27 novembre 2009

Narcisse s'il avait vieilli ou salut à la déchéance.

Narcisse qui cherche sa figure dans tous les passés, les photographies, Narcisse qui ne voit pas sa face odieuse, marquée de blessures gercées,, qui ne voit pas qu'il a le cou ensanglanté. Pauvre, pauvre beauté infirme, pauvre enfant toi qui d'amour trempait la main dans les sources claires et profondes, te voilà t'agitant au milieu des cascades, secouant la tête chauve dans l'eau profonde, soulevant les pierres qui font saigner tes mains. A la recherche de quoi Narcisse ? Narcisse bel enfant, où es tu mort, où te noies-tu ? Ces fleurs ont déjà ton odeur qui poussent et s'élèvent comme des fumées inclinées. Tu es là, et ta main crochue où pend la pourriture tremble dans l'eau pâle à la recherche de toi. Il espère que les feuilles qui tombent - parce que c'est l'automne parce que c'est l'heure pour les beautés de faner- viendront faire de la peinture dans les flaques régulières. Y tracer à traits fins comme des doigts de musique son visage d'hier. Tu étais beau, et tu n'es plus que rides.
Il ne sait plus bien qui il poignardera demain. Si ce sera le parfum de cette femme qui danse sur les rivages, si c'est le reflet qui meurt incessant,, c'est c'est lui même ce corps-carcasse qu'il traîne et sape. Il se sent une âme, soudain, oui un Âme. qui traine un corps, voûté, qui se sent Atlas à porter dans ses cernes toutes l'horreur du monde. Sous les paupières il a deux tombes profondes où se blottit la nuit. Pauvre, pauvre enfant.

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23 novembre 2009

Coup de feu dans le noir.

J'écris avec de la poudre et des balles.

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19 novembre 2009

De Anne à Wendy.

Annette

...

Wendy a les yeux bleus qui lui meurent lentement sur la poitrine. Quand elle marche là dehors, elle voudrait sous ses pas entendre les les vivats des fantômes. Je pense à elle, parce que j'ai une date qui me surgit du dedans. 31 décembre 2008. C'est la fête, et tout Paris qui brûle de couleurs, des lacets de lumière qui s'échouent sur la grève des cités bariolées. Quand on me frôlait, l'oeil jaloux, on me murmurait les obscénités que j'allais reproduire sans rougir, sans haïr. Je peindrai la nuit avec du noir, et ça lui sort des yeux qui sont toujours mouillants. Et c'est pourquoi ils sont bleus, tes yeux, qu'ils font penser à du verre qui ne réfléchit rien, comme un vitrail d'une Eglise sans sauveur. Tu es venue c'était neuf heures, la nuit trébuchante qui enroulait de ses ombres tout Paris, et la nuit est un corset qui serre Paris, entière. Un russe, ou un autre qui venait de son pays à genoux, là-bas de l'autre côté du froid et de l'Histoire, t'a tiré les dreads et elle a eu ce mot "je suis content d'être avec toi, parce que mon ex se serait battu ici" et tu n'as pas vu que la couardise était le pourpoint de l'indifférence. On s'est assis, au milieu de la fête, et de la musique, c'est Paris la nuit qui danse d'or, et de notes souterraines, et quand le tambour hurlait, que la guitare séchait, certains ont chargé. D'autres temps, ils avaient dans le corps tant de rages frustrées qui leur tourbillonnaient à l'intérieur, qu'ils sont venus. Et j'ai eu peur. Peur moins pour tes dents que pour mon ipod. Après tout, honorer la guerre, les batailles, sur le champ de Mars tout dédié aux victoires, aux morts échoués, quoi de plus fou ? Je me souviens, du rer C, de la défense, et du transilien, de la marche puteaux à ma chambrne. La clé qui tourne. Les draps tachés. Kagemusha. Les draps suants. "Tu m'as tué chérie". Et je ne l'aimais déjà plus. Je t'aime un peu je crois, comme mon enfant avorté, comme ce foetus qui quelque part finit de pourrir, lentement, tout couvé de froid et de mains savantes. Je pense à ça, parce que ma mémoire me le permet. Parce que j'aime une enfant, qui s'appelle Anne, et qui m'aime un peu en retour, et qu'elle a des yeux bleus immenses, qui me rappellent la tristesse des tiens. C'est ma Lolita, lèvres blêmes, qui saigne dans ma mémoire. Et les peaux stériles, les ventres affreux réclament des enfants à blasphèmes. Sur ses lèvres on peut faire tonner la foudre, qu'elles restent toujours blanches, qu'aucune obscurité ne peut les délier de cette pâleur cristalline. Dessus, sur ce fil sec qui entrouvre, et divise, rompt et abîme, comme une frontière de fusain sa bouche, je vois s'étirer les formes, les silhouettes, le passé, un peu, elle s'appelle Anne, et je l'aime et l'embrasse en silence, parce que c'est un peu de te réparer toi quand tu étais une poupée de cris, de rages et de larmes. Alors déli catement, je longe sa peau de ma salive, pour recoller tous les bouts d'elle, pour que son corps fasse jaillir sa flamme intérieure, ce bruit sec, de deux pierres qui s'heurtent, et c'est ce que je fais. Alors, mon souffle expire ma langue, et ma langue expire l'extase, je sens ses deux mains qui me tiennent la nuque, fermes, et la température de ses cuisses. C'est Lolita et il n'y a pas de gomme qui lui claque entre les dents, et me fout le frisson au ventre. Non. C'est le bruit du préservatif, qui craque, quand elle me réclame du vice, dans ces longs chemins qui mènent dans le noir, dans les halls d'immeuble, qui sont les caractères de la mémoire, et nous réfléchissent les formes, et les os. Alors je pense à Wendy, pas longtemps, seulement pour me mortifier les quelques secondes durant lesquelles mon sexe fait gicler sa tiédeur sur son ventre. Après j'oublie, et même si elle est phare de digérer l'or de moi, la sueur de moi, qu'elle la déglutit entière, j'oublie quand même. Je sens des voyages me parcourir, des bruits de pistolet, du chien qui tape le froid métal, et qui revient en place, à peine défiguré de son meurtre. Et c'est de l'électronique musique, alors je tire dans la foule, et elle danse. Ce n'est pas un général le DJ, juste un assassin. Alors Bang, Bang, Boum, Boum, on peut faire varier la bouche d'un flingue, ses sonorités, ça peut même piailler avec un peu d'audace.. Je l'ai prévenue Anne. Je préviens toujours. Je sens remuer en moi des vipères bruyantes, et si je m'en vais dans un long manteau de poussière, pense aux fronts qui perlent de batailles, à ces périmètres dessinés à la craie qu'on nomme pays, à tous ces crânes qui perlent de blessures à lécher. Mes mains sont fardées de sang. Alors je pense à toi Wendy, parce qu'il y a un peu du tien dessus. Je pense à Anne. Tu remarques comme c'est ironique. de Anne à Wendy il y a tout un océan de lettres. C'est simplement ça notre pays de neige. Regarde les traces qui s'y abandonnent. Le banc gelé et les sémaphores sevrées de sève électrique.

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08 novembre 2009

...Si le diable veut danser.

Je sais que pour te reconquérir il faudrait dispenser un silence tout teinté de mots, de l'ombre des mots. Mais je m'en fous, ton cul est intéressant, mais cent autres qui gravitent autour de mon nombril autant. La raison, la vraie, c'est que tu n'as pas encore tout à fait rejoint la procession de fantômes que je traverse au milieu de mes marches, la nuit, à travers lesquelles je passe quand je déambule entre deux insomnies, une paire de jambes, mes jambes, ses jambes. C'est que tu n'es pas encore, malgré ta paleur, toute transparente. Alors ouais, je pourrais jouer les roublards, les sniffeurs de vent, les grands malades, mais il y a dix raisons comme des lois divines qui sortent de la bouche écarquillée de Dieu pour ne pas. Tu ne m'intéresses pas, je refuse de te blesser et je sais que j'ai la foudre qui me court sur les phalanges,malgré moi, je suis né avec elle on s'habitue soi à l'électrique stimulation, à être un orgasme vivant mais frigide dans les bras des connes, parce que tu es chiante, chiante comme une naturaliste qui décrira sans fièvre le tissu froissé de sa vie, parce qu'encore ton cul ne m'intéresse pas assez pour que je bande trois cent kilomètres. Ce pays de neige qui nous sépare loin de l'autre. J'ai décidé de tout savoir faire avec du verbe, et je le sais, je peux faire chanter un clocher qui soulève sa musique dans de la poussière d'or, de la poussière sableuse, du temps qui tourbillonne et raconte des époques, traverse des images. Et les morts se lèvent. Tu sais, dans la tête, c'est les portes du pénitencier, qui s'ouvrent, et s'échappent cent malfrats la haine qui leur fait au visage comme de la petite vérole, cent mille petits trous, et on dirait des poètes mes bandits, je sais à peu près tout raconter. Et je ne veux pas te nier, t'es déjà presque disparue, placardée sur les murs fragiles, irisée, et ta figure se tient au bord du néant, comme une crète d'agonisant, pas tout à fait, alors je peux t'aimer un peu, dans le sort des insignifiances, dans ce sortilège des vides, de la magie du matin qui coule par petites embardées, comme des saccades de pluie et de neige qui volent et dansent. Tu sais quoi ? J'ai même pas envie de te baiser. Enfin, si, mais pas plus que celle que j'allonge trois fois par semaine, trois semaines par mois, sous les trois angles de son corps. Parce que tu sais, moi, j'ai un appareil photo au pubis, je suis comme ça, je prends sous toutes les vues, et je suis plein de rouages, mécanismes, de physique et d'optique dans le déclic, j'ai des boutons sur les nerfs, et il faut les saisir, tout plein d'extase, de peurs, de chaleur qu'il faut activer sur la pudeur, régler la focale, sucer la lentille et je vois flou de naissance. Et la vitesse, tu sais, la vitesse, elle est folle dans ma tête, elle court, elle transbahute, c'est la foudre, ma vitesse. Méfie toi toujours de la rage qui devient envie. Alors je suis ça, et je te prends, je les prends sous tous les angles avec mes yeux flous, et je sais tout faire et ça m'effraie tout, créer tout construire. Je peux parler de la lumière là qui se couche dans tes yeux, de ce crépuscule électrique des lampions qui hésitent, qui s'endorment, de la modernité qui elle aussi a ses heures, son matin, son soir, et même un zénith je crois. L'électrique extase aux doigts d'argent. Tu vois ? Je crois que tu me manques là, Wendy, qu'en t'écrivant, ça me rejaillit, et que je donnerai bien ma bouche pour la tienne, que j'aimerais tes bras autour de mon corps. J'ai froid, j'ai toujours eu froid, et tu sais je crois, combien mon corps, mes doigts, que j'enfonce dans les sexes féminins pour la chaleur de l'excitation, sont gelés. Et c'est dur, alors ça te fera trembler, et tu voudras un jour, et je voudrai un jour, on aura quarante ans et du néant dans les poches, poches trouées. Et t'aimeras un type et les séquelles de nous, e tu diras comme ça, que t'es amoureuse, mais t'auras quarante ans alors tu feras comme si, en te souvenant de tes dix-sept et de moi. On fera comment ? Un jour je t'appelle, un jour tu m'appelles et on se retrouve au milieu du monde, on fera des cartes mystérieuses, des recoins secrets et on l'appellera "nos corps", ce sera un fil mince mais tendu, de mon vice à ton vice, et on s'attachera les sens, on fera du bondage d'émotions. Tu fermes les yeux, quand tu me lis ? Et là, ils battent comment ? C'est quoi la régularité ? Tu sais à quoi ils me font penser, tes yeux ? A des blocs de lumière emprisonnés dans un cristal pâle. Dedans y a assez de peinture pour faire un nouveau déluge, pour tout submerger les phrases, les peurs, les haines, dehors, mais voilà tout est capturé dans la vue, c'est comme une pierre qui enterre l'épée sacrée : Excalibur, y a de la puissance endormie, et tu l'enterres dans le bruit, ton rocher c'est la poix des bocks. QUand tu auras trente ans aussi tu diras "le bruit commence à m'ennuyer", parce que tu sais l'odeur de la suie, et la beauté du silence, on peut en faire des tableaux du silence. Mais oublie pas c'est le lit des égoïsmes, et on s'y couchera dans ce lit, et on l'appellera solitude alors, on se mettra à genoux, enfin toi surtout, -c'est la place de la femme- et puis on priera. J'aurai le corps toujours maigre, avec des trésors dessus, et toi, le tien toujours comme un parfum pleine de volupté, le ventre gorgé de couleurs, de toiles, et les perles de ton dépit pour attacher ta taille à ton corps, pour ne pas qu'elle s'en aille ta taille. Et on se reverra, et tu le sais, et ça t'emmerde là tout de suite, de savoir que y aura ma bouche qui te fera gémir un peu, pas trop, de savoir que t'es tous les instruments de mon imagination, et la flûte, pour la bouche et le piano pour les doigts. Femme orchestre que je t'appelle. Tu vois, je te veux, sans te vouloir, parce que je suis loin du pays de fièvre, là où on truque les mots, où on leur donne des visages d'habitude, des traits d'inquiets qui rappellent des souvenirs. Je sais que je pourrais te faire m'aimer, y a toute une liste d'ingrédients, un lexique qu'on l'appelle, pour faire le philtre, mais je fais pas, je marche à côté de la route, tu reviendras dans mes bras, comme la pluie finit par tomber au milieu du désert, comme on voit soudain rejaillir l'eau de l'oasis tarie. Et un jour tu seras à Paris, et on aura une chambre d'aube et de pourpre, avec des haillons de lumière aux volets, et la nuit on s'aimera et le jour encore, puis tu t'évaporeras, et on s'en voudra, on fera des morsures à nos mollets parce qu'à te baiser quelques fois, à te faire l'amour beaucoup d'autres, je t'ai mis mon foutre d'extrême violence aux organes qui s'accroche à l'âme, et je suis désolé, c'est un peu moi, pas trop, qui incube en toi, mais j'ai des vertus dans tous mes liquides et alors je pleure pas t'imagines tout ce que je pourrais contaminer avec des larmes ? Tout ce qu'il y a de maladie en moi. Et puis je saigne pas, ça fait pourrir la terre je crois. Là, je veux que tu m'aimes, très fort, et très directement, qu'on se voit vite, et qu'on ne s'haïsse pas, qu'il y ait la place pour la coalescence de la violence et de la tendresse, et tout ça en rimes pauvres, c'est comme mon clavier conclavant. Je suis de la misère, tu le sais, jec rois, je peux truquer si tu veux, te faire trembler de loin avec des mots, vêtir un habit avec un long manteau qui habille tes cauchemars -mon nouveau manteau m'arrive plusbas que les genoux-, et puis même un masque pour bien te faire trembler, pour bien t'arracher à tous les bras amoureux de l'Univers. Tu sais Wendy, un seul de mes doigts, et je ne parle pas d'agilité, de sexualité, de bestialité, d'animalité, vaut toutes les mains réunies en ronde de l'humanité, qui serrent, tous les bras ne valent pas mes haines. Un seul de mes doigts, et c'st comme ça, je marche avec du souffle, et Bruxelles, c'est loin, et je bande pas assez pour que ça frappe à Saint-Gilles, et Saint-Gilles c'es tmonpatron, des estropiés, alors je le découpe lui aussi, pour former des images, pour te filer une farandole de baisers de loin, et d'oubli un peu. T'es pas encore dans la procession des oubliées, des abandonnées, celles que je traverse, et qui n'encombre pas ma marche, toi tu es dans mes pensées, dans ma mélancolie, je t'ai fait une place au chaud dans mes lignes, et si tu fais attention, juste un peu sous la ponctuation, tu verras que y en a une dansmes yeux, pas longtemps, parce que j'oublie, je chasse. Tu vois, je m'embourgeoise, je chasse, j'ai un habit vert, et je peux dire "Je suis mort" et j'ai la force de t'aimer. Pas longtemps, et c'est heureux, parce que tu m'aimes encore mais pas longtemps.On fonctionne pareil. On entend alors le tic-tac du crocodile, qui vient heurter le bois sec du bateau, on l'entend qui agite ses secondes agonisantes, comme une trotteuse, avec le calme méthodique de la mort. Il attend, en bas, sous la proue écaillée, qu'on descende se laver les sens, tu entends aussi ? J'ai déjà perdu mon ombre dix fois, et dix fois tu ne l'as pas recousue.

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07 novembre 2009

Allons voir mignonne...

Dingue. J'ai la gueule de la nuit pour que me causant tu imagines qu'elle entende la supplique et les plaintes, puis vienne bercer tes soirs et en faire des matins, orgueilleux/merveilleux, des merles moqueurs accrochés à tes yeux las ? Qui ploient, battent, et sans ailes s'entredévorent le sommeil. Moi je n'ai pas le temps de dormir, moi j'ai le temps de piller, voler, d'organiser des détentions. On a chacun pile comme on mérite, des prisons suisses, des boucaniers hurlants, Bruant, des culs brûlants, des seins, des bouches, et tout béant ouvert. Fais gaffe, à voir derrière l'insomnie mes membres tragiques tu vas tomber amoureuse, et de moi, c'est toujours très bas, vil, sournois. La chute, c'est moi, j'ai tout un épisode biblique qui part de mon nombril en mille cercles concentriques jusqu'à clouer Christ, à bombarder Port-Royal,à assassiner Henri IV. Ravaillac, c'était mon frère. Je peux tout faire avec du verbe, avec ma voix d'angelot qui sonne comme une cloche : les baptêmes, mariages, enterrements, tu t'imagines ce que j'y mêle moi, la vie, la mort, la renaissance, tout ça en un octave, en deux silences, hop. Vas-y pends toi à mes muscles. Fais gaffe mignonne, à pas trop t'approcher, je manie la foudre qui me tourne autour des yeux, j'ai le coeur buté sur un bâton de merveilleux, j'habite un vertige. Mais j'ai pas envie, ça m'intéresse pas moi, tes yeux, tes doigts gourds, et quand je dis tes yeux, je dis ceux de l'humanité racoleuse, je dis la foule rieuse et la mélancolie furieuse, je dis le monde et l'insomnie. J'ai divorcé des gens sur ma butte. Je suis riche, très riche, -comme Bruant- j'ai des soutiens en or, des baleines d'argent, des armatures en uranium, tout un cancer de fric suisse dans la gorge, je peux chanter un hymne à la vie. On me voudrait plus sobre, mais j'aurai toute la mort pour décuver ma vie, et toutes les ivresses que je vous ai pris. Toi, tes yeux, ton ventre, jusqu'à ta matrice stérile je connais, jusque derrière la peau, si retournée qu'elle exhibait le foie, le ventricule, les os, et les poumons noircis, ouf, et le pancréas, estomac, intestins, je sais ton anatomie, ton architecture en vrac, mille fois je te possède, mille fois je t'oublie, parce que je me souviens des détails, de la lumière qui jette ses reflets au plafond, le soir, ouf. A la fenêtre, Crowne Plaza, Bruxelles, des photographies, ouf, la nuit à quatre pattes, ton chapelet qui attache les perles de ta misère au ventre, ouf, les larmes,les baisers, les adieux, et Avignon, et Loison, et Chatou, et Boujan, et Montpellier, et Lille, et Bruxelles, et Genève, et Nice, et Pornic, et Leucate, et Grenade j'ai un abécédaire de villages et de montages, j'ai été de A à Z sur des corps de fillettes, j'ai tout l'univers entre mes doigts. Mais j'ai arrêté, quand j'ai vu que tout le monde pratiquait je me suis mutilé le visage, j'ai défiguré ma séduction, c'est traitre, et c'est pas joli, tout le monde fait, du plus ignoble à la bouche tordue ou poète transi de douleur. J'ai decidé de naître Louis XIV, je vais être soleil couchant, crépuscule, et puis la Cour, on jouera Molière et on l'interdira en même temps. Allez Solène, file, ouste, fais attention à mes postillons ensorcelés quand j'hurle ma vie, quand je clame mon être, c'est tout empoisonné, ce sont dix comètes qui jaillissent de ma bouche. Je suis avec du désir dans les membres, les phalliques et les autres, j'ai dix femmes orchestres, une flute et j'y colle ma bouche, un piano femme tendre sur lequel glisse mes doigts. Tu sais toi, combien c'est facile pour un pianiste de faire jouir une fille, et ses dix mille nerfs comme les cordes du piano, sa peau comme l'ivoire du piano, ses gémissements comme le cri du piano, tu sais ça, d'une caresse, j'en arrache dix sols, dix planants, et des la, des octaves, et puis même un dièse, un dièse qui jusqu'à Kaboul fait jouir les femmes sous burkah. Y a pas à accorder une fille, y a juste à lire sous la peau, les nervures, les veines, les souffles, et puis ça crie facile, et c'est du plaisir insignifiant, alors que la musique, Solène, la musique quand ça monte dans l'atmosphère ça fait des fusées qui s'écrasent sur la Lune, la musique, ça s'élève, ça fait bien attention à tout ramasser les notes. Alors pourquoi tu me causes, c'est un peu de la solitude, dans tes silenecs, et tu croyais, que t'allais là dans tes nuits m'enfermer à double mépris dans tes cellules d'emploi du temps. Non, t'as d'autres gens, alors moi, parce que j'ai cette gueule de poète, et c'est pas tous les jours qu'on croise un authentique génie, un qui peut faire naître la flamme d'un verbe, vas-y dis moi ce quej e frotte que j'en fasse un poème symphonique. Ah la musique, la musique, et je te réponds avec du retard moi l'attentif, moi le patient, parce que je faisais cracher une flute des gémissements, parce qu'avec la langue j'arrachais des sanglots puissants à un corps tout fragilisé de détresse. Au revoir Mlle Jardy, au revoir So, ou qu'importe qui tu es. Donne moi des nouvelles de tes insomnies, que je m'amuse à les découper en tableaux, à cracher de la peinture. Je suis trop grand pour l'Univers, alors je le porte dans ma poche.

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28 octobre 2009

Je bande encore.

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Et ils auraient voulu que plus jamais je ne bande ? Ou moi ? Que je ne bande plus pour ressembler un peu à ce continent d'eunuques ? Hé. Faudrait voir, les parfums, faudrait voir toutes les entêtantes extases que je louperai, moi, à plus bander, faudrait voir comment c'est doux un dos animal, comment c'est chaleureux des seins de fer. Je fonds, je glisse, je tremble, et je suis assis sur un banc de lumière, au milieu du désert, c'est violent de couleurs et les yeux doivent s'habituer à la vigueur blanche, le regard, sorti de sa chambre noir, discerne derrière les barreaux pâles, des formes, des corps, des dévastés et puis des droits comme des chênes. Je rêve d'incendie, je rêve, de faire gémir la terre, et puis les murs, et enfin les miroirs, qu'avec toi ma C. (et c'est par respect que je ne dis rien de ton prénom) on fasse pleurer trois cent voisins. J'ai l'habitude, des gémissements, moi, ailleurs, en bas, en haut, droit, fiers, et puis on irait sur une jambe tant qu'elle est dure, tant que je bande, je peux conquérir l'Univers. C'est mon risque l'impuissance, c'est le danger d'avoir tout son talent contenu dans sa bite, là juste au bout, et ça rouille d'être dressé toujours aussi colérique, un talent, ça fait mal à force, le sang qui caille. Vous avez déjà entendu ma voix ? Elle est calme mais frénétique, elle parle toujours de bazar, et puis de folie, elle parle de murs qui montent, des flammes qui viennent fondre le ciel, et on appelle ça la cendre, et vous avez le corps tellement mort que vous ne savez plus si c'est chaud ou bien, si c'est froid, et vous mettez des masques le matin, vous en mettez trois différents, un sur le ventre, un sur les yeux et un du mollet aux orteils, et vous êtes contents. Et pourtant y a pas Ensor dans vos têtes, y a pas la folie de vieillards hurlants, de clowns inquiétants. Le cirque est un loisir, l'enfer un mythe, et les deux sont en moi, je suis une légende tout seul, je suis un poème, une symphonie, une musique qui vous effraie, et vous avez peur de moi, parce que vous savez bien que ma salive empoisonnée vous mettrait par terre, allongés. On peut mêler nos fluides, échanger nos sécrétions, comme desnuméros de télephone et enfanter des bêtes à cornes, des peurs. Césarienne pour bête immonde. Ma voix vous la voulez ? C'est là 06 75 84 70 47. Attention, partez, c'est léger ma voix, c'est comme un flocon qui tourbillone sur un visage, qui se pose et vous brûle, vous dévore, ça fait tout avaler, ça fait fin à toutes les lignes, à tous les paragraphes, et y a pas de virgule, y a pas ponctuation dans la vie et je parle comme je vis. J'ai pas de frein au verbe, j'ai que des vitesses, des plus, des envies, des associations, de smots, des alliages, alors je mets quoi là, dans ma chimie, c'et quoi le substantif magique, l'alchimiste d'aujourd'hui, la poussière de demain, merde, quoi, je ne mets que du cri, ma voix brise les os, elle écarte les mers, ma voix, elle fait tout ça, pleurer les femmes et puis rire les enfants. C'est pas du zozotage, c'est de l'assuré envolé. Je parle du poète à la voix de lyre, du fou au cri de tambour, et moi, moi, j'ai la voix de l'azur, qui passe, qui file, traverse, et vous pend. Y a pas de formules en littérature, j'en claque comme des aces, je les balance, je suis une machine à les servir, mais je suis DANS LA BANQUE D'INVESTISSEMENT MOI MONSIEUR? JE COMPTABILISE PAS LES CHIFFRES JE RAMENE PAS LES CLIENTS? MOI JE SIGNE ET CA DEVIENT SAIN, ON SE REND PAS COMPTE SOI COMMENT UN AVOCAT JURISTE JUGE LEGISLATEUR CA A TOUT POUVOIR. Chaque article du code civil est une lettre de cachet. CA FAIT QUOI ? ? ? ? ? CA TROMPE CA MENT ? Et d'un mot, d'un souffle, d'un vote, d'un paragraphe, d'un renvoi la même pensée, la même volonté qui asservit, qui assujettit, qui ravale, qui rapièce, la même exactement la même, d'une ligne peut mener au trou ou au sommet, c'est ça le juriste toute sa vie se consacre à justifier la pensée odieuse. A tenir en équilibre entre le légal et l'illégal. Sur une jambe il risque la vie des autres. C'est marrant, on se sent un peu général, tous les jours à la banque c'est Verdun. Le droit, la morale ce sont des prisons pour imbéciles heureux, l'honnêteté est un vice de pauvre et c'est pour ça que les pauvres sont pauvres, il faut bien leur faire admettre le bien et donc le paradis pour qu'ils acceptent d'être pauvre, de pas savoir comment c'est de savoir, de jouir. J'ai les jambes qui tremblent. J'écris avec les jambes ? J'écris avec le corps, et vous ne pouvez pas saisir quand vos vies sont en ordre, quand vos emplois du temps vous mettent à genoux, c'est pas innocent si chaque cadre de l'agenda s'appelle cellule. T'es enfermé volontaire. CA doit faire bizarre le matin, de verrouiller sa propre prison, d'éteindre sa propre lumière pour vivre dans le noir avec des yeux abominable,s avec des peurs de gosses.
J'ai oublié d'être con, j'ai plus envie de rien, mais je bande encore, je bande encore et j'ai des rêves, comme un loup au milieu d'un chenil, parce qu'il aime les chiennes. Mais j'ai toujours des dents, j'ai toujours l'instinct de malfaiteur. Je n'ai besoin que de ma C., qui m'attendrit l'être, me fait léger, et le ciment, et le béton, et le bitume, et tout ce qui goudronne les plumes et puis la grandeur, elle l'allège, c'est de la mutilation, de l'amputation d'horreur, je suis plus grand. Après. Oh ta bouche. Je lui donne un prnéom tu permets ? Promesse. J'ai la voix de l'azur.

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24 octobre 2009

Je n'ai fait que fuir

    26072009275

    Toujours être ailleurs. S'en aller.
     

    Ca m'agace la foule. Encore.

    J'ai ouvert mon moleskine. C'est amusant qu'aucune ne le devina sous mes épaisses poches, dans mes valises, sac, ce petit carnet de 10 cm de haut, plein de mythes, de minuscules lettres, des déliées à peine formées. Je l'ai ouvert, et j'ai trouvé des dates, des amusements.

    2 juillet 2007 :

    6h37
    J'attends à la gare de Lens mon TGV. Le brouillard de Loison fit une cape autour de mes épaules. Le temps est complice de mes fuites, il me nimbe de sa grisaille. J'ai volé la mastercard de Jean, celle d'Emilie. Je n'ai pas trouvé celle de Sophie. Le chien a aboyé. J'ai tourné la clef, lentement, dans la serrure pour ne réveiller personne, j'ai descendu les escaliers à genoux pour ne pas les faire ployer. Que le bois soit muet et les murs sourds. Je suis parti, avec de l'organisation dans les poches. J'arrive à Paris. Je suis bac+1.

    17 juillet 2007 :

    J'ai craché tout mon mépris, tout ce que j'avais dans le ventre, d'ordures à la gueule d'Elodie, tout l'uranium digéré, toute la saleté qui me fait dedans des caprices ravageurs. Je lui ai mis dessus comme mon foutre sali, comme la noirceur de tous mes sens. Elle a chialé. Je m'en tape. Pauvre conne.

    Décembre 2007 :

    Wendy est venue chez moi, en silence, dans des pas de laine. Papa était devant la télé, Papa qu'elle crut mort, que je déguisais, avec des parfums de poussière, d'absent, que je glissais du vide sur ses yeux. Papa était par terre, et je lui ai dit à Wendy, pas un bruit, des esquisses de mouvemnt, du mutisme, vas-y allonge toi. "Marion..." "Tu m'as tué chéri". Pardon, c'est l'habitude de simuler, dissimuler, le texte, l'oreillette, l'absence multiple. Chut, tais-toi, tu n'existes pas.

    Samedi - printemps/été 2008 :

    Je suis parti doucement de la chambre, sans faire craquer le lit. Wendy était nue, sur son flanc, endormie. Les images de la télévision brésillaient, coloraient. Il y avait du bleu pâle au plafond. Elle n'a rien vu, rien entendu des mouvements saccadés de ma fuite. Quelques secondes avant, quand las, déjà, quand las trop de fois, je me réfugiais dans mes silences, elle avait mis ses doigts autour de ma bite, que le sang circule, que le sang me jaillisse dessus. Qu'elle sache un peu comment ça fait, de vivre, d'avoir le sang tout contenu, des règles qui vous saignent dans le désir. Ca a marché à demi. Elle a des vertus que j'appelle des vices, la mignonne.
    00h30. Je prends les clefs de la chambre que je dépose dans la salle de bain humide, je les dépose là pour que sous l'auréole de pluie, de gel, il y sue des larmes. Qu'au réveil elle les trouve toutes trempées, dessous de l'eau qui coule, circule, de l'eau qui gémit un peu. Elle se réveillera et je ne serai plus là. J'ai ouvert sa sacoche, très précisément, j'ai pris 25€. Devant son appareil photo et son ipod j'ai hésité (comme elle hésitât un jour) puis j'ai eu peur, peur de son père, peur de son noir. Je me suis imaginé son père que j'imagine avec une voix de tambour. Certains poètes sont des lyres, des accordéons, des violons, lui je l'imagine acteur époumoné, tambour. J'ai pris un peu de son argent, oublié Maggie Cassidy, laissé sa richesse technologique. Qu'elle vive de son bruit, sa prétention, ça ne me regarde plus on ne se reverra pas.

    Août 2008 :

    Elodie, ma belle Elodie est toujours là, malgré les cris, malgré mes rages. Elle m'attend, elle est venue à Paris "un peu pour toi". C'est fou. Je la croise avec Marion, je la file, je l'organise, je la fragmente en petites cellules qui s'intègrent à l'emploi du temps. Jardin Du Luxembourg-Ophtalmo--Palais de Tokyo-Marion-Père Lachaise-Maison d'Elsa. C'est fou, ces gens qui restent, qui demeurent, comme si j'avais en moi une lumière invisible et nécessaire.

    Mars 2009

    Avec Marion, c'est fini, je me le dis depuis un moment, il faut juste faire rompre ce qui trop plie, ce qui met du terne, du gris dans mes yeux. Elle m'ennuie, je dois organiser la fin, la structurer, mettre de l'architecture, du planifié soviétique, de la charpente aride pour tout soutenir les au-revoir. Son père n'est pas là. Nous avons les clefs, nous y dormirons. J'ai tout pensé. Avec un bruit de rasoir, quand elle se touche sous la douche, j'ai volé son GPS. Sans scrupules, aucun, jamais. Je l'ai pris, rangé dans mon sac à dos vert-fond cuir. Je le vendrai (note du présent : 219€). J'ai déjà récupéré mon Rimbaud, je sais que c'est fini, mais moi je ne quitte pas, pas vraiment, j'attends que les choses meurent, qu'elle serpe le pied de vigne, vendangés les vins de l'abandon.

    Avril 2009 :

    Avec Wendy on s'est revus, plusieurs fois, avant. Malgré ce départ la nuit que j'ai dguisé de mes névroses, que j'ai travesti en alcool. Fiole à purin. J'ai violé l'hôtellier. Je suis parti sans payer, sans rien retirer d'argent, certes. La dernière fois -avec Wendy encore- je l'avais escroquée la pauvrette de 65€ d'une nuit que je ne payai jamais. Marion m'a quitté avant, quand elle découvrit trop nettement les passions qui m'unissaient avec Christine. Dont elle ne devinait pas le quart. Tant mieux, elle est mieux seule, surtout mieux après moi. Je l'ai transformée, en mieux, elle doit en être ravie. Wendy, je l'ai volée, ses jeux (revendus) ses livres.

    Eté 2009 :
    J'ai un peu troqué sa bouche contre du fric. C'est sale le pognon, des dommages et intérêts à ses douleurs morales. Voilà. J'ai clos deux ans, la mâchoire cousue. Je ne l'ai pas rappelée, ça frétillait sur mon être, mes os ployés de fruits las, de branches coulant, liquides et juteux. Je n'ai pas rappelé.
    Pourquoi m'aime-t-on ?

    Je n'ai fait que fuir, m'en aller par les routes qui ne croisent rien. Je crois que je n'existe qu'à peine, sur les ventres, les seins, les yeux et quand aujourd'hui je n'ai de désir que cimetière, je fais quoi ? Je vis où ? Quel désert ?

    Narcisse défiguré.

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02 octobre 2009

P

Pas envie d'écrire. J'ai tout un carnet de sensations, avec des chiffres, des dates, des femmes qui font ployer les lignes de leurs trop lourdes poitrines. Ouais. Pas envie d'écrire, je tiens ma vie dans un journal étroit. Je fais plus trop dans le glauque. Demain je danse, un peu, le chacha, contre des miroirs immondes, dans un souterrain où l'on vit bien. Alors je m'abandonne moi, je me tais, beaucoup. Je peux dire quoi. Je peux dire ça :
Si tu doutes de l'enfer viens faire un tour dans ma tête

La beauté excuse la médiocrité. Le talent excuse la laideur.


Pour s'endormir certains hommes baisent, les moins chanceux et les mariés se masturbent. Moi j'écris. Mais je n'écris plus, alors je ne dors plus en conséquence.


Je rêvais de mettre l'humanité à genoux pour qu'elle -rampante, toujours- prenne un peu de hauteur.


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16 septembre 2009

Le club des cinq

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Pourquoi ne pas se pendre quand on est vidé de violence, de puissance, de tout l'Univers qui craque ses articulations entre chacune de vos dents ? J'en reçois dans mon théâtre, moi, des petits acteurs qui s'époumonent sans souffle sur la saynète de leurs os, oh les petits rodomonts qui déclament des lignes, des pages, de l'encre. "Je récite". C'est de la poésie primitive, c'est Lascaux en vers, du Jean De La Fontaine mis en glaires. Merci pour eux. Il y a une femme dans ma vie, qui a une initiale reine, qui arrive comme ça, qui a déposé sur ma bouche ses habits, pour qu'ils y fondent, pour que sa nudité me fasse le corps et le gland incarnat -il faut le décontracter, je n'oublie pas- elle a deux empires qui se dressent à la place des yeux, deux empires de beauté conquise, de plaisirs obscurs, et d'une légèreté qui me rend balourd. Elle est si légère, si fine, que j'imagine que même mes muscles ficelles peuvent la faire tournoyer, que sans le verbe, juste avec mes forces, juste avec ma vigueur d'enragé écumant, je peux la faire s'étourdir contre les étoiles. Ouais, c'est comme ça, pile ici, de la douceur sans mièvrerie, c'est étonnant une ivresse sans liqueur visqueuse, sans mesquineries ni ennui. J'aime. Avec mon corps de Midas aux mains de feu.
Chez les autres. Dans vous foules identiques, visages trop visibles j'ai des interrogations. Des petites questions entre grincheux qui m'incubent dans la tête. C'est un bacille solitaire. Une peste bleue. Ah ! Imbéciles. Pourquoi vivez-vous ? Offrez donc à vos corps une sublime jouissance, femme, donnez à vôtre être pâlissant de l'extase à faire pâlir le plus acharné des amants. Sautez du haut d'un pont. Puisque toute votre existence n'est qu'un prétexte à l'orgasme, une volonté toute nette de baisouiller dans des coins. Vous êtes une souffrance triste, une douleur froissée. Une insulte.
Tes clous, toi, médiocre, c'est où que tu te les enfonces, dans quelle chair ? Quand t'es femme c'est à l'entrejambe, de sentir du rigide dangereux qui te saigne dans la peau. Oh, Oh, arrache toi donc des sanglots de plaisir, gémis contre toi-même.
Tout est bas. C'est Bourgeois. Pas de tragique dans vos vies ; du burlesque. Je me dis, quand même chéris et chéries qu'il vous faut du violent, des trucs qui vous renversent le dedans, qui font s'inverser les ventricules, à droite tu pompes, à gauche tu envoies. C'est une métaphore de la sexualité, le coeur. Scindé en deux "foudroyés à la naissance" murmure Platon.  Allez, pour la violoene, les macs font bien ça. Vous pourriez avoir facile, l'excuse à la déchéance, le corps sur le trottoir. Ca permet même un style de vie. Pas très bobo, mais on peut rouler dans des berlines et se faire mettre dans une camionnette. j'ai décidé de décevoir aujourd'hui, de faire gicler de l'exclamation, de passer du verbe tendre, mou, au membre dur de l'archer. Je fais du violon et je joue des mots, haha.
C'est qu'il y a trop de fantômes dans ma nuit, trop qui exigent que je sacrifie des lignes, que j'aligne des pantins aux lignes, que je les attache à la marge une couronne d'explosifs pour le crâne. Et que ça saute ! Qu'on fasse une farandole des chairs répandues, des corps agonisants, des imagines pitoyables que je sue. Mon écriture est sudation, je suis les éléments, le feu et puis le lacet de foudre qui vient vous étrangler au sommeil, la secte qui brûle vos frères et la religion qui enterre vos parents. Droit dans mes bottes de S.S, c'est direct pour M.. Pardon pour l'obsession, c'est la frénésie des yeux bleus les volutes de votre brume. Vous avez vu ? Tu as vu foule, que dans mon moi, il y a de l'autre initiale, je dis Je, à travers un prénom aux yeux clairs -pas pâle, jamais pâle ils sont trop faits de vigueurs, de mers auxquelles j'éjacule le feu, hé-. Narcisse défiguré (il faut que mes petites lectrices amatrices de bons mots puissent aussi se toucher Monsieur Phillippe, Mademoiselle la Belle, et puis pour Tristan aussi, et Frida qu'est plus trop Margot, tous ceux qui valent quelque chose en somme. Vous êtes quatre. Je peux pas être bâtard pour faire de la littérature de jeunesse, mais chacal je peux essayer, on fera un club de cinq) c'est moi, moi qui me cherche dans les cicatrices, dans toutes les cicatrices imbéciles qui couvrent l'Univers. Je suis l'Univers. Vous savez Philippe (je fais dans le demi-tutoiement par le prénom) j'ai besoin que vous rasiez mon style, que votre lumière (nous sommes amateurs du même vers d'Hugo) pèle ma flamme. Voilà c'est dit. Je vous dédie ceci -je paye mes lecteurs, c'est un modèle économique à étudier pour les majors productrices de moindres- "

Ma vie est un torrent merveilleux, j'ai mille bras, parce que je suis l'Océan et ses affluents". Giflez moi, mouchez moi. Je m'en branle, vous voyez bien, je mets du foutre partout. Pardon pour la déception, pour le talent autodestructeur, pour l'espoir un peu idiot qui râle. Je vous estime, et pourtant il faut oser décevoir pour grandir. Arrosez moi. Vous ne crachez pas vous, c'est moi qui fait ça, quand je ne bave plus, quand j'ai acquis la technique pour transmuter ma bave en crachat. Et ceci je vous le dois à vous et Genet. Genet a son nom au Panthéon, il y pousse et s'y élève sans cesse. Cent de ses soeurs désorganisées, brouillonnes, sur lesquelles on ne marche pas.
Je m'en tape des petites médiocrités qui encombrent le présent. Des bouffons ordonnés qui s'agitent et rêvent en uniforme d'originalité. Qu'ils s'enculent entre petits seigneurs de la veulerie ordinaire. Priez pour la sève du poète. Je cause aux contradictions, je parle au mensonge derrière les yeux qui collent d'ennui. On ne guérit pas de la médiocrité.Au mieux on oublie par rasades de vodka, par rail de C. à la colle ou au white spirit. Déchéance, tout est déchéance.
Qui avale la couleur des yeux gris, livides de la foule ? De ce visage unique, reproduit en série, elle est où la manufacture de l'original, du style et de l'identité. J'ai tout un convoi de dynamite à lui adresser très cordialement. Du feu à vos cendres. Je suis de la race des enragés, alors petite fille je ne supporte pas, je ne supporterai plus jamais  l'eau croupie de quand tu mouilles -depuis que j'ai la Mer. Il n'y a que dans les yeux, dans les mains qui déshabillent ma pudeur, qui enroulent la tendresse maternelle autour de mon excès, que j'écoute, il n'y a que là, quand ma flamme déroulée, un peu hirsute, ne trouve rien à brûler que douceur que je retombe. Un pâmé en terre brûlée.
Y a que toi dans mon noir, toutes les lumières -pas les blafardes, pas les lampes torches que sont les croyances des groins- ont ta peau. Je les lèche, toutes. C'est un acompte sur le plaisir.
Toi foule, toi individu, est ce que tu veux demain que je t'étrangle avec ma chaîne de vélo ? Que je t'enfonce ma plume trempée dans mon sang au profond de l'artère. Te contaminer du même délire que moi.
J'en ai entendu cents infatués, des maitres suffisants me clamer "je m'épanouis dans le chaos" et ils n'en savent rien du chaos. Le chaos c'est une galaxie qui vous fond sous la langue comme une goutte de cyanure, le chaos, c'est de vomir son acide sur la feuille et d'en voir sortir une eau-forte. Le chaos c'est une lutte, une perpétuelle, ce sont des flétrissures qu'on ne compte pas et qui vous fleurissent aux entrailles, ça vous transforme en champ de mines, en tic-tac affamé de secondes, le chaos ça vous fait de la course et pas trop de virgules -ni ponctuation- dans les mots.C'est du Proust sans Proust, le chaos. Eux, les très fiers, les complétement satisfaits s'amusent sur des décombres qu'ils appellent chaos. Compléments au néant, mariés au vide, quel joli couple. Mignon entre voir dans mon nombril voir si le noir a germé. Dans ma tête c'est la guerre, en attendant l'armistice je participe. J'enrôle. Je meurs. Je bombarde. Salut Dresde, salut Verdun, c'est combien de trous, de bombardiers, d'obus, d'acier déchainé encore. Je m'ennuie. Dans l'excès même il y a de la monotonie.  Je vous proposerai bien une cicatrice mais sur vos corps vierges où vous dessinez des traces au stylo, des petites blessures, des imperceptibles mouvements de douleurs. Vous sauriez où accrocher une si belle balafre ?  Mauve en plus ! En mon royaume c'est une décoration militaire, c'est ma croix de feu, j'ai toujours été un peu fasciste. Et une cerne, une cerne vous en voulez ? J'en ai accumulé dans mes nuits terribles, dans ma lutte avec elle, la nuit, et son corps osseux.

Encore toujours, quelques bouffons, une Cour, je ne parle pas de moi, je parle de toi foule, foule avec tes yeux indifférents. Grise, tu es le ciel de Paris. T'as des rides plein l'intelligence. T'as toujours été vieille, tu es née vieille. Fritzgerald n'a rien inventé, il a recopié la foule qui ne rajeunit pas. Fontaine des flétrissures, et avale ses tanins, et avale ta piquette et dis moi que c'est du cheval-blanc. petits vins pour petits humains.

Vous savez, moi quand je passe devant un miroir, je vomis, c'est pour l'hygiène, devant ma gueule. Et eux je sais très bien le rituel, quand ils n'arrivent pas à sauter par dessus le reflet couvert de sale, et bien, eux ils pâlissent. Ils rougiraient bien, mais ils n'ont pas de couleur. Ce sont des individus délavés qui ne savent que disparaître un peu plus, un peu mieux. Ca ils ont appris à se dissoudre -ils sont diplômés-, à se cacher -non derrière les mots, les leurs sont faméliques, efflanqués, c'est la Somalie dans le lexique- sous l'apparence. A force de leur vomir dessus on finira bien par les faire transparents.

Ma peau ne cherche plus les coups, mais ta bouche, et je m'en veux de la glisser là, de la faire reine de ce tas de cendres, de ces cadavres desquels je prends les dents en or pour lui forger un bijou, un trésor. Pardon à tes charmes, d'avoir besoin de concentrer la bêtise en cent lignes, de faire tourner la folie et toutes ses balles, toutes les munitions des sens pour t'apprêter. Ce soir on sort boire un peu d'infini, sortons nus.. Ca nous coule des bouches. Elle a pas encore dit oui la belle, et j'ai les doigts gourds mais sournois. Je suis traitre et elle préférera mes mains caressant ses vices qu'étranglant ses vertus.

Aux imbéciles, désolé pour la guillotine, les têtes à claque je les décapite.

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10 septembre 2009

Immoralité.

"Je suis un gosse très morveux, très délinquant. Pas au niveau d'un Genêt mais je me débrouille dans l'immoralité"

Moi.

Posté par boudi à 03:21 - Commentaires [13] - Permalien [#]