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boudi's blog

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4 juin 2009

Encore. Encore.


Parfois je suis commun de chair désirée. D'amour arbitrairement dessiné dans le décolleté d'une femme fine. Je suis osseux pour flotter sur la vie. Servir de barque chaloupée à ses seins gonflés d'idiotie. J'ai le coeur qui me remonte du bas-ventre dans ces instants là. Y a du frisson dans la chair. C'est moi qui ruisselle en elle, dans un langage poudreux, osseux. S'écrier l'un dans l'autre. Les lèvres éperdues, qu'on sabre la nuit à coups de cris arrachés au corps. J'ai envie de toi. Que ça soit violent. Que ça brûle dedans et dessous. Et son prénom, Lo'. Délicieusement suranné qui se murmure le jour. Et puis la nuit. je t'attends. Avec la faim aiguisée par le silence. ma mine inquiète. Je suis un évadé des siècles, un romantique en camisole. Le ventre tremble. je saura mettre un bandeau à la peur. Unir ma crainte à tes yeux. Je sais que j'ai l'excès des radicaux qui effraient de bien trop. Je peux la faire pleurer la nuit pour toi. Je sais qu'on s'oubliera bientôt.

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4 juin 2009

Osseux.

Et si je suis osseux, c'est pour flotter sur la vie.

3 juin 2009

Aux Inconnues Avenue des Invalides.

Ca fait des siècles que je marche sur la corde des pendus. Je t'écris à toi, toi qui t'en fous avec tes yeux de tristes océans, de marées noires endormies. Je vais mourir, je veux mourir. C'est parce que tu t'en fous que tu flottes légère que je te l'écris, que ça ne parasite pas les organes. C'est d'un étranger à une étrangère. Sans charmes, comme un accident, une rencontre sur un bateau qui tangue. Voilà, le propos liminaire. Mourir, c'est un peu comme abréger les phrases, casser la ponctuation introduite par la morale des autres, mourir, périr, c'est s'en aller au bout du mot, juste derrière la nuit. C'est vraiment ça, et tu t'en fous alors ça me plaît, à moi, de te l'écrire, de montrer que je mets mes points de suspension à la place des virgules, qu'au lieu de bégayer mes envies je me jette dans les fosses. J'y aspire. Je l'inspire. Ce n'est pas de la C. Je ne meurs pas comme les adolescents vivent, dans l'idiote déchéance. Faudra autre chose qu'un corps piétiné par la poudre. Je te l'écris. J'y vais en même temps. Je fume un pétard au vide qui a des saveurs de nulle part. C'est agréable, ça retourne le dedans, la fumée qui s'enfonce dans les os. Je te l'écris parce que tu t'en fous. Que quand même dans tes yeux j'ai vu de tristes espoirs, la lassitude qui est la grâce des gens désordonnés. Je l'ai vu, ça m'a suffi. Tu t'en fous et c'est heureux. J'ai vu des bourreaux, sur tes pommettes, la généalogie des assassins conventionnés. On peut pas vraiment dire que tu sois belle, avec ta tristesse qui t'effiloche le regard, mais t'as ce truc, cette came à l'esquinte qui me rend dingue quand en hiver je peux imaginer la couleur de ton souffle dans l'air glacé. Y a cette chose silencieuse, c'est le mal, le bien, le cul, le coeur qui respire dans un autre univers à vingt-six dimension et demi. Et demi. Parce que c'est l'art de l'équilibre. Tu vois, moi je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, je suis fatigué de jouer le funambule sur la même corde séculaire, fatigué de la voir rétrécir sous mes pas usés. T'es pas vraiment l'extase, parce que dedans ça pourrit, on a la gangrène de l'époque, toi ce sera la solitude, la solitude meublée. Comme un musée baroque qui abriterait de l'art romantique, tu vois, ta vie c'est une antithèse. Ce n'est pas du langage prophétique c'est parce que moi aussi je m'en fous. La dernière volonté des mourants, de ceux qui épuisés traversent des fleuves asséchés c'est de s'en foutre, aussi. C'est agréable la destination, la mort ça peut être un voyage, avec ses étapes, ses ivresses, ses déceptions aussi. Je cartographie la mort. Tu crois qu'on y voit quoi ? Des souvenirs en attendant qu'on se tarisse dedans, que le sang s'en aille pour nous assécher de saveurs, de pensée ? J'aimerais croire être autre chose qu'un agrégat de molécules savantes, c'est faux. Je péris. Tu vois je t'écris et je disparais. Comme un fantôme, un prénom délébile, avec le jour toute ma peau phosphorescente s'en va. On ne me voit plus, je me laisse gorger de noir, de nuit, d'ombres et d'abstrait. je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, que ça ne pèsera pas sur tes yeux aphtiques. Nous sommes tous en sursis. Je suis le soufflet et la joue, la tête et la hâche, le bourreau et la victime. C'est ça le suicide, l'autolyse. Pfuit, disparu à l'heure du poète...Je m'en vais. Je mettrai bien un billet à Saint Pierre pour ta solitude, que quand même, dans tes yeux passent autre chose que des fantômes, des disparitions et de l'ennui sinueux, qu'on roule et qui s'effrite, s'en va et s'expire.

Adieu camarade.

3 juin 2009

Suicidons-nous le peuple est mort.

Ca fait des siècles que je marche sur la corde des pendus. Je t'écris à toi, toi qui t'en fous avec tes yeux de tristes océans, de marées noires endormies. Je vais mourir, je veux mourir. C'est parce que tu t'en fous que tu flottes légère que je te l'écris, que ça ne parasite pas les organes. C'est d'un étranger à une étrangère. Sans charmes, comme un accident, une rencontre sur un bateau qui tangue. Voilà, le propos liminaire. Mourir, c'est un peu comme abréger les phrases, casser la ponctuation introduite par la morale des autres, mourir, périr, c'est s'en aller au bout du mot, juste derrière la nuit. C'est vraiment ça, et tu t'en fous alors ça me plaît, à moi, de te l'écrire, de montrer que je mets mes points de suspension à la place des virgules, qu'au lieu de bégayer mes envies je me jette dans les fosses. J'y aspire. Je l'inspire. Ce n'est pas de la C. Je ne meurs pas comme les adolescents vivent, dans l'idiote déchéance. Faudra autre chose qu'un corps piétiné par la poudre. Je te l'écris. J'y vais en même temps. Je fume un pétard au vide qui a des saveurs de nulle part. C'est agréable, ça retourne le dedans, la fumée qui s'enfonce dans les os. Je te l'écris parce que tu t'en fous. Que quand même dans tes yeux j'ai vu de tristes espoirs, la lassitude qui est la grâce des gens désordonnés. Je l'ai vu, ça m'a suffi. Tu t'en fous et c'est heureux. J'ai vu des bourreaux, sur tes pommettes, la généalogie des assassins conventionnés. On peut pas vraiment dire que tu sois belle, avec ta tristesse qui t'effiloche le regard, mais t'as ce truc, cette came à l'esquinte qui me rend dingue quand en hiver je peux imaginer la couleur de ton souffle dans l'air glacé. Y a cette chose silencieuse, c'est le mal, le bien, le cul, le coeur qui respire dans un autre univers à vingt-six dimension et demi. Et demi. Parce que c'est l'art de l'équilibre. Tu vois, moi je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, je suis fatigué de jouer le funambule sur la même corde séculaire, fatigué de la voir rétrécir sous mes pas usés. T'es pas vraiment l'extase, parce que dedans ça pourrit, on a la gangrène de l'époque, toi ce sera la solitude, la solitude meublée. Comme un musée baroque qui abriterait de l'art romantique, tu vois, ta vie c'est une antithèse. Ce n'est pas du langage prophétique c'est parce que moi aussi je m'en fous. La dernière volonté des mourants, de ceux qui épuisés traversent des fleuves asséchés c'est de s'en foutre, aussi. C'est agréable la destination, la mort ça peut être un voyage, avec ses étapes, ses ivresses, ses déceptions aussi. Je cartographie la mort. Tu crois qu'on y voit quoi ? Des souvenirs en attendant qu'on se tarisse dedans, que le sang s'en aille pour nous assécher de saveurs, de pensée ? J'aimerais croire être autre chose qu'un agrégat de molécules savantes, c'est faux. Je péris. Tu vois je t'écris et je disparais. Comme un fantôme, un prénom délébile, avec le jour toute ma peau phosphorescente s'en va. On ne me voit plus, je me laisse gorger de noir, de nuit, d'ombres et d'abstrait. je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, que ça ne pèsera pas sur tes yeux aphtiques. Nous sommes tous en sursis. Je suis le soufflet et la joue, la tête et la hâche, le bourreau et la victime. C'est ça le suicide, l'autolyse. Pfuit, disparu à l'heure du poète...Je m'en vais. Je mettrai bien un billet à Saint Pierre pour ta solitude, que quand même, dans tes yeux passent autre chose que des fantômes, des disparitions et de l'ennui sinueux, qu'on roule et qui s'effrite, s'en va et s'expire. Adieu camarade.

2 juin 2009

Suicidons-nous le peuple est mort.

Ca fait des siècles que je marche sur la corde des pendus. Je t'écris à toi, toi qui t'en fous avec tes yeux de tristes océans, de marées noires endormies. Je vais mourir, je veux mourir. C'est parce que tu t'en fous que tu flottes légère que je te l'écris, que ça ne parasite pas les organes. C'est d'un étranger à une étrangère. Sans charmes, comme un accident, une rencontre sur un bateau qui tangue. Voilà, le propos liminaire. Mourir, c'est un peu comme abréger les phrases, casser la ponctuation introduite par la morale des autres, mourir, périr, c'est s'en aller au bout du mot, juste derrière la nuit. C'est vraiment ça, et tu t'en fous alors ça me plaît, à moi, de te l'écrire, de montrer que je mets mes points de suspension à la place des virgules, qu'au lieu de bégayer mes envies je me jette dans les fosses. J'y aspire. Je l'inspire. Ce n'est pas de la C. Je ne meurs pas comme les adolescents vivent, dans l'idiote déchéance. Faudra autre chose qu'un corps piétiné par la poudre. Je te l'écris. J'y vais en même temps. Je fume un pétard au vide qui a des saveurs de nulle part. C'est agréable, ça retourne le dedans, la fumée qui s'enfonce dans les os. Je te l'écris parce que tu t'en fous. Que quand même dans tes yeux j'ai vu de tristes espoirs, la lassitude qui est la grâce des gens désordonnés. Je l'ai vu, ça m'a suffi. Tu t'en fous et c'est heureux. J'ai vu des bourreaux, sur tes pommettes, la généalogie des assassins conventionnés. On peut pas vraiment dire que tu sois belle, avec ta tristesse qui t'effiloche le regard, mais t'as ce truc, cette came à l'esquinte qui me rend dingue quand en hiver je peux imaginer la couleur de ton souffle dans l'air glacé. Y a cette chose silencieuse, c'est le mal, le bien, le cul, le coeur qui respire dans un autre univers à vingt-six dimension et demi. Et demi. Parce que c'est l'art de l'équilibre. Tu vois, moi je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, je suis fatigué de jouer le funambule sur la même corde séculaire, fatigué de la voir rétrécir sous mes pas usés. T'es pas vraiment l'extase, parce que dedans ça pourrit, on a la gangrène de l'époque, toi ce sera la solitude, la solitude meublée. Comme un musée baroque qui abriterait de l'art romantique, tu vois, ta vie c'est une antithèse. Ce n'est pas du langage prophétique c'est parce que moi aussi je m'en fous. La dernière volonté des mourants, de ceux qui épuisés traversent des fleuves asséchés c'est de s'en foutre, aussi. C'est agréable la destination, la mort ça peut être un voyage, avec ses étapes, ses ivresses, ses déceptions aussi. Je cartographie la mort. Tu crois qu'on y voit quoi ? Des souvenirs en attendant qu'on se tarisse dedans, que le sang s'en aille pour nous assécher de saveurs, de pensée ? J'aimerais croire être autre chose qu'un agrégat de molécules savantes, c'est faux. Je péris. Tu vois je t'écris et je disparais. Comme un fantôme, un prénom délébile, avec le jour toute ma peau phosphorescente s'en va. On ne me voit plus, je me laisse gorger de noir, de nuit, d'ombres et d'abstrait. je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, que ça ne pèsera pas sur tes yeux aphtiques. Nous sommes tous en sursis. Je suis le soufflet et la joue, la tête et la hâche, le bourreau et la victime. C'est ça le suicide, l'autolyse. Pfuit, disparu à l'heure du poète...Je m'en vais. Je mettrai bien un billet à Saint Pierre pour ta solitude, que quand même, dans tes yeux passent autre chose que des fantômes, des disparitions et de l'ennui sinueux, qu'on roule et qui s'effrite, s'en va et s'expire.

Adieu camarade.

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2 juin 2009

Suicidons-nous le peuple est mort.

Ca fait des siècles que je marche sur la corde des pendus. Je t'écris à toi, toi qui t'en fous avec tes yeux de tristes océans, de marées noires endormies. Je vais mourir, je veux mourir. C'est parce que tu t'en fous que tu flottes légère que je te l'écris, que ça ne parasite pas les organes. C'est d'un étranger à une étrangère. Sans charmes, comme un accident, une rencontre sur un bateau qui tangue. Voilà, le propos liminaire. Mourir, c'est un peu comme abréger les phrases, casser la ponctuation introduite par la morale des autres, mourir, périr, c'est s'en aller au bout du mot, juste derrière la nuit. C'est vraiment ça, et tu t'en fous alors ça me plaît, à moi, de te l'écrire, de montrer que je mets mes points de suspension à la place des virgules, qu'au lieu de bégayer mes envies je me jette dans les fosses. J'y aspire. Je l'inspire. Ce n'est pas de la C. Je ne meurs pas comme les adolescents vivent, dans l'idiote déchéance. Faudra autre chose qu'un corps piétiné par la poudre. Je te l'écris. J'y vais en même temps. Je fume un pétard au vide qui a des saveurs de nulle part. C'est agréable, ça retourne le dedans, la fumée qui s'enfonce dans les os. Je te l'écris parce que tu t'en fous. Que quand même dans tes yeux j'ai vu de tristes espoirs, la lassitude qui est la grâce des gens désordonnés. Je l'ai vu, ça m'a suffi. Tu t'en fous et c'est heureux. J'ai vu des bourreaux, sur tes pommettes, la généalogie des assassins conventionnés. On peut pas vraiment dire que tu sois belle, avec ta tristesse qui t'effiloche le regard, mais t'as ce truc, cette came à l'esquinte qui me rend dingue quand en hiver je peux imaginer la couleur de ton souffle dans l'air glacé. Y a cette chose silencieuse, c'est le mal, le bien, le cul, le coeur qui respire dans un autre univers à vingt-six dimension et demi. Et demi. Parce que c'est l'art de l'équilibre. Tu vois, moi je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, je suis fatigué de jouer le funambule sur la même corde séculaire, fatigué de la voir rétrécir sous mes pas usés. T'es pas vraiment l'extase, parce que dedans ça pourrit, on a la gangrène de l'époque, toi ce sera la solitude, la solitude meublée. Comme un musée baroque qui abriterait de l'art romantique, tu vois, ta vie c'est une antithèse. Ce n'est pas du langage prophétique c'est parce que moi aussi je m'en fous. La dernière volonté des mourants, de ceux qui épuisés traversent des fleuves asséchés c'est de s'en foutre, aussi. C'est agréable la destination, la mort ça peut être un voyage, avec ses étapes, ses ivresses, ses déceptions aussi. Je cartographie la mort. Tu crois qu'on y voit quoi ? Des souvenirs en attendant qu'on se tarisse dedans, que le sang s'en aille pour nous assécher de saveurs, de pensée ? J'aimerais croire être autre chose qu'un agrégat de molécules savantes, c'est faux. Je péris. Tu vois je t'écris et je disparais. Comme un fantôme, un prénom délébile, avec le jour toute ma peau phosphorescente s'en va. On ne me voit plus, je me laisse gorger de noir, de nuit, d'ombres et d'abstrait. je m'en vais et je te le dis parce que tu t'en fous, que ça ne pèsera pas sur tes yeux aphtiques. Nous sommes tous en sursis. Je suis le soufflet et la joue, la tête et la hâche, le bourreau et la victime. C'est ça le suicide, l'autolyse. Pfuit, disparu à l'heure du poète...Je m'en vais. Je mettrai bien un billet à Saint Pierre pour ta solitude, que quand même, dans tes yeux passent autre chose que des fantômes, des disparitions et de l'ennui sinueux, qu'on roule et qui s'effrite, s'en va et s'expire.

Adieu camarade.

1 juin 2009

Dr Göring et Mr Hyde.

myself
21 ans. Toutes mes dents cariés de rage.

Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu, en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

30 mai 2009

De Anne à Wendy.

Tu as les jambes si courtes qu'elles s'usent sous tes pas. Et quand tu tentes le grand écart par delà les frontières tu t'arrêtes toujours à Lille. En bordure. Tu ne peux pas descendre plus bas où tu te claques ta fragilité. Tu as les jambes abîmées qui dansent sur les murailles sans les franchir. Tu as les jambes courtes qui fondent sur les pistes. Dis moi combien c'est triste de voir s'en aller les points de l'horizon fuyant ? De s'être rêvée étoile quand on est que ciment ? Ton acide c'est le monde qui dissout tes guiboles. Un jour peut-être que tu auras pied au fond de l'Atlantique. C'est pas demain NYC. Peut-être que tu as une ville à ta mesure, sans grands écarts, cernée de barrières linguistiques ? Ne dépasse jamais. Tu n'aurais pas pied. Je sais bien que tu ne sais pas nager. Ni dans tes yeux ni dans tes boucles qui sont des vagues de blé. Tes jambes suent la peine. Tu voudrais aller plus vite. Le dernier tramway est parti. Tu arriveras trop tard dans la vie. Tes jambes se désagrègent, elles ne franchissent plus aucun pont, elles sont pendues sur des canaux secs. Tu soulèves ta robe et tu mouilles de terre ton collant troué aux cuisses. Tu as des marques sur la vie et des jambes qui s'éteignent. C'est une lumière qui s'en va, une allumette finissante. Ou deux. Deux fines jambes blessées. Les lassos sont rongés. Tu ne pleureras pas. Ta peau disparaît, c'est un squame. Tu fermeras tes boutons à pression, tu noueras tes lacets et tu feras, au bruit du déclic, du blouson qui se ferme, la ponctuation entre le jour et la nuit. Tes jambes sont des solstices d'hiver, le soleil le plus terne, le plus bas, le plus court de l'année. Tu as quatre jours de retard. Tu es un vingt et un décembre née le vingt cinq. Il n'y avait plus de tramway, plus d'horloge accrochée au placenta. Tu auras toujours quatre jours à rattraper. Tes jambes sont courtes comme des journées d'hiver, et tu es la seule ici à chasser ton ombre. Elle a les jambes que la lumière et le contraste grandissent. Elle te montre la suie, le monde, en silence. Faut bien l'écouter pour savoir. Qu'est ce qu'elle chuchote quand ses pas bruissent contre le sol ? "Tes jambes s'épuisent, suent et se dissolvent". Tu es un météore dans l'atmosphère, un diamant forgé en périphérie des astres, et quand tu tombes sur terre, tu es poussière et carbone. Tes jambes sont trop courtes, les taxis pour les galaxies sont en panne de mercure. Un jour, j'irai avec toi visiter des tombes, tu monteras sur mon dos, on attrapera ton ombre. T'es bien Wendy l'échappée belle de chez Barrie, tu sauras la recoudre. T'as appris ça dans les livres à images.

29 mai 2009

Dépressif mon ami.

Ce qu'il y a de détestable chez les dépressifs c'est l'inclinaison propres à certains d'entre eux a ériger la dépression en groupe social et le mal-être en lien social exclusif de tous les autres. Aujourd'hui on est dépressifs comme on est de droite, de gauche, anorexique ou rocker. C'est une pose.

26 mai 2009

Elodie.

Snapshot_20090502

Elodie a les yeux noirs comme des sabres. Des yeux que j'ai fait fondre d'errances en déshérence. Je l'ai faite larmoyer sur l'évier, sur l'émail, sous la douche. Je suis prédateur et j'ai faim de ces miettes de kilos en moins, de son corps sans gras qui pointe comme une pyramide. Elle a des seins qui vous font des vertiges insensés, des gouffres et des vaux. Elle a une ville sur le corps ma Elo, comme une trainée de poudre et de cendres qui se glissent du nombril à la gorge. C'est une vague qui gonfle, un souffle qui étreint, Elo. Quand je la prends sur la pellicule numérique donc fictive, que j'allonge mes sens sur sa bouche, je me sens nourri d'une puissance séculaire, des arches, des murs, des barrières, du Berlin, du Jérusalem. Les autres...Les autres, ont toujours été là pour combler les creux affamés que tu laisses en partant rejoindre le Sud, Béziers, Montpellier, ça fait trois ans que je cherche assez d'étroitesse pour combler ta bouche, tes reins et tes seins. Trois ans que je cherche dans de blondes chevelures à t'effacer, à braiser ta nuit sur leurs crânes immondes. Trois ans qui roulent sur ton corps, et le mien. Sur Tokyo l'été dernier et son palais fou. Le six juillet 2008 au jardin du luxembourg, où l'adultère naissait dans nos deux bouches, dans notre instant, ce message parti pour elsa qui m'arrivât "il est génial, on s'est embrassés". Qui me fit sourire à dents perdus et crâne chauve. C'est ta bouche et tes yeux pesés en galaxie. Dans un lit de plomb qui s'enfonce dans la mer des lianes. J'ai toute la nuit fumer sur ton corps l'herbe neuve de l'attente. Cent parchemins en sanscrits, sans psaumes, sans mantras qu'on récitait toute la nuit sur la tombe de Morrison sous l'oeil étourdi des morts. On a fait l'amour sur The End. C'était notre éternité morte de faim qui périssait. Le ciel étranglé et le coeur en vrac. Tu te casses au Vietnam pour quinze jours. Et j'espère de toute ma force quantique que ton avion aura une heure cinquante neuf de retard. Qu'une nuit de promesses s'ouvre encore, que ses jambes coulées à la cire s'écartent pour notre chemin, humide et visqueux. Je sais qu'après Florence tu m'offres le gîte, le couvert et ton sein. L'art pour l'art, les visites encore et les détours. Je passerai l'été à dissoudre mes mains dans ton lac. J'attends que tu rentres, qu'il sonne douze juillet à mon almanach, que tu m'attendes les yeux déchirants sur le quai qui m'abrutira. J'ai joué avec bien des coeurs en papier en t'attendant, j'ai fait la marelle sur des corps en limaille, des gras, des secs, des plats des gonflés abrutis. J'ai sali le tien en bien des fuites couardes, bien des départs brusques, des frappes au menton. c'est ce que je suis, un tigre à l'âme de brebis. J'ai besoin de toi, de ton retour. Mes nuits sont trop noires. Et si je sais faire face au tumulte du monde avec morgue et superbe, j'ai jamais su affronter le silence des âmes. On s'est croisés toute la vie, on a ricoché l'un contre l'autre, le temps d'une nuit, d'une soirée. Le temps qu'elles me laissaient, elles aux prénoms délébiles. Les appels en secret, à t'aimer dans les chiottes et sous la douche. Mes nuits sont trop noires, et je t'attends. J'ai ton corps, et cette photo qui s'épuise comme un mystère. J'ai passé vingt ans, les certitudes sont des os brisés.

26 mai 2009

Florence.

Cet Ete je visite Florence. C'est une femme et une ville. Je verrai le premier mendiant de l'Histoire de la peinture peint par un jeune homme aux cheveux d'argent. Consumé par le génie Masaccio. Ce n'était pas un remède, mais un venin qui lui brûlat le sang. Je visite Florence. J'ai un pied à terre à Venise. Ce qui peut être amusant quand on sait que la ville se navigue. Je vais voir Florence, les doigts humides, et les mains pressées. Je crois que je pourrai m'étourdir devant le David, ce David rêvé, violant d'érotisme endormi. Je vais voir Florence et ce sera la Renaissance entre les paumes, qui passera comme l'eau de l'Histoire dans mon creux. J'aurais aimé avoir des reins de femme, j'aurais aimé l'anatomie délicate et innonder de liquide pleural et séminal. Je vais voir Florence la jaspée. Florence l'éternelle. Je vais faire des détours dans l'alphabet. J'avais déjà descendu l'Europe. De Bruxelles à Toulouse, c'est un quasi tour du monde, un A à Z qui commence au B et s'éteinT. Je visite Florence...C'est un peu dire, je prends l'éternité contre mes flancs. Ce sera sans adultère, Florence. Ce sera dévoué mais pas dévot. Et le plomb de la ville braisé par l'été filera dans tes cheveux blonds et bouclés Florence. Ce sera un tableau comblé. Le génie de Vinci. Peut-être même Donatello. Oh, Donatello. Qui aurait fait plus beau ? Qui aura mieux piétiné le futur ?
La Renaissance. Cette époque qui redéfinissait la place de l'homme dans l'Univers. Avec Dieu, mais malgré Dieu. Florence. C'est la ville lumière des arts plastiques, des formes et des mouvements. Toutes les femmes s'inclinent et se voilent. Toute la beauté est figée. Elle dure. Là Bas. Florence, j'aimerais y mettre le feu du fond de mes pupilles. Etre le dernier spectateur de l'immense. Etre ton tombeau, ton suaire, et ta terre. Florence.

22 mai 2009

T. Ton prénom

TTes yeux bleus qui font comme des corniches pour les fous, où s'asseoir baigner de lumière d'océans éclatés.  Y a dans ton regard du parlé langoureux, de la mer qui s'écrase en hâte dans des criques encaissées. C'est un peu exotique ton regard, ça cause espagnol et mille symphonies à genoux. Avec un peu d'attention, c'est à dire de sens tendus, on peut sentir le battement de tristes moulins vaincus d'être passé d'époques, dévorés par les mécaniques entrailles de la modernité. La délicieuse et incantatoire modernité qui se pose partout, sur l'art et sur les faces des gens. Tout le monde a perdu de ce charme antique, discret et élégant, racé et violent qui s'épanouissaient jadis. Moi, tu vois, j'appartiens à un fragment de passé, j'ai du romantique mystique, tu sais, de l'amant épistolaire et secret, caché derrière de bien aimables lettres. De la graphie déclarative, c'est un peu Babel écroulé et toutes les paroles envolées que j'essaye de t'envoyer, -je frissonne-. Donc, j'appartiens à un fragment de passé, avec mes airs qui poétisent vulgairement les charmes de tes yeux (mais pas uniquement !) tout en demeurant anonymes. J'écris des mots blottis de noir. C'est de l'investissement le noir, de l'obsession investissante. Ca m'obsède, c'est mon obsession avec tes yeux, donc le bleu. Le noir. La nuit. Elle a du calme envoûtant, du mystérieux appel la nuit. Le lycanthrope ce n'est qu'un homme qui se laisse emporter par ses magies, qui vient mettre un peu de mystique à son âme sans foi. Mais, dans le verbe je t'oublie, il est total et il engloutit même les objets qu'il doit décrire. C'est qu'il est mâle le verbe, mâle-habile, tu vois, avec des doigts rêches et courbés qui ne font plus sortir aucune musique qui ne soit pas automatique, sténographiée. Tu me fous un peu de , un peu vulgaire certes, dans les doigts, ça éjacule du littéraire quand j'écris tes charmes que j'effleure seulement pour lors. Pour lors, j'en parle avec délicatesse, comme une jeunesse s'épanouissant, comme une jeune fille faite femme en une nuit. Tu vois, si je t'écris, si j'ai le courage de transcrire la houle qui chavire tout, même dissimulé sous un pseudonyme, c'est grâce à la nuit. Je n'ai pas dormi. Et elle a infusé toutes ses senteurs, toute son envie, en moi. Mes veines ont noirci. Tes yeux ont bleuï dans ma tête. Et si je t'écris, et si je t'espère ce n'est jamais qu'en lettres muettes, qu'en silence martelé. La beauté a besoin de silence pour déployer son immensité. Et d'inconnu, beaucoup. Tu es belle et ce n'est pas pas question de forme, et de régularité des traits, c'est de l'indicible, de ce qui ne se triche pas. Probablement, comme chacun, une douleur qui ressurgit, qui maquille le regard, l'ourle d'une ombre salvatrice. La douleur, la cicatrice, ça m'obsède ça aussi, je la guette au rebord de la rupture, sous la paupière qui chancelle, dans le mot qui hésite et qu'on ravale à la limite dans de la ouate insonore, je la cherche moi comme un augure dans le mouvement du sang, son passage ventriculaire. Ouais la douleur consubstantielle à toute beauté. Finalement. Mais je me disperse. Tu vois, dans, il y a comme mille grottes insoupçonnées, mille détails endormis, c'est un prénom château-fort. J'ai toujours appris à me méfier du bruit, cette suie moderne. Le bruit qui dévore tout, la douleur, la pensée, le bien, le mal pour laisser là assourdi avec cette illusion d'ouïr. Le bruit, la foule, ça manque de poésie, de sublime. J'ai un refuge, une grotte, un ermitage au sommet d'une montagne de paille, pour observer et décrire, faire de la poésie goguette sur mes toits. Et puis toi, aussi, je t'ai comme je veux, c'est à dire selon mes termes, mes souhaits crachés, je te recouvre dégoulinante de poétique. Et c'est beau, ça fait des voyages stellaires, des parcours monstrueux autour d'une Terre carrée sur laquelle on trébuche pas. Ca fait des équilibres debout sur des planisphères cartographiés, des voyages allongés sur l'Histoire T'as quelque chose qui me me fond sous la bouche, qui m'étouffe dans la gorge, et c'est beau comme un langage oral, oral et maladroit. Qui s'exprime muet, sur le clavier, dans toute l'habileté de son infirmité. J'ai la bouche verrouillé, le langage qui coule comme il peut, comme il a envie. Je poétise en vulgarité, et je pourrais bien faire rire les siècles, rentrer l'emphase du bout des ongles, mais je ne veux pas, je ne veux pas chanter moi, je grince, je grince la passion de tes yeux. Et c'est beau comme du violon parfois, de grincer. Comme des charmes balbutiants. Et tous ces mots, je les tourne dans la bouche. Ma langue Sept fois dans la tienne

22 mai 2009

T. ton prénom.

Tes yeux bleus qui font comme des corniches pour les fous, où s'asseoir baigner de lumière d'océans éclatés.  Y a dans ton regard du parlé langoureux, de la mer qui s'écrase en hâte dans des criques encaissées. C'est un peu exotique ton regard, ça cause espagnol et mille symphonies à genoux. Avec un peu d'attention, c'est à dire de sens tendus, on peut sentir le battement de tristes moulins vaincus d'être passé d'époques, dévorés par les mécaniques entrailles de la modernité. La délicieuse et incantatoire modernité qui se pose partout, sur l'art et sur les faces des gens. Tout le monde a perdu de ce charme antique, discret et élégant, racé et violent qui s'épanouissaient jadis. Moi, tu vois, j'appartiens à un fragment de passé, j'ai du romantique mystique, tu sais, de l'amant épistolaire et secret, caché derrière de bien aimables lettres. De la graphie déclarative, c'est un peu Babel écroulé et toutes les paroles envolées que j'essaye de t'envoyer, -je frissonne-. Donc, j'appartiens à un fragment de passé, avec mes airs qui poétisent vulgairement les charmes de tes yeux (mais pas uniquement !) tout en demeurant anonymes. J'écris des mots blottis de noir. C'est de l'investissement le noir, de l'obsession investissante. Ca m'obsède, c'est mon obsession avec tes yeux, donc le bleu. Le noir. La nuit. Elle a du calme envoûtant, du mystérieux appel la nuit. Le lycanthrope ce n'est qu'un homme qui se laisse emporter par ses magies, qui vient mettre un peu de mystique à son âme sans foi. Mais, dans le verbe je t'oublie, il est total et il engloutit même les objets qu'il doit décrire. C'est qu'il est mâle le verbe, mâle-habile, tu vois, avec des doigts rêches et courbés qui ne font plus sortir aucune musique qui ne soit pas automatique, sténographiée. Tu me fous un peu de style, un peu vulgaire certes, dans les doigts, ça éjacule du littéraire quand j'écris tes charmes que j'effleure seulement pour lors. Pour lors, j'en parle avec délicatesse, comme une jeunesse s'épanouissant, comme une jeune fille faite femme en une nuit. Tu vois, si je t'écris, si j'ai le courage de transcrire la houle qui chavire tout, même dissimulé sous un pseudonyme, c'est grâce à la nuit. Je n'ai pas dormi. Et elle a infusé toutes ses senteurs, toute son envie, en moi. Mes veines ont noirci. Tes yeux ont bleuï dans ma tête. Et si je t'écris, et si je t'espère ce n'est jamais qu'en lettres muettes, qu'en silence martelé. La beauté a besoin de silence pour déployer son immensité. Et d'inconnu, beaucoup. Tu es belle et ce n'est pas pas question de forme, et de régularité des traits, c'est de l'indicible, de ce qui ne se triche pas. Probablement, comme chacun, une douleur qui ressurgit, qui maquille le regard, l'ourle d'une ombre salvatrice. La douleur, la cicatrice, ça m'obsède ça aussi, je la guette au rebord de la rupture, sous la paupière qui chancelle, dans le mot qui hésite et qu'on ravale à la limite dans de la ouate insonore, je la cherche moi comme un augure dans le mouvement du sang, son passage ventriculaire. Ouais la douleur consubstantielle à toute beauté. Finalement. Mais je me disperse. Tu vois, dans, il y a comme mille grottes insoupçonnées, mille détails endormis, c'est un prénom château-fort. J'ai toujours appris à me méfier du bruit, cette suie moderne. Le bruit qui dévore tout, la douleur, la pensée, le bien, le mal pour laisser là assourdi avec cette illusion d'ouïr. Le bruit, la foule, ça manque de poésie, de sublime. J'ai un refuge, une grotte, un ermitage au sommet d'une montagne de paille, pour observer et décrire, faire de la poésie goguette sur mes toits. Et puis toi, aussi, je t'ai comme je veux, c'est à dire selon mes termes, mes souhaits crachés, je te recouvre dégoulinante de poétique. Et c'est beau, ça fait des voyages stellaires, des parcours monstrueux autour d'une Terre carrée sur laquelle on trébuche pas. Ca fait des équilibres debout sur des planisphères cartographiés, des voyages allongés sur l'Histoire T'as quelque chose qui me me fond sous la bouche, qui m'étouffe dans la gorge, et c'est beau comme un langage oral, oral et maladroit. Qui s'exprime muet, sur le clavier, dans toute l'habileté de son infirmité. J'ai la bouche verrouillé, le langage qui coule comme il peut, comme il a envie. Je poétise en vulgarité, et je pourrais bien faire rire les siècles, rentrer l'emphase du bout des ongles, mais je ne veux pas, je ne veux pas chanter moi, je grince, je grince la passion de tes yeux. Et c'est beau comme du violon parfois, de grincer. Comme des charmes balbutiants. Et tous ces mots, je les tourne dans la bouche. Ma langue Sept fois dans la tienne

20 mai 2009

La seule du planisphère.

Comme si tu savais pas quand même que t'étais la seule du planisphère. Toutes les huit minutes à hurler ton prénom. te chercher Cisailler la terre, le vent, la nuit, la soif, toutes les quinze secondes. C'est que j'aime chiffrer moi. J'ai de la mathématique dans les artères. Quantifier. Peser. Mesurer. T'embrasser. Je crie toi toutes les huit minutes dans le noir. Pour déchirer un peu son voile de femme soumise. Coller de la lumière liquide à ses intestins fatigués. Un peu, oui, trier le feu. Lier mes veines fines et poreuses qui ne filtrent pas le poison de toi. Dans mon corps, j'ai l'estomac en plomb. Ca me rend saturnien. Et pas divin extraterrien. Plutôt camisolé isolé. Je suis fou, de toi d'abord mais tout court déjà. Malade le corps titubant, le manque qui râpe. Ecorche. Dépêche toi, de venir. J'ai envie de décrire la nuit sur ton ventre. De l'écrire les ongles courts sur ta peau. Si je t'aime autant c'est parce que tu me fais penser à la nuit. Délicieuse, fatale. Dangereuse comme une éclaboussure. Une épée fendante. C'est vrai, tu me fais penser à la nuit, parfois malade et blême. Violente comme un accent du sud qui frapperait aux portes de la littérature. C'est à ça que tu me fais penser, la nuit avec ses doigts bleus et sa bouche pétrie de couleurs endolories. Prêtes à surgir quand la mer aura recraché le jour qui s'y est fait dévorer. J'attends moi que les fuseaux horaires, que les fusains célestes te déposent le corps à l'aéroport. Qu'on fasse rimes qui danseraient sur le parvis de tes reins. Un peu comme une farandole de papier qui aurait mis Rimbaud en ombres. J'ai envie de ça, moi. Refaire l'Univers, sur ton sein. Y dessiner les astres dansants d'un lendemain que j'attends. Quand tes yeux de nuit feront l'aube. Que tes cheveux de soir tisseront les lendemains...

20 mai 2009

L'ivoire.

C'est l'ivoire de ta peau que je veux dépecer toujours.

13 mai 2009

Papa est mort.

Papa est mort. Il a avalé cent huit somnifères. Le réveil est éteint. Papa les a accumulés au fond du verre. Le whisky ne dissout pas la solitude. Ni la douleur. Papa est mort. On m'a appelé. Je buvais soutenu par la nonchalance, un peu de légèreté. J'ai demandé cinq verres de fête, pour infuser la nuit dans mon corps, qu'elle recouvre la surprise et l'étouffe. Cinq petits verres à renverser mettant un bandeau au regard de la douleur. Je n'ai qu'un permis pédestre. Une autorisation d'errance. Ok, Papa est mort. Et après. Cent mille licenciements prévus. Cent mille morts à crédit,  cent mille désespérés et combien de pendus à dix huit pour cent taux variable selon la conjoncture économique, dans nos châteaux blindés, nos coffres tremblés. La rue s'allonge et le soir grogne. C'est le crépuscule qui s'annonce dans le ciel délayé, les couleurs affadies, la foule vomie, étourdie. La nuit enveloppe déjà tous les bruits de la ville, déploie ses divertissements au néon dans les cafés et les bars. La musique gronde. La lumière compense On ne s'entend pas, se voit pas à peine. Les gens s'endurent et ne se supportent pas, s'effleurent sans se toucher. Les contacts sont gantés, hygiéniques. Je m'assieds. Pour capter le bruit. Ce sera ma cartouche. J'écoute. On formule du bruit à gauche. A droite aussi. Le langage c'est un bruit qui ne pense pas, une excuse pour meurtrir le silence, qui effraie. La musique s'interpose. Juste au cas où. Mauvaise. Mes jambes en terrasse. Chauffée. Faut bien entretenir toutes ces petites usines humaines qui fument, expirent. Ca rassure sur l'état économique. Demain on aura qu'à titre "La relance en terrasse". Je suis tout seul, à vomir des lettres. J'aurais aimé voir à quatre yeux, autour de moi que du bruit. Mes lunettes sont perdues. Merde. Peignons myope. On danse je crois. Une vieille croute montmartienne, musette en mini-jupe. Les solitudes ricochent, pas de deux, l'oubli se ménage. Il faut bien vivre. Je suis rue Descartes, maintenant. Pour causer aux grands hommes. Chacun son tombeau. Rousseau. Il en a des choses à raconter depuis l'enfer. Maman veut savoir où je suis. Sur répondeur. Dommage, ici le parfum de l'Histoire, du bois pourri. Personne pour fouiller le creux de la nuit. Quand elle remonte sa braguette, qu'elle éjacule ses flèches argentées, personne pour voir. La nuit tien des prisonniers. Les gens passent sans les voir, les meurtris. La symétrie est la beauté des architectes. Faut croire qu'ils sont tous un peu oeuvres, bâtiments, tous parallèles à coïncider. Sourire, maquillage, jupe, jeans, pantalons. Ce doivent être des esthètes, pas moi. Je garde le cheveu fou. Ca évite de se confondre, de s'esquinter. Ca préserve un peu de toutes les renonciations commodes, de toutes les habitudes à l'échec.

9 mai 2009

Château à la dérive.

Tu me rends héroïque de l'écriture au fond de mon lit. J'ai l'impression de fendre mille créatures merveilleuses en t'écrivant. balayer des maisons de géants étudiants, d'écraser des hydres resplendissantes. Percer des armures de métaux inconnus. Dompter des porcs qui ont dévoré des pays entiers, des porcs qui depuis l'Amérique mangent et déversent les ordures sur la carte, se repaissent de misère. J'ai tout ça dans les doigts, et ma tribune métaphore pour assaillir, pour étourdir les lettres. T'es un harcèlement sexuel et une guérilla sensorielle. Tu saurais me dire pourquoi je t'ai dans la peau. Tes pas légers. Musique sur mes os. Courent le semi-marathon de Paris près des côtes flottantes de mon anatomie. T'es libre dans la vie autant que captive dans mon imaginaire, comme toutes les femmes que j'happe. On lui permet tout à l'imaginaire, de séquestrer la beauté, la cloisonner, la pervertir, la sévicer. L'imaginaire, il a tous les droits, il ploie l'Univers, efface le code pénal, c'est la toute puissance, l'encrier de la nuit déversé sur les pages neutres de la loi. Dans l'imaginaire j'ai ôté les yeux du monde, pris un scalpel de verre pour opérer les syncrétismes, nouer deux religions, deux religieuses lesbiennes. C'est marrant dedans, on a tous les talents, on hurle debout dans un monde en papier journal, on essore le sel du hareng-sot dessus. Dans l'imaginaire on déploie tout, on déforme à l'infini la flamme qu'on fait devenir humaine "Salut, ça va, flamme" ? Et tu peux lui causer, la faire danser dans ta paume, l'articuler et la résumer, la flamme. Ca rend fou l'imaginaire, c'est une camisole d'images, de rêves, de parfums et de saveurs, c'est joli comme un théâtre d'ombres, ça fait briller des guirlandes colorées, l'imaginaire. Et même qu'on peut y être un peu heureux, neurasthéniquement heureux, dans l'imaginaire où l'on vit d'une solitude habitée et exaltée. L'oeil noir brillant, quasi-anar. On vit dans un demi-tombeau trois quart enfer. C'est qu'on cause avec des morts, qu'on parle à Rousseau de l'infini de sa plume, et de Céline on emprunte le voyage, on se range dans la cale de la nuit, dans l'ombre de Céline. Il nous voit pas, il nous voit plus. Il raconte son Histoire et on voit les gens mourir entre ses doigts. Il a tout dégluti, tous assassinés Céline, alors c'est le plus beau, alors c'est le vainqueur sur l'Univers. Il a beau être enterré, on viendra bien chialer sur la disparition. Une mort à crédit, bien humide le crédit, bien liquide pour sûr. On rembourse avec intérêts quand on chiale clairement, dessus. Ils doivent tous être satisfaits à hanter mon imaginaire. Appelle moi chateau à la dérive...

5 mai 2009

Luit la Nuit.

Et la nuit descend sur le bruit de la ville, elle enveloppe les murmures et les cris. Elle emporte le mouvement du jour avec le soleil dont elle se rassasie. La nuit descend brumeuse sur la ville qui bruisse encore. Elle imprime le sommeil sur les visages burinés d'ennui. La nuit qui descend lentement, avec ses habits de neige, recouvre très loin la ville. Elle commence par ensevelir les toits des Eglises et glisse son ombre pour étouffer les buildings. Dans les villes la nuit est violette, pâle et malade. Elle recouvre de son obscurité délavée les tous petits et les  clochers, les mairies et les écoles. Dans la ville la nuit est blême et sage. Elle attend devant les vitrines du bruit et de la fête. Elle n'engloutit plus rien, et sa brume affamée, son corps engourdi, se penche sur les gouttières. La nuit n'a plus de royaume, que des mares d'ombre. Elle attend que la lumière s'épuise, que la danse s'essouffle. Dans la ville la nuit n'attend qu'août qui éteint le bruit, et tait la lumière. Elle attend la nuit, avec sa patience et son meurtre entre les seins. Elle attend. Et alors il n'y a plus d'écrivain, plus de nuit. Que des plumes sèches de bile, la nuit génitrice meurt en couches et rien ne sort. Que des embryons avortés. On le dira pas au pape.

5 mai 2009

Des rêves en chrome.

Moi je fais des rêves en chrome. Des corps qui se mélangent où les fluides s'entredévorent, glissant le long de ton épiderme. Je vois des images comme ça, symbiotiques. Qui se remplissent la panse de mots et de langueurs. C'est comme la mer qui se courbe et se retire, qui disparait sur le sable et laisse la trace de sa course. Les traces de ces pas oubliés, immaculés et sonores, polyphoniques et nacrés. Une chanson, la mer qui enfle et et ride sous les bourrasques de la fièvre. Dans la mer mentale que je décris, tu vois, la solitude, fait naître des débris, des récifs, des pointus assassins qui sont comme des  bandaisons dans la chair. Le désir il coule tous les téméraires capitaines, il les pend aux figures de proue, avec les amarres enfin déliées. Tous les pontons ont brûlé du même feu, en même temps. L'incendie des désillusions.

5 mai 2009

Les corniches sont des falaises urbaines.

Les corniches sont nos falaises urbaines. Nous tendons notre équilibre sur des fils de béton. Et les yeux des femmes sont les meurtrières de demain. Le jour aspire la nuit expirant. Le poumon de la Terre est tronçonné. La nuit est grippée, elle tremble jusqu'en Italie. Et nos bords de fenêtre désagrègent l'équilibre. Le jour est sous héroïne et les femmes sur les hommes. Le ciment a séché et tous les cœurs du monde sont prisonniers de l'écorce. Il ne reste d'humanité, que des vestiges, des sculptures, des moulages. La poésie est dans l'Océan. Pour faire des rimes marines au fond d'un requin. C'est un peu triste.

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