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23 mars 2025

Sainte Therese

Les gestes recommencent à peu ou mal m’appartenir, je me faufile dans moi-même comme dans l’appartement avec ses obstacles augmentés dès lors que nous sommes plus de quatre. Je m’installe, pour le déjeuner, au café dalloyau pour profiter d’un peu de lumière tout en me préservant du froid des bancs publics que, depuis des années et des années, j’affectionne pour la tranquillité qu’ils offrent, l’agrément de leur distribution le long des avenues ou des rues aux trottoirs larges.
Je m’encombre moi-même de moi-même, mon manque de muscles alourdit chacun de mes gestes, j’agis, saccadé et maladroit, trébuchant partout, y compris contre l’air où d’autres invisibles entraves s’étendent ; le monde se tisse maintenant de pièges muets, je me rattrape de justesse, me rattrape à moi-même, les lanières de mes sacs s’enroulent comme des boas autour de mes membres et il me faut un grand effort pour me défaire de leur étreinte.


Lorsque mon corps me dérange de la sorte, ma parole se fait toute pareille, elle sort lente et en grumeaux (grumeaux, je me dis, si Jeanne lisait ce texte elle y découvrirait avec horreur ce mot, certains mots lui semblent antinomiques avec l’écriture) de ma bouche, je préfère éviter toute forme de conflits ou même d’interactions y compris les plus simples.
Hier, je me trouvais, par manque de sommeil et trop longue journée de travail, dans un état similaire, nous nous disputions, de pas grand chose avec Jeanne, une de ces disputes due à la fatigue et à de mauvaises habitudes prises et je ne parvenais pas à m’exprimer, à former ma pensée de façon convenable ni à me défendre très vaillamment. Pourtant, tous deux, nous tînmes bon, aujourd’hui, après cette année d’une difficulté inouïe, nous tinrent, dans cette horreur, en dépit de tout, nous sûmes nous rattraper et je crois qu’il importe plus, dans le déluge, de savoir sur le chavirement sauver sans cesse, chacun son tour, l’autre la noyade, que savoir naviguer assez bien pour s’épargner cyclones et folles marées, c’est que le déluge, lui, vient de forces toutes puissantes qu’aucune agilité n'évite.

je n’en peux plus de ceux-là portant avec leur veste et leur chemise des baskets y compris les Sneakers « Jordan 4 » ou peu importe que la valeur excède le prix des Church’s que je désire. Une détresse m’envahit lorsque les gens discutent « affaires ». Là j’entends une conversation d’un commerçant « épicerie et frais » qui reçoit, de la part de Monoprix ou de leur centrale d’achat, des produits à commercialiser et rapporte à son interlocuteur des problèmes de DLC. Il déplore de devoir surveiller sans cesse ses livraisons — tiens ici réflexe curieux de ma part, vouloir augmenter le son de la conversation comme s’il s’agissait d’un podcast — à cause de ces dates qui mettraient en péril son commerce puisqu’un client s’avisant d’une DLC dépassée ou tout juste échue se scandaliserait de ce qu’il supposerait sa mise en danger. Son interlocuteur observe qu’il bénéficie d’une « surmarque inconnue » l’inverse du « vol » catégorisé en « démarque inconnue » puisque son fournisseur ne lui facture pas ces produits qu’il peut pourtant revendre à plein tarif ou à -50% en cas d’urgence. Il se trouve devoir souffrir d’un travail supplémentaire de vigilance et d’étiquetage.
L’interlocuteur a ouvert « deux monoprix ». J’attends que le terme de « rationnalisation » et de « process » jaillisse. L’interlocuteur ne possède pas ces Monoprix, il souhaite recruter Monsieur DLC pour l’ouverture d’un carrefour à Gare du Nord, surface totale 700m2 dont 300m2 de surface commerciale (limite légale,c omme il le précise). Monsieur DLC gère actuellement le Monop’Daily de la gare Saint-Lazare et se plait dans cet
environnement par là entendre le calme, l’absence de la banlieue ou celle essentiellement policée de l’ouest parisien. L’interlocuteur essaie de le rassurer, il tient absolument à l’avoir, je souhaitais rester jusqu’à ce que la question de la rémunération se pose mais, avant son arrivée, dut-elle arriver, je dois retourner au travail. Vous devez travailler pour nous il dit, je ne me rappelle plus l’expression exacte, je vous forcerai bien. Je m’étonne des réticences de Monsieur Monop daily et m’étonne surtout de ce qu’il soit tellement désirable pour que l’autre, presque le supplie et je me demande si la supplique se traduit en euros.

J’aime ici, dans ce café Dalloyau (expresso à 3 euros) le traitement discret du service, le bienvenue enjoué des serveurs, deux autour du comptoir qui me prient de m’installer. La facilité d’enchaîner, ici, nos gestes aux gestes suivants, à ne se sentir pas ou peu interrompu dans notre continuité sensible.

Ecrire, retrouver ceci, écrire.

Les endroits, la fourmi excepté à cause de son campari à prix néant, sans chic m’horrifient. Avec Léah, après notre verre au rendez-vous des artistes, nous devions assister à un choeur de pleureuses que je manquai, devant satisfaire à mon besoin de traîner, de découper l’existence en séquences distinctes, c’est à dire remonter chez moi pour me verser un verre d’alcool fort et son mixer — je dis mixer comme crâneur au lieu de dire mot abhorré qui rappelle , avant de reprendre la route, de me renouer. Puis, nous devions nous rejoindre dans un bar, près de château rouge, au nom enchanteur dont je ne me souviens guère et que je n’aimais pas. Le Gin-Tonic à 6 euros ne me consola pas, il me faisait me souvenir, le verre dans lequel il était servi, ceux qui ressemblent à des tubes dans lesquels tombent un mélangeur en plastique, de ce long-island bu avec Jeanne, dans un bar-tabac d’Etretat ou de Trouville, je ne me souviens pas avec certitude.
Ces lieux, en dernier terme, m’horrifient autant que m’horrifient leurs semblables, plus laids encore de hipsters, ces zombies cafés où parfois nous pouvons nous délecter de boissons chaudes et bonnes et haïssables pourtant parce que chères et fausses.

Rien ne dure
Dieu seul demeure

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23 mars 2025

1513 mots

hier - écrivant hier, je dis autre chose puisque la temporalité d’un début de texte ne se confond pas avec son achèvement. Hier, signifie point de départ de mon écriture, repère temporel déjà évacué — texte du deux août — dont la reprise, encore, le fil permanent de la reprise, ces hachures de sens, le 10 février 2025 pour ne rien dire de ce souvenir d’alors - vendredi 14 mars 2025.
samedi  23 mars.

Depuis, depuis eh bien une pluie, fade ou froide, Jeanne ici, déjà, dans le même temps, se posant sur le seuil, les dents claquent, le roulis des valises, l’installation du monte-meuble. Un jour, si je devais partir une semaine, peut-être retrouver vide. Comme moi, vide, l’appartement, celui où passent et ressassent tant d’êtres.

hier (quand, 2024 déjà) - « jour de tombée » d’un texte remis à la revue québecoise estuaire.

Premier texte poétique écrit depuis bien longtemps, distant du quotidien, échappé du journal.
Ici, le quotidien, trop souvent, remuait la plainte et la protestation. Lieu où la colère sert de prières, agenouillé, moi-même, contre le bois vermoulu d’une pauvre rage, une rage misérable, mendiante de son enfer pour en jeter sur ces avares des gerbes. Mais ceux-là méritent un feu moins digne, des diables moins élevés.
A l’Eglise Saint-Nicolas, les croyants, se préparant à la haine du prochain, s’infligent et s’affligent, leur peau meurtrie les arme. Ils se préparent dans le diable.
Concentrant, contre leurs os, jeunes ou vieux, une souffrance à restituer. Les échardes du bois consacré rivalisent en terreur avec les embarcations maudites de ceux, exilés, qui de l’horrible voyage ne repartiront pas entier, ce peuple de marée qui se cherche un rebord, cet assemblage d’au-secours tanné. Copeaux humains, glacés, pauvres et noyés. Haïs et malades.

Passion à la hauteur de leurs émotions : petite, feinte, spectacle pour les autres et pour eux-mêmes. Images à accumuler pour nourrir les fantasmes, ébats avec leur foi, leurs djiins amoureux comme les musulmans nomment la cause de leurs orgasmes nocturnes.
L’aveu de la peau somnambule, le désir…
Toute foi, pour se maintenir, détourne et rature. Dans la confession c’est le mal d’un autre qu’on avoue. 


Le péché appartient toujours au régime de l’in. In-visible, In-volontaire, In-conscient. Poésie retournée.

Je ne me souviens plus le qualificatif qu’employait Mehdi, pour qualifier ma prose, parce que, d’un texte écrit qui le concernait, mécontent, blessé ou vexé un peu des trois / chacun des trois, voulant rendre la blessure, le mécontentement ou la vexation.

 

Depuis je me souviens, le mot :
insipide.

Il visait à côté, puisque mon écriture, percluse de gromellement, n’est jamais fade. Le mot qu’il emploie, dont je refuse la mémoire, se trouvait à la jonction de fade et de pathétique. Il les agglomérait. Certains mots traits-d’union.
in-sipide. Lui, aussi, in.
l’in obvie
crée

débute

nie

renonce

ce in. 

tout

 


Mon écriture, ma prose ah…que de procès. Le abyrinthe de l’anacoluthe, où la phrase sans entrée, sans sortie, y largue le sens, débrouille toi ici avec ta faim et le faux espoir d’un dédale truqué.
S’échappe l’odeur de pourri d’un Minotaure écharpé, suicidé d’ennui.

Le sens se nourrit du cadavre de celui piégé avant lui
qu’on nomma criminel 

bête cornue

ancêtre de Satan

parce que lui aussi avant

relevait d’une maladresse de style

d’un écrivain insipide. 

Qu’un Mehdi d’alors

gravait sur la tablette de grès

à l’adresse d’un Sophocle

tes vers insipides

d’où le Minotaure 

aujourd’hui charogne 

bouffé jusqu’à la diarrhée 

par mon Philoctète

L’infirme gibois souffre assez de sa difformité que par pitié ne l’appelons cul de jatte. 


Aujourd’hui, je m’épargne les conflits, j’agrée, y compris auprès de proches, les propos qu’ils peuvent soutenir et que je désapprouve. Une grande indifférence, qui précède ou conclue la sagesse, me gagne. Malgré mon obsession de la mémoire — qui me sauve la vie — je supprime désormais tous les messages des conflits avant même de les lire.

Les trois-quarts d’une dispute relèvent d’un malentendu et, de ce qui reste, masse confuse de mauvaises raisons. Frustration des jadis, rancunes minuscules, refus de se trouver failli, je ne me coupe pas les ongles pour faire mal quand je la doigte écrivait étoile, mauvaise foi. Nous croyons, toujours à tort, que d’accueillir le reproche et l’accusation nous situerait inférieur comme si une partie essentielle de nous se trouvait dans notre innocence toute pure, toute propre. La vie, elle, se tient, c’est entendu depuis belle lurette, depuis la naissance dans la pisse de la mère qui nous expulse, la merde coulant hors du sphincter,  depuis Artaud et chez Mychkine, cette beauté, qui sauvera le monde un jour, sentira la merde.

Les inutiles raisonnements rencontrent de nouvelles objections, inutile fatigue…
Nous gâchons notre aptitude à ressentir d’un orgueil qui ne mène nulle part, ni à l’échafaud, ni au trône.
 
Notre existence mérite un autre exercice.

S’il nous fallait à tout prix, pour ne pas garder rancune de relations dont nous ne parvenons à faire cesser le lien, nous gagnerions à établir le dialogue auprès d’institutions dédiées, créées pour l’occasion, neutre au maximum et dont la neutralité ne cesserait de se bâtir au cours du dialogue.
Cette neutralité, peut, à tout moment faillir, le professionnel aussi bien formé fut-il ne peut tout à fait se départir de son humanité, c’est à dire ses inclinaisons et les ruses, involontaires mêmes, hypnotisent. Le boucher attendrissant de sa masse la viande morte peut ressentir pour le jarret une soudaine tendresse. 

Mettre à la surface, le refoulé qui, le plus douloureux, n’appartient pas aux souvenirs distordus dont la psychanalyse a fait sa chasse gardée, concerne les rapports entre individus, les frustrations, la valence différente que l’on attribue à des expériences vécues au même moment, ressenties différemment.
Le regard étranger nous redresse, maison de correction, nous pouvons nous faire face.

Je ne me souviens pas ma réaction psychique au message de Mehdi, à ce moment, j’ai immédiatement supprimé l’application Signal, sur laquelle je recevais ce message que, depuis, je n’ai pas réinstallée - réinstallée, maintenant, dont la seule interaction est avec une « Nancy » qui prétendait s’adresser à « Angela ». Habile arnaque, où, prétextant une fausse manipulation, une femme, à photo de profil affiché - charmante, sans obscénité - vous souhaite manipuler vraiment. Elle s’excuse de l’erreur mais, très habile, poursuit l’échange, se trouve vivre dans la même ville que vous but I just landed. Puis, dans le contact maintenu,n 

 

Mon passé lieu chéri, souvenirs précieux, détachés des émotions de leur survenue, de leur traitement objectif. Ils m’importent, souvenirs, de m’être propres, des extensions à la fois du je et des témoignages, de mon rapport à moi-même, d’une existence continue. Je peine souvent à me rattacher à mes anciennes expériences, me nouant peu et mal à ces anciens maillons parce que, liés les uns aux autres, ils forment une chaîne et toute chaîne entrave. Je mentais, auparavant, beaucoup, pour, au-delà des motifs habituels du mensonge (mise en valeur, excuses, prétextes, lâchetés) demeurer secret. Irréductible à quelque biographie, conservant mon être dans une ombre. Ombre qui, dehors de la vie, est aussi une coulisse, le refus de faire, en soi, de son propre corps déterminé, donc condamné, son entrée parce que celle-ci appelle quelque sortie, quelqu’engagement sérieux sur le devant de la scène…alors, rat courant sous l’estrade, soufflant à qui de passage, le souterrain appétit du rongeur…alors 

Souvent, plus tard, après que l’on me le reprocha beaucoup, j’y mis fin, au mensonge. Voilà le couperet, on y présente le mensonge, on actionne le mécanisme. Fini. Une autre vie débute. Ni plus réelle, ni moins fausse. Mieux dressée.

 

Les autres ne peuvent, comme souvent dans ce qu’ils jugent vice ou défaut, s’empêcher d’y ajouter la dimension morale et religieuse. 

Un devoir être qui n’appartient pas aux rapports entretenus avec les autres mais du rapport entretenu avec soi à qui nous devrions, sous cette forme, une tout à fait extrême fidélité, que mentir, se diverger, vaudrait se corrompre. Perdant, ici, la trace de notre identité, le pas alourdi dans la boue laissant de la botte mise de force les dix linéaments caractéristiques de la semelle.
Eux, surtout, réclament de nous constituer, sculpteurs participant à notre édification. Ce rejet ne se tolère pas, l’accès barré à l’atelier, voilà l’insupportable. Ah, l’ambition de ne savoir se contenter du musée ou de la photographie, l’ombre projetée et le secret tué.
Pour le mal, je ne requiers nul complice. Il faut dire la vérité parce que les conséquences du mensonge, au-delà des ravages au monde, détruiraient le soi, l’empêcheraient de se former, qu’en bref il constituerait un obstacle dirimant à l’être.

Quelle chose curieuse de se croire, soi-même, logeant, derrière la vérité, j’imagine alors un être, soi-même, l’inconscient ou quelque nom donné, marchant de long en large, les cent pas derrière le mensonge, mur ou rideau selon l’intensité de sa pratique, attendant qu’enfin la machine à broyer du monde en rasasse le mur ou la main fluette soulève le rideau. haha. La farce.

Jeanne et moi partageons ceci de commun que nous n’avons pas besoin des autres. Notre solitude nous agrée parce que notre compagnie ne nous désespère pas. Il n’y a rien à fuir. Rien qui ici ne nous pose question. 

16 mars 2025

vendredi

vendredi la librairie touche le fond, vendredi touche le fond, l’appartement devra être quitté au plus tard le 6 novembre 2025 vendredi touche le fond va peut-être fermer
j’écris à mehdi pour lui proposer à lui et ses parents d’acheter l’appartement à un bon prix

mehdi ne répond pas il a quitté paris pour berlin l’été avec mon frère ils organisent une conférence autour de l’Islam
le bus palladium a fermé depuis longtemps maintenant

Pierre m’écrit pour justifier ses achats immobiliers : Et je me dis si un jour trop vieux ou fatigué, personne m’emmerde

je réponds oui, je suis d'accord, c'est que moi je me dis si je suis trop vieux ou fatigué je me jette d'une falaise
le nopi devenu le sub ferme lui aussi
des cadavres je vis jonché de dépouilles
constellation m’a v. des années durant

falaise falaise jeanne lit par dessus l’écran demande pourquoi tu parles de suicide 


constellation considère plus grave sa réputation que de me #EE82EE
je ne parle pas de suicide la fin des chose je la trouve amère elle me déborde le changement me révulse jeanne au contraire attend impatiemment de déménager elle se lasse vite des lieux qui ne peuvent sauf à disposer de plusieurs millions la satisfaire en entier moi je me contente de moins quoi qu’auprès d’elle, et beaucoup de mon amour tient de là, le désir en moi éclôt, l’insatisfaction qui chez moi ne se confond jamais avec la frustration émerge sans douleur
dans ma barbe des flashs l’odeur d’urine de constellation quand la langue achetait au prix de son mouvement jusqu’à la crampe la paix de la bouche de la tête de toute la vie

kristina passe d’appartements en appartements depuis son arrivée à paris ou depuis toute sa vie la biélorussie minsk peut-être ou sûrement saint-petersbourg je crois et moscou c’est sûr ou l’inverse pour l’hypothèse et l’assertion
depuis un an et demi que je la connais l’appartement rouge du 18e au loyer énervant, le studio brûlant au dernier étage du 14e où elle devait assister quelque vieille prude soixante huitarde oublieuse de son temps de scandale ne ramène pas des hommes qu’elle lui disait chez elle qui n’est pas chez elle kristina s’acquittait d’un loyer pour les moins de vingt mètres carrés de l’appartement sans pouvoir y conduire son désir tu n’amènes pas d’hommes ce qui signifiait en transparence sale pute, la liberté de soixante huit, le féminisme universitaire tout ça lui passe, a tourné, frustration, tout se modèle selon la forme que son âge, son propre désir, à la vieille dame aigre, décide, du côté de la force, du toit, la toute puissance ce décret qui t’admet ou non sous des combles trop chers
constellation v. puis envoie l’injureur
puis l’appartement bizarre de neuilly-sur-seine, sur la grande avenue charles de gaulle l’immeuble la jolie cour, la margelle de pierre, le calme dans un grand appartement
moi sept ans, bientôt huit ans (neuf) dans l’appartement, si on multiplie les loyers ça fait 1200x12x7 ça doit faire dans les 100 000 euros c’est fou 100 000e évaporés comme ça si je considère que marion la propriétaire de l’appartement paris IXè ne doit pas rembourser de crédits parce que l’appartement hérité depuis longtemps que taxes déduites travaux le changement de cumulus qu’on appelle ballon d’eau chaude le changement des plaques vitro-céramiques ou tout autres dépenses doit lui avoir fait un gain net de 70 000 euros ce qui bien compté rend curieux le choix de ne pas conserver l’appartement où elle a grandi et de s’en servir, pour son projet avec sébastien - je crois qu’il s’appelle ainsi - son compagnon comme collatéral d’un emprunt quoi que l’augmentation actuelle des taux rend en effet moins pertinent ce choix est-ce qu’un revenu (brut) de 14 400 euros indéboulonnable d’un appartement ne perdant pas de valeur ou si peu mais que c’est se soulager tout bien calculé d’une pensée, d’une charge qui aussi est un gain parce que la tranquillité d’esprit ne plus faire 1, 2, 3 telle comptabilité. 

plus jeune moi être d’envie de désir qui tombait sur moi comme une grêle des pierres humides froides le désir oui
le désir de ne me lier à rien ni personne me liant pourtant à tous et toutes parfois mon envie de baiser me surprend se faufile comme un ver sous ma peau que je sens remuer s’enrouler dans les poumons à grande vitesse ça me rappelle avec emilie que je retrouvais l’ardeur moi qui me cache sous le bureau parce que dans l’escalier jean son père parcourt les marches va ouvrir la porte ouvre la porte que je redoute qu’il ne découvre ma nudité la nudité qu’il découvre et sourit emilie a eu le temps de se couvrir du drap avant l’entrée de jean moi dans la position de la voiture flashée une grande lumière tombe comme blanche accusatrice et coloniale moi pénitencier.

16 mars 2025

Sans toi

Jeanne et moi partageons ceci de commun que nous n’avons pas besoin des autres. Notre solitude nous agrée parce que notre compagnie ne nous désespère pas. Il n’y a rien à fuir. Rien qui ici ne nous pose question. 

14 mars 2025

Brouillons 2024

Je portais les vêtements de sanglot, ces haillons délaissés, seul souvenir, ce deuil liquide.
La nuit émettait par intermittence, une journée d’éclipse.
une nuit qui ne donnait que sur la nuit, ma vie devenue polaire.

Le jour, à l’aéroport où tu décidais de retrouver ta Syrie natale, le parcours patiemment expliqué, la facilité du passeport français, l’atterrissage en Turquie

 

Tu t’avançais par le côté, densément, en parcourant des herbes rases, elles dégageaient ce parfum que tu disais de jonquilles, à quoi toujours tu ajoutais, la bouche en croix, décapitées, parce que la langue, pour toi, n’ignore la lame.

Ton côté, lumineux, d’héritillère française, gouialleuse, trille et étrille.

Tu refusais tout mot
qui ne comporta pas, dans sa mise en voix,
la pression de la langue contre les incisives, poussant loin en avant, le couperet de la mâchoire.
La voix, comme le regard, se devait tranchante.

Tu projetais, l’hiver surtout, une odeur de fleurs, quand tu mordais jusqu’au sang tes lèvres gercées. Les crevasses de ta bouche blessée se gorgeaient d’un rouge sombre et limoneux
où je voulais, à mon tour, planter mes ongles. Je me révoltais contre la terrible injustice de devoir laisser à l’abandon ton corps,
Je trouvais si injuste de ne pouvoir, moi, glisser, liqueur ou faïence dans ta gorge, moi rétréci à taille cellulaire, moi virale et bactériologique, t’épidémiser

Or, maintenant je te sais morte, foulée de plomb, j’imagine sur toi la pluie de grêle et de dalles défoncées, ta peau blanche, grevée. Tu dois ressembler à ces acteurs grecs recouverts de poussière blanche, toi, sous cette couche de plâtre pulvérisé, immobile sous ce masque qui rendît folles tes antiques aïeules.

toi l’amoureuse de la mer qui l’aimait jusqu’à périr sous ce métal tordu, réfléchissant le soleil comme la surface des océans.

J’essaie de penser aussi peu que possible à toi de peur de me lasser de ton souvenir, fine étoffe, déchirée de trop de manipulations, les mites de l’angoisse qui rongeraient jusqu’au bout ta mémoire.

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10 mars 2025

Chères connasses

Pris parfois par la 
pulsion de ne pas se laisser prendre dans les filets laids d'où prison tout expire
aujourd'hui la colère encore la vieille colère imperméable amie
immuable dirait qu'en sais-je Mallarmé ou un autre du XIXème péniblement 
tentant de se faire moderne
franchissant le seuil d'un siècle à l'autre sans savoir que moderne tout à fait moderne
à quoi il échappe c'est la charpie, Verdun qui, la défaite en moins, le match nul cette fois, équivaut à dix mille Sedan
50 millions d'obus la population de la France des années 80 après la multiplication des êtres humains
les baby boomers qui ruinent encore-toujours la France
envahissent les musées et jouent les bourreurs d'urnes 
la colère contre tout l'envie d'insulter juste ou injuste
marine marieanais louis mehdi qui passe dans ma mémoire
qui par le tamis ronde pierre merde séchée on secoue le cours de la vie
ils demeurent sombres pépites
elles se vendent bon marché à la haine qui les achète
coprophage non sans plaisir
 ni loi de l'offre et du marché se sachant le seul doté de cet appétit
- et quoi que rare l'offre excède tout de même la demande -
pour ce que ça m'a valu de 
l'horrible maltraitance 
ce souvenir
l'impie plus que tous les impies
moi le mois de novembre
c'est 2023 je crois
en revenant de Lille débutant le traitement anti-dépresseur la sertraline c'était 
je dormais toujours parce qu'en voilà l'effet secondaire un mois et demi au moins
marieanais 
sort de la chambre elle dit
quand est ce que tu vas mieux
non parce qu'elle se soucie de moi mon bien-être
pour que je retrouve assez de force pour la semaine
m'occuper de ses repas du ménage des lessives
elle sort de sa chambre son inquiétude c'est elle
quand moi toute la journée je dors ou somnole
quand est-ce que je redeviens la seule qui compte
toi jonathan réduit esclave je disais ma race l'esclave
et ça, ça ça s'appelle s'appelait s'appellera de la maltraitance
 
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  • une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.
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