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boudi's blog

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2 mars 2024

Palestine

Vu aujourd’hui le cadavre écrasé d’un palestinien par, précisait le sous-texte, un véhicule de l’armée israélienne. J’ignore comment Tsahal qualifie cet homme écrabouillé, comment elle le décrit et, donc, en quelque sorte, à nouveau l’écrase et le nie. L’image, extrait d’une vidéo, peut se retrouver dans celle-ci avec les mots clés Have a Good Friday ou une expression analogue comme le précise, avec horreur, un des comptes que je suis sur X, ici, ce X que Elon Musk substitue à Twitter, reprend son sens originel, presque, ce pictogramme qui, longtemps et surtout, signifiait la catégorie interdite aux mineurs parce qu’exposant le public a des images violentes ou pornographiques. Le X de proscription, d’exclusion ici régénéré par le réseau social plus encore depuis la prise 

Un terroriste ou, alors, ces morts, encore, à la suite d’une distribution de colis alimentaires. L’armée israélienne filme par drones et diffuse les images de cette distribution. On voit des points noirs s’agitant autour de véhicules. Un commentaire dit « ce sont des fourmis ». Il faut bien les considérer comme ça pour les écraser sans culpabilité aucune. Ils sont morts parce qu’ils ne savaient pas se tenir, on croit entendre, parce que, nous le savons, soutiennent-ils, le Hamas soutire l’aide humanitaire. Nous savons, pourtant, que cette aide vient de ce que ces gens, chassés de chez eux, deux fois chassés, et trois fois maintenant, ou dix, nous ne comptons plus, comme héritiers sans fin de l’exil, une part réservataire de 120% de l’exil, ne peuvent plus subvenir à leurs besoins dans les conditions antérieures à cause de ce que leurs conditions antérieures sont sabotées et détruites par l’armée israélienne qui s’indiffère du rôle des fourmis et les traite, ces fourmis, à demi-mot comme cannibales. 

 

je ne parviens pas à rationaliser et ne le veux pas puisque toute intellectualisation de cette réalité ne vaut rien. Affreuse en tout et pour tout, affreuse dans toutes ses formes. Je lis à l’instant que l’image filmée par drone dissimule la vérité, je lis que l’armée israélienne parle de « tirs de défense limités » comme si ces tirs « limités » n’étaient pas de tirs qui tuent, mon dieu, mon dieu., 

 

Cet homme écrasé ne ressemble pas à un homme, c’est une gelée rose on ne se souvient un homme que parce que, au bout de cette masse rose, dépasse un bras intact ou presque, intact rapporté à ce corps écrabouillé, ce mot, enfantin souvent, employé avec dérision, on écrabouille pour rire, ici se comprend, il ne reste rien qu’une purée humain. 

 

le souvenir d’un homme, lui même, déjà, une épitaphe, celle colère ou menace, qui sait encore départager entre les deux et les effets de ces deux-là. 

le souvenir d’un homme patauge dans « ça »

 

que, même, plus loin, cet autre, là du langage funeste, dépouille, trouve, une profondeur ignorée, trop souvent balayée, dépouille, de ce que rien, ni humanité des bourreaux, ni dignité de la victime, ne demeurent. Dignité, de justesse, revenue, en bourrasques, du témoignage révolté de tous nous, spectateurs impuissants ou satisfaits ou, hébétés comme moi, qui écrit ceci, ici, dans la bibliothèque Germaine Tillion, pour comprendre ce que je ne peux comprendre ce qu’écrire ne rendra pas plus intelligible ou de si peu que, même, écrire dissimule et embrouille, que, passant de l’émotion angoissée à son intellectualisation, je perds le contact premier avec l’évènement. je me contente un peu plus de voir, ici je sectionne ma possibilité d’agir. Est-ce que écrire ne revient pas à se taire ? 

 

J’ignore ce qu’ainsi je mets à distance et de quoi je me rapproche et me déleste. 

 

Cette image, d’écrire dessus, me fait mal. 

J’écris image sans la montrer et j’écrase sous mes je multiples la réalité de cette image qui, elle déjà, diminuait d’un million la réalité de cet homme achevé. 

 

Cette douleur stérile ne sert rien, elle ne m’engagera pas davantage ni dans la prise d’armes, ni dans le débat, ni dans la manifestation, elle tourne, sans ferments, ne macèrera pas, quelques dizièmes de degrés dans la haine, peut-être, d’une haine inutile, il faudrait, cette haine autrement nourrie, mélangée à d’autres rages pour affronter le monstre immense que constitue tout Etat. J’ajoute. colonial. 

 

que david et goliath leur affrontement se rejoue ici à l’infini que par un tour du destin david change de race et cette fois s’égare et perd la pierre jetée inutile contre la pierre plus lourde cette fois, l’obus.

 

est-ce que vous condamnez le Hamas, entend-on, encore, malgré tout, préambule demeuré avant toute dénonciation du massacre, face à cette image de pure horreur, écho, tout aussi inutile, de cette horreur, un enfant au prénom déjà par moi oublié, Ayden, je ne sais plus exactement, Ayden, devenu, en moi, dans quelques plages d’amnésie échoué, Ayden, trois ans, échoué, noyé, sur une plage parce qu’il tentait alors de traverser la Mer pour atteindre une autre plage.

En vain. Celui-là, l’enfant, plus proche, comme serein, la tête dans le sable, d’un dormeur du val, on ne discerne pas la mort dans le corps immobile et entier. Pas de pierre, un enfant encore. 

 

On ne la discerne pas plus, dans cette masse indéterminée d’organes indiscernables, ce bras, quelques morceaux de tissus et cette vidéo pour se souvenir, c’était un homme. Je ne trouve pas, ici, le mot souhaitable, pour dire cet agglomérat, un mot violent et simple, comme celui d’écrabouillé pour dire ce que je vois, dans ces organes devenus bouillis.  

 

Que diront l’armée israélienne, ses gouvernements, ses soutiens étrangers ? Je retrouve le mot clé exact great photo that made my friday. Je ne sais pas qui ancra cette photo à ces mots. 

Tout est possible, toutes les propagandes et, plus cyniquement, parfois, quelques uns tirant de la popularité d’une expression, la possibilité de faire des vues. 

 

La photo, à cause de son horreur, m’empêche de l’authentifier. Je refuse de m’attarder trop longtemps sur ses détails — ils me marquent assez — pour déterminer de sa vérité. Sa véridicité me suffit, elle prolonge ce que je vois, déjà. Je la crois parce que j’ai vu cette photo d’un soldat franco-israélien posant, pour sa photo Tinder ou Hinge, devant les sous-vêtements de femmes palestiniennes chassées de leur domicile par l’invasion israélienne ou tuées par celle-ci. Ici, lorsqu’un type veut faire le mignon ou l’intéressant, pose à la salle de sport, muscles visibles et tendus ou avec un chat.

 

L’homme écrasé porte à sa main intacte un serflex, ces menottes en plastique qui immobilisent les prisonniers. Son efficacité exige que les deux mains attachées l’une à l’autre se trouvent dans le dos du captif. J’ignore, encore, la réalité de cette photo, de son sous-texte, extraite, prétend-on, d’un canal telegram israélien et ses participants réjouis devant cette vision. Pourquoi le serflex attaché à une seule main? 

Peut-être celui-là croyait s’échapper, chaque main libérée de l’autre avant que le blindé ne lui roulât dessus. Que les soldats, comme à un chien, lui dirent, cours et lui, le plastique aux poignets, aux deux poignets, courut tout droit, pourchassé par un blindé, qui, après, quand son vrombissement de meurtre se tût, dit il s’évadait. 

 

Image vue, celle de cet homme, jeune ou non, je l’ignore, dépourvu de visage, image vue je crois, malgré moi, d’abord, ou, non malgré moi, voulant savoir, palpant cette réalité lointaine, obsédante, des gens tués par milliers, Trente Mille a minima. 

 

Je me souviens, aussi, que pendant que mourraient les palestiniens à leur décompte macabre s’opposait toujours, médiatiquement, celui du 7 Octobre, son nombre exact de victimes, 1700 israéliens morts, l’équivalent de 10 000 français rapportés à la population. Puis ce face-à-face de chiffres s’effaça. D’abord en excluant la réalité des chiffres donnés par le ministre de la santé de Gaza au prétexte que, issu du Hamas, les chiffres étaient faux ou exagérés. Avant que ceci, exagéré ou non, continua de croître et, quelques réserves que l’on pût exprimer quant à l’honnêteté du Hamas (en réalité l’état civil des palestiniens de la bande de Gaza est tenu par Israël qui, sait, donc, que les chiffres communiqués correspondent a la réalité de ses crimes), celles-ci s’écrasèrent devant l’augmentation constante et irréfrénée des morts. Alors, au lieu d’opposer nombre à nombre les morts, les palestiniens mouraient, sans identité, sans décompte, face aux citoyens israéliens massacrés. La façon de tuer et de mourir prévalait sur la quantité de morts. Les cadavres ne se valaient plus. Leur nature changeait selon l’auteur de leur mort et l’empathie adressée variait, elle aussi, selon ce critère. 

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1 mars 2024

Nerval

Ce texte, d’abord, il continuait un précédent, sur un mort palestinien dont, je trouve, le point de suture curieux et insupportable, nouer, ici, deux morts, Navalny et celui, anonyme encore un peu, écrasé par un char israélien. 

La mort ne suffit pas à tout embrasser 

d’abord, la sienne :

la mort

Navalny, lui, l’opposant Russe principal de Poutine est mort. Je ne mesure pas l’importance de cette mort. Je sais que Navalny, que Poutine tenta d’empoisonner une fois et qui y survécut, vivait à Berlin et que, par courage, il retourna dans son pays pour affronter démocratiquement (j’ignore, dans cette Russie, ce que peut signifier ce mot, c’est à dire par les urnes ?) Poutine qui, lui, enferma son adversaire dans une colonie pénitentiaire de Sibérie où il trouva la mort, c’est à dire son assassin. Nous ignorons la nature de l’assassin, armé d’un pistolet, les mauvais traitements, le poison à plus ou moins haute dose, un mélange de tout ça ? Nous ne savons pas, et cette ignorance, dans cette ignorance grandit le pouvoir de Poutine, dans le doute qu’il suscite, dans le sourire obscur qu’il affiche si souvent. Ce Navalny qui devait, même avant d’être tué, être échangé avec un prisonnier Russe, un assassin de la pire espèce enfermé à Berlin après des empoisonnements commandés par Poutine ou ses sbires, et qui finalement mourut avant l’échange, Navalny, je veux dire, l’autre, fidèle à Poutine croupira longtemps à Berlin, avant de faire l’objet, sûrement, d’un autre échange, Poutine, son sortilège, donner de l’espoir, suspendre, par cet espoir et cette promesse, toutes les injonctions et toutes les invectives, suspendre, Poutine, par l’illusion de la négociation, les vélléïtés de ses adversaires. Poutine paralyse parce qu’il laisse à voir, toujours, la possibilité du marché, lui qui, Poutine, grandissait dans une U.R.S.S qui abhorrait, en principe, le marché plus que tout. Poutine sait y faire. Il connaît l’avidité des hommes et des femmes. Il est le plus fort parce que dépourvu des désirs humains. Il tient les autres. Y compris les russes qui se croient des puissants, par là, par leur désir. Soumettez-vous, vous jouirez. 

 

Les Russes de Paris, dont Gleb et Kristina (sans Masha), organisèrent, après l’annonce du décès de N., une veillée funèbre, spontanée, sur un pont que je n’identifiais pas.

Je les ai sus très affectés pour ne pas dire dévastés. En Kristina quelque chose bougea, non imperceptiblement, un vrai mouvement du coeur, de la vie, une bascule, comme un navire tangue ou, défait de ses amarres, enfin se retrouve à traverser le fleuve ou atteindre l’Océan, quelque chose devait changer et quelque chose changea. C’est à dire tout si tout, une forme de ce tout, se cristallisait en sa relation de plus en plus méphitique avec Gleb. Gleb marié à Maria Stepanova, la grande poétesse Russe que Jeanne rencontra, par hasard, il y a quelques années, à Venise chez Gleb Smirnoff, un autre russe juif avec qui Jeanne se maria, il y a dix ans en arrière, devant un pope orthodoxe et Venise, d’un mariage trop tapissé de Vodka ou de Cinar pour durer ailleurs que dans le rêve et quelques souvenirs Facebook. 

 

A la mort de N. (Kristina m’écrivait N. est mort, je sais que tu le sais comme m’évoquant un intime, peut-être perdu de vue, N. parce qu’écrire tout en entier son nom rendrait son trépas trop douloureux ou, parce que la censure, proscrit de s’endeuiller dans toute l’extension du nom) quelque chose se mue et mua. L’approche de la fin. Kristina, parce que Gleb jamais ne lui mentît, considère que, en effet, Gleb révéla sa liaison à son épouse que tout est tellement compliqué maintenant. Ce à quoi je n’adhère pas pour trop de motifs qui m’éloignent, en même temps, de la mort de Navalny et cette mort, ici, m’importe, en continuité de l’autre mort, ce palestinien écrasé dont, finalement, ce texte n’est pas la continuité mais l’annonce, son double plus humain, moins flétri, par quoi je me trouve concerné en tant qu’il concerna les larmes concrètes, une eau tiède, d’êtres connus, dont je n’ignore l’odeur. 

 

J’ai vu, aujourd’hui, réunis en Russie, plusieurs centaines ou milliers de Russes en procession, accompagnant le mort, physiquement ou symboliquement, ne l’enterrant pas, sachant que rien ne finit ni rien ne commence, dans le gel bizarre de la Russie des tsars aux aparatchiks de Poutine aux oligarques, où tout se maintient dans l’état suspendu de la glace, sous un vernis brillant de froid qu’aucune révolte ne fond longtemps. Et que, voilà, sûrement, dire l’état suspendu de la glace c’est se tromper encore, Etat de Glace, Principauté très étendue de Sibérie. 

 

Ces Russes, courageux, d’un courage dont nous ignorons ce qu’il réclame, réunis donc fichés, héritiers ou nostalgiques, ceci je ne sais. Quelque chose a changé, à la mort de N., pour Kristina, au moins. 

28 février 2024

L'amour qui n'est pas un mot

Gleb, pour justifier auprès de Kristina sa lâcheté, ce que nous dénommons, lui, par contrainte, les autres par constat, sa lâcheté (suspendue, désormais, semble-t-il, si cette parole, l’aveu je veux dire, s’associe à la vérité), lui rapporte que, sûrement, moi, autant que lui, suis lâche, en tant que lâche, ici, pour la partie qui lui importe, revient à privilégier, au-delà de tout, le confort. Moi, me disant, par association qui, toujours, s’apparente à la diversion, de la même espèce se trompe d’une erreur follement amusante parce que nous trouvons sa réfutation dans des évènements récents, révélés sans effort tortueux de la mémoire.

 

Jeanne ne rend pas, au prétexte qu’elle serait très riche (elle ne l’est pas), la vie plus simple, elle la rend plus belle, ce qui compte le plus et s’oppose, assez fermement, ou, du moins, ne coïncide avec le confort que par une sorte d’accident, ne s’y superpose que comme s’empileraient deux éléments appartenant au même univers. Comme le carré minuscule entre dans le rond très large en tant que deux formes géométriques.

 

Je m’en amuse d’autant qu’un matin de gueule de bois, sans trop de motifs ou de ceux, bizarres, des lendemains d’alcool et du monde encore diffracté par l’excès, Jeanne m’opposait — à quoi ? exister, simplement, au je, moi, déposé dans le lit, haleine de clochard, moi, lent à tout — tu n’auras pas un kopeck ce à quoi je répliquai d’un éclat de rire. Jeanne prend parfois, quand la vie accentue sa très grande sensibilité (ici, par erreur, d’abord, j’écrivais, lapsus, susceptibilité, quand dès le départ, sans doute aucun, je souhaitais inscrire sensibilité), mon rire pour une moquerie quand ce rire qu’elle suscite déborde d’amour et de l’étonnement naïf, le mien, du monde par elle ici produit, cet écart gigantesque entre mes attentes qui comprennent, en général, l’intégralité des mondes possibles, et le monde produit par ses mots. Le décalage, la formule, le légèrement improbable de Rimbaud d’où jaillit, à n’en pas douter, la vie parce que de là, pour moi, ma définition de la vie, sort de ce décalage la curiosité, la surprise, une sensation neuve qui tout en même temps en rappelle une autre, plus familière et quotidienne, prolonge, en quelque sorte, dans l’inattendu ce que la vie, jusqu’alors, proposait. Ce sont ces points, ces au-delà, à partir d’où les sentiments importants, l’amour, l’admiration, l’amitié peuvent naître, à leur rebours, ceux qui, en quelque sorte, les annulent violemment, ce, plutôt, c’est la déception. L’attente déçue, la mauvaise surprise, de là, souvent, la fin de l’amour, la lassitude, l’envie de fuir ou, pire parfois, l’absence de force pour partir.

 

Les êtres capables si souvent d’élargir l’univers se trouvent rarement, ils doivent être chéris. Je me sais, moi aussi, lorsque je médite dessus, compter parmi ceux-là. Autrement que Jeanne, qui apparaît éclair qui apparaît rayon ? Peu importe puisque les deux engendrent l’éclat. 

 

Tu n’auras pas un kopeck, disait-elle, dans le lit, je ne serai pas ta canne blanche, elle projetait cependant, loin en avant, le partage matériel de notre vie commune. Il faut s’aimer pour au milieu de la dispute ne pas négocier la fin de la relation mais l’organisation de celle-ci. Moi, que m’importe, tant qu’elle est là, kopeck ou pas

 

Ce qui, moi, dans ce sortilège, disons, le mien proclamé, compte vient d’altérer le monde, les représentations et les préconceptions. Donner à voir autrement plutôt que créer apprendre ce mouvement évident et oublié, comme si une épidémie d’os soudés ou de torticolis frappait l’humanité, de tourner la tête, l’incliner et l’élever, voir autrement c’est à dire commencer par voir ailleurs. Jeanne, autrement, me semble-t-il, propose cet autre monde, elle donne à voir par le mouvement, les directions qu’elle indique, plus difficiles à suivre, plus matériel et palpable le monde, son monde, se trouve après une marche, un voyage, son ailleurs s’atteint aussi et surtout (de ce surtout je peux craindre qu’elle se vexe de l’imaginer, elle, l’opposer à métaphysique, ce qui n’est pas le cas, il s’agit plutôt d’un ordre) physiquement. Jeanne habite des lieux, c’est Venise, Rome, Galaxidi, les restaurants parisiens et les hôtels des villes de Province ou dîner chez Rules à Londres, l’enchantement léger à pas pressés. 

 

17 février 2024

Où sont les gros

(novembre 2023-février 2024)

J’éprouve, pour les corps des autres, une grande fascination, corps, souvent, que j’espère réussis.

Réussite distincte de la perfection formelle des attendus de beauté des injonctions médiatiques. J’y admets, certes, avec exceptions nombreuses, l’un des critères les plus actuels : la minceur. Ma typologie de la réussite admet difficilement un corps gros. J’accorde, avant toute réflexion, une plus grande mansuétude aux trop maigres qu’aux trop gros. Si je condamne les seconds je m’indiffère vite des premiers, admets, même, leur possible salvation. Ils entrent, encore, dans ce quelque part humain, la porte étroite.

 Jeanne, si elle me lisant, empruntant ce ton autoritaire et démiurgique, se moquerait de moi, elle s’amuse, souvent, riante ou mécontente, de cette manière définitive que j’ai de m’exprimer qu’elle, non moins dépourvue, exerce aussi.  

 

Je peux projeter les trop maigres, hypothèse de beauté.

 Les gros suscitent, chose très ordinaire contre laquelle je lutte, une répugnance tenace, répugnance jusqu’à moi accolée lorsque de mon corps le ventre pend, distendu, plein d’air et de rien. Si je m’amplifie de la sorte je ne vis qu’espérant, hypothèse à nouveau, la disparition à brève échéance de cet excès.

 La réussite des corps se confond avec l’idée de leur grâce, c’est à dire de leur légèreté. Je la trouve, le plus souvent, c’est à dire le plus aisément, dans les corps sportifs, taillés dans l’effort. Cet effort, comme Jeanne le remarque judicieusement, ne se déploie pas dans les salles de sport, les corps qui s’y fabriquent, plein d’air comme elle mentionne (des années le mot gonflette avant le pullulement des coachs sportifs et influenceurs fitness donnant à la gonflette sa noblesse, une noblesse de Pire cela va sans dire), sentent la pauvreté, le prolétariat, ils sentent les peaux tannés des paysans chinois ou japonais, le dos courbé, la faucille à la main, polluant les marais de leur selles.

 Le culturisme, comme bien des pratiques, valait en tant qu’il résidait dans la marge, la bizarrerie, la curiosité, c’est à dire le spectacle et l’élite. Ces corps, laids, s’imposent, laids lorsque, surtout, corps masculins qui, s’ils se découvrent des critères d’évaluation, ne se mesurent, les uns aux autres, que par le volume, en dernier terme…par le volume. Celui-ci s’apprécie, le volume, bien entendu, comme en tout art, c’est à dire pratique cristallisée et codifiée, avec des subtilités qui m’échappent tant esthétiquement que scientifiquement.

 Les femmes, elles, pratiquant ces activités, à quelques exceptions, ne visent pas ces extravagances hideuses, elles se dessinent, elles soulignent, rien de leur corps ainsi décuplé ne contient de hâte virile et conflictuelle. Elles dessinent. 

 Elles découvrent d’elles, la silhouette d’une danseuse puissante ou d’une gymnaste paresseuse. Leurs corps demeurent corps véritables. Ce n’est pas à dire que leur ego, en raison de leur sexe, ne les entraînerait dans aucune lutte, aucune concurrence, aucune, même violence, celle(s)-ci se déroule(nt) sur un autre mode, une autre scène, par définition, presque, moins brutale parce que plus désarmée. Le massacre dépend aussi de l’arsenal à la disposition des belligérants. Arsenal, ici, systémique. De ces femmes la minceur, elle encore, demeure l’horizon, le point nodal et matriciel : la finesse de la taille. De Kim Kardashian à Jujufitcat. 

 Je touche, aussi, beaucoup les gens, comme un aveugle tentant de comprendre, avec ses sens exclusifs, le corps. Revenu, ici, à un principe pré-social, pré-esthétique, de nature, si j’en crois la primitivité de mes mains, cet héritage inconscient, ce qu’on nomme je crois instinct. Longtemps, tout social, non animé de la puissance reproductrice, je n’aimais que les visages, les corps, la tenue du corps, m’indifféraient. Aujourd’hui, pour moi, l’excitation, toujours, ma main, sur la taille, la forme que ma main ici posée prend, elle évalue, malgré moi, en dépit de moi, la durabilité de mon désir, son envie de recommencement. J’ignore comment décrire cette forme, je peux citer, simplement par exemple, qui y convînt jamais, un nombre d’or.

 Pour moi, le corps, il est là encore dans sa perfection regardant les gestes maladroits du jeune serveur du Bo-Zinc, sa coupe de cheveux, travaillée, le chignon haut, un catogan, je crois que ça s’appelle ainsi, à quoi il ajoute, latéralement, un liseré, une frise simple, faite d’un ensemble de triangle. Maladroit, de jeunesse, juste et empoté dans le même temps. Il dit, m’apportant mon deuxième double amaretto, après mon remerciement, avec plaisir. Depuis le commencement de ce texte, ce jeune homme s’emporte d’assurance et squatte en bas de chez Jeanne avec les derniers clients devant le bar fermé, tous parlant fort, malgré nos protestations qui à force de répétitions chassent les importuns. Nous ouvrons les volets dont la vibration métallique fait comme un échauffement de voix avant notre demande puis notre exigence. Premier geste poli dont nous espérons, vertu toujours prêtée à la politesse, qu’il suffise. 

 

Je n’aime pas ce au plaisir qui devient, chez lui, dans sa maladresse souriante, un plaisir. Diane, je me souviens, jadis, me racontait un quasi-amour de vacances, dans je ne sais quel coin du monde, ça devait être une sorte de village de vacances criblé de petits appartements pour jeunesse fortunée.

Un garçon, resté quasi, avec qui elle passa, non sans joie ni désir, la journée, après l’avoir raccompagnée au seuil de chez elle et pour préfigurer le rendez-vous à venir, la quitta d’un au plaisir, qui la figea et la conduisit à l’éconduire pour toujours. 

 Le corps de Julien lavant avec plus de science que de soin les verres des clients, il y a aussi la serveuse, qui lui ressemble, je me demande s’ils sont frère et soeur, le même mouvement dans l’espace, des coordonnées trop voisines pour n’avoir pas été toujours à proximité, évoluant côte à côte. Les gens se reconnaissent entre eux, comme autre soi, comme me disait Cassandra avant de me rencontrer, la première fois, m’avoir lu seulement. Ceux là, Julien et qui je suppose sa soeur, se ressemble au-delà d’un quelconque aspect physique, ils se superposent et se décalquent.

Elle, la soeur supposée, porte un ensemble rose fushia, je cherchais la précision de ce rose, ça ne pouvait pas être pâle ou thé qui réclament un autre passif, une autre disposition, son corps, et par là son être, rend fushia tous les rose. Elle prend soin d’elle, ses cheveux roulent sur ses épaules, ils sont blonds et probablement éclaircis (je ne saisis pas ces choses là comme je ne remarque pas, Jeanne s’en amuse, la chirurgie esthétique sur les visages des femmes lèvres, pommettes et qu’en sais-je encore ces subtiles manigances plastiques). Ils finissent, ses cheveux, comme les gros rouleaux des vagues, presque des anglaises. Chloé, elle, porte de la même façon, presque, ses longs cheveux blonds, Chloé, parce que comédienne et artiste, en change le signe, le bascule dans le spectaculaire. La serveuse l’est-elle tant moins ? Spectaculaire ? Captivant mon regard, lui consacrant, consacrant à sa chevelure, dix fois plus de lignes qu’à celle de Chloé, plus apte, pourtant, à entrer dans mon esthétisme. 

 Dans les grandes villes, les mondes se chevauchent en de brèves rencontres, certains lieux en forment les intersections, à cause de leur géographie, de leur prix, de leur histoire. Ici Chloé, la comédienne, l’artiste, la somme sensible, comme elle nomme son collectif, croise par le hasard des cheveux débordés, cette femme avec qui elle ne partage rien d’autre qui ne soit visible. 

 Je me demande souvent à quoi ressemblent les gens déshabillés, les hommes, plus particulièrement dont le corps surprend, qui l’on imaginait maigres ou transparents, se révèlent tout de muscles parés, qui l’on imaginait mince se révèle gras, qui l’on imaginait gros se révèle de muscles garnis. Josef, lors de notre randonnée dans les Vosges, m’illustra absolument cet écart entre qui ne développe de muscles que volumineux et qui en possède des pratiques, sollicités pour le seul effort, il marchait devant moi, grimpant la côte, je voyais ses mollets tripler de volume, ses biceps, lorsqu’il écartait les branches nous barrant le chemin, tendre le t-shirt. Voilà ce que c’est la force.

 Enfant, dans le Nord de la Norvège, sur l’île d’Ilgness précisément, où je passai avec mes cousins des vacances sans nuit — l’été ces endroits du septentrion comme mon amour ne connaissent de crépuscule qu’un prêt à se changer aussitôt, sans pause, en aube — un garçon, habitant de l’île, de notre âge ou plus jeune, jouait avec nous sur un bout de vallée, il se nommait quelque chose qui sonnait dans le voisinage de triplhamburger pour moi et je le nommais alors ainsi, tentant, invitant dans la lutte mon cousin, à le faire rouler à cause de ce que nous avions vu (ou, plagiat d’anticipation) le film où Robbie Williams joue un Peter Pan adulte et dans lequel un des personnages, gros enfant noir, roule comme une boule de bowling pour faucher les pirate hostiles.

 Avec Jeanne, malgré nous, nous sommes grossophobes, nous nous trouvons toujours trop gros, tandis que, rapportés aux métriques et aux classifications objectives, nous nous trouvons très largement dans la norme. Mais la norme à Paris est une norme déformée. Je compte, pour m’amuser, le nombre de gros apparents, dans mon quartier ou celui de Jeanne. Nombre faible, moins d’un pour dix. A la bibliothèque où je finis ce texte au lieu de préparer mon cours de demain, je ne trouve que peu de personnes en surpoids, malgré la disparité des âges. Les bibliothèques municipales accueillent une population curieuse, des vieux, des lycéens, des enfants avec leurs parents, des sans-abris ou des égarés. Mais, à Paris, pas de gros. 

26 janvier 2024

Singe

Signe réversible le

singe

référent

juge dans l’habit hiératique

des lianes des jungles des savanes

selon son humeur

dicte le bien dicte le mal

sans souci de toute légalité

la prévisibilité 

ce n’est pas une affaire de singes. 

son bon plaisir ainsi le guide 

à donner couleur ou valeur

à l’advenu ou au supposé

fouillant singe des signes

les jugements hésitants

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31 décembre 2023

Pas que.

Courses de Noël, j’écris, Courses de Noël au lieu de dire du Nouvel An comme si un réveillon valait les autres que, le premier, celui de Noël, dominait les autres, en devenait le référent substituable à tous. Courses de Noël avec Jeanne, sur l’Avenue Mozart. Lorsque, des années auparavant, je me rendais rue de l’Assomption pour travailler avec J. et P., je m’arrêtais à Ranelagh, station de la ligne 9 située à une dizaine de mètres de l’appartement de Jeanne, je m’y rendais, alors, sans connaître son adresse exacte de nos contacts distendus à ce moment-là et la détestation plus ou moins nette et affirmée qu’éprouvait son mec à mon endroit. Un jour, je le vis, lui, qui ne me vît pas, marchant, élégamment, dans un joli pantalon rayé - que je trouvais joli - pour se rendre à la boucherie, je crois. Il portait, Jeanne me le dît après, un pantalon de pyjama, accentuant le chic pour lui humiliant (peut-être?) mon sens des élégances. 

Courses de Noël, je dis, maintenant, répétant la fête, faisant bégayer l’Histoire et l’année 2023, lui offrant une semaine, fictive de répit. Un faux espoir. Jour de grande joie, la matinée, un morceau de celle-ci, un double expresso au Bo-Zinc, Jeanne travaille à midi. A la boulangerie, une baguette tradition, une baguette aux céréales, deux tartes, une citron, une framboise. Puis, je disais, le Bo-Zinc, en attendant le retour de Jeanne. Ecrire, lire. Le double-expresso, ce bonheur suivant le premier bonheur, le café, le matin - mon matin plus tardif que celui de Jeanne - quand Jeanne m’interroge, je te fais ton café ? moi, toujours, oui, parce que j’aime sentir ses gestes dirigés vers moi, l’imagination déployée en moi où je compose, jusqu’à l’arrivée de la tasse chaude, ses gestes, sa façon, j’ignore l’ordre exact, la cuillère dédiée, en plastique, plongée dans le café moulu, le café déposé dans le filtre, le café poussé avec l’extrémité plate de la cuillère, l’ensemble installé sur la machine, le bouton tourné quand le voyant vert allumé signifie que l’eau est assez chaude, le tremblement de la machine, le bruit qu’elle fait parfum synesthésique. 

J’aime. 

Les emplettes aujourd’hui, ensemble, après que j’ai déposé les baguettes, la tradition et la céréale, sur le plan de travail et rangé les tartelettes au frigo, les deux étages descendus, un rire flotte, le boucher, pour commencer, deux tranches de cruauté à 120 € le kilo, le fromage, après, un dem-cheddar au whisky, dans sa coque de cire orange, un autre fromage, un chèvre mi tendre mi ferme, au nom bizarre, gribouillette ou une approximation de ce nom, une olivette, pour un chèvre frais coupé par le milieu pour y insérer une confiture de cerise ; le traiteur grec, pour le tarama, pas de saumon, hélas, et l’autre, à l’aneth Jeanne n’aime pas, le tarama simple du traiteur grec avec les blinis maison beaucoup trop cher, le reste, ensuite la Grande Epicerie j’eus voulu écrire pour le chic continu, Monoprix, parce que plus proche et mieux rempli, la bouteille de Ruinart à quoi Jeanne tenait et moi aussi en conséquence — j’aime suivre ses désirs, je lui disais, tantôt, qu’on ne changeait pas les gens que, si j’avais voulu, moi, imposer dans l’existence ou le couple mes désirs, ça n’aurait pas fonctionné, pas avec ma façon irritante de dire non ou de sembler toujours agacé — une autre de Laurent Perrier Cuvée Prestige, la même que j’apportai chez Guillaume, lors de notre dîner là-bas, avec Milana, puis, le reste, les oeufs de saumon, les florentines, les crackers pour les casse-croûte ce mot, lorsque Jeanne le prononce, me rend amoureux un peu davantage, le mot, l’expression, c’est l’heure du casse croûte puis c’est le dernier casse-croûte quand, trop ambitieuse, elle imagine pouvoir se priver du casse-croûte de minuit +, nous nous trouvons, en amour, surpris de ce que l’autre porte en lui de charmant et désirable, les grands yeux bleus, les seins et ce mot, cette entaille impromptue, casse-croûte. Qui demande des attentions, dans les placards toujours des biscottes (ou des crackers), du fromage dans le frigo, fondu, de préférence, frais — du Madame Loïk — lorsqu’elle compte ses calories. 

L’impossibilité pour Jeanne de dormir sans casse-croûte, ou, alors réveillée tôt par la faim, forcée de se mouvoir jusqu’au frigo pour saisir n’importe quel apaisement solide. J’adore lui préparer le casse-croûte, déposer sur la petite assiette deux biscottes recouverte chacune d’une tranche de fromage, passer le tout au micro-ondes, voir le fromage buller et savoir qu’aux extrémités il croustillera, voir, ou deviner, son air accompli. 

De la truite fumée. le grand cabas Monoprix, les chips à la truffe Jeanne j’aime trop ça, les torsades au beurre, qu’elle sort à l’instant du placard, j’entends l’aluminium qu’elle froisse c’est tellement délicieux elle dit, j’entends le crunch-crunch.

Au congélateur, les pains au chocolat Picard que j’adore à demi-cuits. 

Jour de grande joie, aujourd’hui, d’excitation, pas d’alcool depuis une semaine et avant, depuis 4 jours. Mois de décembre éthyliquement raisonnable pour moi, difficile pour Jeanne, mois affreux vécu par elle, qu’elle dépasse, grande force de caractère, pas surprenante pour moi, elle (prétendument?) étonnée. 

Bonheur, écriture, aujourd’hui, lecture. Retour des achats, des livres déposés, un Sagan et un Genevière Dormann Je t’apporterai des orages, ne connais pas l’auteur (je dis, masculin neutre, parce que elle, hussard, de droite, élite, respect des volontés et dispersion des cendres de la morte récente) écriture élégante, de droite, intérêt à la sous-Nimier sa page Wikipédia « un écrivain méchant ». Des photos sur Google Images, la classe, une façon de fumer, un grand regard bleu, une fermeté, ça ne se bouge pas facilement, une femme comme ça, elle sourit sur la quatrième de couverture, pas femme souriante au monde, pas souriante comme ça, un air de Sagan (en plus jolie), le port. Le charme ça fait vraiment tout comme Jeanne aime à dire en c(han)-i-tant Christophe. 

Corps agité, Sertraline baissée à 0,25 mg, divisée par 4 depuis notre amour, à Jeanne et moi, désir violent, qui monte, quand je la vois, hier, se déshabillant, avant de se glisser sous la couette sa couette couette à part, ventre, le mien, agité, papillons, aigles, guêpes ou frelons, qu’importe la faune, la dévoration, pourquoi non félins ou canidés, herbivores, lézards. 

 

J’ai hâte de ce soir, la bouteille ouverte, le minuit que nous deux au Troca, peut-être, Vendetta, après, ou Hannibal, ou nous. 

 

A voir. 

30 décembre 2023

Le poème, un roseau.

 Lorsque, désormais, j’écris de la poésie — je veux dire des vers — elle s’expose violente, dure et rêche, jadis, amoureux de Diane ou, avant, déjà, amoureux de fictions plus spectrales encore, une tendresse naïve et douloureuse en ressortait. En ces temps là, si je me remémore convenablement, je souffrais d’emphase, mon écriture ne se vivait que portée, poussée, venue d’un souffle, pouvoir, jadis, assimilé et assimilable à celui du voyant, du chaman, dans les parages de la transe, dernier représentant d’une race en extinction, qui, elle-même, à son commencement, se prétendît une héritière d’autres mages. Ils commençaient, Rimbaud, Baudelaire ou Chateaubriand même une lignée qu’ils prétendaient perpétuer. 

Mensonge banal de qui, renaissant, se réclame de glorieux aïeux, aristocrates ou artistes, qui légitiment, aujourd’hui, un droit, un titre, un trône. 

 

je me dis, même, là, après coup, des années et des années après coup, suivant la longue interruption d’entre 2014 et 2017 où je n’écrivis presque pas, jusqu’à ce mois de meurtre lyrique, où je commettais la littérature en scandale — que certains crétins ne discernant jamais bien y lurent des aveux et des revendications quand à rebours je raillais une forme la mienne passée une outrance à dégonfler— je me dis (passé simple) le morceau célèbre de Rimbaud, « Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux – Et je l’ai trouvée amère. – Et je l'ai injuriée » et, de même, moi, avec le lyrisme (moi-même) pareil. 

 

Puis, je veux dire, hier nous discutions avec Jeanne de nos anciennes, jadis, cruautés, l’indifférence au monde, pour elle, la poursuite du plaisir, disait-elle, mot, aujourd’hui, qu’elle réprouve, parce qu’il sent les fluides organiques que, depuis toujours, l’écoeurent, moi, une haine, plus encore, justifiant tout puisque le monde, a priori, un ennemi, une torture, qui, parce qu’il me causait des souffrances, ne méritait de moi aucun égards et s’il me sollicitait n’obtiendrait de réponses et d’hommage que la rage. Aujourd’hui, ceci, que nous réprouvons cette ancienne colère, indifférence, cruauté qu’aucun de ces termes, exactement, ne recouvre, j’ignore s’il s’agit de défaut de langue ou de ma maîtrise parcellaire de celle-ci. Alors, ces choses-actes-egotismes, assis sur nos genoux, nous les avons trouvés amers et nous les avons injurié ; pour, aujourd’hui, regarder ces vies, ces tours, avec un effroi sans culpabilité, nous jonchâmes notre vie, l’apprentissage de celle-ci, de ce que nous pûmes, charnier et débris, sans manquer, jamais, y compris dans le tragique, de goût vers le sublime. Nous nous demandons parfois si, après l’amertume et l’injure, nous ne perdîmes pas aussi du sublime que celui-ci, pour nous, les gens de notre sorte, se couvre toujours d’une mince pellicule de sang caillé comme ces diamants ensevelis au Congo qui, mines, charnier aussi d’enfant. 

 

 

Ecriture que je craignais, récemment, de relire effrayé à l’idée du trouver quelque superflu ou autres manières tordues. Or, en ces temps, d’écrire constamment, je développais une aisance, les mots, dans mon souvenir, coulaient facilement et si, à distance, j’en vois les quelques trucages, excès, imitations imberbes, j’y découvre surtout un feu réel, une grâce, elle, aussi, en principe, venue de ceux bien nés. Je, à mon tour, naissait/s, de répéter le geste d’accoucher. 

 

Les poèmes que je tente de produire, aujourd’hui, simples ou complexes, ne relèvent pas ou rarement de ce style. Une gamme d’eux, intellectuelle, se déploie, que je poste rarement, cette poésie recherche, poésie-recherche, sans tomber juste résonne gravement, inutilement. Elle manque de simplicité sans compenser celle-ci par une évidente émotion, elle se traîne, presque, je posterai, plus tard, de ceux-là, ces enfants reniés, non voulus ou pas comme ça, avec cette sale gueule et merde c’est la sienne. 

30 décembre 2023

Coq de combat

le ? Octobre 2023 - continué 20 décembre - puis 24 décembre - puis 27 - puis 30

 

Hier, je marchais sous la pluie depuis chez Jeanne jusqu’à la bibliothèque Germaine Tillion, protégé par le parapluie Franprix orange qui pend au patère, parce que, le mien, payé 10 euros chez HEMA (racheté, depuis, entre les morceaux d’écriture de ce texte, le même modèle), je le perdis au changement de la ligne 6 à la ligne 2, sans, en réalité, passer de la 6 à la 2 parce que je me dirigeais du mauvais côté et, m’arrêtant à Pasteur pour prendre la 12, évitant, de justesse, négligence supplémentaire, d’opérer le changement à Montparnasse-Bienvenue où, si les lignes 6 et 12 y passent toutes deux, elles se trouvent séparées par une longue distance, parcourable à pieds ou nus ou à l’aide de tapis roulant automatique, de bringuebalements de valises, de stress de voyageurs et d’hébétude des touristes.

Dans ma marche (je pense, de ce verbe mouvement, à l’hymne autrichien, la marche de Radesky, changé, je crois, depuis par autre chose, maintenant les désirs impériaux patinés jusqu’au démodé) m’apparaissaient les (i)mages de **, le déploiement, tendre, de son existence dans la mienne, ce qui l’anéantissait, la dispersait, la rendant, elle, matière. 

 

J’écrivais, marchant, sous cette pluie molle, une qui ne tranche pas, celle, la pluie, précédant les batailles lyriques, cernant les duels mortels quand ceux-ci ne se déroulaient pas sans que le sang, a minima ne gicle ou, mieux encore, que la mort invitée d’envergure, ne s’étende, seules, aujourd’hui, les dites racailles, encore, conservent, le sens du duel, c’est à dire, dans la langue de l’ancien monde chéri, de l’honneur, que, dépourvus, sauf jours de massacres et donc non de duel mais d’expédition punitive, vendetta etc, d’instruments de morts, nomment, de leur corps, d’une partie de celui-ci, un tête, pour qualifier l’affrontement, la partie osseuse de la tête, le crâne qui abrite à la fois l’os le plus dur et le siège de l’intelligence, eux, les racailles, conservant l’honneur, le tête, un contre un, dans un lieu sombre, aux heures désertes, avec, témoins, des amis et, surtout ou parfois, la caméra, pas toujours, certes, pourquoi se priver, aussi de la gloire du vainqueur autant que du risque, César défilait, des années après l’écrasement des Gaules, dans son char triomphant, Vercingétorix, traîné à sa suite, comme moins qu’une bête, eût, aujourd’hui, le goût vain. Risque, quand, excédant le cercle minuscule des défis, la vidéo se retrouve entre les mains des enquêteurs surpris de ce que la vanité leur offre avec tant de facilité, la preuve et l’aveu, que, la volonté d’humilier même porte en elle la condamnation à venir, comme si les auteurs, ceux-là vaniteux, se pensaient vivre en deux mondes étanches, celui de leurs gloires et de leurs colères et celui-là séparé du monde légal, comme si en dehors, l’image, SnapChat, en dehors de la juridiction ordinaire, jouissant d’une extra-territorialité, followers et viewers viertuels, dé-citoyennisés, alors, plus sûrement, une suspension pour les auteurs de ces considérations, ne pensant ni ne pensant pas à l’impunité ou à l’incurie de la justice, agissant mus d’autres impératifs, le triomphe, la gloire, la virtualisation, étonnés, parfois même de ce que ceux-là, policiers en uniforme, juges en robe, vieux, blancs, connaissent l’existence de leurs plateformes comme si eux les inventèrent, comme si eux, qui en éparpillent largement, sans filtre le contenu, en assuraient une diffusion restreinte et confidentielle, comme, plus encore, dans la jeune et moins jeune génération, l’inconséquence quant à nos données, la circulation, fine, détaillée, de nos attributs individuels dont, pour la gloire, la haine, le risque, les violences en lignes ne constituent qu’une manifestation, aujourd’hui, s’en saisissant, PHAROS, surveille les contenus en ligne et, surtout, manquant en soi de moyens, Pharos, cette plateforme de la police virtuelle, se saisit après dénonciation, comme si les contenus criminels et délictueux, ne reprenaient leur épaisseur légale qu’après ce qu’un follower se transmutait à nouveau en citoyen où abolissait pratiquement cette séparation fictive, transmutant en contenu pénal un contenu que l’on croyait impalpable. 

 

Quoi d’autre, il ne s’agit que de ceci, d’autres formes des pugilats clandestins, à la fin, les combats de coq où pariaient toute la société, des éleveurs aux ouvriers, des propriétaires terriens à leurs exploités mal payés, seul lieu, peut-être, où récupérer le propre fruit de leur travail à eux, par le pari, par le hasard, obtenaient ce que le travail ou la loi ne leur offraient pas. 

 

 

 

20 décembre 2023

Des figues urées.

Sous le figuier celui aventurier tenait dans sa bouche une brindille qu’un jour il prît pour le maillet d’un juge et, ses arrêts, inflexibles tous, tout avant, il se les adressait, secouait, c’est à dire mordillait, l’instrument des sanctions, régulièrement sa langue se prenait dans la confusion de ses considérants et, au moment décisif du prononcé des conclusions s’empêtrait dans des contradictions susceptibles d’appel qu’il ne manquera pas de solliciter à l’encontre de lui-même, le figuier toujours intact, comme le pin égal à lui-même durant l’été, l’hiver et les inter-saisons, encore, ce figuier immémorial, à inventer dans le monde de l’extinction de masse, la sixième, ou au sein de celui des poètes, lui, aussi, l’aventurier, prenant racine, se confondait avec le sentiment unique de la mélancolie, ne vivant plus que dans les seules modulations de celle-ci pour l’imaginatif, le généreux et le cruel, ces variations porteraient d’autres noms, ici, nous contentons d’objectivité, nous maintenons ceci, l’aventurier mélancolique ou le juge et la guêpe, juge lui comme une figue toute pénétrée de la guêpe figée, une justice le mince habit rayé, un prisonnier bardé de jaune et de noir, une goutte de venin, ce juge, comme  l'amour captif, il, le juge, un père aussi, sous le figuier assis, un long été, une torture de chaleur, regarde passer son enfant, le sauvage à trois quart, l’engendré des fumigènes, le moyeu du cyclopède tordu, sous le figuier, le juge-père se condamne à l’exil d’un des titres il accole, sanction ultime, mauvais à ce titre rassis, né de l’héritage de faire naître, de père, sous le figuier, toute la mélancolie du monde, poussera, plus tard, serons-nous vivant encore, un arbre neuf, plus que la guêpe dans son cercueil de fleurs et son uniforme de bagnard, le grand végétal et, sereine, la culpabilité, sa vestale, une sève, les fruits seront amers et doux, un lointain parent des griots, les derniers conteurs, les seuls juges valables, l’ombre projetée du mancenillier, son fruit vénéneux, la tisane, tard le soir, du dernier des repos pour le dernier des repas, sous le figuier, le mythe d’un juge père et poète, assis, attendant, la résurrection d’un autre qui, pourtant, nulle part jamais, ne naquît, parce qu'il n'attendait, sort de chacun en vérité, que de lui la propre naissance, la seconde, celle de l'aveu enfin, délicat et douloureux, n'existe que sa carcasse, belle, la carcasse

15 décembre 2023

Mon-Mort

Passent, sur les pages de mes différents réseaux sociaux, des publicités évangélisantes, paix en christ, deux jeunes gens souriants, lumineux, sains, s’adressent à la caméra dans un français marqué d’un accent américain, trouvez la paix en Christ. Je me souviens, alors, de ce candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de 2012, adversaire d’Obama avant son second mandat. Mormon de confession, riche de profession désormais, il sillonna, jeune homme, la France en vue de prêcher la parole mormone. Alors, devant ces jeunes gens américains s’exprimant en français, je me demande s’ils ne sont pas eux aussi mormons, je tape, sur google, le nom de leur Eglise Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dont j’apprends, dès les premières lignes :

 

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (en anglais : The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints) est une église restaurationniste mormone fondée dans l'État de New York (États-Unis) en 1830. 

 

Nous supposons, toujours, devant ces formes de persuasion religieuse, parce que plus accoutumés à les voir, le zèle des témoins de Jéhovah, chrétiens, eux aussi, dont, comme les mormons, j’apprends qu’ils appartiennent à la tendance restauratrice qui considèrent que le christianisme peu de temps après la mort du Christ trahît son enseignement, trahison qu’ils nomment, la grande apostasie. 

 

Les commentaires, sous les publications Facebook des mormons, sont rédigés presqu’exclusivement par des africains évangélisés ou, plus rarement catholiques, dont l’adoration du Christ, surinvestie, leur donne des airs fanatiques. Ceci, d’ailleurs, inquiète au Vatican à cause de ce que, pour des raisons démographiques, les africains compteront pour la majorité des catholiques bientôt, inquiétude de ce que, plus conservateurs que leurs coreligionnaires occidentaux, ils tendent à violemment condamner les maigres avancées de la Curie quant aux droits des minorités sexuelles ou de genres. 

 

Parce que, souvent, je m’ennuie et, aussi, que j’aime enquêter par la pratique, sorte de poésie participative, j’ai rempli le formulaire de contact présent sur leur page afin d’être rappelé par les convertisseurs. Hier, dans le métro, je recevais un appel de Rachel, qui s’exprimait dans un français charmant et parfait, d’une voix jeune et enjouée, qui me demandait si, d’une part, je voulais recevoir les enseignements de Mormon, si, d’autre part, je souhaitais qu’un exemplaire me soit remis par des membres locaux de leur foi. Ce que j’acceptai. Je devais, aujourd’hui, recevoir de leur antenne parisienne, un appel pour organiser la rencontre, la journée d’aujourd’hui, peu propice, me fît manquer leurs deux appels, manquement que j’espère réparer prochainement. Pourquoi, eux, davantage que les témoins de Jéhovah ou autres fantasques fanatiques m’intéressent ? L’occasion, déjà, de ce que leur message me parvînt par la publicité et non comme un stand inquiétant posté devant une gare, d’autre part, et surtout, parce qu’ils viennent des Etats-Unis pour sillonner l’Europe avant d’y retourner, que je veux entendre leur français, leur appréhension de ce pays, leur façon de vivre, les fréquenter, avec répétition, pour saisir, un peu quelque chose qui m’échappe, qui échappe à tous de ce que, par trop souvent, nous les considérons avec dédain ou, plus souvent, les nimbons d’indifférence. Pour moi, ils constituent une porte analogue à d’autres portes sur un monde mystique, plus simple d’accès que d’autres plus protégés à l’entrée plus exigeante parce que, leur objet est de convertir le plus possible, d’accueillir le plus largement. J’ignore, encore, ce qu’il advient de ces jeunes gens, plus tard, je sais la religion mormone stricte et austère et les deux jeunes gens illustrent ceci. Mais je veux savoir. 

 

 

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14 décembre 2023

Asthme

Cette expression, souvent en usage, tu seras toujours que l’on adresse à des proches, souvent parents, plus rarement vieux amis, éloignés par les motivations de la vie. Qui, expression, signale, presque nostalgie, ce qui fut et qui, d’une certaine façon, trace davantage que ruine, demeure. La plupart ne mériteront jamais cette mention ni une analogue, moins phénotypiquement liée, ce c’était pour, au-delà de la rupture, amicale ou amoureuse, attester de l’absence de regrets que, après les douleurs naturelles qui s’en suivent, demeurent, surtout, une sorte de fierté ou de joie. Nous nous sommes appartenus, compris, entendus. Une seule chose peut le passé tout biffé, l’infidélité, Jeanne partage avec moi ce rapport au monde et aux relations. Jeanne et moi à sa suite — elle énonce, je reprends, me réapproprie, je lui dis, souvent, je t’imite en tout, et, parce que j’aime la provoquer j’ajoute, inutile et injustifié, le suffixe en mieux — nous tenons droits derrière, pour moi, soutien, mais, comme qui dirait, dissimulé, elle, plutôt, aux côtés. Leur devise, celle de M., son ex, et elle, toujours à tes côtés, toujours de ton côté, ce à quoi j’accrois, s’il s’agit, de, du moins, afficher publiquement ce soutien qui, dans l’intimité, ne dit rien des futures remontrances, si nous employions un terme de l’outrange - outrance et outrage mêlés en un seul mot. 

 

Si je frappe la plupart des entretiens d’une grande indifférence, bien davantage que de mépris, comme longtemps je l’imaginai, la colère point en un cas et unique cas : si je me sens trahi. Au-delà, même du déchaînement des foudres ou de j’ignore quelle expression intérieure, rattachée aux éléments antiques, l’autre n’existe plus que dans une grisaille indifférente. Qui me trahit ne meurt pas, qui me trahit n’a jamais existé, êtres frappés de nullité, cases creuses habitées d’un sentiment imprécis. Une odeur de pisse presqu’entièrement déjà dissipée sous les ponts de quelque grande ville latine. 

 

Il y a, en contre point à ces tu seras toujours un tu n’as jamais été. Rarement les êtres, heureusement, tombent dans la seconde catégorie. Je pense, alors, à tu seras toujours que, souvent, je voulais adresser, y compris — et peut-être surtout — après la crise, à Mehdi. Que je ne fais pas. Le lien, aujourd’hui, le seul me rattachant à lui, ce virement mensuel pour l’abonnement RED by SFR de l’appartement qu’un jour nous occupâmes ensemble. 

 

tu seras toujours. 

10 décembre 2023

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Nous sommes, le plus souvent, jugés non à nos actes mais à l’apparence de ceux-ci. Pour compenser, à cause de ce que ma mienne apparence, c’est à dire mon attitude, aussi, mon air lorsque je discute d’évènements, de sensations, je mobiliser des éléments extérieurs et objectifs ou des témoins, de moralité ou non, ou, le plus souvent, archiviste maniaque, les échanges in extenso, que je peux avoir connu. In extenso pour éviter que, la partie adverse, ne prétende à une décontextualisation. Ici, je crois que souvent, c’est le plus tragique ces éléments, malgré leur indiscutabilité, ne suffisenr pas, les gens préfèrent se fonder sur leurs premières impressions et leurs préjugés. Cette phrase, odieuse, les preuves fatiguent la vérité, semble, depuis le départ de l’humanité, depuis le premier grognement devenu parole, depuis la réunion au coin du feu et les premiers récits mythologiques, en activité féroce sans connaître, jamais, de décrue. Ne dites pas la vérité, prononcez vous bien. Question de port et de réputation. Les deux, je les ignore.

 

Hier (déjà il y a deux semaines, textes toujours en stase), nous dînions à Meudon, chez G., avec Milana. G., critiquait, gentiment, Mehdi, d’une façon injuste parce que, lui aussi, Mehdi, concerné par ces apparences, souvent, qui ne le révèlent pas ou, du moins, pas au point que G. supposait. Il déplorait que Mehdi parlait de tout ce à quoi j’objectais qu’il ne discutait presque jamais de ce qu’il ne connaissait pas. Si G. a pu se créer cette représentation c’est que Mehdi, et je ne le juge pas comme un travers, mais comme une attitude au monde, prend souvent la parole d’autres, se réfère à d’autres. En ceci je veux dire que la sonorité de son propos pour qui a l’oreille fine - mais moins fine que le fin ne croit - tombe fausse parce que, justement, inapproprié.

 

Ce qui, contrairement à ce que Mehdi lui-même crût ne signifie pas qu’il ne dispose pas en propre d’une échelle de valeurs ou de convictions personnelles. Cette délégation lui évite des engagements superficiels mais, lorsqu’il les prend discursivement à son compte, leur donne l’accent du faux qui, je le disais à G., ne relève que d’un problème d’élocution pas de conviction. 

Mon frère, à la soutenance de Mehdi, lui prétendit qu’il était, désormais, sous la domination de Louise après avoir été mon assujetti. Au-delà de ce que je n’emploie pas cette terminologie de domination, puisque je ne pense pas, de façon générale, en ces termes, à l’exception, peut-être, de conflits armés ce que, je crois, malgré les étendues et frontières intimes de chacun, ne concernent pas nos rapports amicaux et sociaux.

Or, dedans, il y a quelque chose de vrai. Que le mot, domination, occulte tout à fait — en dehors même de n’appartenir pas à ma pensée, que ces mots, produisent un réel étranger à mon propos — Mehdi, longtemps — ce qui la dernière fois que je le vis, au Sister Midnight ne se maintenait plus — ne parlait plus en je mais disait — et ici, encore, heureusement, des Témoins, Milana, d’une part, F. sinon, G., aussi, un soir sur les bords de Seine — Louise pense, Louise dit, Louise a dit. Ce que je ne pris jamais pour de la domination, par ailleurs, qui supposerait une volonté contrainte, un exercice, de la part de Louise, d’une force verticale appliquée à un Mehdi peureux, répétant, asservi.

Ce n’est pas le cas, c’est le rapport de Mehdi aux paroles auxquelles il adhère. Ce constat ne le nie pas, ce constat ne le diminuerait que s’il devait penser, absolument, comme trop — moi non exempt, m’en éloignant —que nous formions dans le monde des unités autonomes et indépendantes, sans admiration jamais, que toute admiration, même, dissolvait l’être contenu dans le JE (le je totalitaire), cette chose supposément la plus précieuse. 

L’extrémisme de sa posture, alors, la rend agaçante, il est pénible de parler avec une tierce personne, absente qui plus est. Je déteste ceux qui convoquent une foule imaginaire ou rapportent des paroles prétendument dites au soutien de leur opinion. Comme il est insupportable qu’une rumeur nous soit rapportée tout le monde pense ça bidule a dit ceci. 

Mehdi, n’agissait pas comme ça, il ne convoquait pas Louise comme autorité générale et régissante du monde entier, il confondait sa parole avec la sienne, je disais, hier, à Milana, qu’il semblait la convoquer comme les paroles rapportées du Christ, un évangile. Prendre mon agacement pour un jugement, voilà la triste erreur, ici, Mehdi, sujet, me permet de penser quelque chose qu’il illustre, l’exemple, c’est à dire la saillance dans le monde, me révèle un objet de réflexion. C’est parce que Mehdi le représente comme exagération qu’il m’intéresse ici sans que Mehdi, jamais, ne se réduise à cet aspect de lui que, plus encore, je comprends ce qui donne à ses paroles cette forme qui, justification de moi à moi encore de crainte d’être incompris tandis que compris je ne le serai pas, semble le dépourvoir d’agentivité. Or, ce n’est pas le cas. De façon plus ou moins claire nous sommes inspirés, agis, habités par d’autres sans que, d’ailleurs, ces autres n’exercent cette action (la mécompréhension encore, quand Yannis en parlait à Mehdi de ce qu’il composait — je suppose — une Louise gourou active et volontaire. Sottises.)

 

Si je poursuis, ici, cette réflexion, c’est qu’elle excède largement Mehdi, qui, par sa radicalité — la radicalité de Mehdi — quelque part, me permet d’explorer une forme d’être au monde, que, extérieur à lui, je n’aurais saisi qu’en surface. 

Je me déplace en lui, mon exploration se situe sous le derme, expeauration. 

sous-peau

ésie.

 

 

Ce phénomène migre à travers lui, carte où se déploie ces évènements, prélevés, carottés donc fantasmés, pensés et conçus comme tels. 

 

De le déplacer ici, à travers lui, me permet de saisir, à moi, qui manque d’esprit de généralité —besoin de l’exemple pour découvrir la règle —le fonctionnement du monde. Mon cerveau, j’ignore pourquoi, paresse, ne s’active que lors d’une activité, d’un contexte. J’ai besoin de palpable, de chair, de tiers. 

 

Lire son prénom est déplaisant parce qu’on se sent trahi, mutilé, déformé que je ne suis pas ça, que bien entendu, écrire à propos de quelqu’un c’est si peu parler de cette personne. Ecrire sur quelqu’un c’est, avant, tout déclarer cette personne intéressante, singulière, âpre. Si tout le monde, à un moment de son existence, peut, quelques lignes ou initiales apparaître, s’y maintenir révèle l’intérêt, froid ou chaud, intellectuel ou sensible, à l’endroit de cette personne. Que, le plus triste, c’est toujours ignorer — ou croire prétexte — la réalité de ma tendresse, j’aime pour toujours qui j’ai aimé une fois. Lorsque je parle de ces êtres, la plupart du temps, j’en parle avec amour et, surtout, comme quant aux parents, je ne supporte pas que d’autres les critiquent. Je déteste entendre dire du mal de Mehdi de Marie-Anaïs et, même, étonnamment, de Marine.

 

Je m’appuie sur les êtres, mes souvenirs, les biographies pour produire mon monde et comprendre celui des autres. L’exposer publiquement ne vise jamais à humilier, insulter ou faire mal. Lorsqu’il s’agissait de Marine, Yasmine etc, publier palliait le silence imposé, entretenait une conversation qui, même fictive, me donnait accès à la réalité. Il faut comprendre que le silence, et les sourds en témoignent, les sourds d’avant l’abbé de l’épée, rend fou, délirant, idiot. 

 

Considérant le droit à l’expression comme fondamental, y compris le mien, je trouvais, là, un espace qu’on ne pouvait censurer. Le psychiatre, lui, préférerait que je ne sois pas à la recherche de justice. J’entends, moi, par justice, non pas la défense de mon intérêt ou la déclaration incontinente de mon immunité, mais l’application par les autres des valeurs qu’ils profèrent et des buts qu’ils visent. Je ne me permets au final que ce qui se déduit de leurs revendications. Il m’arrive, parce que la colère me prend, de déborder, et, aussitôt, de le reconnaître, d’en accepter, même, la remontrance à condition, évidemment, que celle-ci se place au juste endroit — c’est à dire décidée abstraitement hors des passions— sur l’échelle des sanctions. 

 

 

Je m’étonne, réellement, tristement de ce que des suppositions psychologisantes dominent, tout entières, des éléments objectifs, manifestes, répétés. Lorsque Romain me traitait de pervers ou de fou, faisant, passant par la folie, une sorte de concession purement formelle, un doute de cordialité auquel il ne croyait pas et dont il exprimait, d’ailleurs, la dubatibilité, il agissait, encore, de cette manière là, quoi que je pus objecter de réel, de fondé, d’archivé, de vaste, je me trouvais réduit à mon apparence, à sa croyance que rien ne pouvait ébranler, que rien, surtout, ne devait, ébranler. La psychologisation sincère eût voulu que, s’il ne pouvait s’abstenir, il s’assure de mon mouvement intérieur, des mes retenues — encore retenues — au moment de parler à Marie-Anaïs. Par l’assaut des mots il imaginait, je pense, la prémunir, la protéger, se garder d’un pire. Parce qu’encore une fois, au-delà même des suppositions psychologiques, c’est à dire de fondements antérieurs, ces façons de penser, se projettent dans des situations futures tout aussi hypothétiques. Et, moi, je me retrouve, murs rapprochés comme dans les labyrinthes, dans cet étau. Toute parole accuse. Y compris la parole tierce, la parole rapportée, celle indépendante de moi. 

 

Il m’a fallu du temps pour comprendre le mouvement, là, celui de Marie-Anaïs à mon endroit, les gens, proches, de sa compagne à Louis, par exemple, soutiennent que elle n’a jamais dit du mal de toi ou elle s’inquiète pour toi. Ce qui, de fait, lui donne l’apparence — elle ne ment ni ne triche se soucie vraiment à ces instants — de la compassion. Or, dans le même temps, elle écrit au monde entier, se défendant, que je la harcèle, que je ne supporte pas la rupture ce qui, objectivement — parce que ça m’est rapporté ce qu’elle ignore — m’insupporte par, comme je l’exprimais avant, un orgueil mal venu et un souci, dans mon cas, de justice, c’est à dire de traitement objectif, le plus objectif possible, des données. Les valeurs ne peuvent pas varier à cause d’hypothèses douteuses. Ceci me rend tout à fait malade, la conception du harcèlement, de la manipulation, de l’agression sexuelle. En bref, chose la plus ordinaire et barbare, le double standard. 

 

7 décembre 2023

Tralalavail

16 novembre 2023

 

La mauvaise saison commence, les yeux se gonflent, les cernes se creusent. Voilà le début, irrésistiblement présent. Jeanne, lumineuse, en freine les montées brusques divertit, même, certains jours, l’irrésistible torrent. L’accélère, aussi, parfois, subissant, pour d’autres raisons, d’autres saisons, elle autant, les écoulements brusques de la vie, des glissements de terrain dont la boue, comme parfois lors des inondations, emporte tout. 

 

7 décembre, deux semaines presque de crise dans un mois de fatigue et de fièvre non-métaphorique. Deux semaines où rien ne se brise parce que nous n’en sommes plus rendus à ces mots, ni, même, ne s’effrite ou ne s’abîme, deux semaines de fatigue. 

 

Les 5 et 6 décembre je travaille — ce texte que j’achèverai peut-être le 6 décembre aux alentours de 00:22 —que je continue le 7 à 10:53, avant de retrouver Virginie chez Xi’An pour déjeuner maintenant qu’elle bosse près de chez moi

 

je travaille et, maintenant, au jour de clôturer ce texte j’ai travaillé  ce qui me réjouit (16 novembre) moi si hostile au travail — moins réjoui à cause des heurts avec Jeanne (7 décembre) —, à tous les métiers de tous ces siècles à mains. Un jour, je me souviens, Mehdi croyait, pendant une lecture commune de nos textes, que je le raillais, parlant, pour moquer les laborieux, de paysans à lunettes, des sortes d’Himmler, parce que, lui, se vivant laborieux et lui portant lunettes, s’imaginait désigné par ce vocable.

 

Cette catégorie de paysans à lunettes ne le visait nullement, des paysans à lunettes, êtres, pour moi, bêchant, butant, dans le travail de la terre, toujours sur des pierres, possédant piètres instruments, on en trouve des brouettes de siècles en siècles. Mépris, jadis, pour tout ce qui sentait l’effort, tout ce qui, même, résultait de l’enfer et j’élisais la pirouette sans intérêt plutôt que la chorégraphie sophistiquée pourvu que la première résulta d’une grâce naturelle, d’un don, et la seconde d’un travail déclaré. 

 

Cachez ce travail que etc etc.

 

De ces jugements, comme de beaucoup d’autres, je suis revenu, par lassitude, surtout, maturité, diraient d’autres, qui probablement, n’en constitue que la modalité ridée. Peu importe. 

 

Je ne juge plus, d’ailleurs, à mon grand désespoir, quelque part, me tenant comme en retrait d’une façon d’être, prenant parti avec difficulté excepté en cas de crise, c’est à dire d’hystérie, ce qui ne se confond pas avec la force l’ancienne force qui fut la mienne, rigueur et exigence. En cas d’hystérie où faire droit alors aux droits aliénés de la folie et d’elle exceptée, dégagée de moi, l’être civil(isé?) et social, ne défendant aucun de mes intérêts objectivement définis par d’autres. Intérêts, pourtant, objectifs puisque condition de la survie et donc de tous ceux à venir. 

 

au final perdre Louis, Aline, Romain, Marie-Anaïs, Mehdi déçoit plus que ne blesse, je méprise, éliminant par là les raisons, avalant — c’est de travers — le sentiment d’injustice — faire droit, toujours. 

 

 De l’indifférence au monde, sûrement, naît une certaine rondeur, une acceptation de celui-ci comme il est, sans résignation ni révolte, comme une vache dans le train qui le mène à l’abattoir regarde défiler le paysage, tout son monde.

 Force, ici, au passé, celle que je convoque, correspond peu, je m’en aperçois aujourd’hui, d’avec la Force, force, jadis, confondue, avec violence, oppression, dureté, choses, aujourd’hui, après maints efforts, détours, introspections, dispersées. Force dont j’espère parfois le retour de l’ancienne forme, cette violence inouïe que je retournais contre moi aussi souvent que je la destinais aux autres comme d’expérimenter sur soi la potion ou le sortilège avant de le répandre. Moi consommateur test et nouveau burger McDonald’s.

 

Aujourd’hui (16 novembre), je le rapportais à Jeanne, que, à son contact, ce que j’avais à la fois de lâcheté et de dureté, s’abolissaient, remplacées, ces deux-là, par de la sérénité, elle, la mieux apparentée à ce qu’on pourrait dire, la force, c’est à dire, un calme, une gestion, sans violence, des conflits, c’est à dire, du jeu des intérêts contradictoires. Plusieurs exemples illustreraient la pratique concrète de Jeanne dont je m’inspire elle y ajoute, certes elle, une violence parfois, dont, moi, devenu incapable, je n’exerce pas. Jeanne ne considère pas, chose rare, que le monde lui doit quelque chose, Jeanne considère, chose plus rare, que le monde devrait être autrement, Jeanne exige une justice — l’autre monde dans celui-ci —qu’elle ne suppose pas devoir tomber de l’obscure clarté des étoiles, elle se le doit, Jeanne se le doit. Jeanne, je l’ai déjà exprimé auparavant, a arraché de moi quelque chose d’un résidu de l’ancienne pauvreté, cette volonté de vivre juste à hauteur de mes moyens sans chercher à conquérir, dans le monde concret et matériel, d’autres, si j’obtins, bien avant elle, quelques atours luxueux, ceux-là résultaient de la filouterie, je savais jouir et ne pas jouir, Jeanne, me conservant le premier, m’apprît — tout en détestant ce mot de jouir trop apparenté pour elle à celui de pourcelle — et me rendît insupportable ce privatif c’est à dire, aussi, la privation. Prédation.

 Lorsque je commençai ce texte nous vivions, Jeanne et moi, dans une sorte de léthargie heureuse, malades, ensemble, elle d’abord moi ensuite — moi toujours à la traîne d’elle, secouée récemment. (3 décembre ?) Jeanne, avec ses amis, dispose d’une conversation de groupe, lorsqu’elle m’évoque les discussions qu’elle entretient avec eux, dit aux potes. Après nos débats mouvements, elle me dit, qu’elle en parlait aux potes, qu’elle leur disait s’attendre à être grondée, qu’elle détestait ça parce que, surtout, elle était — se jugeait — en tort. Petit chat mignon et éprouvant, qui, sinon confort et réconforte éconduit (ça jarte) le dispensable. 

 

 (16 novembre) Je demeure, ce que je n’étais pas, et m’étonne, alors, d’employer un verbe de la permanence et de l’immobilité, un être de compromis et de discussion, je suis prêt à débattre de mon intérêt si ce débat, cette minoration, permettent une accalmie. Transiger si, de ce fait, la situation globale, non exclusivement la mienne, s’arrange. Or, si je sais rogner sur mes droits et mes intérêts je ne sais les délaisser entièrement, cette position trop médiane, trop hésitante, me rend faible, fragile. Il faudrait renoncer —la charité se juge à ce qu’on garde non à ce qu’on donne— ou exiger. 

 

26 novembre 2023

Lipokilos

Lipokilos. 

 

1. titre

 

Le Penent se mit en tête de supprimer tous les commencements. Le Penent ne veut rien, plus rien, proche ou cousin, de toute sorte de début ou de ce qui y ressemble. 

Le Penent se jette en ceci. Cette quête, seule utile, pour se trouver, lui, bout du chemin, sur une route, celle, il semble, du je du le. Il nie, il nie peut-être même, le temps futur. 

 

1.1 le territoire

 

tu es sûr Jo de vouloir commencer ce truc, cette mutinerie contre tu ne peux même dire quoi précisément objectivement le lexique le diplome tu cherches n’importe où l’objet d’une révolte d’une répulsion qu’importe les détours tu te le dis non dénué de fierté et d’orgueil tes propriétés les plus sereinement instituées indiscutées presque figées comme si elles coulées en même temps que toi le jour que les vieux te choisirent un nom propre deux ici pour toi le deuxième qui est le premier il t’empêtre ici plein de honte tu ne l’écris ni présent ni futur il demeure inconnu suspendu loin 

 

2. Le Discours public

 

il tremble fort en son for le fin fil sonore d’où giclent les sons et les mots. Gorge enrouée dès que le pendule remue,  y choit un fond de désespoir. 

distribuer les mots, le livre dégueu encore une fois prendre soin tu ignores toujours, le livre perclus de liquide ocre rouge, comme si des veines nouées en bouquet, toutes ensembles rompent. Elles, en lui toutes ensemble se décidèrent, se décident, cession, brisure.

 

2.2 Du sens

 

tu te trouves encore ici, tu cherches le verbe nier tu comptes tes doigts des bourrelets de Pô tu désires y lire j’ignore quelle histoire imbécile comme si toi tes ongles incrustées des fleuves de Rome ou de tout temps perdu et englouti l’inquiétude grimpe mille degrés suivis de mille degrés d’inquiétude le mot le mot celui du philosophe des contrées du septentrion des fjords l’incompréhensible mot qui fige le givre une tombe tu refuses de dire tu luttes encore joe jusque quel moment ?

 

3. Les Termites

 

Le Penent le début le rebute, tous les débuts, il les fuit, il les esquive, il les repousse. Il veut les ronger, des dents, des ongles, de tout ce qu’il contient, lui, en lui, ses profondeurs et ses secrets, de refus et de révolte. Le Penent ne peut or il veut, il veut que son existence commence moins tôt, esquiver les premières heures, se rendre, directement, sur l’horloge de trois heures, que les plus sordides des heures se trouvent, mortes, derrière lui, derrière nous. Le Penent veut et ne peut, peut peu il bégue-et-bégue encore et encore, zzz, zzzz, une sorte de bruit de fermeture zippée qui se bloque. Il doit trouver une ruse, une ruse, un complice, ce sortir de cet endroit, ce non-début, ce prologue qui rien n’engendre

 

 

3.1 Histoire

 

Mec tu ne veux rédiger ici une histoire le récit t’importe peu des kilos tu montes des kilos et des kilos de ce qui ne porte ni nom ni figure ni revers ni rebours le mot qui te vient sur ce moment tu le piétines de justesse encore une fois toi presque pris, empiégé de ses propres règles comme en religion les pénitences toujours nées des moches démences sélectionnées qui choisit qui choisît toi qu’est ce que toi ?

 

5. CINQ

 

Le Penent évite soigneusement ou non les premières feuilles, les bonnes, les qui suivent, les ok pourquoi. Il trouve, Le Penent, les livres comme possibilité d’une liberté, fin de cet intermède d’éternité, le premier bond, donc, le premier souffle, enfin, qui gonfle les poumons celui qui déchire une bouche celle du tout juste né, qui vient de régler une dette de ce simple hurlement, une dette de neuf mois.

 

5.1 Victoire

 

Observe le ton Le Penent où se dirige-t-il existe-t-il encore quelque endroit qui se visite les membres tous prisonniers, une voix surveillée, les sirènes prêtes, libres elles, qui hurlent en prévision qui ne cessent de hurler, de superbes gêolières, je te félicite, tu sens en toi combien tu respires peu et difficillement…pourquoi s’obstiner décider quel bel orgueil tu vois bien que comme le reste de ce qui te concerne tu ne te mènes qu’en nul lieu.

 

6. Délivre-s

 

Les livres, Le Penent, Le Penent les considère, les redoute, les désire. Lire ? Il ne les conçoit plus que bornés, ces débuts, les débuts des livres, il n’entend, que feuillets éventrés, il les brûle, bondit, droite, puis droite, encore, droite, toujours, frénétiquement. Il cherche. Il n’existe de fou que ne brime l’écrit. Les livres seront l’étroite porte, il s’évide dès qu’il décide de les prendre.

 

Le Penent semble fuir, ces gestes commis où pères et impères, rendus ennemis de ses lectures. Il coupe une puis une seconde. Le Penent un fou proféré selon tous les doctes juges, les enfermeurs professionnels. Quel motif ? Le refus de ces clôtures, cette règle qui exige, sous peine de. De. Suivre le rectiligne chemin, lire b puis le reste prévenir le dernier z prévenir le moment du surgir de ce z comme si un rituel ici se met en ordrez, que ce z en constitue le moment décisif.

Le Penent refuse, certitude qu’il soutient, d’obéïr. Dérisoire refus, cette forme de refus.

 

 

08.03.2011

  

Tu perds le sens des mesures tu ne c’est plus même vrêment écrire dent ce qui est une lent gué de nez-essence tu ne poux vêt que perdre joue en de comme si tu été d’ici un front c’est retrouve bien comme il phô tes origines mon petit tes photes ton verbe tordu comme tes dents tu crois yes v rée ment te trouver en pets ici min te non, tu penses que les efforts suffisent mon petit jonzthzn tu te trompes lourdement mon en fente on te les ce une dernière chence mon chencre mon con cre ton chient du cygne célèbre notre clémence qu’en je dis NOUS je veux dire NOUS tu  c’est zy ?

 

 7. Folie l'instrument de mort

 

toutes les cohortes rouges, liquides, des veines , les pères et les impères, il évite le début des débuts, celui, le feuillet, plus rigide, couvert de fissures, un cou coupé. Cet endroit dur du livre, les noms inscrits, Le Penent les exile hors de ses souvenirs, du récit, inutiles, il les indique, inutiles, biffés, briques d’exil, il veut devenir juge brusquer l’outil de justice pour enfin que triomphe ce qu’il conçoit de juste de bien que personne ne doit plus commencer il veut suivre il en est sûr c’est vivre bien vivre tout court

 

  

7.1

 

Capture d’écran 2023-11-25 à 23

10 novembre 2023

Cantique des Pataphtisiques.

texte de juillet continué novembre. 

 

J’accentuais, ces dernières années, si je dois suivre une ligne rétrograde - tous ces chemins pris à l’envers composent une réalité partiale, distincte des moments réellement vécus, offrent, moins qu’un souvenir, une modalité interprétative - mon goût - devenu obstiné et donc morbide - pour la fête, l’excès, la suspension de toute découpe en travail du monde, créant, alors - le récit a posteriori renforce, s’il ne la produit pas, cette impression - une distance (ici italiques aux mots « une distance » de ne me pas me souvenir du mot que je voulais employer, le déduisant du propos général) m’éloignant de ce groupe, alors, des gentils bolosses, comme R. les nommait. Un malentendu, qu’il m’ennuyait de dénouer - que je n’aurais su peut-être - venait de ce que Marie-Anaïs croyait mon goût du cool relever, seulement, de l’état hébété des ivresses et des boîtes de nuit quand il recouvrait, en réalité la brutale intensité, la forme et la couleur de ma vie. Dénier - ou plutôt avoir l’air de denier - dans le même temps, l’intensité de celle de Marie-Anaïs n’était pas juste, en rien elle ne manque de ces…aberrations, d’autres contours, d’autres lieux, seul le mode d’action nous distinguait, pas la nature de l’impulsion.

Ce que je retrouve, aujourd’hui, avec J., réside dans cette concordance entre toutes les parts de moi, moi, être au monde tout à fait éclaté, dirons nous, distinct, ce mot là éclaté, de celui de brisé par trop employé héritage d’anciennes luttes lyriques. Eclaté, même, encore, le mot éclaté résidu de ce passé, des luttes, émiettement. Exprimer la diversité du soi, sa multiplicité, par, avant, tout, la division, comme si je ne naissais jamais qu’après blessure, foulure, drame, je me débute après, au moment du trouble. Du louche. 

 

paragraphe incompréhensible laissé, malgré tout, j’imagine avoir trouvé agréable l’idée de coupe horizontale. Le reste..eh bien le reste. 

 

les strates, la coupe horizontale de nos êtres, ne se mesurent pas dans une cohérence globale de toutes ces couches, sans être autonomes ces strates fonctionnent selon des logiques propres et distinctes. Sans aller jusque dire que nous vivons, étanches, nous pouvons ici reprendre l’esprit scientifique dont parle Baudrillard et, ainsi, banalité suprême en réalité, nous connaissons nombre d’individus qui, occupant leur emploi, y exerce une rare finesse intellectuelle, une précision épatante dans la maîtrise de concepts complexes et qui, éloigné de ce rôle, ne nous en montre plus aucun signe.

Nous ne portions pas d’intérêt aux mêmes choses. Je crois qu’un autre texte en suspens, dans mes brouillons, concerne aussi les gentils bolosses, je ne le trouve pas dans mes fichiers (les 33 brouillons, ouverts à côté de ce texte-ci, quelques-uns finiront à la corbeille précédée d’une moue de dégoût précédée, elle-même, d’une moue de regrets) — ne le cherche pas — idée, à l’époque, non écrite peut-être, brouillon mental et neuronal, à l’état d’électricité statique.

L’injustice faite aux gentils bolosses qui, malgré tout, portent la vie, la grande vie avec ses intérieurs richement décorés, le choix des étoffes nous distingue et nous hiérarchise peu.

Je crois que, mon rejet d’eux, provenait, surtout, de leur absence de corps. De leur façon, souvent, lorsque s’essayant (pas le cas de R. par exemple) à des arts non littéraires, de faire moche c’est à dire « joli » c’est à dire « poli » c’est à dire non art. Avant-hier (déjà avant avant hier), avec Jeanne, nous discutions d’art et plus spécifiquement d’art contemporain, elle possède, du champ, une connaissance extensive, qu’aucun des gentils bolosses n’atteint et c’est cette méconnaissance qui les fait produire du « joli » c’est à dire du moche, de l’inutile, des formes plates parce que déjà connues, donc usées, et naïves. De la même façon que lorsque, par ailleurs, les artistes, s’emploient à la poésie, le résultat, toujours le même, lyrisme gaspillé. 

Je me souviens d’avoir pesté, discutant avec Marie-Anaïs, de ce que les « poètes youtubeurs » y compris le plus éminent, François Bon, agissaient avec dix ans de retard et la recherche les concernant avec dix ans de retard sur leurs dix ans. Parce que les usages manquent d’instinct, ils résultent d’une appropriation lente, intelligente mais dépourvue d’art pratique.

Même ceux, comme Marc J., dont ces techniques constituent à la fois le lieu d’étude et de pratique, y parviennent en retard, ils récupèrent des usages qu’ils détournent. Quoi qu’ils en disent, ces gens, dépourvus et éloignés de l’ironie comme ils le prétendent, ne peuvent s’empêcher de prendre de haut parce que, en réalité, ils prennent de loin. 

 

marie-anaïs ou romain ne comptent pas dans cette critique d’ailleurs ils s’approchent, eux, de la performance, art mixte, public, comme celle écoutée aujourd’hui de Gorge Bataille.

 

Marc J. par exemple, au fait des nouvelles technologies et des supports, pourtant, parle aussi en décalé, ne saisit pas, tout en étant le plus proche, l’instant présent parce que les chercheurs et les vidéo-poètes, vivent dans une temporalité plus lente, ne saisissant pas de la vitesse celle de la lumière, c’est à dire du scrolling.

 

Mon agacement, alors, manquait aussi son point, je détestais, au-delà, de la forme, les corps, la forme absente des corps — et toutes les sexualités moribondes ou excessives qu’on y trouvait ne change pas le propos —qui n’était pas une absence de corps ni une ébauche, qui en était le tracé en déficit de certains organes que je jugeais important. Juicy dirait Jeanne et je crois que c’est exactement ça, il y a chez eux, à la fois un extrême sérieux — une capacité hors du commun à s’indigner — et un humour gnangnan. 

Marie-Anaïs, lorsque je le lui exprimais, comprenait mal — je le signifiais mal de le pressentir sans le nommer convenablement. La faille réside en ceci, l’absence de légèreté et de jus. La fête, la pratique de la fête, alors, s’apparente à un signe, à un indice, pas à la règle ou à la cause. C’est ceci que j’aurais du dire, et, m’étendant sur le sujet, je remarque que C., par exemple, qui continuait de pratiquer la vie avec largesse, que je désignais, alors, près de Romain, comme plus cool que moi, parce qu’assistant à des concerts, beaucoup, demeurant edgy (ce qui peut suppléer le juicy) garde sur le monde un regard présent, de praticienne. 

 

Je m’égare. Mais je crois que je parviens à dire pour taire. Que, Jeanne, rassemble de moi le séparé. Demeurent, suspendues, des particules, forcément, celles, privées, qui ne s’accueillent par les autres, qu’en les ignorant. Je ne peux les nommer parce que les dire, c’est à dire les chercher, me les rendre à moi-même visibles, les tuerait. J’ignore ce qu’elles sont si même elles sont et que peut-être, moins chose, qu’espace de la chose, elles vivent, possibles, ces forces.  

8 novembre 2023

Gueguerre Asimov.

(bergame, déjà, plusieurs mois, texte pas fini, jamais)

 

ce texte, je le commençai longtemps en arrière, deux semaines au moins, j’apporte, comme en-tête, depuis la chambre du palais bergamien où nous logeons avec Jeanne, cette précision sans, pourtant, assurer sa finalisation. Cet exergue, peut-être, je l’ignore en commençant - continuant - ces lignes se trouvera suivi d’une autre introduction comme, parfois, vous savez dans les livres - mais ceux là sont publiés - nous trouvons l’avertissement au lecteur, suivi de la première préface puis de la seconde préface, puis de la première préface à la seconde édition.  

 

Gerasimov (quelle orthographe choisir dans ces cas de translittération ?) m’obsède encore un peu, lecture, il y a peu d’un article de deux pages en anglais exposant safameuse doctrine celle du sharp power ; comme il existait le soft power, force diplomatique et d’influence des Etats ; PENDANT 

 

depuis l’offensive ukrainienne dite contre-offensive ne parvînt pas à atteindre ses objectifs déclarés pire Gerasimov fort des millions d’obus offerts — haha — par la Corée du Nord reprend l’initiative, le rapport feu, qui s’équilibrait, repasse à 6:1. C’est à dire que pour un obus tiré par les ukrainiens les Russes en tirent 6. Qu’importe, alors, l’imprécision des tirs, lorsqu’on sait qu’un obus provoque des dommages sur un périmètre de 300 mètres. 

 

— j’écris ici ce mot de pendant — je l’écris plus haut, souligné, majuscules —et je pense à Gleb qui, parce qu’il passe par un outil d’automatisation de traduction, risque de manquer le sens du mot à cause de sa polysémie, pendant, ici, ne signifiant pas at the same time ou during mais plutôt the other side of the same thing, yin and yang 

 

cette mention du Gleb de Kristina devenue parfaitement obsolète, depuis le commencement de ce texte Gleb est venu à Paris, il entretient avec Kristina une liaison dont je connaissais les soubresauts et dont j’ignore désormais les mouvements.


du pouvoir (sans qualificatif, le pouvoir étant la simple force) armé, c’est à dire la capacité à mener une guerre. La doctrine Gerasimov hybride les deux - influence diplomatique et force militaire - qui forment un ensemble dynamique autant que complémentaire.


Le soft power anesthésie les sociétés étrangères et permet d’installer, par un mélange de corruption, d’influence diplomatique, d’excitations des passions, des gouvernements favorables à la Russie 

 

destabilisation dont la Russie se montre experte, après l’Afrique où elle excita les passions tristes à l’endroit de l’ancien colonisateur français, elle tente aujourd’hui de semer la discorde dans une France divisée. Russie commanditaire des tags d’étoile de David comme échos difformes des nuits de cristal. 

 

le hard power,  permet, quant à lui, de renverser par la force des gouvernements établis - sous des prétextes variés (terrorisme comme en Syrie, oppression des minorités russophones en Ukraine ou en Transinistrie) ; mais les deux s’entrenourrissent, le soft power simplifie, s’il se montre insuffisant, l’emploi de la force armée, une société anesthésiée se défend peu et mal et ses alliés, malades du même sommeil, n’interviennent pas ; là où le soft power endort et immobilise ainsi, le pouvoir militaire, lui, paralyse par la peur. Imbrication redoutable de cette doctrine. Le hard power supplée, aussi, le soft power, lorsqu’un gouvernement favorable à la Russie parvient par manoeuvres - ou parfois grâce au jeu électoral honnête - au pouvoir, la Russie l’aide à s’y maintenir et empêchera tout changement de régime et toute transition. La Russie embrasse bien et beaucoup mais n’offre de baisers que les mortels.

L’erreur, lors de l’invasion de l’Ukraine vient de ce que la Russie a, en même temps, surestimé son soft-power, c’est à dire son influence politique en Ukraine et sous-estimé la motivation des pays occidentaux ; surestimé, autant, sa puissance militaire. Cet échec ne remet pas en cause l’efficacité de cette doctrine du sharp power seulement une lame, à double-tranchant même, rouillée ne pénétrera pas jusqu’au muscle de sa cible. 

 

lorsque je débutais ce texte Prigo vivait encore. 


Comme je l’écrivais dans un précédent article, je trouve au visage de Gerasimov quelque chose d’émouvant, de russe et en même temps de soviétique. Lorsque je lis sa biographie je découvre que cette dignité hiératique ne provient pas uniquement de ce que ses yeux bleus et profonds intimident la critique. Qui ne s’inclinerait devant la beauté ? Jean d’Ormesson, lui, aussi, criminel d’une autre sorte, se trouvait souvent sauvé par ses yeux.

Il ne s’agit pas que du visage que je trouve, moi, beau parce que, avant tout, émouvant. Sur les photos de groupe, souvent, la posture de Gerasimov le distingue des autres pas comme de ces officiers de cavalerie issus des aristocraties montées, il sort du cadre, baisse la tête, semble ailleurs. Aujourd’hui, en raison de tous les contrôles automatisés, les photographies pour les pièces d’identité exigent un certain comportement : pas de sourire, la tête bien droite, le visage dégagé ; dans les cabines de Photomaton les photographies, une fois prises, sont recouvertes d’un tampon conforme en cas de réunion des conditions ou non-conforme dans les autres cas ; Gerasimov, militaire de la plus haute stature, est non-conforme. 

 

photo-maton le nom, déjà, nous préparait à la discipline, surveillé par la machine, maté, prisonnier de cette cage, ne sortant que conforme. C’est à dire corrigé. 

 

 

J’apprends, continuant à m’instruire de lui que lors du pire conflit qui frappa la Russie moderne — les deux guerres de Tchétchénie — il se montra le seul à conserver aux Armées la Russie leur dignité. 

 

un soldat, boudanov, viola et tortura des Tchetchènes et s’en sortait, acclamé comme un héros.

Cet acte dont la seule qualité extérieure, finalement, serait la common decency n’est pourtant ni dérisoire ni banal. En temps de guerre la violence non-martiale et le viol appartiennent à l’arsenal terrible — armes non-conventionnelles et sordides — des armées, ces actes servent à terroriser la population et obtenir, de l’adversaire, sa reddition. Gerasimov, comme le dît, pourtant, cette opposante au pouvoir russe — assassiné par ce même pouvoir — a su garder son honneur d’officier. Il ne se contenta pas de blâmer le tortionnaire, il agît afin de le traîner en justice permettant à tous les autres, ceux de sa bonne volonté partagée, les officiers honorables, d’agir de la même façon. Acte, encore, difficile, tant le bourreau trouva, dans toutes les instances étatiques, dans toutes les couches de la société, des soutiens. Gerasimov n’est pas comme les autres. Le premier procès militaire innocenta le bourreau. Il fallût bien des actions et à n’en pas douter Gerasimov compta parmi les initiateurs, pour voir condamnée la brute. Accueuillie, la brute, en liesse lors de sa sortie de prison.

 

Boudanov reçut un traitement plus conforme à ses actes. Une Tchetchène l’assassina. Sang pour Sang.

 

 


Shoïgu, le ministre russe de la défense actuel, intrigant génial puisque relativement incompétent, écrit de lui : 

 

 

je ne sais pas ce qu’il écrivait, tee interrompu, là, à Bergame, clignotant le « Sans titre 187 — Modifié » comme l’appelle par défaut Pages. 

8 novembre 2023

Impératrice dite Sur-Reine.

texte de juillet. 

 

Je passe un peu de temps à Suresnes, la ville où j’ai grandi et où mes parents vivent toujours. Ville devenue bourgeoise après une longue période oscillant entre communisme et socialisme municipal.

Les cité-jardin y naquirent, destinées, originellement aux couples d’ouvriers ou de petits artisans, fabriquées en briques oranges, caractéristiques des immeubles d’habitation des années 20 

 

1920, désormais que le temps passé nous place dans un nouveau siècle, que 20, aussi, c’est 2020 que pour qui dans 70 ans discutera de la pandémie dira — si maintenue la possibilité du dialogue, que le langage non rapetissé au crissement des cafards sur des éclats de carrelage — la pandémie des années 20. Peut-être d’ici là, si langage demeuré, d’autres catastrophes dignes d’Histoire, réduiront la pandémie de COVID à un épisode marginal (quoi que triste) de l’Histoire récente, symptôme, le moins grave, de toute une dégénrescence à venir — advenue. Tout deviendra l’accident des c(C?)onstitutions fragiles. 14-18 la grande guerre, le combat enragé de la France et de l’Allemagne accompagnées de leur séides. 14-18. Si le football maintient son empire — empire étendu aujourd’hui le championnat saoudien se rêve déjà rival des championnats européens —l’évocation de 14-18 de la France et de l’Allemagne, à cause de l’empilement des tragédies, rendra compte, peut-être, des victoires successives aux coupes du Monde de Football, de l’Allemagne (2014) puis de la France (2018). Qui peut dire ? 


Sur la page wikipedia des cité-jardin de Suresnes on peut lire : 

Elle compte environ 3 300 logements, dont 170 pavillons, ainsi que de nombreux équipements (théâtre, établissements scolaires, bains-douches, résidence pour personnes âgées, logements pour célibataires, lieux de cultes et commerces)

La ville, dans les années 80, alors que le socialisme pour la première fois conquérait l’Elysée, bascula à droite et, depuis les années 80, la mairie s’efforce de chasser des HLM les plus démunis. En proportion, d’abord, en détruisant les anciennes petites maisons de ville - sans rapport avec les ignobles pavillons de banlieue - d’un étage, charmantes, modelées par des générations et des générations, d’acquéreurs, maisonnettes bigarrées, ensemble hétéroclite composé presque comme une jungle toute laissée au hasard.

La mairie remplace ces maisons par des immeubles sans charme, annoncés avec la pompe et les clairons des grandes affiches des promoteurs immobiliers « ICI VINCI CONSTRUIT » ICI BOUYGUES DU DEUX PIECES AU CINQ PIECES TROIS DUPLEX » « NOUVEAU QUARTIER » etc. su

Nous aussi ils voulurent nous dégager de Suresnes quand Maman cherchait (avec Papa, Maman, surtout, à l’initiative des démarches toutes.) un logement plus grand pour nous accueillir tous. Je me souviens, la proposition faite par la mairie, dans une ville voisine, Nanterre, la trop connue, l’appartement, nous ne le visitâmes même pas, l’immeuble répugna à maman, une Tour sordide, dressée au milieu de rien, je m’en souviens comme d’une journée grise et l’immeuble le centre et la source de tout le gris. A-t-elle été détruite cette tour ? Je pense à P.N.L 

Une chance qu'ils aient pas détruit mon bâtiment (…)

Grâce à Dieu y zont pas cassé ma première tour

 

Attachement à cette cité, la première, avant l’exil hors du 91, en Franche-Comté je crois, puis le retour à Paris, dans le Val-de-Marne, Virginie m’écrit que la cité (Ivry ?) où ils vécurent cette deuxième fois en RP, se trouve-ait derrière chez elle. Parce que, cité détruite, aujourd’hui, sur les toits de laquelle, ils tournent le clip du morceau Deux Frères, 

sans éprouver envers elle, cette cité détruite, un attachement aussi viscéral qu’à leur 91, et plus encore, aux Tarterêts dont ils rêvèrent tant que, adultes, au sortir de prison pour l’aîné, au cours de ses études pour l’autre, ils réinvestirent. Tout, chez eux, se dédouble, la mère algérienne mais absente le père corse et présent et bandit. A l’envers des structures familiales connues. 

 

Suresnes : 

Le prix d’achat des (ces) nouveaux appartements dotés de tout le confort moderne (jadis, lorsque les HLM sortirent de terre et firent sortir des bidonvilles ou des maisons insalubres, les indigents, l’argument du confort moderne primait sur tous les autres) est exubérant, excessif. Mais, ce faisant, remplaçant trois maisons par 30 appartements - qu’importe le niveau de vie - fait mécaniquement baisser en pourcentage les plus pauvres. Le vrai grand remplacement. Autre, encore, que la gentrification, la bourgification. 

 

hier, cherchant à acheter un livre, je demande à José quelque chose de simple, pour offrir, il me désigne Rue des Pâquerettes, devant le titre, je chavire oh non parce que fou connaissant le nom des fleurs, j’éprouve pour les pâquerettes une inclinaison particulière, vertige de ce que la cité des Pâquerettes renvoie à celle voisine et identique où mon père vécut la cité des Marguerite(s?) (cités dites de transit et l’on sait la lenteur de celui-ci quand il digère le mauvais sort des immigrés — papa né en France pourtant). Immeubles construits à la hâte, signe de bonne volonté prétendue des pouvoirs publics pour arracher aux bidonvilles ceux qui y vivaient (il faut lire le gône du chabah qui nous expose combien le bidonville valait, au début, mieux aux yeux de ses occupants, que ces cités de transit). Appartements sombres, sans toilettes, sans fenêtres. Il parle de Nanterre, de la misère, de la boue. Idée de lui écrire, à l’auteur, arrivé en France en 1962 à dix ans (Papa, naissance 1957, 5 ans en 62. 62 année de la fin de la guerre d’Algérie. Harki l’auteur ?) pour entrer dans les détails de cette vie, par un autre côté, moins douloureux pour moi. Toujours eu envie d’écrire sur sa vie, la vie de Papa, lui, assez volubile pour  m’en donner un aperçu, renforcé, l’aperçu, par ses cousins, d’autres récits. Maman, elle, autre histoire, muette, celle-ci, sinon quelques évènements appris par surprise dont le souvenir me dessèche la bouche. Toute la place, dans sa famille, occupée par les récits masculins, mes oncles, la guerre, l’art, l’athéïsme. La plus jeune exceptée. 

Papa, entendre son histoire, par cet autre, proposer une rencontre. Est-elle seulement possible. Y assister, moi, pour recueillir ce qui demeure embrouillé dont je ne parviens à faire le récit. Témoigner, à travers les enfants, les intégrés, les détachés de la culture d’origine, et moi presque délavé, délavé et habité, en même temps, d’un mouvement de reflux, d’un mouvement d’implication. Yannis me racontait se sentir captif de ces vies, j’ignore, s’il concevait, ces vies, celles de nos parents, comme leurs récits ou, plus clairement, leur vie biologique, leurs soucis actuels. Un peu des deux, probablement. Entre nous un silence. Le silence, aussi, entre les générations. Un classique, banalité. 

 

 

 

Suresnes : effacement des pauvres en valeur absolue, aussi, puisque, profitant d’un codicille légal, la mairie rénove, avec succès, et je l’admets, réussite esthétique, les immeubles HLM délabrés (ou non), ce qui lui permet d’en augmenter le loyer de plusieurs dizaines de pourcents, inaccessibles aux anciens locataires, en toute légalité, à l’expiration du bail, non renouvelé en conséquence, mais, parce que droit au logement opposable, la commune, avec l’idée de cette communauté de communes et l’assistance du conseil départemental, exfiltre vers les villes voisines, les désormais inaptes aux exigences financières et sociales de la Ville. Qui, toutefois, conserve, souvenirs et reliques, quelques pauvres spectaculaires qui, parfois, se retrouvent, lors d’émeutes, en Top Tweet, au grand ricanement des utilisateurs des RS voyant Suresnes associée à ces expressions de colère, et, devant ceci, les artificiers suresnois s’indignent, revendiquant, que si, Suresnes ça craint, tirant, fierté, bandidos, d’évoluer dans la jungle, les dangers, la bicrave. 

8 novembre 2023

Miaousseline

Levé pour une fois au premier réveil. 6h30. Angoisse de me réveiller, seul, à ces heures trop tôt. Préférence pour s’enfoncer dans le sommeil fatiguant. Le sommeil tout empreint de rêves bizarres, inquiétants, torturants. Excès de sommeil. Fuite. Sanction. Jeanne ne parvient plus à dormir à 6h30 non plus. Rhume. Elle, le rhume. Moi rhume incertain. Hier soir. Picotements des yeux, gorge gênée. Les premiers symptômes. Ca a commencé comme ça. Désolée. Jeanne dit ceci. La mélatonine, hier, avant le coucher. Sommeil paisible. Toujours radiné à cet achat. Le médecin me le prescrivait. Plus remboursé. La pharmacienne me dit. Pas d’argent à cette époque. Argent. En invité. De Kurzsek en lecture. Francfort. Pas chez lui. Cagibi. Pas chez lui. Le cagibi. Mot qu’emploie souvent Jeanne. Le cagibi. Pas chez lui. La mauvaise adresse. Trop connu à cette adresse. Expulsé de chez lui. La femme, la fille, dans l’ancienne maison. Les clés tintent dans la poche. Peter n’ose pas les utiliser. Peter. L’autre Peter. Le père de Domi héberge Peter. Le premier Peter. Le premier homme. Il dit le deuxième quand il parle de lui-même. Peter. L’auteur. Autre. Anagramme d’autre. Le U surnuméraire. La sonorité d’autreu. A la fin. Le suffixe en U. 

Il dit le père de Domi à sa fille qui s’enquiert de lui. Plus le cagibi. Carina ne sait pas. Fini le cagibi. Ne savait pas. Pour le cagibi. Ne comprendrait pas. Le domicile conjugal évanoui. La séparation. Le cagibi. En invité dans cette misère de cagibi. En invité. Chez Peter. Viens quand tu veux. Même longtemps. Il dit l’autre Peter. Autre pour moi. Pas pour Peter. Pour peter lui l’autre, lui l’invité. Comment. Quatre ans et demi. Les peluches embêtent Carina quand Carina doit se doucher, quand elle doit porter son anorak, quand elle doit mettre son écharpe. Les peluches. Laquelle choisir pour aller à l’école. Le kindergarten. Sans vexer les autres. Peter. L’autre Peter rencontré au Kindergaten. Avant. En invité. Tu peux utiliser le téléphone. Peter craint de déranger. Hospitalité. Hospitalisé. Droits réduits. Jamais signifiés par les hôtes. Pas pensés pour l’instant (30 pages). Par les hôtes. Instinct de l’invité. Moins je dérange plus je reste. En invité. Moins de soucis d’argent. Le Cagibi trop cher. Intrus. Peter compte avec inquiétude les pfennings. Les marks l’intimident. 100 pfenning. José. Le libraire me lisait des extraits du premier livre de la trilogie. En invité le second. Cécile Wasjbrot. La traductrice ne considère pas l’ordre chronologique des ouvrages comme indispensables à la compréhension. José lisait un passage. Peter. Notre Peter. Achetait du savon. Achat au passé. Passé plus antérieur que En Invité. Un bon savon. Plusieurs pfennings. Peut-être des Marks. En invité il oublie le savon chez lui ? Le Cagibi ? Si non l’extrait lu. La mention du savon moins savoureuse. L’extrait retenu. La préciosité du savon. Le PRIX. Le savon oublié. Une ancienne vie. Le savon, l’oubli, du savon, détache. L’argent. Toujours l’argent. Le café. Les cigarettes. L’alcool kaput. Pas lu le premier. L’alcool rejeté. La cause de la séparation. La formule cruelle de Sibylle. L’ancienne compagne. Epouse ? Divorce ? Pas précisé dans le deuxième tome ? volume ? Désordre de cet ordre de lecture. Informations lacunaires. Lecteur invité. Au-delà du quart d’heure de retard des politesses. Comme trompé de jour. Comme une montre demeurée à l’heure d’hiver. Je pourrais t’interdire de la voir. Sibylle déclare. Ca effraie Peter. Carina qu’en pense-t-elle ? Carina je veux te voir tous les jours. A Peter. Crainte. Déranger. Partir. En invité. Exclu. Dehors. Peter, l’autre Peter, je dois accéder au bureau parfois. 

Moi. Le moi physique. Ici. Envie de prendre un bain. Je guette les périodes du bain de Jeanne. Le nombre de fois. Eau coupée. Eau rétablie. Jet du pommeau ou écoulement du robinet. Fin. Jeanne finit. Troisième période. Rinçage. Jeanne qui sortira. Au futur. J’écris. Après les derniers mots. Ici. Peut-être Jeanne sortie. Déjà ? Enfin ? Pas tout à fait fini le bain. Quand l’eau évacuée. Jeanne peignoir et coiffure sikh appliquera des crèmes. Cinq minutes. Elle prononce. Souvent moins. J’aime regarder son corps dessiné par le peignoir. Les petits pas au sortir de la salle de bains. L’eau relancée. Une période de plus. Je comptais. Le bain rempli d’eau chaude. L’ajustement de la température. Première période. Le shampoing. Rincé. Deuxième période. Le démêlant. Troisième période. L’après shampoing. Quatrième. J’avais mal compté ? Quatrième seulement maintenant. Cinquième. Le jet bref. Exclu du compte. La baignoire rincée. Pour les suivants. Par souci de propreté. Impatient. Le peignoir de mousseline qui s’ouvre en donnant des idées. 

4 novembre 2023

Souviens toi le 27 mars

(texte zcrit il y a plusieurs mois)

Il m’a toujours manqué dix kilos (depuis un an, mais de gras, de paresse de bourelets, j'ai pris dix kilos déjà devenus cinq) pour être tout à fait courageux parce que, pour moi, le courage dépend, aussi, de l’effet que je me sens capable de produire et de la possibilité d’agir qui en découel.


En matière de menaces, contrairement aux idées reçu"s, je suis nul. La menace, contrairement à une croyance ordinaire, ne réside pas seulement dans la peur ou dans l’expression d’un acte malveillant à venir. Cette parole, lorsqu’elle survient, doit se faire rare. La cruauté, la barbarie, la manipulation et, ici, la menace ne s’exercent que dans une retenue, ce qui en fait la force, c’est leur rareté. Volubile comme moi, les hurlements proférés tiennent davantage de l’exercice de respiration, désagréable pour qui le reçoit, que comme une menace effective. Menaçant, réellement, j’aurais conduit à l’abstention des autres, au refus de s’impliquer. Il existe, innomé pourtant réel, un écart entre la peur qu’inspire le fou et la peur qu’inspire le méchant réellement méchant. 

Je parle de mes dix kilos de plus et je pense à Yan qui, lui, pouvait semer la terreur malgré son pectoral manquant, malgré son mètre soixante cinq. Parce que, justement, sans cesse, il faisait peser la possibilité de tout.
Ma violence n’existe pas réellement, elle ne s’exerce pas, si la parole agit dans le monde, elle se dissipe plus vite qu’un acte.
Dire j’ai brûlé ta garde robe le lundi pour, finalement, la révéler intacte ne revient pas au même, le choc, réel, s’estompe en portant la jupe provençale — J. mais c’est horrible les jupes provençales, qu’est ce que c’est plouc.

Je me souviens, un jour, d’une dispute, avec Marine, à Nanterre. Nous rentrions, avec Marie-Anaïs dans la maison qu’elles louaient toutes les deux, et sur la table des mouches dévoraient les restes de plusieurs repas, l’évier débordait de vaisselle à la saleté durcie. Ce jour là, nous fêtions l’anniversaire de Marie-Anaïs, je rentrais les bras chargés de denrées et de cadeaux. Agacé par cette vision, fréquente mais atteignant ici son pire, j’écrivis à Marine pour le lui signaler. Sa réaction, évidemment, ne fût alors pas d’excuses mais de justifications, de vous aussi vous faites etc. Si j’emploie cet exemple c’est de bien montrer que, contrairement à ce que l’on prétend, je ne fais pas peur de la façon que l’on décrit. Aux personnes réellement terrifiantes personne n'ose s'adresser de la sorte ou, le faisant, avec des excuses et des regrets immédiatement exprimés. Ces gens, même coupables, appellent à la contrition générale, la compoction la forme de leur accueil. Plus encore, dans ce genre de cas critiques, je tente, volubilité idiote dissolvant toute autorité, d’expliquer. Marine, alors, pour exposer combien je me montrais affreux demanda son opinion à son petit-ami et, de sa réponse, en conforta son avis premier. Comme si, lui, devant le chagrin, la peur de sa copine, ne prendrait pas son parti. Par amour, par paresse.


La seule fois où j’allais, véritablement agir, par exemple, le 27 mars, je ne m’épanchais pas. Je ne me défendais pas. Je le faisais, rien d’autre. Prévenant, probablement parce que je souhaitais, aussi, être empêché, m’abstenant, de justesse, à l’extrême limite, de l’irréparable. La parole rare mais pas absente permis le secours.  

3 novembre 2023

Baraka Obama

Il me paraît toujours étrange, entrant dans une pharmacie, de voir, partout, les remèdes de rebouteux étalés, à libre disposition des clients, compléments alimentaires en tout genre dont, la plupart, ne prouvent pas leur efficacité. L’argument, avancé, par mag 2, de ce que tout le monde en France manque de magnésium, en plus d’être partiellement faux, ne propose une solution que faillible. Lisant, la documentation scientifique sur le sujet, j’apprends que boire de l’eau enrichie en magnésieum (Hépar, par exemple), eaux dégueulasses au goût, constitue la meilleure façon de traiter une carence en magnésium. Tout le reste de l’argumentaire est un charabia de bonimenteur. Je me souviens que, me rendant dans la grande pharmacie de la rue du Four, demandant à l’une des assistantes d’officine, quel magnésium correspondait mieux au besoin d’êtres carencés, elle dédaigna le Mag2 (le moins cher) parce qu’il était low cost, me dirigeant vers d’autres comprimés, quatre fois plus coûteux, qui, entouré d’une membrane de protéïnes se trouvent mieux assimilés par l’organisme. Billevesées fondées sur, à la fois, la confiance en la scientificité d’une pharmacie tenue par un docteur en pharmacie, et la méconnaissance, logique, de chacun quant au fonctionnement du corps humain. 

A n’en pas douter, les herbes soignent, la quinine guérit du mal de tête et du scorbut, les orties ou d’autres plantes, connaissent des vertus que j’ignore et que je sais cerrtaines, le miel ou le citron sont de bons antiseptiques mais profitant de la méfiance (légitime) envers les traitements chimiques, d’habiles marchands, s’enrichissent dans ce confusionisme. Certains, la plupart même, y croient sincèrement. Je pense que la préposée tentant de me vendre du magnésium quatre fois plus cher croit sincèrement que 1) le magnésium sous forme solide solidifie l’organsime que 2) le prix se justifie par le bien-être subséquent. 

La para-science, partout, triomphe, je n’élaborerai pas une pensée de sociologue sur le sujet, me contenant, poète, demeurant à fleur de choses, d’observer, commentateur aigu, percevant, ici, la plus grande des banalités, forant, tout de même, dans celle-ci, à travers les individus qui y accroient, leurs discours et l’esprit de collectif qui s’en dégage, l’observation d’un continuum, écueil où tout le monde tombe plus ou moins profondément, ainsi que la baraka, à quoi Mehdi consacrait un article, je me souviens, qui, veut que le don à un mendiant accroisse la baraka, cette sorte d’augmentation de la chance, sans, que vraiment, les charitables n’y croient entièrement, ici, le doute conduit à l’action, le ça ne peut pas faire de mal et pourquoi pas du bien. 

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