Marie pleine de grâce
J'ai bu sur ta peau
Une eau pure
Comme
L'eau des mirages
DANS TA BOUCHE JE SUIS DEJA MORT
CETAIT IL Y A LONGTEMPS TU NE TE SOUVIENS PAS
JE N AVAIS PAS ENCORE CE VISAGE LA J AVAIS DES PAUPIERES D ALLURE ET DE LICHENS
DES LEVRES D INCANTATION J ETAIS TOUJOURS FAIT POUR LE CARNAGE ET PARTOUT ON DISAIT C EST LA GUERRE LA GUERRE LA GUERRE ET ON PARLAIT DE MOI DANS TOUTES LES INQUIETUDES
JE M APPRETAIS A DEVENIR UNE COMMEMORATION
MAIS
JE SUIS MORT DANS TA BOUCHE C ETAIT AVEC UNE AUTRE BOUCHE QUE CELLE QUI TE PRETE UNE VOIX DESORMAIS QUI TE MET DES BAISERS PAIENS AUX DENTS
TU PORTAIS MES CERNES COMME UNE LINGERIE FINE DE CE TEMPS LA
ET MA MORT A MOI TRAINAIT MON IMAGE DANS UN MIROIR DE LARMES
CES JOURS LA JAVAIS DES YEUX DE REFLET et DE MIRAGE
DES YEUX VAIRONS DES YEUX DE SACRE
JE SUIS MORT AVANT D EXISTER
JE N ETAIS SELON LA LUMIERE QU UNE ERREUR
ET SELON LES FOUS QUE LA FOLIE MEME
J ETAIS MERE AVANT DE LE POUVOIR
ET MES FILLES N EXISTENT QUE POUR TOI
JE LEUR AI DONNE TON REGARD DE PIERRES FINES DESOLEES
ON LES TROUVE DANS TOUTES LES BOUCHES D ENFANT
MINUSCULES ET FRAGILES
TU NE TE SOUVIENS PAS SUREMENT DE LA MORT ET SA DEMARCHE DE DIAPOSITIVES
COMMENT POURRAIS TU
CE JOUR LA TU N ETAIS QUE LE CHAGRIN TU ETAIS AVANT DE TROUVER TA MATIERE PRETENTIEUSE TON VISAGE DE MARIAGE UN SENTIMENT UN SENTIMENT MORTEL UN SENTIMENT PENAL
VOILA JE TEMBARASSE SUR LES JOUES
ET
JE VOUDRAIS UN DESERT CLIMATISE MAINTENANT QUE JE T AI RECONNUE PLACE DE LA BOURSE UN JOUR OU LE CIEL BRADAIT MA JOIE A L ENCAN DE MIDI
Cette nuit encore tu as laissé vide l'habit de silence que je t'avais préparé
Je ne remuais pas dans mon lit pour essayer avant toi ce soulier que tu allais mettre à tes pas
Comme je tentais t'inventer dans le mutisme de mes gestes
Mais ton silence à toi est inimitable
C'est celui chantant de la nuit
C'est le bruit immobile des étoiles
Celui trouble de la défaite
Cet autre inconnu qu'un pouls remonte
Ton silence embaume les péris que la mer doucement recrache au monde
Comme une idée oubliée
Une copie de philosophie où l'image est punie
Un stylo perdu...
Je me souviens le matin en sursis dans tes yeux
La tristesse comme une écume qui y perdait sa vague
J'ai voulu tes lèvres tes lèvres de voyage d'angoisse tes lèvres de solitude
Tu me manques comme à un amoureux
Comme l'eau parfois peut manquer au noyé
C'est fou ce bonheur d'où ça chute cette joie toujours là comme une majuscule
Tout ce bonheur comme le fou qui trouve sa certitude enfin dans son reflet
Comme le bruit d'une amante délaissée qui remonte le parloir de sa jupe
Tout ce bonheur comme tous les frémirs de première fois au sortir des lycées
Tout ce bonheur d'un baiser qu'on ferme mal avec la langue
Ce geste d'amoureux enfin égaré dans les rues de Paris
Ces cheveux de noyés qu'ont les forêts en flammes
Je suis heureux comme le poète qui fait rimer tes yeux heureux comme qui atteint l'adieu en disant "je t'aime" très tard
Et tu avais aujourd'hui les yeux tristes et beaux comme des bijoux volés, tout frais comme un jus pressé. J'ai retenu mes mains pour ne pas mordre tes lèvres de mes gestes insolents. Ne pas te dire je t'aime tous les jours c'est un prodige. Mon joli désastre j'ai les jambes usées comme de t'avoir cherchée toujours. LaLaLa
Il y a longtemps.
Mes gestes, mon impatience, ma frénésie et cette façon de dire « je t'aime » presque pour se venger. Voilà, à quoi l'a réduite mon geste, un objet brisé, un souvenir J'aimerais que tout le monde comprenne, tous ces gens là dont je sens l'haleine de spectateurs et les yeux sales, tous ceux-là que je reconnais et qui n'ont pu empêcher le rire de borner leurs lèvres. Je veux la croiser pour un vertige de pleutre c'est vrai, pour un précipice en trompe-l’œil mais je n'espère rien d'autre que la croiser, si la folie devait lui percer les tympans, si la démence devait lui animer la bouche et que, rompue de délire, trompée par un cœur devenu malade, elle s'écriait « je t'aime » moi du même pas je la fuirai, ma main gesticulerait du même au-revoir qu'aujourd'hui et peut-être même moins victorieusement exécuté.
Si l'on me demandait "qu'a-t-elle de plus que les autres ?"
Je répondrais "son absence".
Tous les parfums l'esquissent. Je reconnais là un octave de sa voix, là une déclinaison de son soupir, je reconnais une mèche de ses cheveux dans le soleil marié à mes yeux. Je marche pour oublier, et plus je marche plus je m'éloigne du danger. Et de la vie ? Et de la vie
Je suis un lâche. Mais je refuse sa présence, je refuse le mépris de la vie, et le délire de la voir jetée contre moi. Et pour quoi faire ? J'aime son absence, je n'aime que ça. La voir déformée par son exactitude, réformée par la laideur précise de son théorème de voix, de cheveux, de centimètres et de poids.
Seulement...
Il manquera toujours, à cet adieu, à la plénitude de cet adieu, un baiser, une caresse, la moindre tendresse muette, toujours suspendue entre nous, mais jamais consentie, toujours retenue et finalement...gardée. Je suis trop plein d'un baiser ; celui que je te dois.
Et toi qu'est ce que tu mises ? Tu mises tes habitudes. Et l'habitude ça t'a déjà tout pris. Ta main qui va sur le pavé digital de ton chez toi comme elle va sur les corps. Tu as fait d'un boitier électronique ton amant le plus régulier. Tu vas au plaisir du même geste de grenier fatigué que celui qui te mène à l'emploi. L'habitude ça t'a tout volé. Ta voix quand elle fait "bonjour". Ta bouche et ses baisers dressés quand déjà ce n'est plus la première fois que tu frémis Tout. Tout. Ta vie tu l'as mises en gage et pourquoi ? Parfaire ta ruine. Cette usurière l'habitude.
Vous avez fait de vivre un point de vue et bien voilà moi je dis c'est un panorama et vous n'y êtes pas invités. L'infini ça demande d'autres dents que des dents d'émail, vos dents fameuses de bains publics
Qui comprend que le REVE c'est d'abord un foyer. Qu'on le bâtit de la Pierre de nos ongles, du précieux de nos voix Que vivre se débouche à vingt ans et se vide d'un coup. Garçon encore à boire ! Toujours à voir. Vingt ans ça ne s'entretient pas comme un meuble de vestige. Ça se gâche dans des batailles. Ça ne soupire pas. Vingt ans. Ça halète comme une mer jalouse.
Changer. Changer de corps de visage. Changer par le maléfice de vieillir ? Rien n'est forcé ! L'amoureuse dans le miroir choisit son fard et bien à mon tour je décide la lumière qui tombe sur ma vie ! Vous en gênez l'exploit, le parfum. Je veux un air sans vos visages endettés. Et pour ce crédit qu'avez vous eu ? Un bonheur minuscule !
Moi. Pour être heureux j'ouvre le dictionnaire et je raye tous les mots, je ne laisse intact que "aimer". Du chantant de la nuit je vous dis « je t'aime » et « je t'aime » ça veut toujours dire « adieu »