22 février 2017

Crache putain crache

Yeux Bandés

(poème écrit sans regarder l'écran
approchez approchez voir
le vers à barbe et la non-rime

la plus forte de Gitaine)

 

 

cinq heures du matin c'est pas une heure pour écrire il faudrait dormir attendre l'heure du réveil les siryne du métro toute la bonne vie civile tu sens le pain qui lève 
préfigure les hommes tout à l'heure touys


gueules cassées beaux gosses flemmards stagiaires la ribmambelle des humains on dirait une chaîne très tendue et longue des maillons très inégaux mais tous nécessaires c'est beau la solidarité quand même


ceux étudiants encore et rêvant d'un tas de fric ou rêvant pas quelque chose arrivera ills se disent et ils se tirreont loin une guerre pour les plus trtistes ici au moins quelque chose à faire un truc dans quoi shooter merde quoi celui qui écoute studieusement le cours de droit fiscal en L2 il veut s'en sortir il a eu son bac de justesse mais maintenant c'est du sérieux au quartier on compte sur lui faut être riche toi tu feras pas du rap t'as vu ta gueule pas du foot t'as vu ta frappe t'étudies tu buches tu finiras cadre sup' sûrement une bagnole une femme et même des putes si tu t'en sors bien et que t'adoucis un peu les préceptes de la tradition au fond t'es bien le dernier à y croire

L'autre s'en balance de toutes façons la vie il y croit pas vraiment il vient ici pour faire quelque chose chez lui il déprimerait à lire des mangas à mater tous les pornos de la terre "t'en as vu c'est toujours la même chose" préfère son imagination et fantasmer sur les gueules de suceuses des meufs de Tinder

il faut que le week end arrive j'entends l'écho des salles de réunion le momentde bonjour la fille angoissée qui simule au bureau qui simule quand elle a dit oui et pleure toute la nuit en partant très honteuse pourquoi elle sait pas dire non bordel ça m'énerve
je l'entnds "je suis super gaie" on la coupe de toutes façons qui ça intéresse quoi qu'un cul pareil si ça t'attrape pas tout de suite c'est perdu 
ça se transforme pour elle en la nuit de cauchemars des flashs pas agressée sexuellement mais cède toujours cède sinon ça fait trop peur les insinuation les mots alors elle s'en débarasse une fois pour toutes la réputation de salope c'est normal c'est rien 

qu'est ce qu'elle fout là elle avait pas le choix pas trop bête les meilleures notes a Janson le monde pas terrible hein mignonne ? être à peine amorcé etl'amour la sauvera mais il faut venir l'amour hé voyant s marabouts esprits djinns toute la clique imagnaire ramenez vous sauve là c'est le moindre des choses elle sait pas a jamais su quoi que ce soit
Je la prends pour un personnage de la nouvelle vague
c'est pas une héroïne c'est n'importe qui ta soeur ta cousine ou ta voisine tu crois ne pas en connaître de comme elles hein ? Sûrement c'est que tu les abuses toi aussi 
allez regarde un peu ici
Si le droit vraiment s'appliquait tu mangerais de la bite de black ou de rebeu à t'en défoncer la glotte
mais t'as de la chance les lois sont mal écrites ou mal appliquées
c'est comme ça la justice c'est très abstrait il faut quelques caractérisitques bien restreintes pour entrer de plein pied dans la criminalité
parfois quelques uns en rêvent s'inventant des méfaits et pas que les gamins des banlieues d'autres petits-bourgeois une canne-épée ça se change vite en contrebande d'armes de tous types pour massacre ethniques c'est facile de se prendre pour Rimbaud devant son ordinateur


L'autre pas pire pas mieux à la rue pas un repas chaud pas un repas tout court depuis il a pas compté la poubelle vide un demi sandwchi un peu de vomi c'ta sauce verte pauvre type t'as pas fait d'efforts regarde ce que tu deviendras si tu contonues de mal travailler à l'école petit con (tout à l'ehure c'était en voyant passer un éboueur) lui il va errer dormir il a son chez lui deux larges morceaux de carton une couverture pas assez épaisse mais hé c'est comme ça on a ce qu'on mérite dit le cadre dirigeant en toucant le cul de sa stagaire (la fille malaise de tout à l'heure il y a quatre ans ou l'autre sortie de SUPDECO ses yeux prêts à tout qui sera toujours une sale conne)


La réceptionniste sa vie de merde on t'appelle lumpen prolétariat et je devrai me battre pour toi voter pour tu fais tes ongles tu regardes passer Stephen et ses épaules de matador tu siffles dans ta tête plus hauc'est pas permis t'en parles à tes copines t'inquites il te baisera il te jettera dans les mêmes chittes que la capote dans le même soir tu crois quoi et il te dira bonjour hein le même bonjour qu'avant ce bonjour il en a des tonnes dans la poche intérieure Armani Hugo Boss ça dépend des jours pour toi jamais il ne sortira le sur-mesure hé


y a des humains je le sais mais pas des comme moi elle écrit ça sur un blog je la haïssais j'avais 15 ans elle aussi Arrête de te plaindre puis j'ai connu moi même la dépression ça c'est un commentaire sur un blog
alors je te comprends
On dit toujours qu'on comprend quand on pige que dalle 
Tu connais son rythme cardiaque tu comprends son hésitation au moment de boire une gorgée de plus et comme elle frémit en entendant le froissement d'ailes d'un pigeon ?
Nan tu connais les généralités et les catégories la définition biologique et fonctionnelle un peu de psychologie je t'offre même ça en bonus. Ton tableau périodique tu as fini par remarquer un jour que tout le monde dbordait la ptite case non ? T'es trop con pour ça ? Tu as besoin de mettre tes petits doigts dans la petite tête hein ? C'est de la merde
Même cette pute de réceptionniste doit être aimée si on la prend du bon côté pas la peine de faire des blagues sur ses plans culs son slide sur Happn

Le christ est mort sur la croix super bravo pour tous les hommes
donc aussi pour lui
(y)


Une rue strasbourg saint denis je sais pas quand on est j'entre dans les chiottes l'odeur me fout la gerbe j'ai tellement bu ce soir j'ai rigolé je crois pas sûr il faudra que je regarde sur mon téléphone la vidéo faite dans le bar ça s'appelait comment déjà on sen tape instagram facebook twitter un de mes avatars me renseignera. Putain de putes chinoises dégeueullasses qui font la gueule au moins les négresses de Château-Rouge, les bonnes esclaves t'appelles mon chéri quand tu les frôles pas trop près leSIDA avec ces meufs là ça s'attrape par le regard.



Pourquoi il a dit "Je" ce connard middle-class/average Joe je lui péterai les dents 
Si j'avais des poings à enfoncer quelque part je les lui foutrais dans la gueule jai déjà aboli la ponctuation et ça je tape sans regarder jamais alors ce sera en vrac expérience poétique ou flux de conscience ce que tu veux mobiliser Roland Barthes Todorov Bathkine je m'en fous au fond, la parole écrite pas imprimée hein bien légère volatile tu vois c'est la parole avec son bégaiement ses retours en arrière son inconstance la parole c'est ce qui brûle dit Barthes
et si je sors mon dictaphpne la caméra de mn iPhone passé de mode
hein ? Tu dis quoi contre ça Barthes
Tu dis quoi si je supprime ce que j'ai écrit si je déchire la seule page imprimée du rmoman pas écrit 
Tu te retrouves con plus con que quand renversé par une camion de blanchisseur
Roland Barthes PAS Roland Barthes

t'as la mort la moins cool de l'histoire des morts 
tu aurais pu faire un effort déguisé ça en suicide laisser traîner une lettre sur le bureau en pemrance au cas où dire que c'était trop diur
l'appeler la mort de l'auteur

mais t'as jamais rien su assumer au fond même pas être poète crétin rentre dans ta cage les étagères de bibli je te cracherai dessus à la BNF BSG PNL

Allez, je recommence ma socilogie urbaine et fantasmatique je réduis l'homme en son cliché possible celui qu'on reconnaîtra ey ouais mec maintenant on met sa caméra dans la rue on filme tout du réel sous-titre "histoire vraie"

J'ai une rangée de mots pour ça (je me suis remis à regarder l'écran pour écrire) 
- Pass navigo
- Une baguette pas trop cuite
- t'as vu le match hier ?
- ce que je lui ai mis à cette salope
- Il baise comme un pied mais au moins il a du fric
- Je crois que je suis amoureux.se
- Je pense qu'il me trompe
- Mais non
- Ma chérie
- Je vous fais une couleur ? 
- Un kebab sans oignon sauce blanche chef
- Tous pourris 
- Un expresso steplé

Mystère des objets en communication stellaire, ils formeront machine à café, ciseaux du coiffeur, pass magnétique une cosmogonie à part entière et l'on pressent leurs eclipses et leurs cataclysmes, on frémit d'assister à cette mise en mouvement les astéroïdes bombardées de rayons lumineux alpha gamma ceux qui brûlent et ceux qui ne brûlent pas.

Mais je ne parviens pas à ce point de rupture du langage, existe-t-il seulement déjà ? Oui je l'ai senti auparavant, chez quelques auteurs. Pas à confondre avec le point de fusion expression débile faite pour les gamins lyriques, hé le surréalisme ça marchait en 1920 à la mode psychanalytique Freud ajd c'est aussi cool que dire "t'es nouille". Jsais pas, essaie de faire une synthèse la théorie des blocs sémantiques et Donald Trump ça marchera super bien.

Putain je suis en train de faire comme un tas d'auteurs dramatiques à écrire de la merde comme ça me vient ça doit avoir un nom de connard genre l'hypersubjectivité, le gonzo foutu dans un théâtre ça a pas suffi une fois Las Vegas Parano ? Ca a fait des gamins en plus ? J'ai des frères et soeurs. Putain. 

Arrête de te regarder casse pas le miroir ça peut toujours servir plus tard pour trancher tes veines celle d'un autre ou juste t'assurer que le blazer tombe bien que t'as une gueule pas trop défoncée pour demander ton RSA. La réflexivité putain tout ce texte c'est un putain de miroir allez palais des glaces si tu veux te la jouer façon gigantisme
C'est fou ce que tu peux haïr quand ça a commencé pour être à ce point infusé en toi inépuisable et le considérer déjà comme substance dispensable c'est abuser le langage c'est employer une analogie d'ordre purement linguistique la haine c'est un sentiment un concept tu peux pas le vider il est abstrait tu peux toi mourir et lui cessera en toi voilà tu comprends alors arrête avec tes manies pré-scientifiques Bachelard est passé par là tu vas pas l'ignorer ?

Si j'avais su le gamin tout à l'heure qui disait négresse et se foutait de la gueule des putes chinoises j'aurais passé en rouge son récit tu vois encore une fois je me heurte à mes limites techniques j'aurais voulu donner à chacun sa consistance
Je vais imprimer ça tout molarder puis le scanner et le reposter sous cette forme quasi-organique

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20 février 2017

V2

La tête roule ce matin
loin du corps
le coup de couteau frappe
à l'endroit 
de la nuque
à peine plus haut
que l'épaule



Le coup de couteau.
De la main non-tremblante
perfore le ventre laisse voir
le repas ce midi les sucs
gastriques et la viande
non-digérée de la viande

Le ventre où gîsait le coeur,
soir d'amour l'âge des premières
naïvetés le soleil et les étoiles
avaient encore le sens des
baisers maladroits ta bouche
trop ouverte la langue qui
ne trouve pas sa place c'était
bien avant le premier livre
de philosophie sérieusement
étudié la tête pas encore
roulante 
de la langue dans 
la bouche
passer à Wittgenstein et au valium
substitué quel couple infernal
ces noms sauvages

Chante la couleur du soufre cette envie de porter hors de ta gorge le serpent sexuel au début de sa pleine mue / les parfums volatiles celui d'une femme sortie de la nuit les sous vêtements oubliés égarés quel lit cette nuit ou bien volontairement délaissés l'air décidé / la révolte commence par les plus petites choses par la faim deux jours sans manger le peuple gargouille grand ventre vide mains brutales

Ecrire d'accord mais cette fois ci comme il y a longtemps avant l'âge des philosophes avant la discursivité quand tu croyais tout savoir / écrire sans les yeux n'abime plus ton iris contre ces mots pixels idiotie se rappeler le moment de presque poésie avant le mutisme + avoir crié à vingt ans à cracher tout le feu d'un coup éruptif mauvaise l'imagination cet âge là tu penses à ces horribles vers des autres dans lesquels tu retrouves miroir brisé quasiment les tiens il y a cinq six ans ou bien tu as vieilli fané ou bien eux comme toi médiocre jeunesse / cette poésie là à place fixe sphinx immobile lieu touristique pour ses vingt ans ensuite on dépasse ce moment d'antiquité ce cours de sixième B / pourquoi le souvenir de ce temps d'avant où le cristal de roche valait bien le diamant et les amours d'un soir l'amour tout court


aujourd'hui tu n'accordes de prix à rien tu marches en guenilles boulevard de rochechouart sans rien chercher sans rien trouver plus de sex shops la ville change à toute allure le temps d'hésiter la devanture déjà transformée en McDonald's ou pire Starbucks café
(tu l'admets le Big Mac à 5 heures du matin te donne un orgasme honteux)

Je hais les Starbucks, la coolitude de ce moderne-vernis ; le nul à l'apparence du neuf : à peine sophistiquée la Ford T changée multipliée servie Latte ou Americano ou quelque nom horrible 
ce métal bouillant je veux le verser par petites gouttes douloureuses sur quiconque franchit le seuil médiocre mais le poète demeure sur le plan du fantasme-du rêve, pauvre logis et dans l'ordre civil à peine protestataire maugréant contre tous les bruits de la ville le doigt d'honneur sept minutes trop tard sa révolte c'est son bulletin de vote tous les 5 ans pf ridicule au moins si le temps des martyrs pouvaient redébuter il y aurait un destin facile (façon meuble en kit) soi voilà la croix saint-sebastien réincarné et saura-t-il seulement la monter ?

Assez du tutoiement pourquoi m'adresserai-je à toi ma démarche incompréhensible le poème déginguandé ni tout à fait leçon de philosophie pamphlet manifeste ou départ du recueil /
quand commence le premier quand s'achève-t-il si je reprends demain le cours de cet éternuement ces grumeaux blancs-jaunes la morve forte sans odeur hélas
Pourra-t-on dire le poème un début une fin si le programme informatique réorganise à chaque F5 l'ordre du poème et le fait aléatoire renouvelé à l'infini
Mettre fin pour de bon à la linéarité du temps Einstein ce n'est pas pour les chiens.

Dépasser ce que l'on a fait jusqu'à aujourd'hui penser à Quentin Leclerc Ou guillaume Vissac (majuscule interverti) cesser de désespérer
Penser à #### (non-nommé se reconnaîtra s'il passe) chercher le Valium dans la trousse de toilette, pousser les comprimés de Xanax hors de la boite en tremblant non-lyriquement du tremblement véritable hérité de ta race colonisée ta race véritable/pas ta race forcée de sale Gaulois les tranchées Alésia ou Verdun match nul 
J'ai redit "tu"

à force de Jean Genet la trahison deuxième peau tout arracher jusqu'au nerf et après le nerf jusqu'au muscle enfin l'os qui dit je te révèle dans ta nature calcaire pierre je suis pierre-poussière


Sophie Podolski me monte dans lqui la croit lyrique franchement l'imbécile c'est l'impossibilité d'écrire son aveu il faut bien la saisir s'en imprégner 
badigeonné 
oint pour ceux préférant les grands mots solaires (mais soleil imité soleil des photographes en studio) 
atteindre par là-bas l'incapacité de dire

Arriver à Artaud en remontant ce fil des muets
des bégayants des analphabètes

Putain j'ai tellement mal au coeur

juste où le cou sort des
épaules

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17 février 2017

Abrégé de la fin du monde.

l a grandi l'incendie en toi
tu l'appelais du nom que tu pouvais
le lyrisme tu y crois encore au fond
comment se passer de son passé
ce qui te poursuivit presque toute la vie
15 ans la première fois le pantalon
vite enlevé tu te prends les pieds
dans l'ourlet tu ris pour t'excuser

Assez de ce temps là le lyrisme
au passé honteux tu as changé d'âge
arraché le foulard et la soie
FLEURS TA MERE
COEUR PEPERE 
Rime pauvre
Bois ta honte

Tu prends le langage à rebrousse-poils. Cette fois ce sera (ce doit être) la bonne. Tu ne te laisseras pas avoir par tes sales manies cette façon de désinvolture comme si tu ne croyais à rien, nihiliste de pacotille, regarde toi les doigts crochus, avide de toutes choses. Tiens voilà que tu retrouves la ponctuation, Bastille remontée en un clin d'oeil. Tu n'es pas Beckett sinon pour le costume flottant ce vendredi de février, tu marchais où il marcha ; lui démontrant l'absurde de sa démarche saccadée...et toi pour rien, toi marchant seulement pour marcher, pauvre de toi. Ce que tu cherches maintenant c'est te déposséder de la langue maternelle te retrouver dans le froid polaire ; enfin atteindre cet anti-liquide amniotique, tu vas le trouver ce glacier.

Cette fois par la métamorphose (transubstantation tu n'oublies pas d'où tu viens les gaulois, la fille aînée de l'Eglise, Avignon ça vient bien de quelque part ce grommellement) de ta langue en toute la sagesse populaire. Proverbe, dictons, il te les faut tous. Tu mets un point pour débuter ton entreprise de démolition, l'apprentissage méticuleux de ce langage de province. Pierre angulaire, Par Toutatis et tu recommences tes invocations d'imbécile, ta barbe a trop poussé, ridicule à jouer encore l'adolescen, hé, regarde ta photographie c'était au photomaton du bus palladium tu n'as pas honte 2 Euros pour ça, c'est ça ta gueule. 

Tu y arriveras si tu plonges les mains dans la crasse. Tu le sens bien ce quelque part cybernétique, cette désagrégation de plus en plus rapide, la puanteur qui monte mais plus la puanteur physique des choses dégradées, une puanteur venue du concept bouilli, l'obsolescence programmée : la barrette de RAM, le micro-processeur, les cristaux liquide ; tu le sens bien que c'est ici, par le milieu, que tu dois parvenir. Après le proverbe lentement approprié rentre dans ton siècle. Bouffe le ton siècle. Cette matière inorganique, ces minéraux forgés par la main d'homme. Potier l'ingénieur.

N'écoute pas l'autre tu n'es pas d'accord
Il peut dire ce qu'il veut avec ses médiations
Son langage performatif ce bruit de sirènes
Dans la langue Roland Barthes n'importe quoi
C'était ok dans/en 1993 ; 1994 si tu veux donner
à ta poésie un air d'année scolaire le lycée
1ère L allez je te fais cadeau de ça mais crois moi
On en a terminé avec tout ça, alea jaecta est
(et je reprends le dosage des formules en latin
ça ne change rien même banalité pleine de vérité)
Ne t'obstine pas, détache toi de ce qui te lie

Les morceaux inutilement éparpillés, bouts de miroir
Où ne traine aucun reflet abandonne ta putain d'image
A quoi ça sert de se voir du dehors ligne du nez d'accord
C'est bien tu as deux yeux des pommettes plutôt pas mal
la nuit quand la voiture de police à toute allure gyrophare
allumé te frôle presque le plus beau en marchant tête
basse vers où tu ne le diras jamais toujours tu reviens
c'est à croire qu'il n'y a rien nulle part rien à rapporter
un caillou tiens il a la forme primitive de je ne dirai pas

Abrège ton poème abrège tes leçons de morale
Suffisent tes maximes d'un village du fin fond
de la Bretagne jusqu'à La Bruyère quelques mètres
même pas Strasbourg

Nous te reprendrons où l'on t'aura laissé
vieux fauve on t'a dressé ouf le lyrisme éteint
il s'en fallut de peu que tu reprennes 
silex vidé de ton feu ta gueule à jamais.

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16 février 2017

Ta tête touche le bas du sol

toujours la vie non-voulue il faut se débrouiller
la sienne venue dont ne sait où le diable dieu
n'importe quelle étoile filante colombe ou plus
moche oiseau et les autres soudain goutte à 
goutte averse et flaque ces vies réunies t'
éclaboussent un peu de boue un peu de 
propre comme c'est bizarre la vie pas choisie
tombée du ciel tu n'étais pas là hier le bel
enfant déformé dans les années lutter
tu te souviens bien pourtant la petite voiture
le jeu de mécano tu avais XY le droit à la
blouse bleue les cheveux courts on dirait
une fille les premiers jours si beau une fille

on dirait une fille haha ton air poupon ta voix
aigue de Sarah de Mathilde de la premère conne venue
ta voix merde et tes poils pubiens les premiers
mais une fille toujours mais une fille proscrite
celle la celle de la fragilité des larmes la faiblesse quoi
le même mot hier qu'on retourne contre toi
comme si on prenait
le monde pour le renverser à n'y rien comprendre

ta tête toujours le même sens mais le monde
secoué comme une sphère agitée de rotations
malades la norme sociale son hoquet impossible
estomac irrité elle a mangé quoi bordel sûrement
le sang sauvage tous les morts de toute éternité
convulsant sous la terre et vous crutes tous idiots
les morts bien enterrés profonds six pieds et les
putains de fleurs les pissenlits je ne sais pas à quoI
ça ressemble borde de merde et je m'en fous 
les morts convulsant toujours tu les croyais immobiles
sale crétin et toutes les règles toujours changées
n'y vois rien tu contenais la ligne droite toutes ces
courbes pour toi c'est à mourir ta cohérence ton
regard franc ta bouche tordue tu n'as jamais compris
le langage qu'il fallait dire tu écris la langue gonflée
comme ton sexe depuis quand tu ne l'as pas fait
jouir tu le personnages c'est de toi que tu parles
quand tu dis lui quand la dernière fois la chaleur
la nuit la chaleur tu t'en fous la moiteur bonjour
bonsoir ta mère le et après tu t'en balances quoi
tu parles les mots difformes un serpent malade
les aisselles trempées tu voudrais qu'on t'écoute
avec cette haleine de ta peau tu rigoles j'espère
le diable le diable c'est tout déjà jugé au suivant

 

 

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14 février 2017

François pas 1er

CHER FRANCOIS FILLON

Dure ta route tu croyais chemin des cocagnes
mais pousse le chardon le long des bosquets
saint assis moins saint déjà hier l'auréole
couverte d'épines ta main ensanglantée
les doigts bleuis le froid immense qui t'a
saisi ce jour là enfant pris la main dans le
sac on t'a dit de ne pas toucher chapardeur
crie au loup le loup hurlant dans sa fo
ret saisissant toute proie boitante
la pluie solitaire ton visage creusé
la crème anti-rides ça ne marche plus
Nivea n'importe quoi cet âge en un soir
une page 5 ans de ta vie


ton destin en morceaux vase de
Prudhomme tu attends ta sentence
elle viendra au petit jour brassard
orange police bougeant au gré du biceps
mandat d'amener pour ta gueule six heures
ta journée qui tient sur une feuille A4
C.V recto-verso le procès verbal deux pages
tu diras P.V en lieu et place de ton Je
deux lettres il te reste cette illusion
à la fenêtre défile le monde un livre
d'images hier tu votais la loi et sale
chien enragé elle tourne son croc contre toi
forgeron blessé par la lame forgée
peut-être tu aurais du te taire ce jour là
dans la salle de classe au moment
de choisir le délégué la première victoire
il monte vite ce vin le vertige l'estrade
pupitre ta voix monocorde inaudible
déjà 1982 ta signature au bas du projet
de loi tu aurais du peut être demeurer en
ton manoir et ta voiture de course
ta femme et toute la marmaille
sans un bruit sinon le cheval ébroué
halant Sablé sur Sarthe traçant la route
à rebours cet air décati ce coin de terre
des serfs si tu veux le droit de cuissage
l'ennui une épouse galloise on connait
l'anglois las tant de guerres pour l'aventure
la côte irlandaise et son vacarme de corne
Paris, Orléans, la Bourgone un peu le sous-
continent indien les massacres aussi
tu aurais du mais non toi tu devais pécher un peu mieux
que les autres tu n'avais pas lu l'Evangile
tu l'avais entendu dire seulement et
le péché d'orgueil ça ne te disait rien
ou pour les autres quand Nicolas
les poches pleines de billes moquait
ta banane vide la vengeance ça vaut
pour le temps d'avant avec le déluge
le feu du ciel sur les villes de plaisir
etc
Même pas circoncis mais oeil pour oeil
Alliance non-formée pauvre orgueilleux

Ta solitude gonfle comme une larme
il se fait vite le désert autour de soi
on peut te raconter les marées de sable
les fausses oasis tu auras tout vu
tu n'auras rien vu

Ce sera dur demain et le jour d'après
puis tu oublieras sauf ce jour le feu
qui craque comme ce soir maudit
tu lisais le journal comme tous les soirs
un verre de whisky peut-être la lassitude
des journées bien remplies cette courbe
honnête vers ton destin sans vacarme
fonction affine tu te souviens 8/20 en mathématiques
Tu rigoles imaginant Mme Lecanu sa tombe
et toi 4 millions pour ta gueule pauvre conne
tu allais à cette vie la tienne les ors et le tralala
cette vie en poussière tu la tiens dans ta main
ce jour encore 82 ans le rocking chair
ou la chaise de massage tu l'as acheté
sur catalogue tu te méfies d'Internet
c'est comme ça au futur tu vis encore
dans le passé

Désolé pour toi quand tu seras à presque mourir
Je ne sais ce que ce sera ma vie à moi peut-être la joie
peut-être le malheur j'aurai conquis l'espace été vaincu
par le temps mort déjà avant toi m'aventurant dans les contrées
où toi par avance tu trembles mon pauvre ta vie en miettes

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08 février 2017

Pervers Narcissique ou Poème à Thèse

C'est un homme-monstre centaure du temps d'ici dur et cruel
qui jamais ne marche et choisit plutôt le mouvement piétiner
avec ses bottes cloutées toi il t'écrase miette d'enfant areuh
toi ce presque rien raboté une table de menuisier copeaux de
bois tu t'uses vite et plus vite encore tu passes devant le miroir
pour éviter ton image pâlie ta lèvre sèche et tes yeux tes yeux
je ne peux pas dire le souvenir des coups la nuit le jour la peur
bien ancrée profonde dans toi la peur double de l'effroi tu me
rappelles moi-même dans le noir six ans pas un bruit le bois
soudain grince et moi j'imagine j'imagine avec la peur la même
que toi aujourd'hui la mort maladroite venant pour maman
trébuche la mort sur elle en toi plus lente à se diffuser
toi transparente tremblante préfigure un masque mortuaire

 

qu'importe la violence si la force est bien la force qui
brûle dans la nuit ce qui traîne alentour d'elle la force qui soi fait
débris de soi qu'importe qu'importe les profondeurs le monde
la tête l'ego torturés waterboardés Guantamo de ces jours ci
le bonheur plus jamais poudre de Je tu n'existeras plus jamais
comme avant tu dis ça va si l'on te demande ce n'est pas
si terrible les injures on s'y fait au fond on le mérite on vaut quoi
griffée par le vent usée par les insultes on ne valait rien au départ
exister fut-ce contre le poing dur trouver sa cause dans la
force qui opprime sous
la botte qui terrasse


on échappe jamais à ce boum-boum dans la nuit aux marques
sur la peau un jour prisonnier durs à ronger ces barreaux
dur à creuser ta cellule s'évader pourquoi faire dehors pareil
se refaire une identité tu passerais au commissariat à la préfecture
pour te rendre à nouveau officielle mais tu trembles on t'a fichée la peur
profonde en toi la peur tu éviterais dans la nuit les lieux de ta joie
tu te dis tant pis restons là ça passera c'est comme tout un orage
d'homme c'est tout tu attends à la fenêtre demain le soleil
demain le mois de mai mais rien ne vient quand rien ne
peut fleurir


Ca ne peut pas cesser cette grêle ce givre toujours sur ta peau
toi de moins en moins à peine humaine je te croise dans la rue
tu ressembles à la morte que tu seras bientôt je crois
fantôme je te traverse frissonant belle ombre
souvenir dans la vie

Rien à faire observer de plus loin en plus loin la chute le bruit
d'un corps au contact de l'eau abandonnant sa vie lestée d'une
pierre lourde tu dureras dure et froide jusqu'à ta propre extinction
la fuite peut-être si tu te lèves un matin en affrontant le miroir
tout le temps perdu pour tous les autres désormais le regard cruel
un air d'animal traqué à vie furieux blessé l'animal dans le piège
la nuit insomniaque quand à la porte tu crois reconnaître les coups
sur ton ventre


moi non-christ sinon les boucles et ce goût de Marie-Madeleine
les jours que mes pas trop longtemps s'enfoncent dans la boue
puis le sang je regarde ce carnage le beau gâchis un être humain
mis au supplice la roue pour l'âme rouée l'âme qui gémit me fait
mal jusqu'ici dans ma nuit à moi si je devine la tienne se compose
de sortes d'étoiles contractées bientôt mortes minuscules trou
noir tout à l'heure j'ai peur pour toi je bois un verre de whisky
j'oublie je sors je danse ce n'est pas si grave qu'il me faut ma vie
au gibet la suspendre espérant dans le sacrifice de soi sauver
déjà l'étrangère

on ne transmue la force l'égoïsme le mal à force de prières
dieu le diable même chose qui sont la force l'égoïsme le mal
s'indiffèrent en riant jouent à la belote qui perd gagne
personne ne change jamais au mieux on accroît ce que l'on porte
on s'aggrave mais jamais autrement constitués même squelette
mêmes yeux même nez même bouche même cri

 

 

Allez

Bonne nuit

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06 février 2017

Ludvig van Bethoven

il y aura une suite à ces lettres
ces mots tu dis la vie ici quand
tu avances de ce pas indistinct
le même à l'école, trois ans déjà
la salle de classe la sieste Federico
Martial le nom des filles tu préfères
oublier tu palissais déjà innocent
elle a commencé tôt la honte pour
toi l'oeil des autres de tous les autres
de plus en plus monstrueux dilaté
l'oeil par toutes les années à soixante
ans tu imagines l'oeil large comme une
planète tu plantes dans le sol un bout 
de bois il te servira compas bâton
de marcheur tu avanceras dans la honte
toute la vie toute la vie c'était long
un seul jour et toute la vie tu ne sais
comment ce désert ta main sur le front
humide comment pourrait il en être autre-
-ment


il faudra bien une suite jamais achevée
sinon toi froid immobile tes yeux comme
si janvier pour l'éternité y déposait son
verglas mon dieu le mauvais goût toujours
cette incompréhension quand tu parles
la bouche mal ouverte et les larmes qui
te montent mais silencieuses et non-visibles
hachurent tes mots :::/// tu avais oublié
d'appuyer sur shift avant de conjuger
tes hachures il fait mal ce mot

cette langue tu la hantes de signes
tous renversés ébréchés tes lèvres
un vase de Soissons tu demandes
au lecteur sa fièvre sa furie pour
comprendre cette ponctuation
immolée vis avec ton époque
merde à la fin si tu ne 
sais pas ton  
youtube
n'a pas de
points virgules

Tu crois toujours ça n'a pas de sens la parole sans respiration rejetée à la ligne la grande marée chavirant le frêle esquif -tu vois je me rappelle les mots du poème classique Du Bellay par là Chassignet entre ici et celui-là tu ne le connaissais même pas je l'ai exhumé 1917 la tranchée les morts et Chassignet sorti du feu baroque un trou d'obus une tombe- tu n'entends pas le mouvement ni la corde désamarée c'est elle qu'on chante son dénouement lent comme une vie au moment de la mort plus longues secondes d'exister tu ne vois pas n'entends pas existes-tu seulement ô -encore invocation classique et notre père en latin même si tu veux ave maria pater noster allah akbar toutes les langues de la prophétie missel ou coran en caractères indéchiffrables اللهُ أَكْبَر ארמים- j'écris pour des ombres fantômes spectres issus de vous j'écris pour la marque que vous laissez dans la terre molle si vous vous promeniez en forêt deux fois déjà ici pour votre autre le signe d'un vous hypothétique 

Je me rangerai un jour peut-être aux raisons ordinaires
me lançant dans le chant très banal d'une poésie 
sans intérêt voix creuse variété française qui
écouta dans sa jeunesse -loin la jeunesse-
Ludvig van Bethoven mais non pas
Ludwig von Beethoven
son plagiaire britannique 
précisant toujours son origine
hollandaise les comptoirs de Sumatra
Tobago toutes les Antilles saupoudrées
dans sa vie le typhus l'alcool pour oublier
et ta poésie est pareille à ce Ludvig van
Bethoven elle a visité les mêmes lieux
toussa la même toux fictive
alors vraiment vraiment
je dis les mots lambeaux
je suis l'évadé véritable
des pestilences l'arraché
aux asiles aux cargos
le survivant de déportation
ma langue débrisée
témoigne de moi-même
fatras 
fatras
Et Ludwig von Beethoven
à moi seul 

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dame-pipi

si nous trouvions la parole la première parole d'un monde non-débuté
pas le verbe celui de la bouche de Dieu avant lui même né
ce remue-ménage de la lèvre d'un autre que lui cet antérieur
avorté la main aiguille douloureuse remontant le long de la trompe
de Phaloppe chemin tout étroit de la vie à commencer quelque part
au milieu pourquoi pas interrompue sans cesse comme décharges
électriques saccadées le sexe dur devenant flasque va et vient
du sang et les images dans le cerveau quoi enfle le premier si
tes doigts sur ta verge glissant où à toute vitesse le magazine
furtif tourne c'est passé de mode déjà ces contorsions des
peep shows tu te touches aujourd'hui avec moins de vice devant
ton MacBook quand à l'heure de déjeuner ta mère téléphone
c'est le week-end elle prend de tes nouvelles Oedipe
bizarre quand une fois à ce moment là voyant
Maman sur l'écran LCD du téléphone portable
Tu jouis ça te hantera pour longtemps ça tu
verras tu n'aimeras plus jamais comme avant déjà
tu ouvres l'onglet MILF naviguant youporn pornhub etcX
tu conjures tu te dis c'est la curiosité seulement elle
pourtant déjà tu promènes moins les yeux sur les culs de ta
génération tu as ce je ne sais quoi dans le bide
quand tu aperçois la dame-pipi ses 50 ans ses yeux
à fumer des gauloises

 

(mais tu ne comprendras pas ce poème la chute du premier jour Dieu du néant surgissant l'ange engendré de sa salive la parole puis l'homme et la salive grumeaux révoltée la chute tu n'y comprends rien tu crois encore au roman de Camus et tout s'achève là pour toi mais tout commençait
Nombreux ceux-là en bordure d'être dans l'infra-vivant)

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01 février 2017

Ma nuit en Prison - Joseph K. pour une nuit

Joseph K. pour une nuit
ou Ma NUIT EN PRISON BORDEL DE MERDE

Cellule 262, Canne épée
Jeudi-vendredi
Chanson triste

Hier, 
tandis que j'allai mon chemin retrouver un foulard en soie pure
avec au bras toute l'élégance du monde
sculptée au pommeau de ma canne
une voiture de police surgit
le premier agent de police, portant un bouc
(ce qui est délit dans mon code pénal mental)
m'interroge sur ma canne
je l'avoue, oui, elle contient une épée non affutée 
Le bouc, sourit, s'exclame dans son langage incompréhensible
(langage de celui qui perd le langage
abrégé de la parole son expression à lui)
j'y discerne "comico" comme une direction et comme une sentence
(langage contracté "I'm don't" art d'élision
on en parlera à Maurice Scève)
la négociation, ce n'est pas possible, je n'ai pas appris
le langage des imbéciles
j'imagine, qu'on me fera la leçon
que je ne déchoirai pas davantage de mon titre de citoyen
(limite, flottaison)

C'était l'acte I, la situation initiale, la présentation des personnages principaux, mais la tragédie ni la nuit n'avaient commencé

Immobile sur un banc
routine idiote
tes empreintes
ta profession
pourquoi
comment
où est or ni car
dans mon livret de CM2
puis soudain 
la nouvelle marque d'infamie
à côté de ton identité à toi
identité joyeuse souvent (au désespoir d'Eric Zemmour)
identité de buveur dans les bars, d'amoureux, 
identité du vivant que je croyais être
mais soudain gardé à vue
réduit jusqu'à ce nom
là et la disposition
pénale de.

soudain toi, 
tu t'imagines
la police avec son doigt
grossier
son doigt même qui porte un bouc
te désignant, toi, 
tu rejoins une grande cohorte
de gens hirsutes mal coiffés
tu l'étais, c'est vrai, le peigne
tu ne t'en sers que pour rire
désormais, gardé à vue
en joug on dirait
Fusil des L-etc

le discours un peu moralisant
"c'est pas bien
les " quand même"
les "oh"
sympathie
(j'ai des chaussures bleues, 
un pantalon blanc
manquait la chemise rouge
j'étais la france, on ne met pas la france
aux arrets)
tantôt
mais tout de même
"monsieur vous êtes en garde à vue"
n'oublie pas
"je porte l'uniforme"
toi tu es "soupçonné d'avoir commis
ou de t'apprêter à commettre une infraction"
on est encore monsieur, malgré
la marque infamante
chance dans le malheur
les autres non
"tu
ta gueule
assieds toi
je m'en bats les steaks"
langage de policier rapporté
au mot près
(drôle de choses aussi la familiarité
presque complice entre les détenus habituels
ceux qui viennent "au poste" comme toi
citoyen ordinaire au supermarché
tu n'as pas honte, d'ailleurs ordinaire,
rends toi vivant
vole, aime un peu trop fort
pas ordinaire
tout sauf ce mot là
pire condamnation)

le rapport de police blablabla
"ça n'ira pas pisser loin"
blablablabla
je n'écoute plus il y a longtemps
les mots du machisme banal
les ambitions rétrécies
chant afghan dans la cellule d'à côté
très beau chant mélancolie
probablement
Du Bellay de là-bas
un peu de beauté
sous la couverture
à l'odeur d'urine

Acte 3 : Déféré

Le policier arrive, un autre, prolifèrent ici
mauvaise herbe trouve toujours chemin 
de sa profusion
combien en aurai-je vu
pour ce si peu pénal
pour cette trop grande grâce
ce mauvais goût, le droit
que c'était le bon goût du dandy
cet air professionnel de la beauté et du luxe
"monsieur vous êtes déféré, vous savez ce que ça veut dire ?"
(il le dit avec un air désolé, 
gardant son assurance
de policier
mais vacille de la bouche
je vois ça qui tremble
l'incompréhension de cette décision
à ce moment là nous la subissons 
ensemble
solidarité imprévue)
et je savais, mais je n'imaginais pas la suite, la suite pour moi
la normale, celle conséquence -juridiquement conséquence-de ce mot là
c'est être amené devant le procureur, éventuellement l'audience, le jugement
(oui pour ça, jugé, vous imaginez pour ça jugé
un juge dans son hermine son beau marteau
les coups pour ceci)
parce que ma canne épée entre temps subit mêmes avaries que moi-je-citoyen-etc
de canne épée sculptée elle devint ARME DISSIMULEE DE CATEGORIE D2
et lorsque l'on lit ça on craint immédiatement pour sa vie
à soi et celle de sa patrie
on veut l'objet et son détenteur dans une cage solide
on veut le garder plus loin que ça de soi de nous
il subvertit l'ordre public
louche une arme déjà
mais dissimulée
pire encore
dissimulée pour quoi
quelles attaques
ce malfrat là
et ce D2 enfin plus menaçant qu'une armée en déroute
déchéance commune
belle histoire d'amour
mêmes sommets ; mêmes abimes.

On te lit tes droits
en réalité on te les indique
sur un procès-verbal
et tu apprends le lisant
à combien tu renonças sans même
en entendre la mention ni les décliner
tu te dis à toi-même de plus en plus
ces droits là ce sont ceux qui te restent
tu as déchu, vraiment.

Et continue la chute, on n'imaginait pas dans son existence juridique tant de degrés
vers le bas
(Hadès, bonjour)
ou seulement degrés théoriques, aussi abstraits que l'infinité de l'Univers
mais soudain l'on descend les marches
on avance dans cette obscurité là, elle est pour soi, elle vous saisit
(ne reste que ça)
vous déclinez avec elle
les menottes, premières menottes
"c'est autant pour vous que pour nous, imaginez un geste brusque"
catéchisme de policier
bête comme tous les catéchismes
marque d'infamie, encore

ACTE 4 : LA CELLULE

Où l'on se rend compte, soudain, plus vivement encore que tantôt des micro-sanctions dissimulées tout le long de la chaîne pénale
cet enfermement que je vous raconterai plus inique que tout
Discipline du corps
discipline de l'esprit
(corps rendu malade
esprit fou
loin de la philosophie
de la Grèce
au secours la cigüe)
on te redresse, puni au cas où
puni préventivement
pour te garder de la bienveillance
du juge tout à l'heure si juge il y a haha
On dilate le temps, tout se fait dans une glue étirée lentement, à chaque requête d'abord il faut attendre
c'est toujours
"plus tard"
puissent-t-ils répondre immédiatement
qu'ils repoussent
(pourtant)
vous n'avez pas l'heure
jamais l'heure
privation sensorielle d'un genre inconnu
monde réduit à trois dimensions

Ce procureur qui me déférant ne pouvait ignorer qu'au vu de la tardivité je dormirai en cellule pour
cette chose dérisoire
Moi, condamné, par sa faute à lui
à un jour de prison
qui ne figurera jamais
en ce terme là
de taule, de prison, d'enfermement
dans un procès verbal
ni dans quelconque verbe officiel
pour mon état
imaginez le boucher achetant ses couteaux de boucher dans le magasin des couteaux de boucher et sur le chemin le policier à bouc le surprend, lui demande ce qu'il tient dans ses mains
"des couteaux de boucher pour couper la viande de boucher" il répond
"on va au comico"
et la même déchéance 
il perd sa profession pour gardé à vue-mis en cause-prévenu-la chute mais pas à pas
comme un plongeur 
ses paliers ;
moi je suis dandy professionnel, qu'y puis je au fond ? 
Cette condamnation
possible pour tous sur le caprice
d'un homme 
moins qu'un homme
un procureur
sa
mauvaise journée
où jalousie
jeune et vivant lui aussi se rêvait
la main parée de si bel objet
on l'informe il va répondre et avant
de décider
dans l'écran de l'ordinateur il voit son reflet
son ventre qui déborde
vengeance
le pouvoir vous savez...

///

Tu laisses tes affaires au guichet, 
un peu comme à la piscine mais surveillé par des policiers
la chance
on te conduit
cellule 262
2ème étage,
comme dans les hôtels on dirait
9m2 tout à toi J.
un matelas émincé
un metelas qui semble extrait d'un matelas principe
découpé en tranches ce matelas on en fait pour 4 détenus ; on rase pas gratis
3 cm le matelas, des toilettes à la turque la lumière qui ne s'éteint pas
jeudi c'est la fête
à paris
le week-end commence depuis longtemps
le jeudi
tout part
son lumière et tout le tralala
deephouse, cris la nuit de tes compagnons d'infortune
(comme dans les films :
celui qui proteste il ne sait plus pourquoi et tape des heures durant contre le plexi de sa cellule)
lutter contre le désespoir
lierre
ne pas fuir dans le sommeil
invente la beauté
récite les poèmes oubliés
au fond de ta mémoire
retrouve la beauté
Foucault, entre ici
(le panoptique changé
non pas point d'observation fixe
tout voir sans être vu
mais caméras disséminés dans les cellules
les coursives
et tableau où tout voir sans être vus
mais je t'imagine
avec ta vulgarité
derrière l'objectif
alors je te vois
mieux que tu ne me vois
je te vois dedans
et tu me vois dehors
bizarre le paradoxe
moi enfermé
toi libre)
Je pense au 
procureur la nuit
dans les bras de sa femme
de sa maitresse
le lit pour de vrai
la douche le matin et le petit déjeuner
jus d'orange frais, pressés
moi 9m2, de l'eau sur le visage à 8h30 (j'ai demandé)
mais la nuit pour ne pas sombrer dans le néant du sommeil
la nuit
inventer autour de son espace
des meubles de discours
des tapis de pensée
la table basse de la rime
la peinture imaginaire
et c'était mieux que le plus 
beau des musées
8h30
puis attendre
attendre encore
jusque 13h
que l'on vienne me tirer
de là
pour entendre l'incompréhension du délégué
du procureur
"tout le monde a assez perdu de temps dans cette histoire"
oui, par la bêtise double
on rencontre parfois la bêtise simple
un homme
interrompue par le suivant
dans la chaîne
mais ici
plus bête le second
le zèle
il en fit dans les temps de jadis
des bûchers cruels
bonjour
déchéance
je t'ai mordue fort ;
fruit amer
et acide
(pire complot des langues sensibles)
brûlure d'estomac
brûlure pour
les yeux
et l'institution froide et coupante
qui n'entend rien
il faudrait remplacer par des automates certains fonctionnaires de police
on se ferait moins d'espoir quant à leur éventuelle humanité
ou bien qu'ils nous le disent
en changeant les vêtements civils pour les vêtements professionnels qur
ils laissent 
sensibilité, intelligence
tout ça au vestiaire
(et les blagues entendues
les blagues la vulgarité
toute la laideur du monde
ici bien rangée 
à l'abri de tes yeux
toi qui crois encore
ne crois plus
comment disait il
mortel laisse ici toute espérance)

mais moi
cette nuit personne ne me la rendra
ni les livres que je n'ai pas lus
ni l'amour retenu
juste l'absurdité
ce texte trois fois rien
ma canne perdue
Joseph K. pour une nuit.

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25 janvier 2017

Ton âme joue au cricket

[b][center]Et ton âme joue au cricket[/center][/b]


L'obscurité avançait à pas sûrs

Tout elle l'enveloppait

Mains persuadées de la force

à raboter encore un peu le jour

Equeutant le soleil

elle désherbe
la nuit
très professionnelle

 

nous

nous étions là

couchés dans l'herbe

sans un mot et la nuit

progressait

marée obscure

belle fabrique à noyés

sur nous la nuit

et

nous nous tenions là

amants contraints

par l'effroi

attendant

près des urnes

le sort maudit

qui nous était promis

part amère du fruit

non choisi

près de l'urne

à boire l'eau stagnante

tout s'effaçait dans le noir

complet

digestion-estomac

les rêves en miettes

plus rien à brûler

sinon toi bûcher

le monde qu'on enjambe

bizarre

pour faire un peu de jour

je me mis en marche

frottant la pierre non-visible

et tant pis moi-même incendie

presque

soleil de pacotille soi-même

on avait juré que tout brûle

le monde c'était

et quoi à peine

des cendres d'Atlas

j'étais en marche

j'allais

puis tu surgis

jeune homme aux cheveux blonds

phébus on dirait disait

l'autre toujours machinant

les idiotes comparaisons

qu'on oublie pas

le temps d'avant

l'université les lambris

il dira

Bientôt la nuit-cigue

comme il nous emmerde

pire que la nuit.

Et toi jeune homme de

tout faisant fi on

te discernait mal

avec tout ce khôl

au monde

(oeil malade

ce monde là

rond comme la mort)

tu balançais les bras

c'était à n'y pas croire

le vent frais dans l'herbe

sale

la nuit cornée

on allait se souvenir

le jour libre

la corde déliée

bonjour

oiseau du miracle

jeune homme aux cheveux blonds

tu rendais le goût de tout

le ciel sur la langue

flocon

et tous frères d'élection

entreprenant contre la nuit

chasser le vieux monde obscur

l'hémicycle que c'était devenu

l'univers

aux rides profondes

puis tu survins

jeune homme aux cheveux blonds

Emmanuel

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