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boudi's blog
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20 juillet 2024

A.

Ces dernières nuits, plusieurs rêves dans lesquelles Amel, ma cadette de 12 ans, jouait un rôle. Le premier, plus amusant, me voyait lui offrir ou lui promettre, les deux notions se confondaient dans mon esprit alors et provoquaient des réactions semblables, un MacBook lié à mon obsession régulière pour les produits Apple et cet amour infini que j’éprouve pour ma petite soeur.
Dans le second une catastrophe mortelle se produisait, un avion allait s’écraser, une bombe d’ampleur exploser, quelque chose, encore comme dans les rêves, imprécis comme objet, certain dans ses effets. J’avais trouvé, avec d’autres, refuge dans les sous-sols de la Grande Epicerie qui proposait un abri de fortune, une chance. Hélas, comme dans toutes ces situations, l’espace ne comprenait qu’un nombre de places limitées, j’ignore qui réglementait l’accès à l’abri, la règle semblait tout de même inflexible. Amel se trouvait au-dehors de l’abri et ne pouvait y entrer à ma plus grande horreur. Je voulais lui céder ma place ce qu’elle accueillait, évidemment, avec les réticences usuelles et sincères lorsque notre survie se fait aux dépens de notre famille. J’insistai, arguant de ce que moi, de toutes façons je n’aime pas la vie. Que, donc, il ne s’agit pas, en soi, d’une perte effroyable pour moi, que la logique et la morale même commandent cette substitution. Je rêve souvent de ce rapport que j’entretiens avec la mort, cette indifférence que j’éprouve envers la vie, qui, ici, se matérialisait et se motivait. Ce détachement servait une action bienfaisante, je pouvais offrir la vie sans me priver de rien à mes yeux précieux. Je ne dirai pas, non plus, que je m’offrais à la mort, le coeur léger, je me réveillai, preuve en est, le coeur serré, comme celui d’un condamné résigné ou d’un saint martyre, acceptant son sort, le trouvant juste et équitable, ne réprimant, pourtant, au moment du dernier soupir, un cri semblable à celui du Christ. Ainsi, dans mon rêve, je me sacrifiais ou voulais me sacrifier pour ma petite soeur, si ce demeure sous le régime de l’hypothèse c’est que dans ce rêve, la règle ne permettait peut-être pas ces substitutions, je me souviens approximativement d’une négociation entretenue avec celle-ci, règle, peu incarnée, autorité flottante. Personne, dans le rêve, ne se révoltait contre la règle. Moi-même, je l’acceptais me contentant de négocier avec elle, pour en rendre l’application la plus conforme à mon éthique.
Dans ce rêve, donc, parce que, j’éprouve en réalité et le formulais dans le rêve, cette indifférence à la vie, je considérais juste et normal, de céder ma place dans l’existence à ma petite soeur, regrettant, uniquement, de lui léguer, si elle en prenait connaissance, le poids nouveau qu’elle jugerait sacrifice quand il ne s’agissait, pour moi, que de la perpétuation logique de moi-même. L’exercice tranquille de ma subjectivité. 

Ma petite soeur, pour moi, demeure la plus belle, la plus gentille, la plus intelligente, la plus admirable. Jeanne parle souvent de son frère, de 18 ans son cadet, en des termes similaires. J’éprouve pour elle une affection sans bornes qui s’étend au-delà de la raison, qu’aucun raisonnement ne pourrait corrompre. Sans aucun doute, si cette situation onirique, pour des motivations semblables à celles du rêve, survenait, j’agirais de la même façon.  

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  • une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.
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