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13 juin 2025

Les textes de dix minutes et deux verres de Campari - Jeanne à côté danse.

Juge ce texte sévèrement en considérant que je l'ai écrit snas le relire en dix minutes. Pour autant n'excuse pas sa qualité par la durée de sa production. Tiens en juste compte en l'évaluant. Il ne s'agit pas de me roast mais bien de l'apprécier en poétique, en style et en sens. 

L’heureuse chose le verbe déployé dans son incessant basculement, pourquoi ici la naturelle volonté d’y adjoindre le mouvement sexuel ou répugnant qui habite peu mon désir ou ma façon d’être en dehors du pur discours, de m’orienter moi dans le verbe sexuel, vil, gluant toujours avec à la main une fictive badine en bois rose et à pommeau d’argent — que j’aimerais porter à la main ce bâton fabuleux en tirets cadratins. Par là, nul espoir ni même envie de choquer, pas de croyance en ce que cette façon de dire, ce faire, de la bouche les lèvres léchées, provoquerait un scandale dans la tête abolie des gens. Est-ce que par là, le langage, analogue à celui de Francis Ponge, se déplace, en dehors, bien loin, de sa fausse vibration ? Savoir, pour moi, se révèle impossible, ces mots me débordent, proviennent d’autre chose que du refoulé, de l’inconscient, ils opèrent comme un étrange mécanisme, qui s’observe du dehors, moi, en dehors de moi, voyant, ivre, piégé, expulsé sans tout à fait abandonner les lieux, moi sans titre, sans corps, sans terre. 
S’il faut parler alors, l’exclamation toujours s’avérera sexuelle, spermatologue, collante, impossible à détacher ni à gratter, mes ongles à moi n’y changent rien, ça colle. 
Plus jeune, parce que ma langue se trouvait à mes yeux sages, petite-bourgeoise — c’est à dire d’un prolétaire en révolte contre son milieu d’origine, montrant la patte propre, ouaf-ouafant — à mon écriture se mêlait tout le séminal possible, la nudité crue, les va-et-vient, sans oublier aucun des objets de la sexualité et disant ceci il faut se rendre compte qu’en réalité s’ommettait les vrais (ici nous voulons dire « véritables ») de la sexualité, aucune fois n’apparaissaient les mots gode godemichets cage de chasteté (aurait pu mais trop ignorant il n’appartenait pas à mon lexique ce qui dit beaucoup), plug anal ou plug tout court, poppers. Il y avait exclusivement du génital sans employer le mot génital trop laid à mes yeux (jadis et aujourd’hui pareil). 
Alors quoi ? Quoi ? 
Mon désir aujourd’hui de ce tremblement dans le langage de cette terminololgie seuxelle où plug, gode etc se révèlent (peu, moins que d’autres plus ordinaires) s’avère-t-il l’héritier frustré, le puiné refusant d’entrer dans les ordres, lui sans terre aussi, s’armant à la conquête d’un océan ou d’une mer ? 
Pourquoi ? Pourquoi sachant, voyant, qu’il s’agit seulement d’une autre façon petite-bourgeoise de manier le langage. 
Loin, si loin, de Genet qui martyrisait la langue quand son emploi judiciaire tuait lui et les siens, lui, qui faisait des crachats adressés aux pds des roses. D’un temps si lointain, lui, d’un risque plus grand, il se déhanchait comme il désirait voir les jeunes hommes eux aussi se déhancher pour bander. Voilà tout le problème, ma langue ne mouille pas, au mieux, elle bave comme bave le bas obsédé ou le trépané. 

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  • une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.
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