Loïs
Je finis l’épisode où Loïs se venge de celles, affreuses, qui harcelèrent, moqueuses, son fils Reese. Reese, atonique dans son lit, incapable d’autre chose que pleurer et pleurer, Hal, son père, presque s’en félicite, puisque les premiers jours de sa douleur, humilié, il n’émettait pas le moindre son. Reese, malheureux, que son frère doit laver parce que les plus simples gestes lui sont devenus obscurs, il a régressé anté-naissance et, au lieu du liquide amniotique chaud, il baigne dans une mare de douleur.
Loïs affronte un cas de conscience de se surprendre, soudain, prendre du plaisir à ce qu’elle fait, à ce que la vengeance, en tant même qu’acte violent, la satisfait. Si je reviendrai, ensuite, par moi, il me faut ici un détour concernant qui moi me heurte avec, pour qui sait, l’injustice que l’on connaît. Lorsque des personnes agissent au nom du bien trop souvent ces personnes - je pense ici à Marine Simon ou Esther - se déchaînent, considérant qu’une juste cause permet toutes les violences, le renoncement à toutes les normes morales qui, en dehors de ces circonstances, auraient cours - ces mêmes personnes, d'ailleurs, s'indignent sûrement de ce que l'on veuille, par trop souvent, dépolitiser le sexe, lieu et pratique réservés. Un état d’exception de la morale qui devrait, pourtant, interroger en ce que, justement, un acte moral pour être moral vraiment, doit s’aborder avec prudence à cause de ce que, se prévalant de la justice et du bien, ses conséquences doivent porter bien et justice. Toute précipitation entraîne chaos. Prudence nécessaire. Sans quoi il ne s’agit plus que de cruauté et, in fine, l’objet ne devient plus la justice ni même la vengeance, qui en est la forme diminuée, un homonculus de justice, il devient le sadisme. La morale, ici, permet d’assouvir un vil désir et non d’atteindre la justice que, pourtant, on promettait d’accomplir. C’est la phrase de Marine Simon « Je ne dois rien à Jonathan » peut-être, effectivement, à moi rien, à toi, par contre, à tes actes et ton système moral, tout. Parce que la contradiction en toi porte dans son ventre des conséquences et, de les fuir, elles ne meurent pas, elles germent dans cette terre mauvaise, les fruits de ce mancenillier, je t’assure Marine Simon, ils sont vénéneux, leur ombre même est empoisonnée. Qu'on me pardonne alors, moi, de venir, peut-être des pourritures antérieures, du fumier, nourriture des porcs, que, dans tout ce désastre de fluides fécaux, émerge, moi, fruit, fleur carnivore, bien malgré moi, la baie vénéneuse. k
Loïs pleure devant son fils en lui rapportant ce qu’elle vient de faire, ces trois filles que, chacune, elle a torturé en visant ce qui leur était précieux. La première ses cheveux parce que fière de ses cheveux, la seconde, amoureuse de sa collection de poupées, les décapita toutes, la troisième la faisant passer auprès de ses parents comme une salope qui va se faire baiser partout et par tous. Loïs, en larmes, annonce à son fils ses récentes manoeuvres, désolé d’elle même de trouver dans ces actes un exutoire à autre chose que, seulement, consoler son fils. Elle s’en blâme, se reproche de cette forme tordue d’amour, regrette de, simplement, n’avoir pas écouté, juste, les sentiments de son fils de ne lui avoir offert que cette consolation égoïste, ainsi. Au lieu de l’attente muette. Reese, reprend vie. Il ne reprend pas vie devant le cas de conscience de sa mère. Il reprend vie d’obtenir une justice, de se rétablir dans le monde quand il croyait, pour toujours, se trouver du côté irrémédiable de la noyade, un équilibre qui lui serait rendu, une ligne de flottaison, une vie dont on le privait et qui, privant lui à son tour, retrouve de la vigueur. Alors, il dit à sa mère qu’il y en a une quatrième, qu’elle sait qu’il y en a une quatrième, mais le cas de conscience s’est mis en travers, il fait obstacle à la vengeance, une autre idée de justice, de bien, de mal, apparaît. Qu’elle doit considérer, sinon comment se dire une mère ? Reese va mieux, pourtant, Reese, reprend vie. Alors, ensemble, parce que Reese ressemble à sa mère, elle le lui dit, ils contiennent en eux tous les deux une forte violence. Ils se rendent chez la dernière et accomplissent le tout de cette justice, une vengeance parce qu’aucune institution ne prend en charge ces cruautés, je me trouve à un point semblable, elle tenta, pourtant, par le responsable scolaire, d’obtenir une médiation, devant l’échec elle recourt elle-même à sa propre force, à son propre risque. Elle soigne. Se soigne. Le soigne. Loïs, contrairement à celles qui moi me firent et défirent, se pose la question, Loïs cruelle, jubilante, oui, se pose un moment la question du bien et du mal, fait parler en elle la douleur de ces filles, ce qu’il y a dans leurs têtes. Elle n’agit, à la fin, qu’après ceci, sa vengeance se fonde, d’abord, sur un principe moral, philosophique, celui du doute, de la possibilité d’avoir tort, de faire trop, elle se demande si rendre justice se fait sans conditions, que la condition soi, même, la plus minimale : s'interroger. Ces filles, agresseuses, ne se posèrent nulle question, je parle de toutes ces filles, celles de la fiction, celles, aussi, irréelles autant certes, de ma vie à moi. Elles périssent, meurent et souffrent de cette absence de cas de conscience parce que, contrairement à ce que ces autres pouvaient imaginer, il ne s’agit pas, d’avoir mauvaise conscience.
Marine Simon, tu devais plus que tu ne crois. Si, jamais je n’attenterai à toi, de quelque façon que ce soit, parce que, après tout, ton confort moral te va bien et, après tout ce que tu as vécu dans ta vie de malheurs critiques je peux bien te passer ça. De justesse, je ne te mens pas, dans mon suicide, dans le cadavre pourrissant, quelque chose pour toi recelait, petite perle néfaste du fonds de la mort. Il y aura sur ton bonheur, peut-être un jour, un tout petit cas de conscience, comme ces grains de beauté dont on se demande, plus tard, s'ils ont toujours été là, ou si l'exposition prolongée au soleil provoque ce mélanome. Ce cas de conscience, petit plus tard, une tache de soleil, si l'on te demande, réponds que tu ne sais plus. Il faudra vivre avec.
Margot , pareil, je peux bien lui passer, elle vécut toute sa vie avec l’idée de son sexe répugnant, pauvre coquillage mal conservé. Disons, que sa souffrance, elle, qu’importe aujourd’hui le mensonge, elle le subît au passé. Disons que c’est la forme, à elle, de justice. Sa réponse au léché flasque.
Le léché flasque était une réponse à sa trahison. Arrêtons ici, seulement, le cycle des vengeances. Margot souci, de sa première tentative de suicide à neuf ans, de ses relations complexes et traumatisantes avec sa mère, a eu sa part de souffrance.
Celle à qui je ne passe pas, comme de bien entendu, c’est Chloé, qui, par bonheur, sera justiciable, elle, non pas de ce qu’elle me fit, dont j’ai assez plaint dans l’indifférence générale ses agressions sexuelles, mais bien, ici, de ce qu’elle viola la loi en produisant un faux témoignage
Pour m’endormir je lis ceci, en pensant à Chloé , ce texte ne parle que de toi, tu m’émeus ici. Dans le passage surtout puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Douce berceuse, parfois, le code pénal.
Article 434-13
Version en vigueur depuis le 01 janvier 2002
Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002
Le témoignage mensonger fait sous serment devant toute juridiction ou devant un officier de police judiciaire agissant en exécution d'une commission rogatoire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Toutefois, le faux témoin est exempt de peine s'il a rétracté spontanément son témoignage avant la décision mettant fin à la procédure rendue par la juridiction d'instruction ou par la juridiction de jugement.




