21 mars 2017

Objectivité ?

J'ai acheté le 20 mars 2017 4 carnets tenant tous dans la poche intérieure d'une veste et deux stylos en aluminium. Les stylos coûtaient chacun 10,60 € ce que j'ignorais. Aucun code barre ne permettait de connaître le prix des stylos en aluminium. La caissière est descendue chercher un stylo en aluminium pour connaître son prix. La caissière a perdu en remontant le code-barre censé indiquer le prix du stylo. La perte du code-barre a agacé la caissière. La caissière a fini par remonter un stylo et son code-barre.
L'écran décomptant les articles et leur prix indiquait le prix cumulé des deux stylos. Les deux stylos valaient 21,20e
Le ticket de caisse final disait quelque chose comme 40 euros.
J'ai payé 40 euros par carte bleue pour 4 carnets et deux stylos en aluminium
Les deux stylos en aluminium formaient la moitié des 40e payés par carte bleue
.
Je ne sais pas s'il faut transcrire les notes de mon carnet sitôt après les avoir écrites
Pierre-Adrien Marciset possédait des dizaines de carnets tous noircis d'une écriture plutôt belle
Pierre-Adrien Marciset achetait uniquement des carnets Moleskine 
Aucun carnet dans ses a priori ne pouvait (ne devait?) être autre chose qu'un Moleskine
La graphie de Pierre-Adrien Marciset faisait de lui un clerc tout à fait valable
Pierre-Adrien Marciset aurait pu être secrétaire en 1900
Pierre-Adrien Marciset ne peut pas être écrivain en 2017
Pierre-Adrien Marciset publie des romans en 2017
Publier des romans ne fait pas de Pierre-Adrien Marciset un auteur
Nous avons acheté le roman de Pierre-Adrien Marciset
Pierre-Adrien Marciset ne se doutait pas que parmi
ses chiffres de vente se glissaient des ricanements
Les personnages de Pierre-Adrien Marciset ricanent en permanence
Léo a relevé le ricanement permanent des personnages de Pierre-Adrien Marciset
Léo est un très bon exégète
Léo peut commenter tous les textes
Pierre-Adrien Marciset a envoyé son roman à des critiques internet
Les critiques ont détesté le roman de Pierre-Adrien Marciset
Pierre-Adrien Marciset pensait construire un roman à clef composé de salles très obscures
Le sous-texte du roman de Pierre-Adrien Marciset était lisible par tous
Le roman de Pierre-Adrien Marciset est illisible
La clé des romans de Pierre-Adrien Marciset est une clef universelle
Dans le roman de Pierre-Adrien Marciset on trouve ce genre de phrases
""Avant de partir, ouvre le frigo qui est fermé, elle va t'aider, les ténèbres ne peuvent qu'échouer contre elle !""
Cette phrase est publiée sur babelio probablement par Pierre-Adrien Marciset
Pierre-Adrien Marciset tire fierté de cette phrase
"Avant de partir, ouvre le frigo qui est fermé, elle va t'aider, les ténèbres ne peuvent qu'échouer contre elle !"
Cette phrase étant publiée sur babelio probablement par Pierre-Adrien Marciset
Pierre-Adrien Marciset tenait un blog
Le blog de Pierre-Adrien Marciset s'appelait le Panthéon Inversé
Le roman de Pierre-Adrien Marciset s'inscrit dans la continuité
du Panthéon Inversé
Camille Acristem écrivait les articles du blog
Camille Acristem était l'avatar numérique de Pierre-Adrien Marciset
Pierre-Adrien Marciset a une chaine youtube
Pierre-Adrien Marciset doit se constituer
des identités virtuelles
Pierre-Adrien Marciset n'existe pas
Pierre-Adrien Marciset essaie d'exister
Pierre-Adrien Marciset a tenté de se ਖੁਦਕੁਸ਼ੀ 
3 fois
Pierre-Adrien Marciset a redoublé 4 fois sa L1
Pierre-Adrien Marciset fera 5 fois quelque chose
Pierre-Adrien Marciset a beaucoup de mal à être
Si je transcris immédiatement les notes de mon carnet sur l'ordinateur je n'établis pas de séparation entre les deux actions
Transcrit immédiatement le carnet et le blog deviennent une simple différence de support
Je ne sais trop quoi penser de la transcription immédiate de mes carnets
Mon écriture non-lisible risque d'aboutir à l'impossible relecture et à la non-transcription future
Une contrainte supplémentaire pèse sur la problématique de la transcription
Mes carnets sont transrits le jour-même
Mausolée écrit une sorte de carnet de ses pensées dans la section Miscellanées
Ses notes sont très bêtes
Rémi arth.rite complimente les notes très bêtes de Mausolée
Les brèves de Mausolée ressemblent aux pensées de tout le monde au moment de s'endormir
Les pensées d'avant le sommeil semblent brillantes à tout le monde
J'ai déjà enregistré ces sortes de pensées juste avant de m'endormir
Ces sortes de pensées étaient bêtes comme les notes de Mausolée
Mausolée enregistre peut-être les pensées précédant de quelques secondes son sommeil
Il n'y a pas de barrière entre les enregistrements nocturnes de Mausolée et la transcription de ceux-là
dans la section Miscellanées du forum
Rémi aime les bribes de Mausolée
j'aimerais comprendre comment il fait
Rémi éthuin a travaillé sur Ricoeur
Rémi éthuin a un point commun avec Emmanuel Macron
Rémi éthuin ne sera pas président de la République
Il ne le souhaite pas
La poésie de Rémi éthuin commence à bouger
La poésie de Rémi éthuin a mis des années à bouger
Rémi arth.rite vivait dans le confort de la poésie
La poésie n'est pas un geste politique
Ce qui n'est pas un geste politique ne vaut rien
La poésie de Rémi éthuin n'est pas un geste politique
Léo-Paul a produit un choc très violent en commentant ma tentative de textualisme-objectivisme
Le commentaire très violent de Léo-Paul a été effacé par Léo-Paul
Léo-Paul a supprimé son commentaire très violent
Ce commentaire ne m'a pas blessé
J'ai lu ce commentaire avant sa suppression
Ce commentaire à cause du choc produit m'a détourné radicalement
Ce commentaire m'a aidé à comprendre
Il disait que mon refus du je laissait pourtant voir un je surabondant
ce poème en témoigne
J'ai réécrit un de mes poèmes en tenant compte de cette remarque
Il y avait trente-deux Je sans compter les déclinaisons du je (la forme réflexive et la forme possessive du Je)
Il y avait trente-deux Je dans un poème de 402 mots
Il y avait presque 10% de Je dans un poème de 402 mots
J'ai réécrit le poème en tenant compte de la remarque de Léo-Paul
je l'ai réécrit afin de rendre compte du commentaire très violent de Léo
Le commentaire de Léo ne m'a pas blessé
Le commentaire de Léo a entraîné la réécriture d'un poème
Le poème réécrit est celui-ci
http://proses.canalblog.com/archives/2017/03/12/35040923.html
Les commentaires de Léo m'aident beaucoup à écrire
Je n'arriverai peut-être jamais à écrire plus que ça
L'effacement pronominal de certains poèmes objectivistes
m'apparaît comme un artifice
la disparition de la première personne du singulier
dans certains poèmes objectivistes n'est pas le retrait
du Je qui demeure présent mais caché
L'élision est un retrait stylistique
et grammatical
Le lecteur ajoute mentalement
le membre retranché
L'effacement pronominal de certains poèmes objectivistes
est un artifice visant à établir une pseudo-objectivité
sans supprimer l'auteur l'énonciateur et le locuteur
Je peut être objet du poème
tout en assumant ses perceptions
l'objectivisme est la mise en forme du réel
malgré les percepts 
Je est un objet du poème
objectiviste et doit par conséquent
être traité comme tel
Ce poème est la traduction immédiate de mes notes 
Ce poème ajoute beaucoup à mes notes
Ce poème n'ajoute à mes notes que la partie élidée
Mes notes forment un plan 
rédigé ici dans toute son extension
Il y a 23 "je" dans ce poème
24 désormais
ce qui est écrit ici me rend fier fat et satisfait
ëtre fier fat et satisfait me fait me détester
la lucidité sur son état de médiocrité ne change
rien à son état de médiocrité
la lucidité équivaut au plaider-coupable
Le plaider coupable limite la peine
La peine consécutive au plaider coupable
est moins grave
Le plaider-coupable ne commue pas la peine
en innocence
Marie-Anaïs, Léo, Louis me sont indispensables
sans quoi comprendre limiter interroger
sans quoi éviter la caricature et la satisfaction béate
seraient impossible
Sans interroger questionner échouer
il est impossible de sortir de la médiocrité
satisfaite
Mausolée, Rémi et Pierre-Adrien Marciset
ne connaissent pas Marie-Anaïs, Léo et Louis
Mausolée, Rémi et Pierre-Adrien Marciset
ne peuvent pas échapper à la médiocrité
Mausolée, Rémi et Pierre-Adrien Marciset
ne connaissent pas Marie-Anais, Léo et Louis
pour écrire ce paragraphe tout a été fait afin d'éviter
l'emploi de la première personne du singulier

 

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14 mars 2017

Contextualisme

La monstruosité du monde parfois vient
L'indiscernabilité des identiques est un principe
métaphysique
Peter Geach remet en cause ce principe
De l'obscurité très froide d'un jour de novembre
Le tiers-exclu ou la non-contradiction
sont des pirncipes logiques
Où surgissait l'homme à l'imperméable
L'identité des indiscernables garde
dans la nuit
Rouge et fendu au milieu
une ceinture pas attachée
le textualisme ignore les méta-données
le promeneur se perdrait dans la rue
Pierre Ménard abroge le textualisme
L'oeuvre est une action
Sans indication bibliographiques
l'accès à l'espace urbain 
serait illisible

 




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Ecart-type

Le train arrive avec une minute de retard
En gare de Saint-Nom-en-Bretèche
Le suivant entrera en gare vingt minutes plus tard 


Enedis relève les compteurs électriques
tous les deux mois
En cas d'absence connectez vous au site
www.enedis.fr/relever-mon-compteur
inscrire sur le formulaire adéquat les valeurs
de votre consommation électrique sur la période concernée



Le tarif social de l'énergie est ouvert aux personnes dont 
les ressources annuelles n'excèdent pas un plafond fixé par le département
lors de sa délibération annuelle et suivant la dotation générale de fonctionnement
octroyée par le gouvernement au cours d'une réunion interministérielle
Le pass navigo est gratuit pour les allocataires du RSA
A l'épuisement des droits de l'assurance chômage l'ASS
s'y substitue afin de garantir le minimum vital


Le solstice d'hiver a eu lieu le 21 décembre
Le solstice d'été aura lieu le 21 juin
Ce mois de mars est ensoleillé


10 % des français en âge de travailler sont au chômage
Les chiffres varient selon les catégories
le périmètre géographique
les critères de l'INSEE et du BiT sont identiques
Les indicateurs de pôle emploi transmis
mensuellement utilisent une règle de calcul différnte
rendant compte en temps réel des variations
du marché de l'emploi en France 


Variance = moyenne (vi2) - moy2

------——————++++++
(nerfs) 

A une minute près le train aurait été à l'heure
Dans la gare de saint nom en bretèche
Le suivant n'arrivera que vingt minutes après 



Tous les deux mois un agent d'Enedis vient relever les compteurs
En cas d'absence du souscripteur celui-ci peut se connecter
au site www.enedis.fr/relever-mon-compteur
et y inscrire lui-même sa relève

on appelle ceci auto-relève

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13 mars 2017

Objectivité à la première personne du singulier

Objectivité de la première personne du singulier
 
Des choses banales occupent la majeure partie de mes journées
L'heure du lever, le premier repas, le second, est-ce que (1)J’ai bien
mon pass navigo dans la poche intérieure droite de ma veste
mes clés Je ne les oublie jamais, ni ma carte bleue rangée
dans l'étui de mon téléphone portable lui non plus pas oubliable
Je m'intéresse au temps qu'il fait
J’en parle pour faire passer la journée
l'absence de soleil 
 pense à la pluie
(5)J’espère souvent ce petit miracle du soir
l'air frais l'odeur bizarre qui sort du bitume
le visage des gens à huit heures du matin
si Je suis sans dormir
le visage des gens à quatorze
quand
le visage des gens à 1h
Je bois
Parfois se trouvent des photos de moi
dans mon portefeuille plus ou moins âgé
sur certaines d'entre elles Je porte des lunettes
et parfois les cheveux courts
Je ne me souviens pas de ce temps là
Je vis à Paris
J’aimerais marcher dans la montagne
Je ne veux pas vivre en province
Ni à Londres
Je n'aime pas la mer
Je suis souvent allé à la plage
Je n'ai pas lu assez de livres
Le mois d'août 2014 Je lisais
3 livres par jour
dont un de connaissances
comme dit Mehdi
ce qui me fait ricaner
Je suis méchant
Je suis gentil
Ca dépend du point de vue
Ce poème est trop long
Ce poème commence à m'embarrasser
Je ne sais pas arrêter les choses à temps
Je suis spectateur et J’attends que les choses
se passent
On peut tout me faire faire
Je ne veux rien faire
Je suis en train d'écrire ce poème
Je viens de lire cette ligne
Je remue les lèvres pour la dire
Plutôt jaune la lumière de l'écran
A cause de f.lux pour ne pas perturber
mon cycle circadien 
Je suis insomniaque
mon cycle circadien
ne présente aucun intérêt
Ca donne bonne conscience
Je n'ai pas de morale
Je peux tout faire
Je ne fais rien
La journée se passe
J’aimerais manger de la pizza
dégoulinant de fromage
Je suis intolérant au gluten
J’ai supprimé ces vers : 
Je regarde par la fenêtre et j'écoute le bruit de la ville
Je respire l'odeur de la journée attendant le petit miracle
le soir quand le bitume sent un peu la pluie et préfigure
la rosée
(32)Je les donne à lire
Ils sont mauvais

 

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12 mars 2017

Ses yeux ruminaient vieilles salades pas essorées
par l'amour jamais infectés c'est comme ça 
tandis qu'elle circulait dans des pensées de province
regardant la liste des courses direction E.Leclerc
ou c'était peut-être Auchan l'altérité ça suffit
les néons c'est le soleil et puis c'est tout

Toujours il disait ce n'est pas très sérieux
remettant en place la mèche pas sérieuse
desserrant la cravate juste ce qu'il faut
etc etc lui retrouvé ivre mort bientôt
rue Jean-Baptiste Pigalle veste cintrée 


après recommence la secrétaire basculée
en arrière chaise chambre d'hôtel son job
24/24 le syndicat pas étonné pas au bistrot
déconne pas hé il planche sur son équivalence
L3 pour partir en vacances aux Bahamas
ou à Pattaya mais chut pas trop fort Jean-Luc va entendre

Il y a deux-cents-trente-sept-gestes dans un repas de sept minutes
douze pas pour retourner à la chambre à coucher 
le sommeil dure huit heures et demie
la latte de bois grince en y posant le pied droit
trente-sept litres d'eau coulent pendant la douche
Bonjour prononcé douze fois par jour en moyenne
Excusez moi vingt-deux sauf le week-end.



Je
tiens je
revenu promenade
bonne santé
une bière combien ça coûte
tout dépend Paris Genève
presque pareil à part
la monnaie
Ploubennec moins cher
les loyers pas les mêmes
32% d'alcoliques dans les
Haut-de-France

 

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10 mars 2017

Tu te tus

Quelque chose doit arriver
tu te dis à toi-même
cette nuit et depuis
combien de nuits
quelque chose arrivera
et tu guettes dans le
remugle des jours
cet instant là
tu l'as raté tant de fois
dans ta vie
cette seconde qui t'échappa
mais pas cette fois
tu te tiens prêt
tu as durci tes paumes
rongé les ongles
pour saisir ce que ce sera
chant baiser l'étendue de langage
des fins du temps
le moment d'apocalypse
à toi seul rendu

tu attends toute ta vie
sur ce seuil pas besoin
de mobiliser ici
cheveux gris
mains ridées
lèvres vierges depuis
longtemps de baisers
toi seulement résume
toutes les varices
vieille âme
crevée
haha

Tu saisis un objet le premier venu
accumulé tu ne sais trop d'où
La Guyane où tu te rendais par ennui
vivre la vie des forçats et humer
dans la jungle le balancement
d'AK47 à la hanche des orpailleurs
ou bien au bas de la rue Henri Monnier
le jour
de ramassage des encombrants
tu ne vivais pas très loin
la place Pigalle pas très
étrangère à ton alcool violent

ta main elle serre comme jamais
recroquevillée on dirait que tout
va partir de ce moment là vers
ce néant toujours là toujours
partout ce néant là qui ne t'a pas lâché
ce départ retenu un jour le train non-pris
ni l'avion ni rien tu sentais bien
se refermer la ville-prison
toi assiégé par toi-même
mais le train parti
l'avion trop cher
de toutes façons

Le quai d'une gare où tu ne fumes pas de gauloises. Le quai d'une gare, tu cherches dans ton sac l'un de ces livres commencés mais jamais finis. Tu tournes les pages et tu espères, comme ça, d'un coup saisir tout le sens et tout le but des pages écrites. Trouver ce je ne sais quoi qui les mis au monde et reprendre ce geste là. Tu passes sur ton téléphone portable les photos de tes vingt ans, cette fête pour rien qui te remémore les cris brutaux dans les bouches de métro et tu croyais que c'était la vie alors ce cri tout puissant ; ce pas grand chose à peine une manière de dire regardez moi j'existe et regardez comme j'existe mieux et plus que vous si vous riez c'est d'être nul plat grossier. Ouais, tu retombes dans ce passé là d'une photo. D'autres tu ne veux pas voir, les horreurs que tu as commises et l'orgueil pourtant qui t'y menait. Je l'ai fait et pourquoi sans goût sans volonté.

Buenos Aires, Quito, Santiago de Chile même avec l'accent sud-américain tu saurais les dire et même tu aventurerais ta prononciation jusqu'à Mexico et les charniers de Santa-Teresa.
C'est peut-être regardant en arrière et chiffrant cette quantité de regrets que l'on peut dire vraiment qu'on a vécu. Ce malgré tout et ce pourquoi pas non franchi. Peut-être tous vous moi et lui sommes de ce point du monde infranchissable. Cette décision ravalée.

Ai-je déjà voulu autre chose que vouloir ?
As-tu déjà fait un seul acte par conviction
parce que tu le sentais grouiller au plus profond de toi
le geste non-capturable le geste celui qui te dépasse
non, jamais tu n'as connu cette folie furieuse tu regardais
les autres vouloir vouloir pour toi parfois même
tu ne te laissais pourtant pas faire ta vieille main
et ton corps changeant tu n'as suivi personne nulle part
seul sans ailleurs

comment ont-ils fait tous pour polir la vie lui donner cet air bien propre tous les jours sortant du hamman, du spa ou du bain moussant.
Mais ta vie pas beaucoup plus crade. C'est ce que tu regrettes le plus je crois, de n'avoir pas été dans ces abîmes qui devaient t'être patrie, mère et destin. Tu as regardé le fond des fonds sans oser franchir la barrière, Saint-Augustin gardait la porte et timide comme tu étais tu n'osas pas demander ton chemin. Demeurer propre, ne brûler aucune bagnole, ne cracher sur personne, le casier judiciaire à peine une goutte d'encre dessus.
Alors rôdant tu te tus.
Tu te tus à vie.

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