En même temps que tes idées s’éloignaient des miennes tu t’es effacé. Quelle sorte de brume, de mauvais vertige, t’ont pris-e et dépris-e. Un mois sans nouvelles de toi.
Par où entra-t-il le monde infect
quelle plaie creusée en toi
permit l’infection
de ce monde contagieux
le haut-mal
la lèpre de la tpete
D’un coup, face à moi, tu te tenais c’était un autre. Ton approximation méchante. Forme faussée, un peu plus épaisse, grâce à la fonte poussée à la salle mais dans les yeux et dans le verbe quelque chose d’irrémédiablement différent. Extinction de voix au niveau du regard.
Je pense à toi, parfois, lorsque l’OM joue un match de football et toi que je ne peux charrier ou féliciter avec une fausse humilité.
Je regarde le score sur eurosport ou google
je demande à Siri
de me faire la conversation
ça me fout en l'air
Je crois que je t’aime encor
malgré tout
que l’amour jamais ne se contente
chose si fragile
de mourir d’un rien
que l’amour
non pas
sensible
au mauvais vent
celui quadruple
et spectral
d’Ecosse
ne se ténue ainsi
serions nous
tas des poussières
amassés
dispersés
le geste las
5h 6h
trop tôt le matin
par les gens
d’entretien
?
serait-ce nous le pollen
d’avril
l’éternuement de C.
serait-ce notre amour
fertile
mais léger
?
mon amour enfle et te serre
de ta
coque de glace
j’attends le dégel
je sais qu’il ne vient
pas
sans
boue
quelques rues nous séparent
si je compte bien
c’est à peine 4
toi
la place où tu dors
le 6e étage
le lit récupéré
tu te souveins
avec la fourgonnette jaune
le lit
monté et monté
le lit dans
ta chambre
collé à la fenêtre
par où on l'on voit en grand
le Sacré-Coeur
Depuis la dernière fois, j'ai bu, parlé, fumé dormi
la découverte de moi un jour de pleine lune c'était
ou de lune trois quart et prétentieusement giboise
découverte de moi
mon désir à moi un jour
que moi je veux
que j'ai le droit de vouloir
avec
et de vouloir contre
et que parfois parfois ce sera tant pis pour les autres
qu'ansi je leur fais grande place en moi
grande amitié de leur
dire
je veux pas
le droit
sans honte
de vouloir
ce que tu ne veux pas
de me compter
en premier
je ne suis pas bon
mes élans naturels
ne me guident pas aux consolations
micro-sociales
je suis attentif
à ton visage
et je ne te sacrifie de mon drap
que l’ombre
mais c'est toute l'ombre
alors.
bien meilleur que tous
faux gentils
vrais cruels
si je dis tous
c’est exclusivement
aussi
de vous
tous
ou
us
s
Je pense à x
qui souvent vénéneuse
passe
l'air innocente
noire noire noire
qui ne devient pas verte
ne murit-rat pas
Oui
je tartine la figure d'excréments.
je connais la haine plus facilement que la colère et l’amour tout autant que la haine
déborde de moi mauvaises rives aux chemins de halage aux routes bétonnées mon amour
tant pis si vous n’en voulez pas
mon amour gorge gorge
tant pis si vous ne voulez pas
on ne demande pas l’autorisation de recevoir
la haine giflante
(le gant volant dans le salon pour défier l’air
et l’autre)
et de ceci non plus je n’ai pas honte
j’ai des vices et leur inverse
Et j'aimerais n'avoir à offrir que ma lumière et j'offre à la fois mieux et pire : de l'humain, la sale chaire humaine putréfiable et guérissante ; à la fois parfumée - je sens parfois le lilas si l'effort me fait suer des mains et parfois le mauvais fauve - et puante carcasse.
OUi cadavre humain putrescent merveilleux
superficiel et dense
ravi que sur la piste de danse
les regards des filles
et des garçons
se posent sur moi
qu’on me renifle
qui j’ignore
pas honte
de ne tolérer que mal les méchants et les vilains
J’importe
et vous aussi
ma volonté de fer
voilà mon je veux
l’étendue
de mon humanité
singulière
mon portrait
je veux.
si je recueille tous mes suffrages ce n’est pas au détriment absolu des autres
les interactions, non toutes mais la plupart,
portent une tension l’
opposition de désir-t
contradictions
de faible intensité s’il s’agit de hcoisir un film
plus intenses parfois Et ce parfois
au dernier term-
e
de ce parfois
alors
je veux
sans quoi vraiment je vous
nie-
je vous trompe-
si je ne me donnais pas
la prééminence
alors
je mens-
pour vous
quelle immense tendresse
dans mon ventre
malade
quelle immense tendresse
depuis mes membres
je vous oriente
je vous vois beaux merveilleux chancelants
je vous vois tentant
ratant
peureux
craintifs jusqu’au pelage roux ou blond
heureux
les cils peints le crayon qui dérape sur l’oeil
la feuille ou la peau
mon amour immense se fiche comme une flèche
vous êtes merveilleux et salauds
mais n’interrompt pas ma haine
la saloperie
ce merveilleux
n’interrompt pas
de vous poignée infâme
et je sais poignée infâme
toi aussi tu fais comme tu peux
mais ce comme tu peux
c’est un peu trop comme tu veux
(non disant je veux
ou je veux
minablement
) je sais
la peur la honte je sais la crainte je sais les coups enfant les tromperies je sais les agressions l’hurlement la nuit ta sale figure dans le miroir les jeux solitaires dans la cour je sais la trahison et je sais que je ne sais pascependant pourquoi tu as fait tourner cet tout çaaigre
venin
mauvaise vie
c’est à toi que tu dois dire pardon
mauvais liqiuide ta vie
épaisse et malodorante
tu avais le choix un moment
de dire tant pis
pardon à moi dire
voilà c’est moi cette plaie cette peine
c’est moi surtout tout le reste
c’est moi
je t’aime pourtant
je t’aime
mais
je te hais
la haine ah la haine
june haine farouche envers ceux, gens
qui
considèrent dans l’amitié des hiérarchies
et n’hésitent pas à tracer régulièrement et
sans ironie
le graphe de celles-ci
non pour classer et présenter
leurs propres préférence
s
non pour ceci mais pour exprimer
qu’ils sont les plus aimés
de telle ou telle absent-e
ou présent-e
vous les connaissez
ceux qui produisent en société
une connivence exagérée
pour duper les autres
à la grande surprise
même de qui ne se savait pas
tant aimé-e
ce n’est pas de l’égoïsme
mais du riquiquisme
sachez, vous de cette sale peste
guérir
et si je vous vois à nouveau
faire ça devant moi
je vous claque du
mauvais augure le coucou dans ma
gorge
,
nous connaissons tous icelui icelle
interpellant en pleine société
cordialement ivre
ou sobre
tel-le autre
pour signaler
on ne sait quelle aventure d’envergure
à eux seuls connus
ceux qui non pour chasser leur peur à deux
(o beau geste d’amour)
se blottir dans le souvenir commun
non de cette façon
là
qui le font
pour chasser
les autres
dire
au fond
je t’admets ici
sans que tu appartiennes
tout à fait à ma bande
ne dépasse pas.
Aujourd’hui je m’affirme éblouissant
je compte plus que quiconque et quiconque compte autant que moi
mon amour va à tous
et tous n’entrerez pas
je suis cool
je croyais bien connaître le je
de l’avoir employé en mon plein lyrisme
pourtant le voilà qui se déclare pour la première fois
texte initialement publié sur le forum dont sont issues les captures d'écran. De prendre ampleur ici lui fait perdre un peu de son sens mais en conservant suffisamment - et ce blog me servant aussi d'archives - je le présente ici.
Hésitation à cette heure là d’insomnie du choix Entre les différentes icônes de la barre de tâche apple on y trouve les traitements de texte ce ne sont pas des logiciels libres civilization V ce V jaune
« photos » cette rosace multicolore médiathèque de mes photos synchronisées depuis iCloud où j'entrecroise une recherche bizarre formelle des actualités mêlées d’intime le commun d'internet et le sexe du moi-avec-moi et dont je ne sais pas encore trop quoi faire comment ouvrager la profusion
C'est à dire : je document ce moi-même jusque dans ma nudité crue moi archive constituée de superficie ma dimension mon étendue physique et/ou morale
Je m’étais suggéré d’ouvrir un topic TW sur le forum pour y mettre ce que je produirai d’ainsi, comme on dit, sensible. Décourageant à la fois les pas assez curieux, les profondément-s inquiets, prévenant, surtout de la nature de ce qu’on allait voir, du potentiel heurt recelé au-dedans et de l'inspiration - c'est à dire la respiration retenue - nécessaire avant d'y plonger. Nullement question de ce moi civil, réel, connu à exposer en direct. Mais le choix du document, sa remédiation, m'expose dans une nudité plus vive que celle de notre naissance. Devait y figurer, entre autre, de la pornographie mais vu de biais. Ce qu'on ne voit pas dans la pornographie, le décor, la télévision allumée, ce à quoi personne n'a prêté attention, quelle couleur le parquet. Mais aussi ce qui importe et qu'on voit au premier chef. TW, oui, plutôt que la balise spoiler que tout se matîne de cette tendresse là.
Mon propre corps à moi, aussi, sûrement exposé dans son habit antédiluvien ; cependant non sujet exclusivement dédié à la nudité (sexualisée ou pas).
La nudité moins en le corps physique dévoilé , non le corps sans vêtements. Dire nudité non en ce sens ordinaire et transparent. Dire nudité, plus crue - sous mais aussi avec la peau
Pas non plus de ce qu'on appelle communément l'impudeur ici (grossièrement : révélation de l'intime, qui devrait demeurer privé, c'est à dire dissimulé et, franchement disons le un peu
honteux).
Nudité, de moi, parce que lieux et corps choisis et désignés par moi. Parce que mon corps mais aussi mes photographies, mon errance. Y réfléchissant je m'aperçois combien continuent de se maintenir se partage entre deux nudités deux monstrations. Corps et esprit. Prétendant au corps on ne fait que dire le corpssoit exactement le nier. DE la meilleure des façons indiquer, désigner sa totale absence. Cette dualité a encore de beaux jours...et sur le forum en même temps.
TOUT
SAuf
ton
CORPSA
et c'est Romain qui mieux que les autres l'a dit et montré
anti-corps
voilà
dans sa duplicité
l'anti corps
dans sa diversité
anti-corps
ce qui ronge la vie microbienne bactériologique
lieu du grouillement
le corps
ça grouille
spoil:
Projet non abandonné. Murissant lentement comme moi me déshabillant parfois
Et dans le même temps : J’hésite à glisser le curseur jusqu’à ce V, double cliquer (tapotement sur le pad) qui lance Civilization V. Comme pour s’assurer que tel est bien mon désir une fenêtre intermédiaire s’ouvre, rappelant ce qui se passera si j’exécute le programme. Plusieurs heures jubilatoires et vaines ; comme parfois est la jubilation, sûrement. Plaisir pour rien, sans but, bruit sourd de ce plaisir (Romain, penses-tu que le cri qu'on pousse dans la caverne, le faux cri dans le monde des apparences, cette ombre là qui se répercute contre les parois, penses-tu que malgré sa détresse ou sa joie, penses-tu Romain que ce cri là produit le bruit sourd du plaisir d'une partie de Civilization?)
Je choisis la difficulté maximum où l’ordinateur triche à outrance et moi parce que je ne veux pas me faire battre par l’informatique je triche plus encore « je mourrai le marteau à la main ». dans civilization chaque découverte d’une technologie s’accompagne d’une citation. Au moment de celle de la chimie ou de l’acier, l'italique citée s'affiche sur l'écran. Elle est de John Henry, refusant de céder à l'industrie peut-être. Je la fais mienne, luttant le clavier au doigt. je n'ai jamais lu le poème original de John Henry faisant à l'instant la recherche
Lorsque nos villes contiennent trop de population le mécontentement les rend improductives. Pour y pallier je construis dans les régions les plus septentrionales une fontaine de jouvence qui augmente le bonheur de l’empire. Les merveilles dites naturelles ne sont normalement accessibles que par le hasard. Mais je triche. Je vis le clavier à la main.
J’adore jouer avec les romains. Au stade de l’antiquité leur unité de mêlée, le prétorien je crois, est très supérieure à celle de leurs voisins. L'arme de siège, la baliste triomphe aussi de la catapulte plus ordinaire des barbares.
Je pense beaucoup à Romain lorsque mon écriture parvient dans ce genre de zones. Parce que probablement les territoires qu’il explore et donne à voir voisinent avec les miens. Autrement, d’autres périphéries, un centre dévié. Pourtant j’y reconnais du même. Qu’est-ce? Semblable manière de tatonner ; serait-ceci le point commun ; le mouvement de la main au milieu de la nuit nuit nuit.
Je lui fais une place curieuse, je ne sais si elle est généreuse, cette place, si on fait ainsi à quelqu'un qu'on aime. De le fixer, quelque part (et le laissant libre du reste de ses mouvements - je veux dire ses mouvements à l'intérieur de mon amitié) dans une sorte d'espace géographique.
Je débute aussi une action judiciaire contre ubereats pour les manquements graves et répétés à leurs devoirs tels que prescrit par le code de la consommation dans L212 ou L 612 je ne sais plus. A cette heure-ci, oui, dans ce qui se nomme encore Sans-titre 35. Année et demis comme au bar
Faire une enquête inspirée des détectives sauvages de Bolano. Nous cherchons ce que nous voulons selon nos désirs nos pathologies nos besoins nos espoirs
Cela donnerait du 12 novembre au 7 janvier, écrire, 55 poèmes, soit 76 pages, soit 2453 vers
la forme et le fond sont libres
j'ai seulement deux demandes - par l'idée d'en faire un petit recueil collectif à l'issue - essayer de faire, parmi votre production, un (ou plusieurs) poème composé avec en tête les mots suivants : écriture - réel - viscéral (ensemble ou séparés)
J'ai choisi, pour ma part, de rédiger tous les poèmes de mon enquête à la date limite prévue initialement.
Débuté le 7 janvier à 1h58, achevé de rédiger et d'insérer les "idées" multimédiatiques à 3h53 achevant sur mon document word de les insérer à 4h15
1:58 -> 3:53=> (insert multimédia)=>4:15
1.
Il y a cette stèle c’est devenu de la poussière on dit
y était inscrit le dernier vers du dernier poème
le vent
extraira de cette terre natale
souple heureuse
le liquide mystérieux
jaillit doucement
et la larme
et la rime
dans l’urne mieux
que funéraire
récolterai-je
ce doux pétrole?
2.
, ;
,
, .
,
?
3.
Chemin envers ce pays de champagne. Les cigarettes rangées dans la poche intérieure de l’imperméable. Les lunettes de soleil anti UV garantie UE. Le chapeau à bord plat, traité à l’insecticide pour repousser les moustiques porteurs de maladies mortelles. Le là-bas. Nouveaux parages, nouvelle vie.
C’est pour de vrai, c’est pour de vrai
c’est comme porter une cravate pour son premier stage.
4.
Le filet à papillons à mailles étroites que toute la poussière s’accumule ici et nos mains patientes, nos mains aimantes trouveront le dernier vers de l’ultime poème. On doit plus sérieusement attacher nos lacets.
5.
On a dit
le premier indice
on a dit
ce sera aussi le dernier
que c’est tout au bout du monde
civilisé
on a dit
cette expression là
et nous avons frémi
sans répondre
on nous a montré sur la carte
nous avons pâli
Nous sommes réels
c’est
plus loin que le mexique sauvage
plus dangereux que le loup amoureux
on a pâli
nous sommes viscéraux
6.
.Le repas a été frugal. Je m’habitue à manger peu, à heures régulières, je trompe la faim et moi-même. Les journées seront longues et denses. Il faut parvenir au but rapidement. Je crains le manque de nourriture.
Pensée : Un Dieu qui ne me mènerait pas directement au paradis ne mérite pas qu'on y croix.
7.
D’où vient la poussière
(plus loin bien plus loin mais à partir de là)
8.
Effroi. Il a fait une saison de givre d’un coup sec. Tous les hivers du monde se sont rassemblés en ce point unique. Tous les hivers accumulés, les glaciers, les fjords et les frigidaires.
9.
L’auto-radio perd le signal et se mélangent des voix inconnues. Je n’entends pas le bruit de l’eau. On a perdu le rythme sinueux de l’eau battante des villes. Clapote, clapote la vie ? Est-ce ceci s’approcher de la poussière ? S’éloigner des cours d’eau ?
10.
B B
B B
B B B
B
11.
Je ne sais plus rien. S’il y a lieu ou langage si quelque part outre-noir existe
l’outre-noir
du non-noir
le départ
de quelque jour que ce soit
n’importe
quelle aube
du Bleu
pitié
du Bleu
12.
Est-ce encore ma langue que je parle. Qu’articulé-je ma bouche bouge-t-elle
et laquelle trouverai-je
Je dis un mot à quoi je ne comprends rien.
Je dis un mot
inintelligible
Vite, vite
13.
AU SECOURS p
e
r
d u p e r
u
14.
15.
C’est moi ? Est-ce bien moi ? Paroles de malédictions, ô stupeurs, vous m’avez changé, que cette langue, ce visage, mon dieu, mon dieu. Si je passe la langue sur les lèvres moi encore moi. Aucun son ne sort aucun soi à moi même ne sort.
16.
viscéralement défait.
17
Morceau de moi. Débrisé. On dit
que je suis quelque part
sur ce passage fléché
une mèche je demeure
c’est moi que je perds et la recherche me cherche
me débute me perpétue.
18. ????
19.
EXISTER
SE PRODUIRE REPRODUIRE PAR LE TRUCHEMENT DE LA MUSIQUE LADAGGIO CE QUE TU VEUX CROIS
VOIL0 TU PERDS LA TËTE L4INCOSNCIENCE ENFIN TE PRENDS TU DISPARAIS SOUS LE VERBE LE MONCEAU DE LCINOMPRHENSIBLE VERBE tu ne comrpendras plus rien tu deviens ntelligible ti même langue morte tu te tutoies tu prends de la distance avec toi même le plus vite possible combien de minutes déjà de désertt tu as ainsi creusé hahahahahahaha
tu es devenu de l’encre transparente matinée de vide de rien de colere de creveure tu ne sais plus
ce que c’est que cette ie à toi tu es brouillon de toi même mais tu ne te recommenceras pas, tu cherches dans ta main derriere le crâne le bouton de recommencement tu cherches ton bouton power ton reset
et ça ne marche pas tgrsiuyzhgoiurghaI>GZ
TU CROIS FAIRE DE LA MUSIQUE
chantonner comme ça
23.
Suis-je l’enquêté ou est-ce moi qu’on investigue. Autour de moi des masques parlent et s’agitent dans un mouvement rituel je ne sais me prie-t-on maudit-on ?
Je ne sais combien de jours sont passés, si l’hiver même a changé. Le temps qu’il fait, je ne sais pas le temps qu’il fait, rien ne s’écrit, rien ne s’inscrit.
Quelque chose entre dans la peau.
24.
25.
seul
26.
Y a t il des masques ?
NON.
27.
C’est à n’y plus croire comme le désert peut débuter facilement dans une vie. N’est-ce pas la chose la plus normale après tout que voisine la poussière et le désert. Croyant trouver la pierre réduite néant où s’inscrivait le vers c’est au désert aussi et d’abord que l’on parvient. Dernier poème peut-être est-ce aussi tout un sahara à rassembler puis à trier.
28.
Je ne suis plus ni visage ni raison plus ma voix ombre et si je me découvre c’est un autre moi que j’aperçois. Les cours d’eau m’ont fui. Désormais je comprends. Ici, dans la périphérie, le pourtour et partout, l’eau heureuse parcourt le pays mais c’est mon visage qu’elle fuit, mon visage qui n’est plus mon visage. Comment j’ose dire je moi qui n’existes plus.
Il a fait un grand vent ce matin. L’espoir paraissait renaître. Je me suis servi deux fois du porridge. J’attends, tranquillement. Cette quête me plaît.
35
Je n’en sortirai pas.
J’arrache, j’effeuille mon visage
feuille à feuille comme un gâteau d’or
qu’on dessertit
des regards se posent sur moi
des regards de mort-vivant
je feins de ne pas voir
ceux qui me voient
36.
L’autre, B, qu’a crevé, m’a laissé bien en peine. Faisait dix degrés pourtant. A clamsé.
Depuis son périr, la solitude, là. Ce moment que ça a dégénéré que tout a fui par le filet à papillons ma vie d’abord mon visage aussi c’est sûr ma propre figure qui s’est évadée. Le nez, à côté, le nez quelle blague.
Moi c’est la langue, la voix et je me suis dissous dans l’ombre.
37.
Le poème, le poème, le poème
4400 fois
répéter le poème
qu’on n’a pas appris
qu’on n’a même pas trouvé.
le poème
comme la vérité
38 (146,66)
Langue, sèche.
Tant de désert
Une seule gourde.
39.
J’ai entendu j’ai entendu frémir une rime là au loin je suis sûr ça a fait un bruit d’oiseau mort ça a fait le bruit enfin
le premier vers
j’en étais sûr
tout seul même
il rime
c’était sûr
que la poésie ça débutait par là-a
rime
40.
Je vais revenir couvert d’or, ah ça, le pied bot peut-être et la main ensanglantée
j’ai tiré du rivage du marais un peu de cet or
c’est le début, ça débute, je sens
cette cicatrice le long de mon doigt
premier morceau de la stèle
41.
42.
n’est-ce pas toujours se chercher soi-même que ces départs, ces aventures, la traque réelle : ce soi-même qui s’efface ; ce soi-même dans les cratères, les dunes ou les déserts. N’est-ce pas la bien vaine quête de fixer graal ou poème son attention sur ces ailleurs. Diverti de l’essentiel et soi s’efface, se divise, perd visage, devient autre. perd perd perd.
43.
Ahahaha la gloire
la gloire
oh
44.
Pourtant, je me dissous. Petit cachet d’aspirine. La vie ce verre d’eau et moi dispersé.
Saute de fatigue la paupière saute la conscience. Me dédoublé-je en folie. La malédiction, cette douleur qui m’est entrée dans la chair et la démence avec elle.
45.
Où
suis-je
46.
Qui-suis-je ?
47.
Je ?
48.
C’est la plaie qui me guide, la trace oblongue sur mon doigt, la chaîne trouvée d’argent vrai c’est sûr ou de plomb saturnien pourquoi pas ah c’est facile je la suis la chaîne qui tremble au son de vérité.
quarante-neuf :
Intersection
50. stèle
51.
52.
Un dernier effort, c’est là, c’est au bout, je l’ai le mot secret, je l’ai l’aveu de la terre, de la stèle, je le tiens dans mes bras comme un trésor d’Ethiopie.
53. Insert coins
TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TdRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAeIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGaIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN d TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN TRY AGAIN
quand tu expulses nu le gosse nu quand tu sues séminal nu
quand tu coules nu transparente et gluante nu au sommeil
c’est au tour du désir
de crever sa ridicule mort
demeure
nu pourquoi
Alors se précipitent dans la lumière vive
les mains savantes gantées clac un coup glacé
ce drap jeté déjà
les yeux se détournent
ta nudité on y met fin
tu as un prénom
en quelques secondes
on a eu peur peur
qu’elle dure
que tu n’imprimes pas ton visage
dans ce suaire là
ne sait-on jamais que plus tard
tu deviennes un saint
il faut capturer ton visage
dans ce drap ancêtre
deux fois millénaire
de l’appareil photo
pour la nudité
tu vas devoir te battre
tu vas devoir te battre
toute ta vie pour la récupérer ta nudité
hein
on te protège de ton propre toi nu
on ne sait le pouvoir
ce dont tu serais capable si tu demeurais
exposé au vent peut-être à a la maladie aussi
aux saisons violentes
mais à la vie peut-être et surtout
dans le doux piaillement de
la barboteuse la grenouillère
et si mon corps ici s’épuise
qui devine
sous les mots
l’épaisseur de ma peau si m’écriant
sur la foule de papier
ce masque les mots
les pixels
toute cette ombre
nocturne le traitement de texte
ce petit truc qui clignote
trait vertical
à la fin du dernier mot écrit
qui te dit
encore
encore
savez-vous
la nudité cachée
la nudité dans les mots recelée
l’aveu du langage tu crois
haha
l’aveu du mot écrit
ta page tu crois
ah la farce encore c’est encore
une cale
recule
recule
recule
loin dans l’ombre
le secret
tu ajoutes
avec les mots
une épaisseur
une croute
surcouche
d’obscurité
tu ne vois plus rien
ton visage
ni ton corps
la nudité
tu ne t’en assures plus
on l’a mise à double tour
sous scellés
et tu ne la récupéreras que mort
quand le tissu dans la tombe
s’effilera plus vite que ta peau
soumis aux vers
ces autres chiens
avides
de ton corps nu
tout entier cette fois
Et je pense soudain à J. qu’on a mis soigneusement en morceau. On a découpé, d’abord, c’était l’habit. Découpé, enlevé couche à couche, patiemment, on a mis en petits carrés blancs dans une sorte de formol tout ce qu’elle fut oh, ce qu’elle fut banquière esclave des habitudes Dubaï même, c’est vrai. J., soigneusement, cruellement déshabillée pour jouir du corps à naître nu, fragile, gêné qu’on emporta dans un grand désert nue J. qu’on prit, qu’on tordit il fallait attendre que le corps soit tout à fait nu pour tordre essorer cette vie et tu as pleuré ce corps nu et ce corps lumière ouf de justesse redevenu lumière lumière jamais perdu corps nu éclate éclatant soleil en cette saison de détresse.
Je pense à Léopoldine qu’on épuise deux ou trois heures la nuit dans cette maison de Romainville puis on dit dégage ton utilité c’était ton corps nu le dégonflement de mes paupières dans l’usage de ton corps
nu
ah serpillère et tu retraces
mal habillée
pressée
les yeux je ne sais pas
des coquards peut-être
des larmes c’est sûr
traversant tout ce chemin
pour retourner à staligrad
la nudité abîmée
gâchée
le corps nu pour exercer
la souffrance
je pense à saint sébastien se tenant devant je ne sais plus quelle ville Sienne c’était je crois percé de flèches crucifié sa nudité ses larmes de martyr pour garder de la peste la ville à mourir
sur la nudité quel pouvoir parfois on exerce
je pense à moi
expirant parfois de plaisir
le corps
nu tendu
frottant ou soufflant
ma langue mon visage
mes ongles
mon centre mes extrêmités
composent tout autant
mon corps nu
ravi
je ne suis pas plaie infiniment ouverte
à la douleur
je suis brèche dans quoi entre
tant de joie le monde entier
la vie
à partir
de là.
si
si je vous montre
en vérité
non mes mots
mais l’effroi nu
de moi-même
visage
puis torse
tous les poils
mis en scène
exhibé
nudité recroquevillée
exhibée
Au sens de la loi, ma nudité débute si j’expose de moi mes parties génitales, étendue, pour le cas des femmes à la poitrine telle que sexualisée par le code pénal dont nous n’ignorions de la perversité mais qui, à chaque article, c’est à dire dans ce foutoir par centaine, ne cessent de nous en faire l’heureux rappel. Ma nudité s’accomplit au sens social, pénal et moral par l’exposition de mon sexe à moi, dressé, mou, humide, sec.
Gardé-je voilé l’étroite zone et de justesse échapperai-je à 222-32
Mais le visage ? Le visage ah ça doit rester nu et visible, ça, R645-14 même. Ca rugit dès le départ, ce R, là menaçant comme un grognement de flics. Et gare à toi ! On peut t’arracher un oeil si tu te crois le plus malin. Le visage, le visage ça reste nu, éclatant, on doit te reconnaître partout où tu passes et toi même si tu veux rester discret, ne pas te faire apercevoir, que les passants ni les caméras de sécurité n’emprisonnent ton image, ton précieux visage, ce par quoi tu te dis, à la fin de la journée, c’est bien moi, ah si tu veux échapper à la capture, à la multiplication de ton image, déformée, accusé, si tu veux y échapper sache que c’est un délit, une infraction, que tu peux perdre un oeil, ou une main, on t’aura prévenu, ne t’obstine pas. Ton visage ne t’appartient pas, il est à tous, même à moi. Alors je te fixe dans la rue, insistant, ne t’échappe pas, même au carnaval je te guette du coin de l’oeil moi j’en ai deux, tu vois, parce que je m’expose comme il faut, aux appareils photographiques, aux caméras de sécurité, au soleil et toute la lumière du monde ne vit que pour moi. Le reflet lumineux des averses, c’est pour ma gueule, les mornes soleils et la curieuse illumination des nuages gris, pareil. Alors, toi avec ton masque
toi
toi n’oublie
pas ça Rugiiiit.
Je suis le voisin nu, celui qui ouvre les rideaux, sans s’en apercevoir, ainsi qu’il est né.
Baîllant sans gémir dans la lumière éclatante du soleil ou la lumière bizarre des nuages gris écrasant ou le reflet lumineux des averses.
je m’exhibe
vous ne savez pasf
si je porte sur moi
le scandale
A 7 ans, circoncis en même temps mon frère, lui 3 ans de moins.
Sofiane, le fils de Zakia, devait y passer aussi
la peau surabondante
ôtée d’un coup de couteau
je ne sais où a passé ce morceau de mon moi nu
peut-être le cherché-je dans les peaux les corps
dans la chambre à coucher au miroir recomposant
cette partie inconnue dont je sus être le porteur
le mot décalotté dans la nudité crue
je ne me souviens pas
Zakia demandait pour rassurer son fils
si nous pouvions montrer notre bite
au bout rose non encore usé par le frottement
de l’air du slip du caleçon. Yannis, mon frère, refuse d’un non définitif
surpris même qu’on lui demande ceci
et moi j’acceptai
déjà goûtant
le plaisir
du déshabillement Zakia demandait si nous pouvions montrer
Je fume des Craven A Au Mont-Valérien il fait froid La vapeur devant moi mon haleine peut-être celle de décembre le décombre de la clope.
je me sais dans l’air immobile le plus heureux de la Terre
Le malheur a passé Nous étions à table Au comptoir A gratter les tickets de loterie Je ne sais quel gain le loto Quelle perte à nouveau à la course je ne sais Tu es parti
j’ai senti la porte battante du café et le vent
à ma droite à ma gauche
l’absence
de malheur
trois mois quatre peut-être trois ou quatre mois plus long que l'été sans une seconde l’envie de crever finie les imaginations les bords de mer non pour la bronzade mais pour le périr fini fini l’imaginaire et son bain de cyanure
De retour un jour peut-être vieil amant qui croit sa place scélérate gardée dans le pieu ah vieil amant ridé revenu de son voyage tropical là-bas semant malaria ou bien mendiant lourd chargé des maladies des rues
tu n'entres pas triple vitrage des fenêtres et plus stricte vigilance le rire de l’amour tu n’entres pas
demeure le débord bien sûr la gorge percée par le hurlement nocturne vieux chien-loup on ne change pas le pelage
interdit l’écorchage ma chair
tu continueras toujours ta démence sans malheur
oui
le débord ce n’est plus le malheur le six pieds sous terre même à la surface.
cris CRIS Cris pourtant Merde seul regret vieil ivrogne jeûneur et l’amoureuse blanchit devant la crise sans objet l’amoureuse dit c’est le retour des tourments le malheur qui revient en plein dans le ventre ratant jamais la cible le malheur il a dans l’oeil le compas des inventeurs
mais cette rage tu la domptes la main tendre la main sévère l’amour tes dix doigts sertis tendres sévères
douleur demeurée
douleur
douleur gardée
douleur
douleur mais
de la vie non
de la mort-
p
o
u
s
s
i
è
r
e
douleur
emplie d’amour
les pas sur lesquels on ne revient pas sur lesquels nous ne revînmes pas
Vous à quelques heures près le même soir vous trois précieusement égarés manquants la poche trouée où vous filez
Je m’assieds parfois où je vous ai perdus sans vous chercher je m’assieds dans la mémoire
merci
du pouvoir intact d’aimer merci que je me suis trouvé avec vous pour vous lourd lourd rocher tombal aujourd’hui P, V, M poussée jusqu’ici cette roche rouge chaude déjà d’autres vous rejoignent s’avancent dans le bruit de sabot lourd lourd toujours son lourd le pas discret des disparus en venir
ce n’est pas grave
Exposé à tous les vent plus rien ne m’érode me touche puis se dissipe
J. de retour comble dépasse toutes les absences recouds la poche C’est aussi le vent qui est neuf le manque ne fait pas mal
Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais
Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais Je suis heureux comme jamais
engouffré soi se sentir point de passage de mille et mille gués se sentir jonction noeud de la vie grouillante
Et moi-même aussi axe d’un autre noeud traversant, arrondi lisse cette toute allure.
ce monde entier m’entre dans la peau ce n’est pas chère la vie ce n’est pas chère ma peau
et je n’ai pas assez de mémoire pour vous tous
Les coktails du Red House puis Midnight Sister E. rencontrée me donnera des places pour le museum d’histoire naturelle elle a promis
Oui. AH HA AH AH et je voudrais crier dans les mots à l’intérieur des mots produire la fissure de la taille
d’une bouche ouverte et blessée le liquide langagier humide
crier ce bonheur cette joie la douleur de vivre
d’être heureux et d’y croire la confiance infinie
en la vie à venir et la vie même passée
d’où tu sortis meurtri
les mains en sang
la cicatrice sur
ton doigt
trahi
Jusqu’à la douleur ce bonheur jusqu’au au mal au plaisir fier sans honte malgré la maladresse les tant pis pour toi les tant pis parfois quand ta dent a cassé a rougi ta lèvre un peu de sang mordillée trop fort trop tard (petit point de lumière dans le café sombre et tiède)
Le bonheur les larmes tu ne sais pas quoi croire les yeux les yeux toute la détresse des yeux ou la bouche ou bien la bouche pendant deux heures montrant les dents féroce bonheur renard enfantin
c’est la mémoire aussi qui revient la mémoire aussi qui revient revient revient revient revient revient
jusqu’au bout
Le tintement de ce verre provoque en moi la jubilation du baiser 2010 sur la péniche je ne sais plus quel prénom prenait ma main la glissait dans la culotte humide retrouvant retrouvant tendresse amniotique surpris de me trouver là
que suis-je devenu incendie et feu de camp à la fois incendie si le noir nous monte aux joues à en crever de peur
dissipe incendie le cauchemar que toute cette vie avait planté dans ta vie
quelle place quelle place je prends moi voix voix VOIX VOIX ON ENTEND QUE TOI
TOUTE LA VILLE
TE CONNAIT
T A I S T O I J
J T D I S
suis-je la fontaine place pigalle clapotant ou bien moi même ce monument aux morts où silence ce péri figure lettres dorées
italiques comiques
entre mes omoplates
tué
silence
quelle place quelle place suis-je et la fontaine place pigalle ne fait aucun son son eau morte immobile funéraire le pourtour de pierre rien
//
Au café, vous deux face à moi et j’étendais les jambes basculant l’une d’elle par-dessus le bras du fauteuil l’es pa ce sec sec e s p a
c
e
toujours
ain
si
ma jambe
flottant dans le vide
fine jambe fusée
nul temps mort ma parole roulant le feu roulant
alors sur l’iPhone chercher spotify
booba
temps mort
écouter
temps mort
silence like a cancer grows
demander au chauffeur uber pool
de passer temps mort
Il s’appelle Hakim
il le fait
puis
Sound of silence déjà téléchargé
ne pas utiliser la 4G
mon forfait à 4,99 EUROS chez Bouygues Telecom 20 GB de data
sound of silence
p
artout
p artout
p
artout
p
artout
SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE
SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE
SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE
SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE SOUND SOUND OF SILENCE SOUND OF SILENCE
appuyer sur le bouton repeat
disque rayé l’iPhone S
désespoir de M-A silence aucune chance V. dit Je ne sais quoi choisir la détresse de M-A le bonheur de Jonathan
(c’est celui qui est heureux qui a raison)
Hurlement parvient jusqu’aux muets (vibration de l’air féroce)
Pourtant
Pourtant précieux à mes yeux le précieux moment du langage (yeux bandés) mené à l’impasse contre le muret s’asseoir voix exténuée clapotante écouter O son des bulles ce picotement à l’intérieur de la coupe en verre le mouvement inquiet bruyant dans les yeux du garçon les lunettes frottant contre le nez un sphinx taillé ordinaire oncroirait
LA … … … … … …
TAIS TOI
TAIS TOI TAIS TOI
… … … … … …
…
TAIS TOI
TAIS TOI TAIS TOI
…
. L’espace insécable, ce blanc, là
silence de la page dans l'espaçant tac tac tac
large touche
pour ne pas manquer sur le clavier
la possibilité du silence
(ne suis-je contaminé
piqué mouche tsé-tsé
du débit infini
somnambule la parole
et dans les rêves jadis
même nous parlions
Y. et moi
)
insécable si facile sur l’écran naturel sa place une tabulation la barre espace selon virgule point final saut de ligne
générer
à
l’ inf i ni plus encore e n c o r
e
e
e
e
TAIS
TOI
TOI
TOI
TOI TOI TOI
TOI
T
A
une croûte le
si
en
e
gratte
te
grrrr
dans le dedans du mot
dans le mot même à l’intérieur le ventre même des paroles trouver l’espace du
taire
le silence c’est au silence de faire au silence cassure brisure au-dedans du silence
Savez-vous le débordement périlleux toujours en moi ; ce que j’endigue entre les dents, dans la gorge, les pierres posées, là, jalons, faibles faibles herses ; si vous saviez les tentatives les échecs de boucher cette boucherie
silence like a cancer grows
je disproportionne
écrasé-je de mon flux vous autres et la femme adultère sauvée par Christ non encore en croix n’eût à souffrir grêle moins soutenue
Réside-t-il ce silence au fond du douzième verre le campari le whisky rasade rasade rasade TABULA TION
RASA DE
ET pour silence m’enfermé-je silence désespéré des cités
boîtes de nuit
un seul deux seuls sons remuement hanches la goutte de sueur tombe
mais
like silent raindrops fell And echoes In the wells of silence
au fumoir causaient des machins pourquoi parlez-vous je disais pourquoi je disais dans les mains
TAIS TOI TOI TOI TOI TOI
TOI TOI TOI TOI TOI
TOI TOI TOI TOI
TOI TOI
à quoi bon bon bon bon quelles fins quel inutile le langage morne ce ressemble parfois le fumoir ses débris de cigarette ce qu’il est resté d’une cyanose aux terrains cabossés des batailles
feu mauvais diable austère me courbe la langue cimeterre coupez coupez coupez la tête qui parle.
Si j’entre, malaisé, dans le café ; franchissant avec gêne sa porte, il ne faut y voir rien d’autre que ma tentative de me mettre au monde.
Entrés, Mathias nous dirige, dans le « petit salon », nous installe, de ces mots désuets des gens du service, à une place cependant trop bruyante dont nous changeons rapidement.
Au-dessous du luminaire art-déco, je trouve une prise où brancher mon MacBook air sa batterie ne tient plus qu’une quinzaine de minutes.
Nous sommes venus ici pour écrire en groupe, 5 personnes.
N’imitant aucune avant-garde, ne nous retrouvant là que parce que la grève entrave les déplacements dans Paris et que ce point central de la capitale permet la présence de tous. Si je dois arpenter cette écriture ce n’est qu’après mon installation sur une chaise et une table, après avoir branché sur le secteur mon ordinateur, après avoir sélectionné, sur l’écran de l’ordinateur, le réseau wifi « zimmer » le mot de passe zimmer donné par Mathias (en minuscules, il précise). Success.
C’est un bon début.
Je me translate
corps
réduit à main
déployée
curseur de souris
sur l’écran
Mon déplacement dans l’espace physique se réduira au glissement du doigt sur le pad, à l’utilisation des raccourcis claviers (cmd+n pour une nouvelle page, tabulation etc) et aux touches enfoncées. Navigation facile, géographie apaisée, sans compas, étendant à ma guise les bras dans ce monde là, touchant sans effort les confins de ce globe.
Pourtant ma liberté que je crois totale aussitôt s’interrompt. Le puissant outil technologique à ma disposition me permet d’atteindre chacune des 30 000 milliards de page que google indéxe. Pourtant, mon corps soumis au pourrissement, à la faim, à la fatigue et à la mort m’interdit de parcourir réellement cette étendue virtuelle
J’ai encore un corps.
Je n’en connaîtrai qu’un fragment
accroissant
ajoutant
pierres et pages
à 30 000 milliards
Lorsque nous nous croyons débarrassés du corps celui-ci revient en trombe. Interrompant le geste. Il y a au moins 80 ans deux fois, juste à côté de nous, nous écrasant ces voix de leur double-siècle.
Quelque part je suis né
et j’ai grandi
de ces lieux
ce lit d’hôpital
Hôpital Foch
du 17 mai 1987
demeurent les récits
des photographies pas sûr
ce qu’on dit
les paroles des parents
ce lit
nous sommes des rumeurs
où ma soeur
mon frère
ma soeur
vinrent
ce lit
un autre
dans ce défilé des ans
et des rumeurs
2,3,12 ans
où changent
les choses
qui ne changent
pas
Le premier studio des parents
je croyais l’adresse
7 rue Gustave Flourens 92150 Suresnes
mentalement
chemin mental
délégué
au parcours
de la souris
tentant retracer
mon chemin
depuis mon domicile
actuel
jusqu’à ce moment
le premier
de moi-même
d’abord
la ville mentale
itinéraire ratée
loupée
je ne me souvenais pas
accumulant les erreurs
de trajet
la perte
Traçant le fil de moi-même
de mon domicile actuel
à celui, le premier
quittant l’hôpital
où je posai mes langes
pour la première fois
Me trompant
entrant l’adresse (mauvaise ville) Me trompant encore (mauvaise adresse)
Alors j’ai écrit à maman pour demander dans l’espoir qu’elle me réponde tandis que j’écrivais ce poème que sa réponse me parvienne non pas trop tard laissant ou le mensonge ou le vide à la place de cette vérité que je voulais prononcer mon berceau le premier que je voulais montrer nondans sa forme primesautière mais dans la métaphore le déplacement spatial constituant devant vos yeux lieu de mes sommeils
le petit studio
(était-ce neuf mois auparavant
dans le brouhaha
de la fécondation
l’agitation
mitose
le liquide amniotique
premier
lieu de moi?
)
mes premiers
pas se trouvent
mes premières paroles
se trouvent
maman
papa
premiers mots
premiers visages
les premières peurs
les premiers goûts
la première douleur
toutes mes premières fois
rien n’a su durer
en moi ni en eux
ce secret chemin
reconstruit
après
bien après
mal
faussement
les premières douleurs
souvenues
peut-être
les mêmes que celles d’antan
où l’inverse
plaisir ce qui fut
terreur
terreur
ce qui fut plaisir
puis
il y eut
la mer
concrète
voltigée
10 km
de haut
20 fois plus
de distance
ma grand-mère m’enleva
me prit
au froid
voyant
le froid
humide
l’hiver
dur
de cet appartement
trop petit
miteux
dangereux
pour le nouveau né
cette année
la première ou la seconde
froid de mort-vivant
on aurait cru
2 degrés il faisait
le printemps de ma naissance
ce fut
2h30 d’avion
pour atterrir
le petit aéroport de Béjaïa
(sa piste défoncée)
je sus le kabyle
autant
j’oubliai le français
même pas deux ans
d'âge
déjà
l’oubli
ma grand mère de ce temps-là coupa
une mèche de mes cheveux très bouclés
à la première page d'un album photo
consacré à moi-même
elle l'y attacha
cette mèche
y est encore
mes cheveux
premiers cheveux
souvenirs
je dansais
dans les rues
le quartier chinois
aujourd’hui
30 ans après
dans les rues de Béjaïa
en bas de l’immeuble
les Babors il s’appelle
encore me reconnaissent
gens
de ce temps là
gens
de cet antan
où dans la rue
quand les boutiques
qui n’existent plus
passaient
pour attirer les clients
la musique douce
et belle
le chant
triste comme la rumeur
de la derbouka
et de l’exil
on me reconnait encore aujourd’hui
me rappelant
ce dont je ne peux me rappeler
cet enfant dansant
toujours souriant
on dit que c'était moi
ma rumeur
notre vie c'est aussi ça
tenté-je retrouver celui là
dansant des nuits entières
avalant la nuit la piste de danse
d’autres gens aujourd’hui me disent
qu’est-ce que tu danses bien
j’aimerais leur répondre
Tanemmirt
j’ai oublié le kabyle
j’oubliais
j’ai oublié
jusqu’à l’oubli
de mon oubli
la langue perdue
pendante
oublié
maman
le mot de maman
pour maman
je dis
tata
quand je la revois
yaya
je l’appelle
maman
et ça rentre
dans le coeur
de maman
se fiche
comme le
gel de cet hiver
à quoi on m’arrachait
que je rendais
cruel
premières dents
déjà je mordais
la
langue perdue
je me demande
dans quels replis
fichés
ces mots
que je réclamais
china
et chouchou
les oranges
et la viande
gazouz
pour la limonade
le pshiit oublié
de la capsule
en métal
qui saute
pour moi
et mes yeux brillaient
pétillaient
c’est sûr
mieux que les bulles
verglas
qui prit en moi
je porte
quelque part
comme un fossile
gardé intact par le permafrost
l'amazigh
langue enracinée
avant moi
dans mes ancêtres
que j'interromps
ma rumeur
Parfois, des années après l’oubli
papa m’emmenait voir le petit studio 36 rue Albert Caron
du dehors semblable à une charmante
maisonnette
un cottage anglais presque
pourtant
humide
glacial
les chiottes dehors
après la courette
en graviers
on dit
que déjà je courais
ma grand-mère
m'enleva
naissait-il le goût de l'exil
On y croisait
Monsieur (nom oublié ? Albert ? Alfred ?)
voisin d'alors
usé par la cigarette jusqu’au trou vrillant stigmate la gorge
il y avait la poésie pour moi me sauver la vie pour me maintenir hors du flot infâme impossible la poésie où je parvenais moi à être au contact de moi abouché à moi-même bouche-à-bouche de l’horrible noyade la duperie même pour moi non pour moi finalement comme horrible ça aurait été la duplicité contre moi-même aussi et alors l’obscurité pour toujours l’impossibilité ou à funeste prix retrouver la surface des choses naître au jour quitter ou se défaire abysses et colloques des noirceurs il y avait la poésie plus que l’amour bien plus que l’amour où je me demeurais de justesse par quel miracle ici j’étais en même temps lieu et corps dans la poésie où je me trouvais moi là intact jonathanajib rabiboché sans problèmes indistincts et entiers le hasard non-choisi la langue tombée sur toi par hasard où tu te retrouvais presque toi même quasi-je ouf c’est fou la parole dans la tête ce long défilé les rêves aussi bien sûr qui restructuraient ta psyché par là forcément que tu n’es pas devenu totalement fou
Dans l’escalier je guette les bruits attendant plus fiévreusement le livreur qu’amant ou amante le dédoublement
que suis-je devenu souviens-toi la misère enfant le paquet de bonbons c’était toujours trop cher Leader-Price Maman voyant sur le tapis roulant le défilé des produits de marque des autres les français elle disait comme ça les français malgré ses papiers d’identité son passeport français son permis français la livraison maman disait disait ça doit coûter cher maman
R. voyant ma veste
s'exclamait
ça doit coûter cher
comme un enfant il a dit
au moins 100 euros
ma veste à 700 euros
qu'est tu devenu
le poulet semi-moisi du hard discount un jour maman s’exclama le poulet semi-moisi c’est la dernière fois comme dans ce vol Air-Algérie viande verdâtre on nous disait comme il existe le poulet jaune peut-être celui vert après tout pourquoi pas on pouvait tout croire on nous apprenait à tout croire.
Le petit F2 cité de l’Europe jusqu’à 7 ans dormir papa maman yannis myriam moi dans la même pièce
Trois-pièce dans le 9e
biscornu peut-être
avec une chambre en plus
un bureau
la machine à tirer l’argent tu comprenais pas que l’argent dedans ce n’était pas gratuit pas gratuit pour nous c’est sûr (le découvert MOINS 8000 francs tu te rappelles maman qui n’en peut plus déjà enfant tu commençais à comprendre que tu étais pauvre)
aujourd’hui tu tires à l’envie la machine c’est gratos vérité infantile tu confirmes ta croyance de petiot en un week-end tu claques 300 balles
en boite de nuit qu’est ce que tu es devenu c’est ça ta vie tu vois verre se remplir se vider piste de danse pareil toujours le plus beau on te dit ça très belle lavallière le plus beau pas sûr
bizarre les filles te sourient dans la rue aujourd’hui parfois se retournent ces trois filles russes comme cliché vivant dire trois filles russes comme pour allégoriser soudain beauté moderne (qui ne veut rien dire) qui se retourne (une seule) mouvement de tête rapide deux fois le sourire pour toi tu connais ce sourire dans les films ou les bars à strip-tease où A. bossait te racontait le client mort-soûl auquel elle faisait les poches au milieu du lap-dance la mondaine les flics déguisés en client demandant toujours une pipe dans l’espoir peut-être à la fois de se faire sucer gratis et d’augmenter leur taux d’interpellation la mise au jour d’un bordel illicite Un jour t’as joué dans un film comme ça tout le monde t’en parle tu étais en slip dans l’une des scènes
tu n’es pas le plus beau pas mâchoire carrée ni bras d’hommes pourtant on se retourne te demande ton numéro ça t’étonne M. dit t’es pas mal puis t’es drôle Avec L. on disait on fait un peu des high five à notre adolescence tu vois c’est con qu’aujourd’hui je m’en tape à un inexprimable point
tu avais jadis des lunettes petits yeux elles te faisaient les lunettes petit chétif mal sapé muant à 16 ans Grandissant d’un coup sec 1m85 sans gradation comme ta vie tout d’un bloc tu dévales tu ne sais pas si tu le dis avec satisfaction 1m85 tu ne crois pas c’est un fait comme cheveux bouclés ça aussi c’est ton charme
soudain on veut t’embrasser de force dans les toilettes du sans-souci puis on te frappe quand tu dis non tu sors P. et V. se foutent de ta gueule toi tu es choqué de t’être fait frapper pour ça Tu te dis pour calmer ton coeur-chamade Que les filles pfff vivent ça le vivent dans leurs corps réels puis dans leurs têtes fêlées
se défendent dans la tête toujours de ces extorsions bien réelles V. pour se faire pardonner paye un long Island 14 balles quand même Toi tu en prends deux autres Tu en donnes un à une fille sur la piste parce que tu as plus soif elle te dit tu as mis de la drogue dedans tu reviens quelques lignes plus haut
Que les filles pfff vivent ça le vivent dans leurs corps réels puis dans leurs têtes fêlées
c’est vrai se défendre toujours sinon J. t’a raconté hier sur la plage de Fécamp le viol ce type qui l’a droguée qui ne voulait pas partir de chez elle qui a laissé sur sa table de chevet 200 euros en riant il a évalué son crime son corps son plaisir à deux cents euros J. ne pouvait pas bouger la drogue dissipée pourtant J. ne pouvait plus bouger
j’ai pleuré eu honte de pleurer dit pardon non représentant les hommes présentant les excuses collectives de ma classe eu honte de ne rien faire de plus que pleurer (morale à peu de frais) trop facile pleurer rentrer chez soi ouvrir le frigo mettre des glaçons dans son campari soupirer raconter à M-A prendre la bouteille de champagne dire tu en veux ?
qu’est ce que t’es devenu
qu’est ce que t’as peur merde du plaisir que tu ressens à l’épicerie italienne quand tu blagues avec le vendeur qu’est ce que c’est que ça ai honte à nouveau honte
tu as peur forcément de le dire avec un plaisir coupable de moins en moins tu arpentes trop sérieusement désormais la rue des martyrs ça t’effraie tu trahis ta classe tes parents ça te fait peur tu voudrais retrouver ta colère d’antan ne pas dire « le caviste » « le barbier » « le pressing » ne pas dire ces mots des autres qui n’étaient pas pour les immigrés qui ne doivent pas être pour nous ces mots qui nous mettent dehors sauf quelques-uns les Zineb les Zora les toujours des femmes si ça suffit pas ça comme preuve
tu es devenu français tu t’es même mis à voter
Mélenchon certes t’as voté quand même jusqu’à 29 ans tu avais refusé de t’inscrire sur les listes
mais ça commence par là devenir ce qu’on hait l’autre tu étais l’autre devenant l’autre de l’autre à force d’errances je suis devenu un autre et, cet autre lui-même, est devenu un autre.
alors ici tu prends conscience à ce moment là de ce poème là de ce que tu deviens de ta transformation tes chaussures à 600 balles (volées, pour beaucoup ça change rien) tu déchires ce que tu deviens dans ce geste pour rien tu déchires ce que tu crains pour rien tu gardes intact ce petit bout ton prénom par quoi personne ne t’appelle (sauf papa maman frère soeurs)
Hier et depuis dix jours ce climat incertain de grêle et de neige où nul tremble ne dure sol verglacé des chutes verticalités mortes où j'ai passé mille jours sur le pavé de la place charles dullin allongé ou au NoPi par terre disant que la verticalité devait finir c'est sûr j'étais le plus cool
Hier, pourtant, on m’insultait, comme si de rien n’était, et de ceci je ne sais quelle courtoisie on attendait en réponse. Hier il fallut la dissuasion un peu fâchée de R. et de M-A pour retenir tout à fait mon geste. Geste que voici, donc, dans sa totale forme
Geste alourdissant toute ma paume Main devenue gourde gelée main-poing
c’était le geste là =>
Jamais on ne devine ce que l’autre porte en lui de démence, d’excès, d’intempérance, jamais on ne mesure et il est certaines provocations dont toujours il faudrait se dispenser. Non respectant un ordre moral, immuable, gravé dans je ne sais quelle roche antique (ou bien c’est Tarpeïa crevant sous l’or) ; la colère ou la révolte sont bonnes dans leur principe et leur expression ; mais principe et expression réclament cadres ; connaître sa place au sein d’une interaction lorsque celle-ci ne nous concerne pas. Ne pas sauter à pieds joints dans la flaque des autres. Ruminer, si on veut, faire ça dans son coin, s’exclamer auprès de confidents si on veut tant que ça n’entre pas là où ça ne doit pas ; parle dans ta barbe parfois entre tes dents ; siffle Parce que ces choses on ne sait jamais les conséquences que ça a Et ceci toujours encore là malgré les tempéraments du dehors durent encore je crois qu’on oublie trop facilement la possibilité de la violence physique que celle-ci existe on la voit les samedis crever des yeux au hasard pour rappeler aux êtres humains la fragilité d’un corps ce que peuvent les armes ou la folie brute (disant "à bientôt T." c'était une menace, j'étais en train de mettre mon manteau) et moi si l’on m’attente parce qu’on m’attente alors je me lève de la même façon mais suis-je LBD ou à l’inverse l’incendie du Fouquet’s les deux la réponse violente à la violence
Quelle bêtise égoïste de se mêler l’intrusion toujours dédouble la colère si j’étais rentré chez toi avec mes semelles crottées alors me serais-je tu ou sinon "désolé tu exagères dans ta violence" tu n’avais pas le droit tu ne mesures pas combien je fais preuve d’amour (non pas mansuétude ou je ne sais quoi du domaine du juge de la sanction un immense amour)
L’apaisement de mes mains
l’apaisement précaire
la boule
furieuse dans la gorge
ce calme fragile
d’où sourd déjà
sa nullité
sa durée
je ne la dois
qu’à d’autres
auxquels j’ai délégué
le sur-moi de ce moi
hors-de-moi. ce texte pareil
dehors
Je cheminais mentalement la pensée bourrique circulaire obsédante tu imagines un métronome rapide Calculant l’itinéraire me menant de chez moi jusqu’à Saint-Cloud l’iPhone dans la main qui tremblait moins que l’autre main
ou bien de chez mes parents tu prolonges un peu après suresnes tu te souviens le bus 360 jusqu'à saint cloud ou bien le val d'or la station de transilien tu l'as connue petit ce train là de fer on l'appelait train de banlieue depuis ce souvenir t'atteindre.
appeler pour savoir quelle salle quelle heure quel prof
`
J’en étais là de mes pensées avant de prendre l’air détendre ma main contre le vent frais dans le quartier de l’opéra
Tu n'imaginais pas l'invasion
jusqu'où ça peut aller
le délire
Tu es fou
si R.
n'avait pas dit :
"fondamentalement tu t'en fous et lui aussi."
aujourd'hui encore je me raccroche
à ce mot
pour ne pas défaillir
en ce moment je suis fou absolument officiellement fou
madame l'enfermeuse m'a prescrit du Tercian
toujours lourde la main du geste inaccompli je ne sais destin en suspens ou autre chose mesure soudain parce qu’il ne faut pas que c’est trop bête
trop bête trop bête trop bête trop bête
trop bête trop bête mais c’était toi tu n’avais qu’à dire pardon merde : je ne pensais pas que et là mon dieu malentendu ça arrive après tout tu m’infliges cette retenue qui déborde et si un jour je craque si tu te souviens que le corps c’est le corps c’est bien beau un jour d’en parler à foison mais voilà il se manifeste parfois dans la forme inattendue ce jour on comprend merde on aurait dû se rendre compte
peut-être désormais c’est ça le sort de la poésie ressembler à snapchat peut-être c’est ça maintenant la poésie ressembler à snapchat dire fils de pute
entrer chez les gens pour le spectacle mais pas seulement
Mais plus loin que ça, bien plus loin que ça et plus tristement, tragiquement. Non pas déçu, puisque je m’y attendais. Je l’avais senti le jour que tu avais parlé de Damien Saez ; par hasard, un mot ; cette chose morale de peu de frais. Dès qu’elle entre je me méfie ; malgré ses atours je sais la saleté de ses sous-vêtements. Damien Saez, tu as raison au fond. C'était la manière ; la manière elle racontait ce que tu as prouvé ensuite.
Alors je pense à M. qui me dit « je suis féministe » et relate avec une exactitude scientifique les plus fines thèses du sujet. M’apprend le continuum entre prostitution et mariage chez Paola Tabet ou les biais idéologiques des sciences prétendument objectives ainsi que le rapport Dona Harroway Pourtant il n’est pas femme (c’est une évidence) dans sa matière d’homme mais il est toujours bien plus homme qu’il ne croit les livres c’est bien ça grossit la bibliothèque prouve sa masculinité le prouve au détour d’un mot d’une phrase en riant (c’est ce rire dans ce mot ; ce mot dans ce rire qui trahit ; transparaît le vieux monde acariâtre ça n’a pas changé tu vois et comment ça pourrait changer 5000 ans déposés en nous ; 5000 ans durs, profonds, racines, parfums, pigments ; comment ça pourrait nous passer d’un coup cette pitance dont on nous a bourrés depuis 5000 ans) « Marie a une toute petite chatte » croyant sûrement dans ce « toute petite » dire chose tendre émue
et moi j’entendais la connivence entre deux hommes ai-je souri ? Peut-être amusé vraiment ou gêné je ne saurai dire (et je crois que c’est ici précisément que je reconnais les sous-vêtements sales) Il dit de V. « je ne peux plus le voir, avec sa misogynie » le moins misogyne pourtant lui je crois qu’au moment de la pitance il n’en prit pas sa part me la laissa ou à M. je ne sais
la morale à peu de frais, c’est ça trouver dehors un autre imparfait la lame qu’on voudrait retourner contre soi lui voilà une cible dehors
et j’aimerais vous dire à tous les deux il n’y a pas de lame vraiment dès le début il n’y avait pas de lame.
C. disait « vous faites les coqs, toi surtout » (c’était moi, le toi) se trompant elle touchait juste (On se moquait sacrément de moi, quand même et de mon peignoir tissé dans les vêpres ; et moi je me défendais avec mes canines dérangées ; c'était le jeu de taureaux idiots ; lui plus expérimenté que moi en matière taurine)
soyons humbles pitié je porte à égalité avec les autres cette attitude hirsute d’homme maladroit peut être performant imparfait constatons à l’infini notre échec ce sera notre plus belle réussite
la morale c’est à peu de frais, elle se paie de mots, se tape sur le ventre ; infecte morale sans morale. Son usage c’est la gloriole, la couronne putride, l’excommunication. Comme elle fait mal dans le ventre vivant, cette morale. Celle qui répudie, donne à tous les autres miroirs infâmes mais jamais n’y plonge son regard. Ce n’est pas grave d’avoir cette tête là regarde aujourd’hui chez le barbier j’ai tout enlevé (pour sur la balance peser quelques grammes de moins ôter cette journée de merde dans les poils d'homme dans la barbe de l'homme où se nichait la violence peut-être)
m’illusioner me sentir changé peau autrement
C. m’impressionne toujours lorsqu’elle prend des positions morales je ne sais comment dire exactement ce qui me plait dans cette fermeté toute entière je crois qu’elle ne se regarde pas être morale ne jouit pas (tout l’inverse même elle souffre) dans ces cas précis c’est si rare que ça me touche au plus haut degré
(l’enjeu ce n’est pas se regarder ou ne pas se regarder ; des tas de gens ne se regardent pas, très bien, je les adore ; c’est d’en même temps assumer avec courage des positions dans l’espace politisé ; politisé de par cette prise de position)
de mon hasard intime cette façon qu’on a de déplacer à l’intérieur de soi cette fureur dure fraiche comme enfantant le vent couchant la toundra
Etat de lucidité fragmentée tristesse émerge cependant de ce comportement ou des mots de T. (tristesse réelle déception du doute confirmé voilà il y a une preuve maintenant la preuve tache) Ce n’est pas vrai alors c’est tout Comme M ou moi d’autres tous à la fin
ici le bât ; la prétention au final ; le tragique de l’histoire :
il n’y a AUCUNE déconstruction du masculin possible par l'homme
des formes atténuées celle je crois des lâches un peu oh oui ces formes sont plus justes moins de dégâts de dommages il y a moins l’Irak leur motivation seulement est sordide la preuve dès que ça peut ça sort comme avant non ne prends pas cet air là une femme jamais ça n'aurait eu cette odeur
Je me souviens 2010, je crois, M.H bitchait sur sa copine jouait le rustre et moi pour rétablir l’ordre moral comme le fait T. ou M. virant V. en réalité (mais si peu de frais que de se faire beau au détriment des autres l’amour, c’est tout, sauvera notre seule chance sans condition) j’ai rencardé la gouape pour coucher avec elle appelant M.H une fois l’affaire finie dans l’hilarité cruelle où je prétendais exercer la justice (de quel droit?) qu’était-ce au fond que le jeu minable de l’homme prenant à l’homme pour faire l’homme
le « j’ai baisé ta femme » de Soral exerçant son pouvoir sur l’homme c’est exercer son pouvoir sur l’humanité couchant avec l’homme rivalisant mon dieu comment avons nous pu faire
CA
j’ai pour ceci aujourd’hui le plus grand dégoût non pour moi-même je n’y peux rien changer aucune mortification n’y suffirait (ce serait encore de la morale à peu de frais dire ô ô ô ô)
la mue longue longue mue mais ce sera pour toujours ma peau tous les autres menteurs de ne pas admettre que c’est leur peau aussi cette puanteur aussi ce parfum des roses autant
sur la photo tu n’as nul visage dissimulée par la nuit celle partout flash absent
dans la cabine
ma main on ne sait précieuse ou dure cruelle l’inverse sinon
prend-elle la main peut-être offrande mains de quoi le don si elle s’enfonce (où?) est ce une dent la main ou main ôtant l’épine (la dent) douloureuse depuis trop souvent
ignorant si je te baptise ou si tu m’ordonnes la nuit t’a reprise nous avons divergé nos verres renversés je ne sais lnconnue du photomaton
n’avais-je écrit « Et chaque cabine de photomaton est pour moi un cercueil. » décidément ces lieux forment à la mort toi je ne sais où tu meurs ni même si tu meurs
J'ai été, ce soir, pris d'un terrible désespoir. Insoutenable comme si la nuit voulait à tout prix écraser la nuit. Face à cette absurde douleur, ce voisinage (même poils pubiens) de la mort ; j'ai quitté mon appartement. Fermé la porte à double tour. Descendu en rafales les marches. Puis j'ai parcouru mon quartier. Les rues connues. La place de l'Eglise Notre Dame de Lorette et, plus haut, la paroisse affidée où je voulais devenir catéchumène. Puis, comme tous mes projets conçus durant une phase maniaque, l'idée s'envola ; dieu mourut ; le christ redevenait cette pathétique et maigre idole. La douleur ne me quittait pas. Malgré le vent presque du givre dur sur mon corps pas assez couvert - je voulais sentir la vie. Alors. Remontant place Pigalle j'ai hélé un taxi je lui ai dit de conduire et d'aller où il voulait tant qu'il demeurait dans Paris. Pour lutter contre la nuit. Les phares du taxi La radio qu'il écoute contre le silence dru sec de l'appartement ( ) c'est toi il a filé longtemps comme ça avec son luminaire taxi en rouge maintenant (je ne le vois pas) (vert tout à l'heure) filé sur les ponts de la seine les pavés la place de la concorde qui me tord le coeur filé filé mettant à des kilomètres de moi le silence et la nuit j'ai appuyé sur la petite lumière pour les passagers "s'il vous plaît, non" "j'en ai besoin" "pourquoi" "c'est comme ça" "pfff" je regardais mes mains aux ongles coupés hier (absente, toi, de mes caresses sans traces) il m'a laissé porte de vanves rejoignant une station de taxi puis je suis rentré avec le vent toujours dur givre à la maison j'ai ouvert une boite de thon je l'ai arrosée d'huile d'olive puis je t'ai appelée j'ai lu un peu tsetaieva pourquoi je ne sais pas
je n'étais plus triste l'argent avoir de l'argent ça sert à ça aussi à balayer les soucis dans la rue hélant brisant la douleur dans le claquement de la portière le verrouillage automatique la direction assistée le bonjour monsieur
une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.