23 mars 2011

La perspective

j'ai les lèvres amères, elle me piquent. Comme si le baiser sur l'écorce des arbres du square avait dérapé. J'écris pour en rire. J'écris pour me dire "que c'est étrange tout ça, cet amour". J'écris parce que je n'ai pas le choix.

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Perso - Dans le jour je creuse encore la nuit. Et je dis "j'aimerais que ce soit le soir"

Mercredi, Il suffit toujours d'un détail, et peu importe lequel, il suffit
seulement d’un pigment pour que mon cœur s’empourpre, pour que mes bras se
crispent, pour qua ma tête tourne. Ma sensibilité est dérangée, complexe,
contradictoire. Dans des veines indifférenciées coulent un sang fragile,
venu d’artères vénéneuses. Dans mon corps s’affrontent le silence rieur et
la douleur sèche pour former ce visage de paradoxe. J’ai l’indifférence
amoureuse. Je sais que rien, ni personne, ne sent ce que moi, je crois
ressentir. Un jour, j'aurai mes propres mots, j'aurai mes paroles, j'aurai
mes cheveux, qui frotteront les séismes. Un jour, on comprendra, que ce
n'était pas des hallucinations, mais qu'il y a bien un renard, qui gémit,
dans le coin droit de mon œil gauche, qui gémit sur la poitrine de mes
cils, et qui se met à perdre l'équilibre à la moindre larme. Un jour, on
comprendra, peut-être pas n’importe qui, après tout.

Je ne sais rien des corps de l’Avenue de la Grande Armée. Parfois, j'en
croise un, qui m'est familier. Et alors, je l’évite. Les corps connus
m’embarrassent. Ils demandent toujours si mon coeur va bien. Mon coeur se
met parfois à s'agiter, à glousser, alors je comprends qu'il rit. Et je me
mets à rire aussi. A mon tour. Quand, certain que mon cheveu est défié, je
me mets à jouer. Je joue, je suis comédien, costume, je suis l'été, je
suis malade. Je me mets à jouer de cette couverture, et je souffre,
parfois, que l'intérieur de ce corps, soit orageux, affamé, calme, secret.
Je me mets, pour les regards de ce corps inconnu, à faire danser mes
entrailles dans un calme paisible et tragique, à sourire, timidement, à
faire des signes, à embrasser, à vivre, aimer, je me mets, à faire toutes
ces choses, en laissant, un soupçon du parfum qui règne dans mon ventre.
Quand, enfin, je sens, que le corps inconnu, se met à détourner les yeux,
je sais alors, qu'il a compris. Je sais qu'il a vu. Et je sais, qu'il a
su, qu'il ne pouvait rien y faire. Que c'était moi. Je sais, que je l'ai
découragée par mon silence, quand on m'écrit et que je fais celui qui n'y
comprend rien, qui répond sérieusement à des mots qui demandent, qui
attentent. Il y a des mots difficiles à prononcer. Facile à écrire. Il y a
des mots, horizontaux et immobiles. Mais aucun ne sont inoffensifs. Tu
vois, D., je ne t’écris pas, j’aurais trop peur de pouvoir t’atteindre, de
pouvoir me rendre, si je t’écrivais vraiment, que je te montrais, que je
disais, regarde maintenant, c’est ça une agonie, regarde encore, c’est ça
une douleur. De te dire, la guerre elle se vit tous les jours dans ma
peau, loin des livres d'Histoire, j'écris une alternative. J’aurais trop
peur de t’écrire, trop peur que tu puisses un jour où tes sens seront
fragiles, céder à la littérature et son corps d'angoisse. Je ne veux pas.
Tu sais être heureuse, ça se voit dans les baisers qui gercent dans ta
nuque, dans l'alcool qui sèche ts yeux t'empêche de mettre tes lentilles.
La littérature c’est l’interdit, la barrière rouillée où les ballons
d’enfant se percent, les ronces, la littérature, les chemins hors-piste,
on en revient différent. D. Je ne t’écris pas, je me contente de t’aimer,
et c’est déjà beaucoup de feu, de flammes, beaucoup d’incendies à regarder
défaire le monde, je te protège de moi-même. Si je t’écrivais, sûrement,
tu ne verrais rien, tu sourirais, tu dirais, c’est beau, mais tu
n’entrerais pas dans la littérature, tu continuerais à marcher toute
droite, toutep etite. Mais peut-être que si, tu entendrais le chant triste
qui entre dans les figues, et c’est ce peut-être insupportable qui
interdit à mes mots de franchir le store des conventions. Je ne veux pas
que ma lumière te tache. La lumière du risque. Ma lumière douloureuse,
épaisse comme du sang. Sûrement, tu ne peux pas m’aimer, mais peut-être
peux tu aimer les mots, et nous confondre les rimes et moi, nous sommes
presque jumeaux. Ils sont à peine plus vivants que moi. Alors, je ne
t’écris qu’ici, je tutoie ton absence, je déshonore ta présence. Je t’aime
toute entière, je te garde de la littérature. Mon silence-gantelet est ton
mantelet. J'ai le goût de l'arme cirée dans la bouche. C'est ta voix douce
D. "Ce sont les autres qui inventent nos peurs". J'apprends à tout voir,
j'apprends à tout entendre. J’ai peur que tu me dises "Tu fais vivre ta
propre vie en l'écrivant". Je cherche la forêt. Où embrasser tes
agissements. Je pourrais me mettre à genoux, et je n'en ai pas honte. Oui,
je te cherche. Mais quand tu approches, je veux partir, très loin, sous
d’autres ciels, quand je te vois dans tes habits noirs et que je
n’attendais pas, que j’avais donné rendez-vous à la musique à place des
Etats-Unis, et que tu arrives toute habillée de soies sombres et de
garçons amoureux, je veux partir hors de l’imprévu. J’espère que tu ne m’a
pas vu. Mon corps est recouvert de villes écarquillées de révolutions. La
colline sainte, où la révélation se fait, je sens l'archange Gabriel
piétinant mes rigueurs. J’espère que mon silence t’a faite détourner le
regard. Je suis un enfant, ce n’est pas pour rire. A 13 ans Marine était
l’amoureuse, Marine qui demande à Cyril, si je peux venir la voir,
derrière les algecos. A 13 ans, Marguerite m’avait appris l’amour, l’amour
adulte, vieux, l'amour des manies, des intentions, des gestes, des
colères. Je ne voulais pas voir Marine, je me disais "comment peut elle
vouloir les mêmes images, comment peut elle vouloir un corps, des yeux, un
regard dévissé, comment, pourquoi, veut-elle me faire crier, me faire
peur, mettre encore des cauchemars dans ma tête. Il n'y a plus de places
dans ma nuit pour les accueillir, les cauchemars en plus, la nuit n'est
pas assez longue pour souscrire à toutes mes larmes. Non. Non. Non.
Marine, je ne t’aime pas, c’est laid comme ils font les amoureux. Laiss-
moi retrouver des cris innocents comme des genoux écorchés, rieurs, où le
sang brille de graviers. Des cris de jeux. Je ne veux pas que tu vois ça"
Et pourtant, D. quelques minutes après, en te croisant dans le couloir des
arbres, j'ai aperçu dans un sourire des ailes de renards qui s'ébranlaient
dans la gencive du ciel. Une dent de lait.

Il y a des gens, qui en lisant, ce qui se passe ici, ont dit : "…" je n’ai
pas entendu. Pourtant, je sais que je peux porter à confusion, mais mon
coeur, est certainement, bien plus, du côté des cratères vivants. Et bien,
que je ne puisse écrire autrement, que je continue à parler de silences,
de D., ou des douleurs, de cette manière, que je continue à vivre dans
cette marre, et bien, qu'il soit bien clair, que je ne pense pas avoir de
maladies. Et que ça ne regarde personne.

J'aime bien profaner les bruits intérieurs de mon corps. Parfois, je me
bouche les oreilles rien que pour les écouter résonner.

Je pense qu'il y a des corps, qui peuvent prendre la forme molle de pleine
lune, et qu'il y'en d'autres, qui sont fous de nature.



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Perso - Sur la place des Etats-Unis, j'ai vu un Etat, l'état de la folie.

"Il a passé sur moi des heures et des heures
Je ne remuais plus tant j’avais peur de toi
Je me disais je meurs c’est moi c’est moi qui meurs"

Quand j'ai croisé l'Université au milieu de mes folies les fruits ont
cessé de gonfler leurs jus, de tendre leurs peaux, j'ai senti ma peau
frémir de colère. Un être dérangeait la musique bouleversée de dedans mes
artères....
" Que tu me déplaises n’est pas mon plaisir" le mot est charmant, élégant,
presque. Mais je ne me plie à rien que la littérature, mes mots sont
sales, ils roulent dans l’enfance, roulent, roulent, se retournent mais ne
veulent pas résorber, séduire, plaire. Je déteste le mot. Plaire. C’est le
mot des tortionnaires soumis, des équarisseurs. J’aime les clous des
martyrs. J'aime ma solitude. "Déplaire est mon plaisir"
La visite dans le square Thomas Jefferson : C'était une sorte de grande
bibliothèque où je lisais dans des gens toute l’existence couleur pruneau.
Une sorte d'entrée rétrécie comme des yeux usés de livres, avec des lampes
aux abats jours de jupes nègres, et une odeur de partition de Beethoven.
Tu parlais, j’imagine. Sur un ton impressionnant. Avec des mots sans
surprise, des mots que tu refuses au destin tragique de la poésie. Lire
n'est pas une consolation, je ne m'invente pas un monde en lisant ou
écrivant. Je retrouve le mien, qui je le sais, a déjà été un peu bâtit par
des mains fragiles mais belles. Inspiration personnelle, émotionnelle, et
philosophique. L'art de tes yeux, je ne le songe pas, je ne l’hallucine
pas, je suis ballonné de visions, mais ça, ton regard je ne l’invente pas,
je le mystifie, je l’abstrais, je le peins, mais la substance, l’évidence
première, le savoir originel, vient de toi, c’est ta vague que je capture
dans mes mots, l’impatience de ton sourire D.. Je veux reconnaître mon
visage dans la salle sombre de ton ongle peint avec une civilité d’enfant.
On m'a dit : " : "tu dois être possédé par les mots pour écrire en
marchant". Je me trouve stupide. D. n'aime que les voix neuves, et la
mienne est piégée de rythmes d'antan. La mienne rappelle que nous avons
vécu. Je ne lis pas d’écrivains modernes, pas plus que je n’enregistre les
numéros de téléphone des gens, je dis "je ne garde en mémoire que les
certitudes, les gens précaires, ceux qui accidentent la vie, je les
épargne" je ne sais plus la vie d'aujourd'hui. Vous savez, il n'y a plus
aucunes révolution qui vaille aujourd'hui, avant, on savait, et puis, je
suis une jeunesse qui avait beaucoup de choses dans le ventre. On pouvait
faire pousser deux beaux figuiers sans les abattre ensuite. Edgar Poe
avait un joli téléphone, sur lequel il a mis une chaussette noir, et
ensuite, un hibou mort, et depuis, je me suis mie à lire. Je lis, parce
que je ne sais plus. Je ne sais plus d'où vient le ciel. S'il y'a du vent.
L’Abstraction Lyrique et romantisme du suicide, la littérature a été pour
moi, une survie à laquelle j’ai sacrifié ma santé mentale. Le non
figuratif. D. tu sais, je suis malade, je vois des choses qui n’existent
pas, des choses sacrilèges, des dieux païens comme ton prénom, j’ai vu
quelque chose qui n’existe pas : la liberté. Il faut que l'enfant
réfléchisse la couleur. Vous aimez peut-être vous, mademoiselle, les
palettes de couleurs, vous avez une allure à vouloir vous intéresser à ce
qui vous entoure. A l'époque, l'art abstrait n'impressionnait pas.
Aujourd'hui, regardez-moi, j'impressionne car j'en possède. Quand on le
voit pour la première fois, un tableau abstrait paraît n'être qu'un
fouillis de lignes, de formes et de couleurs. Mais il faut se rappeler
que Borduas ne cherchait pas à peindre des sujets concrets. Il
recherchait plutôt un point de vue nouveau, libéré des conventions, sur la
culture et sur la société. Il tentait de peindre une autre réalité, celle
des émotions, des sentiments et des sensations.

"Tu dois te faire une raison". Souvent l’on me dit ça. Oui, une raison. Ca
se forge où ? Je n’ai pas l’outil utile.
Je prends deux lacets, je fais des nœuds, je danse et piétine sur mon
corps. J'écoute la musique des religieuses humides. Puis j'imagine des
guitares endormies qui se brisent contre des miroirs. Je mords ma lèvre
inférieure, en suçant un noyau d'abricot. J'ai l'odeur des matins heureux.
Je mets les lacets au poignet en guise de bracelets. Je plonge mes dents
dans ces fils. Et je me ballade, ainsi, accroupi, voûté, dans la rue. Je
sens que l'on me regarde, je m'en fiche : Je me suis fait une raison.

J'aimerais dire, ajouter, redire, remercier, D.
J'aime sa façon de me lire sans en parler, de se moquer de moi sans que
j’entende son rire, je le sais, parce que j’apprends tout. Il y a une
présence dans mes mots, mon corps est tous les objets inertes de
l’univers. Je décrète les droits de la folie, au square Thomas Jefferson.
C’est une indépendance.

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Perso - Les jardins secrets, l'Uruguay

« J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche
sans manger je vais par les rues, et je me tais
sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi
je cherche dans le jour le bruit d'eau de tes pas.
Je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,
et le rayon détruit au feu de ta beauté,
je veux manger le nez maître du fier visage,
je veux manger l'ombre fugace de tes cils,
j'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule
et je te cherche, et je cherche ton cœur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratué. »

Pablo Nerruda


Je crois que l'on peut se déshabiller comme on s'écorche. Je le sais,
parce que je l'ai senti.
Il pleut des bonheurs sauvages dans les rues de mes membres qui volent
près –trop loin- de ce corps blond. Je préférerai ne pas me souvenir de la
dangereuse amourette d’échec lâche, des nuages mous et des arbres sans
fin, des fruits tors qui transpercent la tête des petits vieux, qui,
fatigués, s'endorment au dessus de leurs corps d’avocats. J'ai dit :" je
ne peux pas accepter le refus amoureux ". Je garde pour moi, cette tempête
d'espoir qui soulève ma poitrine. Et je laisse mon menton danser, sur la
musique entraînante de son souffle ; D. sa voix qui se brise en millions
de fragments, j’imagine son cri devenir la voix, la voix devenir la
pulsion, et sa pulsion amoureuse, la rivière de son sang gonflé dans son
ventre, sous la main tendue de son amoureux. "Je n'ai pas peur, je n'ai
pas peur, et je tremble tout entier". Mes deux genoux dévorés de noir qui
s'entrechoquent, et le bruit de ces deux os qui se caressent, me
chatouillent la langue. Sous la table, je caresse le muscle de l’abandon.
Je pense à la littérature, à D. son visage de grâce barbouillée par les
gouaches flamandes. L'abandon, cet être rusé et puissant. Il a la peau
jaune. Il a trop bu. Et sur la pointe des pieds, ensuite, je m'en irai,
t'attendant à vie, dans la chambre inondée de pluie, attendant que
l’abandon abonde en moi. Attendant, par-dessus le muret, ton bonheur
passer, et sourire, en reprenant mes pas. J’attends. L’heure du déjeuner,
pour écrire à la minuscule place de l’Uruguay, les mots. J’attends midi
trente, pour tacher mes doigts de turquoise. Quelques arbres qui empilent
des ombres compliquées dans mes cheveux d’orties. Midi trente, pour sortir
du bureau, et respirer l’odeur des chênes poilus, des gorges de soleil,
des chants de la lumière qui passeront sur mon carnet. J’écrirais sur D.
Tout près d’ici, ses grands yeux de terreur.
J’écrirai les mots qui permettent d’atteindre les corps.

J’étais souvent avant de t'aimer sous une couverture, mais je n'étais
jamais chez moi. J’écrivais chez des filles la rage douloureuse. Je les
abandonne. Il n'en reste aucune. Mon pas trébuche, c'est le noir, les
veilleuses des pupilles brûlent dans d'autres sortilèges. Délicieuse
solitude que celle qui t'approche de moi. Etrange, abandon. L’abandon.
J’aime D. Comme une religion pleine d’exigences réversibles, de passion
invisible, je l’aime comme la puissance céleste. J’ai quitté ma peau
d’idiot fiévreux de toutes les filles, j'ai quitté mon corps vengeur et je
me suis fait ordonner. Vraiment. Ordonné. Plus de prêches que de péchés.
Je lis, j’écris, et je pense à elle, je la loue sur l’autel des pages, et
des pages. D'en haut, j'entends des rires d'adultes. Des pelotes de laine
chatouillent les insectes noirs à l'odeur de vanille. Je caresse les
draps, et je sens sous mes doigts, des grains de sable se confondre dans
le tissu, se fondre avec un bruit minuscule qui me donne envie de vivre.
J'entends des rires. Et j'attends tes yeux que j’aime en en tapissant ce
lit de mots aveuglement dessinés. Je remarque qu’en t’aimant j’oublie très
facilement des syllabes dans mes phrases, le cœur bat trop vite, la pensée
est trop fatiguée.
Chaque personne qui m’évoque ta présence, ton prénom, devient tout un
instant important. Qu’il évoque, sans le faire exprès, le bleu roi qui
roucoule pareil qu’à tes yeux. La déesse latine du timbre prénom. Ton prénom mythologique. Il devient un instant, le temps
que ton visage s’imprime sur leurs langues, et que ta grâce s’imprime dans
ses gestes comme le fruit mur qui peint les murs sacrés. Le bruit de la
passion.
<

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Silence, j'aime.

 

Demain, Je sais D. Tes petits gestes, comme de petites attentions. La clé qui reste dans l'ouverture de la porte. Je sais les secrets que tu expires en rires d'enfant. Je sais ta fragilité. C'est mon drame contre ton initiale. Je sais ta vie, contre la mienne. Perturbée, mélangée. Ma provocation. Provoquer la colère, le déplaire, et j'ai la figure pleine de suie de l'enfant qui a joué parmi ses rêves, qui a trainé une bête mythique de pardelà le rêve. Celle qui rougit. Qui assassine. Tu m'attendris tant, que je ne peux pas cesser d'écrire sur toi, sur ton prénom qui dans mes cahiers déplient le reste de ses ailes. D. C'est un profil. Je sais ta légèreté, quand tu danses avec les doigts dans la musique, ta jeunesse hagarde, égarée dans les ruelles, dans les taxis, tu as sur les côtes un gyrophare de voyage. Ecrire, pendu, mais t'écrire tout de même. J'admire la forme de ton regard, j'admire quand tu dessins les manies la position que prend ton corps. Même usé, même dégouté, même mort la forme de mes lèvres murmurera ton prénom, ton renom, ma toute puissance. Je t'aime. Le mot de sang qui continue à sillonner les tempes. Toujours. Encore. Comme les vies qui défilent, sous l'ombre de midi. C'est la voix de ton départ, quand tu diras tu aurais du, et moi qui répondrais, je n'avais pas la force, mes cordes vocales ne sont pas assez musclées pour trainer toute la grandeur du mot. Je suis ébloui par toi, tes yeux m'intimident. C'est la voix de la nuit, des vies qui s'en vont, et de toi restera le regret incendiant mon ravage. Tu seras mon rire, mes dents, mon ivoire précieux, je jouerai sur le piano de mon frère la note race des paniques. J'ai bu l'obsession dans tes yeux. Tu ne m'as jamais dit comme tu trouvais ce que j'écrivais, mes mots guindés, leurs cheveux d'accordéon. Tu ne m'as jamais dit. Je me lève péniblement quand je sais que tu n'es pas là. Je fais des crises agréables. Au bout d'un instant, j'ai des morceaux de toi qui me reviennent, qui te forment, qui t'assemblent, et tu es là toute entière, interdite, tu ne me vois pas, et le film de tes manières avance, avance, jusque dans le soir et les gobelets d'alcool, les urnes de la joie. Tu as une vigueur de prière. Mes gestes supplient les tiens, on dirait des gestes de croyants. J'abandonne facilement mes rêves, qui coulent comme une eau froide de douche sur ma nuque. Et je comprends, tout ce qui se passe dans ta nuit silencieuse, quand tu te lèves entre trois et cinq heures avant de te recoucher, quand tu tournes le mitigeur pour que l'eau soit chaude sur les vallons délicats de ta peau. Je sais l'eau qui rumine dans ton visage, l'eau timide qui évite ton regard, honteuse de n'être que du blême des remèdes. Tu as la rage dans les joues des rois élégants, et ma violence est trop lourde pour mon ventre. Quand ta douche a fini de couler, sur la céramique blanche, qui tressaille par endroits, se dressent des labradors transparents et des colliers de chmies. Tu les laisses dans ce panier de songes, et tu sèches tes cheveux longs qui roucoulent comme le jour. C'est beau un matin qui passe dans tes cheveux compliqués, c'est plus beau que la nuit qui se dépose sous mes yeux dans son baiser arrogant, mauve. Quand tu sors, et que nos vies s'évitent, j'ai toute la colère qui grimpe sur moi d'avoir les muscles ficelles, et m'étouffent le fond de la gorge. Mes cordes vocales sont étranglées par un poing serré. Un poing de révolte. Un poing d'angoisse. Un poing d'enfant. Je n'aime le théâtre que dans les salles qui s'y réservent, quand je sais en avance la pièce que je vais voir et pas l'ordinaire parodie qui se jouent dans les rues, et que les gens ordinaires jouent quelconquement. Il en est certain qui la jouent depuis si longtemps qu'ils croient que c'est la vie, sur leurs bureaux en formica, sur leurs écrans d'ordinateur où passent des courbes moins élégantes que celles que la mer fainéante te porte et te brode, petite D., ô charme indigène et tes yeux bleus d'inondation. J'ai dit adieu à Camille, Marie, Lucie, Hervelyne, Loriane, pour ne pas blasphémer ce mot que j'éduque pour toi, que je dresse et qui viendra racé lévrier déposer sa salive amoureuse à tes souliers inquiets. Je ne veux pas être le monstre ordinaire, celui qui change de forme pour figurer dans la nuit.

Parfois, quand je sais que tu me lis, D., par dessus mon épaule, je me sens suffoquer agréablement, la caresse érotique de l'amante furieuse. J'attends, ton silence, pour me mettre du bonheur. Ta lecture est vive, et je vis comme j'écris, beaucoup et violemment. Je finis chaque ligne avec le sentiment exalté qu'il en reste dix millions à vivre, dix millions d'odeurs à trouver dans ce que la pudeur me permet de saisir dans ton cou. D. D. D. et ton prénom se répète, et tourne, tourne sur le phonographe de mon fantasme. S'il fait trop de jour pour ton sommeil, prends à mon baiser, la paupière manquante, je t'offre des lèvres qui de t'avoir tant récitées peuvent devenir toutes les fonctions à tes douleurs, tous les baumes et les pardons à tes parjures.

Demain, Je sais D. Tes petits gestes, comme de petites attentions. La clé qui reste dans l'ouverture de la porte. Je sais les secrets que tu expires en rires d'enfant. Je sais ta fragilité. C'est mon drame contre ton initiale. Je sais ta vie, contre la mienne. Perturbée, mélangée. Ma provocation. Provoquer la colère, le déplaire, et j'ai la figure pleine de suie de l'enfant qui a joué parmi ses rêves, qui a trainé une bête mythique de pardelà le rêve. Celle qui rougit. Qui assassine. Tu m'attendris tant, que je ne peux pas cesser d'écrire sur toi, sur ton prénom qui dans mes cahiers déplient le reste de ses ailes. D. C'est un profil. Je sais ta légèreté, quand tu danses avec les doigts dans la musique, ta jeunesse hagarde, égarée dans les ruelles, dans les taxis, tu as sur les côtes un gyrophare de voyage. Ecrire, pendu, mais t'écrire tout de même. J'admire la forme de ton regard, j'admire quand tu dessins les manies la position que prend ton corps. Même usé, même dégouté, même mort la forme de mes lèvres murmurera ton prénom, ton renom, ma toute puissance. Je t'aime. Le mot de sang qui continue à sillonner les tempes. Toujours. Encore. Comme les vies qui défilent, sous l'ombre de midi. C'est la voix de ton départ, quand tu diras tu aurais du, et moi qui répondrais, je n'avais pas la force, mes cordes vocales ne sont pas assez musclées pour trainer toute la grandeur du mot. Je suis ébloui par toi, tes yeux m'intimident. C'est la voix de la nuit, des vies qui s'en vont, et de toi restera le regret incendiant mon ravage. Tu seras mon rire, mes dents, mon ivoire précieux, je jouerai sur le piano de mon frère la note race des paniques. J'ai bu l'obsession dans tes yeux. Tu ne m'as jamais dit comme tu trouvais ce que j'écrivais, mes mots guindés, leurs cheveux d'accordéon. Tu ne m'as jamais dit. Je me lève péniblement quand je sais que tu n'es pas là. Je fais des crises agréables. Au bout d'un instant, j'ai des morceaux de toi qui me reviennent, qui te forment, qui t'assemblent, et tu es là toute entière, interdite, tu ne me vois pas, et le film de tes manières avance, avance, jusque dans le soir et les gobelets d'alcool, les urnes de la joie. Tu as une vigueur de prière. Mes gestes supplient les tiens, on dirait des gestes de croyants. J'abandonne facilement mes rêves, qui coulent comme une eau froide de douche sur ma nuque. Et je comprends, tout ce qui se passe dans ta nuit silencieuse, quand tu te lèves entre trois et cinq heures avant de te recoucher, quand tu tournes le mitigeur pour que l'eau soit chaude sur les vallons délicats de ta peau. Je sais l'eau qui rumine dans ton visage, l'eau timide qui évite ton regard, honteuse de n'être que du blême des remèdes. Tu as la rage dans les joues des rois élégants, et ma violence est trop lourde pour mon ventre. Quand ta douche a fini de couler, sur la céramique blanche, qui tressaille par endroits, se dressent des labradors transparents et des colliers de chmies. Tu les laisses dans ce panier de songes, et tu sèches tes cheveux longs qui roucoulent comme le jour. C'est beau un matin qui passe dans tes cheveux compliqués, c'est plus beau que la nuit qui se dépose sous mes yeux dans son baiser arrogant, mauve. Quand tu sors, et que nos vies s'évitent, j'ai toute la colère qui grimpe sur moi d'avoir les muscles ficelles, et m'étouffent le fond de la gorge. Mes cordes vocales sont étranglées par un poing serré. Un poing de révolte. Un poing d'angoisse. Un poing d'enfant. Je n'aime le théâtre que dans les salles qui s'y réservent, quand je sais en avance la pièce que je vais voir et pas l'ordinaire parodie qui se jouent dans les rues, et que les gens ordinaires jouent quelconquement. Il en est certain qui la jouent depuis si longtemps qu'ils croient que c'est la vie, sur leurs bureaux en formica, sur leurs écrans d'ordinateur où passent des courbes moins élégantes que celles que la mer fainéante te porte et te brode, petite D., ô charme indigène et tes yeux bleus d'inondation. J'ai dit adieu à Camille, Marie, Lucie, Hervelyne, Loriane, pour ne pas blasphémer ce mot que j'éduque pour toi, que je dresse et qui viendra racé lévrier déposer sa salive amoureuse à tes souliers inquiets. Je ne veux pas être le monstre ordinaire, celui qui change de forme pour figurer dans la nuit.

Parfois, quand je sais que tu me lis, D., par dessus mon épaule, je me sens suffoquer agréablement, la caresse érotique de l'amante furieuse. J'attends, ton silence, pour me mettre du bonheur. Ta lecture est vive, et je vis comme j'écris, beaucoup et violemment. Je finis chaque ligne avec le sentiment exalté qu'il en reste dix millions à vivre, dix millions d'odeurs à trouver dans ce que la pudeur me permet de saisir dans ton cou. D. D. D. et ton prénom se répète, et tourne, tourne sur le phonographe de mon fantasme. S'il fait trop de jour pour ton sommeil, prends à mon baiser, la paupière manquante, je t'offre des lèvres qui de t'avoir tant récitées peuvent devenir toutes les fonctions à tes douleurs, tous les baumes et les pardons à tes parjures.

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22 mars 2011

Magie allemande.

"Le peignoir de mousseline
Qui s'ouvre en donnant des idées"

 

 

A l'heure où la liberté m'est offerte. Se fait don, se fait grâce. Quand tes mots approchent leurs lèvres. Je sens les eaux noires de l'abandon qui remplissent le poumon. J'étouffe et les mots foncent le cahier de ma voix. Je les rature. Avant. Que tu ne puisses me briser : Je n'aime pas l'obsession de la nuit. Je n'aime pas qu'elle prenne la forme de l'écriture. L'écriture qui m'empêche de m'endormir. Je préfère celle qui sourit, que celle qui assassine. C'est fou, comme il y a deux écritures en moi. Deux écritures que tu réconcilies, D., et que mes lâchetés interdisent. C'est terrible lâche, ça veut dire non, lâche, ça veut dire en attente, ça veut dire sans risque, ça veut dire trop de plaies ouvertes, trop de cascades au lieu des dents.

Mardi j
e prends les regards. Je les prends, les tourne, les fait sursauter, et les jette en l'air parce qu'ils ne sont pas le tien. Chaque regard est une paire de jambes qui courent sur le corps lumineux et visqueux de l'inspiration, en t'attendant. Je n'ai pas besoin de t'écrire, je t'inspire, et dans les mots, dans la phrase je te relâche, comme une destruction, ma bête sauvage. Ma Douleur. Initiale.
Infirmité des voix, les mots sont trop amples, trop larges, les mots qui aiment, trop ordinaires.
J'ai beau la voir chaque jour, je ne la connais toujours pas par coeur. Quelque chose dans l'oeil qui dérange, quelque chose dans le regard trouble qui se perd au loin, et qu'elle recoiffe, vite, avant que les gens ne voient. Les images. Quand elle écrit, je ferme les yeux, je n'ai rien vu.
Le sens concret. Arrache moi la bouche.
Je trouve ça élégant d'écouter ses yeux qui battent la cadence des horloges. Sans mettre en travers de son existence mes gestes catastrophiques, la maladresse de mes tristesses. J'ai le visage despotique du tyran ruiné. Et je n'ai pas grand chose à dire. Je n'ai plus de montres depuis quelques années. Je remarque que le temps passe, en croisant chaque jour, la poussière qui s'incruste dans mes cernes, qui comme des fruits, se fragilisent au moindre mouvement.
Etre le repère.

Je voudrais dire à D. "tu es le seul corps qui m'empêche de mourir. Tu m'as rendu du courage, alors je ne peux pas te le dire, que tu es le seul corps entre le vide et moi. Le seul"
L'entendre me lire. Lire pour. Ses yeux étranges, ces deux blocs de soleil madrés, ce corps imperceptible que je ne sais pas embrasser, qui glisse, sur le parapet. Etre là, pour ta pensée qui du bout de la rue, cherche sa raison de vivre. Pour D., qui traverse ses saisons en soufflant sur ses jours.
Etre le silence, qui veille ton bonheur. J'ai de multiples fractures à des os invariables.
Quand je dis "je" je ne suis pas certain de dire "Jonathan" je crois dire "Najib" et les rimes kabyles de mes souvenirs.

Je voudrais, D., être la main invisible qui t'empêche de trébucher, quand tu ne comprends plus rien, que les gens passent autour de toi comme des autos de course automobiles, être la voix qui rassure, silencieuse, la bouche sans corps, le baiser sans lèvres.


Avant de respirer discrètement dans les corolles de ta nuque, j'avais vu quelque chose à travers la vitre de l'existence ordinaire, et je ne voulais pas y entrer. Mes yeux brillent, on croirait presque les tiens si je les ferme et que s'y faufile une rivière d'argent. Je voudrais pleurer et mes larmes se désagrègent dans mes couronnes flétries. Je suis un sale gosse, arrogant, distant. Je cherche tout ce qui me sépare, toutes les frontières, les craies, les charbons, les langues. Je suis un colonisé. Tu m'envahis, et je me laisse faire, tu ne le sais pas, tu étends ton regard à l'intérieur qui me brûle du même geste d'aube sur le rebord des abîmes. Je suis l'abîme que tu inondes. Ta lumière.


C'est comme si je ne savais rien mais qu'on m'avait soumis à une force agréable, qui faisait de moi, une corps qui comprenait sans vivre, un corps qui aimait sans toucher, ça n'est pas moi qui écrit, c'est toi qui me guide, qui m'entraîne. La différence est telle que personne ne la voit.

 

L'amour ne se pense pas, tu m'as emprunté le cœur et si tu défaillais, tu en aurais un second en relais. C'est terriblement niais, mais je suis hors de la vie, quand tu n'y es pas. Je suis en instance. En attente. Ma vie se déroule dans un corridor étroit et bas. Mets tes dents sur mon cœur, mords le avec les colonnes de tes cils. Marque moi. D. mon vertige, j'habite une grange pleine de rêves et de mystères. Je n'aime pas les gens, ils rient. Quand je parle je suis caustique. Leurs visages mentent,trahissent. Je veux ta main, D., mais je ne peux pas la saisir, j'ai deux prénoms et aucun geste. Ta main, cet animal fougueux. L'animal qui se veille. J'aime tes doigts chauds. Regarde par la fenêtre, il y a un vieil homme qui tremble et qui vit à la fois. Ça va ensemble, murmure-t-il aux angoissés de l'heure. Je n'ai plus de montres d'avoir toujours le temps. Plus tard, très loin, la route aura fini de tracer sa courbe improbable, je graverais dans un cahier de brouillon où se consignent tous les brouillons d'amour trop forts, trop hauts, pour être vécus, je graverai ces mots "merci pour les sourires de cette année, merci pour tes mèches blondes qui se secouaient comme des astres pris dans une mer d'oliviers". Les arbres, par ta fenêtre ont une voix, j'aimerais que tu la saches. Une voix de miel défendu, une voix posée sur la tête des codes. S'il faut je trouverais d'autres mots. Mais aucun n'apprend le courage. Mon corps fragile, fragile, craquelé. Je sors souvent, le soir, le matin, je sors du cinéma, de l'obsession, à genoux, par en dessous, depuis la brume ou le nuage. Je sors souvent du repos quand je vais écrire à la place de l'Uruguay. Tu es mon sortilège, le charme qui en moi rompt toutes les limites, toutes les haleines. J'ai dit adieu à Loriane. Enfin. Je suis seul avec ton idée. Je la chéris fidèlement, je t'aime avec la dévotion religieuse, tu es une icône, mon icône. Je serai le gardien fébrile.

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Ma primitive éclipse.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.  
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.

Louis Aragon – Que serai-je sans toi

  1. ma puissance, mon fleuve, ma Joconde, ma rime allemande.
    Le bruit de la chaise en bois qui craque quand le corps de ton souvenir se retire, et ta robe se déchire, il y a un fil qui s'évide, s'évide et reste le corps nu. C'est peut-être ce bruit que je retiendrai des la fin de mes études. Un temps qui ne passe pas vite, qui déchire. Un temps doux. Une odeur de pain. De pain pas encore tout à fait cuit. Et le racisme des peaux. Les décolletés de ma défaillance. Cette odeur de la tiare chevelue La magie des corps. ce qui est faux. Superficiel. Un décor, une chaleur inaccessible. Cette odeur de secret. C'est l'émerveillement du compliment. Le faux cil des filles et ta beauté évidente, dérangeante, ta crevasse folle. La faille de ta folie par où je plonge, par où j'apprends, ton goût de début d'été. Le délire. Celui qui sonne comme un amphithéâtre. Celui qui réveille les anonymes et la profondeur de la nuit. Les nuits d'été. Le bruit des corps qui se frottent dans le jardin. Les corps d'adulte. Les bras qui collent, qui regardent. Mon teint bronzé toute l'année. "Tu as des origines ?". La montagne L'annonce de la vie simple. Faire pousser des fleurs dans ma chambre ensoleillée. Le début d'été. Les nuits de pleine lune et celles que l'on invente avec mon frère. Ma peur quand je te parle, les jambes qui tremblent. Le folklore de ta bouche rieuse. La plage de tes cheveux avec ses galets gris et sa mélancolie. Chercher un problème parce que dans le bonheur simple, je ne sais pas écrire. Le silence, quand je vais te dire, je t'aime, la voix calcaire. Tourmenter.


    Je peux devenir, le désordre ordonné.

    Petite, D., et ta bouche au loin s'émerveille d'autres bouches, je n'ai pas de jalousie, j'aime ton bonheur. Je te donne ma part s'il s'en trouvait en moi, tu la porteras mieux que moi. J'ai les vertèbres brisées. La liqueur d'outre mer te rend amoureuse, ma fièvre. Approche tes dents, qu'il n'y ait plus d'odeur de canne à sucre volante entre nous, approche donc, n'ait pas peur. Dégouline.
    La mer se creuse. Je vient du vent des Sud. Et tous les corps qui m'ont aimé, l'ont senti, les gifler.
    Les chats de gouttière seront coincés dans ms mots dans moins de 3 jours, tu n'as plus de crainte à avoir, jamais je ne naîtrai hors de toi. Dans mon sommeil je te trouve, c'est effrayant. Tu es pareille.
    Et les lecteurs ici sont innocents. Généralement, on dit que les gens ont peur de la mort.
    Ta force est dans ma nuit. Tu te tiens comme un désert. Approche donc mon fleuve. Rien n'est tout. Tout est rien. Souviens toi que je peux t'apprendre le goût des arbres. Dans la famine. Ton oreiller est tiède. Ton goût du voyage est assez classique.
    Tu traverses les pièces où les gens vivent accroupis. Ne te préoccupe pas de leur mauvais goût.
    Je me raconte à toi.
    Mon élixir de glaçon. Costume de mon enfance. Que ton prénom sache briser les articulations des robes, les écrivains ne m'ont jamais dérangé.
    Approche dans ma nuit, par la porte secrète des voix malades.
    "Mon fleuve", c'est peut-être donc comme ça que j'aurais du t'appeler pour que tu me recouvres.

    Dans ces endroits, ces rues, ces magasins, je m'égare et je délire. La solitude d'un soleil trop fort. Je croise des vides. Je les suis. J'appelle le vide Jeanne. Elle me regarde, me sourit "Je m'appelle Jeanne". Elle pourrait devenir Jeanne en forêt. Jeanne dans mon coeur. Jeanne entre les corps. Jeanne entre les reins de ma faiblesse, de ma lâcheté, quand je regarde D. et que je souris en pensant à la nuit. Jeanne qui chatouille. Jeanne qui parfume. Jeanne a la bouche hurlante. Jeanne immortelle. Jeanne figée dans mon écriture. Un visage terne dans mes mots. Qui vous regardent. Qui grimacent et se moquent de vous :"Je m'appelle le silence". Je sue ces mots d'amour. Je gémis dans mes lettres. Regarde ça, D., la phrase qui caresse les sous-entendus. La phrase qui égorge les chats. Qui promet des lettres. De longues lettres parfumées. Fantôme. Ecrire. Ta beauté. Ta vie. "Je m'appelle Najib". Tu pourrais être mon flegme. S'approprier son propre prénom. Peindre ton visage. Je pourrais prendre tous les corps, dans la boucle de mes mots. La phrase qui vous regarde. Qui danse entre les lignes. La parole qui tombe. Les mots d'amour qu'il ne faut pas aider à se relever. Laisser durer, la chute, pour écrire. Tu ne dois pas le lire en entier. Encore. Les solutions au sommeil lourd. Mes cris ont trois yeux. "Je m'appelle Najib, et je t'aime". Des guêpes. Des forêts. D., ton regard joue à travers mes mots. J'ai besoin de tes yeux pour écrire. Tu me le confies encore. J'ai besoin d'encre, ma Douceur.

    A force de ne pas dormir, la fatigue me tuera. J'ai l'air usé. Dire que oui, avouer. Mes cernes. C'est une patience. Tu peux t'y ranger, quand tu voudras.
    Je flâne.

    Mon corps pourrait devenir des tonnes d'autres corps.
    Je peux appartenir au monde et m'en défaire
    Je peux courir ou bien tuer.
    J'aime et je pourrais partager.

    La peau fine. Les courbes pleines. Chaque jour pour me remplir. Mon corps est introuvable. Ma bouche impalpable.

    En pure perte. Je t'aime, comme un souci, je t'aime toute lourde, et c'est beau dans moi, c'est éclatant. Belle couleur ta pulpe, ta saveur.

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La poésie coeur prothèse des impotents.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers, au loin, les suivent
Comme des soleils révolus »

Louis Aragon - Bierstube magie allemande

 

Quelle tristesse que ce serait qu'être réduit à sa nécessité, à son utilité pratique, concrète, sans admettre les qualités de sa réalisation égoïste, celle qui vient nier l'autre, toute sa substance refusée par le catégorique cri, le primitif rugissement romantique ce « moi ». Quand je dis « je » j'occupe un espace dont je prive le reste, je retranche à l'existence du reste, des communs, et des foules un vaste Etat, je mets mes membres dans un désordre de gestes, je saccage tout de cris, je repeins avec mes rages tout le paysage, je rabote les montagnes, j'humecte de salive les cyprès, le temps est au rythme rêveur de mon pas qui soulève les poussières des chemins et enfin, la voix, la voix et la musique que je siffle entre deux feuilles rigides des térébenthines. Mon vagir de Panzer investit la géographie, dessine sur les cartes des capitales. Tant qu'il en est suffisamment dans l'espace pour que chacun y prenne place, y fasse corps, j'épargne des guerres. Mon intransigeance, sévère, divise en invincibles légions chacun de mes déchirements. Mon « je » est une étendue aux progressions de désert, il se porte par le vent de Gobi, des tempêtes de sable, je me dépose en caprice sur les vergers plaints et sur les langes des jungles. Je suis le caprice lâche, qui devise des amours, de très en dessous du risque, je suis sous la mer, sous les roseaux, et quand tu passes, je t'épie, D., je ne supporte aucun silence, aucune violence, tout me défait, me déplace, me dévisse, et mes rivets mal noués, virent au loin passer mon futur, et il fallait quitter la cachette, la mystique, les odeurs, les fragrances de vanille. Je t'aime d'ici, de sous les eaux plates des vallées, avec le goût de café, béquille de mes nuits. Je t'aime, comme ça, sans rien attendre, sans désir ordinaire, je t'aime à l'extérieur de la chair, et ton corps je le croque en pensées, mes pages se mâchent, voilà l'eucharistie. Je boirais demain mon chagrin, pour faire ce vin des noces que nous ne ferons pas. Je suis un couard, depuis que je me sais mortel, que ma vie est fragile, que mes nerfs bouillonnent comme des folies. D, ton pas griffe les rodéos de mes effrois, tu froisses ce petit papier quand tes yeux bleus battent et secouent le vent. J'aime, la tragédie qui se joue en moi toujours. J'attends la liqueur tonitruante, son cri d'orgue quand sa libation vibre dans ma gorge. Je suis mortel, et je t'aime, tout en délire lointain. Ma voix s'en va, c'est un pas qui fuit la guerre. Je suis effrayé par les yeux percés de l'aiguille d'une pupille, et tu me changes dedans, la couleur. Aux dernières couleurs, tu ajoutes l'odeur, et à l'odeur tu couvres le goût, enfin, les dégradés. J'aime dans tes yeux le soupir de mon amour. Je vis très bien de loin, ma solitude est un silence recherché. J'ai des manies de poète, disait Marguerite, et dans ses mots émus, elle disait ça comme une qualité. J'ai des doigts déformés de rimes, et Marguerite ne sait pas, ce empêche de vivre. Je ferai une autobiographie comme un crime contre ma race, comme un suicide. « Ecrire » voilà le titre. Ecrire, pour ne pas voir la vie qui passe et sa carriole d'images, comme certains travaillent et peinent. « Ecrire » sans la peur du songe bariolé. Petite D., tes yeux me seront l'émotion pianiste, la gamme chromatique, et quand tu t'en iras à ton futur, que je serai sorti du destin. Les notes de ce coeur qui battait sans cesse, demeureront gravés par la pédale enfoncée, et se libérera, l'effluve piégée dans les corolles de la fleur ouverte par l'orage. J'ai deux lèvres, deux yeux. Je suis l'indifférente passion. Je t'embrasse avec cette bouche. Cette lèvre de mort, cette lèvre d'enfant. Je ne sais pas le goût de mon baiser, certainement la commissure de mes deux rougeurs prononce la vie. Je te regarde, aveugle. L'oeil borgne de l'indifférent ; l'oeil ébloui de l'amoureux.  

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Diérèse

Je me suis traduit avec les mots étrangers, j'ai fait rimer mon prénom à l'hémistiche de ton soupçon germain, ô petite cédille tu as les bas filés de tes versos, la navette des cyprès aux cimes incendiées par le jour passe par le chas de mes yeux. Ma braguette casse sur la vie, porte des patiences, la vie introduite avec ses dents d'écriture, avec sa cassure d'encre, de vitres et son grand crin joyeux, frisé. Il faut des adjectifs plein d'images, comme des soutes anglaises, il faut des chiffres d'arithmétiques, des chimiques pulsions, des présages de fièvre, des pressions sous les yeux où ma nuit laisse son souvenir blessé, son dernier sang amoureux. Oh, les cris, oh les paroles, oh la garrigue semée de chagrin fécond dans la terre infertile. Mon amie, mon amour, ô ma plainte, mes bras balayent l'horizon, il y a la pente de ton corps sur le chemin des visions, et tu es en travers des images avec les bosses de ton âme. Tu es belle, tu me déchires, tu m'entoures, tu m'entraves. Je rue dans le rêve et je bouscule tes narines de lune, je rue dans les songes que minuit alloue à mes crises nerveuses, le tatouage des délices coud l'arceau des libertés. Amour, lointain, arrête ma course dans le noir, où la brume monte en salants, noie mes pas et j'apprends à transmuter les figures en branchies, mes saillies, petite D., ce vent qui te coule autour de la gorge, qui frissonne dans ta nuque, c'est le baiser que mes mots frémissent, les lèvres de mes pages. J'écris mes textes avec la langue, je tourne dans les pages mes doigts saliveux, les horions horizontaux pleuvent sur ma poitrine quand tu me frôles. Tout est très étrange, au nadir d'une fuite, les ombres prennent l'apparence des fruits des arbres de cendres.
J'ai sous le regard le baiser décharné de ta nuit, les deux lèvres des cernes. Ma Douloureuse amante, qui s'en va dans le monde des matins, laisse sa trace, son souvenir, le travers de nos effrois, le fracas de mon corps contre la détresse, de cette marque mauve. Je crois que j'aime, ses yeux effilés et ses cils d'angine. Je voudrais embarrasser les siècles avec un de mes caprices, et faire peser sur les épaules invertébrées, sur tout ce qui dépasse, tout le supplément de mon âme. Je détourne l'axe de la terre du poids de ma vie, pesanteur innatendue, je suis arrivé, j'ai fait plier la Terre sous le sanglot long à traverser ma paupière. D. ma douleur somptueuse, gâchée, D; le prénom donné à la langue créole, qui siffle dans la rue l'air mélodieux des cacatoès rares. Tu es mon orpheline au cou ophidien, et les crochets de tes yeux diffusent le poison bleu dans mes veines

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21 mars 2011

Du regret j'ai tiré un pétale de Dipsacus, aujourd'hui j'aime, et c'est sans espoir. Ma croix a le prénom des dieux latins.

 

Ma petite Marion, ma douce Marion, mon souvenir de camphre, est ce que je te mélange avec la rigueur du droit. est ce que je m'imprègne de ta misère toute pleine de lâcheté ordinaire. Tu tintes dans demain avec un cri sombre de ta nouvelle parure brune. J'ai entendu ton murmure chuchoter dans les ombrages de mes mains, entre les stries de mes doigts où le monde cesse de battre. J'ai des ancêtres dont je sens encore le sang remuer, que mon existence naïve avive. Né en mai, je porte le printemps dans mes petits sanglots. Dans la tristesse en gris qui immobilise mes lèvres en l'ivresse saccadée. Quand je tourne une page d'un album photo de ma Kabylie native je sens une veine de ma mémoire qui claque comme un pas sur le pavé des révoltes. Oh, ma petite Marion, comme je m'en veux. Je n'ai pas su te détourner, je t'ai arrêtée, j'ai retenu la marée de ta vie et je croyais la changer, la réinventer, je me rêvais des pressions de Lune, des cratères astraux. Je ne suis pas même un barrage, l'écluse que la vie baisse dans le sanglot des rouilles oranges et qui remonte pour laisser bas les niveaux de tes pleurs. Je donne l'illusion de faire grossir les cours, ah le tumulte d'algues de mes manivelles hirsutes, dans les madrépores illusions, dans les circoncisions des vagues acronymes. Je te dis pardon Marion, pardon de t'avoir laissée à ton vide, d'avoir délaissé la vie de toi et de m'être pendu à tes silences, d'avoir balbutié des salives en or, à broder sur le corps du reste des filles-animales, l'adultère caustique. Les rescrits fusillent les lexicales brutalités, et ma petite Marion, je sais la pulsion qui soulève ton coeur, et la lenteur du sang qui bouche le port de tes cris. Ma petite Marion, tu es le silence qui craque sur la chaise en osier, le mouvement du mancenillier , égorgeant les rouges-gorges et qui rosit tes oreilles de deux perles irisées. Il y a le quartz d'une date imprimée sur tes reins, et quand j'embrasse les photographies de nous, les sangles de mes muscles ralentissent le mouvement de leurs brutales vigueurs. Ma petite Marion, je suis passé dans ta vie comme une intention qui ne change rien, comme un discours politique qui promet tout et altère ce qui va, et j'ai ouvert dans ton ventre la plaie des voyages, j'ai mis contre ton palais ma langue impatiente qui offrait le goût de la liberté. J'ai repris l'aliment dont le parfum t'empoisonne encore. Et je suis parti, parti dans les bras différents, des filles-hymnes aux corps de ricochets contre l'eau tendre et boueuse de mes yeux. Oh, Marion, j'ai trahi, comme à Margot, le loin là-bas, écorché les silos de l'habitude, sous les sillons profonds comme des tombes creusées par les manches des fellah. Ma petite Marion, je t'ai laissée dans la nuit noire sans te donner les torches du jour, sans t'offrir la carte du dehors. J'ai délassée le nœud de tes cheveux longs, dans des salles atroces, les portes bougeaient plus vite que tes petites jambes, et la liberté s'éloignait dans mon pas. Moi je partais, j'allais en dehors, j'allais retrouver le jour et le feu des fleurs, j'allais absorber les tiges des filles, et boire aux bouches des vierges l'eau neuve de leurs hymens fontaines, et tu débattais dans le noir ta vertu, tu te débattais et tes yeux bleus s'usaient, ma petite Marion, dans les chambres sans lumières où ton corps crispait les muscles jusqu'à la tétanie. Ma petite Marion, je t'ai oubliée dans la nuit de ma vie, et tu es devenue la nuit, ses sucs de couture te confondaient dans mon tard, et tu es devenue les heures finales de mes calendriers, tu es devenue la note ultime de mes tristesses, la dernière goutte de liqueur qui tachait mon pantalon de coutil. Ma petite Marion, je ne t'ai pas arrachée au gris de ton ordinaire, j'ai teinté ton ciel de ma salive sombre, j'ai couvert tes nuages des mèches aveugles qui me tombaient devant les yeux. Pauvre de toi, tu vivais dans un monde de brume, où tout se devinait sous les suaires amarrées aux voix, et je t'ai abandonnée dans le silence terrible, violent, brutal des crépuscules sévères. Tu peux tout tenter, tu es prisonnière et ton cri ne rencontre que d'autres cris, tu vis en absence, et je ne te trouve plus dans le noir où les mains des juges me poussent à retrouver l'innocence, les yeux de ma petite Anne n'éclairent plus assez loin la miette de notre regret, l'amour chétif qui nous reste encore sous la peau se dissout, se dissout, et déjà plus rien à nos oreilles que la douleur muette des deuils.

Je t'ai aimée, tu dois m'en pardonner.
Je t'ai aimée, et tu n'as pas pu y survivre.

Aujourd’hui je suis un amoureux sans espoir, d'une toute fragile qui a les yeux forts et le port grave, les ambitions sérieuses, je l'aime de tout mon être retranché de la voix, je l'aime de toute la force de mes silences. D., une toute belle, toute unanime dans moi, dont j'entends déjà le vivat s'en aller sous les allées d'autres ormes, d'autres gloires. Au dernier jour de notre communauté, avant qu'elle se range loin de l'horizon que mes regards accaparent, je lui glisserai sous le porche du front, un baiser parfumé de souvenir. Je lui dirai, c'est de ma lâcheté que je te ceins le front, le laurier du couard te baptise de sa triste audace, n'essuie pas s'il te plait mes lèvres sèches comme l'aubépine, dans dix ans, quand tu ne te souviendras plus comment l'on aime, quand tu auras oublié jusqu'à la profondeur d'un cerne, tu pourras sentir de ce germe que je glissais entre les rides à naître, de ce frisson cavalier, que quelqu'un loin ici, loin depuis le temps, loin depuis sa figure adolescente, sa laideur si particulière, que quelqu'un t'aimait différemment. Petite D., je t'aime de mes impossibles mes manières, de mon aveu incréé. Je ne peux pas m'heurter à la digue forte de ton refus, alors j'écris mon roman et mes poèmes imbéciles, et je t'en dédierai la gloire que je refuserai. J'ai dit adieu à toutes les solitudes, je ne conserve de caresses que l'éloignement douloureux de Loriane. Je me consacre à ton idée. C'est jusqu'où mon courage peut me porter, jusqu'où mes encres peuvent écrire. A la lisière de toi, juste derrière tes sens, sous l'imperceptible. Je t'aime comme un espion. De ce souffle ne retiens que ceci je t'aime comme on ne peut plus aimer. Quelqu'un qui t'aimait au péril de lui-même. Avec des gestes démodés et puéril. La lâcheté qui muselait le verbe, ce n'est rien, c'est la littérature, l'incapacité à vivre. C'est un geste pieux, tu ne m'en voudras pas, quand mes mains assembleront un dernier cri à l'odeur de figue sous la palmeraie de ton futur. J'ai été piégé par l'idée d'un destin, je ne m'en suis jamais remis.

 

Je t'aime petite lueur.

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