01 mai 2009

Nitroglycérine.

Je pleure des souvenirs. On me chahute, dehors. Ça les bouscule, ça réveille tous les cris endormis. De sale humeur. Je suis un boulversé. Un qui a des larmes autour du cou, et pas pour faire du merveilleux collier ed perles, du chapelet brillant, du séduisant mondain. On est plutôt en apparât de potences, le collier et moi. Je déborde d'émotions frustrées, d'insatisfaites émotions, des abstraites. Qu'est ce qu'il y a de pire que de ressentir abstrait ? D'avoir des objets de désir flous, cubistes, perdus en conceptualisations, en mathématiques logiques ? Voilà ce que je ressens. En intangible. Je ne peux délirer de la peine de vouloir parce que je ne sais rien avoir. OU en abstrait. Des bouts d'air. De l'imaginaire. Inconcret. Comme si le désir et la chair qui pourrait satisfaire ce désir s'était dissociés pour se répartir deux univers hermétiques. Deux royaumes sans amour. A celui du ciel, le désir. Au terrestre, la souffrance. Je suis évadé de moi même. Et c'est terrible. Terrible cette fuite d'un asile inconnu. Oh, ses murs capitonnés, ses parois fines ou rigides, osseuses ou charnues. Découvrir les recoins puants et les asseptisés. Les meurtres et les pénitents. Les complots, et les coups du maton direct sur l'estomac. Savoir le charme d'une bouche étrangère, captive d'elle-même. Faire se joindre les deux îles que sont deux corps étrangers, les réunir à marée basse par un chemin de terre, de chair érectile. Compter sur le doigt unique du désir la couleur de ses charmes. Un, deux, trois. Elle aura les yeux bleus. Des qui sont comme la couleur de l'abstrait peinturé. Oh, faudrait que ça traverse bien des grillages avant d'être du quadriceps merveilleusement froissé, polychrome et tout. Que ça crochète toutes les inventivités entre le ciel et la terre, entre deux monde qui ne se parlent qu'en hoquets, en bave, en pluie, larmes, sourires. Qu'en un seul langage, celui du sens, de l'émotion, du patient clandestin de l'asile. Il y a bien des voyages à faire encore, des océans à éclairer. Il y a bien ça encore. Des navires à couler, des trésors à engloutir. Il y a bien ça, des icebergs à chialer. Secoue-moi que j'en plante un dans l'orbite terrestre.

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Théâtre.

Le théâtre avant toute chose, c'est de mourir sur scène.

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29 avril 2009

La nuit.

C’est de l’ombre croupissante. De l’angélus gluant sur les cloches et les haies de communiants. De la nuit qui vient pourrir joyeuse sur d’abimées litanies. Il faut bien ça pour réaliser. Pas des films maladroits, des projections instantanées sur la bâche large de sous le crâne. Non. Réaliser la nature véritable de la nuit. Percer son essence. Pas de joie. Pas de l’infusion aux lampions et de l’assoupie musique. Pas. La nuit c’est un hurlement et pas un qui s’arrache de baffes énormes bégayant des décibels et des pas de deux. La nuit. Véritable. Tentaculaire écartèle le silence en imperfections régulières. Noie tous ses bruits parasites. Du noir puissant et shakespearien, du poétique. Du Richard III GLOUCESTER gloussant de glacial. La nuit, elle crache ses volutes, arrache des soupirs affaiblis. La nuit qui dure tout le jour. Qu’on aperçoit dans l’orbite solaire juste derrière les paupières. Elle invite. Elle a la jambe délicate, faite à la cire d’ombre. La nuit. C’est derrière le regard, un peu plus loin que la vie, une blonde qu'on aperçoit dans un gobelet. A l’intérieur de tous qu’elle s’installe, patiente. Patiente. Qu’elle dilue sa brume liquide, cet éther. C’est devant la vie. La nuit. Ca crie en petits souffles jouisseur, ça truque les artères avec du mauvais vin. Ca attend de fermer sa gueule, ses crocs, son appétit sur du téméraire oubliant, de l’aventure égarée. La nuit elle attrappe le curieux, celui qui a oublié sa laisse de bruits et de lumières, ses néons et sa fumée. Elle s’en fout la nuit. Elle a le temps de l’univers et des yeux clos. -Les yeux se closent toujours- S’abriter dans les trahisons et nourrir le regret. Elle enfante tous les jours. Elle accouche de formidable et de l’hideux, et souvent d’un seul corps, du siamois parfait, du monstre effarant. C’est déjà formidable. La nuit, sainte-putain en chaleur. C’est Marie obsédante qui hante Christ, qui pleure Christ, qui suce Christ à minuit, sur le pivot des horloges. La nuit matricielle, c’est l’origine de l’Univers grouillant, un cloaque à immondices, et qu’on y aille dansant, chantant à travers la nuit, avec nos baluchons et nos ordures, nos menottes et nos cravates. Y faire murir nos sévices et pourrir nos vertus. Oh la nuit, elle sait raconter des histoires, des écossaises à damiers, des fantomatiques captivantes, oh, elle a un cœur abandonné dans toutes les légendes, elle a un siège au conseil des Carpates, et une voix dans le génie. Elle dicte, l’écrivain écrit. Ce sténographe escroc. Elle sait dissimuler. Mettre des habits de lumière, des obsédants, des sémillants radieux et colorés, des somptueux trompeurs et même des exotiques voyageurs, des qui pointent la nuit partout dans le monde. Une boussole vers le N, de Nuit. Elle sait tout faire la nuit polymorphe. La nuit symphonique, jouer dans tous les trous de la terre, glisser ses doigts d'air, faire sortir de chaque cratère un grondement de Vésuve, se glisser dans chaque ombre délébile. l'Aquila en miettes. C'est elle. Être. L’aurore qui faiblit et le crépuscule décapité. Mes phrases courtes et tes rêves gercés. La lune mordue et le sein de l’infini. Oh. J’ai un fragment de nuit, un captif sous mon crâne, un qui s’étend tumeur métastasée. Métastasée C’est pour dire cliniquement affamé. Comme la poésie. Ce sont des jamais rassasiées. Des orales stylistiques qui se jouent du verbe. Ce mâle châtré, le verbe. Et. Elle se répand largement la nuit dans le corps, elle fertilise. La nuit, ça vous ouvre délicatement le corps. C’est son hymen, sa virginité à prendre, le corps. Le corps tout entier. Avec ses secrets recoins, ses villosités, ses cauchemars et même, un peu d'espoir. La nuit ca le fait percer sans bruit tout ça. D'un coup, d'un pieu. Elle en a tiré des choses de son siège Roumain. Du silence et du vampirisé. En silence qu’elle découpe de la même manière irrégulière, selon le même boucher procédé, la vertu. La nuit qui abandonne chaque matin ses sortilèges à la lisière du réveil. Derrière le bois enchanté. Les lycanthropes ont oublié. La nuit s’est suspendue. C’est un drôle d’envol. Un oiseau qui bave d’infini. On a beau veiller, la tenir tout son temps. Elle s’en va toujours sur le trait encore maigre du jour fasciné. Elle part. Elle est un peu comme moi.  La fuite c'est un peu l'immortalité du pauvre.

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20 avril 2009

La fuite

Elle a pas su comprendre que j'avais le goût du voyage, de l'Aventure majuscule, pas des aventures, des petites tronquées, sexuelles et désespérées. J'ai le besoin de l'ailleurs, de l'infiniment continu, de courir sur la face de pays qui finissent dans la mer. La fuite. C'est de la génétique, de l'indélébile chromosome, tout à fait vissé à l'âme. Une inclinaison naturelle, se répartit en uniforme glue sur la longueur de la peau, recouvre le courage, le moule entièrement. La fuite. C'est le départ des obligations sociales et nationales, refuser qu'on vous cloisonne dans des frontières déterminées, qu'ici c'est de l'économie meurtrie, de l'usine en déroute, du licenciement hygiénique, qu'ici la poésie accouche dans des geôles étroites de mort-nés, de rimes affamées. Et. Elle a pas su comprendre mon désir de faire claquer le vent sur les vagues, de diriger de plus haut toutes les destinées matricielles, voyager. Voyager dans les terres égoïstes, brûlées de mille assassins cagoulés, des manifestants agglomérés le cœur dans la fente verte. C'est qu'ici, dans nos frontières dessinées à la craie on masse la servilité en tunique verte pour préserver des périmètres imperméables à la poésie. La poésie, c'est une fuite, un partout sauf ici, c'est la télévision du riche. Oh, pas riche cravaté, laisse dévolue au grand monde, au riche solitaire, à l'étranger du monde misanthropique. La poésie c'est l'ineffable qui remue dans les veines gonflées. La poésie, cette physique éventrée, ces cent mille aruspices qui auscultent les débris, les vestiges, ces voyageurs du passé qui vivent là au rythme du pas lourd des gardiens. Et. La poésie, c'est le voyage dans ma tête, les multiples personnes, les bonjour-au-revoir, les salut-je-meurs, je-me-meurs. J'ai la vie en transit. L'hésitation manifeste et le bonheur qui bégaie. C'est à dire que la poésie est une certitude, une rectiligne, c'est de l'invariable géométrie, elle dit, alité(rée) l'inaltérable, la césure de toutes les faims. La poésie, elle a le goût du majeur qui retombe. Elle peint et chante. C'est un orchestre-sculpteur qui taille des marbres de vent, qui taille avec sa gorge vide des blocs imposants de verbe, d'invisible. Je l'ai dit, c'est un voyage dans l'inconséquent, un petit tour dans l'éther. Riche. Il faut bien comprendre, et pour bien comprendre il faut bien voir. Bien voir les millions de torrents qui font des éclats sanglants. L'épée qui vient séparer le profane du sacré, diviser le monde entre poésie et matière. De l'au-delà, c'est du métaphysique direct, de l'Olympe sur le char du soleil, de l'Egypte antique et divine, le corps mutilé d'Horus, c'est ça la poésie. Un accès privé.

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17 avril 2009

Je suis un voyage.

Je n'ai pas besoin de voyage. Je suis plein de cartes dans la tête. Des Historiques, des dévastées, du Constantinople qui pèse sur Byzance. Pas besoin d'aller, j'ai cartographié le monde sur ma peau. Des rivages dans les yeux. On a pas besoin de naviguer quand on est plein de terminus, de pistes, de ports et de gares. Écoute. J'ai vu le Pérou sans images, des empires fantasques qui jurent, ritualisant, de ne pas s'effondrer, qui jurent à la face de l'Histoire. Les fous. Je les ai vus se noyer. Barberousse en armure. J'ai entendu François Damien gémir du fond de Foucault, je le jure, j'ai mémorisé tous les supplices coincés dans l'éternité. Un cri qui vous traverse les siècles. J'ai avalé un bouillon de géographie à la naissance, j'ai nagé dans l'Atlantique inconnu avec Amerigo. Prisonnier d'une cale. Où deux siècles après j'ai rencontré cent esclaves transitant, les même qui allaient inventer le blues le dos courbé, ruisselant déjà de musique. Il faut l'imagination, savoir qu'on est plein de départs dans le crâne, de voyages dessinés sous la peau. Savoir lire ! Lire des cartes à l'encre indigène. Sur les côtes de filles idiotes j'ai vu la Chine mêler le salpêtre et le souffre dans un vase Tang. J'ai su. Des vertèbres comme des tas d'archipels enchantés, de petites îles coulées sur de petites filles, un bout d'Atlantide. De la légende. Des rois barbares qui étranglent les régicides dans la nuit. Elle est perfide la nuit alliée aux assassins. J'ai vu, l'Univers se perdre dans ma paume, l'Histoire se raconter, faire un maquis dans ma bouche pour dire « merde » aux occupants. Allez. Quoi faire moi, des feux d'artifice quand on a vu la poudre à canon naître du désir d'immortalité.  Je vous laisse ma part de sucre pour oublier. Vos petites frontières autour des cages microscopes. Casse. Les barrières de bruits et de sons. L'oubli en mousse.

J'ai vu la nuit durer. La nuit perfide et éternelle, cyclique et infernale prêter son bras aux assassins. Pas la nuit perfusée aux néons et au bruit. La nuit silencieuse qui attend le crime et sa jambe de bois pour le soutenir.

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Drapé

Draps qui ne sont plus là à, force s'épuiser en mouvements inconséquents. Des qui liquéfient l'insomniaque fatigue. Froide cruauté floute le regard, abrège le décor, rétréci à mesure que la nuit avance sur ses échasses. L'anesthésie ne prend pas. Recroquevillé. Appétit démembré. Tapis prison qui déverse ses ombres sur vos craintes. Panique au silence embué de fatigue. Bourdonnement frileux. Des coups de crosse au fond des refuges. Ornières de secours : bouchées ; tanières enfumées; criques englouties. Le jour a tout bu. Toute avalée la liqueur amère de la nuit. Dans les pays où elle ne vient plus la nuit, le jour s'étend de toutes ses ombres, de tous ses millions de membres, son corps chauffé aux aurores éternelles. Dans les pays là-bas, où il n'y a plus de noir, plus de direction que du sud, les femmes brunissent leurs peaux pour digérer l'été, et le jour. C'est la nuit qui les vient voiler, dessiner des traces courbes et éphémères sur leur pâleur céramique. La nuit qui attend là que les corps pétris d'artifices se découvrent. La nuit là bas qui fait craquer le ciel en d'infernaux orages, la nuit qui guide, le ventre bas, la marée blanche et grise du ciel autour des pudeurs délestées. Tout s'épuise en deux saisons, en deux jours de six longs mois. Une nuit hémiplégique qui cherche son jour au travers les mille tons ambrés du whisky. C'est l'alcool de la nuit, le whisky. Rien que  pour remplacer le ciel en deuil de beautés fanées.

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09 avril 2009

Des alitées.

Des allitérations alitées. Je t'éjaculerai du littéraire dans la gorge si tu veux bien l'ouvrir large. Du R, de l'irrespirable béant, de l'agonie écartelée. L'envie ça vous met le ventre à l'envers. C'est traitre. Ca vit dans une ombre le désir. Une transition avec la nuit. Dans son corps tout recouvert de suie qui pince l'aurore. La rougit. Tout là haut. On sera malade d'amour. Ce sera triste. Les gynécées. Des fentes de femmes closes, absolument fermées, verrouillées, de la fermeture éclair. De la vive baveuse, cousue au fil d'encre. Les cancers mathématiques répandus à l'humanité vivante. Moi je vomis déjà des lacs désenchantés sur la chair blanche et nerveuse. Sur le matin obsession. J'aurais toujours voulu jouir noir moi. Saigner de la nuit cocaïne sur la foule. Pas du bleu, du sang bleu. Bleu c'est l'été, la joie, l'ennui prélassé, étendu bronzant. Les méticuleuses hideurs groupées sous des plats copieux d'idiotie. Noir ça sent l'aveugle, l'intime. Dans le noir ça s'emplit. Ca se gonfle. Tous les crimes s'y rangent, patients. Le noir. La nuit. C'est une salle d'attente. Le corridor muet du meurtre. La lampe que le flic te met en pleine face pour te soutirer l'aveu, la nuit. Tout coule, les pensées, le sordide. On laisse plus haut aller nos méchancetés dans le noir. Parce qu'on voit moins loin. Les intentions c'est à croire qu'elles sont toutes dissimulées par la nuit qui s'étend de plus en plus bas, s'étiole tout le long du jour. Recouvre les toits et les trottoirs. Elles s'inclinent comme ça les choses dans la nuit. La nuit c'est un berceau d'artistes, une couveuse à merveilleux. On ne voit pas bien qu'ébloui mais aveugle. Le regard construit d'effluves d'ombre. Quand on sature de nuit, qu'on veut la digérer et qu'on peut à peine la déglutir. Dans la gorge on sent les embouteillages d'aoûtiens en drive. Rien ne circule plus. Opaque, dense. On attend de durcir les veines. Faut bien pleurer sombre tout à fait pour écrire juste. Des larmes alexandrines, douze par secondes et quatre par strophes. Dans la nuit. Les rues ont des mines inquiètes. Paris ramone. Etourdie. Cette putain qui n'en peut plus de sexe Eiffel. De la poésie. Du sonnet trait-d'union. Ouais. Faut bien le croire.

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07 avril 2009

Verte et mûre.

L'insomnie ça vous colore les sens. Ca met du vacarme là où y a que silence. Du délicat et du puissant. Pas un cornet râlant de vieillard croupissant. De l'orgue agacée. Dix mille tubes à symphonie, des érectiles, droits, fûts à ivresse, vin berceuse. Des matrices à génie. Bartock qui pisse des notes. Mille millions de tuyaux qui vous survolent les veines, s'enfoncent. Ca vous colore la vue l'insomnie, ça barbouille de turquoise la mer noire de l'Univers. L'océan profond, ses fosses, comme autant d'intimités invisibles, toutes couvertes d'eaux. Ca renverse des peaux peinturés. De la colère ignorée, effluve confuse qui vous viole d'artistes symphonies. Les Walkyries qui montent faire la guerre dans ma tête. Cherchent Wagner dans les sillons, des petites tranchées mentales pour sabots intenses. Prince des nuées. Il vit sur la foudre en attendant qu'on vienne le prendre, Wagner. Après sa musique toute froide de mathématiques, de cris endormis, il a couché sur Thor, il a voulu goûter la Scandinavie close comme un sexe animal. Les guerres en conquête. Les putains en chaleur. Grimper des fjords tremblants, des monts, des vaux. La Scandinavie éternelle, insomniaque. Celle qui l'été veille sur monde, vigie au soleil de minuit. Chapelet de lumière, aurore jamais digérée, à peine déglutie. C'est déprimant Paris l'été. Ciel bleu dégagé, ronronnant. Les pôles c'est de la poésie, de la littérature boréale. Du noir au blanc. Du dichromatique barbiturique. La littérature en quadricolore. Un jour de six mois qui se lèvent pour hibener. Ouais. C'est là bas qu'il est coincé Wagner avec la musique fatiguée d'avoir veillé sur les tranchées du monde.

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30 mars 2009

Vertige

L'écriture m'excite. Mon aphrodisiaque. Mon extase. Ma masturbation. Je crois que. Ouais. C'est ma langue, mon verbe que je branle au lieu de mon sexe délaissé. C'est comme si j'éculais de la littérature. Et attends. Pas de l'uniforme blanche visqueuse. De la polychrome, absurde de teintes et de variations, d'effluves et de saveurs. En phase primaire. Amorcée. La littérature maladie qui fait vomir des arc-en-ciel, des arches assassines, de "je" sournois. Trois mille six cent couleurs. C'est moi le bleu de Klein et les autres ciels qu'on a pas pu découvrir, là bas, de l'autre côté de la lumière, parce que que je n'ai pas encore pu les vomir. Tellement de glaire, de bave, de gerbe,et une seule bouche étroite pour tout dire. C'est ça la frustration, d'éjaculer par des conduits creusés pour des vers. Tu vois, ils se trompaient les antiques, les Gatien, les médecins. C'est pas noire la bile, c'est primitif, bleu jaune rouge, et même violet desfois. Ca laisse des traces merveilleuses sur le corps la littérature. Des poèmes en prose qui se lisent en braille. Si tu passes ta langue dessus, tu sauras toi aussi les histoires formidables et les hideurs insoupçonnées, tu pourras ouvrir des portes condamnées, et découvrir des coffres cachés par Picasso pour nous en éloigner. Il faudrait des photographes à délire, des qui capteraient les minutes, l'heure, qui tourne incessante, studieuse. Comme des chronomètres. Des pour prendre le pouls de la fièvre plutôt que des néons obstinés de lumière quelconque. On peut rien contre l'habitude même la colère ça suffit pas à la disperser, ou pas longtemps. L'habitude c'est un fracas, et le génie un silence. On est trop bavards pour être géniaux. T'es ma muse. Ca vaut ce que ça vaut. Y a pas pire, là. Parce que je pense à t'écrire ça me gicle des doigts. L'orgasme littéraire on t'apprend pas à le retenir. Tu sais pas où il se verrouille le perinet du verbe. En un mot. T'es l'invisible main onaniste, l'accoucheuse de mon verbe sinueux. Avec toi je prends des chemins en terre meuble. Des fragiles qui font des estuaires de boue. Pose toujours ta main délicate, libre d'alliance trahie, sur ma langue impatiente. Tu vois. Je crois que j'ai l'écrit érotique. Que de membre long, rigide, effilé, je ne suis doté que d'un stylo malingre. Faut le faire baguette. Pas magique, mais à musique. Faire sortir du fracas de l'habitude un silence qui pense. Des murmures hantés, des fantômes décapités, des légendes effrayantes. De la musique !  Merci d'exister. Tu es dans mon mental. Tu chuchotes à mon intuition. Merci M. d'être. M...use. Belle. Délicieuse. Discrète. Colère. Talent. Merci. Quand. Je. Ponctue. Je. Crois. Que. Je. Commets. Un. Meurtre. Un. Génocide. Comme. Un. Spermicide. J'avorte. Embryon au cachot. Tu me fais suer de mots. J'en ruisselle d'écrits frustrés, de bouche écartelée, de langue tendue, cracheuse asséchée. Une longue prise de courant, et de risques, qui ondule dans mon corps. J'veux pas lâcher les doigts de dans l'électrique stimulation. Périr d'écrire. Oxymoron de momies giratoires, ferrés d'habitude. Crever de vivre. Ecrire. Pour de vrai. Dans mon identité pas compromise. Mon petit talent bien égoïstement caché. Ca bourdonne. Ca ne doit pas se taire l'écoulement, le bruit. Que je doive en crever de déshydratation à vomir les mots, que ça me laisse muet de déverser ma folie. Il y a tout. Un concentré. Furieux. Courroucé. Un peu qui peut tout dire, il a déjà tué l'interdit, cette habitude des hémicycles. Pauvre demi-jouisseurs législateurs. "Je", c'est la plénitude. J'ai déjà dit. Magellan. Voilà. Des cycles entiers, des menstruels saignants, des solaires brûlants, des cycles, des saisons quatre par quatre déréglées. "Je". Comme une flèche lancée à pleine vitesse. Cette fois c'est l'arc qu'est bandé. Trop tard. Ne dîtes rien. Elle est déjà partie la flèche. Je peux tout écrire, elle arrivera. Tout crier. J'ai l'univers qui craque entre mes doigts. Je le sens fébrile. Je peux dire. Ta bouche. Tes seins. Ton ventre. Je peux les habiller d'ombre et de soie livide. D'obstinés fantasmes, d'asservissants désirs, de maquerelles certitudes. Je paye tout ça en larmes de chiens, en encre noire, bien dense comme la nuit qui nourrit le crime. Tu m'épuises à deux heures. J'ai un port qui pousse dans la tête. Des grecs colonisants. L'accent aussi fort que le poisson qui pourrit dans la cale. C'est Marseille et des souvenirs, des cris, des mouettes, des plages microbes. Bientôt ce sera Amsterdam pour la chanson, les petites vertus, les étendues, Amsterdam on dirait que rien ne peut s'y finir, que les trains meurent dans la mer. Bientôt. L'Ouest qui fera une histoire sur des menhirs, pour dire les bardes et les druides, les serpes et les remèdes poisons. Singapour et ses cargaisons bridées de normes internationales. Je peux dormir sur la mer. Boire l'océan. M'allonger sur ton corps. Ses embranchements. Jambes qui divisent le torse en affluant de beauté. Delta doux et calme, irrigue mes pulsions. Deux jambes pendues, légères comme la marée qui remonte, tressaillent. C'est de l'obsessionnelle écriture. Je guette derrière le réverbère éteint -il y a rêve dans réverbère- ta sortie. J'attends que le jour taise ses tempêtes d'habitués. J'attends, de te faire peur avec la nuit vivifiant le sordide, abreuvant les créatures de cauchemar. Faire peur. C'est comme un viol qui répond au désir qui claque. Ca salira les ballerines que tu ne portes pas. Tu ne danses pas dans la vie. T'y voles, toi. Des mots d'horreur. Dépossession. Je me fais femme. C'est sucer l'âme dans les mots terribles. Sans contrôle. Je suis drogué à quelque chose ça me fait des petits meurtres confidentiels dans les reins. D'ulcères timides qui se révèlent malins. Faut toujours se méfier des timides. C'est les pires. Ils osent pas, alors ils réunissent en fantasmes toutes les bassesses de l'imagination. Si un jour le courage vient -aidé par la fin du monde, ça vous assassine un timide. Planté, tu pourras pas dire que je t'avais pas prévenu. Les timides ça espère, ça fait que ça. C'est bien pratique pour éviter de mourir. Parce qu'ils écoutent les dictons populaires. On se maintient à la surface avec nos lâchetés, nos concessions. Les yeux baissés, mais le nez à flot. Faut juste pas cesser. Disparaître. Ca peut trop effrayer quand on attend pour vivre la bonne minute. Y a même plus de guerre pour s'inquiéter. Que du maintien de la paix, asphyxiée la paix qu'on s'occupe tellement à la maintenir. Ca frise l'acharnement thérapeutique. T'inquiète pas. Tout arrive. Une météorite ou les américains ou les chinois ou les russes ou ton père ou ta lame. Y a plus qu'une question de temps. Tu vois. Faut des photographes-chronomètres. Pour quand tu te seras évaporé sous la chimie d'une drogue ou d'une bombe. Le temps lui il s'en foutra de vous. Nous restera des voyages au centre de la terre. Et ça c'est secret. Les cadavres qu'on y déposera vous les connaissez pas. Des anonymes glorieux. Des déserteurs inconnus. On célèbre ses héros. Nous. Des fuyards. Ceux qui tenaient trop à la vie pour la laisser tomber. C'est bien facile de se résoudre quand on a pas de fièvre, c'est bien facile quand on accepte la nuit de l'Univers. Nous on a jamais su.

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18 mars 2009

Je vais t'appeler Magellan.

Je vais t'appeler Magellan. Magellan alors. PMagellan qui à l'aventure, au dos des tortues centenaires parcourt le globe incertain d'être globe. Reviens sur tes navires avariés, tes soutes ivres de trésor suant. Reviens. La Terre est ronde, c'est pour ne jamais fuir loin. On revient toujours au point de départ à courir dans la paume de l'Univers. Je vais t'appeler Magellan. Ramène moi de la soie de Ceylan, des épices de Bombay, des pierres de temples de Phnom-Penh.  Des femmes et des esclaves aux dos courbés, aux langues indigènes. Les faire passer sous les bites caudines de nos onanistes échoués. M, masse moi l'imagination. Voyageuse, drague au fond des océans tout l'or coulé hier, toutes les tempêtes, les colères, les grimoires, toutes les batailles navales, les pirates, les barbes rousses, bleues et les corps décapités. De ton voyage circulaire autour de ton crâne fiévreux imaginatif. Marche droit dans le noir marri de la nuit. ?Nos noce d'ombre. Colle du miel à tes seins nus. Du sucre à tes lèvres paiennes. Oh, découvreuse, découvre toi de tes habits de lumière.

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