29 novembre 2007

Pour une reine de feu.

Ses yeux qui se balancent dans le vide, tels une balançoire sur laquelle les enfants ne rient plus et où je rêve de m'étendre. Ses yeux dans lesquels se lit mon destin. Qui s'avance. Que bientôt je pourrai entrevoir. Perdu dans l'océan de quiétude qu'ils m'offrent, je reste là, sur ces trottoirs trop foulés. Avant de plonger, ou plutôt de sauter, pour laisser couler nos douces craintes et qu'enfin jaillissent la profusion de nos sentiments, la chaude farandole de nos mouvements timides imités des heures entières. Viens me rejoindre. Viens que je t'emmène nous balader, viens. On mourra de rire, on se jettera dans nos discussions insensées desquelles nous seuls avons le secret. On se percera nos secrets, on se laissera aller dans nos illusions, on se laissera bercer par la fraîcheur de la nuit tombante. On oubliera les autres, un peu. Pour une fois.
Tu courras dans l'immensité de cette pleine noire de notre absence, de nos folies, de nos cris. La bouteille de nos vies nous saoulera de nos rires assassins qui tuera nos plus vieux démons, nos plus vieux doutes et on laissera éclore le coquelicot de l'amour qui se présentera à nous. Un coquelicot au milieu de ce champ de blé. Un coquelicot au milieu des larmes...

.
.... La vague d'espoir semble lutter contre le rocher de nos douleurs passées. Erosion. Et les cailloux s'enfuient, attirés par les profondeurs de l'abîme. Qu'ils s'entrechoquent lorsqu'ils auront touché le fond. En attente. J'ai pris mon ticket, je peux être tranquille, mon tour viendra. Tu le compostes, dis ? Toi contrôleur de mon avenir ? Que le train nous berce, ta tête dodelinante, anéantie sur mon épaule. La file diminue et s'accélère. Farandole illuminée, tes yeux derrière le comptoir, comme une promesse d'un rêve oublié. Que flotte le drapeau de ton amour brûlant sur la peau, qu'il m'éblouit, qu'il m'oublie. Qu'il claque comme nos corps exultants. Je ne me lasserai pas de me baigner dans tes cris indécents et tes mots entendus. Laisse moi vivre dans tes sourires, juste entre les deux lèvres, juste là. Maladresse d'un facteur, je transporte mes mots d'amour sur une bicyclette crevée, qui transperce les idéaux et qui a oublié de te poster mes mots. Les entends-tu ? Sans crier gare, tu les égares. Dans tes poches se trouvent des cailloux que tu jettes dans cette rivière insolente, rivière scintillante aux milles joyaux dont le plus beau est ton reflet, troublé par le courant qui la traverse...Toi l'ondée...Toi beauté.


Moi qui t'aime. Encore. J'aimerais te chanter des mots, des mots doux comme l'air du temps. Mais je chante faux d'aimer trop vrai.

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28 novembre 2007

Toi.

Mes appels à l'aide meurent en silence. Dans le silence des mouvements de foule, des "je t'aime" souillés qu'ils balancent par paquets entiers, au rythme des caisses enregistreuses "Cling-Cling". Une caisse dont j'écoute l'écho dappel à l'aide s'endormir dans des je t'aime sans couleur. Ils se disent je t'aime pour combler le silence, pour faire du vide avec du vide, et couvrir d'un voile vacarmeux le malaise de leurs hypocrisies. Mes appels à l'aide meurent dans tes bras. . Je ne veux pas d'eux, ni de leur malheur maquillé à la bombe lacrymogène, des impostures déguisées en vérités. Je ne veux que ta bouche saccageuse qui écume ma douleur de phrases trop jolies. Détruisons les murs de leurs phrases automatiques, passées en boucles et amères et creuses, et atroces. . Ils ont dans la voie des abeilles ou bien des parasites, ou bien les deux, des claviers dans les mots, qui tonnent, avec des correcteurs orthographiques pour ne pas laisser l'émotion trop déborder, pour tuer le silence seigneur dédaigneux avare de promesses. Je veux faire taire le bourdonnement de leurs voix pour ne plus qu'écouter nos coeurs à l'unisson qui meurent dans des éclats, qui sont des champs de mines et de larmes, et de rires, et de joies, et de peines, et de cieux. Le mutisme enfiévré les tuerait quand il nous fend de sourires gênés et maladroits, d'envies soudaines de tes bras nus, de tes bleus... . j'ai peur du loup qui habite ma nuit, mon amour, du loup qui a pris mon corps entre ses dents, pour me trainer au dessus du sable mouvant de ton absence, de toi fuyante, et qui me force à me débattre, moi je m'enfonce...Et les cordes que tu me lances m'étranglent, et les cordes jouent mon requiem mon amour...Bénies soient nos larmes... Il y a lnuit depuis toujours, la nuit depuis l'enfance, te souviens-tu de la sorcière qu'on voulait qu'elle gagne contre leurs lances acérées ? Du méchant, ou du gentil un peu trop violent, du héros qui plante le coeur de son ami et qui se marre en éclat en écrivant "FIN" en lettres écarlates ? . Je longe les marges et je brouille les lignes, j'écris les parenthèses fanées et les yeux reposés. Les yeux endoloris de cauchemars. La noirceur dans le sang. Parce que toi, toi seule m'éclaire. La réalité est corrompue, rejoins mon imaginaire, prends le tapis volant, qu'on écarte leurs jambes pour violer les pays lointains de nos profonds souvenirs. . Ton rire brisé est un puzzle que je m'efforce de rebâtir, le long de mes bras minces. IL chute toujours contre les visages tordus, et lézarde mon coeur agonie dansante. Joignons nos solitudes éveillées et jouissons pour toujours mon amour. Qu'on les tue un peu plus que nous. Qu'on s'envoie en l'air. De toi je veux le corps, de toi je veux l'âme, de moi on fera des confettis. .

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27 novembre 2007

interlude politique

Cette France qui manifeste pour préserver ses acquis surannés mais qui bafoue le plus précieux : sa langue.

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Marion.

Laarg pour mon agonie aux soupirs brefs, Laarg parce que je suis « humain trop humain », et que nous, notre sang, vif, joyeux, coule noir dans nos veines pleines, à travers nos coeurs avides. Toi mon temple, ma rue, je détruis les idoles...

Parce que, j'ai un volcan dans la poitrine, un volcan qui explose, qui éructe. Laarg, promis, juré, craché. Vomi. Navré mon amour, mais j'enterrine notre passion dans nos souillures, au milieu de nos lambeaux et des miettes qu'on disperse aux vents. Nous sommes cette flamme qui se courbe et qui brûle, nous sommes ces bâtons d'encens à l'odeur ennivrante, qui vulnérabilise tout l'ensemble autour, j'en deviens à peinei poreux que déjà tu es en moi, déjà. Seulement ? Fais moi un peu plus mal que je te fasse tournoyer dans les ciels clairs, que je te griffe les cils. Ah ta bouche, ma bouche, viens que je te cisèle du bout des dents.
Promis, juré, craché. Vomi. Mon amour dans ma souillure, dans le dégueulis du ressentiment, du trop plein, de l'excès aigre-doux qu'on a dans les entrailles. Mes salutations oiseau blessé. Mes salutations colombe écrasée. Mes salutations amour retrouvé.
Nous boitons, nous claudiquons. Pour mieux marquer la route sans jamais revenir en arrière. Deux pas en avant, trois en arrière ? Oui mais juste pour l'élan, pour sauter plus loin, pour atteindre en un coup tes bras affamés. Oh, lls ne le sont pas ? Tu n'as pas les paumes moites de trop d'envie contenue, de trop de pressions qui craquent, qui geint dans les articulations ? Je crée le Big-Bang dans la poitrine. Tu imagines, de la vie, là, un univers nouveau, un coeur qui troue noir ! Explosion. Aspiration. Ce n'est qu'à toi que j'aspire. J'étouffe. Ma seule ambition. Tu me fais trébucher. Ablution. Laisse, laisse tes bras ballants pour y faire deux marques sur les poignets. Des poignets d'amour...
Oh, mon amour, je me joue des mises en joue, et ta joue, un baiser funeste.

T'es belle comme une statue, t'es belle comme une statue de porcelaine. Mais fais attention, c'est fragile la porcelaine,même maquillée, et je te pousse. Et je me détruirai à t'aimer, à confondre toujours la rue avec ma chambre en y dessinnant ton regard. "Marion is watching you". Si tu savais comme c'est bon.

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24 novembre 2007

Fais moi mal que je te tue.

J'avais refermé la porte sur mes doigts en hurlant en silence. Anéanti par le grincement des gonds lourds. Il me fallait les mains bleues, comme tes yeux. La douleur dans les doigts violacés, du mal congestionné pour l'absence de toi au bout des membres froids. Pour oublier. Oublier les paradis blancs, des montagenes de paradis blanc large comme l'océan. Là où je te noie. Ce n'est pas que je ne sache pas nager. Non, mais lestés des amours impossibles. Des amours labyrinthiques. Puis les mains moites, puis les doigts gelés. Puis le coeur anesthésié. Puis la morphine. Des barbelés, des barbelés sortis de terre, des champs entiers de grillages rouges dans le ciel.

On s'écorche. On prolonge. Tu me tresses une couronne metallique pour me faire roi d'épineux... problèmes. Tu baignes mes lèvres au profond du calice de mes larmes, de l'eau croupie de la tristesse, pour que le chagrin me tue. Mais il me tuait déjà. Si tu savais. L'absence étendue, l'absence en baie infinie, en baie empoisonnée, l'absence, l'absence qui jure de sa présence, qui appelle, qui murmure, qui se manifeste. Promis. Elle hurle dans les rues, aux cris stridents de revendications mortes. Pour mon âme morne, je rabroue les souvenirs, et je balaie les cendres de ma flamme.

Tu es le poison noir de mes artères. Funeste amour. Damnation.

On voulait sauter et l'on croyait voler. On défiait la vie et on se prenait la mort dans les dents. Et la gravité, la gravité, en plein dans la mâchoire.


Fais moi mal que je te tue.

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21 novembre 2007

Je t'(e) (h)ai(s)

Puisque je dois mourir, que ce soit de votre main qui luit devant moi depuis peu de temps, marguerite blessante.
Votre main, vous ne saviez pas a quel geste j'allais la convier. Non pour l'amour, ô ma parfaite boucherie gantée, magnolia menteur, tremblante pureté pourrie. Votre main pour mon meurtre, votre main dans mon coeur, au fond du sac de serpents brulés.
Ne guette pas mon approche, le bruit sableux de mes pas, il n'y a que blessures dans l'ortie de mes mains, rose assassine et délurée.
Désole toi si tu croyais que j'allais aider l'incendie. Ne lave pas de si pres la lave de ton corps, ne parfume pas ton âme de mensonges, le souffle de tes lèvres n'est pour moi que l'étal tiède d'un boucher. Je n'ai pas faim. j'aime les yeux légers, les mains légères, les doux poignards, et les lilas sous l'averse ou la rosée, mais tu es toxique, orchidée, avec ou sans rosée.

3h01.

Je t'aime en lettres de sang. En lettres qui disent je souffre. Je brûle.ke veux. En lettres d'or. En lettre d'eau saline. Tu. Me. Tues.

5h21

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19 octobre 2007

Marche et crève.

Il marche. Un peu. Jusqu'aux réverbères un peu usés. Jusqu'à croiser les amants d'un soir ou d'une vie. Le regard compatissant, le grincement des dents articulant :

  • Vous trichez sans espoir...

L'amour porte une estampille : « mensonge collectif ». Précisément, un rêve terne baignant dans une cuve brassant milles couleurs artificielles. Brillantes au soleil, avant de se délaver dans le tambour des disputes et des vérités brisées. Parce qu'en amour, les certitudes sont marchandes de solitude, l'on s'invente des doutes. Ils se nouent à en étrangler la relation bancale. La séduction est une danse de canards boiteux. Un bal masqué. Une mascarade comme on les appelait jadis. Comme j'appelle l'amour aujourd'hui. L'amour s'objectivise. Il y a un idéal type, une feuille à critères, aux cases vierges. A chaque rencontre l'on coche. S'il dépasse la moyenne, l'aventure est tentée.  Avec retenue, toujours, sans jamais écouter son coeur puisqu'il ressemble à des viscères éventrées. Sinon, l'on jette. L'illusion amoureuse est vouée à l'échec. L'autre, celui qui viole la bulle trop perméable a souvent louché sur la feuille d'idéal-type négligemment abandonné aux regards charognards. En étant vrai, la séduction est accidentelle. Elle permet d'espérer un bout de chemin à deux, d'offrir surtout un flot intarissable de réconfort. Qui coulerait comme une larme le long de la relation. Sans plus craindre l'avenir, sans non plus en bâtir un radieux et rayonnant sur lequel la plupart des couples s'immolent, incapables de survivre aux incendies de la passion. Incapables d'aimer autre chose qu'un statut, qu'une vague impression cueillie sur la bouche de l'autre. En public toujours. En privé les ébats ressemblent à des déjà-vus, des redites de redites. Un mauvais film amateur qui prétend utiliser les ficelles de leurs idoles porn star. Les femmes, la plupart de celles fidèles, ont la sexualité d'une rombière. Elles font jouir leur mari entre leurs cuisses avant de les abandonner au sommeil. Sans avoir joui. Ce sont des étreintes flashs qui n'aveuglent pas de violence soudaine. Brassens était un théoricien. Les hommes sont les praticiens. « 95 fois sur cent la femme s'emmerde en baisant ».

La séduction est une danse, et sur la piste seuls les handicapés moteur se trémoussent.

Quelle tristesse, de voir la grâce assassinée sur chaque pas. La légéreté se tient dans les pointes qui abiment le pied, pas dans des mouvements ankylosés. L'infini ainsi donnée en pâture à des cadavres accrochés aux déambulateurs que sont les marques. Ils ont besoin d'elles pour exister, ils existent à travers elles. Les marques, celles qu'on porte sur les vêtements aussi bien que celles, stigmates d'insomnies et de mal-être - souhaités et enfin exaucés- sont devenus l'intermédiaire de toute relation sociale. Le groupe s'intègre non pour sa valeur intrinsèque, moins pour la source qu'il pourrait être à l'accomplissement personnel que comme un vulgaire outil de valorisation individuelle. Le groupe est cette identité abstraite où les visages ne se ressemblent pas, contrairement aux masques. Ce sont eux qui déterminent l'apparrence et qui au final font les cases étroites dans lesquelles l'on s'empresse d'ordonner l'humanité. Incapables de voir que la même est multipliée à l'infini. Avec sa géométrie variant selon le lieu de naissance et surtout le portefeuille des parents. Tu traquais l'originalité ? Tu n'es que le fils taré du système. Son digne héritier, et tu dois savoir par toi même combien ce rôle est indigne d'un humain, combien tu courbes l'échine et pourquoi ton psyché où tu aimais tant te mirer est dès alors recouvert d'un voile pudique. Tu ne supportes plus ton obscénité. Tu ne te supportes plus.

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30 septembre 2007

Frigide.

Ne cherche plus dans la mystique des viscères éventrées de veaux blancs la cause de ta funeste frigidité. Le vol des vautours, et les danses végétales n'ont pas de vertus curatives. Ton coeur froid planté entre tes cuisses est le coupable idéal. Froid comme une neige d'hiver. La glace amère ne réflechit pas tes yeux morts. Les cadavres dansent et tu cherches ta vaine existence dans le désir tiède des bas-ventres frileux.
Petit enfer de givre, tu rêvais d'incendie et de braises au fond des yeux de jade.

Ta langue pendue sans extase au profond des palais de luxure. Tes lignes électriques bien droites, bien blanches. Ont le blanc des drapeaux. Ceux de l'abdication. Tu crois le givre fondu sous la sueur animale. Lèche, tu n'es pas flamme. A peine femme.

Funambule lestée de potions magiques et d'amulettes tu trébuches sur le baluchon oublié. Celui des souvenirs perdus. Des douleurs endormis. Le volcan a vomi ta morale délicieuse sans grumeaux. Promis, juré, craché. Vomi. Pour souiller les promesses sans croiser les doigts. Juste les cheveux au vent.

Ne cherche plus dans la mystique des viscères éventrées de veaux blancs la cause de ta funeste frigidité. Le vol des vautours, et les danses végétales n'ont pas de vertus curatives. Ton coeur froid planté entre tes cuisses est le coupable idéal. Froid comme une neige d'hiver. La glace amère ne réflechit pas tes yeux morts. Les cadavres dansent et tu cherches ta vaine existence dans le désir tiède des bas-ventres frileux.
Petit enfer de givre, tu rêvais d'incendie et de braises au fond des yeux de jade.

Ta langue pendue sans extase au profond des palais de luxure. Tes lignes électriques bien droites, bien blanches. Ont le blanc des drapeaux. Ceux de l'abdication. Tu crois le givre fondu sous la sueur animale. Lèche, tu n'es pas flamme. A peine femme.

Funambule lestée de potions magiques et d'amulettes tu trébuches sur le baluchon oublié. Celui des souvenirs perdus. Des douleurs endormis. Le volcan a vomi ta morale délicieuse sans grumeaux. Promis, juré, craché. Vomi. Pour souiller les promesses sans croiser les doigts. Juste les cheveux au vent.

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29 septembre 2007

Première page de mon roman

——Bip Bip Bip. Dans les chambres d’hôpital, ce bruit monocorde berce les oreilles fatiguées. Il est là, clair, net, clinique. Clinique, on ne pouvait trouver plus juste, parce que le son est dépouillé de tout coeur, de toute intensité. Vide, tellement vide qu'on l'imagine macérer dans le formol qui attend les futurs dépouilles.

Pourtant, il est le seul frémissement, la seule hésitation de la nuit hors les pas des infirmières pressées de se rasseoir pour lire. L’une d’elle là, essuie le gras de son beignet sur sa blouse rayée rose, et feuillette un magasine. La couverture ressemble à un arc-en-ciel et contraste d'avec la sobriété du lieu, avec les murs blancs allongés à l'infini faisant croire un asile.

Elle tient fermement le bout de papier de sa main droite. Pour alimenter ses potins, tandis que la main gauche dans le plus pur mouvement onaniste alimente son estomac. Le papier jure qu'il livrera ses « révélations ». Il ne s’agit pas d'une incantation divinatoire pour expier le mal des âmes meurtries ou de livrer enfin le moyen prophétique d'anesthésier toute douleur sans piqûre, sans étourdir le corps et lui laisser les stigmates des insomnies sous les paupières.

 

Non la révélation traite de quelques jambes qui se mêlèrent l’espace d’une nuit, s’heurtèrent à craquer le plafond voisin. Deux corps esquintés, pour des esprits pareillement tourmentés. Guère plus, au final, que des chairs à mâcher, qui s’enfilent les unes aux autres comme une bague au doigt d'une mariée trop frivole. Avec le même romantisme feint, la même fougue de rompre. Rompre la monotonie d'un côté, Se rompre le cou de l'autre. Détacher la liberté du piquet auquelle elle est amarrée. Un oeil exercé a d'ailleurs remarqué que les alliances de nos deux corps emboités dissonnent. L'infirmière aussi, ce qui lui arrache un « T. ne va pas le croire ». Pénible syllabisation de son aérocéphalie.

Bip-Bip. Le cardiogramme n’arrête pas. Le son se propage dans l’air. Il ne claque pas. Il se dépose. S’étend, gluant comme les heures passées dans cette chambre trop exiguë à espérer le réveil improbable. A parler des heures à des yeux clos, caresser ses mèches tombantes et laisser glisser quelques gouttes de coca-cola sur les lèvres meurtries. Espérant le frémissement, le choc émotionnel qui affranchiraient de l'absence continue. Du manque informulé parce que ce manque est allongé, avec la béatitude du mort. Dans un ailleurs qu'on ignore. Peut-être l'âme s'échappe t-elle des prisons de chair et scrute les alentours, et hurle qu'elle est là, hurle pour prendre rendez vous avec les vivants. L'âme ignore que le plupart de celles de ses contemporains sont déjà vendues à l'ambition et aux carrières. L'écho est absent. Les vitres ne tremblent même pas à l'idée d'une âme, d'un fantôme, à rebours de toutes les conceptions spectrales prophétisant des explosions de vitre et des retours de flamme. Preuve que les croyances sont toujours erronées.

Le parc qui jouxte l'hôpital en est sa prolongation. Le toit en moins. Il ne faudrait pas faire croire aux convalescents qu'ils sont en vie, qu'ils sont saufs. L'avenir n'appartiendra que trop rarement à ceux sous chimio. On les laisse, alors, avec la douce torpeur d'une fontaine qui pisse 3 goutelettes insultant le flot du Manneken-Pis de Bruxelles. Pour l'illusion de la vie, sûrement. La sensation d'un monde au ralenti dans lequel ils évoluent à leurs rythmes respectifs. Rythmes de brebis se dirigeant droit vers l'abattoir. Le meurtre a un autre nom « infection nocosymale ». Moins glamour que l'euthanasie.

La nuit, quand la météo est un peu plus capricieuse et que les gardiens ne font pas rouler leurs yeux ronds et vide sur le ciel, le vent chantonne et fait tournoyer la poussière, bouscule les branches des arbres trop fragiles. Qui dansent, dansent narguant les téméraires sous dyalise qui bravent l'extinction des feux. De toutes façons, le leur de feu est déjà éteint. La vie aussi. Peut-être. Ou les flammes sont froides.

Un peu plus loin, les réverbères crépitent, leur sève électrique consume la lampe, et quelques amoureux transis, trop ivres pour rentrer à pied et les poches trop étroites pour héler un taxi s’accrochent et s’enchaînent. Se font prisonniers consentant à la lueur des étoiles essouflées. Les bouches s’emmêlent comme les balbutiements de l'enfant qui goûte ses premiers mots, les mains furètent, touchent, aiment. Le son qui monte de la gorge, ne dérangera pas. Il y a de la vie, ici. Derrière les grilles de l'hôpital, qui se rythme aux pénibles « Bip Bip » de la nuit installée. La sagesse populaire a du bon. « Le calme précède la tempête ». La fureur du devenir s'élève de l'être abattu. La flamme se substitue à la bile noire, et...

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14 septembre 2007

A toi.

Comment tu sors toi de sous un ciel barbelé sans te couper le corps ? Moi je n'y arrive pas tu sais, moi je reste crucifié là haut, prostré comme une bête qui attend le coup de hâche.

Ne viens pas, je n'avais pas de bec et ils m'ont cloué là. Etendu en haut je dois ressembler à un ange vu d'en bas. Rassure toi, ils ne voient pas mes cornes. Tu me décrocheras dis, l'âme en lambeaux se suffisait sans qu'on vienne mutiler le corps. Tu penses qu'en bas la pluie brassera le sang pour des méandres rougeoyants ? Que je ne meure pas trop loin de notre mère la terre. Avec une échelle qui coule des poignets. Rouge, parce que tu aimes le rouge ou parce que l'étoile sur mon poignet est rouge-noire ?


Tu sais, j'ai peur de mourir seul. Que la chape de plomb étouffe mes cris. Comment je te parle moi depuis l'enfer ? Et puis tu verrais mon âme flotter devant toi pour te garder des dragons et des sortilèges ? Et quand tu regarderas le ciel, et qu'une étoile brillera plus forte que les autres, tu croiras quoi, toi ? Que l'étoile du berger a accouché d'un mouton ? Si une étoile brille, ce seront mes dents serrés, mon teint écarlate juste que tu te souviennes de moi, un peu. Tu perdras tes doigts -Oh pas pour toujours, juste le temps de m'envoyer des dessins- dans le ciel pour les arabesques de ton coeur ? Et ils coureront sur le piano pour se rappeler un peu de moi. Les morts ont besoin d'offrande. De la mémoire surtout, des morceaux entiers de mémoire et pas de fleurs. Je ne sais pas si mon allergie survivra.

J'ai peur du noir. J'ai peur loin de toi. Avant que je m'en aille on dira que le crépuscule est vert d'accord ? Je ne te donnerai pas la clef et tu cabosseras ma tête pour voir les cercueils et les déambulations du petit bonhomme qui se presse dedans ? Il te donnera la gouache verte et pour le bleu on fouillera tes yeux. Juste un peu. Ils sont si beaux que le ciel en veut un peu. Pour se maquiller quand il est trop gris, et prendre rendez vous avec le soleil. Ou se baigner. Je n'ai pas bien compris.

Ils sont amants, je crois. C'est ma soeur qui l'a dit. Haute comme mon pouce et qui fait déjà des promesses pour la vie qui dure toujours. Elle a des étoiles dans les yeux, mais moins que moi quand je te sais près de moi.

Il y a un petit univers, avec ses forces, ses pressions, ses attirances et ses répulsions dans mes doigts. Tout en lecture rapide. Alors il y a des cataclysmes, des soubresauts. Je n'hoquète pas de mes cadavres, ou pas encore. Les étoiles implosent, explosent, la matière se , se brouille, s'assemble. Et puis de nouveau. Mon univers danse. Je demanderai aux physiciens d'étudier mon trou noir. Ne rougis pas voyons, rien d'uraniste, je parle du trouble qui m'agite, qui fait rôter mon coeur.

Personne ne crochète le grillage. C'est un peu pénible, d'être suspendu dans le vide sans personne pour payer l'apéro. Tu as beau héler, personne ne te répond. Les nuages filent, ils sont pressés. Ils discutent de la pluie et du beau temps. De la pluie surtout. Ca les aide à supporter leurs journées chargées de tristesse. Ils ont pleuré tout à l'heure. Un peu à l'écart des autres, un peu comme une répétition générale avant l'orage. Je crois que c'était un peu pour eux, un peu parce qu'ils se sentent enola gay de noyer des enfants sous leurs little boy.

De là haut la vie n'est pas différente. De là haut, on ne voit que tes yeux.

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