Je ne sais pas marcher.
La danse des
revenants aux frontières salées et trempées, la
ronde des insensés crieurs de joie, la tête alourdie du
rêve, qui penche. Princesse d'or, ta démarche
tyrannique, et tes ciseaux qui coupent les poupées de chair.
Je ne tue pas, je torture, j'éborgne mes rasoirs dans la
gorge. Les sourires des chansons, mes mots sont les carnassiers, les
petites étrangères à l'accent pâmé
et les peines douces...heureuses, doucereuses, oui. Je suis grave,
l'accent GRAVE, c'est l'Histoire dans le ventre, l'Histoire dans le
ventre pressurisé, hérmetique, sans accès. J'ai
FERME la porte. Retour au pays du miel d'hiver, des bouffonneries
mécaniques sur les planches, de la féérie
scientifique, du rêve en solution et l'imaginaire in vitro. Nos
utopies quotidiennes s'empêtrent les pieds dans les rideaux
théoriques, jusqu'aux relents des routes de l'enfer et du
cauchemar. Fanfare atroce clinique, musique au faciès bleu,
J'EN AI LA PEAU DE L'AME RECOUVERTE MAIS PLUS PERSONNE NE VOIT. Des
litchis éventrés qui ont l'odeur de la CHINE échinée,
des pays usés, des pays bridés...de contrainte. Je
roule l'annualité entre deux feuilles de papier à
fumer, LA VIE AUSSI, et ces drames artificiels. Mendiant, mendions,
les enfants monstres les monstrueuses enfances, la réalité
a des épines qui poussent jusque dans le coeur des roses,
jusqu'à l'odeur d'une fleur sur la mèche ! J'ai les
cauchemars qui dardent leurs flèches pour mon trop grand
caractère, ma sensibilité vaste. Je suis un désert
de sentiment, j'ai l'étendue d'une plaine Sahara. Je suis
intolérant, à l'oreille "un tolérant",
j'emmerde. Je rêve rouge, je rêve rouge de regrets et de
meurtres, je rêve de poignards à illusions qu'on enfonce
dans le coeur déséquilibré, je suis une déviance
à moi tout seul, je suis la déviance on ne m'a pas
appris à marcher droit et on me croit prince et gracieux. JE
NE SAIS PAS MARCHER. Je porte l'élégance des inconnus,
je porte l'élégance bien née, dans mon baluchon,
sac des vagabonds je défroque l'imaginaire. Je rêve
rouge, je me réveille le nez saignant mille fleurs. MENDIANT,
j'écume les fonds, je draine entre les doigts les os craquent
et les cheveux secoués de poussière. Ma musique. Je me
suis réveillé un jour, c'était demain. Alors ça
repart, voilà mon coeur qui cogne, qui cogne dans ma poitrine,
et la poitrine mesure contre les tables d'école, et la
poitrine bat les professeurs et leurs équations insolubles. Je
suis INSTABLE. Je suis en primaire, ma table TANGUE, je ne cale pas
mes boules de papier sous la chaise. Le coeur cale. C'est reparti,
défibrillation, le coeur BAT. Et même si tu ne viens pas
je te cherche, et même si tu ne me sautes pas dans les bras je
suis d'outre tombe, d'un autre monde, et pas d'illusions. J'écrase
la réalité contre les parois de ta présence
comme un mégot dans un cendrier. Je me brûle les
doigts.
Ils m'ont cru fils de prince, je suis fils de la Terre,
cette pute et ces 21 grammes dans les césures sensorielles. Je
suisorphelin de l'Univers et la paternité dans une étoile,
je te l'offre.