13 mai 2021
Twitter 7 mai
7 mai :
Le lycée Jacques Decour se situe à la frontière du 9ème et du 18ème, il accueille une population hétéroclite, un des rares lieux de #mixité encore possible dans Paris. Plus à l’ouest, le lycée Jules Ferry ne compte d’élèves qu’issus de la bourgeoisie du 9ème ou du 17ème. Situé Place Clichy, jadis haut lieu de l’interlope, des rapines et d’Henry Miller, elle abrite désormais des terrasses chics, une population bobo qui vote #Hidalgo et peut-être votera #Jadot.
La mère d’Anissa fait #ramadan et sa pratique ne déborde pas, elle ne s’en vante pas, la garde pour elle. Scrupuleusement, elle prie cinq fois par jour, lit le Coran, prépare pour #ZakatAlFitr les denrées alimentaires et un peu d’argent à donner, le jour de #l’Aïd aux nécessiteux. Zora, la mère d’Anissa, n’aime pas #Israël sans que, à l’inverse du père à moitié-alcoolique à moitié complotiste, elle n’imagine #Israël responsable de tout le malheur humain.
La mère d’Anissa fait #ramadan et sa pratique ne déborde pas, elle ne s’en vante pas, la garde pour elle. Scrupuleusement, elle prie cinq fois par jour, lit le Coran, prépare pour #ZakatAlFitr les denrées alimentaires et un peu d’argent à donner, le jour de #l’Aïd aux nécessiteux. Zora, la mère d’Anissa, n’aime pas #Israël sans que, à l’inverse du père à moitié-alcoolique à moitié complotiste, elle n’imagine #Israël responsable de tout le malheur humain.
Anissa déteste Aziz, son père, elle réduit au maximum ses interactions avec lui. Aziz adore ses enfants, tous ses enfants. Sale égoïste, lui avait envoyé à la figure Amine l'aîné (27 ans aujourd’hui) avant de partir pour toujours, gardant contact avec le reste de la fratrie, surtout Anissa sa benjamine qu’il adore. Il a ouvert en Chine, à Pékin, une boulangerie française au succès fulgurant, là-bas, comme par ironie je suis un vrai français dit-il.
Anissa, elle, simule le ramadan pour ne pas blesser sa mère. Elle se délecte, avec une toute petite pointe de culpabilité, des sandwichs #libanais et du coca-cola zéro qu’elle boit avec les copines. Elle ne parvient pas à manger de porc, sauf le saucisson…c ouf ! le week-end elle boit et rit et profère des paroles violentes contre son père.
Anissa, collégienne, tenait l’#Islam en horreur avant de revenir, observant la tranquille pratique de sa mère, sur son jugement d’adolescente. Les discours de télévisuels et la vague #islamophobe qui monte, plus encore avec les #attentats, et bruisse y compris au lycée, lui donnent parfois, par provocation, envie se proclamer musulmane. Elle s’en abstient, elle entretient toujours avec la religion ce rapport ambigu, elle ne peut pas s'empêcher de trouver insupportable la place que toutes les religions font aux femmes.
Lou et elle doivent passer le week-end ensemble, que toutes les deux. Anissa tient absolument à ce que Lou lui lise de la poésie. Toute seule, elle lui dit j’y arrive pas, c’est trop dur. Alors Lou, favorisée économiquement et culturellement, lui lit des poèmes et lui prête parfois des recueils. Le dernier de Sylvia Plath, en édition bilingue, a fait pâlir Anissa qui, en plus de l’habituel violence symbolique de la poésie, a du se confronter à ce décalage culturel régnant entre Lou et elle ; tu lis l’anglais toi lui dit-elle mi-impressionnée mi-jalouse.
Lou : Elle a pas l’air bien Ophélie
Anissa : jsais pas avec #insta et tout
Lou : la semaine passée c’était.
Anissa : chelou ouais
Anissa : lis moi vas-y
Lou, les yeux dans le vague : pas venue en cours de la semaine
Anissa : ouais ouais
Lou : jamais elle sèche comme ça
Anissa : on a graille avec elle mardi mercredi ça va
Lou : même avec le fond de teint on voyait les cernes
Anissa : jeudi même
(pause)
Anissa : Lana cassait les couilles avec #BTS sur son enceinte.
(pause)
Lou : on fait la philo ?
Anissa : ça se voit tu l’aimes trop Feumer.
Lou : n’importe quoi !!!
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