08 juillet 2009
Capharnaüm !

Je suis un impotent, j'ai le rapport social sous tutelle ET curatelle. Tu vois, moi, si je suis un bookaholic c'est que les gens ne me suffisent pas dans leur immense médiocrité qui tinte dans le vide. J'ai besoin de personnages, d'individus forts de résolutions et faibles de spasmes, qui sont là, tremblants, lâches mais puissants. Que les mots, les mots les circonscrivent, les dessinent en pleins et déliés, en creux et en entiers. Ce sont des chiffres qu'aucun comptable ne peut retenir sur sa calculatrice, qu'aucune mémoire arithmétique ne peut convenablement identifier. Tu sais pourquoi ? Parce que la littérature, ses héros, ne sont jamais JAMAIS des code-barre qu'un programme saurait évaluer, et stocker en rayon. C'est fou. L'humanité, la matérielle, celle abjecte qui traîne son âme en guêtres sur les pavés de l'existence, se range, s'évalue, se négocie. Elle a une valeur, un "potentiel marchand" pour le dire publicitairement correct.
Chérie, t'es une cible toi et tous tes potes, vous êtes des cibles, des larges idéalement le pouvoir (d'achat) inversement proportionnel à l'intelligence.
Et ! Je veux les voir les amantes, les filles noyées, les chaloupes chavirées et les pères impuissants, je veux lire moi des destinées funestes gravées sur du mûrier en scierie. Ce pourrait faire un jeu de mot explosif, un à moustache, bombes atomiques en devenir et même recouvert d'un voile -d'une burqah- d'antisémitisme. C'est facile, ouais, de les voir les coptes ensanglantés et les cooptés ? Ca va bien pour eux !
Oh, j'ai le rapport social camisolé, corseté et pas pour rehausser mes attributs. C'est davantage de l'étranglement esthétique, du bandé sévère autour du cou à vous faire jouir d'agonie. N'oublions pas que chaque pendu, comme dernier repas, goûte à la suprême extase. Donc, je raconte une histoire et je me perds, mon écriture est un delta, qui fuit dans tous les sens. L'eau, l'eau de mon visage, de mes lèvres qu'aucune éternité ne saura jamais assécher, retentit quand elle choit. Vous entendez, dans la nuit, ce frisson de solitude ? C'est mon coeur qui tombe sur la pierre, c'est mon être qui retourne la terre inutile et saccagée qui vous engendra, c'est ma plume qui vient déterrer vos précieux morts et violer vos lignées chéries. Je pisse contre tous les arbres généalogiques, j'en scie toutes les branches, qu'il n'en reste jamais que des aristocrates décapités, des "têtes au bout d'une pique".
Oui, je suis ça aussi, un barbare juriste sans loi.
J'aime le livre, le personnage qui se crée, et c'est avec lui, Werther ou Jean-Jacques, Faust ou Bardamu que je converse. Leurs ombres et leurs dépouilles silencieuses et immortelles ont infiniment plus -et mieux- à dire que le bruit dont se rassasie la foule, et qu'elle colporte. C'est la bonne nouvelle du siècle le bruit. Hé !? Il faudrait l'annoncer sans l'avoir jamais crucifié, le bruit ? Oh. J'aime ce "Oh" qui est une contemplation, des points de suspension sans cordes, sans ponctuation. Je ne veux pas vivre, moi, dans un monde enrubanné de coton, rembourré de poussière d'os, et de satin, je ne souhaite pas transformer chaque immeuble en cercueil, chaque cinéma en cathédrale. J'aime le mugissement des éléments, le pas furieux de l'amant qui vient de retourner Paris pour arracher à sa belle ses yeux, pour jouir de chacun des soupirs qu'elle expirera. J'aime, la musique de la vie, j'y danse. Je suis élégant et gracieux, naturellement, sans effort. Ma démarche suit le rythme d'un clavier bien tempéré malgré ma détestation de Bach cet "ennui symphonique". Je ne refuse pas, moi, à la Terre de trembler, aux plaques de s'heurter, aux corps d'exulter, aux bêtes de se meurtrir en hurlements, que la plume rugisse, que l'homme clame son existence, que le "Je", le "Je" unique, individuel et précieux sorte étourdissant de fracas de chaque faille terrestre, qu'il s'échappe en sanglots des milles abîmes laissées inertes par la foule trop légère pour s'y enfoncer. Chaque montagne doit accoucher d'un volcan en colère. Je l'aime moi, cette musique de la vie, infinie de tons ! Le bruit, lui, est mathématique, il se conjugue à l'impératif, à l'ordre, c'est militaire. La techno, est une marche militaire ! Deux temps, trois maximum. Une Deux, Une Deux, Une Deux. Qu'on ne s'étonne pas demain des instincts de mort dans les yeux des foules, qu'on ne s'étonne plus jamais des vies régies par des chronomètres et des trompettes synthétiques. "Feu". Infortunés que nous sommes à subir le déluge bruyant d'une armée qui se croit civile mais porte l'uniforme. Celui de l'originalité commune. Du bruit commun. La marque. Général, D.J, même combat.
Nous sommes des soldats pas des potentiels, pas des en puissance comme l'on est toujours au milieu d'un roman -ce ferait une belle mise en abîme, mais l'évoquant plus haut je craindrai de provoquer la bête couverte de blasphèmes-, nous sommes une armée sans campagne, à peine courroucée des manquements à l'étiquette. Nous sommes tous, commandés au bruit, aux impératifs. Lever. Coucher. Nuit blanche. Du festif organisé, enfermé. La boîte de nuit mais chérie c'est une caserne ! Alors la foule sort, conscrite inconsciente, titubant d'ivresse programmée. La guerre est ECONOMIQUE, c'est le champ de bataille du marché ! Il n'y a qu'à errer Boulevard Hausmann en période de soldes pour s'en convaincre. Le libéralisme c'est la guerre. Sus aux résistants, aux maquisards, que l'on enfume Tarnac, que l'on (vili)pende les résistants. Et. Moi j'ai besoin de livres, de romans, de génies à tutoyer chaque jour. Leur dire, moi, que dans mon ventre je crée. Bonjour je suis Dieu et aujourd'hui j'ai décidé de faire la nuit. Que l'ombre du bois recouvre la terre, avec ses carnassiers jamais rassasiés que sont la peur et la mort. Mon premier vertige me frappa alors que je gravissais le mo(n)t "extase". De son altitude je sentis le sol se dérober, l'Univers se fondre avec le vide. Ma tête tourna, mes joues s'empourprèrent et je divorçai alors du monde. C'est consommé, je suis hors d'un mariage forcé avec le monde. Excommunié. Le monde se décompose en trois strates : la famille, les adversaires (qu'ils soient amicaux ou non), les vagins. Cette dernière catégorie s' est estompée depuis que ma plume aiguisée me châtra.
Je suis sauvage, je me lèche les plaies où court de l'eau bouillante. Et mon corps grave, mon esprit lourd s'enfoncent dans les marécages sur lesquels vous passez sans les voir. Tous ces sables mouvants, tous ces pièges qui ne se déclenchent qu'au delà d'un certain seuil de gravité et que vous ignorez, légers et transparents que vous êtes. Je dois déployer mille efforts et recourir à des trésors de prévenance pour seulement vivre quand vous passez vous pareils à des feuilles mortes dans la vie sans qu'elle ne vous souffre. La vie est un champ de mine et vous êtes un poids inerte, comme le bruit qui vous agite les sens. Si l'on peut encore parler de sens. Vos bibliothèques sont des étals, et vos musées des déchetteries. La littérature me file le vertige ; vous me filez la nausée. Les personnages, les héros, sont grands, immenses, le corps percé de flèches ils ont toujours plus de sang et de lave que vous, dans vos êtres pansés, pansus de lieux communs. Oui, eux, vivent avec en travers du coeur des flèches qui traversent la nuit, des flèches serties de plumes grises aux pointes en acier, le corps entravé de clou ils sont libres ! Et ils vivent mieux, ils vivent plus intensément dans les geôles de leurs pages, quand enchaînés au chêne qui les enfante ils osent s'exclamer !
Déclamez, êtres humains, déclamez, faites sortir vos intestins et hurlez. Le langage peut, doit être grossier, violent, vulgaire, façonné dans le sperme et la merde. Crachez vos organes quand vous causez, d'un cri, que vos poumons essoufflés, que vos gorges assoiffées se répandent ! Je veux vous voir saigner, d'autre chose qu'une pale lueur vous sortissant des veines. Et merde à la fin, il est où le cri de l'humanité, dans quel bois sommeille-t-il que j'aille violer cette belle endormie, que je lui enfonce les dix-mille sexes de la littérature dans la peau, sous la chair vulgaire et tremblante. Je veux ça, que tous les bassins débordent d'extases, les féminins et les géographiques. On ne dira plus "tu" mais "T APOSTROPHE' " que tout se contracte à commencer par les corps des femmes. Et. Me voilà pris par le tourbillon, par la fièvre, la flamme. Je l'écris déjà, mes veines sont pleines d'azote je remonte brutalement de vingt-mille lieux sous les mers, j'ai fait un tour dans la littérature un profond. Et ça remonte, les petites bulles, la pression dans mon crâne, j'explose, je fuis de partout. Monsieur, regardez mes pages sont rouges comme un drapeau noir. Je suis écarlate, et si ça bout, que je transpire la littérature, que j'en couche des lignes de poésie sur des lignes non tracées, si j'attache aux marges invisibles tous les collabos que je croise, toute cette foule immonde et vendue, c'est un peu que je suis en vie. N'oubliez pas qui je suis, je suis la violence faite verbe, la nuit faite homme. Je descends, moi, et c'est mon ombre qui dégaine. Je la presse pour en sortir un jus de noir, un poison fatal. Buvez mes frères. Ceci est mon sang, ceci est mon corps.
27 juin 2009
Lina
Tu me files pas que le vertige, tu pends à mes yeux de délicieuses images, des dansantes. J'ai la rétine qui marche à carte mémoire, alors je renvoie, là, sur les bâches du cerveau les images de ta divine nudité. J'ai la mémoire en hyperaction, qui retient, te retient, te capture, toi, avec tes yeux dansants de tristes marées, avec ta bouche qui regorge de. De quoi déjà pour éviter la vile flatterie qui n'est jamais qu'une excroissance de la bite du demi-poète qui l'emploie. Alors pour le dire avec emphase et excès mais sans fausseté intéressée par les méandres de ton corps. Y a ta bouche qui regorge de mille souffle, mille souffle qui gonflent les voiles, les côtes, qui excitent les marins qui crèvent et qui pissent dans mon ventre. Je suis un peu dégueulasse, moi, avec des marins qui sont là à pisser dans les ports de mes côtes, qui s'apprêtent à les quitter, les côtes de l'anatomie pour l'Anatolie. Mais t'es belle, avec tes yeux qui s'effilent et tranchent dans ma chair. C'est que ce n'était pas assez, moi, mon regard lourd de cernes naturelles qu'il te fallut y ajouter, discrète, les poisons de tes vertus. Tu me coules déjà dans les veines, je suis innondé sans qu'aucun des seaux troués ne puissent écoper ce grand cadavre que tu me fais devenir. Je suis plein de creux partout qui dessinent des dents prédatrices, des crocs animaux pour te dévorer, toi, tes yeux, tes seins, ton ventre, te bouffer toute la nuit d'une chambre qu'on ne connaîtrait pas, ni toi, ni moi, parce qu'il faut bien ça, pour moi. T'emmener sur des voyages au toit du monde, dans une place anonyme où nous pourrions nous allonger l'un près de l'autre au rythme cardiaque de mon ventre amoureux. C'est sans sexualité, je suis un être quasi-castré, c'est posséder avec tout le glauque, tout le miasmatique, une chambre d'hôtel, toi et moi. Un endroit que l'on façonnerait la nuit, à causer, comme ça pour faire tomber des perles sur les cuisses. Parce que t'es belle, ce n'est pas affaire de petitesse, de justesse, de visage bien ordonné, poli et broyé par les codes. T'es belle, parce que dedans j'entends les bourreaux hurlés, parce que dedans j'entends des cris, que dans tes yeux, tes orbites ça cherche des bras aimants. Les miens frêles t'attendent, qu'on exulte sur la nuit, tous les deux, toi et moi. Avec nos origines communes qui mêleront comme des chênes voisins leurs profondes racines. Je te serrerai toute la nuit, moi, si j'ai cette chance, dans une chambre affreuse qu'on dira hotelière, passagère. Deviens mes fers pour la nuit, asservis moi, avec tes yeux tremblants de délicatesse, et moi, ma rage, ma colère qui dévore tout, le monde et sa médiocrité. Je t'attends, farouche, je t'attends avide. T'es belle de dedans, t'es belle inversée, si l'on sent ton coeur palpiter, que ton foie dégorge de trop d'alcool déprimé. Ouais, t'es belle là, dans les organes qui chialent, qui crient, qui digèrent. Lina, toi. Et moi qui disparait, je ne suis pas à la hauteur malgré mon mètre quatre vingt, tu es là, haute, sur des cimes que j'aime. T'es l'Art auquel je fais l'amour dans ma tête, avec un sexe métaphore. Je suis châtré, ça m'évitera de t'attirer coller entre mon ventre et la rue, la douleur et l'horreur. Je t'embrasse sur les yeux, sur les reins. J'ai la langue qui ne sait faire que ça, glisser sur les corps des filles trop belle. Je dérape. Qu'un mur m'y attende. Que tes yeux encaissent mon nez crochu.
Je n'ai besoin de rien pour flirter avec la nuit. Mais faut dire. Ta présence me rend insomniaque. Tragiquement. t'es une femme vertige. Une femme colline. C'est que tu n'es pas kabyle pour rien. Tu es haute est abrupte. Ca me fait penser à Bougie où cette montagne ressemble à une femme ensommeillée (tout le contraire de moi, à cette heur-ci donc). Gouraya. Disons donc que dans ma tête ce sera le pseudonyme de ta beauté. L'attentat dans mon ventre que mon coeur doit ignorer. De ton ventre sur lequl je dévore un nuit de couleurs et de lumières empruntées.
24 juin 2009
Droit des affaires.
Donc l'an prochain je serai en master 1 de droit des affaires, donc l'an prochain je ne me laverai plus jamais -ce n'était déjà pas si fréquent- afin de puer autant dedans que dehors. Ce m'évitera j'espère d'être écartelé.
23 juin 2009
Tragédie sociale
J'ai beau multiplier l'interaction je suis désormais incapable de créer du lien social. Je suis en dehors. Avec des fulgurances plein la tête. Je crois que je suis une musique, la dixième fugue d'une sonate bien éclairée. Mes nuits sont allongées et mes journées courbes. J'aurais beau choir, me prendre la tempête et son feu roulant à la racine, je serai toujours un arbre. Même rompu. Un immense. Je ne me courbe pas avec le vent, je lui tiens tête. Alors nous céderons, tour à tour. Je suis un chêne, je suis toujours un chêne, à terre ou aux cieux.
13 juin 2009
La nuit.
J'évite la nuit au poignard des dimensions.
11 juin 2009
Bagdad sous le bruit
Il est désespérant le bruit. De la foule et de la fête. Avec la même couleur et les mêmes promesses. il joue sa mélodie à toutes les oreilles. Le bruit c'est une foule qui se déguise de travers et de vertus. C'est un oubli qui nie, une foule et le bruit, c'est d'intensité variable et de même nature. Un même moment. Le bruit c'est le désespoir de ceux qui ne peuvent pas dire . Qui n'ont pas d'imagination. Le bruit c'est le refuge de ceux qui n'ont au dedans aucun pays. Et ça le rend triste, avec ses artifices ternes, et ses hurlements. La bruit c'est une tanière pour apatrides d'intérieurs, de ceux qui ne vivent que démeublés, en forteresse vidée, déménagée. Ils ont les mondes intérieurs sous saisie d'huissier, je crois, ceux qui nagent dans le bruit et sa suie qui vous colle à la peau, qui vous fait un masque de charbon et d'ennui. Le bruit c'est cette loterie fictive pour une green card. C'est là qu'ils vont ceux qui n'ont nulle part. S'enfoncer dans la farce urbaine, à plonger dans la gorge des néons comme des épées d'une foire. On s'amuse faut croire, à s'oublier l'un dans l'autre, l'un sur l'autre, l'autre sur l'autre, c'est ça le bruit, c'est de l'amnésie. Chez moi, il y a du silence, beaucoup de silence, du silence en surproduction tellement que c'est la déflation, dans mon ventre. C'est circulaire dans ma tête pour qu'on ne trouve pas de latex comme dans les coins du bruit. C'est triste le bruit. On ne s'entend pas. Qu'est ce qu'on y vit, dessus, sur ses corniches ? Sa jeunesse probablement. Celle qui pleure, qui crie derrière les décibels, celle qui ne rêve pas mais qui vit quand même sans éther, sans sacré, vide de spiritualité et de mystique, c'est une jeunesse qui n'a de Dieu que la fête et le bruit, pas de guerres intestines juste intestinales. Le bruit c'est l'endroit du semblant sanglot. C'est un continent subdivisé selon des critères géostratégiques, de la fête ultime, sacrée, orgiaque, idyllique, la fête d'élite socialement privée, aux fêtes du caniveau organisée sur parking. C'est la géopolitique du bruit, tout ça, du bruit médiatique, on peut se faire de laconiques communiqués, des guérillas du volume. Nous. Tandis que le bruit me désespère il enfle et démesure dans les oreilles des gens qui meurent, il a cette faculté unique de réunir l'amnésie commune et sélective d'une foule faite à l'identique. Qui a dit que le clonage était prohibé, violant l'intégrité de l'espèce humaine ? Le bruit n'a de couleur que le gris, de nuit que la tiède. La création, elle demande la nuit noire, le silence de la lampe et des mondes solitaires. Il faut Bagdad dans l'estomac. Bagdad sous les bombes, et les attentats, Bagdad la millénaire qui vit passer princes, rois, dictateurs et conquérants. C'est la tectonique qui fait rencontrer tes côtes et son bassin la création. C'est là. Dans les volcans qui s'assemblent sous ton pied, la lave qui dégouline sur le bruit. Le bruit qui parasite le mot, le verbe et l'expression mais qui fond sous la chaleur. Le bruit c'est la déprime des gens heureux, et je n'en veux pas, ni à cinq heures du matin, ni à dix heures le soir. Je suis bien moi, avec mon empire de moi, de "je" qui se clame en silence. avec un peu d'elles. Je suis bien avec mes mélodies internes, de ma respiration chahutée par la fatigue, avec les nocturnes...de Chopin. et le silence de l'âme qui annonce le souffle orageux des créations. Je suis bien avec la nuit qui se moque du bruit, et qui finit toujours par le couvrir. Qui infuse son sommeil à ceux qui lui résistent, la nuit. Le bruit, c'est cette drogue des inconscients, des idiots. Le bruit c'est le pis-aller de la vie. Une manière de ne pas se voir, pas s'entendre, pas penser. C'est le désespoir binaire. BIM-BAM. Ca transe. J'irai vous violer dans les coins du bruit, craignez moi, je suis la NuIT.
Pleure Mon Fils.
Aux impétueux une vie entredévorée. C'est que le sablier n'égrène pas
ses secondes de la même manière pour toi et pour moi. Je n'ai le temps
que d'aller vite, et ce ce qu'Einstein dénommait "relativité", le temps
qui circule aléatoirement de mon corps à ton corps, qui est un frimas
dans le sang que l'été fait fondre. Voilà, le temps, il passe
lentement.J'ai l'intelligence qui décompose ses mouvements, ses
rotations, ses plates révolutions. Je le vois tomber, silencieux, le
temps quand il trône dans les salons, en salle d'examen, quand
l'attente le fait couler, 1,2,3,4,5,6... les bergers ont tué tous les
moutons et le sommeil ne viendra pas cette nuit. Je me mens parce que
je suis en verve mais qu'aucune fée verte n'est venue m'abreuver de
lettres saignées, extra-territoriales. J'étouffe ici, et c'est la
France occupée, c'est mon Paris ruiné aux frontières serrées. Ma vie
est une poitrine de femme corsetée, étouffée, étreinte et bien
camisolée. Nous sommes fous en suspens, sans images. Je déblatère, des
bonjour au revoir. Je suis un muet de la poésie cette nuit, un MUET,
m'entendez vous, j'ai le verbe qui me coule sous la peau mais qui ne
sort pas. Je suis hermétique à la parole, et mes doigts ne figent rien,
ils sont des mouvements que le temps laisse filer, le temps relatif qui
traîne sur la vie courte ses spliffs, ses ivresses. Moi je suis sobre
même à 4h37 c'est gentil de demander, et si je m'injecte de l'interdite
substance c'est que mon imagination l'a créée, elle donne des rêves à
deux sous, des pavés et des creux à faire des farandoles à Moscou. Tu
t'imagines, en moi, dans mon écriture il y a de quoi faire danser la
Crimée et les îles Sakhalines, dans ma tête il y a cette substance
visqueuse qu'on appelle rêve et temps, qu'on essuie avec le papier
buvard de la nuit. C'est moi la NUIT, elle se gorge de moi, et quand je
suis épuisé, quand je suis livide de m'être essoré l'intelligence sur
mon droit des sûrétés, civil, administratif des biens, que je suis
gardé à vue par mes libertés publiques, que je manie l'oxymoron comme
le sabre qui découpe en égales parts les saisons. Quatre allant deux
par deux s'occupant de trois mois par année. C'est de l'équité, de la
pure comme on dirait cocaïne. C'est gentil, mais ma paille ne plonge
que dans des verres sucrées à m'en pourrir les dents. C'est la vérité,
j'écris les crocs rouillés, bouffés. Ma plume est cariée, elle me lance
et j'en jouis moi, de pouvoir écrire sous la contrainte des douleurs.
Je sens que je virevolte, il faudrait transmettre l'étoile qui me passe
dans les yeux, la faire descendre de la langue à l'écran. Et puis non.
Je la garde, mon étoile-faucheuse, vous ne l'aurez pas, ou qu'en creux,
qu'en silence obscurci. J'ai mis le feu à tout ce que j'ai fumé. Et je
fume du papier à lettres rosi par les flammes et noirci par la cendre.
J'aime faire que les souvenirs vous restent sur la peau, mes poignets
sont brûlés, c'est un souvenir comme un autre. J'ai des traces sur le
corps, tout le corps sculpté de maux et de joies. Il y en a des filles
à m'être passées dessus, des Hélène, des Wendy, des Millie, des Elises,
des Marion, des Elo, des quelconques et des encore là, parce que je
suis irréstitible, mes doigts sont agiles. Je suis le virtuose des
extases secrètes, des dénichées sur des trèsors de laideur, des grasses
et fines, des sur qui je sniffe l'odeur de pays oublié. Elodie en a un
sur ses seins, elle, des pyramides à vous faire trembler de penser que
l'Egypte s'est éteinte, elle en a des histoires romaines, des Cléopatre
sous Antoine et des Antoine sous Auguste. L'Histoire est une partouze,
ne l'oubliez pas, ma prose un bordel. Tu payes et je te suce la moelle,
puis tu te casses. Ici je prends et je ne donne pas. Tout fluide et
tout liquide. Séminal et fiduciaire, je suis comme ça. C'est que mon
temps passe lentement, et mes journées font trente deux heures. On m'a
dit étranger à moi même, je dirai que je bois la corde des pendues,
celle qui a durci sur les tables en verre, la blanche poudreuse, la
neige des oubliants. Je dirai que je la bois, et que mon sang éternue.
C'est comme ça, je suis né le sang pâle, blanc, et j'aime qu'il coule.
Ce sont mes menstruations à moi, de le voir couler, saigner, pleurer,
rager, pester, mon sang, ce sont mes règles, et c'est là que j'enfante.
Quand je ne saigne pas de fièvre et de textes, que tout est retenu, que
les veines gonflent comme des tempes douloureuses, quand je sens la
saturation du venin, alors j'éjacule à l'intérieur, pression sur le
sexe. Et j'enfante, j'enfante des royaumes désenchantés, des pleurs de
jeunes filles voilées, j'enfante moi des pays de sucre, de miel, des
Israël christiques et vous savez pourquoi ? Parce que baignée de Mer
Morte il l'a ressucité, lui, il s'en fout, tout le monde c'est Lazarre
maintenant, et tout le monde a la lèpre, alors il est là avec ses mains
thaumaturgiques, il est là pour tout guérir la sclérose en plaque qui
est la lèpre moderne et le reste. Il s'en fout, lui, quand il voit la
partouze de l'Histoire il fera pas dire aux nuages qu'il faut cracher
le feu du ciel, il s'en fout, il est apostat Jésus, il a renié Dieu
quand le clou lui filait le tétanos.
- C'est terminé cette histoire, mon dieu ?
- Oui mon fils. Paradis ? Mais c'était là bas, il fallait jouir et vivre
pour le mériter toujours. L'enfer ce sera pour ceux qui n'ont jamais
joui du cadeau qu'était la vie, l'enfer ils l'ont vécu au paradis, d'avoir privé
sa chair, ma chair des délices terrestres, des femmes et des hommes, du
sucre et de l'ivresse. Le crime originel, mon fils, c'est d'avoir fait
de la Terre une vallée de larmes."
04 juin 2009
Encore. Encore.
Parfois je suis commun de chair désirée. D'amour arbitrairement dessiné dans le décolleté d'une femme fine. Je suis osseux pour flotter sur la vie. Servir de barque chaloupée à ses seins gonflés d'idiotie. J'ai le coeur qui me remonte du bas-ventre dans ces instants là. Y a du frisson dans la chair. C'est moi qui ruisselle en elle, dans un langage poudreux, osseux. S'écrier l'un dans l'autre. Les lèvres éperdues, qu'on sabre la nuit à coups de cris arrachés au corps. J'ai envie de toi. Que ça soit violent. Que ça brûle dedans et dessous. Et son prénom, Lo'. Délicieusement suranné qui se murmure le jour. Et puis la nuit. je t'attends. Avec la faim aiguisée par le silence. ma mine inquiète. Je suis un évadé des siècles, un romantique en camisole. Le ventre tremble. je saura mettre un bandeau à la peur. Unir ma crainte à tes yeux. Je sais que j'ai l'excès des radicaux qui effraient de bien trop. Je peux la faire pleurer la nuit pour toi. Je sais qu'on s'oubliera bientôt.
Osseux.
Et si je suis osseux, c'est pour flotter sur la vie.
03 juin 2009
Aux Inconnues Avenue des Invalides.
Ca fait des siècles que je marche sur la corde des pendus. Je
t'écris à toi, toi qui t'en fous avec tes yeux de tristes océans, de
marées noires endormies. Je vais mourir, je veux mourir. C'est parce
que tu t'en fous que tu flottes légère que je te l'écris, que ça ne
parasite pas les organes. C'est d'un étranger à une étrangère. Sans
charmes, comme un accident, une rencontre sur un bateau qui tangue.
Voilà, le propos liminaire. Mourir, c'est un peu comme abréger les
phrases, casser la ponctuation introduite par la morale des autres,
mourir, périr, c'est s'en aller au bout du mot, juste derrière la nuit.
C'est vraiment ça, et tu t'en fous alors ça me plaît, à moi, de te
l'écrire, de montrer que je mets mes points de suspension à la place
des virgules, qu'au lieu de bégayer mes envies je me jette dans les
fosses. J'y aspire. Je l'inspire. Ce n'est pas de la C. Je ne meurs pas
comme les adolescents vivent, dans l'idiote déchéance. Faudra autre
chose qu'un corps piétiné par la poudre. Je te l'écris. J'y vais en
même temps. Je fume un pétard au vide qui a des saveurs de nulle part.
C'est agréable, ça retourne le dedans, la fumée qui s'enfonce dans les
os. Je te l'écris parce que tu t'en fous. Que quand même dans tes yeux
j'ai vu de tristes espoirs, la lassitude qui est la grâce des gens
désordonnés. Je l'ai vu, ça m'a suffi. Tu t'en fous et c'est heureux.
J'ai vu des bourreaux, sur tes pommettes, la généalogie des assassins
conventionnés. On peut pas vraiment dire que tu sois belle, avec ta
tristesse qui t'effiloche le regard, mais t'as ce truc, cette came à
l'esquinte qui me rend dingue quand en hiver je peux imaginer la
couleur de ton souffle dans l'air glacé. Y a cette chose silencieuse,
c'est le mal, le bien, le cul, le coeur qui respire dans un autre
univers à vingt-six dimension et demi. Et demi. Parce que c'est l'art
de l'équilibre. Tu vois, moi je m'en vais et je te le dis parce que tu
t'en fous, je suis fatigué de jouer le funambule sur la même corde
séculaire, fatigué de la voir rétrécir sous mes pas usés. T'es pas
vraiment l'extase, parce que dedans ça pourrit, on a la gangrène de
l'époque, toi ce sera la solitude, la solitude meublée. Comme un musée
baroque qui abriterait de l'art romantique, tu vois, ta vie c'est une
antithèse. Ce n'est pas du langage prophétique c'est parce que moi
aussi je m'en fous. La dernière volonté des mourants, de ceux qui
épuisés traversent des fleuves asséchés c'est de s'en foutre, aussi.
C'est agréable la destination, la mort ça peut être un voyage, avec ses
étapes, ses ivresses, ses déceptions aussi. Je cartographie la mort. Tu
crois qu'on y voit quoi ? Des souvenirs en attendant qu'on se tarisse
dedans, que le sang s'en aille pour nous assécher de saveurs, de pensée
? J'aimerais croire être autre chose qu'un agrégat de molécules
savantes, c'est faux. Je péris. Tu vois je t'écris et je disparais.
Comme un fantôme, un prénom délébile, avec le jour toute ma peau
phosphorescente s'en va. On ne me voit plus, je me laisse gorger de
noir, de nuit, d'ombres et d'abstrait. je m'en vais et je te le dis
parce que tu t'en fous, que ça ne pèsera pas sur tes yeux aphtiques.
Nous sommes tous en sursis. Je suis le soufflet et la joue, la tête et
la hâche, le bourreau et la victime. C'est ça le suicide, l'autolyse.
Pfuit, disparu à l'heure du poète...Je m'en vais. Je mettrai bien un
billet à Saint Pierre pour ta solitude, que quand même, dans tes yeux
passent autre chose que des fantômes, des disparitions et de l'ennui
sinueux, qu'on roule et qui s'effrite, s'en va et s'expire.
Adieu camarade.
