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28 mai 2014

Mais jamais

 

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Ah une amoureuse de l'ignition
c'est très bien, il y a au rebord des falaises de grands feux douloureux
où l'on peut crier vivre de toute sa gorge
et le ravage des mains et les ongles dépeints
la promesse trahie en franchissant les lèvres
le baiser truqué qu'on donne à cinq heures du matin
les bas filés, la jupe ouverte
par le septième verre de vodka arrangée
bu en en perdant le compte

Le ventre défait dans l'aube pluvieuse
les mains blessées contre les grands corps rêches
La cendre de la nuit essuyée contre le hasard
D'une rue pour la première fois traversée
toute sa mémoire déposée au fond
D'une bouteille de vin
- les tanins -

T'appelles-tu encore aux premières heures du jour
Tu t'appelles, froissements, sommeil, silence,
Tu t'appelles à jamais
"Oh, Ah, iH" s'il nous reste la moindre force
Tu t'appelles eau tiède sur le carrelage des salles de bain
Bruit dur des talons sur le sol
Claquement de porte

Parfois,
Café amer
Miettes
06 etc

Mais jamais

Battements de coeur
Crises d'angoisse
Impatience muette
Jamais
Amour

 

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19 novembre 2009

De Anne à Wendy.

Annette

...

Wendy a les yeux bleus qui lui meurent lentement sur la poitrine. Quand elle marche là dehors, elle voudrait sous ses pas entendre les les vivats des fantômes. Je pense à elle, parce que j'ai une date qui me surgit du dedans. 31 décembre 2008. C'est la fête, et tout Paris qui brûle de couleurs, des lacets de lumière qui s'échouent sur la grève des cités bariolées. Quand on me frôlait, l'oeil jaloux, on me murmurait les obscénités que j'allais reproduire sans rougir, sans haïr. Je peindrai la nuit avec du noir, et ça lui sort des yeux qui sont toujours mouillants. Et c'est pourquoi ils sont bleus, tes yeux, qu'ils font penser à du verre qui ne réfléchit rien, comme un vitrail d'une Eglise sans sauveur. Tu es venue c'était neuf heures, la nuit trébuchante qui enroulait de ses ombres tout Paris, et la nuit est un corset qui serre Paris, entière. Un russe, ou un autre qui venait de son pays à genoux, là-bas de l'autre côté du froid et de l'Histoire, t'a tiré les dreads et elle a eu ce mot "je suis content d'être avec toi, parce que mon ex se serait battu ici" et tu n'as pas vu que la couardise était le pourpoint de l'indifférence. On s'est assis, au milieu de la fête, et de la musique, c'est Paris la nuit qui danse d'or, et de notes souterraines, et quand le tambour hurlait, que la guitare séchait, certains ont chargé. D'autres temps, ils avaient dans le corps tant de rages frustrées qui leur tourbillonnaient à l'intérieur, qu'ils sont venus. Et j'ai eu peur. Peur moins pour tes dents que pour mon ipod. Après tout, honorer la guerre, les batailles, sur le champ de Mars tout dédié aux victoires, aux morts échoués, quoi de plus fou ? Je me souviens, du rer C, de la défense, et du transilien, de la marche puteaux à ma chambrne. La clé qui tourne. Les draps tachés. Kagemusha. Les draps suants. "Tu m'as tué chérie". Et je ne l'aimais déjà plus. Je t'aime un peu je crois, comme mon enfant avorté, comme ce foetus qui quelque part finit de pourrir, lentement, tout couvé de froid et de mains savantes. Je pense à ça, parce que ma mémoire me le permet. Parce que j'aime une enfant, qui s'appelle Anne, et qui m'aime un peu en retour, et qu'elle a des yeux bleus immenses, qui me rappellent la tristesse des tiens. C'est ma Lolita, lèvres blêmes, qui saigne dans ma mémoire. Et les peaux stériles, les ventres affreux réclament des enfants à blasphèmes. Sur ses lèvres on peut faire tonner la foudre, qu'elles restent toujours blanches, qu'aucune obscurité ne peut les délier de cette pâleur cristalline. Dessus, sur ce fil sec qui entrouvre, et divise, rompt et abîme, comme une frontière de fusain sa bouche, je vois s'étirer les formes, les silhouettes, le passé, un peu, elle s'appelle Anne, et je l'aime et l'embrasse en silence, parce que c'est un peu de te réparer toi quand tu étais une poupée de cris, de rages et de larmes. Alors déli catement, je longe sa peau de ma salive, pour recoller tous les bouts d'elle, pour que son corps fasse jaillir sa flamme intérieure, ce bruit sec, de deux pierres qui s'heurtent, et c'est ce que je fais. Alors, mon souffle expire ma langue, et ma langue expire l'extase, je sens ses deux mains qui me tiennent la nuque, fermes, et la température de ses cuisses. C'est Lolita et il n'y a pas de gomme qui lui claque entre les dents, et me fout le frisson au ventre. Non. C'est le bruit du préservatif, qui craque, quand elle me réclame du vice, dans ces longs chemins qui mènent dans le noir, dans les halls d'immeuble, qui sont les caractères de la mémoire, et nous réfléchissent les formes, et les os. Alors je pense à Wendy, pas longtemps, seulement pour me mortifier les quelques secondes durant lesquelles mon sexe fait gicler sa tiédeur sur son ventre. Après j'oublie, et même si elle est phare de digérer l'or de moi, la sueur de moi, qu'elle la déglutit entière, j'oublie quand même. Je sens des voyages me parcourir, des bruits de pistolet, du chien qui tape le froid métal, et qui revient en place, à peine défiguré de son meurtre. Et c'est de l'électronique musique, alors je tire dans la foule, et elle danse. Ce n'est pas un général le DJ, juste un assassin. Alors Bang, Bang, Boum, Boum, on peut faire varier la bouche d'un flingue, ses sonorités, ça peut même piailler avec un peu d'audace.. Je l'ai prévenue Anne. Je préviens toujours. Je sens remuer en moi des vipères bruyantes, et si je m'en vais dans un long manteau de poussière, pense aux fronts qui perlent de batailles, à ces périmètres dessinés à la craie qu'on nomme pays, à tous ces crânes qui perlent de blessures à lécher. Mes mains sont fardées de sang. Alors je pense à toi Wendy, parce qu'il y a un peu du tien dessus. Je pense à Anne. Tu remarques comme c'est ironique. de Anne à Wendy il y a tout un océan de lettres. C'est simplement ça notre pays de neige. Regarde les traces qui s'y abandonnent. Le banc gelé et les sémaphores sevrées de sève électrique.

16 septembre 2009

Le club des cinq

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Pourquoi ne pas se pendre quand on est vidé de violence, de puissance, de tout l'Univers qui craque ses articulations entre chacune de vos dents ? J'en reçois dans mon théâtre, moi, des petits acteurs qui s'époumonent sans souffle sur la saynète de leurs os, oh les petits rodomonts qui déclament des lignes, des pages, de l'encre. "Je récite". C'est de la poésie primitive, c'est Lascaux en vers, du Jean De La Fontaine mis en glaires. Merci pour eux. Il y a une femme dans ma vie, qui a une initiale reine, qui arrive comme ça, qui a déposé sur ma bouche ses habits, pour qu'ils y fondent, pour que sa nudité me fasse le corps et le gland incarnat -il faut le décontracter, je n'oublie pas- elle a deux empires qui se dressent à la place des yeux, deux empires de beauté conquise, de plaisirs obscurs, et d'une légèreté qui me rend balourd. Elle est si légère, si fine, que j'imagine que même mes muscles ficelles peuvent la faire tournoyer, que sans le verbe, juste avec mes forces, juste avec ma vigueur d'enragé écumant, je peux la faire s'étourdir contre les étoiles. Ouais, c'est comme ça, pile ici, de la douceur sans mièvrerie, c'est étonnant une ivresse sans liqueur visqueuse, sans mesquineries ni ennui. J'aime. Avec mon corps de Midas aux mains de feu.
Chez les autres. Dans vous foules identiques, visages trop visibles j'ai des interrogations. Des petites questions entre grincheux qui m'incubent dans la tête. C'est un bacille solitaire. Une peste bleue. Ah ! Imbéciles. Pourquoi vivez-vous ? Offrez donc à vos corps une sublime jouissance, femme, donnez à vôtre être pâlissant de l'extase à faire pâlir le plus acharné des amants. Sautez du haut d'un pont. Puisque toute votre existence n'est qu'un prétexte à l'orgasme, une volonté toute nette de baisouiller dans des coins. Vous êtes une souffrance triste, une douleur froissée. Une insulte.
Tes clous, toi, médiocre, c'est où que tu te les enfonces, dans quelle chair ? Quand t'es femme c'est à l'entrejambe, de sentir du rigide dangereux qui te saigne dans la peau. Oh, Oh, arrache toi donc des sanglots de plaisir, gémis contre toi-même.
Tout est bas. C'est Bourgeois. Pas de tragique dans vos vies ; du burlesque. Je me dis, quand même chéris et chéries qu'il vous faut du violent, des trucs qui vous renversent le dedans, qui font s'inverser les ventricules, à droite tu pompes, à gauche tu envoies. C'est une métaphore de la sexualité, le coeur. Scindé en deux "foudroyés à la naissance" murmure Platon.  Allez, pour la violoene, les macs font bien ça. Vous pourriez avoir facile, l'excuse à la déchéance, le corps sur le trottoir. Ca permet même un style de vie. Pas très bobo, mais on peut rouler dans des berlines et se faire mettre dans une camionnette. j'ai décidé de décevoir aujourd'hui, de faire gicler de l'exclamation, de passer du verbe tendre, mou, au membre dur de l'archer. Je fais du violon et je joue des mots, haha.
C'est qu'il y a trop de fantômes dans ma nuit, trop qui exigent que je sacrifie des lignes, que j'aligne des pantins aux lignes, que je les attache à la marge une couronne d'explosifs pour le crâne. Et que ça saute ! Qu'on fasse une farandole des chairs répandues, des corps agonisants, des imagines pitoyables que je sue. Mon écriture est sudation, je suis les éléments, le feu et puis le lacet de foudre qui vient vous étrangler au sommeil, la secte qui brûle vos frères et la religion qui enterre vos parents. Droit dans mes bottes de S.S, c'est direct pour M.. Pardon pour l'obsession, c'est la frénésie des yeux bleus les volutes de votre brume. Vous avez vu ? Tu as vu foule, que dans mon moi, il y a de l'autre initiale, je dis Je, à travers un prénom aux yeux clairs -pas pâle, jamais pâle ils sont trop faits de vigueurs, de mers auxquelles j'éjacule le feu, hé-. Narcisse défiguré (il faut que mes petites lectrices amatrices de bons mots puissent aussi se toucher Monsieur Phillippe, Mademoiselle la Belle, et puis pour Tristan aussi, et Frida qu'est plus trop Margot, tous ceux qui valent quelque chose en somme. Vous êtes quatre. Je peux pas être bâtard pour faire de la littérature de jeunesse, mais chacal je peux essayer, on fera un club de cinq) c'est moi, moi qui me cherche dans les cicatrices, dans toutes les cicatrices imbéciles qui couvrent l'Univers. Je suis l'Univers. Vous savez Philippe (je fais dans le demi-tutoiement par le prénom) j'ai besoin que vous rasiez mon style, que votre lumière (nous sommes amateurs du même vers d'Hugo) pèle ma flamme. Voilà c'est dit. Je vous dédie ceci -je paye mes lecteurs, c'est un modèle économique à étudier pour les majors productrices de moindres- "

Ma vie est un torrent merveilleux, j'ai mille bras, parce que je suis l'Océan et ses affluents". Giflez moi, mouchez moi. Je m'en branle, vous voyez bien, je mets du foutre partout. Pardon pour la déception, pour le talent autodestructeur, pour l'espoir un peu idiot qui râle. Je vous estime, et pourtant il faut oser décevoir pour grandir. Arrosez moi. Vous ne crachez pas vous, c'est moi qui fait ça, quand je ne bave plus, quand j'ai acquis la technique pour transmuter ma bave en crachat. Et ceci je vous le dois à vous et Genet. Genet a son nom au Panthéon, il y pousse et s'y élève sans cesse. Cent de ses soeurs désorganisées, brouillonnes, sur lesquelles on ne marche pas.
Je m'en tape des petites médiocrités qui encombrent le présent. Des bouffons ordonnés qui s'agitent et rêvent en uniforme d'originalité. Qu'ils s'enculent entre petits seigneurs de la veulerie ordinaire. Priez pour la sève du poète. Je cause aux contradictions, je parle au mensonge derrière les yeux qui collent d'ennui. On ne guérit pas de la médiocrité.Au mieux on oublie par rasades de vodka, par rail de C. à la colle ou au white spirit. Déchéance, tout est déchéance.
Qui avale la couleur des yeux gris, livides de la foule ? De ce visage unique, reproduit en série, elle est où la manufacture de l'original, du style et de l'identité. J'ai tout un convoi de dynamite à lui adresser très cordialement. Du feu à vos cendres. Je suis de la race des enragés, alors petite fille je ne supporte pas, je ne supporterai plus jamais  l'eau croupie de quand tu mouilles -depuis que j'ai la Mer. Il n'y a que dans les yeux, dans les mains qui déshabillent ma pudeur, qui enroulent la tendresse maternelle autour de mon excès, que j'écoute, il n'y a que là, quand ma flamme déroulée, un peu hirsute, ne trouve rien à brûler que douceur que je retombe. Un pâmé en terre brûlée.
Y a que toi dans mon noir, toutes les lumières -pas les blafardes, pas les lampes torches que sont les croyances des groins- ont ta peau. Je les lèche, toutes. C'est un acompte sur le plaisir.
Toi foule, toi individu, est ce que tu veux demain que je t'étrangle avec ma chaîne de vélo ? Que je t'enfonce ma plume trempée dans mon sang au profond de l'artère. Te contaminer du même délire que moi.
J'en ai entendu cents infatués, des maitres suffisants me clamer "je m'épanouis dans le chaos" et ils n'en savent rien du chaos. Le chaos c'est une galaxie qui vous fond sous la langue comme une goutte de cyanure, le chaos, c'est de vomir son acide sur la feuille et d'en voir sortir une eau-forte. Le chaos c'est une lutte, une perpétuelle, ce sont des flétrissures qu'on ne compte pas et qui vous fleurissent aux entrailles, ça vous transforme en champ de mines, en tic-tac affamé de secondes, le chaos ça vous fait de la course et pas trop de virgules -ni ponctuation- dans les mots.C'est du Proust sans Proust, le chaos. Eux, les très fiers, les complétement satisfaits s'amusent sur des décombres qu'ils appellent chaos. Compléments au néant, mariés au vide, quel joli couple. Mignon entre voir dans mon nombril voir si le noir a germé. Dans ma tête c'est la guerre, en attendant l'armistice je participe. J'enrôle. Je meurs. Je bombarde. Salut Dresde, salut Verdun, c'est combien de trous, de bombardiers, d'obus, d'acier déchainé encore. Je m'ennuie. Dans l'excès même il y a de la monotonie.  Je vous proposerai bien une cicatrice mais sur vos corps vierges où vous dessinez des traces au stylo, des petites blessures, des imperceptibles mouvements de douleurs. Vous sauriez où accrocher une si belle balafre ?  Mauve en plus ! En mon royaume c'est une décoration militaire, c'est ma croix de feu, j'ai toujours été un peu fasciste. Et une cerne, une cerne vous en voulez ? J'en ai accumulé dans mes nuits terribles, dans ma lutte avec elle, la nuit, et son corps osseux.

Encore toujours, quelques bouffons, une Cour, je ne parle pas de moi, je parle de toi foule, foule avec tes yeux indifférents. Grise, tu es le ciel de Paris. T'as des rides plein l'intelligence. T'as toujours été vieille, tu es née vieille. Fritzgerald n'a rien inventé, il a recopié la foule qui ne rajeunit pas. Fontaine des flétrissures, et avale ses tanins, et avale ta piquette et dis moi que c'est du cheval-blanc. petits vins pour petits humains.

Vous savez, moi quand je passe devant un miroir, je vomis, c'est pour l'hygiène, devant ma gueule. Et eux je sais très bien le rituel, quand ils n'arrivent pas à sauter par dessus le reflet couvert de sale, et bien, eux ils pâlissent. Ils rougiraient bien, mais ils n'ont pas de couleur. Ce sont des individus délavés qui ne savent que disparaître un peu plus, un peu mieux. Ca ils ont appris à se dissoudre -ils sont diplômés-, à se cacher -non derrière les mots, les leurs sont faméliques, efflanqués, c'est la Somalie dans le lexique- sous l'apparence. A force de leur vomir dessus on finira bien par les faire transparents.

Ma peau ne cherche plus les coups, mais ta bouche, et je m'en veux de la glisser là, de la faire reine de ce tas de cendres, de ces cadavres desquels je prends les dents en or pour lui forger un bijou, un trésor. Pardon à tes charmes, d'avoir besoin de concentrer la bêtise en cent lignes, de faire tourner la folie et toutes ses balles, toutes les munitions des sens pour t'apprêter. Ce soir on sort boire un peu d'infini, sortons nus.. Ca nous coule des bouches. Elle a pas encore dit oui la belle, et j'ai les doigts gourds mais sournois. Je suis traitre et elle préférera mes mains caressant ses vices qu'étranglant ses vertus.

Aux imbéciles, désolé pour la guillotine, les têtes à claque je les décapite.

27 juillet 2009

Je suis la rage non pasteurisée

Dr Göring et Mr Hyde

myself

21 ans, toutes mes dents cariées de rage.




Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu,en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

17 juin 2009

Dr Göring et Mr Hyde.

myself

21 ans, toutes mes dents cariées.




Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu,en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

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16 juin 2009

Dr Göring et Mr Hyde.

myself

21 ans, toutes mes dents cariées.




Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu,en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

1 juin 2009

Dr Göring et Mr Hyde.

myself
21 ans. Toutes mes dents cariés de rage.

Introduction :
Mercure qualifie une fille qui pleure toujours, qui est toujours liquide.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans. Je n'ai plus envie, de rien, de gravir de métaphoriques montagnes. Je suis ravagé dedans, plein de dégoût qui me sature les veines et les artères. Il n'y a rien d'autre que vertige écœuré dans ma tête, mes bras, mes jambes, ma bite, mes doigts, mes yeux. Je ne veux plus rien. J'erre. Tout est médiocre. Tout est à détruire, à rapiécer, à ravaler, à piétiner. Il n'y a pas suffisamment de qualificatifs. Je garde comme dans le maquis que serait le crâne, des fulgurances. Comme des flèches, ou des pierres à tirer sur les chars. Je m'appelle, Ahmed, Mahmoud, et je lutte contre les blindés de David. David devenu Goliath. Goliath devenu Margareth. Je ne crois rien ni personne. Je sème des pièges et des perches pour les sots. Les gens sont des faons, et je ne suis pas un de ces idiots braconniers à mourir captif de son piège à ours. Je m'en fous. Je suis suspendu à mon arbre, moi, et j'attends la foudre. Quand je t'ai appelée mercure parce que toi toujours liquide, j'ai tutoyé le génie de l'arbalète. C'était un carreau précisément fiché dans le crâne. Mercure, c'est le métal qui pour métal qu'il est, se liquéfie au contact de l'air. Toi, mercure sans poison. Toi, mercure sans tellurisme. Toi, mercure sans pétase ni caducée. Toi mercure sans majuscule. Tu vois, je t'écris à toi, comme je pourrais renverser des siècles dans un puits tari. Tu es sèche et liquide. Oxymoron, sans style. Je suis atteint dans l'envie, et dire "atteint" c'est d'un optimisme sans faille, mon envie est une dépouille éthérée et cramée par la nuit. Je ne veux plus de rien. Je marche sur la corde des pendus, je l'ai déjà dit. Maintenant j'y titube avec assurance. Je suis soûl, moi, de certitudes variables, d'intensité troublée. Je me suis découvert mortel, poison, dangereux, ombrageux dans l'ordre agencé des épithètes selon l'architecture savamment organisé par le nombre d'or. Je veux, dire "mathématique anachronique", dire "Merdre !" m'exclamant d'épenthèse. Tu vois. Je suis sevré. J'ai la chance d'avoir pu l'être sevré, privé, vidé, épuisé. C'est à dire qu'un jour, de ces jadis que l'on accole aux tristes destinées, j'eus le corps neuf, méandre, troublé de substances, de sang, de vie, de couleur. J'eus du noir qui ne se limitât pas à tout griser. Ma palette contint à l'heure où elle barbouillait l'Univers les menstruations de mes petites proies idiotes, du rouge et du bleu, du vert et du blanc. Je possédai l'avantage de dicter au monde la frontière de ses cités, les amours ontologiques qui créèrent par la seule pensée des mondes démiurgiques et antagonistes, des dieux qui méprisés firent de la Terre un royaume et d'un soi balayé par l'amour de Dieu, un empire céleste. Je connus des voyages qui me transportèrent, jusqu'aux arches du monde, jusqu'à l'haleine de l'Univers vacillant. Tu l'as connu toi ? Avec tes aigreurs d'oublieuse ? Non. Assurément.

Mes journées pour désorganisées n'en furent pas moins versées dans l'infinie variation, de mon vivant j'eus le privilège d'être une symphonie à mille temps. C'est autre chose que du bruit mis en boite, fractionné et répandu uniformément, selon le code binaire, ternaire, nique sa mère, sur la route. Moi, vois-tu, de quand la musique faisait encore corps avec ma main, je volais, dansais, sautais sans répit, loin des autoroutes goudronnées d'habitude. Il ne faut pas manquer d'observer que les enceintes ne sont jamais que des bétonneuses qui étalent leur substance visqueuse et malodorante sur les routes droites et lisses de l'existence. Direction ? Sortie ? Jamais ! C'est un périphérique, qui tourne, tourne pour l'illusion du vertige, du mal de mer. On ne voyage pas. Le Bateau Ivre est Vingt Mille Lieux Sous Les Mers.

Je suis atteint dans ce qu'il y a de pire, l'envie. Je suis rongé, broyé, dedans et il ne me reste rien que de colère et écume. Une rage qu'aucun Pasteur ne saurait guérir de son hygiénisme répugnant. Que l'on approche de ma bouche, avec une précaution infinie, des mains thaumaturges pour que l'on sache, que je ne rigole pas moi. Je n'ai pas de glaive mais des dents, des ongles et une colère aveugle et sourde. Une colère fâchée d'être ainsi handicapée, privée de sens cognitif, du contact de l'autre, elle n'en étend que plus loin, que plus fort, ses tentacules monstrueuses.. J'ai le coeur plein, la poitrine pleine de liquide séminal, et j'éjacule moi, de mépris et d'hétérolyse. Il faut faire "BOUM". Que ce soit retentissant ET resplendissant. Hier, ils en gravèrent des six dans leurs rages et affirmant sûrement que s'ils dussent mourir ce soit la mémoire cornue.

Je suis châtré, chérie, il ne me reste rien que la haine, une haine sans raisons, une haine contre le fait même d'haïr et d'exister, d'être là tous, à transbahuter des oeufs, résumant l'action humaine, d'une boite à une autre. Je suis décapité d'envie, j'aurais beau avaler toutes les lignes que tu veux, mélodiques et sonores, blanches et poudreuses, neigeuses et séchées, craquelées, dessiner sur le sol des déserts fiers d'oasis, rien n'y changera. Je suis vidé d'envie, je n'ai plus cette substance qui me fait plisser les mots comme les yeux, qui me fait pisser le verbe comme une femme fontaine. Je n'ai que des haches à offrir, que des chaînes à nouer, que des bûchers à dresser. Je déborde d'une soif, d'une ambition proche de celle de tuer. Et pour la première fois je le clame du haut de la nuit, sur le sommet de sa crinière troublante, juste avant qu'elle ne s'éteigne la nuit pour faire allégeance au jour. Je te le clame à toi s'il te reste un peu de nuit dans le ventre, je veux faire mal. J'ai une carrière qui a écartée brutalement ses cuisses pour que je puisse y enfoncer l'ambition. Avocat d'affaires, ça sonne comme fils de pute mais en mieux. Mais ça ne s'est pas achevé là, puisque je suis grave maintenant, comme un accent, comme un octave, un Octave, un romain princeps, je suis juriste après tout il fait bien citer du latinisant. Alors. Et. Ce n'est pas fini, maintenant. J'ai tressé sur le crâne chauve de la légereté une couronne d'épines et j'ai suspendu son corps débile à une croix de songe. C'est ça. La Rome. Qui sot juriste n'y ferait pas allusion ? à sa décadence bruyante à son capitole qui vit les oies alerter les sénateurs. Je te le dis en vérité, je suis splendide d'écume, de rage, ça me surmonte le corps d'une armure d'écailles et de couleurs. J'ai un habit, moi aussi, pour faire la fête et la guerre. C'est le même tu sais, il est réversible. Côté face voyant, la fête, il attire le peu de lumière qu'il laisse quand on danse, côté pile, il est caméléon et la rejette. Je suis l'équilibre de l'Univers, moi. J'ai les deux réversibles mais mes griffes ne sont pas rétractables, elles tuent. Point. Point. Point.

Je suis une bête qui meurt, De profundis clamavi ad te, Domine. Je suis une bête qui hurle, qui varie l'écrit et l'oral, le raffiné et le sucé dans une camionnette. Bien comprendre que je parle d'une pute qui me sucerait de sa bouche édentée à l'arrière de sa camionnette du bois de Vincennes, ce n'est pas du verbeux, du poétisant. Je suis entre les deux raffiné et sucé, je m'appelle François-Damiens, bonjourS, je suis écartelé. On écrira sur ma face, sur mes jointures fendues qui reçurent comme une libation du plomb fondu. Pas du mercure. Du plomb fondu extrait des mines de minerai de fer qui m'éjaculèrent depuis l'Histoire l'asservissement des mineurs polonais à venir, la chaleur intérieure de la Terre qui se blottit contre mes adducteurs pour le grand plaisir de la foule voyeuse mais évanouie de Paris. Je suis un coup de grisou.

Oh, chérie, ce qu'il y a à dire, les chapitres à clore, les mots à façonner m'ennuient. Je ne suis pas un orfèvre, je suis un requin c'est ainsi que l'on qualifie les avocats d'affaire "Shark". Je ne relis pas, pas d'une ligne, je suis un souffle, une morsure. Je suis un avocat d'affaires en devenir, appelle moi morsure si tu veux que je te mange ton corps plat et ses platitudes. Je croque, je dévore et je ne veux plus rien que tuer. "Le sujet présente les caractéristiques classiques du sociopathe. Oscillant entre une peur phobique de disparaître et une envie frénétique de tuer pour se prouver qu'il existe". Fin de l'enregistrement dit le psychiatre. Est-ce que je me défendrai moi-même, quand j'aurais noirci mes mains de l'encre des autres ? Tu sais comment l'on dit d'une météorite qui se désagrège en pénétrant l'atmosphère ? On dit qu'elle s'est sublimée. Ce n'est pas magnifique, ça, d'imaginer le courant de l'air et sa vitesse qui luttent, qui luttent pour la sublimer. On croirait pas comme ça. Mais le Big Bang c'est de la poésie ratée. C'est un météore qui ne sut pas être sublime, alors pour se venger il éradiqua les dinosaures. Tu te rends compte ? Tous les drames sont des artistes ratés. Hitler. Peintre manqué. Goebbels ? Poète à la petite semaine. Finalement peut-etre devrait on te surveiller de plus près. Des fois que tu te réveillerais des instincts génocidaires. Quoi que. Quoi que. Maintenant que nous statistifions l'humanité pour la satisfaire, que nous la statistifions donc, comme on la recouvre d'une bâche hygiénique, qu'on la comptabilise, qu'on l'organise pour répondre au plus près du désir artificiellement créé, maintenant que l'on statistifie comme on s'encule dans le noir, tu auras peut-être la chance d'être l'artiste handicapée. J'ai un pote comme ça, qui s'est fait acheter par Pinault sa mongolitude tu sais, parce qu'il s'est échappé d'une Algérie en feu, en vert (et je dois t'expliquer, en vert parce que le Coran est vert). La médiocrité a un royaume, masturbons nous frénétiquement sur la tombe de la défunte putain ART cent millions de fois violés par des bouches profanes et avides. Bataille l'a fait. Il a pris sa main pour l'enrouler autour de sa bite d'écrivain, pour éjaculer sur l'épitaphe de sa mère. C'est là que tu vois combien Vian c'est du convenu, il a craché lui sur les tombes, lui. Alors qu'il faudrait réecrire dessus, à la pisse, à la merde, au sperme, au sang, nos épitaphes. "Ci-gît celui qui solitaire eût de l'esprit comme dix". Et voilà. "BOUM". C'est une déflagration que la vie doit être, pas une déformation, un musée des horreurs où défileraient entre médiocres trois génies au sang bleu. Non, non. Qu'on les crève les chiots en hélium, qu'on les brûle les taxidermistes-artistes, ces hémiplégiques de la création qui ne la voient désormais que borgne. L'ART EST BORGNE CHERIE, T'ENTENDS. Alors moi je suis enragé, avec mes stylos et mes griffes, ma bite disparue. Je crois que dans mon sommeil je me la suis tranchée, tellement ça fait longtemps que j'ai plus bandé pour rien.

Qu'on brûle tout ça, qu'on vive de terres brûlées, de vues de l'esprit, qu'on bouffe de la boue, de l'humain, et là nous créerons, nous serons l'anthropophage artiste. Après tout, tout ce vaut, relativisme, c'est scientifique, Einstein l'a démontré, Lévi-Strauss a confirmé. Tristes Tropiques je te le dis, je suis prophète en mon pays qui commence à mes pieds et finit à mes yeux. Si je te rentre dedans, on prolonge, je t'annexe, je suis juriste, spécialiste en droit international, je peux te rédiger ton armistice, ton renoncement.
Si tu veux, toi, tu peux faire partie de la famille, avec un ciel noir mais étoilé, avec de l'herbe courte mais verte. Tu peux en faire partie, c'est vrai, parce que je t'aime bien, avec tout ce qui te suinte du corps, de médiocre et d'amnésie, de suicide en suspens et de jalousie mal endormie. T'aurais du demander, toi, l'enfant perdue à ce que la gosse se pique à la même aiguille que la princesse au bois dormant, histoire de ne pas trembler comme tu trembles dans ta vie. Parce que tu trembles des orteils, tu as froid au dedans. C'est un périmètre qui ne laisse la place à aucun soleil, à aucune réalité. Je ne sais pas, moi, tu n'es plus jamais en chaleur comme dirait Brecht. Tu ne fais que couler, pleurer, tu as rayé créer au sens originel, au sens des entrailles, au sens divin.
C'est le drame de ta vie, mais tu n'es pas seule, tu es commune à le vivre, clonée, vous êtes vide de spiritualité, de Dieu et de fournaise, de peur véritable. Ils sont où tes soldats fantasmés au visage masques à gaz ? Ils sont où refoulés dans ta mémoire ?
J'ai épuisé un peu de rage, je suis Mr Hyde et Dr Göring.
J'ai faim, soif. Je jette des pavés dans la mare. Sèche. Coup d'épée dans le mercure.
Je crois que j'ai plus de talent que quiconque depuis que mon corps récite comme un psaume le meurtre. Tu te convertis avec moi ? On doublerait le nombre des fidèles d'un claquement de corps. Parce que les corps qui s'entredévorent, claquent toujours les uns contre les autres. C'est chimique, tu crois ?

J'ai vomi tellement de lettres. S'il me faut attendre toujours quatre heures et toi pour révéler ma fièvre, je périrais gercé.

Acta est fabulas.

10 avril 2008

Mélancolie des âmes perdues.

moi

Elle s'est retrouvée en face de moi. Assise comme un regret. "C'est ton regard, ta timidité, tu es mythologique, impénétrable". Je disparais. Je reviens. Je suis le mouvement. L' amoureux. Moi, je me résume à cette conversation avec elle, autour d'un thé. Je me résume à 4 heures de bavardage. Je me résume. Je suis triomphant, à un corps en décalage. Elle me prolonge. Mes gestes sont inquiets. Elle murmure "un jour, ça arrivera, un jour ça viendra". Je cherche un visage trés précis. Comme ces nuits qui pleurent. C'est l'une des dérnières fois que j'écris ici, je pense. La neige s'enterre sous la mer. Je m'en vais la puiser. J'ai le corps qui y glisse. Prenez-moi Monsieur sur votre divan, comme avec une femme secouée. J'ai les jambes écartées entre les yeux. Mon sexe est une cachette. Mon corps, une excuse à l'extravagance. Je suis l'élégance vulgaire, le délicat renard. J'ai des sabots de laine sur la langue, je m'irrite, m'assèche. Parcourez mon paysage, buvez en ma gorge, Monsieur. J'aime "Monsieur". Vous nommez avec ce qui n'existe pas. Vous m'appartenez. Mon homme, Monsieur. De mains en mains, je m'aggripe, m'attache. "Moi, on ne me posséde jamais. Je ne fais que passer." Il faut du talent. De dos en dos, je détache. Je ris en vous consolant. Prenez-moi Madame, comme avec votre fille, dans un berçeau de coton. Dépoussiérez-moi la bouche, étranglez moi de terre, apprenez-moi la vie, ses contours, ses désirs. Prenez-moi Madame, comme vous donniez le sein. Apportez moi vers le corps dur, tremblante, vers vous, le fruit secret et usé. Je suis le village au sillage clos de vos désirs les plus blessés. Je comprends les femmes. Les femmes m'aiment. Je suis asexué. Au grand Galop, M devant moi, frotte les recoins de mon imagination. Il faut me nourrir. Elle me demande "et toi, comment les appellerais-tu ?". Si j'avais un petit garçon. Un petit. Garçon. Victor. Je l'appellerais Victor. Comme j'aimerais me transformer en Victor parfois. Victor, l'effroyable poignée de verre qui briserait les visages des femmes enchantées. Enchanté, je m'appelle Victor. Je vais vous aimer pour mieux vous tuer. Je vous aimerais, parce que vous me plairez trop. Vous viendrez, pressée, vers moi. Je suis Victor, l'insensible. Je suis la guerre, la haine, la paix, l'amour. Je suis le personnage et le roman. Je suis la syntaxe et le style. Le clair obscur. Je suis la honte, l'arbre malade. Je suis l'auteur et le lecteur. L'autel et le sacrifice. L'esprit sain. Et je vous offre un thé Vermeille saveur miel sur la terrasse de votre bouche. Enchanté, je suis Victor. Vous et moi. Je suis vous. Alors, mon petit garçon, je l'appellerais Victor. Et si c'était une petite fille : Jade. Jade, la solitude des pierres précieuses. Jade, la distance. L'élégance de son pouvoir muet. La délicatesse d'un petite corps comme une griffe. Tu vois, M, je suis un peu, ces deux futurs enfants. Je m'appelle Jade et Victor. Je suis eux et moi. Je pourrais être vous. Entre temps, on m'écrit "Je pense à toi, alors voilà, je pense à l'inacessible, c'est humain". Alors je découpe, le milieu de mon corps, ma pudeur, la nappe, les cheveux de M. "Qu'est ce que tu fais ?". J'essaie d'être accessible aux autres que toi, tu sais, je m'ouvre, M. Portes ouvertes.Horaires précises pour jouer le jeu. Je regarde la marche pressée des promeneurs par la vitre, je les envie de me dégouter ainsi. "Toi, tu as le temps" me disait-on toujours . Personne ne sait. Que le temps jouit de moi. Je suis le corps le plus maléable du monde. De la salle. Le plus transparent. Je pourrais ne plus reconnaître mon adresse . Ma famille est un amour excusable. Je voudrais partir, mais pour qui, pour quoi, toi. Maintenant, pour toi. Ici, on me désire, mais je ne veux pas, je ne peux pas, je ne veux que toi. J'essaie d'expliquer à.

Je suis océan, je balaie les doutes, et je vole mon coeur.
Prenez-moi la main et engloutissez, comme des seins frais, des jus d'amour.
Je connais, le gôut de la passion.Le parfum de la passion.
Et tu m'écris "Mais je fais mal pour aimer."

10 mars 2008

S'ouvrir le ventre à la passion.

BOUH !!

Boudi036

Connexion Déconnexion Superposition. Hyperbole. Répétition. Je ne suis pas d'accord, un désaccord criant, qui hurle, je ne suis d'accord avec rien, j'ai l'esprit des contradictoires, j'ai l'esprit qui dicte Toute la nuit je m'agite. Le visage, des rebelles, des traces qui, ah, les ongles plantées, dans la prunelle, comme. L'odeur gluante des Marlboro qui cogne les pavés. Je fume une cigarette en bois, je fume un bâton d'encens. J'écris à, j'écris sans qu'on me lise, j'écris comme à mon journal, et sans qu'on comprenne vraiment. Je vois vivre, ça s'appelle merveille, les rapports entre dominants et damnés. Les trains s'arrêtent sur moi, rentrent, rentrent dans mon ventre, déraillent sur mes dents qui tirent la sonette. Rouillés, je capte la lumière et ça ne s'arrête pas, une W.inchester me flingue sans savoir, croit être l'arme seconde, malgré son canon qui crie. Pour que je me tire dedans, boum, une décharge. J'ai les dents rouillés. Qui mâchent, la mache. Devant, la mer, l'horizon vide et clair, et plat d'un pays, mais je pense aux trains, à un train rouge, j'y pense, il ne s'arrête pas, pas tout de suite, il emmène. J'en digère des trains, pour te trouver, j'en digère pour bricoler contre l'énigme, je cherche les bras ouverts sur la Seine. Rue. Saint. Rome. L'aube sera légère, je crois, tellement ouvert, tellement de trous. Complaisant. Je te crie des mots de muets, je te crie des mots sourds. Ils sont autour de toi, et ça s'allume comme les beaux jours, ça s'allume comme des nuits qui ne viennent pas. Je défigure les paysages qui passent, le train, gare. Le Nord. Des feux d'artifice. Des étincelles, oui, je me frappe les yeux avec des bleus. Des besoins, tellement. Je relève mes cheveux, tellement chaud de mes plaies, tellement chaud, j'aime, ça ne cède pas sous la pressions. L'image qui me colle dans la mémoire. Je te tiens la main, je la regarde, je la glisse, un anneau d'air. Tu existes, je te tiens, parce que c'est tellement douloureux la nuit en moi, parfois, tellement tendu, tellement nerveux la nuit qui craque. Je suis forcé de m'enlever la peau pour tourner des pages, je suis forcé, la mutilation des pages. Ne ferme pas les portes, laisse les ouvertes. J'ai chaud à ce point, ouvre la fenêtre. J'ai chaud, casse la vitre noire. La mer ça commence à peine, la mer j'en ai besoin, j'en ai besoin, là pour la chaleur, les vagues mauves, la main dans le sel, le bras vers le ciel, viens qu'on décapite, qu'on décapite, qu'on arrache la tête blessée. Mais les blessures ça s'écoule. J'ai le mal de mer qui touche mes genoux, je suis insensible aux éléments du décor, insensible à la marée grise. Vite, un mouvement, je tends mon bras, comme si je tenais une épée au bout. Je laisse ma main. Qui bouge dans les méandres rouges. Les empreintes, c'est pour nous, ça s'imprime. Vite, vite, je sais, écrire, vite, ce que je retiens, des jours, des nuits, des nuits entières qui s'entassent dans un train qui me rentre dans la peau. Qu'est ce que je raconte ? Mon délire, mon amour, mon délire. C'est une folle exclamation, tu sais. Joyeux, je suis gai, des rondes. De fumée, souffle au visage, soufflet. Le dos fragile, comme le tien, fragile, arrête de te cacher, c'est le dos qui s'imprime, encore un peu à patienter. Dévorer. Des jours vécus différemment, avec une différence au coeur. Intacte, différence. C'est fou mais je ne crois pas aux fous. Tu comprends, je t'écris, à toi, là, l'envie cheville au corps. Je peux peindre un mur misérable avec mon sang, pour que tu lises, ça, j'ai le temps pour, je ne comprends pas ce que j'écris, j'ai des écarts, des envols dans l'oeil droit, c'est pour ça que je ne peux pas parler à la foule, merde, merde. Je ne peux pas leur causer. Je peux me gratter l'oeil et détruire l'écosystème, la vie animale. Sur mon visage, j'ai un oiseau écrasé, des traces d'ailes minuscules entre les yeux. Lance moi ta colonne vertébral, lance moi, écrire, écrire, je ne sais pas faire, j'envoie mes forces sur le papier, mes forces désossées. Ecrire, je veux balancer mes forces avec toi, c'est ça l'amour, c'est là le désir au sommet, tu vois, c'est jonction des mains, des bras de fleuves. Je suis fou, mais je le sais, et j'emmerde les mots ils ne suffisent pas à calmer, pulsion, réaction pulsion d'envie. Mal au corps, tu comprends, de ça, là, l'inconnu, toi, dans mes tripes, et mal de cette voix colorée qui m'hurle dedans, concrète. Ferme les yeux, la peinture qui recouvre d'or la paupière, d'un trait bleu. Ecoute, ecoute, écoute moi, comme ça fait mal, alors balance moi au dessus d'une hâte, d'un précipice, balance le privé, privé de moi. Je pense à un cutter quand je me déshabille maintenant, je pense à une entaille qui saigne, un déséquilibre dans le corps parce que ta présence, toi, m'essouffle, mais tu ne sais pas. Chut, n'écoute pas, je ne sais pas ce que je dis, je me décapite, je suis la guillotine, viens. C'est sûr, je ferai tomber toutes les peurs, la lourde liberté qu'on entend dans le sable et nos jambes prêtes à parcourir la steppe, c'est la liberté, la liberté. Mais je les sens nos mollets prêts à courir toutes les étendues qui s'alignent. Viens, on fait des portraits romanesques. Trouble, trouble, j'étouffe, tellement chaud. Mais chut. Comment, on se fait comprendre, quand toute la mer à tes pieds ? Toute la mer pour m'abreuver. On va décapiter au cutter, encore, une phrase, s'ouvrir le ventre à cette passion.

1 avril 2023

Loïs

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Je finis l’épisode où Loïs se venge de celles, affreuses, qui harcelèrent, moqueuses, son fils Reese. Reese, atonique dans son lit, incapable d’autre chose que pleurer et pleurer, Hal, son père, presque s’en félicite, puisque les premiers jours de sa douleur, humilié, il n’émettait pas le moindre son. Reese, malheureux, que son frère doit laver parce que les plus simples gestes lui sont devenus obscurs, il a régressé anté-naissance et, au lieu du liquide amniotique chaud, il baigne dans une mare de douleur. 

 

Loïs affronte un cas de conscience de se surprendre, soudain, prendre du plaisir à ce qu’elle fait, à ce que la vengeance, en tant même qu’acte violent, la satisfait. Si je reviendrai, ensuite, par moi, il me faut ici un détour concernant qui moi me heurte avec, pour qui sait, l’injustice que l’on connaît. Lorsque des personnes agissent au nom du bien trop souvent ces personnes - je pense ici à Marine Simon ou Esther - se déchaînent, considérant qu’une juste cause permet toutes les violences, le renoncement à toutes les normes morales qui, en dehors de ces circonstances, auraient cours - ces mêmes personnes, d'ailleurs, s'indignent sûrement de ce que l'on veuille, par trop souvent, dépolitiser le sexe, lieu et pratique réservés. Un état d’exception de la morale qui devrait, pourtant, interroger en ce que, justement, un acte moral pour être moral vraiment, doit s’aborder avec prudence à cause de ce que, se prévalant de la justice et du bien, ses conséquences doivent porter bien et justice. Toute précipitation entraîne chaos. Prudence nécessaire. Sans quoi il ne s’agit plus que de cruauté et, in fine, l’objet ne devient plus la justice ni même la vengeance, qui en est la forme diminuée, un homonculus de justice, il devient le sadisme. La morale, ici, permet d’assouvir un vil désir et non d’atteindre la justice que, pourtant, on promettait d’accomplir. C’est la phrase de Marine Simon « Je ne dois rien à Jonathan » peut-être, effectivement, à moi rien, à toi, par contre, à tes actes et ton système moral, tout. Parce que la contradiction en toi porte dans son ventre des conséquences et, de les fuir, elles ne meurent pas, elles germent dans cette terre mauvaise, les fruits de ce mancenillier, je t’assure Marine Simon, ils sont vénéneux, leur ombre même est empoisonnée. Qu'on me pardonne alors, moi, de venir, peut-être des pourritures antérieures, du fumier, nourriture des porcs, que, dans tout ce désastre de fluides fécaux, émerge, moi, fruit, fleur carnivore, bien malgré moi, la baie vénéneuse. k

 

Loïs pleure devant son fils en lui rapportant ce qu’elle vient de faire, ces trois filles que, chacune, elle a torturé en visant ce qui leur était précieux. La première ses cheveux parce que fière de ses cheveux, la seconde, amoureuse de sa collection de poupées, les décapita toutes, la troisième la faisant passer auprès de ses parents comme une salope qui va se faire baiser partout et par tous. Loïs, en larmes, annonce à son fils ses récentes manoeuvres, désolé d’elle même de trouver dans ces actes un exutoire à autre chose que, seulement, consoler son fils. Elle s’en blâme, se reproche de cette forme tordue d’amour, regrette de, simplement, n’avoir pas écouté, juste, les sentiments de son fils de ne lui avoir offert que cette consolation égoïste, ainsi. Au lieu de l’attente muette. Reese, reprend vie. Il ne reprend pas vie devant le cas de conscience de sa mère. Il reprend vie d’obtenir une justice, de se rétablir dans le monde quand il croyait, pour toujours, se trouver du côté irrémédiable de la noyade,  un équilibre qui lui serait rendu, une ligne de flottaison, une vie dont on le privait et qui, privant lui à son tour, retrouve de la vigueur. Alors, il dit à sa mère qu’il y en a une quatrième, qu’elle sait qu’il y en a une quatrième, mais le cas de conscience s’est mis en travers, il fait obstacle à la vengeance, une autre idée de justice, de bien, de mal, apparaît. Qu’elle doit considérer, sinon comment se dire une mère ? Reese va mieux, pourtant, Reese, reprend vie. Alors, ensemble, parce que Reese ressemble à sa mère, elle le lui dit, ils contiennent en eux tous les deux une forte violence. Ils se rendent chez la dernière et accomplissent le tout de cette justice, une vengeance parce qu’aucune institution ne prend en charge ces cruautés, je me trouve à un point semblable, elle tenta, pourtant, par le responsable scolaire, d’obtenir une médiation, devant l’échec elle recourt elle-même à sa propre force, à son propre risque. Elle soigne. Se soigne. Le soigne. Loïs, contrairement à celles qui moi me firent et défirent, se pose la question, Loïs cruelle, jubilante, oui, se pose un moment la question du bien et du mal, fait parler en elle la douleur de ces filles, ce qu’il y a dans leurs têtes. Elle n’agit, à la fin, qu’après ceci, sa vengeance se fonde, d’abord, sur un principe moral, philosophique, celui du doute, de la possibilité d’avoir tort, de faire trop, elle se demande si rendre justice se fait sans conditions, que la condition soi, même, la plus minimale : s'interroger. Ces filles, agresseuses, ne se posèrent nulle question, je parle de toutes ces filles, celles de la fiction, celles, aussi, irréelles autant certes, de ma vie à moi. Elles périssent, meurent et souffrent de cette absence de cas de conscience parce que, contrairement à ce que ces autres pouvaient imaginer, il ne s’agit pas, d’avoir mauvaise conscience. 

Marine Simon, tu devais plus que tu ne crois. Si, jamais je n’attenterai à toi, de quelque façon que ce soit, parce que, après tout, ton confort moral te va bien et, après tout ce que tu as vécu dans ta vie de malheurs critiques je peux bien te passer ça. De justesse, je ne te mens pas, dans mon suicide, dans le cadavre pourrissant, quelque chose pour toi recelait, petite perle néfaste du fonds de la mort. Il y aura sur ton bonheur, peut-être un jour, un tout petit cas de conscience, comme ces grains de beauté dont on se demande, plus tard, s'ils ont toujours été là, ou si l'exposition prolongée au soleil provoque ce mélanome. Ce cas de conscience, petit plus tard, une tache de soleil, si l'on te demande, réponds que tu ne sais plus. Il faudra vivre avec. 

Margot , pareil, je peux bien lui passer, elle vécut toute sa vie avec l’idée de son sexe répugnant, pauvre coquillage mal conservé. Disons, que sa souffrance, elle, qu’importe aujourd’hui le mensonge, elle le subît au passé. Disons que c’est la forme, à elle, de justice. Sa réponse au léché flasque. 

Le léché flasque était une réponse à sa trahison. Arrêtons ici, seulement, le cycle des vengeances. Margot souci, de sa première tentative de suicide à neuf ans, de ses relations complexes et traumatisantes avec sa mère, a eu sa part de souffrance. 


Celle à qui je ne passe pas, comme de bien entendu, c’est Chloé, qui, par bonheur, sera justiciable, elle, non pas de ce qu’elle me fit, dont j’ai assez plaint dans l’indifférence générale ses agressions sexuelles, mais bien, ici, de ce qu’elle viola la loi en produisant un faux témoignage 

Pour m’endormir je lis ceci, en pensant à Chloé , ce texte ne parle que de toi, tu m’émeus ici. Dans le passage surtout puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.

 

Douce berceuse, parfois, le code pénal. 

 

 

Article 434-13

Version en vigueur depuis le 01 janvier 2002

 

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Le témoignage mensonger fait sous serment devant toute juridiction ou devant un officier de police judiciaire agissant en exécution d'une commission rogatoire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.

 

Toutefois, le faux témoin est exempt de peine s'il a rétracté spontanément son témoignage avant la décision mettant fin à la procédure rendue par la juridiction d'instruction ou par la juridiction de jugement.

13 juin 2021

A toi la maudite.

 

M., à 19 ans, remportait le prix de Flore pour son premier roman. Quelques milliers d’euros, là-bas, où une bouteille, à chaque visite devait l’attendre. Or, M. ne peut se rendre à sa guise au café de Flore parce que sa mère lui ôta, comme souvent les mauvaises mères à l’amour fétide, une partie de ses forces. Cet amour, sordide, cet amour que cette mère, comme d’autres, croyant bien faire, souhaitant décider pour leurs enfants - conçus comme simples dépendances d’elles-même - cet amour arracha à M. la moitié de sa vie. Dépendances, j’écris et, plutôt, même, oui, remise et débarras où cette femme entreposait (et continue) ses névroses, ses jalousies, ses frustrations.

Dix-neuf ans, un monde à venir qui ne vint pas. Les cerbères se tiennent sur bien des seuils et cette bête là, devant l’avenir de son fils, montait une garde farouche, l’empêcha d’y descendre - ou d’y monter.
Elle engeôla (oui ou, vraiment, cage-ola - ses actes d’amour, de tendresse toujours, en vérité, dissimulent ou affichent le meurtre, le crime, la souillure) ce fils tout en, émue d’elle-même, se flattant d’être une excellente mère.

Elle suicida la moitié de la vie de son fils et l’autre, celle qui reste - immense - tient semble-t-il de justesse. Je crains souvent, comme d’autres, que le funeste projet de cette femme n'aboutisse. 

Les pères de l’Eglise, d’Augustin à Tertulien, tenaient la reproduction (et donc les femmes) pour répugnantes à cause de ce que l’engendrement charnel contenait la mort et, donc, dédoublait la chute originelle. C’est d’avoir chuté que nous mourons ; et de mourir que nous chutons à nouveau. 
Il fallut dix siècles de théologie pour retourner ce dégoût et valoriser, cette fois, la procréation. Seulement, je me dis à l’instant, cette méfiance, peut être, intuition des sages presqu’antiques, ne visait-elle pas seulement les mères-monstres ? 

M. ne manque pas de délicatesse ni, par ailleurs d’excès. 

M. et moi divergeons sur le lien même qui l’unit à sa mère. Je crois, moi, qu’elle voulait donner à sa vie (celle de M.) la forme qu’elle envisageait, elle. Surtout, il fallait qu’il obéisse, et quelle pire école que l’internement psychiatrique, la contention, les paralysies chimiques. Tout, dans le parcours médical qu’elle lui infligea raconte cette volonté de dressage, d’asservissement, de soumission. Pourtant, il ne se soumit pas. Il plaignit, se révolta. En vain. La main visqueuse de la mère assistée du bras non moins gluant de la psychiatrie s’étend(ent) à l’infini. Aucune cachette ne dure ni n’est sûre. 

Femme duplice ? Elle admet que son fils soit un grand écrivain - et se glorifie elle-même d’avoir engendré cet écrivain. Seulement, manifestement, cela ne suffit pas. Ou, peut-être, ne comprenons-nous rien, nous autres, trop simples, trop d’une pièce. Amour inouï celui de cette femme bourreau-bourrelant. Goût romantique, très dix-neuvième, très déplacé, visant à instituer son enfant aux hauteurs mythiques et le sens du mythe, selon son goût faisandé (à elle), ne se peut atteindre que l'être-écrivain crevé de mille flèches ou, en la circonstance, le cerveau grevé de neuroleptiques ; il faut être martyr, se dit-elle, et, Judas solaire, elle accepte le rôle, la grâce duplice, du bourreau-déifiant. Soit.

Judas, lui, se pendit.

M. à la sortie de son premier livre décida de se consacrer à l’oeuvre dont il se sentait, si on peut dire, le responsable. Sa mère le refusa sèchement. Le rendit fou (la folie résulte de l'assignation, non de mesures objectives), l’interna, le damna publiquement (un procès). Sa mère condamna cette vie sans recours - sinon chimique - possible. Sa mère, que nous appelons ensemble sa « » tant elle se rend, chaque jour, un peu plus indigne de ce mot.
M., lorsque la vie, comme chez chacun, le déborde ne peut trouver nul secours chez V. sa « », là-bas, à Orléans où elle vit - comme dans un échec. Si M. se plaint, il ne reçoit que deux sortes de réponses : je te l’avais bien dit (c’est à dire : tu aurais du te soumettre) ou j’appelle la police (c’est à dire : j’appelle l’HP c’est à dire : tu devras te soumettre et mourir)


Il y a quelques jours, sous des poussées d’angoisse et de peur, Ma. faillit mourir. Il m’écrivit « j’ouvre le gaz » sans que je ne sache s’il ne s’agissait que de la parole excessive de l’écrivain ou, de celle, mesurée, lucide, du désespéré. Il s’agissait de la seconde. Sans nouvelles pendant quatre jours je parvins, à force de recherches, à trouver le numéro de sa « » avec laquelle je pris attache et son attitude me stupéfia. V., tout au long de la conversation, moi qui ne voulais savoir qu’une chose « Comment va M. », me répétait quelle extraordinaire « » elle avait été et tout ce qu'elle sacrifia et  son amour immense et incomporable etc. J’attendais qu’elle me dise « M. va bien » non pas (pendant 20 minutes !) l’entendre m’expliquer, ce dont je me contrefoutais, sa perfection (à elle) morale. Il était à croire, l’entendant, qu’elle (ac)cumulait en son coeur, en son âme, en ses mains, toute la bonté de toutes les saintes, réceptacle ultime du bon, du beau.

A-t-on jamais vu sainte ou martyre mener quiconque à l’échafaud ?

Quel amour, oui, condamne ?
Poursuit en justice
Un fils
Interne-tue 
Un fils ?

Sa sainteté immense brise la vie de son fils, cette « » lui refusa si fort, si violemment ce qu’il souhaitait être qu’elle le réduisit à la glace, à la cendre, à la fin. Avant ce message, cette ouverture du gaz, M. tenta de fuir sa « » pendant des années, craignant sa  « » il évapora les 90 000 euros des gains de son premier roman. Cette dépense, matérielle, typologiquement signifie le reste, annonce l’advenir, cet épuisement des forces, physiques, littéraires. De chambres d’hôtel en chambres d’hôtel, de pays en pays, il échappa à la traque avant, épuisé, vidé, de revenir chercher un toit auprès de sa « », ignorant alors ce que serait ce toit : celui de l’hôpital psychiatrique - lieu de néantisation. Encore.
« » aurait voulu forcer en lui un destin auquel il se soustrayait de toutes ses forces s’en sachant, l’ayant prouvé, doué, lourd, d’un autre.
Par un pouvoir exorbitant elle l’assassina administrativement. S’il ne se destinait à ce qu’elle décidait, il devrait payer cher.
Elle insinua, en lui, le poison et se flatte, chaque jour, elle, de n’être que remèdes, les larmes de sainte, coulant effusion brutale, pour panser l’âme d’un fils bouleversé. Et tous les actes d’amour revendiqués de cette « » blessent. Tueront.
Les paroles de M. me fendent le coeur. 

La « » de M. au lieu de lui apporter tout secours, matériel, affectif, moral, au lieu de ces étayages nécessaires, ne fit peser sur lui que la méfiance, le reproche, le soupçon, toute pleine de récriminations contre ses choix de vie. L’Art, souvent, oui, fait de l’homme ou la femme qui s’y adonne, un être tragique. Seulement, cette tragédie, provient de la nature de l’Art. Pas de la corruption des parents. Pour M. il en alla autrement. La littérature lui était douce et les parents atroces. 

Lui interdisant cette route c’est sa vie toute entière, sa vie à lui, qui ne tînt qu’à un fil ces derniers jours, dont elle le dépossédait. Comment, par incompréhension et, si j’ose dire, par incompétence maternelle, de tels drames peuvent surgir et pourquoi, même, ces drames, ces tragédies de  funeste envergure ne cessent de surgir, atroces ?
J’aimerais que ces choses se sachent, plus largement. Une semaine durant, à cause de l’amour malsain, défaillant, de sa « » je croyais perdre mon ami. 

M., pour toujours, portera la marque de cette cruauté de celle qui dit, sûre d’elle-même et de son bon droit, « je suis une excellente mère, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour lui ». Quand, essentiellement, elle employa ses forces à la destruction de celles de M. 

Sa « » jamais ne comprît ce que l’art signifiait et, parce qu’elle ne le comprenait pas, voulut l’assassiner dans le coeur de son fils or, ignorant tout de l’Art, ne s’apercevait pas que toucher à la création c’était toucher à la substance même de son enfant. Au téléphone je disais à V., la « » de laisser son fils en paix, de l’accepter tout entier, qu’importe le coût de ses choix. L’amour d’une mère, d’une vraie mère, l’amour de ma mère, moi, me porte, me protège et défend, mordicus, chaque aspect de moi-même, et c'est ainsi, je crois, que l'on apprend, soi-même, à aimer.
Alors, le désespoir, jamais moi, ne peut m’être mortel, il existe pour moi un sanctuaire qui n’est pas la froide province et les portes épaisses des hôpitaux psychiatriques. Si j’ai un asile, il s’appelle Maman qui jamais ne se muera en « »-PSYCHATRIE. 

 M. a écrit un magnifique livre, l’Architecture, publié chez Fayard. Il faut, malgré la difficulté abrasive de ses lignes, le lire. 

 

Les derniers échanges, avec M., me fendent le coeur.

Courage, très cher ami. 

 

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26 mai 2009

Elodie.

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Elodie a les yeux noirs comme des sabres. Des yeux que j'ai fait fondre d'errances en déshérence. Je l'ai faite larmoyer sur l'évier, sur l'émail, sous la douche. Je suis prédateur et j'ai faim de ces miettes de kilos en moins, de son corps sans gras qui pointe comme une pyramide. Elle a des seins qui vous font des vertiges insensés, des gouffres et des vaux. Elle a une ville sur le corps ma Elo, comme une trainée de poudre et de cendres qui se glissent du nombril à la gorge. C'est une vague qui gonfle, un souffle qui étreint, Elo. Quand je la prends sur la pellicule numérique donc fictive, que j'allonge mes sens sur sa bouche, je me sens nourri d'une puissance séculaire, des arches, des murs, des barrières, du Berlin, du Jérusalem. Les autres...Les autres, ont toujours été là pour combler les creux affamés que tu laisses en partant rejoindre le Sud, Béziers, Montpellier, ça fait trois ans que je cherche assez d'étroitesse pour combler ta bouche, tes reins et tes seins. Trois ans que je cherche dans de blondes chevelures à t'effacer, à braiser ta nuit sur leurs crânes immondes. Trois ans qui roulent sur ton corps, et le mien. Sur Tokyo l'été dernier et son palais fou. Le six juillet 2008 au jardin du luxembourg, où l'adultère naissait dans nos deux bouches, dans notre instant, ce message parti pour elsa qui m'arrivât "il est génial, on s'est embrassés". Qui me fit sourire à dents perdus et crâne chauve. C'est ta bouche et tes yeux pesés en galaxie. Dans un lit de plomb qui s'enfonce dans la mer des lianes. J'ai toute la nuit fumer sur ton corps l'herbe neuve de l'attente. Cent parchemins en sanscrits, sans psaumes, sans mantras qu'on récitait toute la nuit sur la tombe de Morrison sous l'oeil étourdi des morts. On a fait l'amour sur The End. C'était notre éternité morte de faim qui périssait. Le ciel étranglé et le coeur en vrac. Tu te casses au Vietnam pour quinze jours. Et j'espère de toute ma force quantique que ton avion aura une heure cinquante neuf de retard. Qu'une nuit de promesses s'ouvre encore, que ses jambes coulées à la cire s'écartent pour notre chemin, humide et visqueux. Je sais qu'après Florence tu m'offres le gîte, le couvert et ton sein. L'art pour l'art, les visites encore et les détours. Je passerai l'été à dissoudre mes mains dans ton lac. J'attends que tu rentres, qu'il sonne douze juillet à mon almanach, que tu m'attendes les yeux déchirants sur le quai qui m'abrutira. J'ai joué avec bien des coeurs en papier en t'attendant, j'ai fait la marelle sur des corps en limaille, des gras, des secs, des plats des gonflés abrutis. J'ai sali le tien en bien des fuites couardes, bien des départs brusques, des frappes au menton. c'est ce que je suis, un tigre à l'âme de brebis. J'ai besoin de toi, de ton retour. Mes nuits sont trop noires. Et si je sais faire face au tumulte du monde avec morgue et superbe, j'ai jamais su affronter le silence des âmes. On s'est croisés toute la vie, on a ricoché l'un contre l'autre, le temps d'une nuit, d'une soirée. Le temps qu'elles me laissaient, elles aux prénoms délébiles. Les appels en secret, à t'aimer dans les chiottes et sous la douche. Mes nuits sont trop noires, et je t'attends. J'ai ton corps, et cette photo qui s'épuise comme un mystère. J'ai passé vingt ans, les certitudes sont des os brisés.

15 décembre 2023

Mon-Mort

Passent, sur les pages de mes différents réseaux sociaux, des publicités évangélisantes, paix en christ, deux jeunes gens souriants, lumineux, sains, s’adressent à la caméra dans un français marqué d’un accent américain, trouvez la paix en Christ. Je me souviens, alors, de ce candidat républicain à l’élection présidentielle américaine de 2012, adversaire d’Obama avant son second mandat. Mormon de confession, riche de profession désormais, il sillonna, jeune homme, la France en vue de prêcher la parole mormone. Alors, devant ces jeunes gens américains s’exprimant en français, je me demande s’ils ne sont pas eux aussi mormons, je tape, sur google, le nom de leur Eglise Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dont j’apprends, dès les premières lignes :

 

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (en anglais : The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints) est une église restaurationniste mormone fondée dans l'État de New York (États-Unis) en 1830. 

 

Nous supposons, toujours, devant ces formes de persuasion religieuse, parce que plus accoutumés à les voir, le zèle des témoins de Jéhovah, chrétiens, eux aussi, dont, comme les mormons, j’apprends qu’ils appartiennent à la tendance restauratrice qui considèrent que le christianisme peu de temps après la mort du Christ trahît son enseignement, trahison qu’ils nomment, la grande apostasie. 

 

Les commentaires, sous les publications Facebook des mormons, sont rédigés presqu’exclusivement par des africains évangélisés ou, plus rarement catholiques, dont l’adoration du Christ, surinvestie, leur donne des airs fanatiques. Ceci, d’ailleurs, inquiète au Vatican à cause de ce que, pour des raisons démographiques, les africains compteront pour la majorité des catholiques bientôt, inquiétude de ce que, plus conservateurs que leurs coreligionnaires occidentaux, ils tendent à violemment condamner les maigres avancées de la Curie quant aux droits des minorités sexuelles ou de genres. 

 

Parce que, souvent, je m’ennuie et, aussi, que j’aime enquêter par la pratique, sorte de poésie participative, j’ai rempli le formulaire de contact présent sur leur page afin d’être rappelé par les convertisseurs. Hier, dans le métro, je recevais un appel de Rachel, qui s’exprimait dans un français charmant et parfait, d’une voix jeune et enjouée, qui me demandait si, d’une part, je voulais recevoir les enseignements de Mormon, si, d’autre part, je souhaitais qu’un exemplaire me soit remis par des membres locaux de leur foi. Ce que j’acceptai. Je devais, aujourd’hui, recevoir de leur antenne parisienne, un appel pour organiser la rencontre, la journée d’aujourd’hui, peu propice, me fît manquer leurs deux appels, manquement que j’espère réparer prochainement. Pourquoi, eux, davantage que les témoins de Jéhovah ou autres fantasques fanatiques m’intéressent ? L’occasion, déjà, de ce que leur message me parvînt par la publicité et non comme un stand inquiétant posté devant une gare, d’autre part, et surtout, parce qu’ils viennent des Etats-Unis pour sillonner l’Europe avant d’y retourner, que je veux entendre leur français, leur appréhension de ce pays, leur façon de vivre, les fréquenter, avec répétition, pour saisir, un peu quelque chose qui m’échappe, qui échappe à tous de ce que, par trop souvent, nous les considérons avec dédain ou, plus souvent, les nimbons d’indifférence. Pour moi, ils constituent une porte analogue à d’autres portes sur un monde mystique, plus simple d’accès que d’autres plus protégés à l’entrée plus exigeante parce que, leur objet est de convertir le plus possible, d’accueillir le plus largement. J’ignore, encore, ce qu’il advient de ces jeunes gens, plus tard, je sais la religion mormone stricte et austère et les deux jeunes gens illustrent ceci. Mais je veux savoir. 

 

 

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30 avril 2023

Saddam-Bush.

Samedi, le gâteau, cheesecake-baklava, grande fierté. 

 

Vendredi soir, j’annule le dîner chez moi avec I., trop de fatigue, un peu déçu, moi-même, parce que je voulais y trouver la motivation de pâtisser un cheesecake-baklava qui me tente depuis des semaines. Trop fatigué, las, je n’achetais pas les ingrédients, les pistaches à décortiquées et à émonder, la pâte phylo dont j’ignorais même l’existence. Maman m’indique où trouver cette pâte, il s’agit de très minces feuilles, proches de celles employées pour les bricks, transparentes comme du papier calque et, hélas, très fragiles.

Marie-Anaïs a pris le coupe-ongles et j’éprouve des difficultés à acquérir les objets du quotidien qui semblent, habituellement, comme collés aux endroits où l’on vit. Comme la brosse, dans les toilettes, que personne ne semble jamais avoir acheté nulle part qui, pourtant, se trouve dans toutes les latrines de France. Je coupe mes ongles, parfois, avec le gros ciseau orange, fait davantage pour le bois que pour les fragiles extrémités des doigts. Travail d’un ébéniste très approximatif.

Je décortique les pistaches, pour le gâteau, je casse, au fur et à mesure de l’émondement de ces 50 grammes, l’ongle de mon pouce gauche, sans douleur mais avec épuisement. 50 grammes de pistache, personne ne se rend compte de ce que ce poids dérisoire vaut de travail et d’usure. Après ce tri, elles doivent être réduites en une fine poudre verte jaune. Le résultat est très beau, ainsi, ça ressemble à des pigments de peintre.

 

K., que je rencontre pour la première fois dans la librairie Vendredi, cherche les différentes traduction de Pavese, russe, elle souhaite, sans que ce ne soit son métier, traduire certains passages du poète italien. La traduction canonique « travailler fatigue » se trouve changé dans une autre des traductions « travailler use », nous discutons, sans que je ne sache rien de l’italien, de la pertinence de l’une ou de l’autre, de ce que, au fond, l’auteur peut avoir voulu dire et comme se perçoivent différemment ces deux verbes, ces deux actions, ces deux dégradations, associés au travail. L’habitude, réflexe, nous fait toujours pencher vers la traduction familière, aussi audacieuse qu’elle peut et pût être, elle ne choque pas, nous la connaissons et, à ce titre, la valorisons. La première, du moins la plus célèbre, des traductions est aussi la plus littérale ce qui, au mieux, lui confère une présomption de validité. Pas plus. Traduire c’est aussi - ça peut-être - créer avec ou pardessus. K., ne cherche pas à traduire Pavese pour lui-même, elle travaille sur Natalia Ginzburg qui cite Pavese. Elle traduit celle-ci. 

 

Pour le gâteau, je dois décoller chaque feuille phylo, j’ai toujours manqué de délicatesse pour ces tâches de précision, et les feuilles se déchirent dans mes mains. La recette me torture encore un peu plus, après, il faut, recouvrir chaque feuille de beurre fondu, ce au pinceau de cuisine. Mes doigts aux ongles cassés y suppléent. Mal. Approximativement. Dans le moule j’empile les feuilles graissées, sur chaque couche je disperse, petite poussière d’absinthe, les pistaches. 

 

Je n’aime pas, dans le cheesecake ordinaire, cette couche de spéculos, granuleuse comme du sable, son trop fort goût de cannelle, le contraste avec la douceur aérienne du cream cheese. Il faut bien le choisir, le moins aqueux possible, du philadelphia au mieux, saint-moret au pire, jamais de fromage frais ou de faisselle, trop humide à cause d’eux, l’appareil manque de consistance. On peut, pour l’acidité, incorporer un peu de yahourt nature. Une touche, pas davantage. Le spéculos, c’est comme un glaçage à l’envers, une brûlure, en dessous du gâteau. Dans ma recette le feuilletage sur lequel repose l’appareil donne un léger croquant, parfumé à la pistache.

Je fais cuire ensemble ce feuilletage et la préparation à base de cream cheese. Une heure dix, c’est un peu long. Quand le gâteau est cuit, je verse un mélange d’eau de rose, de miel, de sucre, je laisse reposer une heure à l’air libre, pour que tout s’imprègne de ces saveurs là. Je le laisse au frigo pour la nuit après. Dessus, le lendemain, le liquide de miel, de rose, de sucre, le fait tout brillant. J’ajoute, pour décorer, des graines de courge.

C’est divin.

 

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8 juin 2020

Lea Toutes.

Les cinq entrent


Lea cinquième : où est le cinquième ?


Le premier : Ici

Les autres . …



Le premier : Bon.

Lea cinquième. Bon.

Les autres : …



Lea premier (ramasse un chameau) : Les premiers 


Lea cinquième : seront les cinquièmes.

Les autres : …



(pause)


Les autres : Bon.

Lea premier : …


Lea cinquième : pareil.

Tous : …



« Bon », c’est le dramaturge qui entre.


Tous : …


Les autres : Je


Les autres : Je


Les autres : Je


Lea cinquième : c’est pas bientôt cette cacophonie.

Lea premier : Inadmissible. On dirait un premier rendez-vous.

Lea deuxième : Je prends mon indépendance.

Lea troisième : Voilà qu’il se prend pour l’Algérie.

Lea quatrième : J’ai toujours rêvé d’être un Etat.

Lea premier : Avec une police

La cinquième : Avec un clergé



Lea dramaturge ne pose pas un exemplaire de Surveiller et Punir.


Lea deuxième : Une clinique.


Le troisième : Un dispositif.


Tous (dans un soupir) : le panoptique.


Le dramaturge « … »





Tous : tes mots on dirait des yeux de merlan-frit.


(une pause)


Tous : hahaha.

Tous : C’était pas vraiment drôle



Tous : hahaha.


Tous : Titre

Lea premier : Sinon moi je m’appelle



(on entend des cloches sonner)


La deuxième : J’adore ! Moi c’est


« (Les cloches encore) »


La troisième : C’


« (Toujours des cloches) »


Le quatrième :


« (Les cloches) »


Lea cinquième : Alors de tout ça j’ai toujours voulu parler. La question de l’identité m’importe, comment se définir, se singulariser dès lors que dès la naissance, avant son premier geste de conscience consciente on nous nomme. Déjà, pèse sur nous un préjugé, des regards suspicieux. On observe les Kevin, les Nicolas, les Elie, les Mathilde, les Marie-Antoinette. Un air différent ça c’est sûr. On fabrique une cohérence interne, tu dis « je m’appelle Sarah » on te dit : « j’ai connu une Sarah ». Ta seule chance peut-être voilà c’est t’appeler ghzHOgzorhghzg encore là on dira « je n’ai jamais connu de nzogpafagzh » on va t’écorcher en plus de ça. Déjà tu avais des difficultés à te déterminer. Tu te disais où tu commences ghzHOgzorhghzg. dans le miroir tu cherchais le Hohg le hzg. Toujours c’est progressif on t’a appris à appréhender les choses lentement avant de constituer l’ensemble. Bon, voilà le préjugé qui pèse sur moi. J’aurais pu être [url=view-source//jeunesecrivains.superforum.fr/u3058]la fracture numérique[/url]


(début de cloche aussitôt interrompu)


voilà ça a commencé au commencement on dit que je m’appelle


« (cloches) »




Tous : ça suffit on a dit police, on a dit clinique, on a dit clergé, bon oui ça c’est vrai, mais on a pas dit les cloches là. C’est 2020 merde. Alors y a peut-être eu un malentendu avec l’Algérie, les champs pétrolifères, les citations bizarres, l’air décolonial et tout. On a cru que c’était 1962, que tout était possible encore. Même les cloches. Mais là c’est bon. Pas les cloches. 


« (Les cloches) »


Tous : Mais d’où ça vient.

ils cherchent



Ils entourent le metteur en scène, enfilent des masques.


Colombine : C’est toi ?
 
Le metteur en scène « … »


Scaramouche : C’est vrai ça semble pas naturel des cloches comme ça. On dirait bien que ça sort d’un téléphone portable.
Déjà pourquoi il parle en guillemets lui.
On aime pas les privilèges dans nos contrées. 



Les cloches retentissent beaucoup plus loin.




Arlequin : Ah, non c’est pas lui.

Isabella : C’est du bluetooth. Ca sonne comme du bluetooth. Ca me donne mal à la tête. Je suis sensible aux ondes. Je m’équipe, il faut prendre soin de sa santé :





Portraits : Captur55









Matamore : Oui mais Portraits : Captur57

 



Arlequin et Isabella complices Il se trouve que :

Portraits : Captur56






 


Rideau


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  Pour les articles homonymes, voir Rideau (homonymie).

Un rideau est une pièce de tissu dont le but est de diminuer la présence d'une ouverture. Il peut atténuer la lumière et la poussière. Les rideaux sont souvent pendus à l'intérieur de la fenêtre (couvre-fenêtre) ou de la porte d'un bâtiment pour bloquer le passage de la lumière, par exemple pendant la nuit pour faciliter le sommeil, ou pour empêcher les autres de voir dedans, souvent pour des raisons d'intimité.
De nombreux tissus, formes, tailles, et couleurs de rideaux existent, et ils ont souvent leur propre rayon dans les grands magasins, avec quelques magasins qui ne vendent que des rideaux. Dans les régions plus chaudes, on utilise parfois les obturateurs en bois au lieu de rideaux, la meilleure isolation du bois permettant de conserver les pièces au frais.
Les rideaux fournissent aussi une séparation visuelle dans des situations comme l'art performance, dans lequel les acteurs font leurs préparations finales pour le spectacle derrière le rideau pendant que les spectateurs attendent devant. D'habitude, le rideau s'ouvre quand le spectacle commence et ferme pendant les pauses ou la fin de la performance.
Il peut également servir de séparation entre deux pièces en aménagement intérieur, ou cacher des objets inesthétiques (compteur électrique, porte, etc.). Le rideau de douche, souvent fait de plastique ou de vinyle, empêche l'eau de se répandre dans la salle de bains et préserve l'intimité.

Sommaire




1 Savoir-faire artisanal 2 Signification religieuse 2.1 Dans le Nouveau Testament 2.2 Dans les textes apocryphes 3 Composition des tissus utilisés pour les rideaux 4 Notes et références 5 Articles connexes

Savoir-faire artisanal[modifier | modifier le code]
La confection de rideaux peut être déclinée en plusieurs catégories : rideaux japonais, doubles-rideaux, stores bateaux... Ils relèvent alors d'un savoir-faire artisanal du fait de la technicité. La confection particulière des têtes (œillets, plis tapissiers,...) offrent une finition originale pour le décor. En occident la tringle à rideaux peut être masquée par une bande d'étoffe sur le même style, souvent de la même couleur, appelée cantonnière.
Signification religieuse[modifier | modifier le code]
Le rideau jouait un rôle spécial dans les histoires juive et chrétienne. Un rideau séparait le lieu saint, réservé aux prêtres, du « Saint des saints » dans le Temple de Jérusalem, réservé à l'Arche d'alliance (Exode 26:31-33). Encore aujourd'hui notamment dans les Églises dites orthodoxes orientales (Églises des trois conciles), utilisent un rideau pour séparer le Sanctuaire du reste de l'assemblée à certains moments de la Divine Liturgie.
Dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

  • Ev. de Matthieu 27, 50-51


(50) Mais Jésus, criant de nouveau d'une voix forte, rendit l'esprit. (51) Et voici que le voile du sanctuaire se déchira en deux du haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent ;

  • Ev. de Luc 23, 45-46


(45) le soleil ayant disparu. Alors le voile du sanctuaire se déchira par le milieu ; (46) Jésus poussa un grand cri ; il dit : " Père, entre tes mains, je remets mon esprit. " Et, sur ces mots, il expira.

  • Ev. de Marc 15, 37-38


(37) Mais, poussant un grand cri, Jésus expira. (38) Et le voile du sanctuaire se déchira en deux du haut en bas.

  • L'Ev. de Jean ne porte pas mention du rideau du temple.


Dans les textes apocryphes[modifier | modifier le code]

  • Ev. de Pierre 5, 19-20


(19) Et le Seigneur cria en disant : « Ô ma force ! ô force ! Tu m'as abandonné. » Et après avoir parlé, il fut élevé. (20) Et au même instant, le voile du Temple de Jérusalem se déchira en deux.
La déchirure du rideau est toujours relatée au passif. Ce passif est appelé passif divin par les exégètes pour signifier que les auteurs ne nomment pas l'acteur mais le désigne en creux : il s'agit de Dieu. D'ailleurs, si l'on considère la déchirure plus précisément encore, elle est de "haut en bas", un indice supplémentaire laissé par les auteurs pour dire qu'un homme n'aurait pas pu déchirer ainsi le rideau.
Composition des tissus utilisés pour les rideaux[modifier | modifier le code]
La composition d'un tissu pour les rideaux indique le pourcentage de fils utilisés lors de son assemblage On distingue trois types de fibres essentiellement :

  • fibre artificielle : fibre textile provenant de polymères naturels (viscose, acétate)

  • fibre naturelle : soie, laine, coton, lin...

  • fibre synthétique : fibre textile obtenue à partir de polymères dérivés du pétrole essentiellement (acrylique, polyamide etc)


Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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18 juillet 2023

Glébasimov

Nous parlions avec K. de Gherasimov - il faudrait écrire du Général Gherasimov, CEMA - pour Chef d’Etat Major des Armées - de la Fédération de Russie - devant ses photos je le trouve semblable à un poète mélancolique à qui le hasard et le devoir confièrent les armes, puis les médailles, puis le commandement et que, au lieu de souffrir, lui, des mots, la plume plus forte que l’épée, il dût se résigner aux balles, à envoyer, souvent, des hommes mourir contre d’autres hommes.
Regard pesant le regard du CEMA, bleu, très bleu, sans ambition, semble-t-il lui qui, pour parvenir à ce rang, celui le plus haut de la nomenclature militaire, ne pouvait en manquer, qui, même, malgré ce regard profond, grave et triste, pour se hisser à ce sommet, lutta et conspira.
Lui dénier, pour ce motif, la qualité de poète ne reviendrait à rien les poètes, aussi, et peut-être plus encore que les autres, disposent de réserves de cruauté et de vices, les lettres de Baudelaire à qui il haïssait, les critiques violentes de Huysmans, nous en apportent, si besoin les indiscutables preuves.
Gherasimov exécute à la perfection, malgré les anathèmes acharnés d’un Prigozhine (toujours se prononçant Prigojine), la stratégie au grand sens du mot.
Russe et poète Ghérasimov ne se tiendrait-il pas là, héritier en uniforme, de Pouchkine lui, le poète indiscutable qui mourut comme un soldat, le coeur transpercé, un matin, je crois, dans les neiges sibériennes, parce qu’un officier français le défia en duel et le tua. Quelle différence, aujourd’hui, avec Gherasimov ? Le choix de la majeure et, peut-être, alors, Gherasimov, lui, mourra d’un mot, une rime fichée en pleine tête. 

 

Source: Externe

(tout poète est tueur, tout amoureux)

Devant les larmes de C., je me sentis tout honteux, être adorable, le plus adorable des adorés même, que, pourtant, parce que la vie en moi, me travaille, à la pioche, que cette boue qui me remonte, que cette pierre de cette terre là, ne s’inflige, décemment, à personne. La vie me pèse, si peu de secours, quand j’écris la vie me pèse sinon le barrage des mots, j’en reviens, déjà, malgré moi, à la guerre, le barrage de Kakhovka détruit récemment 

 

Pour m’assurer de l’orthographe Kakhova j’en cherche le nom sur google qui me l’indique comme fermé temporairement ce qui m’amuse puisqu’en l’état je l’imagine mal, un jour, retrouver de sa splendeur et être ouvert, ironie, encore, à quoi il faut ajouter que le barrage, ainsi percé, est désormais ouvert, je ne sais pas si Google Traduction restituera, pour G., qui ne lit pas le français et demande à l’automate de l’accompagner, ce jeu de mots avec ouvert, l’anglais en permet l’équivalent, on ouvre une brèche, le verbe to open, ici, permet une compréhension adéquate). 

 

 

C., ne m’en veut pas encore ou pas déjà, une rupture juste n’existe pas, elle contient toujours, malgré tout, ses torts, qu’importe la situation, qu’importe les motifs non seulement - pas le cas de C. qui ne possède aucune vilenie - parce que l’orgueil est blessé, mais parce que l’autre, se réclamant de raisons, insulte en quelque sorte. Rompre condamne l’autre, le condamne à une certaine forme définitive, lui expose que quelque chose ne peut changer, que sa nature, dans la relation au moins, dérange. Or, Entre C. et moi la rupture repose sur autre chose, sur la distension du lien - maintenu, si ténu. Sa souffrance devient ma souffrance, injuste de ce qu’elle ne mérite que joies, que, si elle s’abandonnait toute entière à sa grâce, les hommes les plus riches ou les plus beaux, supplieraient à genoux un de ses regards. Or, moi, je pars, elle dit, grandiose, à la table du Café, le Cosy - notre rendez-vous initialement prévu le dimanche à l’absolu reporté au Cosy le lundi parce qu’à l’absolu les tables, trop proches, empêchent toutes conversations douloureuses - quels noms de café inadaptés à notre discussion cosy quand tout allait à l’inconfort ; absolu quand celui-ci mourait.
Alors j’attends, sa colère retenue puis dispensée. J’attends. 

 

 

 

K., presque dans un reproche - sa bouche, habile au reproche parce qu’y règne une certaine…inquiétude qu’elle change, quand le contexte s’y prête, en colère et protestations - me dit que G. et elle attendent que j’écrive. Non parce que mon écriture leur paraîtrait indispensable à leur équilibre psychique et poétique mais parce que, parlant de K., je produis, pour G., une sorte de lien entre eux - moi, écrivant, paradoxalement m’excluant, ne participant pas à un triangle. Inscrire, ici, l’initiale transparente de K., donne chair, une autre chair ou bien vue d’un autre angle, à la K. que G., porte en lui, qu’il ne vit qu’une seule fois.
Si le lien, ici, tendu compte c’est que, je l’évoquais à K. cette après-midi, quand elle vînt m’aider, au milieu de mon désespoir, à préparer mes colis Vinted, leur rapport se fonde moins sur le lien que sur la rupture, le lien devient prétexte, même à la rupture ultérieure qui en constitue le principal. En apparrence, nous pourrions croire, puisque K. rompt, que la rupture appartient à ses prérogatives, à sa nature, puisqu’elle la jeune fille, la poétesse et l’amante, quand, pourtant, il semble que G. y prend…je ne sais s’il faut dire, ici, plaisir, du moins n’a de cesse de créer les conditions de ce rompre. Cette rupture permanente nourrit en eux, aussi, un manque, en elle la plus absolue des poésies, en lui, la passion, lui, qui semble-t-il, vécut…de loin absent à lui-même sans, vraiment, participer à cette absence. Certains êtres, à cause de leur apparence ordinaire, manquent, croit-on de hauteur - et peut-être s’en convainquent-t-ils eux-mêmes - le cas de G. échappe, de façon évidente, à ce regard superficiel posé sur lui, il appartient, au contraire, à ce registre précieux, d’êtres qui mènent en partie dans le rêve l’intensité de leur existence ; rêve, qui, ici, signifie aussi, intime, intimité d’avec son épouse ? Quant à ceci je ne peux me prononcer, femme spectrale, pour moi, n’existant que sorcière, vide ou contrainte. K., pour G., est un rêve, son courage, justement ici, son changement, celui qu’il provoque, qui l’ancre (tandis que K., elle, encre, encore, une subtilité que google traduction ne rendra pas), c’est de se matérialiser auprès de K., prendre ce risque, envisager, jusqu’à même, l’X. Je ne crois pas à la physiologie comme une sorte de science exacte qui traduirait de chacun et chacune l’âme tentant d’être secrète ; elle me sert, pourtant, poétiquement, disons, pour dresser à grands traits amusés et brouillons, la personnalité des individus comme, plus haut, je m’y essayais quant à Gherasimov. Les photos de G., à mes yeux, ne montrent pas un type banal et ordinaire, au lieu de la mélancolie russe de Gherasimov - ou de K., qui, malgré elle, la porte comme une sorte d’accent qui trahit toujours une origine - dans le cas de K., son accent ne traduit pas son origine, son français est parfait - je devine un rêveur, un peu secret, aussi, plus en retrait qu’il ne voudrait, K., aussi, lui offre une avancée, un truc décisif, une sorte de chance qu’il doit saisir et que, pour l’instant, il ne saisit pas vraiment, et risque, à ce titre, de gâcher, le risque implique un danger d’une autre intensité à quoi, j’espère, il s’exposera sans quoi…eh bien, sans quoi, lui, toujours demeuré (en français, ici, encore un jeu de mot, demeuré qui veut dire rester, to stay, mais qui veut aussi dire, idiot, mais de façon très intense et plus injurieuse) dans le rêve, demeurant sur le seuil de la vie,d’une autre vie. Pour K., malgré elle, pour l’instant, tout ceci, exercice littéraire ou G., surtout, sera le G de teleGram et non de Gleb (en français la glèbe était la terre à laquelle les serfs étaient attachés et qu’ils devaient cultiver, est-ce que, Gleb, n’est pas, ce sol à quoi on s’attache et qu’on cultive pour écrire ?).

Je m’étonne régulièrement de mon absence totale d’orgueil, K., aujourd’hui, dans le bruit du scotch et des coups de ciseau pour mes colis, j’ai décidé de ne pas être amoureuse de toi comme j’ai décidé d’être amoureuse de Gleb me rendant, malgré moi, pendant, de Gleb, me plaçant, puisque dans la même terminologie, de l’autre côté de l’axe, axe qui est elle. J’employais, pour qualifier sa relation avec Gleb, de cette question du pont et de la brèche, trouvant, que, au lieu de ce que l’important pour eux, soit de stabiliser le pont et de le bâtir, l’important, pour lors, hors de la rencontre, était de l’effondrer, de ne le réédifier qu’en vue, encore, de se trouver, sur la brèche qui, toujours, figure un plus grand vertige. Moi, à l’inverse, pensée qui m’apparaît en même temps que je l’écris, devient, à l’inverse un point net, sans étendue comparable à celle d’un pont ou d’un cratère, une certaine fixité, qu’en effet, une fois réduit à ceci, on peut décider de ne pas tomber amoureuse. Gleb, flotte, ceci le définit, quoi que lui attaché à sa femme, à ses habitudes, à la répétition, quoi qu’il en soit portant en lui ce risque qui, le prenant ou pas, définira son destin, poète ou marié c’est à dire, au final, pas grand chose, pas grand chose si ce choix, bien sûr, ne dépend que de la lâcheté. Il est temps, un jour, d’avoir des mains et ces mains les employer, étreindre et déchirer.
K. n’attendra pas toujours. K., si j’y reviens, encore, aussi, sûrement risque quelque chose, l’effacement total de Gleb quand, au café ou dans les draps, il apparaîtra, dense ou éthéré, poète ou époux. Et dans sa main à elle - quand elle sert la mienne je la sens, ma main, toute vivante, j’y entends même un peu battre le coeur - réduire ceci en petite poudre où tremper, après, son stylo. Le risque, presqu’inverse qu’ils doivent prendre, doit les suffoquer, elle, risquant de le faire disparaître et lui risquant, alors, de tout perdre. Toute existence valable commence à ces points là, ceux de la perte totale parce que, surtout, la vie nouvelle s’y trouve. 

16 août 2022

Trois jeans de chez Nudie achetés aujourd’hui,

Trois jeans de chez Nudie achetés aujourd’hui, des jeans « garantie à vie » prce que cette garantie épargne la Terre de toute surproduction ravageuse comme le soutient la marque, réparer plutôt que reproduire revient à protéger. Sonne comme l’adage contemporain, l’hymne désormais de certaines entreprises concevant à la fois que le monde risque de défaillir de son appétit productiviste et que, donc, utilisant ce constat unanimement partagé, il suffit de bien l’articuler à son produit pour en tirer du bénéfice. 
La « sustainability » comme ces marques appellent, désormais, ce concept qui veut, seulement, que la chose achetée connaisse la durée, résiste aux modes et à l’usure sans s’évaporer, que, en quelque sorte, l’époque moderne opérerait enfin sa mue, sortirait de son adolescence d’enfant prodigue, alors la consommation de masse passerait du gaspillage de produits - trop chers - de mauvaise qualité à des produits plus durables, plus propres, bref relevant d’un autre narratif commercial. 
La slow-fashion jeu de langage qui vient moquer tout ce qui est fast à commencer par le fast-food.
Je me demande, alors, si ces jeans, dont le prix d’achat tourne autour des 200 euros, sort « d’ateliers » situés en Europe (c’est que la slow-fashion et la « sustainability » connaissent des ateliers et non des usines, des partenaires et non des ouvrières) ce qui justifierait le prix de vente (élevé) et en ferait un argumentaire de vente, donnerait, du moins de la crédibilité à leur positionnement éthique. 
Nudie Jeans est une marque suédoise et l’on connait ces pays scandinaves célèbres pour leur vertu, leur féminisme, leur système social tordant d’envie, d’outre atlantique le pays inventeur du Jean et du néolibéralisme, l’ennui terrible de leurs façons d’être, l’arrogance des suédois et suédoises qui faisait vomir Stig Dagerman dans printemps français, la nourriture infecte. 
« We are an open book. You can see the Production Guide for details on where we produce. »
(nous sommes un livre ouvert, vous pouvez consulter notre guide pour connaitre des détails concernant les lieux de notre production)
« Our production are based on the Nudie Jeans philosophy and our enviromental- and social responsibility policies. »
(notre production est fondée sur la philosophie Nudie Jeans et nos politiques de responsabilité sociale et écologique)
Ce qui fait beaucoup de choses pour une marque de jeans et nombre de partis politiques ne montrent pas, pour des sujets autrement plus décisifs, une telle ambition ce que nous pouvons tous déplorer. 
En avançant plus franchement sur leur site, je vois, avec un effroi curieux, la mise en scène de leurs ouvriers et ouvrières, agencés dans une forme de bizarre néocolonialisme, où, comme l’air incertain, les travailleurs et travailleuses (turquie, tunisie, indonésie) portent des affiches imprimées « I made your clothes » (en anglais, évidemment).
De ces images se dégage un je-ne-sais-quoi déprimant, la supériorité morale des européens sortant, encore une fois, mais par le travail cette fois-ci, les pauvres orientaux de leur préhistoire économique. Il en va de même, ici, qu’avec le « commerce équitable » qui demeure, encore, prédation de ressources et captation du surtravail par de grandes entreprises. Pourtant, une partie de la production de Nudie Jeans se situe au Portugal ou en Italie (sans que nous sachions exactement ce que ça recouvre) et, aucun italien ou aucune portugaise ne porte le petit panneau. 
Voilà mon expérience, avec Nudie Jeans. 
 
J’ai payé mes 3 pantalons 43e sur Vinted, frais de port compris (et garantie vinted 0,70 centimes + x% du prix de l’article). Très sustainability.
This is the reason we started.
Every part 
Of every pair 
Of jeans 
comes 
with 
story. 
(#whomademyclothes #imadeyourclothes #transparency)
« We are an open book. »
Be PROUD of your journey
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from trash to 
treasure

(
Made with 
recycled 
fibres)
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So, does Nudie Jeans climate 
compensate for our emissions? 
H*ll yeah, we do, 
and a lot more than that.
 he is running around the office 
putting up signs 
reminding us to turn
off the lights.
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2 février 2021

St. Georges

Saint-Georges
Dimanche 31 Janvier 2021 - 23h21 -
Ligne 12
La ligne 12 traverse Paris du Nord au Sud et se distingue des autres lignes du réseau métropolitain parisien. Contrairement aux autres, exploitées et fondées par la Compagnie Métropolitaine du Chemin de Fer, la régie de la ligne 12 était échue au Réseau de la Société Nord-Sud. Pour cette raison cette ligne 12 - ligne A de l’ancienne nomenclature - conserve des originalités rendant ses stations, en quelque sorte, plus charmantes. On y trouve une multitude de faïences, de petits carreaux colorés dans le style Art Déco - je suis un grand fan - le nom des Stations se constitue de mosaïques tout à fait hors-sujet. Qui se donnent des airs d’une antiquité romaine. Rappel de ce que le métro parisien a bien un siècle et qu’il y a un siècle, déjà, on voulait faire ancien.
Aujourd’hui, lorsqu’on rénove ces stations on leur garde au mieux leur apparence préhistorique pour une mise en spectacle du passé. Restauration d’une autre sorte.
Ici pour qui veut effectuer l’archéologie on trouve l’Histoire en délogeant quelques morceaux secrets de faïence là, le petit sigle NS, qui témoigne d’une propriété caduque, est gravé sous le nom des stations.
Ma présence sur le quai se justifiait : je devais retrouver l’amoureuse dont le train, en provenance de Nice, entrait en Gare de Lyon avec 2h10 de retard. Comme je venais de rater mon métro il me fallait attendre 9 minutes sur le quai alors j’ai décidé, pour m’occuper, de découvrir la station au-delà des mosaïques, des faïences, de l’article Wikipédia et son savoir technique. Au cours de l’entreprise je pus établir un certain état du monde contemporain. Trouvant, dans les éléments divers (pas tant que ça) la synthèse de mon époque.
Ce qui m’a saisi d’abord c’est cet affichage là s’inquiétant du sort des femmes dans les pays francophones et demandant aux gens pareille inquiétude active :
Appeler ceci publicité apporte toujours du trouble. Qu’est ce qu’une publicité. Son statut se définit-il par son objectif : vendre un produit, faire connaître une marque ? Ou par son contexte disons…d’énonciation se retrouver dans le lieu déclaré de la publicité ?
La publicité ce n’est plus aujourd’hui, comme à son origine, simplement rendre public, porter à la connaissance de, mais infléchir et orienter des comportements. La publicité reproduite ici poursuit aussi ce but : orienter des comportements (vers le mieux, l'éthique, la protection).
Autre chose encore m’a intéressé ici. Cette affiche a été investie par des individus sans que très clairement je ne saisisse le sens des différentes interventions. Celle, radicale, en lettres capitales dit « à force de dire aux femmes qu’elles sont faibles elles finiront par le croire » et je ne sais s’il s’agit d’un discours féministe ou, à l’inverse, d’un discours prétendant que les femmes étant déjà assez reconnues dans le système actuel il ne sert à rien de défendre spécifiquement leur cause - il signe au masculin me laissant penser que la deuxième lecture est juste. Une réponse critique et fâchée y est apportée.
Soit.
J’ai décidé d’observer de plus près cette publicité. Non pour fournir une analyse des codes et de la mise en scène qui y commandent mais pour observer ses marges. Ce qui n’appartient pas au message explicitement porté tout en se trouvant bien là, inconsciemment. 
Ici, littéralement dans la marge, on lit le nom du cabinet qui a réalisé cette publicité donne son nom.
Mlle Pitch.
 Mademoiselle cette publicité, qui très clairement s’inscrit dans une dynamique féministe en appelle à une agence dont le nom même contrevient au message. Mademoiselle. Plus loin, encore, est inscrit le nom du photographe : Fred Leveugie. Un homme.
On trouve déjà, ici, une synthèse et un commentaire : une affiche féministe, un débat entre des individus en lettres capitales et rageuses, des auteurs pas si féministes que ça.
On y trouve une autre idée : chaque fois, dans les stations de métro, une des publicités a bonne conscience, qu’elle défende une cause humanitaire, informe sur un désastre, demande des financements.
il faut mettre au jour l'inconscient des formes. 
(ouh)
Alors, j’ai continué ma marche dans la station - 90 mètres pour découvrir un peu plus ce qui habite mon époque. J’ai découvert Tiphaine, 52 ans :
directrice d’une société de 500 salariés en Bretagne. Tiphaine a donné 2000 euros pour réaménager l’espace parents-enfants du centre de santé proche de chez elle.
Puis, le slogan « être Mécénactrice c’est investir pour l’avenir ».
80% des entreprises mécènes choisissent de financer localement des projets sur leur territoire.
On y trouve des choses joyeuses : la mise en avant d’une femme, noire, la solidarité des cheffes 
d’entreprise, l’aspect local des initiatives afin de cibler des besoins particuliers…
Oui.
Mais.
Mais.
Il s’agit d’un centre de santé et sa gestion devrait, doit, absolument, impérativement, exclusivement, appartenir à l’Etat. Ici, on me dit l’immixtion du privé dans le public, on me dit la dépendance du service public, donc de l’accès à un soin de qualité, à des choix particuliers.
Au-delà de la belle histoire de Tiphaine en creux s’annonce l’effacement de l’Etat seul garant de l’égalité entre les territoires…Alors, si dans la Creuse ou en Seine-Saint Denis à l’horizon l’espace parents enfants du centre de santé proche d’aucune Tiphaine continue à se désagréger…
Les stations produisent du sens en dehors des publicités. Face à la mort habituelle et la mise en garde commune du ne pas descendre sur les voies s’affiche désormais le virus mortel qui parasite nos vies. Le nouveau danger échappant à la mort commune se rappelle partout, descend jusque sur le quai du métro et dans la rame. Moins létal que le coup de semonce du métro cependant. Omniprésent.
D’autres publicités parlent du monde qui nous entoure.
Celle proposant une application sportive. Qui dit à la fois la sédentarisation des activités (faire du sport chez soi) la quête de bonne santé, la numérisation de nos pratiques (une application). C’est une publicité de l’air du temps comme en d’autres époques une publicité pour le Yoga, autre mode, autre bien-être.
La publicité pour food chéri s’inscrit dans la même dynamique, mieux manger, mieux 
consommer, utiliser son application tout ça avec la grâce ludique du jeu de mot.
On y trouve aussi le truisme publicitaire, celui qu’on attend les fameuses publicités culturelles, on annonce une production artistique, un film grand public, une pièce de théâtre…Ca nous dit que la création ne cesse pas, que des objets culturels continuent d’être produits et que des manifestations publiques se tiennent - se tiendront - encore. On pourrait analyser le contenu de ces publicités, montrer les trajectoires que prend le cinéma grand public et tous ces trucs qui appartiennent aux professionnels de l’ennui - je ne saurais me compter parmi eux étant chaussé, déambulant sur le quai, de bottes Jeffery West en (fausse) peau de serpent et peuplées de (vrais) clous.
On trouve d’autres publicités à visée humanitaire qui ne manquent de nous serrer le ventre et perdent hélas l’essentiel de leur impact de côtoyer food chéri et fizzup comme si je peux alors éviter de me confronter directement à cet immense violence, distrait que je serais par les couleurs criardes et le ridicule de toutes les autres publicités. Diversion…La fondation Abbé Pierre fait ce qu’elle peut et raconte, elle aussi, plus tragiquement encore, l’échec du Service Public. Des être humains vivent et meurent dans la rue et des associations tentent de toute leur force - jusqu’à la publicité - de les faire durer. Sûrement Tiphaine donne mensuellement ou ponctuellement, avec un abattement fiscal de 66%, une partie de ses ressources à Amnesty International.
D’autres publicités visent - avec homme noir à tresses antithèse du bon citoyen il y a 10 ans - la bonne conscience écologique et nous incitent à mieux jeter ce qu’on a mieux consommer. Une cohérence apparaît : faire du sport, avoir faim, jeter. ô cercle parfait des contemporanéïtés. La perfection moderne, c’est pas des lol. L'exactitude de ce système me donne un instant envie d’y croire et de m'y fondre (voir le PS)
Je crois que cette promenade souterraine m’a beaucoup instruit.
Le métro arrive, je changerai à Madeleine pour prendre la ligne 14, la première automatisée de Paris, celle qui n’a pas un siècle, ne fait pas de bruit. Encore un commentaire du présent. Décidément.
PS : Souscrivez à la banque la moins chère pour la 14ème année consécutive. Code promo en MP et argumentaire de vente pour la souscription d’un contrat d’assurance vie recommandé par Rotschild (52,29% sur 30 ans).
                                                                             

 

3 octobre 2020

Le non-mouvement de Viennefascine l'homme aux

Le non-mouvement de Vienne
fascine l'homme aux lunettes
fumées-violettes sort un stylo
se démode dans la ville démodée
costume de flanelle croisé
horrifiant Heidi Slimane
la poche vibre un appel international
le smartphone tu d'un geste rapide
on le note sur le calepin un Leuchtturm1917
hostilité de principe dans la ville
(m)usée au Moleskine Hemingway
on ne veut plus en entendre parler
cet auteur on ne comprend pas 
pourquoi avant lui personne n'eut 
l'idée de lui fermer la bouche
d'un coup de fusil bien placé
il y avait le choix 
(en vérité il hésita entre le Leuchtturm1917 et le Moleskine
mais sa haine de Hemingway le seul auteur lu en seventh grade
le divertit de son geste il cède au nom le plus compliqué
il a toujours su prendre l'air pénétré de celui qui sait il n'y a
qu'à voir sa photo de profil)

Le type un vieux beau on ne saura jamais l'inscription sur le carnet, arrivé trop tard, on imagine, il parle anglais l'accent du Texas, d'Austin peut-être d'ailleurs beaucoup plus loin, Wellington ? D'un geste il interrompt nos pensées et dessine, cette fois on peut le voir, un long serpent clair et murmure incompréhensiblement Austria-Hungarian Empire. Quelque chose comme une langue épaisse gonfle le carnet ou bien la pluie (ouf intact). Ca valait donc quelque chose le Leuchtturm1917.

La ville fracassée comme les tables de la loi (?) s'étend rapprochée tant bien que mal par l'homme des ponts jetés comme les bras des désespérés aux canots des naufrageants des femmes des hommes parlant le langage du diable ou de son petit-fils sans corne marchant parmi les vivants l'air étonné de tant leur ressembler l'homme ce n'est plus ce que c'était se dit-il à la terrasse du Starbuck 

pourquoi rentrer chez papa l'enfer vaut bien l'enfer l'air si semblable
et dans l'eau flotte les sacs en plastique on croirait les morts de chez nous dit le petit-fils à une femme viennoise, touriste assurée depuis que le GPS apprivoise la ville inconnue, elle ne répond pas, hoche la tête il ne sait plus le sens en Albanie de droite à gauche c'est oui et de haut en bas non le prend elle pour un fou des morts pareils à des sacs plastiques
Elle ignore sa race il dit en allemand du 14ème siècle
Il lui dit "vous ignorez ma race" en vieil allemand à caractères gothiques
Beaucoup de confusion dans cette langue à peine déchiffrable pour la viennoise, entre deux âges, le petit fils du diable ou moi-même avions omis la précision
entre deux âges ça dit
presque plus reproductrice à la casse des XX quelle stupidité
(c'est moi qui parle, JE quelle arrogance)
il vient de pays de suie et de douleurs là-bas enfants décharnés flottent à la surface des cours d'eau polluée (c'est elle qui pense)
l'Inde son imagination limitée des eaux sales se limite au Gange et incapable de soupçonner les lacs de lave bouillante la terre sous la terre ni le ventre de l'enfant-soldat familier infernal

Elle part chavirée c'est pour autre chose qu'elle a fait le déplacement jusqu'ici on lui raconte depuis l'enfance la semblance de l'eau d'ici et la curiosité enfantine d'imaginer l'eau de sa baignoire la même à quatre cents kilomètres dans la chambre du grand hôtel Astoria.
Le glou-glou obstiné de l'eau intranquille quelques noyés les péris banals suicide dettes de jeu le long du chemin long / le poème où s'essouffle le nageur quand enfin la mer l'eau salée demande l'enfant 4 ans il commence les questions et bientôt la litanie des pourquoi si seulement je croyais en Dieu (je ne parle pas) ouvrant au hasard les pages du Missel/Coran/Torah/ (nous limitons au monothéïsme seules religions appréhendables pour le parent religion du livre à la fin) l'explication bien rôtie mais non le rationalisme saleté de Descartes dans quoi tu m'embarques

 TuttlingenSigmaringenUlm,  IngolstadtRatisbonne 

Ils ont passé par ces villes suivant les berges mouillées s'arrêtant en route recommençant le chemin de pélerins imaginaires. Ni Compostelle Ni Jérusalem Pas d'Elysée non plus pourquoi alors ? 
(c'est l'enfant de 4 ans muri, une miche de pain à la main, attendant à l'auberge d'être servi, il habite un roman de vers 1907)
Guettent le montre marin à la gueule torride le Léviathan briseur de mondes
(le lyrisme encore pour une maigre étendue d'eau pauvre Hobbes ainsi défiguré par cette obsession pré-moderne)
ou bien Charybde en Sylla où sont les bateaux à tête sculptée dragons monstres antiques vandales venus du Nord de l'Europe portant la Sibérie  longue lame affutée au flanc gauche ? (la maturité qu'y peut-on)

La mère l'enfant vont céder à la fatigue à force de sommeil dangereux de feux de camp le bois cesse à la fin de croire à sa propre flamme merde quoi le chemin de halage c'est pour les chiens les chevaux et allons nous métamorphose subir ? C'est la mère qui interroge l'enfant plus si enfant les poils pubiens beaucoup et ce je ne sais quoi dans le regard trahissant une nuit d'amour dans l'auberge 1912 ou le bordel dans les mêmes eaux. Lui ne répond pas il compose avec le lichen des sculptures de pourriture. Que de soupirs la traversée les oiseaux rieurs quand atteint-on enfin les endroits secs désert même fasse taire l'eau étroite

Au moment d'abandon l'éclusier fait des signes encourageants il connait quelqu'un il a tout compris le métier l'expérience tant dénigrée ça sert encore à quelque chose. Il prend son temps d'abord, roule une cigarette il sent le tabac froid c'est vrai (ravive l'odeur peut-être par ce geste gêné) propose au presque adulte sans un regard à la mère il prend la feuille une poignée de tabac se met à la tâche échoue recommence. 

///

Une péniche recueille les marcheurs doux le cliquetis de l'eau contre la proue doux et lent l'adolescent redevenu enfant contre le sein de la mère doux le mouvement de hanches du fleuve homme-femme corps mixte
doucement la voix du batelier entonne le chant triste des marins qui n'en sont pas vraiment ; sonne l'Eglise distraite les cinq coups l'Agnus Dei les paupières collants de sommeil le café tiédi servi du thermos mal fermé.

la Tétralogie il faudra la trouver par soi-même j'en ai semé assez de petits cailloux pour toute ma vie, Petit-Poucet ou grand con que m'importe maintenant.

 

[color=#E6E6FA]
Pour les connards incultes c'est un poème sur le Danube et sa traversée réelle à travers les villes véritables où ils s'herutent les hommes les femmes ou le diable qui peuvent par lui passer pour vivre mourir
j'aurais pu le faire un cavalier avec une gueule de Huns le visage barbouillé des romains assassinés
l'écrire avec les mots hongrois que je ne connais pas mais improvisant dans les caractères
improbables c'est par ce mélange qu'il naquit le hongrois en combinant toutes les langues
dans un chapeau et si tu le trouves trop long n'oublie jamais qu'il s'agit du second plus long
fleuve d'Europe et c'est la moindre des choses de garder à l'échelle 1/10000 son long cours
Tu aimerais être un modèle réduit toute la vie toi qui n'a jamais été grand chose ?[/color]
Celui qui m'atteindra par ici celui là que j'injurie pourtant je lui donne mon amour
tout l'amour condensé dans les mains tout l'amour non-donné au passé et j'irai
chercher loin dans l'enfance avant le premier mot à l'orée du premier geste
sur la croix toutes les croix recueillant la plainte et le cri pour les changer
amour
7 mars 2012

ADIEU A TOUT CE QUE JAI DE VIEUX

Maintenant tous je vous chasse qui avez rendu obscène vivre et aimer. Je vous fais ce meurtre de symbole. Cet au-revoir d'un signe ancien. Demain j'aurai fini de balayer tout ce que j'ai déjà eu de vieux Tous hors de moi. Par la fenêtre d'un geste. Par l'étonnement d'un cri. Vous ne serez plus là. Tous qui avez dans la bouche autre chose qu'un bijou volé, qui avez peint des sorties de secours à vos yeux affreusement mutilés d'ambitions. Tous qui mettez à vivre des chaussures cirées, un pardessus parfait, un visage de petite fille sage tous qui avez tué le sauvage de vos pas pour seulement mettre des talons. L'enfant extraordinaire de vos mains. Mon cœur est un lit d’hôpital aux draps jamais changés. Toutes les maladies des légendes « vivre » « aimer » par vos lois éradiquées s'y reposent.
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  • Vivre mais qu'est ce que c'est ? Un casino miteux, le croupier sans jeton. Tous nés ruinés on s'y rend dans cette salle unique. Sans carte on y mise ce qu'on peut. Son DESERT, son ennui, sa fatigue. Moi. Je mise tout le reste. L’hypothèse Ma voix. Les yeux bleus. Mon désastre. La neige de ma vie. La vase de mon souffrir. Tapis ! Allez. Ouvre ton ventre tapis ! Je mise ! L'infortune. L'angoisse. La misère. La nuit. Les cheveux longs. Tapis ! Mon souffle. Mon pouls. La déraison. Les dents de songe. Les cils menteurs. Tout.
    Et toi qu'est ce que tu mises ? Tu mises tes habitudes. Et l'habitude ça t'a déjà tout pris. Ta main qui va sur le pavé digital de ton chez toi comme elle va sur les corps. Tu as fait d'un boitier électronique ton amant le plus régulier. Tu vas au plaisir du même geste de grenier fatigué que celui qui te mène à l'emploi. L'habitude ça t'a tout volé. Ta voix quand elle fait "bonjour". Ta bouche et ses baisers dressés quand déjà ce n'est plus la première fois que tu frémis Tout. Tout. Ta vie tu l'as mises en gage et pourquoi ? Parfaire ta ruine. Cette usurière l'habitude.

    Vous avez fait de vivre un point de vue et bien voilà moi je dis c'est un panorama et vous n'y êtes pas invités. L'infini ça demande d'autres dents que des dents d'émail, vos dents fameuses de bains publics

    Qui comprend que le REVE c'est d'abord un foyer. Qu'on le bâtit de la Pierre de nos ongles, du précieux de nos voix Que vivre se débouche à vingt ans et se vide d'un coup. Garçon encore à boire ! Toujours à voir. Vingt ans ça ne s'entretient pas comme un meuble de vestige. Ça se gâche dans des batailles. Ça ne soupire pas. Vingt ans. Ça halète comme une mer jalouse.
    Changer. Changer de corps de visage. Changer par le maléfice de vieillir ? Rien n'est forcé ! L'amoureuse dans le miroir choisit son fard et bien à mon tour je décide la lumière qui tombe sur ma vie ! Vous en gênez l'exploit, le parfum. Je veux un air sans vos visages endettés. Et pour ce crédit qu'avez vous eu ? Un bonheur minuscule !
    Moi. Pour être heureux j'ouvre le dictionnaire et je raye tous les mots, je ne laisse intact que "aimer". Du chantant de la nuit je vous dis « je t'aime » et « je t'aime » ça veut toujours dire « adieu »
    Il y a 16 heures · · 1

  • Comme je suis fatigué de toutes vos vérités d'équation
    Comme les gens vite s'effacent et vite vous devenez des rires anciens des personnages historiques des rubriques et des thèmes dans le manuel de mes mains
    La déraison vous lit

    Je voudrais laisser l'empreinte solaire de ma vie dans toutes les rimes

    Maintenant je vous refoule hors du rêve hors du tracé périlleux des fougères
    Restez dans vos formulations pragmatiques du réel

    J'ai fait à l'objectivité son procès, elle comparait pour crime contre la folie
    Empoisonneuse de l'erreur de la poésie de la lumière et du rêve
    Je la condamne selon vos lois hideuses nah !
    J'ai dressé une Cour spéciale pour juger les concepts Au jury on trouve l'insolence, le ciel, la fièvre et on récuse la science Vous vous n'avez jamais rien su organiser d'autre que des pelotons d'exécution à qui ne vous ressemblait pas
    Ah inadapté lyrique c'est ton tour de rire
    "Mais du feu je ne cherche chaleur ni lueur du feu j'attends la brûlure" dit il et tout le monde rit
18 mars 2009

Une fille en soie.

Boudi013Wendy   Boudi092Marion.

Il y a une fille en soie couchée dans des draps d'ennui. Une fille sans soif qui évites les fontaines de vertus. Je vois une étoile singulière qui se tait sous l'architecture des constellations. J'attends. Des barrières qu'elles s'effritent, des miradors qu'ils se bouchent, des meurtrières qu'elles se suicident. J'attends, avec mon coktail en terrasse. Je sirote l'Histoire. J'attends sa vérité, son procès et ses oublis.

8 avril 2023

S2.

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S2, que j’ai rencontrée à l’hôpital de jour, durant ce temps atroce - si solitaire - où la quétiapine diffusait en moi son sommeil croupi, me suit depuis quelques jours sur Instagram. S2, est une fille plutôt jolie, qui souffrait d’anorexie mentale qui, celle-ci, la mena au bord de la mort, sauvée de justesse par l’institution médicale et par F., son compagnon, 40 ans de plus qu’elle. Couple, qui, de l’extérieur, elle jeune fille de 28 ans et lui homme passé deux fois, semblerait un de ces couples tout en laideur, de domination et d’emprise psychique, or, F. et S2 sont devenus leurs conditions de survie réciproques et, tout jugement extérieur, parce que trop prompt et systématique - ce que nous appelons désormais ici le simonisme - les condamne d’avance, sur leur passage, toujours, bruisse un vent nuisible. 

 

S2, vient d’une famille bourgeoise, elle se met en scène dans ses story ou dans ses réels (elle ancienne captive de l’institution médicale, lieu de déréel) en tant que blogueuse de mode. Elle emprunte aux influenceuses les poses, mime leurs attitudes, leurs lieux de consommation, emploie la même foule de # qu’eux pour mieux référencer - dans l’inutile déluge - ses posts. Elle écrit, dans sa bio, au-delà de sa nouvelle occupation de blogueuse de mode ; j’apprends à vivre. Comme si, à cause de l’enfermement, elle vivait - avait vécu - dans une dimension voisine de la nôtre, dimension alentie, espace ingérant les neuroleptiques. Son monde aujourd’hui montre des marques arriérées et démodées. Non de ce démodé vintage qui contient sa part de style, dans son originalité assumée. Démodée, alors, en ce qu’elle croit et veut se conformer pourtant tombe à côté. Cette petite dissonance, large assez pour rendre le tout odieux.

les enfants, lorsqu’ils imitent leur idole, le plus souvent, reprennent d’eux les signes les plus extrêmes, la coupe de cheveux, la forme des vêtements, mais il s’agit de versions excentriques, ratées pour ceci, ou diminuées de leurs idoles. Le cas de S2 en diffère ; elle copie au passé. Son monde, cet enfermement, donne à tout son être du retard quand elle souhaite s’incorporer au monde, grumeaux, quelque part, elle demeure malgré tous ses souhaits, à la surface glaireuse. La lumière de ce monde, cette lumière évidente, comme celle du soleil, lui parvient avec retard. 


S2, boit des cafés de chez Starbucks, tourne sur elle-même, joue enfantine, provinciale en quelque sorte, province reculée même du bocage Morvan elle paraît, cette campagne, paraît rurale. S2, pose la main sur sa bouche, dans un geste qu’elle aimerait léger de provocation et qui ne se montre que grossier et gênant. Elle ne sait pas suggérer parce qu’elle emprunte aux autres une grammaire inconnue, je ne perçois d’elle que la syntaxe erronée. Revenant à cette idée de province, elle constituerait le prix de choix, d’un représentant de commerce du XIXème siècle qui n’aime rien que, promettant la grande ville à l’ambitieuse aubergiste, trousser sa naïveté. Parce que S2 est jolie ou, j’aimerais dire, était jolie, de se confondre avec un temps qu’elle comprend mal, de se dissoudre dans le banal où, d’y jurer bruyamment, elle apparaît odieuse, hors-sujet. 

 

S2, surtout, dans cette attitude désespérée, tente d’être au monde, se réapproprier ce corps qui faillit périr de dépérir, elle l’investit, superficielle, forcément, avec ce qui en elle, depuis enfant, jeune fille bourgeoise, jolie blonde aux clairs, française très de souche, on lui promettait de destin, enchante le monde, attire les regards vers toi, ta valeur se mesure aux yeux posés sur toi ou, aujourd’hui, à tes followers. Il lui reste, encore, du temps, que je lui souhaite beau. S2 suit 1500 personnes et compte 500 followers. 

 

Parce que pour S2 être normale, surtout, c’est être vivante, refouler tout loin la douleur ancienne, la mort qui guette et qui dans les guêtres nouvelles étouffent. Alors, que sa normalité espère aussi les suffrages des autres, quoi de plus normal, elle cherche à exister. Trouver chair. 

16 avril 2025

ECG anormal

Suite - 


Après ce début de mort à mourir l’idée, déjà présente à l’état flottant, attendant une autre résolution (advenue, depuis, en ma faveur, restituant mon pouvoir), d’agir  devînt impérieuse. Sans pitié mais sans cruauté je laisserai, encore, avant d’assister à la mise en mouvement de l’engrenage judiciaire, à ma violeuse le choix des justifications à condition que celles-ci s’entendent - s’étendent - des chiottes récurées, des lâchetés et des viols, chacun de ces actes, violences réelles et concrètes tout à l’inverse de ce qu’elle, violeuse, violant, venait de sa peur cet état de conscience abstrait tandis qu'aucune menace n'émanait de ma part. C’est à dire que le simple espace, disons la dernière chance, avant de ce que la plainte s’articule en une forme plus officielle - et le commissaire de justice a déjà pris acte de ses devoirs, son faire-part terrible parce qu’il rugit de ses titres coupants, réclame aussi que tout soit traité, c’est à dire que ça entre profondément dans les choses, ces cruautés bien réelles, la réalité du courrier trouvé dans ma boîte aux lettres, les avis changeants à chaque minute, les mensonges répétés aux autres parce que ça il va falloir le dire très explicitement que ça n’a pas disparu deux mois.
Faire face, comme l’on dit aujourd’hui.

déjà

voilà une première vérité
avant de 

faire justice

et je peux garantir ici même que d’autres se trouveront moins chanceuses puisqu’à elles aucune chance n’est laissée depuis que nous avons pu récupérer le message diffamatoire qui me visait et dont on sait qu’il se répandît. Et ça.
D’autres mieux traitées qu’une violeuse, il faut le dire. 

parce qu'il est temps que vérité redevienne coeur vérité qui coeur emplit de justes dix mille documents vous n'échapperez pas personne n'échappera ni la violeuse et sa psychophobie 
et déjà aujourd'hui l'accompte. 

24 avril 2021

Marthe - Viol

Consigne : utiliser le mot marteau, entre autre, les suivants j'ai oublié

la concordance des temps n'est pas respectée parce que toujours les choses se jouent au passé et au futur

 

 

Marthe maniait depuis sa plus tendre adolescence le marteau et la menace. Elle se tenait du côté de la violence et rien, ni son cou de vieille ou le rétrécissement de son bassin passée 50 ans, ne changera sa pratique.


A Ménilmontant, on la connaissait sous le nom de Marthe la forge sans que personne, jamais, ne comprit son métier et elle se plaisait à entretenir le doute à ce sujet. Elle interdisait, seulement, qu’on lui en attribua deux : maquerelle et indic’. Malheur à celle ou celui qui, pour la farce même, lui attribuait ce rôle. Elle sortait, sans précipitation son marteau, et désignait alors l’impertinent qui, très vite, comprenait sa bévue et, se reprenant, la tête basse s’excusait. Marthe, par bonheur, ne savait ni la rancune ni la vengeance et, si elle devait recroiser l’effronté ne gardait aucun souvenir de sa trop folle audace.

 

Enfant, Marthe avait le goût des escapades crépusculaires pour le plus grand désespoir de sa soeur aînée, Sylviane, qui toujours la poursuivait dans les rues et, toujours, la perdait dans quelque secret passage de Marthe seul connu.

 

A sept ans, quand Paris sentait encore le faubourg et le coupe-gorge, un homme viola sa soeur sous ses yeux. La violence avait pénétré dans la maison, velue, à l’odeur de Ricard et à l’oeil masculin de petit commerçant. D’autres enfants, à sa place, sûrement figés par la stupeur seraient demeurés immobiles ou bien, capable d’un seul geste, auraient couvert leurs yeux de leurs deux petites mains. Sa main d’enfant, Marthe l’employa à un autre usage, elle ouvrit le buffet du salon où traînaient, poussiéreux, les clous, les chevilles et le marteau à tête d’acier inoxydable. 

 

Elle saisit le marteau, s’approche du violeur et de toute sa force enfantine, cette force qui toujours ira croissante dans la violence et la menace, l’abat sur le crâne criminel.

 

Le coup atteignit mortellement le violeur. L’air stupide, il tente de protester, s’effondre, inerte, la bouche demie-ouverte, sans bruit. Le sang ne coule pas, le légiste ne trouvera aucune plaie. La mort trop honteuse pour exposer d’elle autre chose que cette masse molle, sans attribut.

 

La mère vivait de débrouille, son portefeuille contenait une petite carte jaune, précieusement conservée, tamponnée par la préfecture de police qui autorisait son activité en rappelant que celle-ci, toujours, s’expose au contrôle administratif. Il fallait, alors, un titre de séjour pour demeurer la nuit sur les trottoirs et se faire extorquer contre des billets de 10 francs et la syphilis  la pénétration de son sexe. 

 

Elle arpentait à petits pas timides les ruelles sombres et insalubres qui bordaient la Bièvre. Elle trouvait du réconfort près de cette rivière puante avant qu’on ne la coule sous des centaines de tonnes de ciment croyant, par là, enterrer la douleur et l’insalubrité. Ces siamoises réapparaissent ailleurs, dans les bois ou d’autres rues truandes. 

La puanteur, hélas, trop répandue se trouve produite en série avec une infernale régularité sur une chaîne de montage qui ne connaît ni grèves ni syndicats. 

 

La nuit du viol Marceline, la mère prenait par le bras plus d’hommes que d’habitude, se montrait insistante, courageuse, désespérée. Marthe venait d’avoir sept ans et Marceline tenait à lui offrir le gâteau d’anniversaire dont elle rêvait. Un an auparavant, à travers la vitrine d’une pâtisserie chic du Boulevard du Montparnasse, Marthe se lécha les babines devant un glaçage parfait, les fruits cueillis à l’heure et confits comme des perles. Elle s’exclama avec son enthousiasme d’enfant : oh ce serait si bon !

Marceline, attendit au-delà de l’aube cette nuit-là pour rentrer au martin les bras chargés du cercle parfait et délicieux dont rêvait sa cadette.

 

Pour les deux soeurs, le violeur avait prévu un présent d’une autre sorte sans qu’il ne s’imaginât le merci sourd et solennel que, dans sa langue d’enfant féroce Marthe lui adresserait. 

 

Au matin, Marceline, la mère épuisée, trouvera à la maison les gens d’armes au regard las et suspicieux. Elle, Marceline, tient dans ses mains la boîte de carton blanc qui sent bon la fête et la joie.

A l’entrée de Marceline, l’inspecteur ne retira pas son béret, sèchement, parfaitement hors de propos, il lui réclama son autorisation administrative, comme il a dit en grinçant. Il la contrôle à fin exclusive d’humiliation. Marceline, sait qu’ici, chez elle, en dehors du trottoir, l’inspecteur ne possède aucun droit elle sait, aussi hélas, qu’elle dispose de moins encore. Elle dépose sur le pauvre petit buffet, avec des gestes précautionneux, comme un vase en porcelaine précieuse sur la boîte en carton blanc

 

Elle cherche, sans trembler, d’un geste accoutumé, le regard fixé sur la boite en carton, sa carte jaune, pas cornée, qu’elle tend à l’inspecteur Philippe tel qu’il ne se présente pas. 

 

Il lui rend le document qu’il ne toucha que du bout des doigts, sans commentaire, soulignant combien ce papier le répugne, puis désigne d’un mouvement de tête les deux filles.

 

Voyez les enfants de la débauche. Si ça ne tenait qu’à moi…Une fille de pas treize ans qui ouvre les cuisses au tout-venant et l’autre…


Marceline épuisée, hagarde, tend à nouveau sa carte, comme si régnait entre l’inspecteur et elle un malentendu, que quelque chose lui avait échappé.

Sans aucune parole elle désigne avec une insistance inquiète le tampon préfectoral comme si la signature républicaine, sainte en quelque sorte, la rétablissait dans l’honneur et la citoyenneté, l’arrachait au soupçon.
L’inspecteur ignore Marceline, elle appartient, à ses yeux, au genre des meubles dégradés, tout juste bon pour la décharge ou les gens du voyage qui, eux aussi, circulent chargé d’une autorisation de déplacement.

 

 

Marceline, tête basse, entend l’inspecteur Philippe déambuler dans l’appartement, examiner le pauvre mobilier du pauvre appartement où logent les trois femmes. Elle ressent une honte immense devant le dénuement où elle se trouve, la paillasse qui lui sert de lit, les fenêtres impossibles à ouvrir. Pas d’homme, il dit, pas d’homme comme si, ceci, ajoutait encore un peu plus d’inhumanité à la condition des trois femmes. Pas de fils. Heureusement. Il continue d’arpenter l’appartement avec dégoût, se gratte le cou qui ne le démange pas. Demande s’il y a des punaises. N’attend aucune réponse. Les deux soeurs ne bougent pas. En présence des représentants de la loi, leur mère, sévèrement, sa seule sévérité jamais, exigea d’elles en les suppliant, les yeux étincelants, de se rendre invisibles. Surtout toi ma petite Marthe, une tristesse immense dans la voix. 

Elle sait trop comme chacun de ses gestes, toujours, aux yeux des gens de loi la condamne ; sa vie même constitue une circonstance aggravante. 

Sylviane, de toutes façons, a perdu progressivement l’usage de ses membres. La vie décroit en elle, à peine agitée d’un léger spasme, toute retentissante, encore, du mouvement du viol, de l’anéantissement qui la visait et l’atteignit. 

 

L’inspecteur Philippe murmure, putains, putains à voix basse mais sans honte, il murmure putains, putains, comme si le mot salissait son uniforme saint. Sylviane entend le pluriel de ce mot, le pluriel qui condamne sa pauvre mère et pire encore, pire puisque ce peut-être pire, le néant où on la relègue, elle. Elle, immobile, inerte, plus inerte encore que le corps tué du violeur déformé, lui, par les gaz post-mortem et le mouvement invisible des premiers vers.

 

Alors Sylviane ouvre la bouche et parle, froidement, durement. Elle trouve, du fin fond de ces eaux marécageuses, sous la pression infâme du mépris administratif, une force, un point de lumière qui ira, grandissant, la gardant toute la vie du néant qui faillit l’engloutir jusqu’au cou. Elle parle et voit le visage honteux de maman, maman, les mains toujours tendant le maudit bout de carton jaune, maman qui ne regarde plus sur le buffet le paquet de carton blanc. Pour elle toutes les odeurs, toutes les couleurs sont exténuées. La beauté décroit. Sylviane, elle sent l’odeur des fruits confits, du Ricard, du viol. Elle voit Marthe qui de toute la nuit sans sommeil n’avait pas relâché d’entre ses mains d’enfant le manche en bois du marteau à tête d’acier, Marthe prête, à nouveau, à tuer. Marthe, le geste tendu toute la nuit comme la corde d’un archer anglais pendant la guerre de cent ans.

 


Sylviane parle et sous ces coups de burin, l’inspecteur rétrécit et pâlit, la honte change de sexe, aucune protestation ne sort de sa bouche torve, il ne parvient plus à dire, son uniforme tombe, il cache son corps nu sous ses mains, il sent la honte qui l’étreint, sa gorge s’assèche. Il murmure, il ne sait d’où vient ce murmure, ce murmure humain, ce murmure de fils, de père, de frère, il murmure…pas d’inquiétudes, pas d’inquiétudes. 

Je suis désolé, désolé, toute la vie, pour geste de contrition, il protégera, discrètement, avec la discrétion qu’exigeait Marceline de ses filles, les trois femmes. 

Il empêchera la presse de relater les événements, à peine un entre-filet de ce qui, sans son intervention, aurait fait les choux-gras d’une presse trop avide de sensationnel.


Sylviane, elle, quittera la France, elle exercera une autre violence que Marthe, sa soeur. Elle posera des bombes, anarchiste débutante puis convertie tardive au communiste. 

Sa soeur méprisa le charme révolutionnaire, les explosions l’agaçaient, la guerre lui en offrit un stock suffisant. 

Sylviane, immigra, avec d’autres, en Union Soviétique où elle conserva une haine féroce contre les flics, y compris la police du peuple. Son histoire disparaîtra dans la toundra, la neige sibérienne ou la perspective Nevski. A son tour elle emprunta une ruelle d’elle seule connue.

 

Marceline tendit toujours sa petite carte jaune même après la disparition des cartes jaunes, elle tendait dans le cercueil et sur son lit de mort la carte jaune, elle désignait, au milieu de l’ultime délire, le tampon imaginaire qui faisait d’elle, à ses yeux, un être humain. 

14 mars 2021

Oasis 21 - HSBC

Décrire dans un style vif un bâtiment




Les blocs de béton, tout est bloc de béton, portail, fermeture, bip, moteurs, tintement du tramway, rugissement électrique, les tramways sont des chatons, des modèles réduits du cri véritable des pétroleuses pétardantes, des locotomitives en zinc gris où le soleil brille et les passagères grillent. 
Continuité, permanence du gris, gris le sol, gris l’horizon, gris jusqu’au ciel comme si le béton gris remontait, à l’extrémité du monde pour tout cerner de gris, de gris morne, de béton, d’une apparence usagée, le déjà-vu immobilier, le trop vu même. L’escalier béton armé, escalier humide, la mousse a poussé longtemps sous l’indifférence générale et chaque marche connait ce tapis végétal. Puis, il y a ce type, les cheveux bouclés, l’assurance mi-feinte, mi-réelle, en construction, en débat, l’assurance comme le béton, en transit, sur le point d’être finalisée, peinte, il manque un peu de couleur, de tout à fait vu, de bien vu. Il passe son badge, une fois, deux fois, une caméra regarde, une caméra bienveillante, elle dit, par zoom et dézoom bienvenue chez toi, bravo, entre-ici, béton vivant tu bétonneras souvent. Bip magique, le bip transforme, transmue, change, sous le contact du bip la porte neuve, transparente, ouvre sur un monde lumineux de baies vitrées de soleil-parjure, Oasis 21, parquet neuf, lumières douces, oranges, lumières tendres fruits murs, lumière liquide, antioxydante, tac, tac, tac, transparence, le doigt désigne, l’open space, les bureaux en tek, les toilettes zéro déchet, Oasis 21 comme sur un fond vert se joue cette pièce, derrière le fond vert, dans le monde autour du fond vert Oasis 21, dehors, par la fenêtre d’Oasis 21 le béton, les herbes folles et mortes de la ville abandonnée à une nature peu ambitieuse, racaille, la nature des terrains vagues, racaille, poussant, chiendent et orties. Par la fenêtre, les grandes baies vitrées exposées plein Nord face au sans-soleil, le tramway au mugissement de chat précoce. Le garçon cheveux bouclés parle à une fille sweat-shirt qui dit feedback qui dit des mots à chemise et tailleur, qui porte un sweat-shirt, sous son sweat-shirt un foulard caché, un chemisier, dessous de la dentelle, dessous encore de la matraque ou les marques des suçons, les soumissions, la griffure, rah, une chatte, un chat. Le garçon cheveux bouclés derrière la chemise rien, transparent, le garçon béton, le garçon baie-vitrée, le garçon Oasis 21 on voit à travers le garçons les végétations, les cordes vocales, les choses pas arrachées, le ronflement du coeur, le cri petit du chaton prématuré. Le parquet ne grince pas, lisse, la lumière se réfléchit, fait comme mille petits lacs où désaltérer l’ombre. 
2.

Attente, le quai, le premier quai, le tramway muet, deux stations, le quai, corps défile en bas, corps défile en haut, circulation, circulation, le corps descend, remonte, bip, tac-tac-tac, alarme, le quai, une station, tac-tac-tac, bip. 

Bip, c’est le bip ou l’alarme le bruit tout est bruit, bip, tac-tac-tac, bip, l’objet en métal dans le revers de la veste, l’objet qui monte dans l’ascenseur au cinquième étage. Au cinquième étage 1000 m2 de claviers de corps d’écran de tac-tac-tac de cris, de sonneries de téléphones fixes, des millions de bonjour sur une année, le plafond très haut, le bâtiment en peau de serpent, le bâtiment couleur de meurtre, le fond rouge HSBC, la cravate rouge HSBC, type meurtre, la moquette rouge, 1000m2 de flaques de meurtre, tac-tac-tac. Badge, bip, rouge sur rouge. Le noeud papillon rouge, la couleur du meurtre, le meurtre, le tapis roulant du meurtre, l’aspirateur l’homme noir la musique dans les oreilles passe l’aspirateur vrooouuumm. Musée du bruit

 

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  • une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.
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