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26 juillet 2017

In-

Résous toi à toi-même
Ce n'est pas si peu que d'être Je
Rappelle toi la haine toute ta vie
La Haine de quoi tu étais fait
Bras, phénotype, sensation
Ou
La haine, haine pure, déployée
Bras, phénotype, oeil
Résous toi à toi-même
Ce n'est pas si peu que de dire Je

regarde le monde ce monde neuf où tu pénètres sans avoir dit bonjour
Tu ne dis pas bonjour tu crois ne pas dire bonjour tes cheveux sauvages
Mais tu restes le plus poli et ton être s'incline et baise la bouche puissante
L'anneau doré tu n'y peux rien son feu c'est ton feu.

Tu vaux ce que tu vaux
C'est ainsi ne te ravise pas
Marche il fera beau demain
Ainsi de suite
Résous toi à toi-même
Tu es la plus belle chose
Connue

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30 mars 2017

A toute allure

Je reviens ici c'est le plus souvent pour le plaisir l'expression de l'être social contenu en moi et dans l'autre forme là je domestiqué ou du moins si abstrait qu'il en perd nerfs bouches et toute la constitution physiologique de l'être humain
abstrait tête
sans yeux
réseaux des neurones lui moi
Ici je retrouve la joie de moi-même peau à peau épaule abouchée au miroir
rythme un deux trois
ici je retrouve aussi toute ma haine
l'odeur de brûlé quand à son contact l'autre
l'autre monstre
l'autre nul
flambe comme le poème flambé
façon 1920 pavlova du restaurant à peine ouvert
revisite les plats d'antan le calicot fait maison inscription au Gault et Millau
Moi en tranches ici en blocs gras amaigri en blocs quoi de moi moi
c'est toute la vitesse ici le virage dangereux de la fin des syntaxes ici moi à toute allure le volant vibrant la vitesse toujours plus grande la pente sinueuse dans le vacarme des montagnes
tremble l'arbre dans la f^ret
tremble encore les vieux os du 
                en retraite il y a deux jours marre du monde
le tas de bois mal enflammé la boite de conserve les traces de dents faites sur le couvercle par l'ouvre-boite mécanique
la pente raide toujours raide et la vitesse 
qui me prend vrombissante vitesse les tournants 
droite 

puis

 

gauche

 

droite

 

puis

 

gauche


perdu le sens de la distance

à


le crissement contre l'os la paume râpeuse les lèvre sèches un coup de langue
dans
le virage
la vitesse 
emporte le 

 

28 mars 2017

valentin

Valentin croit encore
que 
les SMS
sont des pigeons
voyageurs à cause de
ce que le contenu communicationnel
doit être dans les deux cas 
bref
comme le parchemin attaché
à la patte enroulée
Valentin tarde à répondre
aux SMS comme s'il fallait
choisir dans le pigeonnier
le pigeon à choisir
Valentin assorti au message
le plumage et Valentin tarde
à faire parvenir sa réponse
au moindre "on svoit demain"
attachant à la patte le parchemin enroulé
son "oui" tardif la nuit a changé plusieurs
fois son ombre
Valentin croit encore
au passé
Valentin n'a pas fait des études d'Histoire
pour rien

7 mars 2017

Le monde fini.

L'aphasie la panne elle s'appelle comme elle peut ou du moins nous la nommons avec ces mots 
certains de rien certains autres plus-déjà-trop trouve la moyenne
on ne parle plus de moyenne on dit médian quartile plus juste classification du réel pour comprendre
l'égalité
mais à nos yeux en panne pas encombrés le mot ne vient pas le mot qu'il faut celui qui enfin
va changer les choses renverser les tables concrètes les corps nus (abstraits)
rien n'existe tu verras
tout est possible tu verras
tu verras


La haine elle remonte sans prévenir 
pendant la course à pieds dans le 
métro lu sang le mot déclencheur
recommence arrête guette arrête
je ne sais pas quoi cette fuite
je ne sais pas pourquoi 
ce qu'il y a derrière toi
poursuivi 
pas fauve
pas proie
juste toi
ton miroir
ta gueule
tu ouvres le placard
tes costumes toujours
là vides moins vides
portés pas sûr
tes pompes
tu as un peu honte
mais les bottes à clou
tu peux pas t'empêcher
de sourire
séchée la peau après quoi
l'effort peut-être peut-être
rien l'angoisse avant de 
parler à la tribune la voix
tremblante recommence
on ne recommence pas
au premier mot jugé
avant au premier geste
au premier pas
avant
avant
l'enfant rien dans les paumes
rien dans les yeux 
l'enfant
Entrer dans le monde
par n'importe où
le doute le premier
doute dans la forêt
brocéliande le bois de boulogne
un geste pour tout disperser
un geste tout bête un geste
jusqu'en l'an 2017 lui
aussu balayé
mais pas avant
pas avant
d'épuiser
le sens
enceint
Il faut 
Il doit
Sinon 
Sans quoi
Déjà le rien 
le rien
la haine qui étrangle
la haine
digérée à l'envers
rot pas rot rot
Automates tellement banals
dire automates pour l'autre
pour lui déclassé allez circulez
déjà dit déjà redit allez allez
os-poussièreux

rétablir peau 
rétablir chair
rétablir vie
par tous
poings
dents
ongles
pieds
pas rétablir
rien
rien 
à la fin
quoi
vraiment quoi
il faut 
il doit
trouver
chacun
un aveu

 

17 février 2017

Abrégé de la fin du monde.

l a grandi l'incendie en toi
tu l'appelais du nom que tu pouvais
le lyrisme tu y crois encore au fond
comment se passer de son passé
ce qui te poursuivit presque toute la vie
15 ans la première fois le pantalon
vite enlevé tu te prends les pieds
dans l'ourlet tu ris pour t'excuser

Assez de ce temps là le lyrisme
au passé honteux tu as changé d'âge
arraché le foulard et la soie
FLEURS TA MERE
COEUR PEPERE 
Rime pauvre
Bois ta honte

Tu prends le langage à rebrousse-poils. Cette fois ce sera (ce doit être) la bonne. Tu ne te laisseras pas avoir par tes sales manies cette façon de désinvolture comme si tu ne croyais à rien, nihiliste de pacotille, regarde toi les doigts crochus, avide de toutes choses. Tiens voilà que tu retrouves la ponctuation, Bastille remontée en un clin d'oeil. Tu n'es pas Beckett sinon pour le costume flottant ce vendredi de février, tu marchais où il marcha ; lui démontrant l'absurde de sa démarche saccadée...et toi pour rien, toi marchant seulement pour marcher, pauvre de toi. Ce que tu cherches maintenant c'est te déposséder de la langue maternelle te retrouver dans le froid polaire ; enfin atteindre cet anti-liquide amniotique, tu vas le trouver ce glacier.

Cette fois par la métamorphose (transubstantation tu n'oublies pas d'où tu viens les gaulois, la fille aînée de l'Eglise, Avignon ça vient bien de quelque part ce grommellement) de ta langue en toute la sagesse populaire. Proverbe, dictons, il te les faut tous. Tu mets un point pour débuter ton entreprise de démolition, l'apprentissage méticuleux de ce langage de province. Pierre angulaire, Par Toutatis et tu recommences tes invocations d'imbécile, ta barbe a trop poussé, ridicule à jouer encore l'adolescen, hé, regarde ta photographie c'était au photomaton du bus palladium tu n'as pas honte 2 Euros pour ça, c'est ça ta gueule. 

Tu y arriveras si tu plonges les mains dans la crasse. Tu le sens bien ce quelque part cybernétique, cette désagrégation de plus en plus rapide, la puanteur qui monte mais plus la puanteur physique des choses dégradées, une puanteur venue du concept bouilli, l'obsolescence programmée : la barrette de RAM, le micro-processeur, les cristaux liquide ; tu le sens bien que c'est ici, par le milieu, que tu dois parvenir. Après le proverbe lentement approprié rentre dans ton siècle. Bouffe le ton siècle. Cette matière inorganique, ces minéraux forgés par la main d'homme. Potier l'ingénieur.

N'écoute pas l'autre tu n'es pas d'accord
Il peut dire ce qu'il veut avec ses médiations
Son langage performatif ce bruit de sirènes
Dans la langue Roland Barthes n'importe quoi
C'était ok dans/en 1993 ; 1994 si tu veux donner
à ta poésie un air d'année scolaire le lycée
1ère L allez je te fais cadeau de ça mais crois moi
On en a terminé avec tout ça, alea jaecta est
(et je reprends le dosage des formules en latin
ça ne change rien même banalité pleine de vérité)
Ne t'obstine pas, détache toi de ce qui te lie

Les morceaux inutilement éparpillés, bouts de miroir
Où ne traine aucun reflet abandonne ta putain d'image
A quoi ça sert de se voir du dehors ligne du nez d'accord
C'est bien tu as deux yeux des pommettes plutôt pas mal
la nuit quand la voiture de police à toute allure gyrophare
allumé te frôle presque le plus beau en marchant tête
basse vers où tu ne le diras jamais toujours tu reviens
c'est à croire qu'il n'y a rien nulle part rien à rapporter
un caillou tiens il a la forme primitive de je ne dirai pas

Abrège ton poème abrège tes leçons de morale
Suffisent tes maximes d'un village du fin fond
de la Bretagne jusqu'à La Bruyère quelques mètres
même pas Strasbourg

Nous te reprendrons où l'on t'aura laissé
vieux fauve on t'a dressé ouf le lyrisme éteint
il s'en fallut de peu que tu reprennes 
silex vidé de ton feu ta gueule à jamais.

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16 février 2017

Ta tête touche le bas du sol

toujours la vie non-voulue il faut se débrouiller
la sienne venue dont ne sait où le diable dieu
n'importe quelle étoile filante colombe ou plus
moche oiseau et les autres soudain goutte à 
goutte averse et flaque ces vies réunies t'
éclaboussent un peu de boue un peu de 
propre comme c'est bizarre la vie pas choisie
tombée du ciel tu n'étais pas là hier le bel
enfant déformé dans les années lutter
tu te souviens bien pourtant la petite voiture
le jeu de mécano tu avais XY le droit à la
blouse bleue les cheveux courts on dirait
une fille les premiers jours si beau une fille

on dirait une fille haha ton air poupon ta voix
aigue de Sarah de Mathilde de la premère conne venue
ta voix merde et tes poils pubiens les premiers
mais une fille toujours mais une fille proscrite
celle la celle de la fragilité des larmes la faiblesse quoi
le même mot hier qu'on retourne contre toi
comme si on prenait
le monde pour le renverser à n'y rien comprendre

ta tête toujours le même sens mais le monde
secoué comme une sphère agitée de rotations
malades la norme sociale son hoquet impossible
estomac irrité elle a mangé quoi bordel sûrement
le sang sauvage tous les morts de toute éternité
convulsant sous la terre et vous crutes tous idiots
les morts bien enterrés profonds six pieds et les
putains de fleurs les pissenlits je ne sais pas à quoI
ça ressemble borde de merde et je m'en fous 
les morts convulsant toujours tu les croyais immobiles
sale crétin et toutes les règles toujours changées
n'y vois rien tu contenais la ligne droite toutes ces
courbes pour toi c'est à mourir ta cohérence ton
regard franc ta bouche tordue tu n'as jamais compris
le langage qu'il fallait dire tu écris la langue gonflée
comme ton sexe depuis quand tu ne l'as pas fait
jouir tu le personnages c'est de toi que tu parles
quand tu dis lui quand la dernière fois la chaleur
la nuit la chaleur tu t'en fous la moiteur bonjour
bonsoir ta mère le et après tu t'en balances quoi
tu parles les mots difformes un serpent malade
les aisselles trempées tu voudrais qu'on t'écoute
avec cette haleine de ta peau tu rigoles j'espère
le diable le diable c'est tout déjà jugé au suivant

 

 

6 février 2017

Ludvig van Bethoven

il y aura une suite à ces lettres
ces mots tu dis la vie ici quand
tu avances de ce pas indistinct
le même à l'école, trois ans déjà
la salle de classe la sieste Federico
Martial le nom des filles tu préfères
oublier tu palissais déjà innocent
elle a commencé tôt la honte pour
toi l'oeil des autres de tous les autres
de plus en plus monstrueux dilaté
l'oeil par toutes les années à soixante
ans tu imagines l'oeil large comme une
planète tu plantes dans le sol un bout 
de bois il te servira compas bâton
de marcheur tu avanceras dans la honte
toute la vie toute la vie c'était long
un seul jour et toute la vie tu ne sais
comment ce désert ta main sur le front
humide comment pourrait il en être autre-
-ment


il faudra bien une suite jamais achevée
sinon toi froid immobile tes yeux comme
si janvier pour l'éternité y déposait son
verglas mon dieu le mauvais goût toujours
cette incompréhension quand tu parles
la bouche mal ouverte et les larmes qui
te montent mais silencieuses et non-visibles
hachurent tes mots :::/// tu avais oublié
d'appuyer sur shift avant de conjuger
tes hachures il fait mal ce mot

cette langue tu la hantes de signes
tous renversés ébréchés tes lèvres
un vase de Soissons tu demandes
au lecteur sa fièvre sa furie pour
comprendre cette ponctuation
immolée vis avec ton époque
merde à la fin si tu ne 
sais pas ton  
youtube
n'a pas de
points virgules

Tu crois toujours ça n'a pas de sens la parole sans respiration rejetée à la ligne la grande marée chavirant le frêle esquif -tu vois je me rappelle les mots du poème classique Du Bellay par là Chassignet entre ici et celui-là tu ne le connaissais même pas je l'ai exhumé 1917 la tranchée les morts et Chassignet sorti du feu baroque un trou d'obus une tombe- tu n'entends pas le mouvement ni la corde désamarée c'est elle qu'on chante son dénouement lent comme une vie au moment de la mort plus longues secondes d'exister tu ne vois pas n'entends pas existes-tu seulement ô -encore invocation classique et notre père en latin même si tu veux ave maria pater noster allah akbar toutes les langues de la prophétie missel ou coran en caractères indéchiffrables اللهُ أَكْبَر ארמים- j'écris pour des ombres fantômes spectres issus de vous j'écris pour la marque que vous laissez dans la terre molle si vous vous promeniez en forêt deux fois déjà ici pour votre autre le signe d'un vous hypothétique 

Je me rangerai un jour peut-être aux raisons ordinaires
me lançant dans le chant très banal d'une poésie 
sans intérêt voix creuse variété française qui
écouta dans sa jeunesse -loin la jeunesse-
Ludvig van Bethoven mais non pas
Ludwig von Beethoven
son plagiaire britannique 
précisant toujours son origine
hollandaise les comptoirs de Sumatra
Tobago toutes les Antilles saupoudrées
dans sa vie le typhus l'alcool pour oublier
et ta poésie est pareille à ce Ludvig van
Bethoven elle a visité les mêmes lieux
toussa la même toux fictive
alors vraiment vraiment
je dis les mots lambeaux
je suis l'évadé véritable
des pestilences l'arraché
aux asiles aux cargos
le survivant de déportation
ma langue débrisée
témoigne de moi-même
fatras 
fatras
Et Ludwig von Beethoven
à moi seul 

25 janvier 2017

Ton âme joue au cricket

[b][center]Et ton âme joue au cricket[/center][/b]


L'obscurité avançait à pas sûrs

Tout elle l'enveloppait

Mains persuadées de la force

à raboter encore un peu le jour

Equeutant le soleil

elle désherbe
la nuit
très professionnelle

 

nous

nous étions là

couchés dans l'herbe

sans un mot et la nuit

progressait

marée obscure

belle fabrique à noyés

sur nous la nuit

et

nous nous tenions là

amants contraints

par l'effroi

attendant

près des urnes

le sort maudit

qui nous était promis

part amère du fruit

non choisi

près de l'urne

à boire l'eau stagnante

tout s'effaçait dans le noir

complet

digestion-estomac

les rêves en miettes

plus rien à brûler

sinon toi bûcher

le monde qu'on enjambe

bizarre

pour faire un peu de jour

je me mis en marche

frottant la pierre non-visible

et tant pis moi-même incendie

presque

soleil de pacotille soi-même

on avait juré que tout brûle

le monde c'était

et quoi à peine

des cendres d'Atlas

j'étais en marche

j'allais

puis tu surgis

jeune homme aux cheveux blonds

phébus on dirait disait

l'autre toujours machinant

les idiotes comparaisons

qu'on oublie pas

le temps d'avant

l'université les lambris

il dira

Bientôt la nuit-cigue

comme il nous emmerde

pire que la nuit.

Et toi jeune homme de

tout faisant fi on

te discernait mal

avec tout ce khôl

au monde

(oeil malade

ce monde là

rond comme la mort)

tu balançais les bras

c'était à n'y pas croire

le vent frais dans l'herbe

sale

la nuit cornée

on allait se souvenir

le jour libre

la corde déliée

bonjour

oiseau du miracle

jeune homme aux cheveux blonds

tu rendais le goût de tout

le ciel sur la langue

flocon

et tous frères d'élection

entreprenant contre la nuit

chasser le vieux monde obscur

l'hémicycle que c'était devenu

l'univers

aux rides profondes

puis tu survins

jeune homme aux cheveux blonds

Emmanuel

14 janvier 2017

Et tu disais que tout brûle

Et tu dis 'que tout brûle'

Le monde, les marées

TOUT

Toi alors

Toi vraiment

Toi conjonction 

Tu saisis imbécile

l'Atlas

Tous les pays

Tu mets le feu à ces vérités

de carton-pâte

le bel incendie ta chambre enfumée

Ta main tas de cendres.

3 août 2013

Pour le mot d'amour

Par amour

pour le mot d'amour en vérité

C'est à dire
Le ventre altéré
Les mains affamées
Toute la douleur concentrée en un seul point
La bouche ou bien le regard
Ou plus en détail
Les lèvres et les yeux
Ou plus sensiblement
Dans l'odeur bruyante
Du cri des pleurs
et de la haine.

Regarde

Ma peau a passé de mode
Mes yeux sont d'un autre temps
Anaïs hier m'a parlé 
De sa mort prochaine
J'écoutais émerveillé cette matière précaire
Ce corprs délabré, pourrissant, ce corps à ce point crépusculaire
D'eau morte, gelée, d'eau noire, de tourbe
Emerveillé
Comme enfant imaginant le bruit menaçant des stukas sur la campagne française

Les femmes abusées et leur air de morte

Les enfants troués par une mitraille au hasard semée


Les officiers allemands au moment de jouir
Beaux et sévères

comme leurs cousins
Bourreaux du peloton d'exécution

avant de faire
FEU

 


Mais j'ai perdu le temps présent
et
le mot d'amour
Je remonte la pousisère méntale
La farine des jours
l'effort de la meule
Sur la vie
La parole broyée
Sur les blés et l'orge
rongés

 

J'en étais à je ne sais quelle syllabe déjà perdue
De mon gémissement de jais
Je te parle à toi oh il y aurait à dire encore
Pour ton air noyé, quand tu te couches dans les draps
A la recherche de la mer
A te dire, quand tu t'apprêtes à 

Mais un je ne sais quoi t'arrête
Un souvenir peut-être
Qui te fige comme une peur

 

Pour le mot d'amour, moi :

J'ai traversé des étendues de désastre, des chemins de cendre, des années entières de neige. J'ai traversé des époques d'angoisse. Toute la France et le monde en entier. J'ai parcouru j'allais dire le vaste vaste monde comme s'il était tout un, le vaste monde des objets et le monde aussi intérieur des douleurs. J'ai parcouru toute l'étendue du langage ; j'ai atteint l'abîme du silence.


J'ai marché contre le miroir, buté sur le miroir, fasciné par paysage réflechi mais ce n'était que la lumière contrefaite, que la faïence de la salle de bain mal comprise par la surface polie. Ce n'était pas les seins de Marion, pas les yeux de Diane, pas les mains d'Elise, pas, pas, pas. Ce n'était qu'un mot d'orgueil. Une sensation, un reste crédule lentemant fanant dans ma barbe.

Dans le mot d'amour
Miroir falsifié

J'appelais cet autre-moi, ce double tronqué, cet être de froid 
Marion, Diane, Elise
Et j'aimais du reflet cet

air de jeune homme éternel 

Sa pochette de crises

Pliée dans la poche

Ou froissée peut-être

mais comme une

croyance

J'aimais, j'aimais

Ah ses cheveux, ses yeux, et le bruit de foule dans ses pas

Je voulais être celui-là

Narcisse de pluie fine

Etranger, je me suis plu étranger.

 

J'ai cru comme toi ah moi aussi
Mesurer mon amour au sonomètre


Exposer brûlures et décibels
Gorges enrouées des lendemains 

De haine
Comme  preuves d'amour.

 

L'amour qui n'est pas un mot

cette chanson sans paroles.

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