05 décembre 2013

C'est joli

c'est joli tout ce que j'ai mis ici, la poésie pour de faux, cette sorte de chant en toc mais qui quand même brille lorsque la lumière d'été s'y force

C'est joli je ne croyais pas à ce point, ouvrir la bouche et laisser voir pareils éclairs tachés de roux

 

J'ai besoin du public pour écrire un corps de femme muet même une sorte de scène un visage et ma foi même des jambes enfin quelque part ah chasse de ta tête cette pensée idiote non je ne suis pas seul mais qui supporte le cri il y a déjà tant de métros et de pluie déjà tant de verres brisés

j'ai besoin de vos corps muets vivants de vos corps incertains sous tous les fards toutes les glaces (vernis mensonges alcool) j'ai besoin de vous réunir en moi, de vous accumuler comme le noir dans le ciel quand il faut faire la nuit

 

mais on ne peut pas comprendre cette parole là

elle brûle pour rire et gémit pour la même chose le temps c'est long on se retrouve ici pour fuir l'habitude (c'est le nom de la bouche des fiancées) les regards toujours les mêmes et c'est comme si la vie fuyait de toutes les choses

la vie avec sa plaie de crucifiée les paumes trouées les larmes et la lèvre sèche la vie et des rides au coin des yeux

j'aime écrire ici je m'y sens à l'abri de la pluie sous de grands arbres mâle dans une forêt pleine de loups

je me sens retiré du monde et sa fausse furie sa bouche cramoisie ah il croit par le feu mais c'est un mauvais vin, un bourgogne mélangé à de la cendre

 

je reviendrai non pas pour toi mais tu l'as compris depuis le temps

je reviendrai trouver la voix qui est la mienne ici qui ne ressemble pas à ma voix réelle

au tonitruement de mes mains sur un corps

le craquement dans la gorge

la scène qui cède je crois 

et le ticket de métro composté

ou bien non le portillon sauté

la fraude

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14 novembre 2013

Description

Une chanson passée un air démodé
Un baiser le soir doux comme le soleil à l'aube
La voix du promeneur et le rire de l'amante
Ah je suis beaucoup en même temps cette sorte de clair obscur qu'on appelle du nom étrange d'éclipse pour dire que c'est à la fois le jour et la nuit
La peur et la joie
Je suis comme ça un grand rire peint avec les mains
J'aimerais vous dire le crépitement du jour en moi chaque fois que je reve et vous dire mieux encore la buée des baisers sur la peau
J'aimerais vous le dire un matin quand le café fumera dans la tasse et le ciel n'aura pas encore découvert tous ses secrets.
J'aimerais.

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07 novembre 2013

L'âge

J'ai l'âge sorti des dés

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05 novembre 2013

Ta mère la pute

Je ne serai jamais comme il faut

aux ongles sans ombres

les gestes sans angles

jamais je ne serai

purgé du sauvage en moi

l’être impur de pensées de fièvre

et d’hiver

le sauvage en moi retenu par les barreaux des cils

la cage du sommeil

le rebelle en moi au parfum d’incendie

de sang de poudre et de meurtre

le rebelle aux pas de ciel

(sans bruit il marche dans la mousse

comme une pluie pure tombant sur le monde 

le monde épais, dur

sans bruit encore

évaporé, presque

comme un amour qui s’achève dans

le rêve

comme la soif désaltérée 

par l'eau du miroir)

Le sauvage sous les cils

le sauvage luttant contre le froid de la paupière

(la paupière dure comme du marbre précieux)

c'est l'oeil

l'oeil amoureux

l'oeil pareil à une rangée de loups

(et de louveteaux)

 

Mes doigts approcheront, vous prendront glacés

Vous peindront, reflets de rages

sortilèges malades

parfum au matin de toute la nuit gâchée

par des mains des paumes des grincements de nerfs

Je ne serai pas comme il faut, avec des pas droits et une voix sans

l’hésitation des je t’aime, du vertige, et des falaises coincées dans la gorge

comme d’immenses hurlements au bord de la mer

je serai moi aiguisé comme un soleil moi et mon ciel brûlé moi d'incendie moi jusqu'au bout quand la nuit déliera ses cheveux d'enfant muet

quand tombera sur le monde un cauchemar 

quand

tout autour de nous paraitra la forêt brûlée

le monde en miettes les ruines et sans faire exprès un baiser

 

J’irai parcourir les déserts intenses

le peuple des fièvres

et des images mystérieuses

j’irai par-delà l’hallucination

ô gémir s’il faut et pleurer encore

creuser le désert des chagrins

et des joies

des mordillements de lèvres 

(c’est du sang coulé de ces plaies là qu’un jour naquît le soleil)

j’irai jusqu’à buter sur la première ville et à la rencontre de la première foule

hurler la rage la haine envahir de sable de cendre toutes les habitudes

répandre sur le monde usé le feu passé

 

j'irai où l'on me ressemble

les sens interdits

les sorties de secours

les soleils navrés

l'amour en chantier

j’irai

traverser la plaine épaisse de brume

l’haleine des filles belles comme des

draps froissés

J’irai où le jour brille brûle

Où le jour sera un portrait de femme

la lumière reflétée sur des dents tremblantes

où les lèvres disent peut être et je t’aime dans la même secousse

si le jour n’est pas spasme

un bégaiement

une sorte de rôle oublié

si le jour n’est pas une galerie 

effondrée

un monstre lumineux et fier

un éclair troué cent fois par les ongles

alors le jour n’est pas

 

il faut le monde hors de lui avec un visage de damné

fou peint au plomb si tu veux peint peint des sévices des joies de tout l’infini mis en rage

 

Viens me voir quand c'est en même temps midi minuit les heures d'éclipse les prunelles brûlées ah l'amour ou l'une de ses métamorphoses mais au matin dis s'il te plaît "enfin la vie"

 

AH

REGARDEZ

(c'est un montreur de lions qui avance dans une cage un langage sauvage, un barbare au nez peint, une sorte d'Attila imberbe)

REGARDEZ

comme "aimer" est beau aujourd'hui, ensanglanté, massacré

Ah l'amour on l'a échangé contre l'adjectif

le mot doux du plaisir et sa soeur aux jambes nues

l'extase

l'extase et le plaisir 

et la nuit et les gémissements des filles

oh la cendre d'aimer

l'écume

le rien d'aimer

VOILA CE QUI RESTE MAIS ON DIRAIT QUE JE FAIS DE LA MORALE CHANGEONS DEJA DE VISAGE DE VOIX DE CORPS CHANGEONS DE SCENE ET LES YEUX CHANGES DES FILLES COMME SI C ETAIT DEJA DEMAIN

Changeons oui voulez vous

de portrait

de salles 

de classe

de musées

changeons entrons dans les dédales neufs, les premières fois

dans le reste du monde

 

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lalala

Je ne renierai pas
le soleil en moi

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15 octobre 2013

Un poème nul

Vous dites :
"Je veux l'infini les grandes images les vertiges les abîmes"
Et vous aplatissez de vos paumes dures l'idée même des rimes
vous vous contentez du trois fois rien imité
une pièce de musée rapportée
une étoile ratée
Vous dites 
et vos gestes à contre-courant de votre parole
vous mènent en ces endroits du monde
vastes comme des déserts épuisés
vous mènent à ce point insensible du ciel
et c'est toujours l'hiver
la glace, la boue mêlée
tout un pays de mensonges

Je dis

soyons capricieux
renversons toutes les choses humaines
Les concepts les phrases les figures

sur la table de vivre :

(une cigarette neuve
la fumée intacte
les assiettes vides
les couverts propres
l'absence)


Soyez malades de cette drôle de maladie des chiens, des loups et du soleil
attrapez la rage mentale
du coeur
des mains
du baiser
et tremblez toujours comme si c'était le premier jour
une naissance l'interminable courroux
d'exister enfin

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30 septembre 2013

Tes doigts dans les songes

Il me souvient

Tes doigts dans les songes

La peau douce
Etrangement parfumée

Tu sentais

Le rêve

Le pin brûlé

Ou bien

Toi-même, l’amour

(l’odeur de l’herbe blessée par

l’été affamé)

Tu sentais

Cette odeur perdue
Qui n’est pas l’odeur

Des lundis

Ni le son 

Métallique

Du dimanche

Ou les ongles 

Cassés

vernis

 

Il me souvient

Tes cheveux renversés,

immobiles

Dans le songe

Etait-ce alentour de toi (partout

autour)

L’eau d’une noyade (?)

La mer d’Avril

La sueur transparente

Des amants (beaucoup)

Ma main captive 

Des algues

 

 

Mes doigts au réveil

Remuant

Douloureux

Sur ta peau bru-

nie (saveur réglisse

La nuit)

Ta peau

Bru-

lée

(tendrement)

Par les baisers

Le soleil chaud humide

Dans la bouche

Le miroitement

Des dents

Les cent-douze blessures

De l’amour 

Mais nulle part le couteau

De l’amour

Le sexe honteux

La peau tue

Le café froid

Les apparences

De la mort

Cousin

Au cinquantième

degré

 

Tu dors encore, longtemps après moi

Tu bouges dans le lit en murmurant «pitié»

Toute la nuit l’horreur oubliée te remonte

Comme de la vase

De l’eau croupie

Le marécage de ton âme /

 

Refermées tes paupières sont bleues 

Et belles

Comme la nuit trempée

Humide 

De rosée

Tu as l’une des treize couleurs

Du sommeil

Quand tu dors

Mais que je ne dors plus

L’urine de la nuit empèse ton murmure

Elle vient sur tes lèvres dans un mouvement

De chatte

Et tu es tout son territoire

Gouttière

Chaton

Fauteuil

Tu es

Le peu importe

de mes poèmes 

 

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27 septembre 2013

Le vent, le vent sauvage

Il est très difficile d'écrire sous ce ciel changeant, cette lumière pleine de caprice (une lumière féminine, un regard tremblant de fillette) où rien, jamais -un peu comme le pouls de ta poitrine- n'est définitivement à sa place. Tout remue, et le soleil est un coeur humain, agoni, si pareil au tien qu'on me surprend déjà à lui murmurer les paroles infâmes et toute ma force
J'aime les choses fragiles
Les baisers imperceptibles
Déjà effrités 
Comme les pierres sèches
Antiques
Qu'on retrouve dans quelques légendes
Celles là même lues dans tes paumes
Alors s'ouvrait un abîme chantant
Une faille gigantesque où des oiseaux sensibles
(d'ombre, de peur, de rire)
Hurlaient une musique inhumaine
Cela commençait je crois
Par des mots de fête
Et des verres d'alcool
semblables
au geste à l'instant
fait
Des portes s'ouvrent
Toujours les mêmes
Sur l'absence
Le sommeil
L'angoisse
Après tout...
J'aimerais dire 
J'aimerais te dire 
Mais sitôt écrites, c'est à dire sitôt arrachées au songe
Au terreau humide des images
les choses
paraissent fleurs fanées
Porcelaines débrisées
Monde en miettes
Et je dois en hâte
plonger
dans la terre primordiale
dans le feu étrange où tout renait
jungles de sang
lianes des voix
(les vertèbres de ton dos
pareilles
aux dents du couteau
déchirent le coeur)
J'aime l'idée d'approcher de toi, par le langage, de t'attraper par des mots étroits, maillés finement, brillants, coupants
et fragiles comme
Des dents d'enfant.
Te prendre au piège sensible
Toi
Doux refrain
Filant dans la mémoire
Et tu cherches à te faire oublier
A n'être qu'un air sur les lèvres
Des paroles à moitié sues
pour les jours de panique
humide
pour les jours
de noyade
d'océans 
de ravages
et la flamme 
la
première flamme
te passe sur le front
te brûle comme une bougie
Tes yeux alors
prennent la couleur
des plantes étranges
tropicales
ont cette couleur
amoureuses 
dans l'incendie
Tu me manques de cette drôle de façon
familière de mes matinées
Tu me manques comme ces mains inventées
Tendres, douces
Captives douloureuses de mes rêve
effacée par le réveil assourdissant
Comme si la rosée tendrement
Broyait leurs os
 d'encre
Je pense à toi
A ta bouche mutine
et ton regard à la fois,
je ne sais comment tu fais ça
le ciel et l'enfer en même temps
ton regard fier et inquiet
et c'est comme si alors on devinait dans tes yeux
Le monde, le monde infini
des gestes recommencés toujours par les mêmes gens
et les phares des métros
et le bruit de la ville
comme si le monde infini
était pour toi en même temps
mort et naissance
mers et périls
tendre douleur
et 
joies furieuses
Je pense à toi 
à mes doigts tremblants autour de toi
et je ne parle pas encore
je ne parlerai plus même
de ta peau mortelle
de ton dos de ton ventre
de tes seins
je ne parlerai plus de tes baisers
et du désordre de tes cheveux
et quand j'écris mes doigts tremblants autour de toi
c'est autour
de ton coeur nu
déshabillé
offert
gigantesque et fuyant
comme un soleil désolé
de s'être trompé d'heure
de saison
et s'écarte humilié
par la nuit
la pluie
la neige
c'est de ta mémoire
le grand minuit logé en toi
et les aiguilles éternellement figées
à l'heure des désastres
où je vins peut-être
te rendre visite, et pousser de toute la force de mes hurlements
de ma cruauté de gosse insoumis
les heures immobiles
et nous sommes arrivés au matin
Jusqu'à quand ?
Ne t'excuse pas
Ne t'excuse plus jamais s'il te plaît
Devant personne 
Ferme ton oeil soumis
Garde ouvert la moitié fière du regard
Et dévore le monde
De tes cils violents
Comme le vent du nord
L'aquilon les mauvaises nouvelles
oublie moi même
ignore moi
en te moquant
ris aux éclats
de mon souvenir malade
de mes mots
de mon désir d'enfant
étrange
de tous mes gestes ratés
peureux
le mal de mer
à l'approche de tes côtes 
Tremble et sois plein de cette force sensuelle
qu'à minuit tu prends à ce je ne sais quoi
invisible à mes gestes (des farces) d'enfant
Avance et durcis tes cuisses, quand tu marches à la rencontre
de ce drôle d'infini libéré par toi quelques minutes par jour
emprisonne le sous tes ongles courts
dans tes bras durs
Ecorche le
Et ris, ris, ris toujours de ce qui ne vaut rien
les promesses des hommes
l'ennui de leurs souffles
tout leur corps parfois si semblables à un immense
Ronflement
Ou
Bâillement
Selon qu'ils ont joui
ou pas.
Je veux te voir pour te dire
Comment bougent mes mains dans une mémoire
Et comme il faut se méfier de la pluie imitée
De la salive des étoiles
Je veux rire
et lire
avec toi
Tout ce qu'il y a de terre stérile dans le monde
et dans un mouvement acharné fabriquer des fleurs de sable
Puisque nous savons aujourd'hui que rien plus jamais ne poussera

 

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13 septembre 2013

Quand le vent dans la neige

Je veux toutes les choses au fond de vos yeux au fond de vos bouches au fond de vos veines

Le chemin calciné de vos voix

L’iris dilaté par la peur et la langue humide de nuit

La belle angoisse quand tu renverses ton corps et l’alcool

Le frémissement de ton haleine quand tu approches

La buée de tes bras autour de la taille
Toi, drôle de brume d’une saison qui n’existe pas

Je te veux
Toi et

Les cris et les baisers et les pleurs et les joies et l'infini et le ciel effondré des paupières

Les traces du chant dans la peau les ongles dépeints la pierre effritée des lèvres

Je veux le

premier balbutiement

De l’alphabet, la musique

Le saccage des montagnes et les mers calmées

Les bec cloués

les corbeaux gaspillés

Par la foudre et la chasse

Le feu roulant des baisers

Le cri de mitraille quand deux corps

S’aiment se délivrent se perdent, se cherchent

Dans le noir complet, partout

Eclairé par la bouche ouverte

Rouge-rose-pourpre (lumière à la fraise, à la braise, au poivre)

 

J'ai entendu souvent la promenade nocturne

des chauves-souris

accrochées peut-être à des ronces mentales

à des épines de roses prises pour les cheveux longs parfumés des filles amoureuses

 

et je connais le drôle de murmure qu'on dit toujours quand il est la nuit

qu’on a retenu les pleurs en se croyant hier

Sur le calendrier
Je connais le mot dit à l’heure erronée

Le prénom maudit qui blesse la bouche

Brûle la langue

 

Souvent comme dans un rêve passèrent devant moi des amoureuses avec sous les bras une porcelaine en miettes, une sorte de coquillage brisé très semblable à un coeur

Souvent des amoureuses passèrent devant moi

Comme les étoiles du rêve

Pâles déchirées hésitantes

Malades de cette drôle d'angine blanche qu'on attrape

Dans la saison glacée des cauchemars

La sueur crépusculaire

L'effroi la terreur

L'hiver muet

Sans même un murmure de chaleur


Je veux moi l’interminable
Profondeur des pupilles
Le souffle chaud

Dans les paumes glacées

La vie passée comme une insomnie

Toutes les formes étranges du rêve et

les gestes inconnus du veilleur

Trésor indéchiffrable des somnambules

Enfin dehors la lumière recommencée du jour

Et le soleil se lève lent élégant pareil 

Au pas épuisé de l’amoureuse, le lendemain

Du verbe

 

 

La lumière recommencée du jour les yeux fermés le coeur vivant

Je suis amoureux des images et j'irai à travers tous les déserts, ces sortes de miroir, à la recherche des mots dangereux où l'amour se baigne. Je ne crains rien des tempêtes de vivre quand le vent dans la neige trace la mémoire

 

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27 août 2013

Le chant et la cendre

Il y a dans le monde un chant

Et pour le dire
Le ciel est comme enroué par le vol des vautours
Des étoiles fanées
Des nuages du mois d'août
Je ne sais si déjà tu fus témoin de ces pluies là 
Quand la lune se courbe
Sous le poids des fleurs
Quand la nuit démesurément enfle et
Dure comme si l'Univers en entier
Fermait les yeux. 
Je ne sais si tu connus tout ceci 
Mais peut être es tu comme tout le monde
Et tu as oublié 
Oublié le froid enfantin
Si semblable à la peur
Qu'on tremblait pour l'un en imaginant l'autre
Depuis l'hiver nous terrifie, par habitude
La neige est couleur de l'angoisse 
Et la vie comme une chanson oubliée
Le seul refrain souvenu
La danse très lente à finir des lèvres 
Les paroles devenues la soif
Le sens perdu des pensées
l'heure du sommeil
Et ses divagations dangereusement désamorcées au réveil
La vie
comme une voix pleine du givre mourant des murmures. La voix, cri , chuchotement peu importe tous deux également bannis. 
Le ciel n'est aujourd'hui qu'un souvenir
Et le cœur se précipite à chaque pas, chaussé de bottes de sept lieux, pour parcourir en hâte toute la mémoire. 
Mais toi ton visage est ailleurs formé et tes yeux me prennent pour cette sorte de dément
Tu imagines peut être mes ongles contre la réalité dure
Tu vois ma vie comme
La tentative insensée d'écailler le sang par dessus toutes les choses 
Alors tu crains de voir
Je ne sais quoi
Un miroir peut être 
Mais désert 
Comme si ton reflet et ta vie avaient mieux à faire que t'attendre ici
Je connais ces images il m'arrive avec elles de rire comme entre petites filles. 
C'est une forêt de songes
Pour les baisers les secrets
Les ruisseaux s'écoulent dans des crues de flammes
Et personne n'entend la foudre tendrement tombée 
Le clapotis du cœur
Le pouls des dessins dans l'écorce 
La vie 

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