaire tenu à jour avec la même rigueur encore aujourd’hui, dans l’indifférence, suspendus que nous sommes désormais, exclusivement, à d’autres images, l’infographie et le calendrier de la levée des mesures sanitaires. 

La courbe de la mort neutralisée, elle aussi, devenue image sans relief.  

 

Voilà une longue file de camions russes présentés par certains journalistes comme des camions crématoriums. Ils viseraient à effacer les morts russes, à faire une guerre propre une guerre sans morts. J’ignore la valeur de ces images et j’ignore, tout autant, si elles devaient être vraies, ce qu’elles diraient de la guerre, de la psychologie russe, de l’intensité du conflit. Nous pourrions ergoter, des heures, sur le statut de l’image, la grammaire des signes et je crois que ces discussions ne valent guère mieux que les indignations qui me révulsent. 

 

Wendy, avait installé des gens devant une télévision projetant des images de la guerre syrienne qui durait alors depuis trois ans. Elle filmait, dans le halo bleu et clignotant, les visages bientôt impassibles des spectateurs. Les images, les mêmes depuis trois ans, et les mêmes encore sous la caméra de Wendy, ne faisaient plus aucun travail, neutralisées par la répétition, aplanies par la redite, la caméra de l’artiste n’agissait pas, ne réactivait pas une émotion même d’occasion.

Ce sont des images mortes, des vestiges devenus sans valeur, d’une émotion déjà toute donnée. Images lisses de la télévision, images rendues supportables, bien entendu. Images de guerre tout de même. Racontant, directement ou par suggestion, le meurtre, le viol, la mutilation la torture. Devant ces images, les visages studieux, beaux parfois dans le charivari de la télévision, demeurent sans réaction, les images glissent, liquides. Spectateurs des spectateurs nous regardons ces gens qui regardent, ces gens regardent pour nous et nous nous révoltons, devant cette image re(-)générée parce que re(-)médiée, de leur passivité, qui est notre passivité. Leur indifférence à eux est notre indifférence collective, la montrer, voilà une nouvelle image, elle aussi bientôt épuisable, hors de l’exposition vidéo. Le site Web de Wendy où était hébergée l’image a fermé. 

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23 février 2022

Vanilla

La sexualité dite vanilla me procure, je crois, les orgasmes les plus adéquats. Si quelques miettes effractives, en provenance des extases plus littéraires, se glissent parfois dans un râle ; elles demeurèrent toujours rares ou poussières. 

 

Pour autant, rien ne m’effraie vraiment et, assez curieux de tout, je me suis laissé embarquer au cours de ma vie, dans de brèves étreintes, aux goûts de l’autre aimé ou, à tout le moins, désiré. M., plus âgée que moi, dans sa jolie chambre étudiante, cachait ce qu’on pourrait dire un arsenal sexuel qui, la première fois que je le vis, ne provoqua pas l’effroi en moi, jeune fille provocatrice, qu’elle supposait, mais plutôt une surprise. Une extension des possibles de ce qu’on peut faire. 

 

J’ignore à quel âge, pour quels motifs se construisent les fantasmes sexuels. Dans Frisk, Dennis Cooper raconte que son fantasme sexuel de tuer son partenaire vient de ce que, à 13 ans, le propriétaire d’un sex-shop, lui montra la photographie d’un adolescent, pas forcément à son goût d’ailleurs, attaché par les quatre membres et blessé d’une blessure mortelle au-dessus de l’anus. 

Après avoir vu la photo, Dennis, se jeta sur son vélo et pédala de toute sa force, sans parvenir jamais à fuir cette image. Cette image innerve son désir et, parce qu’il est écrivain, son écriture. Des années après, dix ou quinze ans, Dennis apprend, en rencontrant l’acteur de la photographie, que son désir, ce désir crucial, le premier cristallisé, reposait sur une illusion.

Le fantasme, indifférent à la vérité, ne se dissipe pas pour autant, ancré rien ne nous en délivrera. Comme, peut-être ici, parce que le fantasme a date, un double ou une forme du traumatisme. 

Dans ses livres, Dennis Cooper continue de vivre, à travers ses personnages brutaux, parfois jusqu’à la caricature, une sexualité qui ne s’accomplit totalement que dans le meurtre.

Chez Dennis Cooper les gestes, tous les gestes, se prolongent ou commencent dans la sexualité. Son univers poétique se compose de deux éléments centraux : une homosexualité générique, tous les personnages, sans qu’il ne soit besoin de l’annoncer, sont des hommes gays et tous ces personnages vont baiser et cette baise, jamais vanilla, tremblera de violence et atteindra, dans les apothéoses les meilleures, le meurtre. Chez Dennis Cooper, le sexe revient à tuer ou se faire tuer. 

 

M., et je trouvais le mécanisme fort habile, cachait sous son matelas, aux quatre points cardinaux des attaches. A l’inverse de son coffre magique, elle éprouvait une sorte de gêne à ce que je les découvris. Je me souviens, d’un scratch d’abord ressemblant à celui des attelles et de lui demander, tout à fait curieux, c’est quoi. Je crois que je ne me représentais pas la sexualité SM sous ce tour là, c’est à dire que je ne l’imaginais pas aussi…instrumentale. 

Les liens en question étaient très laids et ressemblaient, comme je l’ai dit, à des attelles souples. Je m’imaginais de loin, sans intérêt spécifique, à cause de Sade ou de la Vénus à la Fourrure, des accessoires plus lumineux ou douloureux, j’imaginais d’autres matières le cuir, du vinyle ou de l’acier. Ici, c’était juste…pratique, utilisable et performant.

J’ai, ce jour, renouvelant l’expérience souvent, attaché M. La première fois, bon élève, l’attachant par les quatre membres, elle semblait suspendue, lévitant quelques centimètres au-dessus du matelas, portée par le désir ou la surprise. J’ai essayé parfois, avec elle ou d’autres, de former des noeuds plus complexes avec des cordes plus audacieuses, sans parvenir à mieux qu’au noeud le plus basique.

 

Je ne déteste que peu de choses et mon désir, toujours, disons ma pulsion, je l’ai dit est simple, dépourvu, une vie nue. 

M’attachant, par goût de la réciproque et de la curiosité, j’ai pourtant détesté, me sentant plus broyé qu’entravé par cette horrible mécanique. De façon générale, je découvris, souvent, que dans la sexualité comme dans le reste de ma vie, toute contrainte m’est atroce. 

 

Si je ne sais de quel coin secret de la mémoire ou de la biologie vient le fantasme, j’ignore autant l’origine de ce qu’on pourrait dire, en mon cas en tout cas, son contraire. Cette absence, en matière de sexe, de toute image antérieurement fabriquée. Preciado imagine lui de grands vents intérieurs soufflant à l’intérieur de nous et que toutes ces bourrasques, soulevant des grandes quantités de sable, révéleraient des pyramides. Il faut l’admettre, pour moi, sous la plage, la plage

Je ne me questionne pas tant que ça, en cette chose comme dans le reste, les pourquoi me semblent des angoisses inutiles et je suis, en la matière, assez doté de tortures intérieures. 

 

Je me souviens de W. que je retrouvais à Bruxelles, dans une chambre d’hôtel, vers 23 heures. 

Elle portait de très hautes chaussures en cuir, sexy j’imagine, qu’elle gardait tout le long de ce qu’on faisait l’amour. Une marque anglaise, peut-être, avec des sortes de clous ou de pics au niveau du mollet.

Après m’être dit qu’elle devait en être gênée et que ce risquait de me faire mal

j’ai rapidement mis de côté cette interrogation - l’inutile pourquoi - pour me plonger plus précieusement dans l’adorante consolation. La sexualité ne réveille pas en moi une sorte de brutalité, elle fait entrer en collision quelque chose de l’ordre de l’immense tristesse avec un bonheur retenu dans un vide lointain que, en faisant l’amour, j’atteins ou je (me) réunis avant même d’atteindre l’autre. Et après ? 

Je me souviens de sa voix et son léger accent, 

ce sont des FMS, et moi, très gêné - je détestais être pris en défaut en ce temps là - de lui demander, après avoir feint de savoir en hochant la tête, c’est quoi ? Des Fuck Me Shoes. J’ai appris, tout le long de ma vie, ces choses ce langage que, si j’en crois la partition habituelle des genres et la distribution du désir, je devais moi enseigner. 

 Peut-être de ce temps-là tiens-je le goût des chambres d’hôtel luxueuse. L’odeur des sexes mouillés, le bonheur, les lotions hydratantes Hermès ou Lanvin comme on en trouve dans ce genre d’hôtel. Aussi de mes chaussures anglaises, mes préférées, des boots en faux serpents, au talent cubain, toutes cerclées de clous et de têtes de mort. Comme si mon plaisir retenu se convertissait, dans mon cas, ailleurs que dans le désir sexué. Se devait trouver une concrétion, devenir de l’observable, du touchable. Je touche l’impalpable.

 

 E., sur une plage du Nord de la France, me demande, je me souviens du bruit des vagues, de nos serviettes curieusement blanches, E. qui me demande dis-moi que je suis ta pute puis crache-moi dans la bouche. T’es ma pute. J’apprenais de nouveaux mots, des mots que je savais, bien sûr, et plutôt que je comprenais cette fois, dont l’association résonnait avec un peu plus de vérité. J’étendais mon langage, le champ du dicible dans l’amour, partout. 

 

Si, après elle, j’insultais d’autres filles en baisant ce ne fut jamais avant que d’être sûre qu’elles étaient d’accord comme si, malgré le souvenir heureux de cette nuit sur la plage, je n’étais toujours pas moi-même convaincu qu’il s’agissait vraiment de mon désir à moi. 

 

Ce dont je suis sûr, par contre, c’est que ces paroles ne déposèrent en moi aucun fantasme si nous appelons fantasme la sorte d’anticipation abstraite avant de baiser. Aucune chorégraphie jamais ne s’établissait d’avance, pour moi, en quelques images précises. Quand mon ami M. me décrivait très précisément, non ce qu’il avait fait et souhaitait reproduire, mais ce qu’il voulait faire avec telle ou telle, je me trouvais là, épaté devant mon total manque d’imagination moi qui, en tout le reste, surtout l’impossible, en suis doté plus que du reste. Je veux une baignoire, pas une baignoire où le robinet se trouve à l’une ou l’autre des extrémités, une baignoire où le robinet est au milieu pour éviter qu’il encombre le corps, sinon ou bien les pieds ou bien le dos cognent contre, ça fait mal, ça distrait. Ou bien Sur ce fauteuil là…Il voulait la lécher, si ici je ne reproduis pas - les faisant passer pour siennes - ses paroles c’est que, les trahissant, je leur donnerai un tour viriliste qui n’était pas son ton d’alors.

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20 février 2022

Souviens-t-en Souviens toi.

Je n’érigeais pas, valeur suprême, la force auparavant, contrairement à ce que beaucoup croyaient. Les valeurs viriles, au sens strict et classique, jamais ne me plurent et, me répugnent aujourd’hui encore. 
A celle-ci, dans un geste inspiré de je ne sais quelle apocalypse ou d’une autre modernité, je préférais la destruction. Mon goût n’allait pas aux batailles rangées, aux stratégies de Saint-Cyr et aux belles légions déclinées centuries ou cohortes. A toute cette vertu guerrière, je préférais le feu aveugle, la destruction, comme principe radical d’égalité. Il me fallait tout tordre, tout réduire en miettes et je vous haïssais tous et toutes sans distinction
Peut-être je proclamais alors avec Léah, un goût mal compris pour la force, une faute de français c’était en ce temps là, quand ne me tordait que, exclusivement, fidèlement, la haine farouche, l’envie que tout brûle et rien ne brûlait, tout demeurait tout aussi intact, écorné à peine, comme si à ma violence ne pouvait répondre que le sourire indifférent d’un monde désormais trop établi. Je nous croyais de taille à l’affrontement et nous ne l’étions pas. L’âge, la douleur, la maladie ont fait le reste.
Nous répandions, sans succès, le pire et si quelques fois, de trop insuffisantes fois, je semai la discorde, nous manquions du talent nécessaire pour révéler des choses la cendre. Je passais, vent putride, aussi vite dissipé que levé.
Se proclamer volcan ou de quelque force primordiale hélas, ne nous en confère ni le pouvoir ni même pas les effets. Le songe, la prière n’y peuvent rien. La littérature, n’en parlons même pas. Dans mes mains alors je tins quelques vies que je tentai de faner des objets aussi à fêler et je n’aimais rien tant que défier le bien, cette vague histoire de morale, que j’appelais en ce temps là, d’avant l’éveil, la putain.

De ce goût d’avant, je ne regrette rien sauf de n’avoir pu mener, impuissant, ce projet de carnage à son terme. Lequel ? Je l’ignore. Je sens en moi cette vague sensation d’inadvenu, un rendez-vous manqué avec l’orgueil, la catastrophe ou le ridicule. 
En ce temps-là, avant de rencontrer - et croire surtout -  Marie-Anaïs, je ne croyais pas, pour de vrai du moins, à l’existence de la bonté. Disons que je l'avais ouï dire, une sorte de fable, de parabole pour les naïfs et les faire, eux, obéis. J’ai accepté de suspendre, loin, au fond d’un sombre musée, cette rage frustrée, et quelque fois je vais la regarder de près. De la bonté je doute encore et de la haine remisée tout autant. Certains jours, elle refait surface, je m’étonne de la trouver aussi intacte, toute pure et lisse. J’en ai perdu l’usage et la maîtrise, cette pratique instinctive de l’horreur où si simplement je pouvais commettre le pire. On dit, en Espagne, du Soleil d’hiver que c’est un soleil avec des griffes. Je cherche, parfois, en plein été, ces griffes. 

 

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19 février 2022

Merde.

Merde je l’ai pas pris on me demande parfois, lorsque je m’exclame ainsi à propos de mon médicament, ce que je serais, à l’instant présent, si je devais l’oublier ce jour ou par trop souvent
serais-je de moi un autre que moi, rendu non plus à moi mais, en quelque sorte, à ma version brouillée, troublée, un moi spectral et dangereux ? 
m’imagine-t-on, si j’oubliais mon médicament, assailli de visions horribles, de pensées meurtrières, destinées à ma vie ou attentant à d’autres vies 
Je n’aime pas cette question et ce qu’elle contient de soupçon et peut-être un peu aussi de fascination. Pouvoir de voir des fols interrompu ou alenti au contact des médecins. 
Ce moment que je sens souvent d’effroi fasciné ou de dégoût peureux selon l’autre en face de moi qui, l’autre, dispose en vérité de tout le pouvoir de mon pouvoir ; par elle ou lui je suis fol ou fou. 
Demeure, quelque part, enfoui certes, et plus que jamais en ces siècles de raison libérale, les soupirs prophétiques des Oracles, la croyance que certains connaissent le voisinage d’images épileptiques, une vérité recelée peut-être. Celle du voyant auquel la crise d’angoisse sert de boule de cristal. 
que voit la voyante ? 
il faudrait dire les lèvres grises
dures
les baisers mortels
raconter
les yeux pastels
le sexe tiède dès l’aurore
dire
le matin au pelage doux comme le sommeil d’après l’amour
l’odeur, l’automne, les feuilles mouillées
de l’eau jusqu’aux mollets
la proie immobile tenue entre les serres
tendres définitivement du faucon voyageur
que voit le voyant ? 
tout ce que vous voyez.

 

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11 février 2022

S.

Sur Facebook, la plupart de mes suggestions amicales concerne de jeunes filles diaphanes, plutôt jolies, toutes minces. J’ai, avec ces jeunes filles, chaque fois quelques (ou beaucoup) d’ami·es en commun, des hommes surtout, évidemment. Chaque fois, parmi ses suggérées, sémaphore inamovible, je trouve S. et si je me rends sur le profil de l’une d’elles, toujours inamovible sémaphore, je trouve un commentaire d’S., des réflexions d’S., des interventions d’S., rarement pertinentes, la lumière obtuse d’un sémaphore inutile. Se signalant, dans une sorte de au cas où sans que je puisse circonscrire avec assez de précision sa visée. Le connaissant assez, je sais qu’il n’ambitionne pas de coucher avec ces filles, le connaissant assez, aussi, je devine son intention plus…démiurgique, que la lumière du sémaphore suscite, comme une oeuvre d’art, l’admiration. Il aimerait se payer des pâmoisons de ces filles artistes, réifiées non cette fois comme objet sexuel, assouvissement du désir forcené des coucheries accumulées, plus davantage consacré, lui, S., comme écrivain total puisqu’accrocher l’admiration de jolies jeunes filles vaut tout comme les baiser. 

 

Ces filles, je le remarque aussi, mettent en scène, avec une maîtrise étrange, ce dédoublement de jolie et artiste. Me les voyant proposer par l’algorithme, aucun doute, telle écrit de la poésie et telle autre ambitionne une carrière théâtrale. Les signes disséminés ne désignent l’identité qu’indirectement, par fusion, synthèse et non par addition. 

 

La mise en scène de soi, dans n’importe quel espace social, relève de la plus grande des banalités, je ne peux m’empêcher d’admirer, seulement, celles ou ceux atteignant dans l’exercice certains degrés de perfection.

Nous savons, aussi, que d’autres poètes - et mes rencontres eussent-elles été différentes qu’il en aurait été de même pour moi - emploient leur titre afin d’impressionner ces jeunes filles et cette fois, à l’inverse d’S., les vider jusqu’à terme, jouant du grelot mal hypnotisant, se courbant, eux les poètes, devant la muse qui muse ne demeure qu’encore habillée. Une fois nue, elle retrouve à leurs yeux son statut de femme, c’est à dire d’inférieure. 

 Moi, je n’y comprends rien

 

 

 

 

 

 

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09 février 2022

Naître à soi.

Mon identité de genre se vit, depuis toujours, sans trouble. Mon apparence jamais ne me dérange, moi c’est moi, je dirais si je devais me trouver un slogan vendeur, plus tard, pour un prospectus de survie moi c’est moi, et je ne me rêve jamais autrement sauf, et à peine, rarement, plus riche. Sans trouble, j’aime jouer, en même temps, à distance, trivialement, à me parer de lambris féminins, mes jeans serrés, le khôl qui prolonge le regard, les gestes légers…le manque d'imagination fait obstacle à davantage, je croyais jusque là.

Quelque chose, seulement, me manque, quelque chose du domaine de l’expérience, du travestissement et de la déformation, quelque chose ou quelque part du non visité, de quoi je ne suis pas instruit et dont j’aurais vu, dans une sorte de rêve prophétique, la forme engendrant, tout ensemble, siamois le désir et la frustration. Quelque chose où je sais que je me trouve, moi, sans m'atteindre.

Je cherche où m’acheter des tenues d’argent lamé qui collent à la peau et dessinent sur mon corps androgyne comme des points de contact avec le féminin, je parcours les corsets, tous de mauvaise qualité même les plus chers, en cuir, en soie ou une matière, au-secours, jolie.
Ces choses ne m’évoquent aucun fantasme d’ordre sexuel, aucun fétichisme ne s’attache à l’objet. Il n’est question que de moi, de mon trouble, mon écartèlement, mon voyage. Je rêve de faux ongles véritables qui semblent faits pour tuer autant que pour aimer et qui, maladroit tel que moi, ne tueront ni n’aimeront, et plus sûrement déchireront moi-même, s’enfonçant intimement. Les faux-cils me fascinent, je m’imagine les portant, dériver dans la rue, jetant des regards dévidant en riant d’un rire accompli. Les femmes parées des faux-cils me paraissent toujours de drôles d’étrangères, venues de mondes parallèles, comme un attribut de sorcière qui préservait, dans cette galaxie lointaine, du feu menaçant des bûchers dressés. Parvenues ici, elles conservent le talisman, voilà tout.

Je m’imagine, titubant, comme le battant d’une cloche invisible, au milieu d'un cercle où des regards secrets me regarderaient, où le mot back-room projetterait son flash éblouissant sur ma peau argentée, où je pourrai imaginer, de l’autre côté du mur, des milliards de regards tordus de désir, d’inquiétude, de honte. Je ne sens pas ces regards en écrivant, la page blanche ne me renvoie qu’à ma lèvre mordue de frustration, qu’à l’agitation insatisfaite de mes membres. Tout crie. Ca ne suffit pas. QUE TOUT BRULE. Il ne s’agit plus aujourd’hui que de donner la juste trajectoire à cette visée, déjà, je me trouve au-delà de la question, cherchant, seulement, de la réponse la dimension. 

J’ai visité des villes et des monuments, admiré les peintures sublimes des capitales étrangères, je me suis laissé torturé, vous n’imaginez pas combien elles me torturèrent, par les pierres effondrées de Rome, la douleur ressentie marchant dans la terre ocre des thermes de Caracalla, parcouru les plages blanches de l’Asie trafiquée des agences de voyage, les annonciatrices de la mort, j’ai trempé dans des mers si pâles où je vis jusqu’à mes os. Je ne parle pas de ces destinations touristiques, extérieures et, pour moi, pour moi qui voudrait l’écorchure, insuffisantes, ces formes me brûlent comme l’eau bénite la mal exorcisée. Blessé comme la faim blesse l’affamé.  

Je parle d’un coin obscur de moi-même, inexploré. Moi, pourtant, haha, le voyageur intempestif des cruautés adolescentes, le directeur des affaires louches, agitant mes mains, prolongés de mes ongles longs et coupants. Mes ongles, longs et coupants, d’une paresse sans vice. Faux fauve mal sauvage. 


Je sens, ces derniers jours, en moi un séisme sous-marin poussant à la surface, à hauteur de cris, de lèvres, de pleurs, ce monde englouti, caché, honteux. 


Ce glissement de terrain découvre sous sous la boue, la lumière d’un astre.

Les abîmes, je les connais, ne me parlez pas d’eux. L’abîme, pour moi, l’abîme en moi, revient à ce que trivialement, vous dites de l’horizon ; cette limite obsédante pourchassée en vain ; 
et moi je dis abîme
cet horizon 
vertical, 
vertical
il m’engloutit l’abîme 
sans limite 
ni cesse le
gouffre qui me 
prend. 


A ce coin barbare au-dedans de moi, à ce pays de Wisigoth où je feignais toujours de ne pas comprendre le langage, à ce coin barbare, sûrement, je dois quelque chose, un geste, une tentative, une fissure. Parce que ces patries ensanglantées, toutes, matérialisation de MOI MOI MOI.

Je dois naître, je le sens, de cet écart en moi-même d’où vînt la secousse ? Je ne peux dire. Les images banales de la publicité, la mise en scène d'une sorte de péché ? 
Associant, en quelque sorte, ces images une sorte de mal, d’exploration de soi-même au simple travestissement comme si franchir, par le vêtement et le maquillage, les limites du genre nous menait en des terres exquises, religieuses même, comme si cet acte là témoignait du vice le plus fondamentalement pur. Comme s'il s'agissait de morale. Non, ce n'est pas ça. Il ne s'agit que de vie. La mienne je crois.

Bien davantage, 
Frédéric et son travestissement, sa bouche collante, des mois et des mois après de sperme et de peur, ou alors, novembre, le drag-show du Sister Midnight peut-être où j’entendais le vacarme, lointain, d’un océan mouvant et plein de vagues, où j’entendais la voix des sirènes belles et dangereuses, appelant à l’aide celui qui criera à l’aide.

Bien sûr, ma campagne intérieure, je l’ai battue et rebattue, comme le vent plie les blés, 
je connais les sentiers rêvés de la littérature, ces promenades dans des villes fantômes où sur des cordes à linge sèchent des pages pourries et du poisson humide, je sais par coeur le frottement des amours minuscules et le je t’aime le plus pur, qui monte, depuis toujours, de cette chambre d’hôtel, place Robert Schuman, les visages poudrés, le reniflement exagéré, outrageusement vertueux, après avoir reniflé de la pacotille, oui, et la baise terrible venue des orages les mieux faits, le tremblement de l’air et le milliard d’étoiles pulvérisées debout contre le mur, la langue deux fois humide des poils enroulés. Je sais, les puissances recelées, jamais secrètes, de ces profondeurs à fond simple, simple comme la profondeur des océans pour l’océanographe.

 
Je parle d’autre chose, d’un ailleurs à moi propre, deviné, senti là. Un pardessus ou, diraient d’autres, un en-deça dont, par peur de la blessure la vraie, je me détournai, I don’t speak ****, la même excuse, pour fuir le vrai reflet, l’éternelle lâcheté face à ce qui menace ta quiétude, ton ordre, ah toi, qui toujours pourtant te disais de tous les risques, toi haha, tous les gouffres, toutes les falaises, tu disais ? te voilà bien pris au piège quand on t’accule pour de vrai, allez saute, je te dis, saute. 


Et je me dis, alors, ceci, ce loin de si loin si semblable au désastre. Je me dis de Ne pas m’y rendre tremblant, désolé ou dément. Je vois Frédéric, ce que ça lui fait lui de s’y jeter comme il se jette, inconscient, aveugle, ce ne sont pas ses vêtements, jetables de toutes les façons, couverts de foutre ni sa lèvre enflée d’herpès, qui m’effraient. Moi, bien davantage, m’effraient la sorte de peur, celle de l'après, qui le hante, la grande mutilation comme si cette liberté, la simple expérience de soi, se payait d’un coup de hachoir.

Dire, je, Tout simplement, d’un naître à soi.

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08 février 2022

Berlin Centre

F., fréquente avec intensité les lieux intersticiels et marginaux, loin des imaginations de la plupart des gens, loin aussi des questions de classe et d’économie, son identité, ses identités éclatent et forment mille petites flèches vénéneuses.

F., doit reproduire un certain ordre social et les gestes associés qui performent cet ordre. Pour ceci, il lit la presse, travaille depuis cinq ans chez PWC, déjeune tous les week-ends à Neuilly-sur-Seine, chez ses parents. Dans une maison immense, comme j’ignorais même qu’il en pût exister de semblable. F. me dit 1500m2 lorsque je lui demande à l’instant la taille de cette maison. Je veux bien le croire. F., se conforme, prend sagement ses 5 semaines de congés payés, travaille tard en cas de closing, s’acquitte de toutes ses obligations filiales, il est l’obligé du contrat de travail, de la vie salariée, du code civil.

Voilà, pour ce que F. doit et ce qu’il doit le tord et le broie.
Ce qu’il doit l’empêche, et l’empêche tant que sa vie, son autre vie, je ne dirai pas sa vraie vie, simplement sa vie inusuelle, sa vie d’interstices, de back-rooms, se déroule dans un chaos dangereux qui parfois l’effraie et menace son existence physique.

F., me raconte que, souvent, lorsqu’il se dégage de son corset d’obligations, il se rend à Berlin. Là-bas, dans le même sex-shop, toujours le même, F. a des manies qui confinent aux TOC, F. achète une perruque, un rouge-à-lèvres très rouge, très pute, une mini-jupe en faux-cuir, très pute, aussi réutilisable qu’un préservatif usagé. Il veut se faire chose, F. dit, être utilisé·e.

F., une fois paré cherche, dans les rues de Berlin, autour des clubs douloureux ou joyeux, des hommes titubants. F. se fiche que la lumière ait quitté leurs yeux ou qu’y brille une lumière toute tordue et dangereuse. Je veux sucer des queues, n’importe quelles bites. 

F. cherche à sucer des bites. F. n’a pas besoin, pour exécuter son désir compulsif, de se défoncer la gueule, comme beaucoup, souvent, pour accomplir les fantasmes dangereux, doivent suspendre la part dressée de leur esprit.
F. se promène toujours avec une boîte à drogues, un curieux coffret en bois où, à la manière d’un expert-chimiste, il range les différents excitants qui lui plaisent 3MMC, MDMA, cocaïne, beuh…A Berlin, le chem sex lui plaît, évidemment. Il a commencé la 3MMC là-bas et à cette fin parce qu’un type, Jorg ou un autre prénom d’assassin, le lui imposait. A Berlin, F. ne vient pas pour ça, pas pour le chem sex, sa drogue ici, c’est le risque encouru, l’incertitude quand tu te tords de désir devant le premier homme, la première bite, les premières couilles.

Là, cette vie, sa vie, sa presque vraie vie, F l’expérimente dans un grand cri meurtri qui est aussi un grand cri de liberté. F. aime le goût du sperme qui, il ne le dit pas, je le devine, ne délivre tout son arôme que dans ces rues de Berlin centre, chaotiques et étrangement stériles. Elles sentent le cul, jamais la pisse. F. ne peut jouir de ce plaisir tout à fait que dans cet habit d’ombre brillante, que fardé comme une proie, il dit, F., ça comme une proie avec d’autres mots. Ses mots à lui. Les mots de celui qui lit la presse. De F. l’hypersensible qui lit la presse. F. qui dort la gorge tordue d’angoisse, rue de Rome, les jours où il dort seul, où son amante dit je veux de la solitude où il ne peut aller à Berlin. Je pense, alors, à ses poignets marqués par les coups légers du cutter, des coups qui ne sont pas faits pour tuer, cette façon, désormais, de soi-même, pratiquer l'inutile saignée.
F., lorsqu’il raconte ces épisodes les raconte avec une sorte d’effroi, moins impressionné a posteriori par son courage d’alors que par la nature même de son désir qu’il juge, soudain, abominable. Comme si avait reflué d’un coup, Neuilly-sur-SeinePWC le monde affreux, cette vie déposée en lui par effraction ce Neuilly-Sur-Seine colon, 1500m2 terrassant, cette maison bourgeoise et vertueuse crache à la figure de F et barre à F. l’accès serein à une partie de sa vie. Toujours ce sera la porte dérobée, l’escalier de service, l’échelle branlante, toujours ce sera soi-même son propre passager clandestin soi-même la douane. 

F. ne ressemble pas à ses trente ans, son visage imberbe, ses yeux très doux, un air de ressemblance terrible au Terence Stamp de Théorème. 
La fille avec laquelle, régulièrement, il couche, me disait que toujours, avant chaque geste même avant de prendre mes seins il demande s’il peut. Qu’au début, elle en était très troublée, qu’aujourd’hui, désormais, ces préventions la rassurent, comme si rien ne pouvait arriver d’autre que le plaisir. 


F., exemplifie parfaitement, trop bien, ce qu’on enfonce au fond de la gorge d’êtres pâles et vermeils, la honte. Une honte tenace, contradictoire et bouleversante. La honte de soi-même, d’être soi-même, de pouvoir, en toutes circonstances, dire fièrement, prétentieusement même, me voilà donc tel que je suis. F. exemplifie cette fracture, cette vie menée, non dédoublée, puisque ce serait beau, ça, soi-même exister deux-fois, une vie de surface une vie de profondeur, ce serait beau cette vie comme un rayon éclaté, là, il s’agit d’une vie fissurée, dont le centre, le JE, est une fêlure. Alors, comme F., parce que le désespoir, la nécessité intérieure, l’autre côté indompté de la fêlure, force son chemin, alors comme F. on se rue la tête contre les murs à risquer de se briser les os, d’attraper froid ou la mort. 

Le ravin se creuse de l’affreuse morale publique, l’envie forcenée, toujours, de vouloir lui complaire comme l’enfant martyr à ses parents bourreaux. F., ferme les yeux sur lui-même, le plus souvent, pour s’épargner sa vision, en pleine lumière, dans les lieux éblouissants il avance comme dans une nuit indéchiffrable. 

Alors il crie, au-secours à travers ses lèvres peintes de rouge et de sperme, dans une rue bruyante de Berlin, là où régnait jadis en maîtresse inflexible la Stasi. Désormais, la police secrète plus secrète que jamais, glissée muette dans sa propre ombre. 

Les êtres divisés ne peuvent le plus souvent jamais se rassembler et l’abîme s’ouvre pour atteindre un jour la taille exacte de la tombe. Une question de temps. 

 F., sûrement, finira tué, enfonçant un jour trop profondément la lame scarifiante. L’ultime saignée. On ne se sauve jamais du monde. 

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05 février 2022

Lyrisme-Maniaqué

Evidemment tu étais fait pour le carnage et jouer l’enfant sage ah ça ne pouvait t’aller qu’un temps la maladie 

celle des autres le doigt levé parler sans interrompre ah ça décidément ce n’est vraiment pas de ta race

toi tu prolonges le carnage qui toi-même te prolonge tu

prends ta place parmi le murmure de la chaîne 

les dents qui claquent

les ongles rongés

anneau le plus doux de la chaîne la plus dure

Délaisse tes habits d’enfant de choeur sur le beau linge blanc répands toutes les larmes la bave épaisse des yeux 

Aucune blessure jamais ne te déchirera plus 

étroitement

que celle-ci

au printemps 2018

la montre gousset cassée d’un geste de rage

tu ne sais plus qui tu es le monde brutalement

se rétrécissait comme

une chambre capitonnée

une cellule

tu as cru devenir fou quand le monde

comme la bouche de l’agonisante

se pinça

te broya

 

alors aujourd’hui

raille gausse toi crache injurie ta façon de dire moi je

ressemble si parfaitement à la haine on te croirait sorti

d’un livre d’Histoire d’une bataille Sanglante

beau miroir au reflet terrifiant la page 217 du manuel Hachette

 

Je venais pour le massacre quoi que mes bras impuissants tendus ne massacrent à peine que moi-même

Peu importe

La violence qui monte

monte 

je me suis tu

or

taire n’est pas tarir. 

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02 février 2022

Lisbonne

à nouveau je crie je pleure au secours au secours ma haine au secours 

l’horreur revenez moi affluez débordez que je sois votre première victime

mon premier bourreau revenez revenez vous mon horreur mon blasphème vous traîtres trahis revenez vrais amours ma haine vrais amours mon moi-même les seuls miroirs fidèles ô surfaces menteuses revenez je dis revenez

revenez moi perdu hagard revenez moi égaré dans l’herbe grasse dans le pré ou la paille molle moi me traînant satisfait repu d'un faux printemps et la bise ne coupait pas par la fenêtre on voyait dessinée dans la brume la mort alors revenez sauveurs mes sauveuses revenez mes miennes abysses oh revenez

je te dis

ouvre la fenêtre le vent cou

pera

rbera

le vent

le souffle

quoi l’haleine fétide

que ça empeste cette pièce

trop bien aérée trop

neuve trop claire

je n’en peux plus cette odeur de propre

la lessive et l’après-shampoing

je veux sentir à nouveau la rage me tordre

le cou

qui me dit laissant sa marque

sur ma peau

voilà

c’est bien toi

Jonathan

te voilà

marqué comme l’esclave

ou la bête d’un bouvier scélérat

un voleur de bétail

de première classe

te voilà la corde au cou

libre comme jamais repais toi

je te le dis repais toi du repas rapace

rapiné étendu giton 

dans le lit où le sperme parfumé

ressemble au magnolia séché

 

Posté par boudi à 04:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]