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2 décembre 2020

Rituels d'enfant -

666 mots - rituels d'enfant
 
je n’ai pas joué à la marelle
mon horreur des cases ou 
mon goût du débordement
m’empêchaient
de tenir
dans le 1, 2, 3
d’une algèbre sinistre. 
Aujourd’hui, encore
j’en ignore les règles
Il y avait dans la rue
Clauzel
une marelle
que la pluie 
a effacé à force
il n’en reste qu’une 
trace
quelques signes
comme ce qui demeure
d’enfance
après la dernière dent de lait
tombée
A l’école maternelle
En évitant soigneusement la marelle - et peut-être je me dis à l’instant c’est ainsi qu’on y joue
Vers 4 ou 5 ans j’étais convaincu que je pourrais voler. 
Vers 4 ou 5 ans, j’avais deux obsessions : voler - dans le ciel - et Allah.
Alors, je réunis les deux.
Convaincu qu’il suffirait de croire très fort
d’aimer Allah assez pour m’envoler
Musulman très prosélyte j’expliquais alors à Hervé et Marc
qu’il nous suffisait de dire Bismillah pour nous envoler
le miracle - comme la sociologie - n’étant pas une science exacte
il fallait recommencer l’expérience souvent
pas d’échec
ça ne marchait pas
c’est tout
parce que nous prononcions
avec l’accent français le nom divin
parce qu’ils ne croyaient pas assez.
Je me souviens
Nous montions sur une marche
et
nous exclamant bismillah
nous sautions
j’imagine aujourd’hui
l’effet bizarre que produirait
ces paroles
dans la bouche d’enfant
auprès des instit’.
convertissant
marc et hervé
aux sortilèges de l’Islam
la toute puissance 
des cieux
dégarnis ici
ô calvities sentimentales
Mon extrêmisme religieux me poussa
plus tard
à refuser une viande suspecte au centre aéré
malgré l’insistance des éducatrices
convaincu alors que j’étais
qu’elle résultait de l’abattage non rituel
d’une bête au sabot fendu
à l’inverse
Yannis
quand il eût l’occasion de manger du porc
à Grèce en Vercors - sûrement transgressant
par goût de la rime -
ne s’en priva pas
starfoullah
Un jour, dans la cour de l’école maternelle
où j’étais peu nombreux
je parvins à m’élever suffisamment haut
à commettre mon corps
parallèle au sol
avant
que d’avoir mal dit ma prière
je ne chute sur le ventre douloureux
je me souviens de ceci
comme d’une réussite
dans cette cour d’école
mon premier baiser malgré moi
Valérie qui me l’infligea
je n’avais pas dit
bismillah
Valérie
je ne suis pas sûr
je n’ai jamais aimé les jeux de
chapeau de paille
paille 
paille
j’aimais beaucoup l’élastique les garçons y jouaient avec timidité
avec l’air de s’en moquer que ce n’était pas sérieux vas y montre voir 
pff
comme la corde à sauter
qui très vite nous rassure
les boxeurs
être de la dernière violence
la pratique avec assiduité
enfant
je me souviens du jeu terrible
dangereux
que je jouais avec Dieu
disant - la nuit -
murmurant
dans le tard du sommeil
ma haine mon dégoût de Dieu
et mêlant
à cette parole atroce
un chant muet d’amour
pour le diable
superposant
ajoutant
à cette louange
celle
contrite pour Dieu
désolé
les larmes à l’âme
comme possédé
sûrement
est-ce ceci possédé
et Yannis connut en vérité
même chose à Grèce en Vercors
son diable à lui la rime en -or
Une nuit
le diable vint
agacé de ma louange contradictoire
voulant
comme une maîtresse agacée
s’assurer de la réalité de mes sentiments
à son endroit
et me réclama une preuve de mon amour
il exigea de moi que je tapasse ma soeur
je feignais le sommeil pour ne pas répondre
à son appel
sorte de batterie faible de l’époque. 
ce sommeil simulé 
devint une habitude
lorsque j’entendais la nuit
le bruit métallique 
des voleurs
qui n’ayant pas dit
bismillah ne parvinrent jamais
à s’introduire autre part
que dans ma terreur
ainsi
ma peur préservait le peu de bien de mes parents
ma quiétude, seul butin de ces voleurs apostats
De l’enfance le Joker est indiscernable
Enfant
il me terrorisait
tant
que ma peur ne trouvant pas en moi
terre assez vaste
s’empara de Myriam aussi
qui le vit
une nuit
Pour m’endormir
je comptais
les Joker tombant
des toits de Gotham City
comme on compte les moutons
à Grèce en Vercors

 

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12 novembre 2020

Atelier d'écriture - Chemin

Consigne : Ecrire à partir de 3 phrases, une au début, une au milieu, une à la fin. 




1. Et s'il était à refaire, je referais ce chemin.








Chemin filial, d’abord, ovule et spermatozoïde se faisant cour mutuelle, convolant en la juste convenable noce de la fécondation, chemin de ma biologie, du développement successif et en bon ordre, ouf, de tous mes organes. Chemin, âpre, dangereux, toujours inquiet, chemin sans cesse soumis aux éboulis, aux tremblements, à la chair de poule, aux inondations. Chemin, à refaire pourtant. Chemin, par où tout commence, dévalé ou non, à terme ou en avance. Chemin, du le cri, du cri féroce, du cri des bêtes, le cri hérité, les mains tendues, les mains mendiantes, tendues au milieu du chemin, chemin, fente, fendue.
Moi, jet jailli de ce chemin, moi crevant la forêt alentour, les conifères et les chênes, les plantes de montagne, les belvédères instables. Chemin à refaire par une autre route cette foi, moi creusant, moi cette fois faisant effort - elle surtout - chemin de la vie.
Des souvenirs. Le grand soleil avant les premières gelées. Un devoir, fililal, où l’on me conduisait. Mon père, pendant deux mois, creuse une tranchée dans le grand jardin - on dit un terrain quand on atteint cette taille.
Depuis 20 ans, pour des raisons sanitaires suspectes, la loi impose aux nouvelles constructions de se rattacher au tout à l’égout. Fin des fosses sceptiques, fin des camions une à deux fois par mois récoltant la merde humaine, les déchets humains, ce qui reste de bombance, de trop boire, de gastro-entérite.
Mon père creuse sous le soleil qui précède les premières gelées - l’herbe et la terre toujours durcissent en plein hiver - sa tranchée et me demande de l’accompagner, de bêcher avec lui, de déblayer puis de remblayer avec lui. Mon père ne voulait pas payer une de ces entreprises, toujours scélérates à ses yeux, pour s’occuper de ce qu’il savait faire. Mon père usa toute sa vie ses mains pour le bénéfice d’autres ; aujourd’hui, retraité, il redevient propriétaire de ses mains. Sa retraite n’en finit pas, lui demeure trop de forces, de puissance vitale pour qu’il n’emploie pas sa propre force, cette jeunesse du temps retrouvé, à de nouveaux efforts.
Trace chemin dans la cour, le jardin, le terrain, chemin parcouru, nommé : tranchée. Dix mètres de long, deux et demi de large ; dix mètres de chemin de boue, de terre, de pelles, dix mètres de centaines, de milliers, de mouvement, sans machine. Nos mains, mes mains, étais-je propriétaire de mes gestes, de mes mains, où, comme une dette du premier chemin traversé, du chemin séminal, on pourrait dire, remboursé ici. Pour être quitte de ce qui ne s’acquitte pas.




Chemin, toute la vie ce chemin. La petite ville, banlieue de Paris. Quittée voilà dix ans. Quitté, voilà dix ans, ce lieu vaste et étroit où les premières gelées peuvent anéantir les projets d’une année ; j’ai quitté, voilà dix ans, ce lieu où le thermomètre ne sert pas qu’à choisir entre la veste d’automne ou le manteau de demi-saison. J’ai quitté, voilà dix ans, ce lieu où je chemine toujours.
Marcher, reprendre, sur les talons, cette fois, le chemin ; s’ensevelir dans son propre pas s’enfoncer dans son empreinte inversée, la pointe du pied à l’endroit du talon ; le talon à l’endroit de la pointe de pied ; chaussure étroite, brillante, cirée dans l’empreinte de la basket.
Mon sillon sur les rails, mon sillon dans la gare, vingt minutes de voiture encore depuis la gare, je vois mon sillon, la première voiture, une Twingo défoncée, la gomme laissée des kilomètres de gomme pour quitter quitter le petit village pour la ville moyenne et la ville moyenne pour la grande ville et la suite ? Jusqu’où irai-je et jusqu’où reviendrai-je ? Quelle poussée en moi, quelle force secrète, ancienne, quel héritage. Mes racines, chemin discret, poussent jusqu’à mon passé, serrent.





  1. A l'état sauvage, le bulbe est très profondément enterré et, si l'on veut s'inspirer de la nature, il faut le planter dans le jardin à une profondeur d'au moins six à huit pouces.


Sauvagerie de la chose à naître, du bulbe retenant son premier cri, le sien, son cri, et les larmes brutales ; ô chemin six à huit pouces chemin descendant du ventre de maman, dans la pleine lumière, la lumière blanche et cruelle pareille à celle des premières gelées.
Toujours, notre vie, notre chemin, hésitera entre notre état sauvage et notre enfouissement dans le jardin où les premières gelées, sans la protection de chênes solennels, nous laissent au risque de la stérilité.
Arbre tordu, maladroit, dur, écorce humaine à peau tendre, bouche jamais en fleur avant mes dix-sept ans. Cri, cri du fin fond des entrailles, sur la place de l’Eglise, ou de l’autre côté de l’Eglise, le premier baiser, la diction de l’amour, la lèvre mordure, la mienne ou la sienne, la peur, les dents qui claquent de froid - les dernières gelées, la main tenue, le chemin, le pas ce soir, le pourquoi pas, la plage plus tard, le noeud des chemins, des routes, des impasses, les tâtonnements, le corps trouvé, le sien, le soleil précédant la première gelée, dix verres, l’adieu, le chemin jusqu’au rebord de la vie, le premier désespoir, le premier pour de vrai, la main, paume, la main poing, écrasée contre le mur, l’écran allumé, au secours, au secours, par la fenêtre la peau intacte du jardin, les bulbes arrachés.
Son chemin, l’écorchure, le froid qui brise, le SMS reçu, désolé mon vieux, les larmes, le SMS cette fois-ci envoyé, désolé ma vieille, SMS envoyé du côté des vainqueurs, du côté de la première gelée, du côté de la dernière gelée, va-te-faire foutre le soleil.




Celle qui jaillit un jour





robe
elle dit
mon éléphanteau
elle dit
ça
tu t’interromps
tu tâtes ton ventre plat
tes bras sans muscles
tu tâtes ton visage
sans gras
elle voit
tes gestes sur ton corps
sur ton corps tes gestes
elle dit
elle comprend
elle sait
elle dit
ça vient de Baudelaire
20 ans obligatoire
Baudelaire
Tu souris
Tu crois
qu’il faut
sourire




Elle, chemin, sens, direction, raison du chemin, elle, totalité du Chemin, elle,
ligne parallèle à la tienne ; une couche de verglas sur sa ligne ou sur la tienne, ton amie la gelée, qui dérape ? toi ou elle ? elle ou toi ?
Rencontre,




Le téléphone lumière dans la nuit, le téléphone, coucou des bonnes nouvelles, la crainte, ce matin là du funeste désolé.




Chemin, la tranchée a recommencé, une autre ; les rails d’autres, d’autres rails, la gomme de la voiture que tu ne voulais pas, un nouveau modèle, le chemin, dont tu n’es plus sûr et la gravité qui te mène vers une autre grisaille.
Toi, toi je veux dire, elle, je veux dire je ·e, tu ne crains rien depuis longtemps, depuis que tu as joué Antigone, le trou de mémoire devant le corps inerte de Polynice et tu as compris, compris devant ton silence que tu n’aurais pas pu joué plus juste que là, à ce moment là, le silence, alors tu ne doutes plus de rien. Lui, tu l’avais repéré dans l’amphitéâtre
tu l’avais vu qui ne disait rien, tu ne te diras pas, quand même, dès le début je le savais qu’il était pour moi que j’étais pour lui qu’on avait à cheminer l’éternité, il te rendait curieuse, c’est tout au début, comme Polynice ou pas du tout ; toi tu savais tout oser, alors un jour tu t’es plantée devant lui et tu as vu la peur dans ses yeux, la peur et ça t’amusait un peu, son envie de fuir et son sexe d’homme qui lui barrait le passage ; tu lui as demandé, comment tu t’appelles, il jouait l’homme, la contenance de l’homme, l’assurance de l’homme, fragile, fragile petit éléphanteau. Avant le premier baiser, le premier alcool fort, avant la braguette défaite, les bretelles desserrées tu n’as pas eu besoin d’insister très longtemps. C’était sa deuxième fois, ou troisième, il n’a pas osé te le dire tout de suite. Souvent il a pleuré - les dernières gelées - il disait.




Toute la vie, ça avait cette apparence là, l’éternité, ses yeux, tu croyais, tu lui disais toute la vie . Il t’avait promis, il avait dit, je viendrais, il allait venir et toi soudain, patatras, ou le contraire hourrah, la grande ville tu ne l’as vu que froide, que neiges éternelles, les fauteuils toujours pareils, les hommes aux visages d’hommes, les femmes aux visages de femme. Pas Antigone. Pas Polynice. Pas la vie. Tu dois le retrouver après les vacances d’été.
Cette ville où




Ton amie te traite de pute parce que tous les mecs te draguent, qui te traite de pute par SMS, tu es sur un fauteuil impersonnel, froid, de la ville froide, morne, de la trop grande de la très maudite ville. Soudain. Tout. Souffle retenu. Chemin dévalé. SMS. Désolé. Tu le bloques, tu as peur d’être trop faible, de ne pas pouvoir cette fois là, te planter devant lui comme la première fois, les premières gelées, il t’a parlé des premières gelées, tu n’es pas sûre de pouvoir, une résolution ça tient à rien, ton assurance…tant pis, tu dois penser à toi cette fois-ci. Ca ne vient pas sans larmes, évidemment. Désolé, alors. Plus un mot, le silence. La nuit. Fin des gelées. Tes deux mains frottées, le billet de train, acheté en ligne.
Désolé.




                                                                                                   

  1. Elle revit brusquement la place grise de Poitiers, le papier usé sur les murs de la chambre, elle respira tout d'un coup l'odeur de la province, et elle sourit.
1 novembre 2020

Aux Bains-Douches

Consigne : Première fois, incipit, genèse, aurore. Nous voulons des surprises, de l'agitation, des débuts et des enclenchements. Nous questionnons la notion de monde d'après : nous ne croyons pas à la rupture brutale mais à l'accumulation de petits mouvements qui constituent des départs de cycles.


long mur, long mur, main sur mur une puis deux main change au milieu du chemin

droite prenant place de la gauche gauche prenant place de droite mur effleuré le long mur traversé frôlement musique touche d’orgue la pierre dure lisse enfoncée
mur qui n’en finit pas
mur
bijou gêole
longe ton drame
aurore
de tes mains
une puis l’autre
longe effleure
la partition des éboulis
main droite puis gauche
puis aucune
la fatigue
mutile
la musique
mutique



Je règle l’alarme pour 9h30. Il y a longtemps que je n’ai pas eu à me lever aussi tôt. Tôt, ça ferait marrer n’importe qui.


Je règle trois alarmes. Non, que j’éprouve la moindre difficulté à me réveiller quand le matin fouette mon derche, juste le plaisir inouï de pouvoir se rendormir. Un peu de résistance, de jubilation, de fuite avant la journée qui s’annonce avec ses lourdeurs sans joie. Moi ?
Je ne porte que des vêtements noirs. Le noir c’est ma fantaisie. Je me distingue par la banalité, excentrique de l’ordinaire poussé au degré d’absurdité dadaïste, je m’expose dans les soirées avec le triomphe de l’urinoir usagé. C’est mon truc, ma triche, ma trique.
tu vas à un enterrement frère


Toujours Aubin me dit ça. Et toi connard tu sors d’une cure de McDo ? Aubin, s’assombrit, s’il proteste, je lui dis que je déconne ça va. Tout le monde lui dit ça, on déconne ça va gros porc.


Au fond je suis un chic type.


Deathwing est trop fort. Deathwing surgit le tank ne fait rien. Il régenère ses points de vie. Putain notre heal à nous ? Le soin ça arrive SVP ? Merde, si vous jouiez plus en équipe au lieu de rush comme des cons. Ca va les débiles merde. Espèce d’autiste. Toi joue pas l’intello parce que t’écoutes du maupassant cousin. Moi je te nique. Allez…
Le raid échoue.

Au début, dans WOW, Lardeur fracassait tous les joueurs. Lardeur, boss pour débutants, ravageait pourtant tous les nouveaux joueurs. Il a les stats les plus sauvages, meilleur que le meilleur joueur humain ou que les autres PNJ.


Lardeur, amas de lignes de code, existe, extension mythologique, dans le Lore de Warcraft. Il possède une biographie, inscrite dans l’Univers défini et en extesion de Warcraft. Dans son histoire il interragit avec d’autres personnages de son espècein-game.
(Lardeur appartient à la race des trolls il cohabite pacifiquement ou avec hostilité avec d’autres races, les humains, les orcs, les démons, les trolls sont une sous-espèce de monstres aux yeux des humains etc).


Lardeur existe aussi, autrement, plus retentissant, plus légendaire dans les discours des joueurs qui eurent à l’affronter. Il y a vingt ans, déjà, et sa légende triomphe encore, et ses hauts-faits s’affichent. Le milliard de joueurs de Warcraft périt au moins une fois de ses mains, de ses mains à lui qui les jetèrent tous dans l’incendie et les fit charpie.
longeant le mur mutilés le mur lamentable des résurrections.
Wesh Aubin, gros porc ça va ?


Ca y est t’es revenu de ton enterrement fils de pute ?
Tu dois être content maintenant McDo livre toute la nuit
T’y connais quoi en content gothique de mes couilles.


Alors, là non, stp. Gothique non. Je m’enfonce pas mes ongles peints noirs en récitant du Edgar Allan Poe. Je chiale pas en faisant faisant couler mon maquillage Sephora deuxième prix.
Nuit suspendue

 Jour inadvenu

Il pleut
L’eau fuit
le puits
de mains tendues
de phalange sèche
paume(s)-sahara.



Ta première quête légendaire achevée seul, ta première arme volée en violation de toutes les règles du jeu.



Tu as dans les mains ta première cigarette. Tu commences le tabagisme assez tard, après la vingtaine. Comme pour tes vêtements noirs et démodés. ; tu veux être en retard. Tu es en retard dans ta vie. A la naissance, tu as débuté après le top départ. Tu n’y peux rien et ça n’a aucune importance. Alors tu fumes cette cigarette, goût de tabac d’ambre, tu crois. Goût d’Amérique, d’épices. Tu es arrivé en retard dans ta propre vie. Quelle importance, tu la mènes autrement. Vingt ans, tu te dis déjà. Vingt, est-ce vraiment vingt ? En retard, encore et quand tu crois partir à temps, c’est faux départ, c’est grève, c’est un jour trop tôt, une semaine en avance, c’est seul sur le quai et ta vie s’envole. Au-delà du mur d’enceinte. Ta vie à toi, glisse sans flamber. Le mégot, tu le gardes dans ta main. Comme un pommeau vaincu, un socle désemparé. On lui a pris ce qui lui donnait sens. Voilà une autre existence, mégot, non moins valable, non résidu, non détritus, mégot, autre essence, mégot. Tu penses un instant, à toute une usine de mégots... Tu ne te mettras pas à collectionner ces débuts d’une autre sorte. Il serait exagérer de vous trouver une ressemblance. Tu as une pensée qui te traverse, c’est tout. Tu ne la notes nulle part. Elle s’envole. Main gauche, puis droite, effleure le clavier et au bout de la ligne plus rien ne touche.


Aucune voix. La solitude se mérite et ne vient pas sans prix. Même pas le bruit de ma propre vie. Je longe le mur d’enceinte, ici je m’accroupis, mes mains effleurent la brique peinte, le goudron sec, une trace de mon existence. Je suis en retard. Mon réveil sonne trois fois. Les ongles écaillent le vernis du mur. Ma vie.



Aubin a perdu son père, on dit qu’il mange pour compenser. Que tout ce qu’il accumule au-delà de ce que lui, Aubin était, du volume qu’était Aubin, accueille et engendre son père. Il fait une place à l’absent.

Il a dit


je veux multiplier la vie en moi
Ca s’appelle un cancer cousin
Alors ce sera un Cancer
tu dis de la merde.
mais ta gueule
tu lâches des trucs pf…pour faire ton intéressant ton mec daaaark
Il me regarde
va te faire foutre je lui dis va bien te faire foutre gros porc
produire dans sa graisse, dans son extension physique

28 octobre 2020

Début -

Consigne : Première fois, incipit, genèse, aurore. Nous voulons des surprises, de l'agitation, des débuts et des enclenchements. Nous questionnons la notion de monde d'après : nous ne croyons pas à la rupture brutale mais à l'accumulation de petits mouvements qui constituent des départs de cycles.
long mur, long mur, main sur mur une puis deux main change au milieu du chemin
droite prenant place de la gauche gauche prenant place de droite mur effleuré le long mur traversé frôlement musique touche d’orgue la pierre dure lisse enfoncée
mur qui n’en finit pas
mur
bijou gêole
longe ton drame
aurore
de tes mains
une puis l’autre
longe effleure
la partition des éboulis
main droite puis gauche
puis aucune
la fatigue
mutile
la musique
mutique


Je règle l’alarme pour 9h30. Il y a longtemps que je n’ai pas eu à me lever aussi tôt. Tôt, ça ferait marrer n’importe qui. 

Je règle trois alarmes. Non, que j’éprouve la moindre difficulté à me réveiller quand le matin fouette mon derche, juste le plaisir inouï de pouvoir se rendormir. Un peu de résistance, de jubilation, de fuite avant la journée qui s’annonce avec ses lourdeurs sans joie. Moi ?
Je ne porte que des vêtements noirs. Le noir c’est ma fantaisie. Je me distingue par la banalité, excentrique de l’ordinaire poussé au degré d’absurdité dadaïste, je m’expose dans les soirées avec le triomphe de l’urinoir usagé. C’est mon truc, ma triche, ma trique.
tu vas à un enterrement frère 

Toujours Aubin me dit ça. Et toi connard tu sors d’une cure de McDo ? Aubin, s’assombrit, s’il proteste, je lui dis que je déconne ça va. Tout le monde lui dit ça, on déconne ça va gros porc.

Au fond je suis un chic type. 

Deathwing est trop fort. Deathwing surgit le tank ne fait rien. Il régenère ses points de vie. Putain notre heal à nous ? Le soin ça arrive SVP ? Merde, si vous jouiez plus en équipe au lieu de rush comme des cons. Ca va les débiles merde. Espèce d’autiste. Toi joue pas l’intello parce que t’écoutes du maupassant cousin. Moi je te nique. Allez…
Le raid échoue. 

Au début, dans WOW, Lardeur fracassait tous les joueurs. Lardeur, boss pour débutants, ravageait pourtant tous les nouveaux joueurs. Il a les stats les plus sauvages, meilleur que le meilleur joueur humain ou que les autres PNJ.

Lardeur, amas de lignes de code, existe, extension mythologique, dans le Lore de Warcraft. Il possède une biographie, inscrite dans l’Univers défini et en extesion de Warcraft. Dans son histoire il interragit avec d’autres personnages de son espècein-game.
(Lardeur appartient à la race des trolls il cohabite pacifiquement ou avec hostilité avec d’autres races, les humains, les orcs, les démons, les trolls sont une sous-espèce de monstres aux yeux des humains etc).

Lardeur existe aussi, autrement, plus retentissant, plus légendaire dans les discours des joueurs qui eurent à l’affronter. Il y a vingt ans, déjà, et sa légende triomphe encore, et ses hauts-faits s’affichent. Le milliard de joueurs de Warcraft périt au moins une fois de ses mains, de ses mains à lui qui les jetèrent tous dans l’incendie et les fit charpie.
longeant le mur mutilés le mur lamentable des résurrections.
Wesh Aubin, gros porc ça va ?

Ca y est t’es revenu de ton enterrement fils de pute ?
Tu dois être content maintenant McDo livre toute la nuit
T’y connais quoi en content gothique de mes couilles. 

Alors, là non, stp. Gothique non. Je m’enfonce pas mes ongles peints noirs en récitant du Edgar Allan Poe. Je chiale pas en faisant faisant couler mon maquillage Sephora deuxième prix.
Nuit suspendue

 Jour inadvenu
Il pleut
L’eau fuit
le puits
de mains tendues
de phalange sèche
paume(s)-sahara.


Ta première quête légendaire achevée seul, ta première arme volée en violation de toutes les règles du jeu. 


Tu as dans les mains ta première cigarette. Tu commences le tabagisme assez tard, après la vingtaine. Comme pour tes vêtements noirs et démodés. ; tu veux être en retard. Tu es en retard dans ta vie. A la naissance, tu as débuté après le top départ. Tu n’y peux rien et ça n’a aucune importance. Alors tu fumes cette cigarette, goût de tabac d’ambre, tu crois. Goût d’Amérique, d’épices. Tu es arrivé en retard dans ta propre vie. Quelle importance, tu la mènes autrement. Vingt ans, tu te dis déjà. Vingt, est-ce vraiment vingt ? En retard, encore et quand tu crois partir à temps, c’est faux départ, c’est grève, c’est un jour trop tôt, une semaine en avance, c’est seul sur le quai et ta vie s’envole. Au-delà du mur d’enceinte. Ta vie à toi, glisse sans flamber. Le mégot, tu le gardes dans ta main. Comme un pommeau vaincu, un socle désemparé. On lui a pris ce qui lui donnait sens. Voilà une autre existence, mégot, non moins valable, non résidu, non détritus, mégot, autre essence, mégot. Tu penses un instant, à toute une usine de mégots... Tu ne te mettras pas à collectionner ces débuts d’une autre sorte. Il serait exagérer de vous trouver une ressemblance. Tu as une pensée qui te traverse, c’est tout. Tu ne la notes nulle part. Elle s’envole. Main gauche, puis droite, effleure le clavier et au bout de la ligne plus rien ne touche. 

Aucune voix. La solitude se mérite et ne vient pas sans prix. Même pas le bruit de ma propre vie. Je longe le mur d’enceinte, ici je m’accroupis, mes mains effleurent la brique peinte, le goudron sec, une trace de mon existence. Je suis en retard. Mon réveil sonne trois fois. Les ongles écaillent le vernis du mur. Ma vie. 


Aubin a perdu son père, on dit qu’il mange pour compenser. Que tout ce qu’il accumule au-delà de ce que lui, Aubin était, du volume qu’était Aubin, accueille et engendre son père. Il fait une place à l’absent.

Il a dit

je veux multiplier la vie en moi
Ca s’appelle un cancer cousin
Alors ce sera un Cancer
tu dis de la merde.
mais ta gueule
tu lâches des trucs pf…pour faire ton intéressant ton mec daaaark
Il me regarde
va te faire foutre je lui dis va bien te faire foutre gros porc
produire dans sa graisse, dans son extension physique

 

13 septembre 2019

Fou, fou, fou

Je préfère dire fou il y a dans fou une grâce demeurée 

 

Je préfère dire fou et disant fou sortant le fou du monde pathologique et clinique 

De l’entretien individuel et personnalisé aboutissant à l'ordonnance

au parcours de soins coordonné

à la médecine ambulatoire

dire fou et sortant le fou

Du parfum brutal de l’hôpital des blouses blanches et de la chimie néfaste, produite en grandes et inutiles quantités par l’avidité (vraie maladie psychiatrique nécessitant traitement de choc crucifixions enfermements ou pire châtiment : psychanalyse) de grands groupes privés (toujours scandaleux)

Dire fou nommer fou, le fou,  pour rendre grâce au fou, celui qui par tous les autres sera, quoi qu’il en décide, quoi qu'il en sache, dénommé, connoté et par là, du simple fait de cette interpellation insulté, mutilé, diminué
Handicapé non de sa condition objective ; non même de son ressenti, handicap non de ses mains, non handicap, le fou, de la vision de ses yeux ; handicapé, alourdi du mot-croix ; du jugement-faix. La déflagration que c'est "malade".

 

L’arracher a l’humiliant jargon des enfermeurs légaux ; l’arracher autant aux communautés imbéciles et satisfaites ; à cette mode nouvelle de dire, pour neutraliser la folie : neuro atypique(jamais neutre, la langue, rien, nulle part, neutre, transparent invisible, nulle part, sauf le sperme translucide des trop masturbés et des stériles) ; « neuro-atypie » comme si cette singularité conceptuelle, ce pas de côté ce renoncement total à la voyance (la possibilité soi-même de devenir soi-même Simon le Mage -simon le fou - volant très haut au niveau des coucous, des ailes brûlées et des aigles étonnés) comme si ce mot rétrécissant comme si ce mot diminuait, ce que le fou le mot fou désespérément dans un effort insensé de pure raison démente agrandissait. 

Rapatrier, en réalité, le fou dans l'usage ordinaire de l'existence. Le sortir de son enfer pour l'envoyer à l'autre enfer. Celui de tous les autres.

Clore cette paupière qui ne savait se clore ; rendre à l’iris son mécanisme biologique, son programme typique. Celui. Qui. Veut. Que. Lumière. Rétrecisse. Iris.Que. Obscurité. Agrandisse. Iris. 

Le fou, le fou avec son regard mental, le fou et son regard mental - yeux du dedans, disent poètes de jadis - se refuse à ces obéïssances et ces bassesses et que toujours, surtout dans la pleine lumière d’août, fait l’iris se dilate au-delà des possibles. Sa raison, sa raison de fou, la seule raison véritable, le fou sa raison toujours sous le feu dansant des foudroiements ; raison dansante l’enfer, qui n’est qu’un excès de lumière, et la vie.


Et lorsque je dis fou, je dis moi.

Disant moi je dis nous.

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15 mars 2017

Poème sans regarder 3

Ce sont des poèmes écrits les yeux bandés
à force d'avoir passé sa vie devant l'ordinateur
pour chercher l'amour et la vie
on parvint à ce niveau de maîtrise
des touches et donc d'une forme
particulière du langage comme quasiment
l'idéogramme la touche ici enfoncée
alors voilà joueur d'orgue pas tout
à fait laissé(e) au hasard

 

 

la ville a poyé encore unbe fois sous le même souffle qu'auapravant il y aviat un vent il avait la couleur dyeyx malades on l'a vu on la bien vu ici le texte derriere quoi devrait il disparaitre si j'écris mon nom en caract§res rayté si sur la couverture je limprime transparents sir par une voix synthétique je le fais prononcer sans upport matériel et l'impression simplement de sa confusion avec l'air 
Où sera l'auteur en dernier terme et où sera le texte ainsi défait de n'importe quel support traditionnel ou au moins apparrent le texte décharné jusqu'au bout voix pas voix humaine voix inconnue et mieux un jour traduction dans la langue des singes ou des cheins battus

le réseau des méraphires se rebatit pierre à pierre pas à pa as lettres après lettres in oarviuendra à nouveau certainemlent à recomposer depuis le métal et la tôle frappés des mots et une voix humaiune reoartuir deu corps dissout vers le corps reel imagine t on le christ oublié cette fois jamais aprè§s la ort descendu de la croix de plus en polus oourri sur sa croix et de sa altu§re luquide et de ses os rongés par le pus acide renaissant et ainsi bpateme dans cette puslsion maladive

 

la peste sûrement naquit un jour d'un oublié enragé sur la croix ou le supplice de son temps de soa culture sans aucun racisme 'aucune sorte arraché peut être à la torture de l'Inca ou au sacrifice de l'oiseau)miracle règnant sur le baasketball améridien

30 juin 2011

N'a plus peur du voyage qui aime en silence.

 

Tu as une odeur de poudre et de plomb en stase, et dans tes veines, dans le bain de tes muscles, c'est le vin des victimes qui trempe et qui s'écoule en fredaine, c'est le cri de martyr, c'est la couverture du condamné à mort qui grelotte de froid dans un coin de la chambre. Mes mains, sur ta nuque, se serrent amoureusement. C'est la forme de corde d'un pendu mon étreinte. Tu donnes aliment à la nuit quand tu t'abandonnes à la fête, à l'alcool et aux jours en bouton.

Sous tes paupières le jour impressionné ne bouge plus. Tes dents claquent et déposent de l'écume de lumière. Ta chambre est un matin raté quand entre les stores de tes dents le soleil d'hiver veut s'y faire une place. Il a bu à des étoiles impotentes, il a bu des lueurs stridentes pour t'être reflet. Pour être au miroir même miracle que tu es à la vie.

 

J'ai vu avant toi bien des choses, et je les disais des amours, j'ai cru leurs yeux de poèmes, de rimes et de strophes et je ne savais rien la couleur délicate des filles de sacre, de la peinture d'huile farouche qui te monte sur le teint, des tons qui te dissolvent, qui te dilatent, et le blond, le bleu, l'auburn, les polissures des cheveux à ton cou, agenouillés à tes lois et pour ta grâce dociles.

 

Chaque matin, ce qui m'éveille, avant le balbutiement de l'aube, avant le ricanement des tramways, et les poumons d'encre des oiseaux, chaque matin ce qui m'éveille, qui me surprend dans mon sommeil,c'est la joie de te savoir faire de ton pas des gestes de peintre. De puiser dans les forges enrouées de Jijel des actions et des mouvements. Dans ta voix est venue la note primitive du chant grégorien, dans l'étuve de musique de ton corps, du sanglot sacristain de ton foie, avant que les rossignols ne viennent déranger la nef de nuit, c'est toi qui parjure le jour, toi qui couvre d'une eau neuve le sifflement brun de l'angélus..

 

Tu es à ma bouche le tourment des langages oubliées, le caractère muet du sanskrit. Cette sorte d'asile où mes hurlements à tes seins capitonnés bondissent, se résorbent, se réduisent, tu es mon audace malade où la folie diminue, s'éclaircit comme un ciel en juillet. Dessus les lèvres, la peau se couvre du duvet d'espoir, la truelle du peintre répand sur la palette les couleurs du bientôt, quand la confluence de l'encre et des larmes creusera un lac de doux matin. Que les pigments arrachés de soir quitteront les saisons pour faire des flanelles une demeure où l'on ne vit qu'à l'étroit. Tes yeux devinent tous mes gestes, les crachent lentement, les caresses je les donne mille fois, dans le désordre de mes cheveux fiers, je les donne en aveux, je les donne en prophéties, je les donne en effroi.

 

Je me souviens des lundis d'avril, tu faisais succomber la folie publique, avec tes rires soyeux. Sous tes semelles j'ai trouvé des baisers d'enfants interdits et des hommes étonnés de ne t'avoir ralentie, tu as marché dans tant de villes, que tes pas craquent du paysage toscan, on entend des murmures flamands dans ta course, et un peu du tambour d'Arcole. Tu fumais des Craven A et tu disais dégarnir tes poumons de la vie lourde à garder, tu voulais en raccourcir la natte pour la porter plus légèrement. Parfois tu tendais un verre de miracle, et je croyais que tu y avais pleuré. Je le buvais comme un vin de messe, psalmodiant les prières qu'on lit bien, les yeux étonnés d'absinthe. Au liquide consacré tu offrais ton mégot, pris d'ivresse il jetait son masque d'aurore. Le vin déboutonnait ton chemisier, les cigarettes rendaient tes doigts d'audace. Et moi avec des reliquats d'enfance, je tournais la tête, je disais « je crée, je crée, s'il te plaît  je crée, je dois fermer les yeux pour jeter des images de rêve ». Ce monde inerte, accompli, fatal, tu l'as transmuté en un espace de possible, enchevêtré au sommeil, pris dans une ronce de délire. Avec tes airs de garçon manqué, tu t'es mise en moi, tu as gonflé de morsures mes petits pas timides. Je crois, tes dents sont de rage. Tu es en moi, je suis incrusté de nuit, ça se soupire longtemps cet amour, ça fait de longues foulées autour d'un monde perpétuellement rénové. Qu'est ce que sont les kilomètres quand on sait s'aimer en silence...

2 novembre 2010

Elle.

Elle, que je ne nommerai jamais, m'offrait son corps comme une friandise, ou une consolation, les soirs tristes où mes vingt ans battaient plus fort qu'à l'accoutumée dans ma poitrine. Elle se déshabillait alors, dans un geste de mère qui vient prendre soin d'un jardin, et rendre ainsi à la nature environnante les couleurs volées par l'automne matinal. Je peux détailler chaque partie de son corps que j'aperçois toujours, en faction, dans le corps du reste de mes amours. Elles portent toutes les vestiges de sa présence et elles accueillent comme une urne la cendre du souvenir que déposent mes lèvres usées. J'aimais son calme dans ma furie, comme elle enroulait très précisément mes poings entre ses douceurs. Oui, c'était à la manière de la nuit qui pour vaincre le bruit de la ville, l'attaque par sa périphérie et en brûle lentement les contours jusqu'à tout à fait la posséder. Souvent, il est déjà l'aube, mais la nuit a vaincu quelques instants. De la même façon, elle suçait les venins de ma pauvre peau violette. Elle me tenait chaud la nuit, et je lui répétais toutes les nuits que je ne couchais avec des femmes que parce que j'avais trop froid dans la vie, qu'hors d'un corps de fille, les saisons de la mort ont de grandes dents de glace et une mâchoire de méchanceté. Je lui parlais encore, alors. Doucement nous nous sommes tus. Le silence impatient, le langage muet, qu'aucun maquillage ne pouvait poudrer, ni aucun artifice réparer, s'exhalait d'elle en invisibles perles. La sudation ne laissait aucune marque, le langage ne la frappait pas.
Des amants elle n'en oubliait aucun, elle refusait de ne garder d'eux que des nuits de plaisirs tressés, attachés, noués qui bétonnaient la route des âges d'années. Elle se souvient -aujourd'hui encore, j'en suis sûr- de chacun d’eux, de chacun d’eux au moins en sensation et n’en confond aucun. Elle les récite en jours, mois, semaines, elle les précise dans l’éclat de la lune, dans le gouffre céleste des étoiles, elle les raconte dans le haussement de sourcil d’un visage d’ange, où les muscles de cuivre d’un imbécile. Elle se souvient d’eux dans leur singularité et refuse d’en faire des masses indistinctes, agrégées de souvenirs et de râles. « Je n'en ferai pas de synthèse, pas plus que je ne les construirai en chapitre. A travers eux, j'étais quelqu'un, et non quelque chose, il y avait une voix singulière, une voix accordée à des doigts de musique, une voix qui suivait l'orchestre, la maladresse, l'assurance ou qu'importe les crues et les décrues. Je refuse d'oublier, je refuse de les associer, je refuse de disparaître, je ne serai morte qu'enterrée, et encore,encore ce jour là je te dirai de veiller sur ma tombe, d'y déposer un baquet d'eau que, quand fatiguée de la mort, j'ouvrirai les yeux, j'aurais besoin de nettoyer ce corps parasité par les bruits de l'enfer. J'inscrirai sur ma pierre tombale des mots, je dirai aux hommes « ne pleurez pas ici pour mon repos, je n'y dors pas, j'y pense ». Tu comprends, je refuse de me nier ». Elle conserve précieusement l'image des mentons fiers ou des gestes timides glissant vers les trésors convoités. Son appartement est une immense chambre noire où sa mémoire développe des instants comme des photographies.
Il lui est arrivé, sans donner de prénoms, de prendre l’accent d’un gitan qui la berçait de sa voix de guitare, elle m’a raconté ce soldat israélien, déserteur, les yeux jaunis de crimes pour qui son corps sentait la liberté et le sommeil. Elle prenait, raidissant ses membres, pour l'imiter l'allure d'un militaire hébété pour me dire ses cauchemars. Il lui avait raconté qu'il ne pouvait dormir, que les cris qui habitaient en lui se faisaient corps et matière, qu'ils avaient tous des prénoms d'Orient, pas de l'Orient des épices envoutantes et des mandolines, un Orient de poussières et de bombes. Elle me racontait avec son esprit délicat comme il lui était drôle qu'un juif cite l'Evangile malgré lui « Le Logos se fit chair ». Elle avait décidé, pour pousser l'ironie, de ne le voir qu'une fois par an le jour du Vendredi Saint, et tous les ans celui-ci lui répétait comme un psaume « J'ai deux morts, deux morts immortelles : l'enfance et le Christ ». Ils se verront dix fois, jusqu'à ce qu'il eut sa gloire minuscule dans l'actualité, les honneurs militaires. Il était schizophrène « les enfants que j'ai vu mourir habitent en moi, pensent en moi, pleurent et désesperent en moi. Je ne comprends pas leur langue ». C'était son dernier mot, d'une écriture précise, presque dactylographiée. Il est mort un vendredi saint.

25 février 2017

Faut la supporter la merde

Faut en supporter de la merde
Incroyable comment ça pue ça colle aux pompes et putain je dois continuer à faire semblant comme si tout allait bien mais non t'inquiètes elle est super cool ta poésie continue tes rimes mais t'en fais pas je comprends pas le problème c'est très original on ne l'a fait que 2435198 fois avant toi alors fonce mais obstine toi dans cette sorte de variété française tout le monde adore regarde ######## elle t'a dit combien c'était bien mais arrête c'est pas de la poésie de prof de français que tu écris on dirait un peu du Baudelaire (pour l'odeur fils de pute)
Mais comment le supporter cet immobilisme, voilà mon vers reste bien sage, qu'il est mignon il a les yeux de sa pute de mère, on dirait son cousin mais si l'air niais quand il sourit. Bravo on dirait une chambre de gamine de sept ans et anémique l'enfant ah oui mannequin des défilés sordides et qui crève à la fin de la partie mais oui la robe tombe bien sur son corps les mots tombent bien sur le poème.
Cette odeur merde cadavres non-embaumés et vous vous promenez dans la puanteur bucolique lalala;

Mais on peut tous le faire ce désespoir de supermarché cette colère pour de faux ça déborde je clique sur ebay au hasard le poème sort et sort encore de la machine à sous et la française des jeux le meilleur de vos éditeurs chiffre d'affaire incroyable.

J'adore ce que tu écris on est un peu frères et soeurs parce que ma famille à moi la vraie la biologique c'est nulle banale des cadres comme il faut enfin je dis ça banal la famille mais pas pour lui il est adopté mais ça change rien ce qui compte c'est l'amour ouais moi l'amour c'était pas trop ça les coups de trique ça va te plaint pas moi c'était le viol répété voilà la première fois que j'en parle et ça brûle encore dans le cul mais attends d'accord la famille c'est cool sinon moi je connais pas ma mère attends c'est pas la majorité moi on dit que mes parents c'est des pédés (là c'est moi qui parle et alors tape les ces connards qui disent un coup de talon pour trouver le cerveau lobotomie expresse) la trop belle maison qu'on a tous ensemble allez une IRL partouze des eunuques ouais moi j'aime pas trop les filles je préfère les garçons mais ça nous dérange pas tant que t'écris de la poésie moi je suis un putain d'enculé qui méprise tout et tout le monde mais aimez moi aimez moi non non non pas aimable il y a des vilains hein connard putain c'est fou la médiocrité mais c'est quand la dernière fois que tu t'es mis face au poème à ta page à ton inspiration pour souffrir pour de vrai pour entrer dans quelque chose comme une lutte intellectuelle mais jamais jamais tu as fait ça parce que c'est grotesque les grandes emphases tu préfères les réserver à ton lyrisme de pacotille la ville allemande les gares d'où l'on part et mieux attends je sais l'amoooooooour
Je me parle à moi à moi d'il y a des années maintenant je lis ok je vais tout pulvériser

Toutes mes larmes versées
Ce corps las toutes les nuits
Le tremblement quand ta main
douce mais forte trouve enfin la
pointe de mes seins et je frémis
seconde naissance

Mais demain tu partiras
Ô soldat à la moustache
fragile je suis là sorte
D'Anémone sur le quai
de la gare Montparnasse
Je te fais signe de loin

Mais l'été qui monte doit bien servir à quelque chose
sinon pourquoi cette bouche ma bouche écrasée
rouge une cerise mordue le jus sur les lèvres
Aux amours peut-être dans cette gare infâme
De la première fois quand tu dis adieu pour rire
Sans jamais te retourner ce train je l'imagine sans
arrêt filant à travers rails, terres et villes il devra
repasser par ici et j'attends l'été le retour de l'été
Il doit bien servir à quelque chose l'été pour qui
vacille la bouche rouge trop mordue je serai
vieille avant nos baisers retrouvés le ventre
vide je ploie et battent les membres des enfants
non-nés l'absence de toi que je porte en moi


Surgiras-tu toi la nuit du recommencement ? Ta musique nous berce et nous délasse, tu nous promets le sommeil dans ta chair douce et molle. Mais pouvons nous croire à ton retour toi qui partis tant de fois ? Pour quelles contrées, berçant des pays lointains et des hommes jaloux. Tu entends le vent semeur d'obscur ? Il se réfugie dans chaque arbre et le sol labouré et les traces de pas. Je ne cesserai ma recherche de toi, j'errerai les pays lointains, leurs frontières closes, je franchirai les collines et tous les ciels. Je boirai à l'eau sale me nourissant des racines et des fruits maudits où tu as pénétré. Et mon cou frémir du souffle de toi et ta façon de soulever mes cheveux, sans y penser, le mouvement le plus naturel de la Terre. Tu ne peux fuir hors de moi je te porte et tu t'écoules larmes et sueurs. La ville n'importe laquelle s'anime à ton contact et ma bouche convoque ton nom, gagnant aux dés. Toutes les cartes où je dessine mène à toi. Ne fuis plus hors du monde insensé il existe ce chez nous quand le ciel se fait plus calme qu'il ressemble au roseau de la fable. Toi paysage des légendes faite dans les pliures de la grèce antique, Artémis à la robe pâle ou Diane les lèvres rouges.


Près des villes sans nom
Les amants marchent pas légers
De Sofia à Antioche la musique
Monte et ils dansent
Les corps s'arrangent jolis
La radio gémit une émission
en langue inconnue

Au matin la lumière
habille la fille sans nom
et l'ombre le garçon
Avant que la bruyère
sous leurs corps légers
feule

Tu aimes quand le train
lentement quitte la gare
Tu aimes
le mouvement des roues
transmis à la voiture-bar
le tremblement du wagon 7
où tu es assis après avoir cherché
La place 45 tu as dit excusez moi
je te connais par coeur et tu as
choisi la place du couloir pour ne
Pas déranger je te connais par coeur
Quelques pièces de monnaie
De quoi acheter un sandwich
un coca peut-être cet endroit impertinent
tu y ignores le prix des choses
Cette nuit mon ombre et ma voix
Je te les ai données qu'elles te suivent
longtemps
et te gardent de tous les dangers tranquilles
les périls sordides l'Egypte à pas de loups
et les saisons circulaires comme des planisphères


Pourquoi les choses amères d'ombre
etc etc etc etc etc etc etc etc etc etc

Je me suis usé à me foutre de leur gueule me reste plus rien du feu épuisante à vomir votre merde je ne croyais pas si vous sortez de ça dans le même état que moi vous êtes plus laids à voir que je ne pouvais l'imaginer putain depuis deux semaines je suis saisi de vertiges après un effort physique intense et je croyais un défaut d'oreille interne et toutes la panopolie ORL HOPITAL SCANNER mais c'était simple le bouleversement ce déséquilibre vient du regard posé sur ça un mal de mer impossible de s'en défaire.
Je hais ce que vous écrivez

J'essaie de mettre des coups de pieds dans la langue
La colère qui m'habite rien ne l'use le couteau du boucher ou quoi que ce soit
les dents malheureuses d'un enfant de 7 ans ou le dentier chromé d'un rappeur
Ca ne part pas hier rue des martyrs j'ai renversé la table mise du restaurant FuXia
quand le serveur (encore lumpen prolétartiat j'ai décidé de ne pas vous sauver) sortit
tout en rage je lui ai parlé de sa mère et ses possibles activités nocturnes et personne
Ne se bat j'avais si peur avant de laisser déborder mon poing et mon cri si l'on déchire
mes belles chemises mon costume trois pièces si l'on marche sur mes bottes à 600 balles
Puis j'ai compris tout le monde a peur de ça si tu montres tes yeux de fou si tu exposes ça
TU CONNAIS CA HEIN CE TRUC QUI SERPENTE EN TOI ET NE TE LACHERA PAS
sa gueule de tête de mort qui roule à la place de ton coeur se déplace tranquille de ald roite
vers la gauche

Ma recherche formelle je la vois s'accomplir
La langue banale dont je me détache c'est la votre et je croyais
le français ordinaire celui par moi non-parlé pourtant ses proverbes
phrases toutes faites etc lui dont il fallait me départir mais l'erreur
comment se défaire de ce qu'on n'employa jamais c'est votre
poésie en toc toute feinte d'émotions mais peutêtre vous avez

pleuré des vraies larmes avant d'écrire mais vos larmes je m'en fous je ne suis pas votre psy pas votre mère sûrement pas votre copain.ine
Vincent Delerm VINCENTS DELERMS

Me voilà délié à nouveau abandonnant les derniers éclats de lyrisme
ceux nougats noisettes collés aux dents à coups d'ongles et de couteaux
je n'ai plus peur de rien désormais que l'on ma guéri ma sale maladie
la peur j'avance mâchoire toujours serrée plus ou moins aimable
tout dépend le regard et toujours je fixe dans les yeux bête lâchée dans la ville

Mais j'ai perdu mon travail
Pire chômage cette démarche
avortée déjà un coup de vis dans
le ventre à moi ça fait mal l'avortement
sauvage pratiqué à 2:12 sur un forum
obscur tellement mal j'y survivrai
le foetus violet-rouge je le garde
Un jour je te ranimerai toi pas gamin

 

22 février 2017

Crache putain crache

Yeux Bandés

(poème écrit sans regarder l'écran
approchez approchez voir
le vers à barbe et la non-rime

la plus forte de Gitaine)

 

 

cinq heures du matin c'est pas une heure pour écrire il faudrait dormir attendre l'heure du réveil les siryne du métro toute la bonne vie civile tu sens le pain qui lève 
préfigure les hommes tout à l'heure touys


gueules cassées beaux gosses flemmards stagiaires la ribmambelle des humains on dirait une chaîne très tendue et longue des maillons très inégaux mais tous nécessaires c'est beau la solidarité quand même


ceux étudiants encore et rêvant d'un tas de fric ou rêvant pas quelque chose arrivera ills se disent et ils se tirreont loin une guerre pour les plus trtistes ici au moins quelque chose à faire un truc dans quoi shooter merde quoi celui qui écoute studieusement le cours de droit fiscal en L2 il veut s'en sortir il a eu son bac de justesse mais maintenant c'est du sérieux au quartier on compte sur lui faut être riche toi tu feras pas du rap t'as vu ta gueule pas du foot t'as vu ta frappe t'étudies tu buches tu finiras cadre sup' sûrement une bagnole une femme et même des putes si tu t'en sors bien et que t'adoucis un peu les préceptes de la tradition au fond t'es bien le dernier à y croire

L'autre s'en balance de toutes façons la vie il y croit pas vraiment il vient ici pour faire quelque chose chez lui il déprimerait à lire des mangas à mater tous les pornos de la terre "t'en as vu c'est toujours la même chose" préfère son imagination et fantasmer sur les gueules de suceuses des meufs de Tinder

il faut que le week end arrive j'entends l'écho des salles de réunion le momentde bonjour la fille angoissée qui simule au bureau qui simule quand elle a dit oui et pleure toute la nuit en partant très honteuse pourquoi elle sait pas dire non bordel ça m'énerve
je l'entnds "je suis super gaie" on la coupe de toutes façons qui ça intéresse quoi qu'un cul pareil si ça t'attrape pas tout de suite c'est perdu 
ça se transforme pour elle en la nuit de cauchemars des flashs pas agressée sexuellement mais cède toujours cède sinon ça fait trop peur les insinuation les mots alors elle s'en débarasse une fois pour toutes la réputation de salope c'est normal c'est rien 

qu'est ce qu'elle fout là elle avait pas le choix pas trop bête les meilleures notes a Janson le monde pas terrible hein mignonne ? être à peine amorcé etl'amour la sauvera mais il faut venir l'amour hé voyant s marabouts esprits djinns toute la clique imagnaire ramenez vous sauve là c'est le moindre des choses elle sait pas a jamais su quoi que ce soit
Je la prends pour un personnage de la nouvelle vague
c'est pas une héroïne c'est n'importe qui ta soeur ta cousine ou ta voisine tu crois ne pas en connaître de comme elles hein ? Sûrement c'est que tu les abuses toi aussi 
allez regarde un peu ici
Si le droit vraiment s'appliquait tu mangerais de la bite de black ou de rebeu à t'en défoncer la glotte
mais t'as de la chance les lois sont mal écrites ou mal appliquées
c'est comme ça la justice c'est très abstrait il faut quelques caractérisitques bien restreintes pour entrer de plein pied dans la criminalité
parfois quelques uns en rêvent s'inventant des méfaits et pas que les gamins des banlieues d'autres petits-bourgeois une canne-épée ça se change vite en contrebande d'armes de tous types pour massacre ethniques c'est facile de se prendre pour Rimbaud devant son ordinateur


L'autre pas pire pas mieux à la rue pas un repas chaud pas un repas tout court depuis il a pas compté la poubelle vide un demi sandwchi un peu de vomi c'ta sauce verte pauvre type t'as pas fait d'efforts regarde ce que tu deviendras si tu contonues de mal travailler à l'école petit con (tout à l'ehure c'était en voyant passer un éboueur) lui il va errer dormir il a son chez lui deux larges morceaux de carton une couverture pas assez épaisse mais hé c'est comme ça on a ce qu'on mérite dit le cadre dirigeant en toucant le cul de sa stagaire (la fille malaise de tout à l'heure il y a quatre ans ou l'autre sortie de SUPDECO ses yeux prêts à tout qui sera toujours une sale conne)


La réceptionniste sa vie de merde on t'appelle lumpen prolétariat et je devrai me battre pour toi voter pour tu fais tes ongles tu regardes passer Stephen et ses épaules de matador tu siffles dans ta tête plus hauc'est pas permis t'en parles à tes copines t'inquites il te baisera il te jettera dans les mêmes chittes que la capote dans le même soir tu crois quoi et il te dira bonjour hein le même bonjour qu'avant ce bonjour il en a des tonnes dans la poche intérieure Armani Hugo Boss ça dépend des jours pour toi jamais il ne sortira le sur-mesure hé


y a des humains je le sais mais pas des comme moi elle écrit ça sur un blog je la haïssais j'avais 15 ans elle aussi Arrête de te plaindre puis j'ai connu moi même la dépression ça c'est un commentaire sur un blog
alors je te comprends
On dit toujours qu'on comprend quand on pige que dalle 
Tu connais son rythme cardiaque tu comprends son hésitation au moment de boire une gorgée de plus et comme elle frémit en entendant le froissement d'ailes d'un pigeon ?
Nan tu connais les généralités et les catégories la définition biologique et fonctionnelle un peu de psychologie je t'offre même ça en bonus. Ton tableau périodique tu as fini par remarquer un jour que tout le monde dbordait la ptite case non ? T'es trop con pour ça ? Tu as besoin de mettre tes petits doigts dans la petite tête hein ? C'est de la merde
Même cette pute de réceptionniste doit être aimée si on la prend du bon côté pas la peine de faire des blagues sur ses plans culs son slide sur Happn

Le christ est mort sur la croix super bravo pour tous les hommes
donc aussi pour lui
(y)


Une rue strasbourg saint denis je sais pas quand on est j'entre dans les chiottes l'odeur me fout la gerbe j'ai tellement bu ce soir j'ai rigolé je crois pas sûr il faudra que je regarde sur mon téléphone la vidéo faite dans le bar ça s'appelait comment déjà on sen tape instagram facebook twitter un de mes avatars me renseignera. Putain de putes chinoises dégeueullasses qui font la gueule au moins les négresses de Château-Rouge, les bonnes esclaves t'appelles mon chéri quand tu les frôles pas trop près leSIDA avec ces meufs là ça s'attrape par le regard.



Pourquoi il a dit "Je" ce connard middle-class/average Joe je lui péterai les dents 
Si j'avais des poings à enfoncer quelque part je les lui foutrais dans la gueule jai déjà aboli la ponctuation et ça je tape sans regarder jamais alors ce sera en vrac expérience poétique ou flux de conscience ce que tu veux mobiliser Roland Barthes Todorov Bathkine je m'en fous au fond, la parole écrite pas imprimée hein bien légère volatile tu vois c'est la parole avec son bégaiement ses retours en arrière son inconstance la parole c'est ce qui brûle dit Barthes
et si je sors mon dictaphpne la caméra de mn iPhone passé de mode
hein ? Tu dis quoi contre ça Barthes
Tu dis quoi si je supprime ce que j'ai écrit si je déchire la seule page imprimée du rmoman pas écrit 
Tu te retrouves con plus con que quand renversé par une camion de blanchisseur
Roland Barthes PAS Roland Barthes

t'as la mort la moins cool de l'histoire des morts 
tu aurais pu faire un effort déguisé ça en suicide laisser traîner une lettre sur le bureau en pemrance au cas où dire que c'était trop diur
l'appeler la mort de l'auteur

mais t'as jamais rien su assumer au fond même pas être poète crétin rentre dans ta cage les étagères de bibli je te cracherai dessus à la BNF BSG PNL

Allez, je recommence ma socilogie urbaine et fantasmatique je réduis l'homme en son cliché possible celui qu'on reconnaîtra ey ouais mec maintenant on met sa caméra dans la rue on filme tout du réel sous-titre "histoire vraie"

J'ai une rangée de mots pour ça (je me suis remis à regarder l'écran pour écrire) 
- Pass navigo
- Une baguette pas trop cuite
- t'as vu le match hier ?
- ce que je lui ai mis à cette salope
- Il baise comme un pied mais au moins il a du fric
- Je crois que je suis amoureux.se
- Je pense qu'il me trompe
- Mais non
- Ma chérie
- Je vous fais une couleur ? 
- Un kebab sans oignon sauce blanche chef
- Tous pourris 
- Un expresso steplé

Mystère des objets en communication stellaire, ils formeront machine à café, ciseaux du coiffeur, pass magnétique une cosmogonie à part entière et l'on pressent leurs eclipses et leurs cataclysmes, on frémit d'assister à cette mise en mouvement les astéroïdes bombardées de rayons lumineux alpha gamma ceux qui brûlent et ceux qui ne brûlent pas.

Mais je ne parviens pas à ce point de rupture du langage, existe-t-il seulement déjà ? Oui je l'ai senti auparavant, chez quelques auteurs. Pas à confondre avec le point de fusion expression débile faite pour les gamins lyriques, hé le surréalisme ça marchait en 1920 à la mode psychanalytique Freud ajd c'est aussi cool que dire "t'es nouille". Jsais pas, essaie de faire une synthèse la théorie des blocs sémantiques et Donald Trump ça marchera super bien.

Putain je suis en train de faire comme un tas d'auteurs dramatiques à écrire de la merde comme ça me vient ça doit avoir un nom de connard genre l'hypersubjectivité, le gonzo foutu dans un théâtre ça a pas suffi une fois Las Vegas Parano ? Ca a fait des gamins en plus ? J'ai des frères et soeurs. Putain. 

Arrête de te regarder casse pas le miroir ça peut toujours servir plus tard pour trancher tes veines celle d'un autre ou juste t'assurer que le blazer tombe bien que t'as une gueule pas trop défoncée pour demander ton RSA. La réflexivité putain tout ce texte c'est un putain de miroir allez palais des glaces si tu veux te la jouer façon gigantisme
C'est fou ce que tu peux haïr quand ça a commencé pour être à ce point infusé en toi inépuisable et le considérer déjà comme substance dispensable c'est abuser le langage c'est employer une analogie d'ordre purement linguistique la haine c'est un sentiment un concept tu peux pas le vider il est abstrait tu peux toi mourir et lui cessera en toi voilà tu comprends alors arrête avec tes manies pré-scientifiques Bachelard est passé par là tu vas pas l'ignorer ?

Si j'avais su le gamin tout à l'heure qui disait négresse et se foutait de la gueule des putes chinoises j'aurais passé en rouge son récit tu vois encore une fois je me heurte à mes limites techniques j'aurais voulu donner à chacun sa consistance
Je vais imprimer ça tout molarder puis le scanner et le reposter sous cette forme quasi-organique

7 avril 2017

Puerta Del Sol

Léo vient de m'écrire sur facebook :
 le problème de la France c'est le nominalisme
rendant presque nul ce poème
ou au contraire
pensée
sauvegardée à elle celle justifiant
tout ceci





Je crains la disparition des poèmes de Léo                                                                                                                                                      alors je les recueille
                         dans un fichier .pages sur 
                         mon disque
                        dur
La disparition de ces poèmes
     recomposés          à               partir 
                  de bribes            déjà          existantes
rebouleversés           d'éléments neufs                ou rénovés
simplement
                terrifie ce 
                                                                                                                          que je suis
Léo sauvegarde à peine la poésie qu'il écrit
comme traitant d'une chose sans importance
aussi une façon, 
peut-être, si je dois deviner son intention
de dire que la poésie ne sera pas toute sa vie
                 les années le rongeant lui comme elle
métaphorisant  le passage                                                  des ans         
je le dis sans savoir
nous ne parlons jamais de sa poésie
ou bien avec beaucoup de gêne
comme une chose sans importance
qui compte beaucoup trop
pour moi peut-être plus
qui crains l'érosion
Rémi ou Marie-Anaïs 
recueillent aussi les pages déchirées
qui ne sont pas vraiment des pages
mais des pixels agencés selon le code informatique
qui les traite
puis              les         éparpille 
soumis au clic ennuyé 
de Léo.
je ne peux imaginer les clics de Léo
autrement qu'ennuyés, prêtant un intérêt
limité à cet enchaînement poignet-doigt-clic
malgré les conséquences
définitives de ce mouvement
mécanique
Aragon jetant dans le feu la défense de l'infini
le faisait avec une rage lyrique
celle qu'on a si éconduit
à vingt ans
cendres
Dans les poèmes de la Puerta del Sol, 
publiés je crois, à titre posthume
del Sol sonne
comme une autre façon de dire
Léo
Aragon relate l'épisode 
dans des vers terribles et beaux
vibrants comme une orgue
 je crois
et pour être sûr qu'ils vibrent comme une orgue
j'écoute [spoiler=]occata et Fugue en Ré Mineur BWV 565[/spoiler] Bach en même temps que je lis les poèmes de la Puerta del Sol et que 
j'écris ce poème sur la dissolution des poèmes d'un autre que moi
les vers d'Aragon auxquels 
je fais précisément 
références sont ceux-ci :
Alors j'ai déchiré quatre années de ma vie
De mes tremblantes mains De mes doigts noués durs
d'autres importeraient peut-être au lecteur exhaustif ; moins aux autres :
[spoiler="reste"]
A genoux traînant mes jambes les pieds nus
Ferme la fenêtre il souffle une brise coupante Les feuilles
Vont s'envoler
Assis par terre et les jambes traînant à droite
A gauche un visage perdu Lisse au moins semblait-il
De toute pensée
[/spoiler]
ici les vers importent à nouveau :
Quatre ans les feuilles de quatre ans rameutées
Pour le feu projeté les flammes tout à l'heure
Nous savons que Nancy Cunard tira du feu de nombreux feuillets, entreprise permettant désormais la publication quasi-annuelle d'une édition augmentée de la défense de l'Infini réjouissant sûrement les actionnaires de Gallimard et les lecteurs fortunés d'Aragon. 
[spoiler]
c'est chose rare de voir s'entendre la culture et la spéculation ; nous ne pouvons que nous féliciter de cette amitié née de cendres aragoniennes
[/spoiler]
ces deux groupes peuvent très bien n'en constituer qu'un seul.
Ainsi la poésie de Léo
meurt dans ce même feu
plus mou comme il le dit parfois
dont il faut les tirer du feu
lui et elle
J'ai très peur de ne pas me souvenir
des choses de ma vie
je serai vieux un jour
ou déjà
passé depuis longtemps
de mode
on dira que je suis jeune
encore
malgré tout
cet effacement
actualise
le trou de mémoire
à venir
la calvitie qui gagnera
un jour
et le souvenir et le front
les poèmes de Léo sont touchants
ils changent de forme au fur et à mesure
des versions comme soumis à
une pression jamais la même
déformant le poème ;
sans le dire il combine de vieilles choses                                                                                    
à d'autres neuves
les siennes
ce qui est une forme comme une autre de modernité ;
[spoiler]
peut-être la plus moderne
[/spoiler]
mêlant aux formes du passé
des techniques récentes et
sa vie particulière
qui par nature et nécessité
se vit hic et nunc
[spoiler]
le 
je 
se glisse
insidieux dans toutes les coupes
le graal n'y buvez pas
[/spoiler]
Je crois qu'Aragon ment 
ou exagère ce qui est
 l'une de ses caractéristiques
lorsqu'il rapporte cet événement
survenu dans une chambre d'Espagne
Et qu'au feu ne brula qu'un quasi
rien
Peut-être en va-t-il de même
de la poésie de Léo
intacte quelque part
ignoré de                tous

Il n'y a pas de rossignol chez Léo
ni d'arbres secoués par la brise du soir
Léo parle souvent du cliché qui dans sa bouche
sonne curieusement il "salive" le mot qui nous
parvient ainsi humecté
[spoiler]
de la même façon il prononce
con de la plus adorable façon qui nous fait sourire 
Marine et moi
[/spoiler]
plus surprenant le motif de l'appartement revient plus
souvent                                                                                itération que je n'interpréterai pas
que celui de la chambre                 et la solitude                                           comblée d'un coup 
                                   p       a     r                  l      '     a    m    o    u        r      
[spoiler]
ce qui est un peu cliché quoi que très vrai et il ne faut pas craindre la vérité même quand elle passa par tant d'autres avant soi.
la vérité même
[/spoiler]
C'est une poésie d'errance ponctuée de lieux
pas différente en ceci d'une grande quantité de poésie
et d'individus, rarement nommés ; eux
symboles bien davantage ; réels pourtant
au dehors du poème / dans le poème fonction du poème
ce qui se retrouve dans une poésie moins nombreuse
quoi qu'encore très conséquente.
Mais l'idée générale d'un poème n'est jamais à la fin
que la combinaison de mots formant des phrases ou des vers
arrangée sur une feuille ou une page web ce qui revient à peu près au même
on ne pourra donc reprocher à léo d'utiliser comme tout le monde
le support permettant l'écriture ni par extension
d'adopter les thèmes généraux de l'écriture poétique
[spoiler]
ces dernières phrases 
je les écris 
après une interruption 
-le ventre- 
dans la rédaction de ce quasi-poème
j'ai donc perdu la tension 
qui chez moi produit toujours le sens
je suis incapable de dire de la 
poésie de léo autre chose
que de vagues généralités
qui pourtant en moi sont 
constituées plus fines
et singulières
particules
[/spoiler]
Cette poésie bouge très lentement
celle de Léo                                                                                                           je veux dire
et le lecteur peut la comparer à la brise du soir dans les branches d'un arbre
ces rapprochements
trop insupportablement lyriques 
mais insuffisamment dénoncés
restent permis
je choisirai plutôt
l'aube sans bruit
où j'ai déjà marché
ainsi que vous tous
ce qui est encore un lyrisme
mais celui-ci d'un être véritable
        et sa vie réelle 
Mais la poésie de Léo s'éteint sous l'action de ce même Léo et 
doit être recueillie par moi
et tous ceux que cette action inquiète
peut-être que le ton dramatique du texte excède largement                                mon sentiment
ou bien non
j'ai la sincère terreur
des choses mortes
qui tombent trop brutales
dans le définitif
silence
comme la nuit finissante
la soirée consumée sans que rien
à la fin de cette fin ne bougea
sinon soi
toujours le même
pourtant
plus fatigué sinon
 
je ne décris pas ici
l'une des nombreuses possibilités de moi
abstraction inutile
c'est sur Léo sujet de sa poésie
que je discoure
 et le regret 
je pourrai dire la mélancolie
de sa poésie
régulièrement énoncés par lui
et
signifiés en les
choses finissantes
par moi rapportés dans une langue
approximativement
la sienne

La poésie de Léo n'est pas à proprement parler lyrique
Comme déjà indiqué, elle combine 
des manières modernes  
et une prosodie ancienne
lorsqu'elle est en vers, probablement influencée par la lecture
acharnée et subie des poètes renaissants et
 du    
                  v
                                                                                                                                                      e
                                                             r         
           s
   LIBRE
 
Sa prose a le rythme d'un vers régulier "Léa a les cheveux bruns, mais cela importe peu"
"Quand je pense à la vie de Léa, je vois le petit appartement, à Brest(,) qu'elle habite seule"



[spoiler]
où revient le motif de l'appartement

[/spoiler]

la poésie de Léo spatialise (ou géolocalise) souvent
les événements qu'il relate
formant un arrière-plan
sur lequel les sensations
s'impriment et se succèdent
(on trouve une
forme de narrativité
très souterraine
la lenteur n'est pas
l'absence de mouvement) 
mais Léo 
décolle sa poésie de tous les supports
et sa négligence en toutes choses
la fait mourir partout

Lorsque j'étais plus jeune
il m'est arrivé souvent de perdre
un de mes textes à cause
de ce que l'ordinateur
                                                                             PLANTAIT 
ou pire que maman
insupportée par le bruit
du ventilateur
l'éteigne brutalement

dans ma mémoire ils
sont les plus beaux
ils ont le charme
des disparus
intacts
et
absents
peut-être Léo pense-t-il ainsi 
faisant tout disparaître                                                                                      tout
et
nous réduisons à rien
son entreprise de beauté
par notre manie conservatrice
qui est aussi preuve d'amour



L'un des fichiers de mon ordinateur
porte le prénom complet de Léo
par lequel personne ne l'appelle
ou peut-être seulement l'administration
et sa directrice de mémoire
qui est une administration incarnée
ou sa mère si elle fâchée contre lui
ce qui encore est une 
forme administrative
et ce prénom sonne comme il faut
pour dire sa poésie

 

[spoiler]
je pense ici à Pound 
créant du sens par l'association
de deux groupes grammaticaux 
qui n'en possédaient pas
chacun une moitié
lorsqu'on les prenait séparément
ainsi il en va de Léo-Paul 


[/spoiler]



Les poèmes de Léo
sont des objets fragiles
sans que le terme ici
de fragilité ne concerne
l'intérieur du poème
ils sont littéralement fragiles
vivant toujours sous la menace
d'un clic ennuyé un jour
d'embarras
la poésie ce n'est pas assez sérieux
pour qu'on la conserve précieusement
dans
ce vieux coffre-fort un disque dur
je garde la poésie de Léo
sur mon ordinateur
3 avril 2017

LSD

27 juillet 2010

Aux amours mortes

De moi il ne reste rien.
Rien que des traces.
Traces affranchies
Tracées.
Comme un regret.
Oui.
Reflet qui fête
Son vide.

(Nous nous tenions là.
Avec des remords au lieu des mots.
On se disait, qu'on s'oubliera.
Mais on ne s'oubliait pas.)
On ne faisait que se perdre.
A s'enfoncer.
Loin.
Dans la nuit.
A s'enfoncer.
Loin.
Dans le bruit.
Profond.
Dans les corps.
Toi d'abord.
Moi ensuite.
A dresser des théâtres.
Des décors.
D'ombres et de peurs.
"Comme maman on serait scénographe
Comme papa on serait acteur"

Tu es la normalité.
Sténographiée.
Mon amour morte.
Et ta maman a des mains qui coulent.
Pour t'attraper.
En bas.
Mais tu n'es déjà plus là.
Mon amour morte.
Et Maman pleure.
C'est elle qui t'a appris.

J'ai du jeu dans les doigts.
J'en ai toujours eu, qui me remontait dans les paupières.
Du jeu.

J'étais Papa.
Et je gardais les cris.
Dans les gestes.
Dans les coups.
Qui bleuissent les peaux.
Fragiles.
J'ai frappé.
La peau qui t'a volé ma peau.

Je suis le traitre.
Avec son épée.
Teintée.
Du sang
Des amis.
Et quand on me demande en suffoquant
"Pourquoi ?"
Je réponds qu'il faut bien survivre.
Et pour survivre, il faut tuer
A dit le vacarme de l'Univers.

Est-ce que je te le dis ? Qu'il faut survivre ? Est-ce que je te l'ai dit, que je ne faisais tout ça, voler, violer, tuer, que pour survivre.

Je cherche des bras
qui me tiendraient chaud, pour toute la vie.
Comme ça n'existe pas.
Je tue.
Pour qu'à la crémation,
j'ai chaud.
Rien qu'un peu
De chaleur humaine
D'une amour morte qui
Brûle.

Ton corps m'a chauffé le coeur.
"Quand dans ma vie il faisait froid".
Ce n'était rien qu'un peu de peau.

Je rêve de te dépecer.
J'en arrache mon pyjama
De croire que j'ai ta peau
Déchiquetée par ma nuit.

(J'ai le souvenir de tes cuisses tendres où les caresses pleuvaient comme dans des draps de velours.
Tu n'as pas de peau, pas de chair, pas de muscle tu as.
La douceur.
Que je cherche
Qui est noyée
Dans les caresses
Indigènes)

J'en ai tué des petites filles avec des yeux en verre.
Mais en toi
Je voulais souffler ma musique.
Mais je n'avais pas vu
Tes lèvres dures.
Ta bouche close
Qui embrasse sans la langue
Qui suce avec la gorge.
Je n'avais pas vu.
Ton poumon.
Percé.
Où coulait.
Entre la plèvre.
Le liquide pleural.
Mon amour morte.
Mon mercure.
Tu fuyais de partout, et je n'avais pas assez de doigts.
Tu les occupais trop bas.
Avec tes jambes dans tous les sens.
Tu les occupais trop haut.
Il fallait recueillir la neige de tes yeux.
(La sueur de ton envie.)
Bleus.
Comme un bout d'infini.
Un air de trompette.
Ou d'ambre teinté de merveilleux.
Oui.
Où.
Prisonnière.
Etait ta joie.
(Tu n'auras jamais la main assez ferme pour briser entre tes paumes, ce morceau d'argile, de pierre transparente, où se fossilise ton bonheur. Tu le vois, et tu ne l'auras pas. C'est ton enfer pour n'être qu'un corps d'hiver. Qui aura des prénoms de garçon, qui s'en iront toujours avant que l'aube craque dans le ciel ses allumettes. Avant que le ciel enflamme ses becs de gaz qu'il allonge de tout son long. Ton enfer, ce sera de mourir seule et amoureuse.)

Tu étais.
Dans mes bras.
Quelque chose noir
De monde.
Quelque chose noir
De bruit.
Comme une ombre inquiète.
De lumière,
Tu sais, je n'ai jamais eu de larmes.
Je n'avais que mon foutre
(Pardon)
Je t'en ai mis dans la bouche, je t'en ai mis dans les doigts.
Et quelque chose noir qui grandissait en toi.
Que je voulais cacher.
Qui ne se taisait pas.
Quelque chose noir
Qui prenait une voix.
Qui devenait un cri.
(D'orgasme.)
Qui devenait un muscle.
Et un corps
Qui devenait une plaie.
quelque chose noir.
Qui voulait un prénom.
Qui en eût un.
Lily.
Quelque chose noir
Qui est devenu
Quelque chose bleu.
Wendy.

On ne savait pas.
Que le bleu de tes yeux
était le noir brisé.
(on ne savait que le blanc cassé).
Tu es mon miroir.
Et je cherche.
Dans tes éclats, qui grèvent encore mon ciel.
Qui constellent ma mer.
Je cherche.
Dans les morceaux de toi.
(Parcelles stériles)
Mon visage.
De quand j'avais peur
Moi aussi.
Sur les terres
Incultes.
De tes sens.
Ta géographie d'amour morte.
Comme une peinture.
De Van Gogh.
(natures impressionnistes)

(Tu ne seras plus jamais belle.
Parce que je ne t'aimerai plus jamais.)

Tu seras un corps.
Qui cherchera d'autres corps.
Un corps, qui se fatiguera.
Des corps.
Un corps.
Qui voudra crier.
Qui n'aura plus de souffle.
D'avoir trop voulu
Jouir.
Un corps.
Qui aura le silence
Des cors
Quand l'ours est couvert de sang.
Du sang
des chasseurs.

Et je serai pareil.
A mettre.
Sur les cuisses d'une pute importée de Lituanie, avec sa mère, avec sa soeur, avec sa fille.
A mettre.
Sur ses collants troués.
Sur sa robe souillée
(C'est déjà sa peau, sa robe)
A mettre.
Ma coke.
Entre ses lèvres.
Ma bite.
Et bander.
Et sniffer.
J'ai ça de blanc aujourd'hui.
De couleur.
Pour mettre dans ton noir
Qui brisé est devenu le bleu.
On ne pouvait pas savoir.
Mon amour morte.
Que tu ne serais que nuit
Sauvage.
Que tu deviendrais
Pâturage
Pour tristesse.

Tu ne trouveras plus jamais des doigts comme les miens.
Des doigts que la poésie a déformé.
Parce que ça n'existe plus.
Des doigts sensibles.
Ce sont des doigts d'échec.
et les usines ne produisent
Que
La
Réussite.

Je suis une difformité.
Narcisse.
Défiguré.
Qui cherche son visage.
Dans la pisse froide.
(De minuit)
Parce que Narcisse.
(Défiguré)
N'a plus tes yeux.
de noir brisé
de blanc cassé.
Pour se souvenir comment c'était.
De l'autre côté de la vie.

J'appartiens à quelque chose noir.
Je suis redevenu Jérusalem.
La double, la pleine de sang.
Et d'orgueil.
D'être le centre de la foi.
Mon nombril grouille.
De pleurs et de prières.

J'ai mis sur ton nom un peu de salive.
Pour dire adieu.
Mon amour morte
De n'être pas née.

Je t'aurais baisée une dernière fois.
Demain.
Sans conviction.
Mon amour morte.
Mais je ne bande qu'aux jolis filles.
Tu sais.
Et je ne t'aime plus.
(Alors tu n'es pas belle).

J'ai froid encore.
J'aurai froid toujours.
Jusqu'à la prochaine crémation.
J'ai les doigts
Glacés.



Mon amour morte.
Tu avais la sexualité des putains ;
Tu en as désormais la morale

20 décembre 2010

Almanach 2

Je regrette de n'avoir pas connu le temps où les putains étaient des femmes
Plus habiles que le fatras d'une foule d'inconnue. Où l'on tarifait mieux l'amour
Que le sexe, dans des culottes aux chiffres béats.
Je regrette de n'avoir pas connu ces putains, aux manteaux troués
De froid, qui parlaient de passes, et de littérature, et pouvaient raconter
L'histoire d'un amant mort à la guerre, et baiser sur leurs seins
Ce qu'il reste d'un uniforme.
Je regrette de n'avoir de putains, que l'almanach si déchiré
Qu'il n'en reste que les pages en lambeaux.

Il faut une certaine noblesse pour entrer
Dans les pages de mon calendrier
Il faut s'instruire des choses de l'astrologie
Le mouvement écarlate des étoiles
Aux yeux malsains.

L'almanach sent le benzine
La Seine et le Rhône.
Ce sont mes putains qui y entrent
D'Anne à Wendy, tout l'alphabet
Calendaire.

J'en exclus, certaines, qui servent d'encre
Aux rédactions de mémoire, ce sont les plaines
De neige.

Je regrette de ne rien savoir de ce temps
Où les putains savaient la géographie
Des Corps
Célestes
Comme l'astrologue
Suce les dates
Sucrées de ses
Drames.

Je veux dire, enfin, que j'aime d'être cet ascète de l'existence :
La lâcheté vit et se déploie dans le groupe
Le courage, lui, développe son parfum
Solitaire.

Où le mac n'est rien plus que le marchand quelconque de la tendresse
Sans le masque de cire qui va au criminel.

30 novembre 2010

Aux épouses

Pour écrire j'ai besoin de prétextes.
Ces prétextes ce sont des femmes. Des femmes haïssables,aimables, des qui ont les yeux clairs des déroutes, celles qui ont les cheveux sombres des linceuls. Je me nourris d'elles, et quand je les ai bien bues, que mon pas va tremblant répandre son ivresse sur les vallons, j'en aplatis le souvenir sur un mur et c'est soudain un paysage gai ou pittoresque. J'en aplatis les formes comme des fruits murs et j'en bois la liqueur incolore.

Mon ciel je le fore de leurs plaintes angoissées. J'ai des amours -je sais leurs noms- dont toujours je devine les larmes. Je prépare avec soin des éprouvettes pour recueillir les chagrins et fabriquer de leurs chimies inquiètes des philtres de joie. Quand je rate, que l'alliage de mes sciences et de leurs pleurs forment un liquide épais, je bois le breuvage mystéieux et je m'empoisonne. Chaque jour, un peu plus, aux lendemains des crises de filles, j'ai le coeur engourdi.

Tant de femmes. Tant de femmes qui m'ont aimé ; tant que j'ai baisées. Je baise si mal, et pourtant je vois leurs yeux émus et leurs visages bouleversés de couleur, ce sont des fleurs, oui des fleurs peintes à la hâte par l'amour.
J'ai croisé tant de femmes dont j'ai brisé les hanches top lourdes, les nez trop longs pour les faire enter par les portes étroites de la littérature. J'ai croisé tant de femmes dans des couloirs étroits, que je n'ai aimées que le temps d'une effluve lente à se perdre. Tant. Tant. Tant de lames en suspens, au premier stade de la composition d'une peine, tant de larmes attentives au premier jet criminel du chien.

D'elle j'espérais un enfant. Je me lève Elle dort. J'entends quelqu'un qui hurle. C'est moi. J'accouche. C'est un personnage. Encore. U,n personnage baigné de placenta noir comme de l'encre.
Je cherche partout des femmes, pour écrire. Faites moi écrire. Toujours écrire. Autrement je meurs. Je meurs ici.

Je ne sais pas mentir.
Toute mon écriture est ma vie. Quoi que j'en fasse, je ne décris que mes amours, mes amantes et mes haines.
Je décris tout en démesure nos transes idiotes. Je décris le voile qui tourne, et la nuit qui ronge le vêtement, je décris, le corps tout bleuï de froid et mes deux mains innocentes qui réchauffent le corps ami. Je me souviens, là, les draps aux mains de luxure qui nous entravaient les reins. Je me souviens, oui, des premiers gémissements que les miens. Ils rôtaient comme des enfants en colère. Il me rappelle la musique que faisait ma voix gorgée de rires quand nous tombions du lit. Les écorchures que laissent l'amour avec le corps quand on a dix-sept ans. Les cheveux roux de Tiffany au milieu de nos baisers comme des aurores toussantes.
Les caresses hésitantes des jours de la Toussaint.

Toute ma vie n'est qu'une quête. 
Ce sont des femmes que je rabote en muse.
Je diminue la volonté, je baisse la lumière juste assez pour que leurs visages de minéraux morts soient des statues.
Je les rentre dans des fours, leurs mains d'argile sèchent en des gestes définitifs. Il n'y a plus rien qu'à attendre que le jour les peigne.

Ma mémoire est un musée
Des amours de marbre
Se reposent sur ses dalles usées
Le temps les biseaute.

C'est bête.
J'ai tout fatigué le corps des jolies pour des caprices littéraires.
J'ai encore faim.

27 novembre 2010

Lettres à la haine : n°1 - Mot pour Emilie D.

En moi tu remues les haines de celui qui a eu faim. Il y a tous ces  corps perdus, brisés de supplications qui prennent le mien pour amplifier des plaintes. Je ne t'écris pas ; je t'outrage. Tout ce que tu es je le maudis en des prières inventées pour le sacrilège des fortunes. Mon sang te renie dans son lent murmure qui chante des cantiques d'enfer. Le monde me semble un poème trop étroit pour deux bassins si ennemis que les nôtres. Je te hais. Je hais toi et tous ceux de ta race qui savent survivre dans leurs démesures d'insignifiants. Pour  moi. Vous êtes le meurtre. Le meurtre fier et angoissant, tapi dans les  replis des lois, agissant toujours avec le secours des autorités crânes et odieuses. Vous avez à vos crimes, mis les grandes robes des lois et des soirées.

La richesse vous marque de son sceau invincible, c'est le  péché originel du siècle que de naître riche. Il faut des baptêmes de  misère, des douches de soufre, des maquillages d'angoisse pour espérer faire tressaillir sa peau de ce crime primitif.

Mais tu  pleures, tu pleures ? tu as l'orgueil de la tristesse ! Hé ! Ne touche pas nos luxes de tes mains gantées d'argent, tu es déjà riche, laisse nous les cris, ils ont suffisamment à  faire pour nos gorges, les cris, suffisamment à faire pour nos corps  meurtris, suffisamment à faire pour occuper la place de l'espoir et de la faim dans nos chairs. Je te hais Parce que c'est le moyen que j'ai de  briser le sceptre honni des pouvoirs et des riches capricieux. Quand je te hais  c'est un milliardaire de fantasme qui meurt, son corps de carreaux  brisé des pavés d'enfant.Je te hais, de la haine de celui qui a eu  faim, la nuit, quand la tienne s'abimait de lumières exotiques. Je te hais de celui qui a eu faim quand tes yeux s'armaient d'aurores. Je te  hais de celui qui a eu faim quand ton corps joyeux riait sur des tables  pleines de gâchis. Je te hais avec la main du mendiant qui se tend plein  de peine vers tes yeux moqueurs. Dans ma haine  il y a trois quart d'orgueil et un quart de damnation que je te promets.J'ai fait des  études pour donner à ma haine une profondeur et un paysage. J'ai fait  des études pour donner à ma haine des raisons. Je n'ai pas cherché de  tempérament à l'ardeur. L'ardeur ne vaut qu'audacieuse, violente, toute  farouche de chaleur, je n'ai cherché qu'à la motiver et la faire durer.  C'est un brasier allumé sous un pont, mais le pont,vois-tu étais-là, et  il se serait mis en branle, avec des muscles de miséreux galériens, il  aurait avancé. Quoi qu'il advienne jusqu'à renverser vos fortunes et vos corps. Je te hais pour ce qui transparait du monde à travers le véhicule de ton corps. Je  te hais et je voulais te le dire. Pour que tu saches que ceux de ma  race extermineront jusqu'aux derniers de la tienne. Si vous êtes plus  forts nous sommes plus nombreux. Si vous êtes mieux armés nous serons  plus braves.Nos rangs tremblent de fatigue de n'avoir le soir que  des trous de verdure où coucher la haine mais n'oublie pas, n'oublie pas  que nos ventres sont vides, que les armées d'affamés vainquent toujours  les soldats repus. Tu seras Rome ; je serai les Huns, les Vandales, les Francs, je serai le déferlement de la faim. Nous jeunons tous les jours déjà  pour que l'appétit frustré aiguise nos colères. Fais attention le matin  aux premières formes qui se soulèvent des cendres de la nuit. Ce peut  être mon frère qui tue l'un des tiens. La lumière qui s'arrache du gris  parisien ce peut-être le muscle phosphorescent d'un impatient de la  rage. Le clapotement de la fontaine, place de la Sorbonne, méfie-t-en comme du pas d'un  de nos éclaireurs cavaliers. Nous avons des haines qui ne sont jamais rien d'autre que le nom de nos dignités et de nos fiertés .Nous avons refusé votre réel insuffisant. Refusé nos ventres gonflés de vos odeurs.Nous  avons dit, d'une voix fêlée comme la cloche d'une Eglise, notre refus de vos existences. Vous aurez beau veiller. La nuit est un complice patient. Toutes les dates des calendriers elle fera le  guet au dessus de nos gestes maladroits. Tous les crimes elle couvrira  nos fuites de ses langes de soie. Fais attention. A toi. Parce que je te hais.Que demain, ou les fêtes à venir, l'un des miens emportera l'un des tiens, jusqu'à ce que ce soit toi.Nous sommes plus nombreux, nous sommes plus courageux, nous n'avons plus peur.Je  t'enseignerai jeune fille qui vit dans le luxe et l'espace,  l'étroitesse d'un tombeau, creusé pour un, où l'on se jette à deux. Je  ne prendrai pas de place, parce que j'ai faim. Le cadavre de ton crime  gésira tout près de l'innocence du mien. Je te hais Petite.      

Tu verras la douceur meurtrière des ailes d'un utopiste quand au sortir de ton cours de russe une voix de révolution t'emportera la bouche. Tu apprends une langue dont je t'enseignerai un mot : goulag.

5 novembre 2010

Mirjam La personnifiée

fais attention à toi, je suis très sérieux, mon amour porte un costume et son col est raide, droit, fier, fais attention à toi. Tous les matins, il déclare, et se regarde dans le miroir pour recoiffer ses gestes, pour ordonner ses intonations, son salaire ce sont tes larmes, celles là oui, et la suivante, et le torrent festif des autres. Je l’ai prévenu, je la préviens encore. Mirjam, s’il te plaît, c’est un miracle de supporter mon amour et d’en triompher, un trophée que l’on peut ériger comme la tête de Méduse « Il m’a aimé et j’ai survécu ». Ceux qui n’ont pas d’amour habitent dans la nuit, c’est un gant pour le crime. Ce sont des putains. Pardon Mirjam tu es une putain, c’est vrai. Tu as un visage de muette, ce que tu dis a un poids, une valeur, ce ne sont pas des breloques aux petits avantages, tes mots ont des petits pieds de danseuses et des jupons gris. Tes jambes sont deux rivières d’argent. Tes mots je les mesure dans une pipette et je les mélange dans ma tête pour fournir à ma bouche des chimies aux dards fatals. J’ai aimé Wendy, elle en est à demie-morte. Ce n’était pas ma faute. Elle avait la mort en elle, elle avait tout ce chaos formidable au creux de la bouche, ça se tenait là, c’était un ulcère ou une fleur, oui une fleur. Mes mains étaient chaudes, chaudes quand elles s’aventuraient dans son marécage : ses yeux. C’est la Hongrie mais Mirjam tu sens la Belgique, tu parles la Belgique, je vois Wendy quand tu me racontes les hommes et le désir, quand tu me racontes la bouche que tu as au ventre et ses volontés infernales. Wendy est morte dans mes bras et si je ne l’ai pas tuée je l’ai regardée mourir en riant. Elle me suppliait des yeux, son corps disparaissait dans des bans de sable dérobés sous son corps immobile. Elle me suppliait et je riais, je lui disais « suce » et elle suçait alors qu’elle se noyait. Elle est morte, tu sais ? Morte, et tous les matins je me lève un peu en avance pour me recueillir sur elle. Je lui raconte comment je vis, comment je porte son souvenir au milieu des blessures de mes vingt ans, je lui raconte que la flèche de son amour était douce. Wendy est morte, mais je ne l’ai pas tuée, elle avait la mort en elle, comme une fleur que ma main attentive et injuste a engendré en prairie. La mort était un arbre et mes attentions, mes haines, ma jeunesse en ont fait une forêt. Le cœur de Wendy, le corps de Wendy c’est Cologne. Depuis tous les matins, je pose ma tête contre un mur de pierre, et je lâche cinq larmes du poids d’une vie, cinq larme comme autant de pétales jetés au bas du cercueil, cinq larmes d'un œil ouvert comme une main. J’en ai volé des choses avec orgueil qui me trouaient les poches de leurs poids et de leurs nombres. Je n’ai jamais eu honte, jamais dit « je ne volerai plus jamais » mais j’ai été complice du cambriolage d’une existence et le remords m’enfonce en enfer. Il a répandu des sables mouvants sous moi qui me drainent, lentement. Je ne peux pas assumer le poids d’une vie. Je ne peux pas assumer la mienne, même.
24 octobre 2010

Les délires, la nuit.

Si proche, sanction et scansions, qu'on croit l'une et que la deuxième déjà dans ses rythmes de tambour

déchirent sa peau d'iguane

et d'animaux de funesterie

Il y a des bréviaires où la mythologie s'est faite une place avec le rire.

La mythologie faisait délirer les dieux.

Ils en ont voulu aux choses terrestres comme des poètes

Sur l'Olympe s'empalent cent mille dieux aux casques d'acier et aux grands reflets de manque.

Moi mon visage s'est taillé dans le crime, j'ai avancé le visage au milieu du lac et je lui ai donné ma trace.

Depuis ce pays saigne, il saigne avec de grandes enjambées, il saigne de rubans gris,bruns, le ciel s'écoule de la plaie.

Vous avez déjà agonisé un iris ?

Le trouer d'ombre.

La nuit a de grands doigts qu'elle enfonce au mil ieu des yeux clairs, des yeux dont on dit ils sont des voyageurs.

Des ongles de lumière qu'elle met aux phares des voitures.

Oh,la nuit,oh le soir, et les filles aux blasons cruels.

Au mieux des grandes rivières poussent des fleurs aux pollens mécaniques.

Je crois avoir vu,dedans, rouler des aurores.

J'ai dit "la rosée c'est la terre qui mouille après que je lui murmure à l'oreille mes obscénités".

 

 

La sanction, mais la sanction, permet de sentir le monde.

C'est de l'écrasment, de l'assaut, hue !

TOUT LE CIEL EST DECROCHE

ON DIRAIT DES FLUX ET DES REFLUX IL Y A DU SOLEIL PALE

ET SES AUREOLES DE SUEUR

ROUGE ROUGE ROUGE COMME DE LA FIEVRE ET DES MALADIES

JE CROIS QU IL Y A DE LA PESTE DANS LES INTELLIGENCES

De la peste violette comme un insomniaque, une peste qui laisse le corps toussant, râlant.

ô pauvre imbécile, le ciel ne reflète rien

rien, il y a des blocs de cendres qui tapissent

des reflets de cierge on dit "des étoiles";

ça fait sourire le bout d'une religion qui brûle.

J'ai des ciels à boire

et du temps à croquer.

Belle seconde, ton ventre cruel

Tente mes mains d'aiguilles

Cadran de lumière

ET CARCAN DEXTASE

JE POSE DANS DES CARQUOIS DE SOIE DES FLECHES DIVOIRE AUX POINTES D'HAMECONS

LES BEAUTES SONT PRISES AU PIEGE DES FLECHES INDIENNES

DES LONGS FLEUVES FLECHISSENT

LA NUIT ASSECHE LE JOUR

Nuit morcelée, falaise de charbon, le vent est un mineur.

Je suis en cours, hé.

Moi je n'ai pas la chance d'être libre, libre comme les strophes des amoureux.

Bientôt, bientôt, bientôt les grands angles montagneux

Les reins de pierre couverts d'automne, de printemps.

Tout ce pays rempli de saisons.

Bonjour, je suis génial, mais je suis paresseux.

Pourrais-je emprunter un peu de vos teints laborieux ?

De vos corps serviles je réclame l'effort

les coeurs retroussés

La plume sage et calculatrice, je veux que vous décrochiez l'horizon et les arpèges qui y vacillent encore.

Je veux emprunter de vos pas faibles et de vos jambes noueuses.

Vos mains paysannes, tannées de soleil, qui ont bu toute la peine pourront trouver des terreaux en moi.

Plantez vos ongles, j'en ferai des lierres qui grimpent sur le passé.

Il y aura des crochets sifflants et des hyènes hurlantes.

Le désert,le désert fera des pas de géant

jusqu'à la ville.

Les belles pierres d'infimes baisers.

De la roche éclatée.

Ce sont des amours, les sables loin.

oh, que j'ai d'hurlements en moi que je crois ma voix être un fauve.

Traqué par la soif, écrasé de mirages.

Mes yeux ont bu la réalité et ma bouche se fane.

 

16 septembre 2010

Marie

Certaines choses s’achèvent sans qu’on le voit ni ne le sente. Il suffit d’un geste, parfois, pour chasser l’alizée, et vider le ciel de ses attributs de victoire. J’ai le cœur excisé, il se porte déjà ailleurs. La mode de mon corps a changé, Marie est un nouveau prénom qui y fleurit et Lucie continue de porter sa voix de mort. Elle me complète : j’en suis l’odeur, de la mort.
Dans tous les pays, les empires, les Républiques, dans tous les corps et les cerveaux de femmes, c’est la même chose paresseuse, qui m’ennuie.
Je suis déjà plus loin que ça mais personne ne peut l’observer, il faudrait plisser l’émotion jusqu’à la rendre chinoise et demain j’irai pour toujours de l’autre côté des vies, j’aurais des ivresses en chapelet, religieuses ivresses où des saintes se dénuderont, où la bouche de Marie me fera oublier les cœurs frivoles. Je parlais d’Hongrie et s’assembler dans ma tête les images de la Berbérie, j’entends des voix –le ressac de la mer- qu’est l’accent amazigh. Des proverbes qui sont des pas armés, et me bercent de leurs mélodies, je sens des feux oniriques qui crépitent et se nourrissent d’un bois de rêve, enfoncent des passions et disent « voilà la vraie forme d’une flamme, elle a le cœur d’une étoile, la chaleur d’une abysse, et la trahison d’une femme ». Là bas ce seront des montagnes kabyles et des déserts qui nous rendront fous, en pénétrant pieds nus sur le sable chaud, on laissera la raison, et on dansera pour avoir soif dans une union de damnés. Chaque respiration prendra des vapeurs de l’enfer qui se recracheront en souvenirs, avec Marie, on évoquera les souvenirs et les amours déçus, ceux là qui avaient dans le ventre des chênes pourris et des dieux païens. On pleurera de larmes de sable, on fera s’écrouler du verre de nos yeux détrempés par les oasis imaginaires. Nous n’aurons qu’à boire des souvenirs, dirons-nous, et nos rires craqueront dans le ciel pour faire naître le premier orage du Sahara et nous aurons soif ensemble, alors, blottis dans les plaies mystérieuses, ces grottes creusées par le temps, à travers nos os et ces bouches qui en nous poussent des plaintes. Les caravanes passeront comme des fantasmes, dans des habits de poils et de lait de chèvre, elles passeront, indifférentes, comme le serpent qui passe sur la roche et attend que le soleil excite son sang.
C’est trop tard, je ne sais plus jouer mais les dés et les dominos ont laissé sur les mains leurs chiffres et leurs amusements. Je suis devenu ce jeu, énorme, qui tue, rachète, saborde. Mais je ne jouerai pas, alors j’abandonne les âmes stériles, je les laisse à leurs amours souillés, aux jeux initiaux, primaires, et je retourne aux prénoms éclatants de volupté, drapés dans du lin.
Marie a le cœur vierge des blessures intelligibles, c'est-à-dire qu’on les saisit du coin de l’œil, et qu’elles s’empilent en soi, les blessures.
Prénom de sainte, corps de putain.
Marie, demain, j’ai des ongles pour toi qui te feront des ravages sur la peau, je sens toutes tes eaux et toutes tes lassitudes qui se cherchent une maison close.
Je n’ai plus que des promesses de vérité que les autres, les amours, souillent de leurs légéretés. J’aime sans gravité, bien sûr, j’aime sans une pensée, c’est déjà trop penser ses amours, j’aime sans sérieux, avec la bouche amusée de ce baiser virginal qui l’interdit. Mais j’aime pour de vrai, avec tous les élans fracassés du souvenir, tous les départs, et tout l’absolu qui me déborde des hanches.
JE PORTE UN ENFANT DANS MA GORGE ET VOUS VOUDRIEZ M’AVORTEZ ? ET CE CRIME VOUS HANTERA JUSQUE DANS VOS JOURS CLAIRS DE JOIES IL PENETRERA SANS CONSIDERATION POUR LES INTERDICTIONS MATERIELLES ET SENSUELLES PARALYSERA VOTRE DESIR FIGERA VOTRE FATIGUE
Lucie est morte, elle ne le sait pas, et demain je la verrai sur une stèle de marbre qui me dira « je ne le savais pas, mais je dormais dans ce cercueil anonyme, je dormais au milieu du bois maigre. J’avais la mort inconfortable, alors je me suis levé et je t’ai trouvée, c’est ton odeur qui m’a attirée, elle me rappelait quelque chose. Chez moi. Aujourd'hui que je veux me rendre dans ce foyer aux lumières anéanties, j'aimerais que tu m'y joignes, qu'on aille se mettre sous les yeux ma même noirceur languissante dont tu te pares quand tu veux dire je t'aime ».
cette invitation m'ecartèle.
Il y a Marie, il y a Margot, il y a les fantômes ignobles, il y a le coeur pur et les rosiers merveilleusement justes qui m'ont poussé sur le torse, il y a l'appel médian du soir, il y a, les promesses que j'ai faites, et la voix de Marie qui n'en peut plus de soupirer d'attente, de l'autre côté de la rue, au creux d'un abîme de foutre. Elle attend, que je vienne, que je sois débarassé des amours faciles qui sont des matières composites, constituées des purges d'avant.
Il y a des désespoirs qui saillent de moi et ces tombereaux de larmes qui s'échappent de mes mains.
 
Je ne peux pas supporter un amour qui se disperse, qui soit fabriqué dans des forges de vent, où le soufflet remplace le fer.
Plus jamais je ne serai sale.

20 avril 2010

Le persil de ta cage ; les fleurs de tes chaînes.

Et l'on a vu des pauvres
Offrir à de plus riches,
Aux particules abolies,
Une miette de chaleur
Pour tenir au ventre.
On les a vus
Avec leur enfance
D'usine ou d'acier
De contes et d'ailleurs
Déciller des grammairiens,
Nourris de manières,
Le savoir et la beauté.

Tu étais trop commun
Pour la douleur
Qui ne voulait pas
De toi.
Tu étais,
Avec tes yeux,
Absinthe éventée,
Un minéral érodé.
Tu étais,
Espérant des larmes de poison
Abreuvant la pâle verdure
De tes rameaux,
Un vent essoufflé.
Tu étais,
Sous ton coeur
Altéré,
La banalité
Cirant
Les luths
Des génies.

Tu cherchais Circé
Luttait, en vain,
Dans les eaux basses
Du jour.
Tu retournais
Les pages
D'Histoire
Tu fouillais
l'épopée
Et apprenait le grec
Sur lès bouches hellènes
Pour y trouver la voix
De l'aveugle.
Tu demandais pardon à la foule
Tu espérais d'elle qu'elle ouvre,
S'écartant,
Un chemin
Aqueux
Pour faire apparaitre
En trainée
D'écume
Ou de lumière
La route
D'Itaque ;

Tu ne connaîtras jamais
Son palais
Ses femmes
Ses enfants
Tu n'en sauras rien
Des secrets

Ni ;

Des ouvrages
Qui mettent
L'éternité à
Tisser
Les empires.

Tu as l'âme trop lourde
Le corps trop dense
Pour passer ses ports
De brouillard.

De vent

D'obscur.

(Tu n'es pas d'éther)

Ou de Troie

Tu es d'en bas.

(D'un corps Profane)

Du souffre de la boue
Et des cendres
de la terre
mugissant.

Je te ferai tourner de l'oeil
Quand tu sentiras
Mon parfum
De rue,
D'enfant,
De
Caniveau,
Avec des doigts
Jaunis
Comme des pages

Noircies

et en moi
Sur moi
Tu aurais pu
Lire
Ce que la nuit
Dit de toi
Quand dans ton lit d'écorce
Ton agonie s'image.

Mes mains prophétesses
Anéantissent ton souvenir.

Je te chasse de ma mémoire.

Je n'haïs rien.
Je suis indifférent.
Et j'agonise
La banalité
Sans émotion.

Tu étais un poncif
Au prénom long
Comme un sanglot.

Quand j'irai dans les rues hongroises
Chercher les pas du poète
Et trouver les mains des putains
Quand j'aurai sur mon ventre,
Que m'arracheront les bandits,
Des syllabes de cent ans d'âge,
Liqueur amère,
Dans une phrase,
Dive bouteille,
En une langue,
cave fraiche,
-qui dansera
Dans un feu et dans une flamme
Qui te sont inconnus-
Je chanterai des mots qui se briseront
En chants
Qui éclateront
Rapsodies
Aux mille cicatrices de profondeurs
(Tu en enviras les marques
Sur ta peau vierge de drames)
Et offrent aux yeux inquiets
Les cimeterres Ottomans
Les épices de la sublime porte
Les voyages dans les coiffes
De sultans épuisés
D'empires serges de lave.
De ce pays de brume
De nuit
D'ombre
De sortilèges
Les voix
Magyares
Jailliront,
Comme la cendre
D'Islande
Qui innonde le ciel
Et
S'y
Amoncelle
En y faisant
Tourner ses angelots
En mousselines noires
Que le ciel huant
Baise au front.
(Là-bas)
Une langue qui déliera
Ses mains
Pour y faire
Taire les poussières,
Voltiger
Les nuages et ;
Les débris qu'épuisent
Les sabots des Csikòs
Et de leurs cathédrales
Mordre le vitrail
Aux couleurs
Fatiguées

Je tiendrai Joszef dans mes mains
Comme une eau qui dort
Et qu'on ne brusque pas
Qui dort et dont on lit
L'enfance des sommeils.
Et tu croiras toujours
Que c'est un homme en fer
Quand il est de brume
Tu diras que tu l'as vu
Tenant le marteau ou l'enclume
Sur le drap rouge de l'Histoire
Tandis qu'il tenait la plume ;
Tandis que le tenait la faim
De ses vingt ans.

Je te dis adieu, déception, adieu petit prénom fortuit, adieu androgyne sans couilles.

Et de voir prendre forme cette gifle, de donner à ce geste d'écrire qui m'échappe une paume et d'y sentir pousser les doigts, aiguilles de chair, qui te piqueront. Je regrette de n'être pas malade pour qu'au bout de mes épines de peau et de cals, je t'empoisonne.

18 mai 2010

Luxure.

J'ai eu besoin de te chasser pour avoir à te réclamer. De te mettre hors d'atteinte de mon ombre, de mon sexe, et de mes doigts. De tout ce qui de moi est fleur, jardin et odeur, de t'éloigner de corps qui se brise en tige fine et parfumée, en suavité comme une femme de légende changée en roc sur la proue d'une île, et qui se brisant laisse apparaître des mondes aux contours de troubles, aux visages émaciés, où l'on se croirait dans tes temples de barbarie, où les flutes ne jouent que des marches funèbres, où l'on mène des peuples en moi, et les menant en moi les accompagne au charnier. Comme les larmes qui ne crèvent pas encore et se tiennent au rebord de la paupière sont un funambule transparent de grâce et d'hésitation, comme le condamné à mort qui attend sur les barreaux de son cachot que le verdict lui tranche la gorge, lui empoisonne le sang, lui brise la nuque ou bien lui leste de trépas les poumons, je t'attends.
J'ai besoin de te chasser pour avoir un peu mieux la cicatrice du criminel qui me part du cou, pour avoir de toi après que tu sois devenu un crime, crime majestueux, fille rose devenue blanche morte par le secours de mon être, en poussières de cristal, en brume, en souvenirs. Tu es, non la blessure que fait la balle qui s'anéantit dans le corps de l'assassiné, mais la poussière que soulève la balle, l'araignée de verre qu'elle laisse dans le miroir, la tâche brune, l'odeur de chair brûlée, le bruit du cristal qui tremble, du vent qui secoue, enfin, tu es un ensemble de choses qui se tiennent avant le sommeil, dans ce pays où tout est inconsistant, meuble, boue diamantée qui gicle sur le visage du rêveur, où tous les objets sont des mollesses, faits dans la matière du songe, avec un corps de fantôme abolissant tout désir, toute envie. Où l'on porte ses lèvres sur des monstres de vapeur, où l'on baise des souffles, où l'on aime des voix.

Tu n'es pas quelqu'un, et de ne pas être un individu, tu te confonds avec l'obsession, jusqu'à y prendre toute sa place, à remplacer dans mon lexique, mes définitions, mon dictionnaire, son mot, son terme, son évocation et sa puissance, tu y es installée comme la fièvre dans le front du pestiféré, tu as un empire de verbe, d'un verbe, qui se conjugue qui s'allonge, et où tu peux montrer tes jambes blanches, ta chair de peu, où peut tourbillonner toute ta salive, tes glaviots -tu voulais être, dans une autre vie, un homme, un bandit- qui forme dans le ciel une constellation où s'attache d'autres étoiles, planètes, cailloux, enfin cosmogonie du désespoir. Ce désespoir est parent de fortune, il en a la souplesse, le bassin tordu comme une hanse, un ventre. Il enfantera des fils terribles, aux mâchoires de fer et aux reins de pierre, et l'on appellera "malheureux" ceux que ces fils de nuées frôleront. Ils embraseront ce qu'ils toucheront, non pour en laisser des braises fumantes, mais pour voir la cendre qui leur succède. Et ce désespoir engendrera de sa bouche féconde trois-cent ombres douloureuses qui envahiront un ciel bleu devenu bas, un ciel qui plongera dans la mer pour survivre aux taches de feu qui y montent comme un lierre sur un mur abandonné.

Dans le terme d'obsession, que tu recouvres de tes boucles blondes, où tes yeux bleus y soufflent comme un vent et y changent comme un matin. Dans le terme obsession il faut comprendre ce que tu as d'ignoble, et d'ignoble que j'adore, comme ces gens que l'on fusille d'avoir vendu leur pays et où le plomb fait des belles plaies d'argent, comme Tarpeïa qui donna Rome aux Sabins et qui mourut lumineuse écrasée sous le poids de son avidité -brillante- et de leur or -baume. Tu es dans ma mémoire comme le bijou dérobé que glisse le receleur dans la poche du saint et finit par la trouer de culpabilité. Tu es plus lourde en moi que le pistolet arraché de la ceinture du maton et qui pèse tout son poids dans la cellule du prisonnier qui deviendra l'évadé. Lourde comme le sceptre que tient la main butée de l'enfant-roi, et la couronne qui lui broie le crâne. Plus lourde encore que la souillure bénie dans la bouche de l'enfant de choeur, plus lourde enfin que la pierre décrochée du ciel qui s'abime dans la mer, où plus lourde encore que Christ sur la croix coupable, croix gémissante, terrible d'akinésie, et qui voudrait libérer ce corps dont elle s'est épris, cette chair parfaite, parfumée de dieu, et aux yeux de nuit. Elle ne peut pas, la croix immobile, abandonner ce corps sublime que des mains d'ange -anges sans sexes, désirs, passions, anges comme des formes impropres à la réalité, ont gravé dans un muscle humain, ont soupiré dans une vie, comme je ne pus abandonner le tien. Et mes bras dépliés avaient cloué les tiens, comme un corps changé en monstre de pierre et qui ainsi durcit figerait tes vertus.

Il faut que tu comprennes, l'âge, l'ambition te tordent la grâce pour te rendre belle, pour te figer en formes invincibles, en sœur d'éternité. Et ce qu'il y a de grand dans ce corps neuf qui craque de partout et qui fuit des yeux jusqu'au ventre -pour répandre le jour, c'est la main de l'assassin et le tremblement de l'innocent. C'est la peur de l'un et l'envie de l'autre. La crainte de la pureté et l'espoir du vice.
Mais tu ne sais pas que les barreaux sont des roseaux de métal que ma bouche sait courber, et où s'enroule tous les espaces, toutes les mains gémissantes, tous les gestes altérés. La poésie les incline, et libère tout un jardin de criminel, des roses, coquelicots, épigées, lys, sexes, pétales, flétrissure, étamine, enfin tout ce qui jaillit à fleur d'eau, là où poussent les tiges des cellules.

J'ai besoin de te mettre hors de moi, de mon ombre, hors des rameaux que font mes cheveux si les mains froides du temps les assouplissent, hors du poison qu'exhale ma bouche, hors des victimes qui partout jettent leur fine pluie et dont j'accouche sur des lits de pierre. Je tiens dans mon ventre une comptabilité de morts, d'incertains, d'êtres aux allures terribles que le vent balance -comme le criminel étourdi sous le prêche de l'abbé, et qui ont toussé leur agonie dans mes poumons, agonie dont je sens la caresse aimable.

Il faut que tu restes à la périphérie de moi parce que je t'étranglerai, et tu rejoindrais ces tombes que j'honore de souvenirs tous les matins et où j'espère traîner des amantes, un jour, et y déposer sur l'épitaphe des rires semblables à des chrysanthèmes fanées.
La vie est bien trop grave pour être sérieuse, pour s'endeuiller et ne porter que des volutes noires, des chiffons sombres qui digèrent la lumière.

Il y a quelque chose de fantastique aux photos que je prenais de nous malgré mon manque évident de talent. Elles sont l'érotisme, la sexualité, avec son désespoir et ses joies, avec son regret et son vice, avec ses taches et ses couleurs. Elles montrent le désespoir et la violence, elles montrent ton visage qui a honte d'être abattu sous des muscles, sous des os, sous la verge de l'autre qui durcit, et que ta faim ne peut t'empêcher de serrer dans la paume ou d'embrasser avec toute la bouche. Tu as une pulsion au lieu d'un sexe qui durcit, et c'est ainsi qu'est ta queue, en forme de pulsions et d'invisibles. Tu as un sexe d'homme immatériel.
Tu as des pudeurs que tu masques sous l'appétit.
Tu es l'obsession ; tu es aussi l'avidité
J'étais le vice amputé de luxure.
Puis je t'ai trouvée.
Puis je t'ai perdue.

10 avril 2010

Tu ne peux plus m'aimer et pourtant tu ne peux m'oublier

Et soudain
Je me
Souviens
De mes dégoûts

Tu n'as nulle part
Où venir
Dans mes bras.

Tu avais les yeux qui donnaient la lumière ;
J'aurai toujours ceux qui la dévore.

Je ne me souvenais pas
de l'ennui de toi
de tes pas
de tes mains
de gênes
où dans tes paumes
coulaient
la cacophonie
Des cacographes

Ta vie
Est une fatigue
Qui m'ensommeille.

De toi je ne me souvenais
Que
Des ellipses
de carmin
que
des paraboles
de cyan.

Je t'ai souhaitée hier
Toute la nuit, quand j'embrassais
Une bouche de cornaline
Qui bruissait
Se froissait
Comme ta peau
De capeline
Quand
D'envie
Meurtrie
Je serrais
Ses seins
Sur mon
Torse
Je voulais
L'ombre
De
Toi
Pour
Suffoquer
L'absence
de
Toi.

Je t'ai rêvée, je t'ai souhaitée, je murmurais ton prénom, comme une petite prière qu'on fait avant d'aller à la guerre. Guerre de muscles, de chair, où il pleut. C'était une femme qui était venue de ce pays où tu t'uses les jambes, et qui me mettait la mousson sur les doigts, dans les draps.

Maintenant je couche les filles dans ma chambre, et je leur dis de faire du bruit.
Ca m'empêche de jouir.
Un jour je tuerai
Tu sais
Une fille
Qui aura joui
Je mettrai
Pour la tâcher
De
Foutre
Mes mains sur son cou
Pour étouffer
Non son souffle
Mais sa voix
Qui contient
L'oxygène
Et
Elle succombera
Entre mes
Bras
Trop
Maigres.

Ô mon amour
Je ne t'aime pas.
Ô mon amour
Laisse moi te ranger
Avec les pièces
AVec la reine, le roi
Dans les échecs.

Tu m'ennuieras toujours
J'ai trop de fièvre
Pour un seul
Corps
Je te briserai encore
Demain
Je ne sais faire que ça
Ta peau de verre
Ta cape d'angelôt
Dans le matin, les cloches
Qui sonnent
L'angélus
et sont
Des
Mots
Blessés.
Je ne suis chez moi
Que dans la douleur
Et le bruit
De l'enfer
Qui monte
La plainte
Qui longe
les os
qui cassent
La soie
Déchirée
Lange
Funeste

Tu sais qui je suis ?
Quoi je suis ?

Où ?
J'habite un vertige
Tu ne peux pas y entrer
Tu as trop de colère aujourd'hui
Pour les sphynx
Les oracles
Les vandales
Tu ne peux pas entrer
Et ma solitude
suce ton ombre
Bleue
Comme Chopin.

Un lambeau de souffle
Une respiration manquée
Une aile brisée.

Je suis la Belgique, deux régions ennemies.

Je m'allonge, et je l'allonge
Je grandis
Parce que
Je
Suis
Une
Ombre
Qui s'allonge
Sous la lumière
Qui lui arrive
Ses degrés
de Chaleur
D'angles
Morts
Et Obtus
Qui déforment
Ta voix
Claire
Et aiguë

Mon amour.
Si tu me vois,
Si je te vois
Suce moi
De ta bouche orpheline
De tes larmes opalines.

SI je te croise dans les rues
D'Paris
Suce moi
Mets moi.

Avale moi.

Parce que nous ne sommes pas des mêmes réalités, nous évoluons dans des dimensions qui se croisent, se remplacent, mais ne se mélangent pas.
Tu es l'eau bleue, calme, transparente ; je suis l'huile brune, épaisse qui s'embrase sur les reins de feu.
Et-Tes-Rots-Gênent.

Tu sais.
Ton noir.
Je te l'évapore.
Comme ma vie.
Comme ton bleu
Comme tes larmes.

Et les souvenirs coulent
De la mémoire blessée
Ton souvenir s'écaille
Sèche, et fane, il remplit les bouquets
Sans odeur, les bouquets où le sang
De ton absence, déjà, a coloré les fleurs
Blanches.
Comme les joues d'une enfant qui flâne.

Je t'aime
Et tu sais
Je crois que je vais mourir
Pas tout de suite
Pas demain
Juste bientôt

Je vais me jeter sous les rails
Parce que je n'en peux plus
Que d'entendre l'existence
Qui a un bruit de machine
DE wagon, de mécanique
De rouages, de prison
Ma vie est monotone
Comme le chant du métro
Qui la broiera.

Ca fera, crac, et ça ne se giclera pas.
Mon sang est sec.

Je vais mourir.
Je vais dire une date
C'était quand ?
En mai
Le 17
Pour qu'il n'y ait plus jamais
De printemps.
De fleurs
De lilas
D'amour
Qu'il n'y ait
Que des automnes
Des journées grises
Et des pas dessus
Qui les feront craquer
Ces journées là
Seront des feuilles mortes

Pas de fleurs, pas de pleurs, pitié, juste des feuilles mortes en bouquets, en couleur, des feuilles jaunes et veinées.

Je m'en vais pour toujours.

19 mars 2010

Turgescent

Allez quoi.
Rester le même, c'était partir la nuit, parce que j'avais trop mal à l'être, que de m'abandonner les reins sur des reins ennemis. Allez quoi.
J'ai la peau tellement épaisse, qu'aucune basse ne la sature.
Allez.
Quoi.
(Je ne pars plus la nuit en abandonnant les filles -comme toi- dans une chambre inconnue. Maintenant je suis le dernier à claquer la porte en claquant des doigts. C'est moi qui ferme les volets, qui rabats les draps sur les bouteilles vidées, j'éteins la télévision  quand je sors, pour éviter qu'on se réveille couvert d'images, qu'une autre que toi voit un plafond bercé de couleurs alors que l'amour sera parti visiter d'autres peaux, d'autres cuisses. D'autres fureurs.)

Celui qui fait la musique du jour.
Le frottis de l'aube.
Sur les replis des jupes
Du ciel.
C'est moi.
Moi.
La tulle transparente.
Où passe
La lumière
(de la lune)
Au milieu des volets
De dentelle.
Entre les restes
De nuit.
(blessée)
Dans les creux.
Des stores
De Venise
(attelle)

Alors.
J'enfante le jour
Entre mes doigts
De soie.

(Je n'ai pas changé,
Mais j'ai vieilli.
J'étais la nuit.
Qui est devenue le jour.
La nuit.
Qui redeviendra la nuit.)

Maintenant, je ne cherche plus la violence dans les nombrils bleus des filles.
Je l'ai. En moi. Fragile violence, que je couvre, mes bras sont les langes, le roulis protecteur qui berce mes dangers.

Je suis la marée, maintenant, la marée qui noit.
Et étouffe.
Et remplit.
Le poumon
Percé.

Maintenant, je ne pars plus, la nuit en faisant pleurer les clés et les filles. Je reste, et c'est moi qui pleure.
Avant.
Quand mon être s'écarquillait de douleur. Démesurément. Je partais.
Je rentrais.

Devant le miroir, je me branlais en abandonnant le corps étranger, le corps souillé que je pouvais souiller.

Je préférais ma bite.
Aux étroitesse féminines.
L'eau.
Qui coule.
Serpente.
Avale.
Ravale.
L'eau.
Qui Bégaie dans le noir.
L'eau qui vous parfume les doigts.
L'eau. Qui vous purifie l'envie.
Et putréfiée.
L'eau. Qui vous engloutit.
Avec sa couleur.
D'alcool.
Vierge.
Ses vagues
Amples.
La mer
Porte des bas.
Des robes
Et se maquille
Quand elle heurte
La poupe ; la quille.
La mer s'habille.
en rouge-marin.


Maintenant que je reste c'est moi qu'on déshabille, on m'enfonce les doigts dans la bouche.

C'est toujours une question de membres à dénombrer, de nombres à dénombrer.
C'est toujours une question.
Qu'on allonge.
Comme une fille.
Qui s'allonge
Comme un sexe.

Je suis.

Je suis.

Je suis turgescent.

15 mars 2010

Moi et mon double.

Je crois que je suis multiple, ma peau est le verre du miroir qui se réfléchit elle-même, et qui se réfléchissant se dévore. Toute ma vie n'a été que résister. Résister à mes haines, à mes désirs, résister à l'obscène qui se mêle en moi, au bruit lourd de l'envie qui a asphyxié toute morale. Je serai le crime. J'en ai déjà la laideur. Vous savez. Le crime, c'est ce qu'on appelle "charme", c'est à dire l'horreur séduisante, de laquelle on ne détourne pas la tête. Il n'y a pas d'yeux plus tendres que ceux de la victime. Parce qu'elle est séduite.

J'ai abdiqué. J'ai abdiqué dix fois. J'ai vendu mes poils, mes fiertés, j'ai vendu tout ce que j'étais, pour caresser les boucles et les ventres des filles et des hommes sans regrets. Pour mélanger le parfum toux au parfum tiède ; le musc et la rosée. Je me suis fait enculer et j'ai aimé ça ; j'encule et j'aime ça. Je suce, et de sentir tressaillir un corps mâle, de voir ces cuisses douloureuses qui se tordent, d'écouter ce souffle qui du chuchotis du désir devient la tempête de la jouissance, je bande. J'avale. Parce que ça ravit les muscles puissants qui me surplombent. Qui sont des appels aux caresses. J'y perds la langue et la mémoire.
Dans les renfoncements de la nuit -à l'arrière des voitures d'occasion- je pose mes mains sur les hanches de Clément un jour, de Clémence un autre, j'y pose les mains. Je sens dans la sueur qui roule sur son dos, qui passe sur la colonne comme la sève d'un arbre qu'on éventre, de la peur. Alors, je mets du délire dans ma voix, je mets du fracas dans mes gestes pour bander plus fort. Parfois Clément pleure, parfois Clémence rit. Je m'enfonce. Dans la nuit des corps, dans l'agonie de nous.

Je lèche la chatte de Clémence. Mon alcool transparent des peaux douces.

Clément, c'est mon amant, il fait du dessin, il croque les hommes. Clément m'en veut de ne pas jouir quand il me caresse le sexe. Il m'en veut, quand dans l'ascenseur qui me mène chez lui, j'ôte sa main qui me déboutonne la faim. Avec défi il me dit "tu préfères que ce soit une fille qui te suce". Parce que je l'en empêche toujours.
Il ignore encore que ma bite n'est faite dans un métal si violent, si douloureux, qu'elle ne sait que pourfendre.

Aux gobelins, pour emmerder les cons, pour devenir l'oeuvre d'art que le crime m'autorise à être, je lui tiens la main. Vulgairement. Je lui tiens la main, comme pour dire aux passants, qu'il vient de me baiser dans les halls de leurs immeubles, dans les rues où passent leurs gosses, pour dire que tous ces endroits, tous ces murs sont pavés de nous, de nos désirs coupables, de nos vices réprouvés.

Je ne suis qu'une provocation. Qu'une insulte. Deux syllabes pas articulées. "Pédé". Je vois les bouches qui en prennent la forme. Et je viens dire aux vieux -parce que ce sont les seuls que ma lâcheté me permet de railler- s'il veut lui aussi goûter mon sexe.

Je n'attends jamais la réponse.

Je ne suis plus jamais amoureux, depuis que je suis tombé dans les abîmes du désir, depuis que je me suis abandonné.

"Tu crois que je pourris quelque part ?"

Clémence me répond que je suis une algue. "Une algue ça ne pourrit pas, ça s'attache, ça survient, ça s'enroule autour des jambes".

Et on s'en débarrasse, écoeuré.

Est-ce que je la baise, Clémence ? Est ce que quand j'ouvre la porte de sa chambre, c'est pour la baiser. Quand elle se tient cambrée contre le mur de sa colloc -encore une provocation- je la baise ?
Ou lui fais-je l'amour. Je veux faire sourdre de mes mains des fleurs, de n'être plus que le parfum qui l'enserre, et lui donne la joie. Joie violente, joie superbe. Celle qui apaise les envies qu'on partage.

Nous ne sommes que du tombeau.

Quand on se retrouve tous les trois chez Bert's on boit de la limonade de sapin "en en attendant le bois".

Mardi. On sort à quinze. A la belette qui tête. J'en bande déjà. J'en bande à l'idée de leurs larmes, j'en bande à l'idée de mes peurs.

Je n'ai jamais bandé si fort qu'alors qu'on pleurait dans mes bras.
Marianne, Emilie, Marie, Hannah, Sarah, Sonia, Hélène, Wendy, Sophie, Marion G., Francesca, Marion W, Clémence, Clément, Paul-Henri, Margo...
Vous vous en souvenez. Ma bite est pleine de larmes.

Mardi.
Je montrerai mon tatouage aux juifs errants. Je montrerai mon tatouage. Et je serai heureux.


Vivement la fin.

20 juillet 2018

Brèves de table basse - la toux

Il se trouve qu'actuellement je tousse beaucoup. Aux alentours de trente degrés à l'ombre mon organisme réagit comme s'il en faisait trente de moins. Je crache beaucoup, mes glaires m'impressionnent parfois, visqueuses, épaisses, denses et jaunes. Lorsque je les expulse d'un râle la trajectoire, flottante, me fascine.
Il se trouve qu'actuellement je tousse beaucoup, ma gorge est irritée et j'en suis très las. La nuit m'est pénible et le sommeil en devient rare. A sa rareté je suis déjà accoutumé mais tout de même de le voir hanté par autre chose que l'excitation nerveuse ou la peur du noir ou les angoisses. De le voir tout gâché de cette toux infecte.

Actuellement, parce qu'il est deux heures du matin et que l'ennui me gagne - mais la fatigue non mon corps s'étant comme résigné à ne pas pouvoir dormir - je me dis que peut-être je vais mourir ; la pensée m'amuse qu'un médecin, demain, m'annonce ça : "vous allez mourir".
Ce diagnostic - aucune maladie identifiée - agit comme une rationalisation - un remède - à mon état. Actuellement je tousse beaucoup et j'attends de mourir.
Comme beaucoup et peut-être tous je regarde avec un certain amusement le sang de mes excrétions et je me raconte la fable de la tuberculose. Et cette fable qu'on a connu par les livres et les films où toujours dans un train un dîner une chambre toujours cette fable où la toux tâche un mouchoir blanc de sang.
L'imaginaire, à force de connaissance, se développe et l'imagination toujours se conjuguant au passé me propose le sanatorium qui a passé de mode. Mon père, plus jeune, y fut hospitalisé. Mon père qui plus jeune passa par à peu près tous les périples d'être et qui parvint, tout de même, à être à vivre et à proposer au monde, avec l'apport non négligeable de ma mère, quatre enfants.
Bientôt, à cause de ma toux hors-sujet il n'en restera que trois. C'est le médecin, demain, qui le dit.

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