26 mai 2009

Florence.

Cet Ete je visite Florence. C'est une femme et une ville. Je verrai le premier mendiant de l'Histoire de la peinture peint par un jeune homme aux cheveux d'argent. Consumé par le génie Masaccio. Ce n'était pas un remède, mais un venin qui lui brûlat le sang. Je visite Florence. J'ai un pied à terre à Venise. Ce qui peut être amusant quand on sait que la ville se navigue. Je vais voir Florence, les doigts humides, et les mains pressées. Je crois que je pourrai m'étourdir devant le David, ce David rêvé, violant d'érotisme endormi. Je vais voir Florence et ce sera la Renaissance entre les paumes, qui passera comme l'eau de l'Histoire dans mon creux. J'aurais aimé avoir des reins de femme, j'aurais aimé l'anatomie délicate et innonder de liquide pleural et séminal. Je vais voir Florence la jaspée. Florence l'éternelle. Je vais faire des détours dans l'alphabet. J'avais déjà descendu l'Europe. De Bruxelles à Toulouse, c'est un quasi tour du monde, un A à Z qui commence au B et s'éteinT. Je visite Florence...C'est un peu dire, je prends l'éternité contre mes flancs. Ce sera sans adultère, Florence. Ce sera dévoué mais pas dévot. Et le plomb de la ville braisé par l'été filera dans tes cheveux blonds et bouclés Florence. Ce sera un tableau comblé. Le génie de Vinci. Peut-être même Donatello. Oh, Donatello. Qui aurait fait plus beau ? Qui aura mieux piétiné le futur ?
La Renaissance. Cette époque qui redéfinissait la place de l'homme dans l'Univers. Avec Dieu, mais malgré Dieu. Florence. C'est la ville lumière des arts plastiques, des formes et des mouvements. Toutes les femmes s'inclinent et se voilent. Toute la beauté est figée. Elle dure. Là Bas. Florence, j'aimerais y mettre le feu du fond de mes pupilles. Etre le dernier spectateur de l'immense. Etre ton tombeau, ton suaire, et ta terre. Florence.

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22 mai 2009

T. Ton prénom

TTes yeux bleus qui font comme des corniches pour les fous, où s'asseoir baigner de lumière d'océans éclatés.  Y a dans ton regard du parlé langoureux, de la mer qui s'écrase en hâte dans des criques encaissées. C'est un peu exotique ton regard, ça cause espagnol et mille symphonies à genoux. Avec un peu d'attention, c'est à dire de sens tendus, on peut sentir le battement de tristes moulins vaincus d'être passé d'époques, dévorés par les mécaniques entrailles de la modernité. La délicieuse et incantatoire modernité qui se pose partout, sur l'art et sur les faces des gens. Tout le monde a perdu de ce charme antique, discret et élégant, racé et violent qui s'épanouissaient jadis. Moi, tu vois, j'appartiens à un fragment de passé, j'ai du romantique mystique, tu sais, de l'amant épistolaire et secret, caché derrière de bien aimables lettres. De la graphie déclarative, c'est un peu Babel écroulé et toutes les paroles envolées que j'essaye de t'envoyer, -je frissonne-. Donc, j'appartiens à un fragment de passé, avec mes airs qui poétisent vulgairement les charmes de tes yeux (mais pas uniquement !) tout en demeurant anonymes. J'écris des mots blottis de noir. C'est de l'investissement le noir, de l'obsession investissante. Ca m'obsède, c'est mon obsession avec tes yeux, donc le bleu. Le noir. La nuit. Elle a du calme envoûtant, du mystérieux appel la nuit. Le lycanthrope ce n'est qu'un homme qui se laisse emporter par ses magies, qui vient mettre un peu de mystique à son âme sans foi. Mais, dans le verbe je t'oublie, il est total et il engloutit même les objets qu'il doit décrire. C'est qu'il est mâle le verbe, mâle-habile, tu vois, avec des doigts rêches et courbés qui ne font plus sortir aucune musique qui ne soit pas automatique, sténographiée. Tu me fous un peu de , un peu vulgaire certes, dans les doigts, ça éjacule du littéraire quand j'écris tes charmes que j'effleure seulement pour lors. Pour lors, j'en parle avec délicatesse, comme une jeunesse s'épanouissant, comme une jeune fille faite femme en une nuit. Tu vois, si je t'écris, si j'ai le courage de transcrire la houle qui chavire tout, même dissimulé sous un pseudonyme, c'est grâce à la nuit. Je n'ai pas dormi. Et elle a infusé toutes ses senteurs, toute son envie, en moi. Mes veines ont noirci. Tes yeux ont bleuï dans ma tête. Et si je t'écris, et si je t'espère ce n'est jamais qu'en lettres muettes, qu'en silence martelé. La beauté a besoin de silence pour déployer son immensité. Et d'inconnu, beaucoup. Tu es belle et ce n'est pas pas question de forme, et de régularité des traits, c'est de l'indicible, de ce qui ne se triche pas. Probablement, comme chacun, une douleur qui ressurgit, qui maquille le regard, l'ourle d'une ombre salvatrice. La douleur, la cicatrice, ça m'obsède ça aussi, je la guette au rebord de la rupture, sous la paupière qui chancelle, dans le mot qui hésite et qu'on ravale à la limite dans de la ouate insonore, je la cherche moi comme un augure dans le mouvement du sang, son passage ventriculaire. Ouais la douleur consubstantielle à toute beauté. Finalement. Mais je me disperse. Tu vois, dans, il y a comme mille grottes insoupçonnées, mille détails endormis, c'est un prénom château-fort. J'ai toujours appris à me méfier du bruit, cette suie moderne. Le bruit qui dévore tout, la douleur, la pensée, le bien, le mal pour laisser là assourdi avec cette illusion d'ouïr. Le bruit, la foule, ça manque de poésie, de sublime. J'ai un refuge, une grotte, un ermitage au sommet d'une montagne de paille, pour observer et décrire, faire de la poésie goguette sur mes toits. Et puis toi, aussi, je t'ai comme je veux, c'est à dire selon mes termes, mes souhaits crachés, je te recouvre dégoulinante de poétique. Et c'est beau, ça fait des voyages stellaires, des parcours monstrueux autour d'une Terre carrée sur laquelle on trébuche pas. Ca fait des équilibres debout sur des planisphères cartographiés, des voyages allongés sur l'Histoire T'as quelque chose qui me me fond sous la bouche, qui m'étouffe dans la gorge, et c'est beau comme un langage oral, oral et maladroit. Qui s'exprime muet, sur le clavier, dans toute l'habileté de son infirmité. J'ai la bouche verrouillé, le langage qui coule comme il peut, comme il a envie. Je poétise en vulgarité, et je pourrais bien faire rire les siècles, rentrer l'emphase du bout des ongles, mais je ne veux pas, je ne veux pas chanter moi, je grince, je grince la passion de tes yeux. Et c'est beau comme du violon parfois, de grincer. Comme des charmes balbutiants. Et tous ces mots, je les tourne dans la bouche. Ma langue Sept fois dans la tienne

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20 mai 2009

La seule du planisphère.

Comme si tu savais pas quand même que t'étais la seule du planisphère. Toutes les huit minutes à hurler ton prénom. te chercher Cisailler la terre, le vent, la nuit, la soif, toutes les quinze secondes. C'est que j'aime chiffrer moi. J'ai de la mathématique dans les artères. Quantifier. Peser. Mesurer. T'embrasser. Je crie toi toutes les huit minutes dans le noir. Pour déchirer un peu son voile de femme soumise. Coller de la lumière liquide à ses intestins fatigués. Un peu, oui, trier le feu. Lier mes veines fines et poreuses qui ne filtrent pas le poison de toi. Dans mon corps, j'ai l'estomac en plomb. Ca me rend saturnien. Et pas divin extraterrien. Plutôt camisolé isolé. Je suis fou, de toi d'abord mais tout court déjà. Malade le corps titubant, le manque qui râpe. Ecorche. Dépêche toi, de venir. J'ai envie de décrire la nuit sur ton ventre. De l'écrire les ongles courts sur ta peau. Si je t'aime autant c'est parce que tu me fais penser à la nuit. Délicieuse, fatale. Dangereuse comme une éclaboussure. Une épée fendante. C'est vrai, tu me fais penser à la nuit, parfois malade et blême. Violente comme un accent du sud qui frapperait aux portes de la littérature. C'est à ça que tu me fais penser, la nuit avec ses doigts bleus et sa bouche pétrie de couleurs endolories. Prêtes à surgir quand la mer aura recraché le jour qui s'y est fait dévorer. J'attends moi que les fuseaux horaires, que les fusains célestes te déposent le corps à l'aéroport. Qu'on fasse rimes qui danseraient sur le parvis de tes reins. Un peu comme une farandole de papier qui aurait mis Rimbaud en ombres. J'ai envie de ça, moi. Refaire l'Univers, sur ton sein. Y dessiner les astres dansants d'un lendemain que j'attends. Quand tes yeux de nuit feront l'aube. Que tes cheveux de soir tisseront les lendemains...

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L'ivoire.

C'est l'ivoire de ta peau que je veux dépecer toujours.

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13 mai 2009

Papa est mort.

Papa est mort. Il a avalé cent huit somnifères. Le réveil est éteint. Papa les a accumulés au fond du verre. Le whisky ne dissout pas la solitude. Ni la douleur. Papa est mort. On m'a appelé. Je buvais soutenu par la nonchalance, un peu de légèreté. J'ai demandé cinq verres de fête, pour infuser la nuit dans mon corps, qu'elle recouvre la surprise et l'étouffe. Cinq petits verres à renverser mettant un bandeau au regard de la douleur. Je n'ai qu'un permis pédestre. Une autorisation d'errance. Ok, Papa est mort. Et après. Cent mille licenciements prévus. Cent mille morts à crédit,  cent mille désespérés et combien de pendus à dix huit pour cent taux variable selon la conjoncture économique, dans nos châteaux blindés, nos coffres tremblés. La rue s'allonge et le soir grogne. C'est le crépuscule qui s'annonce dans le ciel délayé, les couleurs affadies, la foule vomie, étourdie. La nuit enveloppe déjà tous les bruits de la ville, déploie ses divertissements au néon dans les cafés et les bars. La musique gronde. La lumière compense On ne s'entend pas, se voit pas à peine. Les gens s'endurent et ne se supportent pas, s'effleurent sans se toucher. Les contacts sont gantés, hygiéniques. Je m'assieds. Pour capter le bruit. Ce sera ma cartouche. J'écoute. On formule du bruit à gauche. A droite aussi. Le langage c'est un bruit qui ne pense pas, une excuse pour meurtrir le silence, qui effraie. La musique s'interpose. Juste au cas où. Mauvaise. Mes jambes en terrasse. Chauffée. Faut bien entretenir toutes ces petites usines humaines qui fument, expirent. Ca rassure sur l'état économique. Demain on aura qu'à titre "La relance en terrasse". Je suis tout seul, à vomir des lettres. J'aurais aimé voir à quatre yeux, autour de moi que du bruit. Mes lunettes sont perdues. Merde. Peignons myope. On danse je crois. Une vieille croute montmartienne, musette en mini-jupe. Les solitudes ricochent, pas de deux, l'oubli se ménage. Il faut bien vivre. Je suis rue Descartes, maintenant. Pour causer aux grands hommes. Chacun son tombeau. Rousseau. Il en a des choses à raconter depuis l'enfer. Maman veut savoir où je suis. Sur répondeur. Dommage, ici le parfum de l'Histoire, du bois pourri. Personne pour fouiller le creux de la nuit. Quand elle remonte sa braguette, qu'elle éjacule ses flèches argentées, personne pour voir. La nuit tien des prisonniers. Les gens passent sans les voir, les meurtris. La symétrie est la beauté des architectes. Faut croire qu'ils sont tous un peu oeuvres, bâtiments, tous parallèles à coïncider. Sourire, maquillage, jupe, jeans, pantalons. Ce doivent être des esthètes, pas moi. Je garde le cheveu fou. Ca évite de se confondre, de s'esquinter. Ca préserve un peu de toutes les renonciations commodes, de toutes les habitudes à l'échec.

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09 mai 2009

Château à la dérive.

Tu me rends héroïque de l'écriture au fond de mon lit. J'ai l'impression de fendre mille créatures merveilleuses en t'écrivant. balayer des maisons de géants étudiants, d'écraser des hydres resplendissantes. Percer des armures de métaux inconnus. Dompter des porcs qui ont dévoré des pays entiers, des porcs qui depuis l'Amérique mangent et déversent les ordures sur la carte, se repaissent de misère. J'ai tout ça dans les doigts, et ma tribune métaphore pour assaillir, pour étourdir les lettres. T'es un harcèlement sexuel et une guérilla sensorielle. Tu saurais me dire pourquoi je t'ai dans la peau. Tes pas légers. Musique sur mes os. Courent le semi-marathon de Paris près des côtes flottantes de mon anatomie. T'es libre dans la vie autant que captive dans mon imaginaire, comme toutes les femmes que j'happe. On lui permet tout à l'imaginaire, de séquestrer la beauté, la cloisonner, la pervertir, la sévicer. L'imaginaire, il a tous les droits, il ploie l'Univers, efface le code pénal, c'est la toute puissance, l'encrier de la nuit déversé sur les pages neutres de la loi. Dans l'imaginaire j'ai ôté les yeux du monde, pris un scalpel de verre pour opérer les syncrétismes, nouer deux religions, deux religieuses lesbiennes. C'est marrant dedans, on a tous les talents, on hurle debout dans un monde en papier journal, on essore le sel du hareng-sot dessus. Dans l'imaginaire on déploie tout, on déforme à l'infini la flamme qu'on fait devenir humaine "Salut, ça va, flamme" ? Et tu peux lui causer, la faire danser dans ta paume, l'articuler et la résumer, la flamme. Ca rend fou l'imaginaire, c'est une camisole d'images, de rêves, de parfums et de saveurs, c'est joli comme un théâtre d'ombres, ça fait briller des guirlandes colorées, l'imaginaire. Et même qu'on peut y être un peu heureux, neurasthéniquement heureux, dans l'imaginaire où l'on vit d'une solitude habitée et exaltée. L'oeil noir brillant, quasi-anar. On vit dans un demi-tombeau trois quart enfer. C'est qu'on cause avec des morts, qu'on parle à Rousseau de l'infini de sa plume, et de Céline on emprunte le voyage, on se range dans la cale de la nuit, dans l'ombre de Céline. Il nous voit pas, il nous voit plus. Il raconte son Histoire et on voit les gens mourir entre ses doigts. Il a tout dégluti, tous assassinés Céline, alors c'est le plus beau, alors c'est le vainqueur sur l'Univers. Il a beau être enterré, on viendra bien chialer sur la disparition. Une mort à crédit, bien humide le crédit, bien liquide pour sûr. On rembourse avec intérêts quand on chiale clairement, dessus. Ils doivent tous être satisfaits à hanter mon imaginaire. Appelle moi chateau à la dérive...

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05 mai 2009

Luit la Nuit.

Et la nuit descend sur le bruit de la ville, elle enveloppe les murmures et les cris. Elle emporte le mouvement du jour avec le soleil dont elle se rassasie. La nuit descend brumeuse sur la ville qui bruisse encore. Elle imprime le sommeil sur les visages burinés d'ennui. La nuit qui descend lentement, avec ses habits de neige, recouvre très loin la ville. Elle commence par ensevelir les toits des Eglises et glisse son ombre pour étouffer les buildings. Dans les villes la nuit est violette, pâle et malade. Elle recouvre de son obscurité délavée les tous petits et les  clochers, les mairies et les écoles. Dans la ville la nuit est blême et sage. Elle attend devant les vitrines du bruit et de la fête. Elle n'engloutit plus rien, et sa brume affamée, son corps engourdi, se penche sur les gouttières. La nuit n'a plus de royaume, que des mares d'ombre. Elle attend que la lumière s'épuise, que la danse s'essouffle. Dans la ville la nuit n'attend qu'août qui éteint le bruit, et tait la lumière. Elle attend la nuit, avec sa patience et son meurtre entre les seins. Elle attend. Et alors il n'y a plus d'écrivain, plus de nuit. Que des plumes sèches de bile, la nuit génitrice meurt en couches et rien ne sort. Que des embryons avortés. On le dira pas au pape.

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Des rêves en chrome.

Moi je fais des rêves en chrome. Des corps qui se mélangent où les fluides s'entredévorent, glissant le long de ton épiderme. Je vois des images comme ça, symbiotiques. Qui se remplissent la panse de mots et de langueurs. C'est comme la mer qui se courbe et se retire, qui disparait sur le sable et laisse la trace de sa course. Les traces de ces pas oubliés, immaculés et sonores, polyphoniques et nacrés. Une chanson, la mer qui enfle et et ride sous les bourrasques de la fièvre. Dans la mer mentale que je décris, tu vois, la solitude, fait naître des débris, des récifs, des pointus assassins qui sont comme des  bandaisons dans la chair. Le désir il coule tous les téméraires capitaines, il les pend aux figures de proue, avec les amarres enfin déliées. Tous les pontons ont brûlé du même feu, en même temps. L'incendie des désillusions.

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Les corniches sont des falaises urbaines.

Les corniches sont nos falaises urbaines. Nous tendons notre équilibre sur des fils de béton. Et les yeux des femmes sont les meurtrières de demain. Le jour aspire la nuit expirant. Le poumon de la Terre est tronçonné. La nuit est grippée, elle tremble jusqu'en Italie. Et nos bords de fenêtre désagrègent l'équilibre. Le jour est sous héroïne et les femmes sur les hommes. Le ciment a séché et tous les cœurs du monde sont prisonniers de l'écorce. Il ne reste d'humanité, que des vestiges, des sculptures, des moulages. La poésie est dans l'Océan. Pour faire des rimes marines au fond d'un requin. C'est un peu triste.

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04 mai 2009

Camer à l'esquinte.

Je veux bien sortir. Fouiller le bout de la nuit jusqu'à son intime extrémité. Maintenant, je peux l'accepter moi. D'aller retourner des tombes de bruits, et même repeindre l'obscurité au néon morne. Je peux bien tout faire. Je suis largué, c'est à dire que mes veines ont rompu leurs amarres amoureuses. Elles coulent, elles ont le droit de retourner au fin fond des largesses océanes. Ca roule en couleurs indiennes le long de mes principes. Indiennes parce que  primaires, originels. Indiennes parce que c'est le mystique, le sacré en panne qui s'en va en peine. La nature toute puissante gouttant, gouttes à gouttes, à la droite des reins. Je peux bien courir  ma solitude sur des seuils éclairés moi nager dans la cendre qu'offre l'obscurité glissante. Il y a cette brume de lumière qui s'échappe de dessous les portes, un, deux, mille rais de lumière sur le palier qui m'attendent. Moirée, réflechie. Allez, vas-y donc, qu'on se came à l'esquinte.

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