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boudi's blog

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13 août 2009

Allitération

Je ne suis pas alité, mais allitéré

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13 août 2009

Talent

Mon talent mûrit moins vite que je ne vieillis/pourris.

3 août 2009

Le vertige furieux

LDeux sphères. Des distantes empoisonnées qui se rencontrent, bien hermétiquement closes qui se communiquent par delà silence clivé, c'est-à-dire qu’il y a de chaque côté de ces milliers de bulles rupturantes des émotions, des sensations de désespérés en cloques. Des putains en chaleur prêtes à mouiller de chagrin. C’est ainsi. Des sphères qui se rencontrent et qui ne doivent pas converser sous peine d’infuser dans l’autre, dans la veine de l’autre de l’eau bouillante courant, circulant à toute vitesse, passant, passant, dépassant, transmutant en magma, en lave brûlante. Quand deux sphères étrangères, translucides mais hermétiques se causent, se délayent, passe un venin que je sais respirer, que mes bronches savent encore digérer . Dedans, quand deux sphères étrangères se métissent,  que les reins se courbent, que les corps se dressent. J’observe. Je suis un grand silence bavard et bavant. Je suinte le verbe et ma sphère, ma sphère hermétique, jamais poreuse le distille. J’aime, constater, triturer, racler avec le verbe et les dents les cervelets étrangers. Ouvrir un abîme secret sous chacun de mes pas. Parce que je me perds d’expérience en déshérence. Parce qu’à l’émotion, au vécu je sacrifie le sens rationnel, le tout bien organisé, l’algorithme régissante, tutélaire.  La mathématique furieuse qui sort des sphères justement, le rapport social, quand l’interaction se noue, c’est du calcul, de la statistique, du pour cent d’échec. Tout se quantifie. Se mesure. J’ai une règle dans la tête, un compas, et un sécateur. Je sens vos arrêtes poindre, et je parlais de sphères, de rencontres et de grincement. Parce que voilà, moi, ma sphère grince, se souvient et s’en moque. Que les autres craquent, que la membrane se distende, que d’un plop définitif et fatal ils s’en aillent. Je m’en moque j’ai le verbe qui m’habite, c’est ma schizophrénie à moi, la littérature. Mais je voulais dire nous sommes des sphères des millions en englobant  des millions.  Dans un rapport hiérarchisé que je balaie. La pourriture recouvre l’or. J’ai le vertige facile en face de jolis yeux, ce sont des escalades, de la varappe sur le nez, que je balance l’imaginaire contre le front, il y a une prise aux pommettes. J’ai le vertige facile, ça m’a joué des tours à force de vivre comme ça, moi, au dessous d’abimes scélérates qui s’ouvrent sous mes pieds Je ne trahirai pas, je ne dirai jamais « vous ».  C’est au marteau que je broie la politesse. Tout ça n’est qu’une farce. Une bouffonnerie. Parler c’est déjà apprendre à ne rien dire. Mettre la cravate c’est accepter d’être en laisse. Les étrangers savent parler  la langue de l’estomac, celle qui digère, qui broie, violente de sucs. IL faudrait faire comprendre à la jeunesse que son avenir c’est de vieillir, qu’elle n’a pas de révolte que le temps ne sache éroder. Il y souffle contre ses parois, et la falaise, la falaise immense, la vertigineuse falaise s’effrite et rompt, bouffé par le sel de la mer et le vent de l’habitude. Alors c’est ça. Et moi je suis une sphère solide.  La poitrine en berne et le sourire étendard. Je me marre parce que les autres errants sont ridicules, qu’ils tremblent d’incertitude, de petites émotions factices. Oh les illusoires commotions, oh les petites blessures, et je suis mort, et toi aussi, et dieu pendu à mes couilles.  Je suis la potence et le gibet. Mais ce n’est pas la discussion ! Ce n’est pas le sujet ! Le sujet ce sont les sphères et les rencontres, la soumission de la bulle à l’autre, du désir endolori. Oh les jolis yeux sont des gouffres dont je m’écarte. Dans curieux il y a du suicide assisté.  De l’entraille  loqueteuses. Ma bouche périssable, mon court instant ici. J’en ferai sortir des éclairs, j’éjaculerai de la bouche le tonnerre, je cracherai les flèches venimeuses. Ce qu’on ignore, c’est que la foule est vénéneuse, l’approcher dissout les facultés . Je reste à côté, dans une autre perspective. Dans ma vie il me faut de la puissance, des individus forts, furieux, des comme machin qui sont là aux mots de rage autolyse. C’est à croire qu’elle finira dissoute par son même acide.  Que son corps carié, noirci de suie désespérée se fermera sur lui même. C’est un corps cancer dont l’on parle. Je crois que je penserai toujours à ses jolis yeux.

27 juillet 2009

Je suis la rage non pasteurisée

Dr Göring et Mr Hyde

myself

21 ans, toutes mes dents cariées de rage.




Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu,en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

21 juillet 2009

Naufrage.

Je ne mûris plus, je pourris.

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19 juillet 2009

Je

Je ne crois qu'en l'émotion syntaxique, dépossédé du sens, je dois écrire pour toucher avec le verbe intrinsèquement mortel. Histoire, passion, mort ? Au feu, je n'écris que pour tuer, moi, je n'écris que pour mettre le feu au mental, c'est de la musique qui jaillit des doigts, des notes, croches, double croches, écorchés. Rien d'autre, l'émotion verbale est contenu dans le mot. Vous voyez ses veines saillir, se gonfler de jus d'ombre, prêtes à céder, chacune, j'écris "grégaire" et dans ta tête l'anévrisme explose. Boum. Je n'écris plus parce que je n'ai rien à dire, que je ne cherche plus jamais à allonger sous la plume des corps de femme, et des yeux envieux, et jaloux, je n'écris plus parce que je n'ai rien à dire, aucune rage, aucune haine bien captive de mon ventre, fauve, un peu puante prête à surgir vous faire saigner l'aorte. Rien. Je suis creux.

16 juillet 2009

aaaa

Je jure de faire jaillir de ma bouche périssable, de mes dents cariés, je jure de clamer des mots d'éternité du fond de l'altérité. Je suis un loup sans estomac. Mes dents sont longues. Mon corps est vide d'appétit.

8 juillet 2009

Capharnaüm !

najib

Je suis un impotent, j'ai le rapport social sous tutelle ET curatelle. Tu vois, moi, si je suis un bookaholic c'est que les gens ne me suffisent pas dans leur immense médiocrité qui tinte dans le vide. J'ai besoin de personnages, d'individus forts de résolutions et faibles de spasmes, qui sont là, tremblants, lâches mais puissants. Que les mots, les mots les circonscrivent, les dessinent en pleins et déliés, en creux et en entiers. Ce sont des chiffres qu'aucun comptable ne peut retenir sur sa calculatrice, qu'aucune mémoire arithmétique ne peut convenablement identifier. Tu sais pourquoi ? Parce que la littérature, ses héros, ne sont jamais JAMAIS des code-barre qu'un programme saurait évaluer, et stocker en rayon. C'est fou. L'humanité, la matérielle, celle abjecte qui traîne son âme en guêtres sur les pavés de l'existence, se range, s'évalue, se négocie. Elle a une valeur, un "potentiel marchand" pour le dire publicitairement correct.
Chérie, t'es une cible toi et tous tes potes, vous êtes des cibles, des larges idéalement le pouvoir (d'achat) inversement proportionnel à l'intelligence.

Et ! Je veux les voir les amantes, les filles noyées, les chaloupes chavirées et les pères impuissants, je veux lire moi des destinées funestes gravées sur du mûrier en scierie. Ce pourrait faire un jeu de mot explosif, un à moustache, bombes atomiques en devenir et même recouvert d'un voile -d'une burqah- d'antisémitisme. C'est facile, ouais, de les voir les coptes ensanglantés et les cooptés ? Ca va bien pour eux !

Oh, j'ai le rapport social camisolé, corseté et pas pour rehausser mes attributs. C'est davantage de l'étranglement esthétique, du bandé sévère autour du cou à vous faire jouir d'agonie. N'oublions pas que chaque pendu, comme dernier repas, goûte à la suprême extase. Donc, je raconte une histoire et je me perds, mon écriture est un delta, qui fuit dans tous les sens. L'eau, l'eau de mon visage, de mes lèvres qu'aucune éternité ne saura jamais assécher, retentit quand elle choit. Vous entendez, dans la nuit, ce frisson de solitude ? C'est mon coeur qui tombe sur la pierre, c'est mon être qui retourne la terre inutile et saccagée qui vous engendra, c'est ma plume qui vient déterrer vos précieux morts et violer vos lignées chéries. Je pisse contre tous les arbres généalogiques, j'en scie toutes les branches, qu'il n'en reste jamais que des aristocrates décapités, des "têtes au bout d'une pique".
Oui, je suis ça aussi, un barbare juriste sans loi.

J'aime le livre, le personnage qui se crée, et c'est avec lui, Werther ou Jean-Jacques, Faust ou Bardamu que je converse. Leurs ombres et leurs dépouilles silencieuses et immortelles ont infiniment plus -et mieux- à dire que le bruit dont se rassasie la foule, et qu'elle colporte. C'est la bonne nouvelle du siècle le bruit. Hé !? Il faudrait l'annoncer sans l'avoir jamais crucifié, le bruit ? Oh. J'aime ce "Oh" qui est une contemplation, des points de suspension sans cordes, sans ponctuation. Je ne veux pas vivre, moi, dans un monde enrubanné de coton, rembourré de poussière d'os, et de satin, je ne souhaite pas transformer chaque immeuble en cercueil, chaque cinéma en cathédrale. J'aime le mugissement des éléments, le pas furieux de l'amant qui vient de retourner Paris pour arracher à sa belle ses yeux, pour jouir de chacun des soupirs qu'elle expirera. J'aime, la musique de la vie, j'y danse. Je suis élégant et gracieux, naturellement, sans effort. Ma démarche suit le rythme d'un clavier bien tempéré malgré ma détestation de Bach cet "ennui symphonique". Je ne refuse pas, moi, à la Terre de trembler, aux plaques de s'heurter, aux corps d'exulter, aux bêtes de se meurtrir en hurlements, que la plume rugisse, que l'homme clame son existence, que le "Je", le "Je" unique, individuel et précieux sorte étourdissant de fracas de chaque faille terrestre, qu'il s'échappe en sanglots des milles abîmes laissées inertes par la foule trop légère pour s'y enfoncer. Chaque montagne doit accoucher d'un volcan en colère. Je l'aime moi, cette musique de la vie, infinie de tons ! Le bruit, lui, est mathématique, il se conjugue à l'impératif, à l'ordre, c'est militaire. La techno, est une marche militaire ! Deux temps, trois maximum. Une Deux, Une Deux, Une Deux. Qu'on ne s'étonne pas demain des instincts de mort dans les yeux des foules, qu'on ne s'étonne plus jamais des vies régies par des chronomètres et des trompettes synthétiques. "Feu". Infortunés que nous sommes à subir le déluge bruyant d'une armée qui se croit civile mais porte l'uniforme. Celui de l'originalité commune. Du bruit commun. La marque. Général, D.J, même combat.
Nous sommes des soldats pas des potentiels, pas des en puissance comme l'on est toujours au milieu d'un roman -ce ferait une belle mise en abîme, mais l'évoquant plus haut je craindrai de provoquer la bête couverte de blasphèmes-, nous sommes une armée sans campagne, à peine courroucée des manquements à l'étiquette. Nous sommes tous, commandés au bruit, aux impératifs. Lever. Coucher. Nuit blanche. Du festif organisé, enfermé. La boîte de nuit mais chérie c'est une caserne ! Alors la foule sort, conscrite inconsciente, titubant d'ivresse programmée. La guerre est ECONOMIQUE, c'est le champ de bataille du marché ! Il n'y a qu'à errer Boulevard Hausmann en période de soldes pour s'en convaincre. Le libéralisme c'est la guerre. Sus aux résistants, aux maquisards, que l'on enfume Tarnac, que l'on (vili)pende les résistants. Et. Moi j'ai besoin de livres, de romans, de génies à tutoyer chaque jour. Leur dire, moi, que dans mon ventre je crée. Bonjour je suis Dieu et aujourd'hui j'ai décidé de faire la nuit. Que l'ombre du bois recouvre la terre, avec ses carnassiers jamais rassasiés que sont la peur et la mort. Mon premier vertige me frappa alors que je gravissais le mo(n)t "extase". De son altitude je sentis le sol se dérober, l'Univers se fondre avec le vide. Ma tête tourna, mes joues s'empourprèrent et je divorçai alors du monde. C'est consommé, je suis hors d'un mariage forcé avec le monde. Excommunié. Le monde se décompose en trois strates : la famille, les adversaires (qu'ils soient amicaux ou non), les vagins. Cette dernière catégorie s' est estompée depuis que ma plume aiguisée me châtra.

Je suis sauvage, je me lèche les plaies où court de l'eau bouillante. Et mon corps grave, mon esprit lourd s'enfoncent dans les marécages sur lesquels vous passez sans les voir. Tous ces sables mouvants, tous ces pièges qui ne se déclenchent qu'au delà d'un certain seuil de gravité et que vous ignorez, légers et transparents que vous êtes. Je dois déployer mille efforts et recourir à des trésors de prévenance pour seulement vivre quand vous passez vous pareils à des feuilles mortes dans la vie sans qu'elle ne vous souffre. La vie est un champ de mine et vous êtes un poids inerte, comme le bruit qui vous agite les sens. Si l'on peut encore parler de sens. Vos bibliothèques sont des étals, et vos musées des déchetteries. La littérature me file le vertige ; vous me filez la nausée. Les personnages, les héros, sont grands, immenses, le corps percé de flèches ils ont toujours plus de sang et de lave que vous, dans vos êtres pansés, pansus de lieux communs. Oui, eux, vivent avec en travers du coeur des flèches qui traversent la nuit, des flèches serties de plumes grises aux pointes en acier, le corps entravé de clou ils sont libres ! Et ils vivent mieux, ils vivent plus intensément dans les geôles de leurs pages, quand enchaînés au chêne qui les enfante ils osent s'exclamer !
Déclamez, êtres humains, déclamez, faites sortir vos intestins et hurlez. Le langage peut, doit être grossier, violent, vulgaire, façonné dans le sperme et la merde. Crachez vos organes quand vous causez, d'un cri, que vos poumons essoufflés, que vos gorges assoiffées se répandent ! Je veux vous voir saigner, d'autre chose qu'une pale lueur vous sortissant des veines. Et merde à la fin, il est où le cri de l'humanité, dans quel bois sommeille-t-il que j'aille violer cette belle endormie, que je lui enfonce les dix-mille sexes de la littérature dans la peau, sous la chair vulgaire et tremblante. Je veux ça, que tous les bassins débordent d'extases, les féminins et les géographiques. On ne dira plus "tu" mais "T APOSTROPHE' " que tout se contracte à commencer par les corps des femmes. Et. Me voilà pris par le tourbillon, par la fièvre, la flamme. Je l'écris déjà, mes veines sont pleines d'azote je remonte brutalement de vingt-mille lieux sous les mers, j'ai fait un tour dans la littérature un profond. Et ça remonte, les petites bulles, la pression dans mon crâne, j'explose, je fuis de partout. Monsieur, regardez mes pages sont rouges comme un drapeau noir. Je suis écarlate, et si ça bout, que je transpire la littérature, que j'en couche des lignes de poésie sur des lignes non tracées, si j'attache aux marges invisibles tous les collabos que je croise, toute cette foule immonde et vendue, c'est un peu que je suis en vie. N'oubliez pas qui je suis, je suis la violence faite verbe, la nuit faite homme. Je descends, moi, et c'est mon ombre qui dégaine. Je la presse pour en sortir un jus de noir, un poison fatal. Buvez mes frères. Ceci est mon sang, ceci est mon corps.

8 juillet 2009

Capharnaüm !

Je suis un impotent, j'ai le rapport social sous tutelle ET curatelle. Tu vois, moi, si je suis un bookaholic c'est que les gens ne me suffisent pas dans leur immense médiocrité qui tinte dans le vide. J'ai besoin de personnages, d'individus forts de résolutions et faibles de spasmes, qui sont là, tremblants, lâches mais puissants. Que les mots, les mots les circonscrivent, les dessinent en pleins et déliés, en creux et en entiers. Ce sont des chiffres qu'aucun comptable ne peut retenir sur sa calculatrice, qu'aucune mémoire arithmétique ne peut convenablement identifier. Tu sais pourquoi ? Parce que la littérature, ses héros, ne sont jamais JAMAIS des code-barre qu'un programme saurait évaluer, et stocker en rayon. C'est fou. L'humanité, la matérielle, celle abjecte qui traîne son âme en guêtres sur les pavés de l'existence, se range, s'évalue, se négocie. Elle a une valeur, un "potentiel marchand" pour le dire publicitairement correct.
Chérie, t'es une cible toi et tous tes potes, vous êtes des cibles, des larges idéalement le pouvoir (d'achat) inversement proportionnel à l'intelligence.
Et ! Je veux les voir les amantes, les filles noyées, les chaloupes chavirées et les pères impuissants, je veux lire moi des destinées funestes gravées sur du mûrier en scierie. Ce pourrait faire un jeu de mot explosif, un à moustache, bombes atomiques en devenir et même recouvert d'un voile -d'une burqah- d'antisémitisme. C'est facile, ouais, de les voir les coptes ensanglantés et les cooptés ? Ca va bien pour eux !
Oh, j'ai le rapport social camisolé, corseté et pas pour rehausser mes attributs. C'est davantage de l'étranglement esthétique, du bandé sévère autour du cou à vous faire jouir d'agonie. N'oublions pas que chaque pendu, comme dernier repas, goûte à la suprême extase. Donc, je raconte une histoire et je me perds, mon écriture est un delta, qui fuit dans tous les sens. L'eau, l'eau de mon visage, de mes lèvres qu'aucune éternité ne saura jamais assécher, retentit quand elle choit. Vous entendez, dans la nuit, ce frisson de solitude ? C'est mon coeur qui tombe sur la pierre, c'est mon être qui retourne la terre inutile et saccagée qui vous engendra, c'est ma plume qui vient déterrer vos précieux morts et violer vos lignées chéries. Je pisse contre tous les arbres généalogiques, j'en scie toutes les branches, qu'il n'en reste jamais que des aristocrates décapités, des "têtes au bout d'une pique".
Oui, je suis ça aussi, un barbare juriste sans loi.
J'aime le livre, le personnage qui se crée, et c'est avec lui, Werther ou Jean-Jacques, Faust ou Bardamu que je converse. Leurs ombres et leurs dépouilles silencieuses et immortelles ont infiniment plus -et mieux- à dire que le bruit dont se rassasie la foule, et qu'elle colporte. C'est la bonne nouvelle du siècle le bruit. Hé !? Il faudrait l'annoncer sans l'avoir jamais crucifier, le bruit ? Oh. J'aime ce "Oh" qui est une contemplation, des points de suspension sans cordes, sans ponctuation. Je ne veux pas vivre, moi, dans un monde enrubanné de coton, rembourré de poussière d'os, et de satin, je ne souhaite pas transformer chaque immeuble en cercueil, chaque cinéma en cathédrale. J'aime le mugissement des éléments, le pas furieux de l'amant qui vient de retourner Paris pour arracher à sa belle ses yeux, pour jouir de chacun des soupirs qu'elle expirera. J'aime, la musique de la vie, j'y danse. Je suis élégant et gracieux, naturellement, sans effort. Ma démarche suit le rythme d'un clavier bien tempéré malgré ma détestation de Bach cet "ennui symphonique". Je ne refuse pas, moi, à la Terre de trembler, aux plaques de s'heurter, aux corps d'exulter, aux bêtes de se meurtrir en hurlements, que la plume rugisse, que l'homme clame son existence, que le "Je", le "Je" unique, individuel et précieux sorte étourdissant de fracas de chaque faille terrestre, qu'il s'échappe en sanglots des mille abîmes laissées inertes par la foule trop légère pour s'y enfoncer. Chaque montagne doit accoucher d'un volcan en colère. Je l'aime moi, cette musique de la vie, infinie de tons ! Le bruit, lui, est mathématique, il se conjugue à l'impératif, à l'ordre, c'est militaire. La techno, est une marche militaire ! Deux temps, trois maximum. Une Deux, Une Deux, Une Deux. Qu'on ne s'étonne pas demain des instincts de mort dans les yeux des foules, qu'on ne s'étonne plus jamais des vies régies par des chronomètres et des trompettes synthétiques. "Feu". Infortunés que nous sommes à subir le déluge bruyant d'une armée qui se croit civile mais porte l'uniforme. Celui de l'originalité commune. Du bruit commun. La marque. Général, D.J, même combat.
Nous sommes des soldats pas des potentiels, pas des en puissance comme l'on est toujours au milieu d'un roman -ce ferait une belle mise en abîme, mais l'évoquant plus haut je craindrai de provoquer la bête couverte de blasphèmes-, nous sommes une armée sans campagne, à peine courroucée des manquements à l'étiquette. Nous sommes tous, commandés au bruit, aux impératifs. Lever. Coucher. Nuit blanche. Du festif organisé, enfermé. La boîte de nuit mais chérie c'est une caserne ! Alors la foule sort, conscrite inconsciente, titubant d'ivresse programmée. La guerre est ECONOMIQUE, c'est le champ de bataille du marché ! Il n'y a qu'à errer Boulevard Hausmann en période de soldes pour s'en convaincre. Le libéralisme c'est la guerre. Sus aux résistants, aux maquisards, que l'on enfume Tarnac, que l'on (vili)pende les résistants. Et. Moi j'ai besoin de livres, de romans, de génies à tutoyer chaque jour. Leur dire, moi, que dans mon ventre je crée. Bonjour je suis Dieu et aujourd'hui j'ai décidé de faire la nuit. Que l'ombre du bois recouvre la terre, avec ses carnassiers jamais rassasiés que sont la peur et la mort. Mon premier vertige me frappa alors que je gravissais le mo(n)t "extase". De son altitude je sentis le sol se dérober, l'Univers se fondre avec le vide. Ma tête tourna, mes joues s'empourprèrent et je divorçai alors du monde. C'est consommé, je suis hors d'un mariage forcé avec le monde. Excommunié. Le monde se décompose en trois strates : la famille, les adversaires (qu'ils soient amicaux ou non), les vagins. Cette dernière catégorie s' est estompé depuis que ma plume aiguisée me châtra.
Je suis sauvage, je me lèche les plaies où court de l'eau bouillante. Et mon corps grave, mon esprit lourd s'enfoncent dans les marécages sur lesquels vous autres passez sans les voir. Tous ces sables mouvants, tous ces pièges qui ne se déclenchent qu'au delà d'un certain seul de gravité et que vous ignorez, légers sans grâce. Je dois déployer mille efforts et recourir à des trésors de prévenance pour seulement vivre quand vous passez vous pareils à des feuilles mortes dessus sans qu'ils vous sentent. La vie est un champ de mine et vous êtes un poids inerte, comme le bruit qui vous agite les sens. Si l'on peut encore parler de sens. Vos bibliothèques sont des étals, et vos musées des déchetteries. La littérature me file le vertige ; vous me filez la nausée. Les personnages, les héros, sont grands, immenses, le corps percé de flèches ils ont toujours plus de sang et de lave que vous, dans vos êtres pansés, pansus de lieux communs. Oui, eux, ils vivent avec en travers du coeur des flèches qui traversent la nuit, des flèches serties de plumes grises aux pointes en acier. Et ils vivent mieux, ils vivent plus libres dans les geôles de leurs pages, quand enchaînés au chêne qui les enfante ils osent s'exclamer !
Déclamez, êtres humains, déclamez, faites sortir vos intestins et hurlez. Le langage peut, doit être grossier, violent, vulgaire, façonné dans le sperme et la merde. Crachez vos organes quand vous causez, d'un cri, que vos poumons essoufflés, que vos gorges assoiffées se répandent ! Je veux vous voir saigner, voire autre chose qu'une pale lueur vous sortir des veines. Et merde à la fin, il est où le cri de l'humanité, dans quel bois sommeille-t-il que j'aille violer cette belle endormie, que je lui enfonce les dix-mille sexes de la littérature dans la peau, sous la chair vulgaire et tremblante. Je veux ça, que tous les bassins débordent d'extases, les féminins et les géographiques. On ne dira plus "tu" mais "T APOSTROPHE' " que tout se contracte à commencer par les corps des femmes. Et. Me voilà pris par le tourbillon, par la fièvre, la flamme. Je l'écris déjà, mes veines sont pleines d'azote je remonte brutalement de vingt-mille lieux sous les mers, j'ai fait un tour dans la littérature un profond. Et ça remonte, les petites bulles, la pression dans mon crâne, j'explose, je fuis de partout. Monsieur, regardez mes pages sont rouges comme un drapeau noir. Je suis écarlate, et si ça bout, que je transpire la littérature, que j'en couche des lignes de poésie sur des lignes non tracées, si j'attache aux marges invisibles tous les collabos que je croise, toute cette foule immonde et vendue, c'est un peu que je suis en vie. N'oubliez pas qui je suis, je suis la violence faite verbe, la nuit faite homme. Je descends, moi, et c'est mon ombre qui dégaine. Je la presse pour en sortir un jus de noir, un poison fatal. Buvez mes frères. Ceci est mon sang, ceci est mon corps.

8 juillet 2009

Capharnaüm

Je suis un impotent, j'ai le rapport social sous tutelle ET curatelle. Tu vois, moi, si je suis un bookaholic c'est que les gens ne me suffisent pas dans leur immense médiocrité qui tinte dans le vide. J'ai besoin de personnages, d'individus forts de résolutions et faibles de spasmes, qui sont là, tremblants, lâches mais puissants. Que les mots, les mots les circonscrivent, les dessinent en pleins et déliés, en creux et en entiers. Ce sont des chiffres qu'aucun comptable ne peut retenir sur sa calculatrice, qu'aucune mémoire arithmétique ne peut convenablement identifier. Tu sais pourquoi ? Parce que la littérature, ces personnages, ne sont jamais JAMAIS des code-barre qu'un programme peut évaluer, et stocker en rayon. C'est fou. L'humanité, la matérielle, celle abjecte qui traîne son âme en guêtres sur les pavés de l'existence, se range, s'évalue, se négocie. Elle a une valeur, un "potentiel marchand" pour le dire publicitairement correct. Chérie, t'es une cible toi et tous tes potes, vous êtes des cibles, des larges avec des gros culs et des petits crânes. Et ! Je veux les voir les amantes, les filles noyées, les chaloupes chavirées et les pères impuissants, je veux lire moi des destinées funestes gravées sur du mûrier en scierie. Ce pourrait faire un jeu de mot explosif, un à moustache, bombes atomiques en devenir et même recouvert d'un voile -d'une burqah- d'antisémitisme. C'est facile, ouais, de les voir les coptes ensanglantés et les cooptés ? Ca va bien pour eux ! Oh, j'ai le rapport social camisolé, corseté et pas pour réhausser mes attributs. C'est davantage de l'étranglement esthétique, du bandé sévère autour du cou à vous faire jouir d'agonie. Donc, je raconte une histoire et je me perds, mon écriture est un delta, qui fuit dans tous les sens. L'eau, l'eau de mon visage, de mes lèvres qu'aucune éternité ne saura jamais assécher, retentit quand elle choit. Vous entendez, dans la nuit, ce frisson de solitude ? C'est mon coeur qui tombe sur la pierre, c'est mon être qui retourne la terre inutile et saccagée qui vous engendra, c'est ma plume qui vient déterrer vos précieux morts et violer vos lignées chéries. Je pisse contre tous les arbres généalogiques, j'en scie toutes les branches, qu'il n'en reste jamais que des aristocrates décapités, des "têtes au bout d'une pique". Oui, je suis ça aussi, un barbare juriste sans loi. J'aime le livre, le personnage qui se crée, et c'est avec lui, Werther ou Jean-Jacques, Faust ou Bardamu que je converse. Leurs ombres et leurs dépouilles silencieuses et immortelles ont infiniment plus -et mieux- à dire que le bruit dont se rassasie la foule, et qu'elle colporte. C'est la bonne nouvelle du siècle le bruit. Hé !? Il faudrait l'annoncer sans l'avoir jamais crucifier, le bruit ? Oh. J'aime ce "Oh" qui est une contemplation, des points de suspension sans cordes, sans ponctuation. Je ne veux pas vivre, moi, dans un monde enrubanné de coton, rembourré de poussière d'os, et de satin, je ne souhaite pas transformer chaque immeuble en cercueil, chaque cinéma en cathédrale. J'aime le mugissement des éléments, le pas furieux de l'amant qui vient de retourner Paris pour arracher à sa belle ses yeux, pour jouir de chacun des soupirs qu'elle expirera. J'aime, la musique de la vie, j'y danse. Je suis élégant et gracieux, naturellement, sans effort. Ma démarche suit le rythme d'un clavier bien tempéré malgré ma détestation de Bach cet "ennui symphonique". Je ne refuse pas, moi, à la Terre de trembler, aux plaques de s'heurter, aux corps d'exulter, aux bêtes de se meurtrir en hurlements, que la plume rugisse, que l'homme clame son existence, que le "Je", le "Je" unique, individuel et précieux sorte étourdissant de fracas de chaque faille terrestre, qu'il s'échappe en sanglots des mille abîmes laissées inertes par la foule trop légère pour s'y enfoncer. Chaque montagne doit accoucher d'un volcan en colère. Je l'aime moi, cette musique de la vie, infinie de tons ! Le bruit, lui, est mathématique, il se conjugue à l'impératif, à l'ordre, c'est militaire. La techno, est une marche militaire ! Deux temps, trois maximum. Une Deux, Une Deux, Une Deux. Qu'on ne s'étonne pas demain des instincts de mort dans les yeux des foules, qu'on ne s'étonne plus jamais des vies régies par des chronomètres et des trompettes synthétiques. "Feu". Infortunés que nous sommes à subir le déluge bruyant d'une armée qui se croit civile mais porte l'uniforme. Celui de l'originalité commune. Du bruit commun. La marque. Général, D.J, même combat. Nous sommes des soldats pas des potentiels, pas des en puissance comme l'on est toujours au milieu d'un roman -ce ferait une belle mise en abîme, mais l'évoquant plus haut je craindrai de provoquer la bête couverte de blasphèmes-, nous sommes une armée sans campagne, à peine courroucée des manquements à l'étiquette. Nous sommes tous, commandés au bruit, aux impératifs. Lever. Coucher. Nuit blanche. Du festif organisé, enfermé. La boîte de nuit mais chérie c'est une caserne ! Alors la foule sort, conscrite inconsciente, titubant d'ivresse programmée. La guerre est ECONOMIQUE, c'est le champ de bataille du marché ! Il n'y a qu'à errer Boulevard Hausmann en période de soldes pour s'en convaincre. Le libéralisme c'est la guerre. Sus aux résistants, aux maquisards, que l'on enfume Tarnac, que l'on (vili)pende les résistants. Et. Moi j'ai besoin de livres, de romans, de génies à tutoyer chaque jour. Leur dire, moi, que dans mon ventre je crée. Bonjour je suis Dieu et aujourd'hui j'ai décidé de faire la nuit. Que l'ombre du bois recouvre la terre, avec ses carnassiers jamais rassasiés que sont la nuit et la mort. Mon premier vertige me frappa alors que je gravissais le mot "extase". De son altitude je sentis le sol se dérober, l'Univers se fondre avec le vide. Ma tête tourna, mes joues s'empourprèrent et je divorçai alors du monde. C'est consommé, je suis hors d'un mariage forcé avec le monde. Le monde se décompose en trois strates : la famille, les adversaires (qu'ils soient amicaux ou non), les vagins. Cette dernière catégorie s'estompe depuis que ma plume aiguisée me châtra. Je suis sauvage, je me lèche les plaies où courent de l'eau bouillante. Et mon corps grave, mon esprit lourd s'enfoncent dans les marécages sur lesquels vous autres passez sans les voir. Tous ces sables mouvants, tous ces pièges qui ne se déclenchent qu'au delà d'un certain seul de gravité et que vous ignorez, légers sans grâce. Je dois déployer mille efforts et recourir à des trésors de prévenance pour seulement vivre quand vous passez vous pareils à des feuilles mortes dessus sans qu'ils vous sentent. La vie est un champ de mine et vous êtes un poids inerte, comme le bruit qui vous agite les sens. Si l'on peut encore parler de sens. Vos bibliothèques sont des étals, et vos musées des déchetteries. La littérature me file le vertige ; vous me filez la nausée. Les personnages, les héros, sont grands, immenses, le corps percé de flèches ils ont toujours plus de sang et de lave que vous, dans vos êtres pansés, pansus de lieux communs. Oui, eux, ils vivent avec en travers du coeur des flèches qui traversent la nuit, des flèches serties de plumes grises aux pointes en acier. Et ils vivent mieux, ils vivent plus libres dans les geôles de leurs pages, quand enchaînés au chêne qui les enfante ils s'exclament ! Déclamer, êtres humains, déclamer, faites sortir vos intestins quand vous vous exprimez. Le langage peut, doit être grossier, violent, vulgaire, façonné dans le sperme et la merde. Crachez vos organes quand vous causez, d'un cri, que vos poumons essoufflés, que vos gorges assoiffées se répandent ! Je veux vous voir saigner, voire autre chose qu'une pale lueur vous sortir des veines. Et merde à la fin, il est où le cri de l'humanité, dans quel bois sommeille-t-il que j'aille violer cette belle endormie, que je lui enfonce les dix mille sexe de la littérature dans la peau, sous la chair vulgaire et tremblante. Je veux ça, que tous les bassins débordent d'extasent, les féminins et les géographiques. On ne dira plus "tu" mais "t'" que tout se contracte à commencer par les corps des femmes. Et. Me voilà pris par le tourbillon, par la fièvre, la flamme. Je l'écris déjà, mes veines sont plein d'azote je remonte brutalement de vingt-mille lieux sous les mers, j'ai fait un tour dans la littérature un profond. Et ça remonte, les petites bulles, la pression dans mon crâne, j'explose, je fuis de partout. Monsieur, regardez mes pages sont rouges comme un drapeau de mort. Je suis écarlate, et si ça bout, que je transpire la littérature, que j'en couche des lignes de poésie sur des lignes non tracées, si j'attache aux marges invisibles tous les collabos que je croise, toute cette foule immonde et vendue, c'est un peu que je suis en vie. N'oubliez pas qui je suis, je suis la violence faite verbe, la nuit faite homme. Je descends, moi, c'est mon ombre qui dégaine.

27 juin 2009

Lina

Tu me files pas que le vertige, tu pends à mes yeux de délicieuses images, des dansantes. J'ai la rétine qui marche à carte mémoire, alors je renvoie, là, sur les bâches du cerveau les images de ta divine nudité. J'ai la mémoire en hyperaction, qui retient, te retient, te capture, toi, avec tes yeux dansants de tristes marées, avec ta bouche qui regorge de. De quoi déjà pour éviter la vile flatterie qui n'est jamais qu'une excroissance de la bite du demi-poète qui l'emploie. Alors pour le dire avec emphase et excès mais sans fausseté intéressée par les méandres de ton corps. Y a ta bouche qui regorge de mille souffle, mille souffle qui gonflent les voiles, les côtes, qui excitent les marins qui crèvent et qui pissent dans mon ventre. Je suis un peu dégueulasse, moi, avec des marins qui sont là à pisser dans les ports de mes côtes, qui s'apprêtent à les quitter, les côtes de l'anatomie pour l'Anatolie. Mais t'es belle, avec tes yeux qui s'effilent et tranchent dans ma chair. C'est que ce n'était pas assez, moi, mon regard lourd de cernes naturelles qu'il te fallut y ajouter, discrète, les poisons de tes vertus. Tu me coules déjà dans les veines, je suis innondé sans qu'aucun des seaux troués ne puissent écoper ce grand cadavre que tu me fais devenir. Je suis plein de creux partout qui dessinent des dents prédatrices, des crocs animaux pour te dévorer, toi, tes yeux, tes seins, ton ventre, te bouffer toute la nuit d'une chambre qu'on ne connaîtrait pas, ni toi, ni moi, parce qu'il faut bien ça, pour moi. T'emmener sur des voyages au toit du monde, dans une place anonyme où nous pourrions nous allonger l'un près de l'autre au rythme cardiaque de mon ventre amoureux. C'est sans sexualité, je suis un être quasi-castré, c'est posséder avec tout le glauque, tout le miasmatique, une chambre d'hôtel, toi et moi. Un endroit que l'on façonnerait la nuit, à causer, comme ça pour faire tomber des perles sur les cuisses. Parce que t'es belle, ce n'est pas affaire de petitesse, de justesse, de visage bien ordonné, poli et broyé par les codes. T'es belle, parce que dedans j'entends les bourreaux hurlés, parce que dedans j'entends des cris, que dans tes yeux, tes orbites ça cherche des bras aimants. Les miens frêles t'attendent, qu'on exulte sur la nuit, tous les deux, toi et moi. Avec nos origines communes qui mêleront comme des chênes voisins leurs profondes racines. Je te serrerai toute la nuit, moi, si j'ai cette chance, dans une chambre affreuse qu'on dira hotelière, passagère. Deviens mes fers pour la nuit, asservis moi, avec tes yeux tremblants de délicatesse, et moi, ma rage, ma colère qui dévore tout, le monde et sa médiocrité. Je t'attends, farouche, je t'attends avide. T'es belle de dedans, t'es belle inversée, si l'on sent ton coeur palpiter, que ton foie dégorge de trop d'alcool déprimé. Ouais, t'es belle là, dans les organes qui chialent, qui crient, qui digèrent. Lina, toi. Et moi qui disparait, je ne suis pas à la hauteur malgré mon mètre quatre vingt, tu es là, haute, sur des cimes que j'aime. T'es l'Art auquel je fais l'amour dans ma tête, avec un sexe métaphore. Je suis châtré, ça m'évitera de t'attirer coller entre mon ventre et la rue, la douleur et l'horreur. Je t'embrasse sur les yeux, sur les reins. J'ai la langue qui ne sait faire que ça, glisser sur les corps des filles trop belle. Je dérape. Qu'un mur m'y attende. Que tes yeux encaissent mon nez crochu.

Je n'ai besoin de rien pour flirter avec la nuit. Mais faut dire. Ta présence me rend insomniaque. Tragiquement. t'es une femme vertige. Une femme colline. C'est que tu n'es pas kabyle pour rien. Tu es haute est abrupte. Ca me fait penser à Bougie où cette montagne ressemble à une femme ensommeillée (tout le contraire de moi, à cette heur-ci donc). Gouraya. Disons donc que dans ma tête ce sera le pseudonyme de ta beauté. L'attentat dans mon ventre que mon coeur doit ignorer. De ton ventre sur lequl je dévore un nuit de couleurs et de lumières empruntées.

24 juin 2009

Droit des affaires.

Donc l'an prochain je serai en master 1 de droit des affaires, donc l'an prochain je ne me laverai plus jamais -ce n'était déjà pas si fréquent- afin de puer autant dedans que dehors. Ce m'évitera j'espère d'être écartelé.

24 juin 2009

Droit des affaires.

Donc l'an prochain je serai en master 1 de droit des affaires, donc l'an prochain je ne me laverai plus jamais -ce n'était déjà pas si fréquent- afin de puer autant dedans que dehors. Ce m'évitera j'espère d'être écartelé.

23 juin 2009

Tragédie sociale

J'ai beau multiplier l'interaction je suis désormais incapable de créer du lien social. Je suis en dehors. Avec des fulgurances plein la tête. Je crois que je suis une musique, la dixième fugue d'une sonate bien éclairée. Mes nuits sont allongées et mes journées courbes. J'aurais beau choir, me prendre la tempête et son feu roulant à la racine, je serai toujours un arbre. Même rompu. Un immense. Je ne me courbe pas avec le vent, je lui tiens tête. Alors nous céderons, tour à tour. Je suis un chêne, je suis toujours un chêne, à terre ou aux cieux.

17 juin 2009

Dr Göring et Mr Hyde.

myself

21 ans, toutes mes dents cariées.




Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu,en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

16 juin 2009

Dr Göring et Mr Hyde.

myself

21 ans, toutes mes dents cariées.




Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu,en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

13 juin 2009

La nuit.

J'évite la nuit au poignard des dimensions.

11 juin 2009

Bagdad sous le bruit

Il est désespérant le bruit. De la foule et de la fête. Avec la même couleur et les mêmes promesses. il joue sa mélodie à toutes les oreilles. Le bruit c'est une foule qui se déguise de travers et de vertus. C'est un oubli qui nie, une foule et le bruit, c'est d'intensité variable et de même nature. Un même moment. Le bruit c'est le désespoir de ceux qui ne peuvent pas dire . Qui n'ont pas d'imagination. Le bruit c'est le refuge de ceux qui n'ont au dedans aucun pays. Et ça le rend triste, avec ses artifices ternes, et ses hurlements. La bruit c'est une tanière pour apatrides d'intérieurs, de ceux qui ne vivent que démeublés, en forteresse vidée, déménagée. Ils ont les mondes intérieurs sous saisie d'huissier, je crois, ceux qui nagent dans le bruit et sa suie qui vous colle à la peau, qui vous fait un masque de charbon et d'ennui. Le bruit c'est cette loterie fictive pour une green card. C'est là qu'ils vont ceux qui n'ont nulle part. S'enfoncer dans la farce urbaine, à plonger dans la gorge des néons comme des épées d'une foire. On s'amuse faut croire, à s'oublier l'un dans l'autre, l'un sur l'autre, l'autre sur l'autre, c'est ça le bruit, c'est de l'amnésie. Chez moi, il y a du silence, beaucoup de silence, du silence en surproduction tellement que c'est la déflation, dans mon ventre. C'est circulaire dans ma tête pour qu'on ne trouve pas de latex comme dans les coins du bruit. C'est triste le bruit. On ne s'entend pas. Qu'est ce qu'on y vit, dessus, sur ses corniches ? Sa jeunesse probablement. Celle qui pleure, qui crie derrière les décibels, celle qui ne rêve pas mais qui vit quand même sans éther, sans sacré, vide de spiritualité et de mystique, c'est une jeunesse qui n'a de Dieu que la fête et le bruit, pas de guerres intestines juste intestinales. Le bruit c'est l'endroit du semblant sanglot. C'est un continent subdivisé selon des critères géostratégiques, de la fête ultime, sacrée, orgiaque, idyllique, la fête d'élite socialement privée, aux fêtes du caniveau organisée sur parking. C'est la géopolitique du bruit, tout ça, du bruit médiatique, on peut se faire de laconiques communiqués, des guérillas du volume. Nous. Tandis que le bruit me désespère il enfle et démesure dans les oreilles des gens qui meurent, il a cette faculté unique de réunir l'amnésie commune et sélective d'une foule faite à l'identique. Qui a dit que le clonage était prohibé, violant l'intégrité de l'espèce humaine ? Le bruit n'a de couleur que le gris, de nuit que la tiède. La création, elle demande la nuit noire, le silence de la lampe et des mondes solitaires. Il faut Bagdad dans l'estomac. Bagdad sous les bombes, et les attentats, Bagdad la millénaire qui vit passer princes, rois, dictateurs et conquérants. C'est la tectonique qui fait rencontrer tes côtes et son bassin la création. C'est là. Dans les volcans qui s'assemblent sous ton pied, la lave qui dégouline sur le bruit. Le bruit qui parasite le mot, le verbe et l'expression mais qui fond sous la chaleur. Le bruit c'est la déprime des gens heureux, et je n'en veux pas, ni à cinq heures du matin, ni à dix heures le soir. Je suis bien moi, avec mon empire de moi, de "je" qui se clame en silence. avec un peu d'elles. Je suis bien avec mes mélodies internes, de ma respiration chahutée par la fatigue, avec les nocturnes...de Chopin. et le silence de l'âme qui annonce le souffle orageux des créations. Je suis bien avec la nuit qui se moque du bruit, et qui finit toujours par le couvrir. Qui infuse son sommeil à ceux qui lui résistent, la nuit. Le bruit, c'est cette drogue des inconscients, des idiots. Le bruit c'est le pis-aller de la vie. Une manière de ne pas se voir, pas s'entendre, pas penser. C'est le désespoir binaire. BIM-BAM. Ca transe. J'irai vous violer dans les coins du bruit, craignez moi, je suis la NuIT.

11 juin 2009

Pleure Mon Fils.

Aux impétueux une vie entredévorée. C'est que le sablier n'égrène pas ses secondes de la même manière pour toi et pour moi. Je n'ai le temps que d'aller vite, et ce ce qu'Einstein dénommait "relativité", le temps qui circule aléatoirement de mon corps à ton corps, qui est un frimas dans le sang que l'été fait fondre. Voilà, le temps, il passe lentement.J'ai l'intelligence qui décompose ses mouvements, ses rotations, ses plates révolutions. Je le vois tomber, silencieux, le temps quand il trône dans les salons, en salle d'examen, quand l'attente le fait couler, 1,2,3,4,5,6... les bergers ont tué tous les moutons et le sommeil ne viendra pas cette nuit. Je me mens parce que je suis en verve mais qu'aucune fée verte n'est venue m'abreuver de lettres saignées, extra-territoriales. J'étouffe ici, et c'est la France occupée, c'est mon Paris ruiné aux frontières serrées. Ma vie est une poitrine de femme corsetée, étouffée, étreinte et bien camisolée. Nous sommes fous en suspens, sans images. Je déblatère, des bonjour au revoir. Je suis un muet de la poésie cette nuit, un MUET, m'entendez vous, j'ai le verbe qui me coule sous la peau mais qui ne sort pas. Je suis hermétique à la parole, et mes doigts ne figent rien, ils sont des mouvements que le temps laisse filer, le temps relatif qui traîne sur la vie courte ses spliffs, ses ivresses. Moi je suis sobre même à 4h37 c'est gentil de demander, et si je m'injecte de l'interdite substance c'est que mon imagination l'a créée, elle donne des rêves à deux sous, des pavés et des creux à faire des farandoles à Moscou. Tu t'imagines, en moi, dans mon écriture il y a de quoi faire danser la Crimée et les îles Sakhalines, dans ma tête il y a cette substance visqueuse qu'on appelle rêve et temps, qu'on essuie avec le papier buvard de la nuit. C'est moi la NUIT, elle se gorge de moi, et quand je suis épuisé, quand je suis livide de m'être essoré l'intelligence sur mon droit des sûrétés, civil, administratif des biens, que je suis gardé à vue par mes libertés publiques, que je manie l'oxymoron comme le sabre qui découpe en égales parts les saisons. Quatre allant deux par deux s'occupant de trois mois par année. C'est de l'équité, de la pure comme on dirait cocaïne. C'est gentil, mais ma paille ne plonge que dans des verres sucrées à m'en pourrir les dents. C'est la vérité, j'écris les crocs rouillés, bouffés. Ma plume est cariée, elle me lance et j'en jouis moi, de pouvoir écrire sous la contrainte des douleurs. Je sens que je virevolte, il faudrait transmettre l'étoile qui me passe dans les yeux, la faire descendre de la langue à l'écran. Et puis non. Je la garde, mon étoile-faucheuse, vous ne l'aurez pas, ou qu'en creux, qu'en silence obscurci. J'ai mis le feu à tout ce que j'ai fumé. Et je fume du papier à lettres rosi par les flammes et noirci par la cendre. J'aime faire que les souvenirs vous restent sur la peau, mes poignets sont brûlés, c'est un souvenir comme un autre. J'ai des traces sur le corps, tout le corps sculpté de maux et de joies. Il y en a des filles à m'être passées dessus, des Hélène, des Wendy, des Millie, des Elises, des Marion, des Elo, des quelconques et des encore là, parce que je suis irréstitible, mes doigts sont agiles. Je suis le virtuose des extases secrètes, des dénichées sur des trèsors de laideur, des grasses et fines, des sur qui je sniffe l'odeur de pays oublié. Elodie en a un sur ses seins, elle, des pyramides à vous faire trembler de penser que l'Egypte s'est éteinte, elle en a des histoires romaines, des Cléopatre sous Antoine et des Antoine sous Auguste. L'Histoire est une partouze, ne l'oubliez pas, ma prose un bordel. Tu payes et je te suce la moelle, puis tu te casses. Ici je prends et je ne donne pas. Tout fluide et tout liquide. Séminal et fiduciaire, je suis comme ça. C'est que mon temps passe lentement, et mes journées font trente deux heures. On m'a dit étranger à moi même, je dirai que je bois la corde des pendues, celle qui a durci sur les tables en verre, la blanche poudreuse, la neige des oubliants. Je dirai que je la bois, et que mon sang éternue. C'est comme ça, je suis né le sang pâle, blanc, et j'aime qu'il coule. Ce sont mes menstruations à moi, de le voir couler, saigner, pleurer, rager, pester, mon sang, ce sont mes règles, et c'est là que j'enfante. Quand je ne saigne pas de fièvre et de textes, que tout est retenu, que les veines gonflent comme des tempes douloureuses, quand je sens la saturation du venin, alors j'éjacule à l'intérieur, pression sur le sexe. Et j'enfante, j'enfante des royaumes désenchantés, des pleurs de jeunes filles voilées, j'enfante moi des pays de sucre, de miel, des Israël christiques et vous savez pourquoi ? Parce que baignée de Mer Morte il l'a ressucité, lui, il s'en fout, tout le monde c'est Lazarre maintenant, et tout le monde a la lèpre, alors il est là avec ses mains thaumaturgiques, il est là pour tout guérir la sclérose en plaque qui est la lèpre moderne et le reste. Il s'en fout, lui, quand il voit la partouze de l'Histoire il fera pas dire aux nuages qu'il faut cracher le feu du ciel, il s'en fout, il est apostat Jésus, il a renié Dieu quand le clou lui filait le tétanos.
-  C'est terminé cette histoire, mon dieu ?
-  Oui mon fils. Paradis ? Mais c'était là bas, il fallait jouir et vivre pour le mériter toujours. L'enfer ce sera pour ceux qui n'ont jamais joui du cadeau qu'était la vie, l'enfer ils l'ont vécu au paradis, d'avoir privé sa chair, ma chair des délices terrestres, des femmes et des hommes, du sucre et de l'ivresse. Le crime originel, mon fils, c'est d'avoir fait de la Terre une vallée de larmes."

8 juin 2009

W point five.

J"étais une image qu'une partie de toi chérissait. Coincée deux ans auparavant. Sur le soleil d'un bel été rue de l'éléphant, d'un poésie époumonée au drug opera. La distance finale, celle plus marquée qu'entre deux inconnus était celle-ci. D'une photographie dévelopée qui ne correspondait pas au négatif. La déception du constat, du résultat. J'ai mûri, ou plutôt fané. Mes branches -de lunette- sont tombées. Ma moustache a poussé. En moi ne demeurait rien de celui d'avant, sinon un visage vaguement familier. J'avais les traits comme ceux d'un absent. Un mort ne ressemble que de loin à l'image du vivant qu'il était. Tu sais ce n'est pas étonnant que tu aies eu un sursaut en me relisant. Ca avait rendu de la couleur à mon cadavre palissant. Ca nous remettait loin en arrière, aux émois originels. je te faisais l'amour avec le capuchon de mon stylo sur un lit de frontières. Nous avions en commun la peur, la peur fiévreuse des mots, du "je t'aime", du meurtre et des étrangers. Tous nos liens, toutes nos attitudes ont fini de diverger la dernière fois. Nous n'étions plus attachés que par une semblable indifférence l'un pour l'autre. Nous disparaissions, fantomatiques, nos corps s'étiolaient dans le mercredi mourant. Oh nous tinrent bons pour faire demeurer l'ombre mortelle jusqu'au matin, nous faire transition entre la veille et le lendemain. Ponctuation solaire. A neuf heures sonnant d'abstinence nous étions décédés, cliniquement morts l'un pour l'autre. La porte a claqué, la vie a repris deux ans d'un coup. A neuf heures la dernière motte d'une terre métaphorique, le dernier mot de la dernière prière churent sur nos cercueils. Nous rejoignîmes nos frontières respectives, nos lasses habitudes, de fosses nous étions séparés par un trait de crayon imaginaire. Deux capitales bien distinctes. Nous étions délébiles, et nous nous sommes effacés. Le déluge de tes larmes acheva l'hygiène du lieu. Délayant souvenirs, amitiés, amours, passions et envie dans un tourbillon de moiteur et de rage. C'était la pluie finissante, tentant d'engloutir de son appétit les rires perdus et l'innocence suppliciée. Oh, bien sûr nous eûmes des torrents affectifs, des filets diaphanes de tendresse et de retour, des sauts du temps qui revenaient nous envahir. Bondir depuis août 2007 jusqu'à avril 2009, des sources claires qui crurent rabreuver notre distance. C'était mes doigts dans ta chatte ou ton sommeil dans mes bras. Tes cauchemars qui te faisaient te jeter contre moi "protège-moi, c'est pas fini". Des paroles, des mots mortels, vampires. Ca ne survit pas à l'aube. Elle les déchiquette. Ce fut le cas. Elle enfuma tout ça, toute cette communion dans l'étrange, toute cette mystique rassasiée par sa seule lumière. Deux instants si concurrents dans l'extrême. Tu sais, tu mentais quand tu disais d'hésiter entre deux vies, deux artificielles délimitations. Tout ce que tu espérais de notre rencontre c'était me tuer. Me tuer pour en finir avec l'enfant assis dans le noir. Pleurant sa solitude, elle qui cherche toute sa vie la lumière, n'importe quelle lumière, n'importe laquelle, même une qui s'échappe d'un sexe maladroit qui fera comme une torche, même une qui vienne former une masse informe sous la porte de la prison. Elle hurle cette enfant, de la lumière, qu'on cesse de la bousculer avec sa petite taille et ses mains menues. Finalement. J'ai vu Lily, Lily assise sur un siège royal, couvert d'hermine, habillée en lettres d'or, en faste et somptueux ornements. Elle était là fière et belle. Tu l'as déjà vu ? Elle est belle avec ses yeux noirs. Très noirs, si bien qu'on dirait un secret ou un mensonge. Des yeux noirs de la lucidité, de la certitude. Les yeux noirs de l'assassin pédophile. Lily a tué une petite fille, une bien fragile, une bien maléable. Je crois que je suis un peu complice, que mon courage sur le chemin s'est dérobé par une poche percée. J'ai vu le crime et j'ai un peu joui dessus Wendy. Je t'ai vue mourir et je n'ai rien fait. Ca a sali mon dedans de renverser le foutre de ta disparition sur mes os. Lily c'était un peu ma rédécouverte d'un corps juvénile après avoir baisé des vieilles de quarante ans qui se faisaient enculer pour la septième fois de la soirée. Une partie de moi s'est échappée, progressive, à travers tous ces jours, toutes ces fois. Le sperme est plus riche qu'on croit, ce n'est pas qu'un amas de protéines, de vitamines et d'extase. Dans le mien, s'accroche des fragments d'être. Je me suis un peu perdu à éjaculer frénétique, longtemps dans le corps de Wendy, sur la bouche de Lily. C'est qu'elle avait toujours le corps comme une blessure, toujours ouvert, de partout affamé. Au final, nous avons disparu. Nous l'actons, sous lettre de cachet. Je fuis la lumière comme la grippe porcine, et toi tu la traques, elle te fait exister. Parce que nous cherchons tous ce qui nous manque. Et tu manques d'éclairage, de lumière. La couleur du génie. Tu ne la trouveras pas là où tu la cherches. Elle est toujours plus tamisée que l'on croit la lumière, toujours plus discrète. Elle est comme un feu croupissant dans un coin, elle est avec l'ombre. Il faut bien le voir, et pour bien voir il faut être ébloui.
Adieu

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  • une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.
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