Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
boudi's blog
Publicité
boudi's blog
Archives
Newsletter
1 abonnés
9 mars 2023

Ponts.

Moralement épuisé. Depuis mes douze ans le suicide, comme issue de secours ou appel hors de soi me prend. En 5ème, en cours d’arts plastiques je crois ou peut-être de SVT, je demandai à Cyril, mon meilleur ami à l’époque, s’il pensait parfois au suicide. Il me répondit que non, qu’il était heureux, avec sa Nintendo 64 et son amoureuse Dorothée. Alors je n’ai plus rien dit. Souvent, quand des chagrins trop pressants me prenaient, j’enfonçais ma tête sous l’eau dans la baignoire sabot de l’appartement de la rue Jean-Baptiste Lully. On ne se noie pas comme ça. Pour se noyer, je l’ai compris bien plus tard, il faut être vaincu par l’eau, être dominée par elle. J’ai essayé, parfois, avec de bêtes couteaux, de me tailler les veines sans succès, n’y laissant même pas des écorchures. Suicides, jadis, sans conviction, opérés surtout comme un délestage des douleurs et le scintillement, au loin, de l’issue de secours. 

 

En 2017 au plus fort de ma pire crise je ne m’endormais pas un jour sans l’idée obstinée du suicide. A ce moment là, admis à l’hôpital de jour du IXè arrondissement, il me fallait toutes les forces de l’équipe médicale pour tenir. Mais toujours, jusqu’à aujourd’hui du moins, connaitre le suicide était pour moi une façon de ne pas exécuter le mien, de savoir que, à tout moment, si je le désirais vraiment, toute la violence, dedans, pourrait se taire, définitivement. 

 

Le 1er mars en organisant mon suicide, véritable celui-ci, en déchaînant tout ce que je contenais en moi de chaînes frustrées, retenues, d’acier rouillé, je compris la terreur de la mort, pour la première fois de ma vie. Pour la première fois de la vie, je sentis avec effroi ce que ce pouvait ne plus être, de passer de quelque chose au néant. L’absence de « l’après ». Toujours ce passage m’avait indifféré puisque, n’étant plus rien, je ne pouvais souffrir moi-même ma disparition et pourtant…pourtant à ce moment-là, sur le quai de cette gare, elle me saisit la terreur de n’être plus et, étrange pour moi, reliquat de mes années de dévotion envers Dieu, j’ai pensé à l’après-monde, à la possibilité de l’enfer. Pas l’enfer religieux, lieu de pénitence et de punition, lieu, presque pire, où l’âme évaporée erre sans pouvoir se fixer nulle part, j’ai eu peur du tourment pour l’éternité. 

 

J’ai rêvé mille fois depuis ce jour là de ce train qui fonçait vers moi et dont j’étais sûr qu’il me percuterait et que j’en finirai que toute cette douleur, cette pression dans le crâne, ces mots crucifix, que tout ça d’un coup sec cesserait. J’ai eu peur. Peur du suicide, peur du passage de la vie à trépas, peur, je pensais le métal froid ou tiède, je pensais la maladresse de moi tombant à moitié sur les voies l’hémorragie mortelle des heures durant. Peur. Peur. Pourtant. Pourtant, quelque chose en moi d’un ressort s’est brisé ce jour là, d’un ressort, ce ressort là dont je parlais plus tôt, du suicide comme une idée et non un acte, le suicide comme possibilité abstraite et non réalité douloureuse, ce ressort là, je l’ai senti a cédé, j’ai entendu son étirement jusqu’à la brisure. Je pense au suicide de façon froide et arithmétique comme d’avoir cassé la première limite, le premier obstacle qui, en même temps, est le dernier. Que la prochaine fois, parce que je ne vois pas comment il ne pourrait ne pas y avoir de prochaines fois, j’approcherai plus près. Loin des voies ferrées cette fois-ci, bien loin, je pense au monde aquatique, à cette mort privilégiée des poètes. Cela ou Woolf. Les poumons malgré le pouvoir de la métaphore ne se changent pas branchies. 

Publicité
31 janvier 2023

haine.

J'ignore alors comment me défaire de la colère qui monte, un désordre du dedans parce que l'injustice, le mensonge, comme deux plaies m'écrasent et quoi il faut résister, piocher, exhumer, aller au fond des choses, de la mémoire la sienne, celle faillible, celle des autres, truquée et haineuse, se diriger vers l'autre, la mémoire dédiée, abandonnée, fiable à l'infini, sauvegardée sur l'ordinateur, l'image mouvement la voix diffractée face à ça la haine monte plus encore une haine teinte de vérité non pas déjà plus teinte cette haine mais toute haine parce que l'injustice cruelle parce que je peux hurler je peux montrer dire lisez bon dieu lisez bon dieu regardez écoutez alors comment comment pouvez vous par avance condamner lisez diantre lisez les paroles ses propres paroles et alors revenez revenez et si vous jugez toujours pareil alors d'accord à la blessure je me soumets aux chaînes je me livre mais non non je ne peux pas alors je construis cet édifice inébranlable ces preuves pleine de colère

27 mai 2022

Hépars

Hépârs

Toi, à quoi bon toi dire toi dire je haha te mener jusque là voilà que tu recommences la vieille affaire, la sale affaire, toujours la même, tu recommenceras toujours en empruntant ce chemin, incapable de retenir la moindre leçon, celle de cours élémentaire…toi dire toi tandis que…regarde un peu les lambeaux…écrire pourtant comme si le mot change quoi que ce soit comme si la phrase éreintée détournera un peu du néant

Ecrire…un sale métier de traitre de tricheur de menteur de tous les vices en même temps avec la fausse pureté du drame acquis ahaha et on ne se salit même plus les mains à l’encre pas séchée les mots tous ceux de la pire canaille, ceux du journaliste le plus pitre les mêmes tu changes la police et le mot haha haha s’il fallait en dire plus…la police. 

Malgré le temps qui passe toujours tu ne vois qu’un seul sentier, une seule route, sa nature, je peux pas dire, boueux ou de pierres belles, si la margelle de marbre luit ou si les marais grelottants de moustiques y vibrent, un seul sentier, la vue au bout vaut-elle la peine ou tout le long du trajet le défilé observé des usines d’assainissement, le traitement des eaux usées et des âmes dans un état le même. 

Forcément, ce doit être de par là, toi le résultat du processus purificateur toi l’enfant d’un filtre HEPA™ ne parvenant pas pendant ce trillion d’années d’évolution à filtrer de toi la lie ta crasse ton humeur 

voilà suis cette direction, la même approche je te dis, la démence, ta patrie véritable, où tu retournes et pourquoi tu te retournes toujours malgré toutes les dénégations, la main mise sur le coeur ou le doigt devant la bouche les transes magiques autour d’un feu bohème toujours tu reviens à ta première flamme comme le phalène mal mué que tu es au fond.

ton monstre dans le bas ventre pas dans le bas ventre plus haut beaucoup plus haut gros comme un oiseau de proie le descendant des lézards d’avant la bipédie, tenace l’envie de tenir entre les serres rapaces qui a le malheur de passer par là ah oui la proie des proies les peaux écorchés un grand panneau le trophée des épidermes défaits haha tes ours tes cerfs avant c’étaient les larmes des filles tu t’en souviens tes larmes à toi coupaient coupaient comme le verre d’un vase fendu quel monstre se tenait là avant avant loin loin en arrière au temps toi aussi de ton ancêtre reptile affamé 66 millions d’années avant l’extinction du dernier spécimen croyait-on alors quoi 

quoi 
toi ce serait
hanté oui voilà par celui là prisonnier éternel
de son oeuf non éclos
ta peau
ta folie
ta démence
toi tu 
coquille pleine du dinosaure mitoyen
sa mâchoire
violente
toi

la matière flasque pourtant à quoi bon reprendre le vieux cri avorté cette plainte ce gémissement cri d’amour comme dit déchiquetant l’adversaire renversé le tyrannosaure matière flasque puis poussière tu évites tu te le devais c’est le moins qu’on puisse dire la flétrissure du long processus pourrissant parvenant immédiatement d’un bond sans dissertation à l’état de cendres tu t’épargnes l’acharnement thérapeutique tu t’épargnes la corrpution

couche-toi surtout ne te relève plus, couche-toi attends patiemment ton tour il viendra bien assez tôt à quel jeu tu ne sais pas personne ne sait avant le premier jet le premier coup de sifflet la balle perdue logée dans j’ignore quel barillet exquis couche-toi ne te relève pas pendant des siècles et toi recroquevillé à ton tour dans 66 soixante-six millions d’années à ton tour tu hanteras la bête descendue de ton intestin déroulé couche-toi la relève arrive

 

Sois la sixième extinction de masse
La septième
sois le règne 
anthropocène
dévore dix fois
les Saints
ton dû 
fends le vin 
Consacré

6 avril 2022

C'est au bus palladium que ça se passe

Le bus palladium va fermer, je m’y rendais moins souvent, c’est vrai qu’il fût un temps, pourtant le bus palladium va fermer, m’écrase malgré moi. Pigalle a changé, je peux dire ça, moi aussi, comme d’autres bien plus vieux Pigalle a changé. Je me suis senti Pigalle dérobé, vrai devant ces inconnus sortant, non plus du trop ivre, venu de trop près, de trop tôt, des horaires de bureaux. Le bus palladium va fermer je ne m’y amusais plus autant, le temps de l’innocence, des premières chutes inconscientes, des réveils difficiles a passé, je me suis éloigné, moi, ainsi qu’une belle Métive des alcools en quantité inouï et des réveils de 18h du matin. Le bus palladium va fermer, dix ans, onze ans en vérité, de ma vie, de belles années dramatiques autant, le bus palladium va fermer, port de mes nuits, Le bus palladium va fermer, je me croyais le plus fort quand le pas mal assuré j’entrais par l’entrée des habitués et le bus palladium va fermer. Titubé, je titubais, nez rougi le bus palladium va fermer par le froid sec, dix ans, ce sont dix ans de ma vie, des naufrages souvent, qui là-bas échoua par trop, les laissés pour compte, celles et ceux oubliés le bus palladium va fermer je pense à ces disparus le bus palladium va fermer le suicide de H., le cancer mortel d’Eric. Ma nuit le bus palladium va fermer ma première, mon interminable découverte de la nuit du tard du sombre les verres volés, la poudre envolée sur la table de l’étage par D. menaçant. Le bus palladium va fermer. La disparition engloutie de Y. dans la folie dure, méchante.
Je l’aimais moins, le bus palladium va fermer Pigalle a passé, colonisée Pigalle de ces des garçons aux chemises bleu couleur de cimetière et d’after work, les barbes identiques, les cheveux peignés, ces hommes du pareil au même, les filles, le même modèle rétréci d’une boutique Claudie Pierlot.

Nous trouverons d’autres marges, le bus palladium va fermer des plus extrêmes, forcément, d’autres où ne pas vieillir, où brûler convenablement, jusqu’à quel point et à quel prix ? Plus loin, repousser le bus palladium va fermer la nuit
le bus palladium va fermer 
et je repense avec effroi à cette soirée sans profondeur qui, je ne le savais pas alors, annonçait ces dix ans non-amers. Cette soirée dont je croyais avoir tout dit le bus palladium va fermer que je n’ai pas encore dite en entier. Cette soirée mon dieu d’achevés et d’inaveux cette soirée le bus palladium va fermer nous trouverons.
Nous taillerons à la serpe dans la nuit profonde, nous nous épargnerons ces lieux non-dits jusqu’à la malédiction, cette traitresse, le NoPi, érigée là comme une injure, une raillerie, un voilà ce que vous êtes devenus or, non, nous ne deviendrons pas canapé de cuir éclopé, toute grande propreté du NoPi, nous d’autres marges, d’autres non-vieillir, les sources claires et profanes des immortalités jouventes, du corps revenu de l’encan où nous ne trouvâmes pas notre compte, nous laisserons ardoise et découperons sous les murs de béton de l’angoissante ror.shar les absides incrédules. Le NoPi venu là, boîte de Pigalle, se moquant, disant voilà, tu as trente ans, ICI maintenant que le bus palladium va fermer tu vas t’épuiser, rire et te faire croire. D’autres marges, plus loin, plus loin, là, juste là. 
Le bus palladium va fermer non, je ne suis pas triste sans épouvante je reprends le cours de la vie de la fête, dix ans de force en vérité, de courage retrouvé, on ne se doute pas le bus palladium va fermer la force venue de la chose à mourir, le don miraculeux, dix ans le bus palladium va fermer mon dieu dix ans ma première nuit comment la tristesse alors ? le bus palladium va fermer la joie d’autres marges d’autres non-vieillir. Merci
Oh, cette soirée, délabrée, aux êtres victimes de leur force trépassée, celle du VIIème arrondissement, toute sertie seulement de l’horreur défaite des voix mornes aux éclats ternes l’horreur l’horreur le bus palladium va fermer voilà le vrai meurtre, le crime à quoi je survécus, le meurtre ne tuant que ce qui devait mourir le bus palladium va fermer plus jamais je ne verrai ces gens leurs figures de jadis, elles et eux je les vois butent et rebutent rebutant contre le muret. le bus palladium va fermer, cette soirée du VIIème m’a réveillé de partout, l’élan vital de la fête, déjà, de, bien plus loin que la fête, aussi, elle m’a rendu écrivain, à nouveau, cette soirée de désolation, de la terre en ruine, du monde en friche, des fins de l’incendie où continuent, elles et eux, corps calcinés, à miettes à miettes se faire cendres, moi ranimé par la cendre, la terre fertile couverte de ces morts. Me voilà devenu oui le bus palladium va fermer écrivain à nouveau pour ne pas déchoir dans ce puits infâme. 
Ecrire pour ne pas chuter pour ne pas moi dire tout en chutant j’en suis à ma quatrième montée comme cette fille le bus palladium va fermer qu’on disait sublime et que nous voyions hideuse, Médusa échouée, prise au piège de sa nuit devenu néant. La nuit gluante, je ne savais pas, la nuit qui ne te quitte pas, la nuit devenue visqueuse mouvante, qui les prit tous presque sauf G. qui j’ignore pourquoi garde à cause de ses yeux encore clairs et ses vingt-quatre ans, la vie que je sens en moi remonter, remonter, une cascade à l’envers de le bus palladium va fermer sentiments contraires; 

Moi, si je suis des abîmes et du tragique, je leur veux la couleur de mon sang éclatant, je veux de ces blessures portées depuis toujours, en riant, en pleurant, au désespoir, avec honneur élevés jusqu’à très haut. J’ai vu à cette soirée du VIIème le bus palladium va fermer qu’il a déjà fermé, depuis longtemps, pour eux, emmurés, ma nuit ne sera jamais leur cimetière. Ecrire et d’autres marges, ensemble, cette vie, ma vie, la fête, mes extrémités, écrire, écrire. Je suis redevenu écrivain terrifié de voir leurs le bus palladium va fermer ces vies achevées, là, une guillotine tombée, ce lieu de faux-semblant, la fin du monde j’en suis à ma quatrième montée voilà ce qui l’annonce. Je ne finirai pas.L

10 mars 2022

je

Que ma magie se situe dans mon enthousiasme sans recul, l’amour naïf de telle ou telle chose et c’est quand je fais semblant, affectant des postures ou tentant de me comporter convenablement que je cloche et me rend haïssable. Il me suffit d’être moi-même, de ne pas me truquer puisque ceci, mal j’y parviens, malgré l’apparence, la mienne, au jeu du bluff et des manipulations, toujours j’ai mauvaise main, geste trahissant alors le jeu perdant…dire, la magie, voilà, je en l’extension infinie sans façons ni manières, je, du maladroit je incapable d’autre chose que lui-même s’affirmer en son épouvantable majesté. 

 

Je

 

Oui, chaque fois que l’on m’aime c’est bien d’avoir été sans réserve, dispendieux de moi-même, sans chercher dans des ailleurs contrefaits, les bonnes poses, singulier tu l’es par trop pour te couler dans les formes de l’existant de l’avant toi je dissone si j’emprunte à d’autres voix leur timbre et comment me pardonner ce chanter faux comment ce serait pardonner au cristal honteux d’imiter le verre bon marché

libre enfant de bas-fonds titubant loin des blés prodigue et prodigue sème tant que tu sais semer vide des poches toi de toi-même essaime enroue irrite

toi-même tu croyais devoir imiter il te suffisait de vivre tu as pris le chemin difficile et pourtant inutile dupé par les vagues rumeurs testamentaires la vallée de larmes ces sales histoires de bonnes femmes ou de bons hommes comme ça s’écrit aujourd’hui 

 

pas plus qu’à te courber à te tenir droit tu n’étais promis à toi même ta forme étrange souple ou rigide l’entre deux ce que je dis souvent une vie à mi-pente

on croirait parfois toi une épure la flanelle t’habille un suaire vivant des épaules aux chevilles tombe te dessine tu avances la nuit t’annonce te devances quelques mètres toi

tu n’es pas le jour pourtant

le chemin pénible de l’apprentissage par coeur la leçon des autres leur façon de vivre ta mémoire te jouait des tours pourtant, dis ce qui te passe par la tête aristocrate de peu et du peu gai luron ta fatigue facile oscille celle d’un fils jouant masqué libre voilà tout dis dis dis vis vis vis recommence souvent tu n’aimes ni l’odeur des chaînes ni rien vraiment sauf faire à ta guise

Oui, ne fais pas semblant à quoi bon c’est toi-même le plus fort quand tu ne penses à rien que tu te jettes en avant sans craindre le ridicule ou souhaiter le prestige

oui ta patrie ce n’importe où que tu prolonges étendant la main 

Publicité
24 février 2022

Ukraine

Je me surprends à actualiser Twitter, le live du journal le Monde et celui du New York Times, comme les lives des multiplex de football. La même excitation molle dans l’attente d’une nouvelle notification. Un but marqué, un aéroport pris. Le carton jaune, les hélicoptères détruits. La surface plane de l’écran aplatit les informations, m’accoutume à ressentir sans relief les différents messages. 

Dans le feed Twitter, de courtes vidéos montrent un système sol-air détruit dans un champ ukrainien, je vois la frappe du barcelonais Frenkie de Jong face au S.S.C Naples qui détruit la lucarne du gardien comme l’indique un commentaire.


Tout s’égalise, voilà donc, ce qu’on dirait le spectacle ce mode d’équivalence des images, le vrai comme mouvement du faux, même lorsque ces images cachent (puisqu’elles ne montrent pas) la réalité la plus insupportable selon nos récents critères occidentaux : la mort. Nous ne supportons pas, nous a-t-on soutenu, la mort, ce qui a expliqué, nous a-t-on encore dit, les mesures autoritaires, et acceptées, prises par tous les gouvernements. 

 

Je parle peu d’hyper-actualité, je n’aime pas le régime hyper-émotif et egocentrique qu’elle engendre - en toute bonne foi. 

Je n’aime pas, non plus, me produire moi comme au-dessus de la mêlée, moi qui serais, alors, de la dernière lucidité, c’est à dire du pire cynisme, ou de la plus extrême raison, c’est à dire de la plus apathique lâcheté. Ici, je m’étudie, être mon propre rat que j’éventre et étudie comme l’écrivait Dustand. Sujet de l’objet ; objet du sujet.

 

La mort, se montrait à nous, de façon quotidienne, par courbes comparant la surmortalité du printemps 2020 devenue rapidement surmortalité de l’année 2021. Sur différents sites, nous pouvions trouver un décompte quotidien, actualisable, des morts du COVID et des contaminations, ces morts en suspens, crût-on, pendant longtemps. Décompte quotidien ou hebdomadaire tenu à jour avec la même rigueur encore aujourd’hui, dans l’indifférence, suspendus que nous sommes désormais, exclusivement, à d’autres images, l’infographie et le calendrier de la levée des mesures sanitaires. 

La courbe de la mort neutralisée, elle aussi, devenue image sans relief.  

 

Voilà une longue file de camions russes présentés par certains journalistes comme des camions crématoriums. Ils viseraient à effacer les morts russes, à faire une guerre propre une guerre sans morts. J’ignore la valeur de ces images et j’ignore, tout autant, si elles devaient être vraies, ce qu’elles diraient de la guerre, de la psychologie russe, de l’intensité du conflit. Nous pourrions ergoter, des heures, sur le statut de l’image, la grammaire des signes et je crois que ces discussions ne valent guère mieux que les indignations qui me révulsent. 

 

Wendy, avait installé des gens devant une télévision projetant des images de la guerre syrienne qui durait alors depuis trois ans. Elle filmait, dans le halo bleu et clignotant, les visages bientôt impassibles des spectateurs. Les images, les mêmes depuis trois ans, et les mêmes encore sous la caméra de Wendy, ne faisaient plus aucun travail, neutralisées par la répétition, aplanies par la redite, la caméra de l’artiste n’agissait pas, ne réactivait pas une émotion même d’occasion.

Ce sont des images mortes, des vestiges devenus sans valeur, d’une émotion déjà toute donnée. Images lisses de la télévision, images rendues supportables, bien entendu. Images de guerre tout de même. Racontant, directement ou par suggestion, le meurtre, le viol, la mutilation la torture. Devant ces images, les visages studieux, beaux parfois dans le charivari de la télévision, demeurent sans réaction, les images glissent, liquides. Spectateurs des spectateurs nous regardons ces gens qui regardent, ces gens regardent pour nous et nous nous révoltons, devant cette image re(-)générée parce que re(-)médiée, de leur passivité, qui est notre passivité. Leur indifférence à eux est notre indifférence collective, la montrer, voilà une nouvelle image, elle aussi bientôt épuisable, hors de l’exposition vidéo. Le site Web de Wendy où était hébergée l’image a fermé. 

11 février 2022

S.

Sur Facebook, la plupart de mes suggestions amicales concerne de jeunes filles diaphanes, plutôt jolies, toutes minces. J’ai, avec ces jeunes filles, chaque fois quelques (ou beaucoup) d’ami·es en commun, des hommes surtout, évidemment. Chaque fois, parmi ses suggérées, sémaphore inamovible, je trouve S. et si je me rends sur le profil de l’une d’elles, toujours inamovible sémaphore, je trouve un commentaire d’S., des réflexions d’S., des interventions d’S., rarement pertinentes, la lumière obtuse d’un sémaphore inutile. Se signalant, dans une sorte de au cas où sans que je puisse circonscrire avec assez de précision sa visée. Le connaissant assez, je sais qu’il n’ambitionne pas de coucher avec ces filles, le connaissant assez, aussi, je devine son intention plus…démiurgique, que la lumière du sémaphore suscite, comme une oeuvre d’art, l’admiration. Il aimerait se payer des pâmoisons de ces filles artistes, réifiées non cette fois comme objet sexuel, assouvissement du désir forcené des coucheries accumulées, plus davantage consacré, lui, S., comme écrivain total puisqu’accrocher l’admiration de jolies jeunes filles vaut tout comme les baiser. 

 

Ces filles, je le remarque aussi, mettent en scène, avec une maîtrise étrange, ce dédoublement de jolie et artiste. Me les voyant proposer par l’algorithme, aucun doute, telle écrit de la poésie et telle autre ambitionne une carrière théâtrale. Les signes disséminés ne désignent l’identité qu’indirectement, par fusion, synthèse et non par addition. 

 

La mise en scène de soi, dans n’importe quel espace social, relève de la plus grande des banalités, je ne peux m’empêcher d’admirer, seulement, celles ou ceux atteignant dans l’exercice certains degrés de perfection.

Nous savons, aussi, que d’autres poètes - et mes rencontres eussent-elles été différentes qu’il en aurait été de même pour moi - emploient leur titre afin d’impressionner ces jeunes filles et cette fois, à l’inverse d’S., les vider jusqu’à terme, jouant du grelot mal hypnotisant, se courbant, eux les poètes, devant la muse qui muse ne demeure qu’encore habillée. Une fois nue, elle retrouve à leurs yeux son statut de femme, c’est à dire d’inférieure. 

 Moi, je n’y comprends rien

 

 

 

 

 

 

29 avril 2022

Pour rire - Imitation

Tu lisais Emily Dickinson

assise seule patiente

les épaules nues malgré le froid

tu te tenais là immobile

Printemps précoce

près de toi le vent tiédissait

Moi j’haletais contre l’hiver

luttant sans t’apercevoir d’abord

Puis ce fut tu le sais

l’accident le souffle

broyé les mots souples

et maladroits

La première violence 

 

Tu as parlé la première en me voyant

souffler

Tu as parlé tout mon corps

te répondait

mes muscles ma peau mes dents

ma peur 

Tout mon corps répondait

immobile

Tu m’as demandé mon nom

je l’ai bégayé sans demander le tien

On réfléchit mal quand sous soi

le sol se dérobe

 

la lumière

nageait dans tes cheveux

le soleil gloussait en roulant

sur ta peau

 

Kettly

Tu te tiens 

dans ces mots

tracés à la hâte

tu penches vers le silence

Tu te tiens légère comme le vent

Au bord d’un baiser au milieu du vide

jusqu’aux points lumineux

dans le ciel

 

Maintenant je marche seule dans nos souvenirs

qui dansent jupon flottant

au milieu du vide jusqu’aux étoiles

sans nom

 

Dans ce sable l’écume

calmement en couvre les traces

Tu n’existes plus depuis ces mots

Mon premier hiver
Le plus long des hivers

Je parle de tes mots à toi

Je parle du parfum d’Arabie renversé

Sur les draps

 

 

Tu es entrée dans ma peau

par toutes les ouvertures

Tu as dilaté mes pupilles

tordues mes mains 

tu t’es infiltrée dans les lignes du devenir

dans le claquement de mes dents les lèvres 

gercées tu t’inscrivais partout

 

II.

 

Maintenant, je dois me souvenir

Pour nous deux toi

ta mémoire comme tu disais

flanche facilement

Si j’avais pu emprisonner

ton souffle dans de petites

fioles transparentes conserver

tes baisers dans un coin éperdu

de mon corps si j’avais pu

toi tout simplement te retenir
Kettly, ton prénom vagabonde

On ne te retient pas plus

que la rive retient les hautes-marées

Kettly, l’incendie c’est de toi que je parle

parlerai longtemps de toi que je parle

encore là dans l’écho doux de ces mots

là où tu es où ton ombre où la lumière

te suivent tu sentiras parfois le vent tiède

des mots projetés des mots d’amour pour toujours

 

III.

Tu te souviens Les Landes
Tu venais des Landes et tu n'en parlais pas
Il a fallu que je te demande d'y aller
Un jour tu m'as dit "on part demain"
Terrifiée, tu m'as prise par la main
J'ai jeté sur le téléphone des parents
Un mot "ne vous inquiétez pas".
Alors, Les Landes, les forêts immenses
le bruit mouvant de la scie électrique
assourdissante j'entendais la scie
électrique scier à l'intérieur de mon amour
chaque os chaque cartilage je rompais
d'amour
J'admirais ces arbres identiques et alors
Tu éclatas de rire Kettly tu me dis
la forêt truquée cette forêt une forêt
presque pour rire pour le papier
pour la menuiserie une forêt
avide conçue pour la hache la sciure
les oiseaux n'y dorment le colibri 
ne vient pas y voleter depuis l'Amérique

Tu m'as jeté contre le tapis de pin
les aiguilles piquent des millions
de petites blessures comme des étoiles
amoureuses
Je caresse aujourd'hui les sapins
je ramasse les aiguilles souples et dures
et j'enfonce dans ma peau leur pointe aigue
pour mle souvenir

29 janvier 2022

Tues.

jolis insectes dignes des voltiges 

brusquement effacés

les ailes troublées par la flamme insensée

ah, enfant de la tragédie ou de la foudre péri du feu et des surfaces

ma vie pour rien jetée dans un enfer mon propre coeur l’abîme

dedans, je traquais dehors les monstres profonds je croyais

tous abîmes extérieurs ces

pédiluves, le coeur passé à la javel

dans ces lieux inabyssaux

l’abîme, je le porte

Madame catacombe, c’est moi c’est moi

ce coeur rompu moi la poitrine creusée

les yeux plein de larmes je ressemble à ces voyageurs anciens

sûrs de trouver au-delà des mers, dans les continents neufs et sanglants

des mines de sel ou d’argent

Moi une tache lentement que le ciel gomme

petit à petit 

tendrement autant

la pluie tombe

le ciel tombe

la mer tombe

je me vois marcher moi avancer moi dans la vague

la vague me heurtant moi l’écume 

moi le sel gerçant l’océan immense

de ce qui semble un instant la plainte

du lutteur vaincu sur le fil

qui ne se résignait pas pourtant à taper

trois fois le sol mou

en signe d’abandon

ce grand cri dernier 

le manque d’oxygène l’épaule démise

un cri mourant un cri vainqueur

 

alors j’aborde l’excès avec excès je me rêve funambule au rebord des volcans

où je croyais vivre toute ma vie où je ne peux que mourir

alors je cherche dans l’abus la force de moi disparaître me traîner 

à genoux sur le ventre dans le silence

cette obscurité 

l’obscurité

après l’obscurité

moi qui suis

le noir plus noir que le quelque chose

noir

l’obscurité court-circuitée

le noir lui-même écarquillé devenu plus noir

sans fantômes sans rien sans enfer

22 janvier 2022

Antique, le Paris Neuf.

Quitter Paris, 9ème arrondissement, constitue l'une de mes angoisses les pires. Il m'est arrivé souvent, moins depuis que le COVID a ratatiné la ville, de me pencher à ma grande fenêtre pour regarder ma petite rue et tenter d'absorber chaque petite goutte de cette rue. Le garage Renault en face de chez moi où j'entends parfois le pompiste disputer avec les automobilistes qui, ne comprenant pas comment payer, tentent parfois de se barrer sans l'avoir fait. Le tailleur turc, dont le fils vient de se marier, qui rapetisse les vestes trop larges, coud des ourlets aux pantalons trop longs, répare les déchirures qui courent le long des coutures. Le restaurant au numéro 23 aux pierres apparentes et à la cave voutée. Tous mes souvenirs, parmi les plus essentiels. Les retours de soirée du Bus Palladium, titubant le long des 350 mètres qui me séparent des lumières hallucinées, des rêves renversés. Les deux chambres de l'appartement, la respiration douce de l'amoureuse, la chaleur la plus humaine. 
Je redoute de quitter cet appartement qui souvent tombe en morceaux, le plan de travail rongé d'humidité, les murs vieillis avant l'heure des fuites multiples de voisins morts ou peu précautionneux
Je pense, avec détresse même, à ces nouvelles rues qu'un jour j'habiterai, loin, trop loin du 9ème arrondissement, je les imagine vides et tristes, grises même en pleine lumière. Ma lumière, c'est la place Gustave Toudouze, le café cher, bio et surtout dégueulasse du Père Tanguy. Tout me manquera, la librairie Vendredi où j'ai trouvé un peu de ma vie et où, comme un livre abîmé, en laisserai beaucoup la quittant.
Plus précieux que le 9ème arrondissement seulement, mon amoureuse qui guérira de ce deuil, caressant les boucles tombantes tristes de mes cheveux quand je penserai aux matins de Paris, l'hôtel quatre étoiles tout au bout de notre rue. La limite au-delà de quoi c'est la nuit du reste du monde.

17 décembre 2021

Désirer comme une femme

La première fois a ressemblé aux suivantes. Les suivantes à la première. Je ne sais à quel moment le fil des pareils-aux-mêmes, s’interrompit, à quel instant je pus au plaisir prendre ma part. Celle qui m’était due. Le désir je le savais, pas par coeur certes, on ne le sait jamais en entier, ni aujourd’hui ni plus tard, le désir je le sentais boule tiède dans le ventre, petit animal doux et ronronnant, sensible aux images, aux regards. Le désir parfois violent, carnassier prêt à tout rompre, le désir hurlant, à l’intérieur de moi semblable une foule en insatisfaite, affamée et avide de sang, de dents enfoncées dans une chair tendre comme du pain frais. Le désir solitaire me clouait insatisfaite, hors d’une totalité que je pressentais, qui, de justesse, m’échappait, me faisait étrangère. Je ne parvenais pas, piégée en haute mer, sans vent, sans courant.

 

Le désir fonctionnait parfaitement bien. C’était au niveau du plaisir que ça coinçait.
On aurait dit que la peau ne suivait pas le mouvement muet, que l’influx nerveux ne parvenait pas jusqu’aux profondeurs, comme si le désir s’engageait dans toutes mes impasses intimes, qu’aux embranchements décisifs un éboulis de pierre coupait la route en deux. Le plaisir ne venait pas. Orgasme enfoui trop profondément, dans des couches géologiques sans nom, minéral fragile, tremblant, invisible. 

 

Je demeurais insensible à la main follement désirée dont la matière, au contact de ma peau, changeait. Devenant métal dur, froid après avoir semblé argile mou, tiède.

Brusque, impatiente, douloureuse. 

 

Moi, je ne savais quoi faire de ce désir, ces impasses, ce courant électrique, alors je reprenais les paroles, les mêmes depuis le début, comme une comptine ânonnée de toute ma chaleur tourmentée. Je me disais qu’en répétant toujours la leçon quelque chose finirait bien par vibrer, une juste récompense me parvenir, alors je disais, je répétais, je m’exclamais puis je me suis tue sans croire au silence. Je me suis tue. Aphone. 

 

Je ne dirai pas que c’était désagréable, je dirai que ça rendait le temps long comme l’attente dans un train arrêté en pleine voie. On signale un problème électrique pour expliquer la paralysie momentanée. Je revenais à ce problème électrique, le signal ne se traduisait pas, aucune intervention intérieure ne semblait pouvoir ressouder les fils dénudés. Tous mes efforts semblaient vains.  

 

Je restais assoiffée, le corps impertinent, rageur ou vengeur. Pourtant, je jouais le jeu, j’écoutais les désirs des garçons puis, sans que rien ne s’en trouvât changé, des hommes. Toujours la paume d’argile devenait la pierre rude, insatisfaisante, puissante d’aucun feu. Les poils, les leurs, les miens, un buisson d’orties frôlé d’un peu trop près. 

Le désir intact. Le petit animal grandissait, atteignait une envergure mythologique.  Je me souviens :

Le garçon que j’aimais dormait d’un sommeil pur et je me tordais, agitée d’un désir qui me paraissait coupable. Dans l’immobilité son corps retrouvait lentement la couleur tendre du sable chaud, je sentais dans les creux de son dos comme de minuscules tanières, des abris microscopiques qui sentent bon la forêt, la mousse, le refuge et la cabane maladroite. Le désir montait, intact, comme une musique intérieure, une fanfare festive, assourdissante. Ca ne clochait pas ici. Puis s’écrasait, anéanti sur une plage vide, n’abandonnant aucune trace sur les galets ronds et polis. La marée montait, puissante, sans jamais dépasser la falaise immense de la côte. Le plaisir devait se trouver de l’autre côté du mur infranchissable. J’attendais le déluge. 

11 décembre 2021

KOTS

Tu ne vas pas reculant mêler
la sueur à la sueur le sang avec le
sang
au long dîner de ton toi épuisé
Comme chaque fois tu tiens
entre tes mains toute ta vie
cette mémoire de rien du tout
cette vie la tienne autant qu’au receleur
le bracelet dérobé
Tu ne vas pas reculer
Tu déposes, brume brûlante
ton espoir ta croyance
ton dieu supérieur et tes idoles
paniquées
tu alignes près du ring
toutes tes superstitions
le pendentif d’os cannibale
la tête minuscule d’un sorcier
vaudou terrassé par sa propre magie
le miroir dont on dit qu’il renferme l’image
immortelle
de Nicolas Flamel
le Saint-Suaire acheté
à l’ombre du grand temple
auprès d’une jeune juive aux cheveux
teints orangés tant dorés que tu les pris
pour la moisson et la mort
une croix toute tordue
d’un martyr égyptien qui refusa
d’embarquer avec les Dieux
Tu te signes tu ne recules pas
à la montée des eaux tu ne crains pas
le dégel du continent arctique
le tonnerre des neiges fondues
dévalant à vive allure prédateur
blanc insatiable
Toi, séisme le poing pied
la main elle passe tu la devines
la main passe lentement lente la main
qui passe t’effleure la main qui passe
t’effleurant cette main dure sévère
lente à mourir cette main comme
les cheveux roux d’une vieille juive
un jour à Jérusalem qui vendait aux
naïfs l’ombre la cendre du Christ
il fallait regarder les mains
de la vieille juive
rouges les mains rouges les cheveux
du sang du sauveur
la main touche
quel espace ouvert là
soudain
quel abîme
sépare en deux le doux le dur.
Tu entends au loin des voix inhumaines
comme le chant aphone des anges déchus
le froid soudain t’entre dans la peau semblable
à dix mille clous te perçant les membres
te voilà serrant les dents la main revient
tu distingues dessus l’ombre du sauveur
tu mords la main tu bois le sang de la main
tu entends de l’autre côté l’hurlement vivant
de celui qui tient sa main
la mâchoire mâche la main maintenant
dans une étrange mare de baisers et de brisures
ta main à toi se lève ta main à toi affamée
d’espace parcourt le vide à une vitesse inouïe
quand dans l’air accourent tu ne les comptes pas
d’autres mains sèches ailes dures polies par l’effort
par la mort
on te parle
comme si tu ne pouvais plus
entendre
comme si tu ne pouvais plus
sentir
tu demandes

10 février 2021

A toi, le prince des monte en l'air

Cher as de la Cambriole, 

toi l’ouvreur de mon courrier toi celui qui furètes contre ma porte

toi qui déjà me dérobas quelques lettres

je te prie de revoir tes ambitions à la baisse

et d’éviter de pousser ton intrusion jusque dans mon intimité. 

  

Sache que je n’ai pas la miséricorde de Brassens qui, pardonnant, le larcin chantait Stances à un Cambrioleur. Tu ne recevrais de moi qu’imprécations et colère. 

Tu n’aurais, de toutes façons, à ne voler ici que des dizaines de recueils de poésie, un peu de bazar et peut-être un potimarron. Quelque chose me dit que tu ne cherches ni un libraire, ni un primeur ; pour arranger le bazar ne t’en fais pas - merci de ta considération - je m’y retrouve.

 

De même pour mon courrier tu n’y découvrirais que quelques revues de littérature, certaines décevantes, parfois la presse ou même des factures - tu peux t’en acquitter.

Si tu aimes tant la poésie tu peux aller me lire ici proses.canalblog.com on y trouve toutes sortes de vers et même 

un avertissement pour un cambrioleur

Peut-être te reconnaitras tu ?

 

Le plus souvent, je me trouve chez moi - c’est ainsi que je t’ai entendu après que tu dérobais mon courrier - et je sais les gens de ta sorte trop timide pour ne pas craindre les rencontres. Alors…ne viens plus, j’aimerais t’épargner cet embarras autant que le goût du laiton ma canne. Je ne saurais te dire le pire entre ta honte, douleur morale et la douleur physique d’un coup bien visé.

Ton goût pour le risque, ne le pousse pas jusqu’à cette expérience. L’ignorance peut-être une vertu et le savoir un poison. 

 

Je n’aime pas faire la leçon, vois-tu, mais…nécessité fait loi. Et celle-ci a parfois les rigueurs d’une lèvre fendue. 

 

Pas du tout bien à toi,

 

Jonathan

20 janvier 2020

Instagram

Vous pouvez me trouver sur insta désormais : influx en sueur pour le jeu de mots influenceurs.
Les influenceurs, de nos jours, pour satisfaire leurs dépenses vendent des produits inutiles et parfois dangereux et en font la promotion à travers des "stories" (petites vidéos qui ne durent que 24h) en lisant souvent un argumentaire fourni par la marque.
ceci pour faire poésie partout et de tout ; comme des flèches le bois et le feu.
Je découpe à ma guise leurs discours versifiant la plus banale prose

Leur donnant la beauté inverse du but mercantile originel. La poésie étant gratuite par nature.


Parce que ce faisant on présente aussi une vision du monde marchand contemporain, les objets à vendre dessinent aussi l'être en devenir. Il s'agit d'une certaine apparrence, une certaine minceur, par exemple. Voilà ce qu'on dit du monde. Ce faisant, on trouve aussi des invariants stylistiques. C'est la langue de l'époque. Puisque les argumentaires, comme dit déjà, sont fournis par les marques. 
INSTAGRAM

 

https://www.instagram.com/influx_en_sueur/

9 février 2020

Auto-Commentaire

Je commente mon dernier poème.
Puisque m'a été fait la remarque et que j'aime apporter des précisions, j'ai une tête de quatrième de couverture.

Ca formait un duo d'avec mon poème qui portait ce comentaire en lui (était programmé pour le recevoir) ; un peu comme le feu pâle de Nabokov sauf qu'au lieu de s'opposer à un écrivain fictif l'opposition réside sur la dualité texte/voix (langage écrit/langage oral). Qui est un autre dédoublement, autre hétéronomie, plus métaphysique.

7 avril 2017

Léo vient de m'écrire sur facebook : le problème

Léo vient de m'écrire sur facebook :
 le problème de la France c'est le nominalisme
rendant presque nul ce poème
ou au contraire
pensée
sauvegardée à elle celle justifiant
tout ceci
Je crains la disparition des poèmes de Léo                                                                                                                                                alors je les recueille
                         dans un fichier .pages sur 
                         mon disque
                        dur
La disparition de ces poèmes
     recomposés          à               partir 
                  de bribes            déjà          existantes
rebouleversés           d'éléments neufs                ou rénovés
simplement
                terrifie ce 
                                                                                                                          que je suis
Léo sauvegarde à peine la poésie qu'il écrit
comme traitant d'une chose sans importance
aussi une façon, 
peut-être, si je dois deviner son intention
de dire que la poésie ne sera pas toute sa vie
                 les années le rongeant lui comme elle
métaphorisant  le passage                                                  des ans         
je le dis sans savoir
nous ne parlons jamais de sa poésie
ou bien avec beaucoup de gêne
comme une chose sans importance
qui compte beaucoup trop
pour moi peut-être plus
qui crains l'érosion
Rémi ou Marie-Anaïs 
recueillent aussi les pages déchirées
qui ne sont pas vraiment des pages
mais des pixels agencés selon le code informatique
qui les traite
puis              les         éparpille 
soumis au clic ennuyé 
de Léo.
je ne peux imaginer les clics de Léo
autrement qu'ennuyés, prêtant un intérêt
limité à cet enchaînement poignet-doigt-clic
malgré les conséquences
définitives de ce mouvement
mécanique
Aragon jetant dans le feu la défense de l'infini
le faisait avec une rage lyrique
celle qu'on a si éconduit
à vingt ans
cendres
Dans les poèmes de la Puerta del Sol, 
publiés je crois, à titre posthume
del Sol sonne
comme une autre façon de dire
Léo
Aragon relate l'épisode 
dans des vers terribles et beaux
vibrants comme une orgue
 je crois
et pour être sûr qu'ils vibrent comme une orgue
j'écoute [spoiler=]occata et Fugue en Ré Mineur BWV 565[/spoiler] Bach en même temps que je lis les poèmes de la Puerta del Sol et que 
j'écris ce poème sur la dissolution des poèmes d'un autre que moi
les vers d'Aragon auxquels 
je fais précisément 
références sont ceux-ci :
Alors j'ai déchiré quatre années de ma vie
De mes tremblantes mains De mes doigts noués durs
d'autres importeraient peut-être au lecteur exhaustif ; moins aux autres :
[spoiler="reste"]
A genoux traînant mes jambes les pieds nus
Ferme la fenêtre il souffle une brise coupante Les feuilles
Vont s'envoler
Assis par terre et les jambes traînant à droite
A gauche un visage perdu Lisse au moins semblait-il
De toute pensée
[/spoiler]
ici les vers importent à nouveau :
Quatre ans les feuilles de quatre ans rameutées
Pour le feu projeté les flammes tout à l'heure
Nous savons que Nancy Cunard tira du feu de nombreux feuillets, entreprise permettant désormais la publication quasi-annuelle d'une édition augmentée de la défense de l'Infini réjouissant sûrement les actionnaires de Gallimard et les lecteurs fortunés d'Aragon. 
[spoiler]
c'est chose rare de voir s'entendre la culture et la spéculation ; nous ne pouvons que nous féliciter de cette amitié née de cendres aragoniennes
[/spoiler]
ces deux groupes peuvent très bien n'en constituer qu'un seul.
Ainsi la poésie de Léo
meurt dans ce même feu
plus mou comme il le dit parfois
dont il faut les tirer du feu
lui et elle
J'ai très peur de ne pas me souvenir
des choses de ma vie
je serai vieux un jour
ou déjà
passé depuis longtemps
de mode
on dira que je suis jeune
encore
malgré tout
cet effacement
actualise
le trou de mémoire
à venir
la calvitie qui gagnera
un jour
et le souvenir et le front
les poèmes de Léo sont touchants
ils changent de forme au fur et à mesure
des versions comme soumis à
une pression jamais la même
déformant le poème ;
sans le dire il combine de vieilles choses                                                                                    
à d'autres neuves
les siennes
ce qui est une forme comme une autre de modernité ;
[spoiler]
peut-être la plus moderne
[/spoiler]
mêlant aux formes du passé
des techniques récentes et
sa vie particulière
qui par nature et nécessité
se vit hic et nunc
[spoiler]
le 
je 
se glisse
insidieux dans toutes les coupes
le graal n'y buvez pas
[/spoiler]
Je crois qu'Aragon ment 
ou exagère ce qui est
 l'une de ses caractéristiques
lorsqu'il rapporte cet événement
survenu dans une chambre d'Espagne
Et qu'au feu ne brula qu'un quasi
rien
Peut-être en va-t-il de même
de la poésie de Léo
intacte quelque part
ignoré de                tous

Il n'y a pas de rossignol chez Léo
ni d'arbres secoués par la brise du soir
Léo parle souvent du cliché qui dans sa bouche
sonne curieusement il "salive" le mot qui nous
parvient ainsi humecté
[spoiler]
de la même façon il prononce
con de la plus adorable façon qui nous fait sourire 
Marine et moi
[/spoiler]
plus surprenant le motif de l'appartement revient plus
souvent                                                                                itération que je n'interpréterai pas
que celui de la chambre                 et la solitude                                           comblée d'un coup 
                                   p       a     r                  l      '     a    m    o    u        r      
[spoiler]
ce qui est un peu cliché quoi que très vrai et il ne faut pas craindre la vérité même quand elle passa par tant d'autres avant soi.
la vérité même
[/spoiler]
C'est une poésie d'errance ponctuée de lieux
pas différente en ceci d'une grande quantité de poésie
et d'individus, rarement nommés ; eux
symboles bien davantage ; réels pourtant
au dehors du poème / dans le poème fonction du poème
ce qui se retrouve dans une poésie moins nombreuse
quoi qu'encore très conséquente.
Mais l'idée générale d'un poème n'est jamais à la fin
que la combinaison de mots formant des phrases ou des vers
arrangée sur une feuille ou une page web ce qui revient à peu près au même
on ne pourra donc reprocher à léo d'utiliser comme tout le monde
le support permettant l'écriture ni par extension
d'adopter les thèmes généraux de l'écriture poétique
[spoiler]
ces dernières phrases 
je les écris 
après une interruption 
-le ventre- 
dans la rédaction de ce quasi-poème
j'ai donc perdu la tension 
qui chez moi produit toujours le sens
je suis incapable de dire de la 
poésie de léo autre chose
que de vagues généralités
qui pourtant en moi sont 
constituées plus fines
et singulières
particules
[/spoiler]
Cette poésie bouge très lentement
celle de Léo                                                                                                           je veux dire
et le lecteur peut la comparer à la brise du soir dans les branches d'un arbre
ces rapprochements
trop insupportablement lyriques 
mais insuffisamment dénoncés
restent permis
je choisirai plutôt
l'aube sans bruit
où j'ai déjà marché
ainsi que vous tous
ce qui est encore un lyrisme
mais celui-ci d'un être véritable
        et sa vie réelle 
Mais la poésie de Léo s'éteint sous l'action de ce même Léo et 
doit être recueillie par moi
et tous ceux que cette action inquiète
peut-être que le ton dramatique du texte excède largement                                mon sentiment
ou bien non
j'ai la sincère terreur
des choses mortes
qui tombent trop brutales
dans le définitif
silence
comme la nuit finissante
la soirée consumée sans que rien
à la fin de cette fin ne bougea
sinon soi
toujours le même
pourtant
plus fatigué sinon
 
je ne décris pas ici
l'une des nombreuses possibilités de moi
abstraction inutile
c'est sur Léo sujet de sa poésie
que je discoure
 et le regret 
je pourrai dire la mélancolie
de sa poésie
régulièrement énoncés par lui
et
signifiés en les
choses finissantes
par moi rapportés dans une langue
approximativement
la sienne

La poésie de Léo n'est pas à proprement parler lyrique
Comme déjà indiqué, elle combine 
des manières modernes  
et une prosodie ancienne
lorsqu'elle est en vers, probablement influencée par la lecture
acharnée et subie des poètes renaissants et
 du    
                  v
                                                                                                                                                      e
                                                             r         
           s
   LIBRE
 
Sa prose a le rythme d'un vers régulier "Léa a les cheveux bruns, mais cela importe peu"
"Quand je pense à la vie de Léa, je vois le petit appartement, à Brest(,) qu'elle habite seule"



[spoiler]
où revient le motif de l'appartement

[/spoiler]

la poésie de Léo spatialise (ou géolocalise) souvent
les événements qu'il relate
formant un arrière-plan
sur lequel les sensations
s'impriment et se succèdent
(on trouve une
forme de narrativité
très souterraine
la lenteur n'est pas
l'absence de mouvement) 
mais Léo 
décolle sa poésie de tous les supports
et sa négligence en toutes choses
la fait mourir partout

Lorsque j'étais plus jeune
il m'est arrivé souvent de perdre
un de mes textes à cause
de ce que l'ordinateur
                                                                             PLANTAIT 
ou pire que maman
insupportée par le bruit
du ventilateur
l'éteigne brutalement

dans ma mémoire ils
sont les plus beaux
ils ont le charme
des disparus
intacts
et
absents
peut-être Léo pense-t-il ainsi 
faisant tout disparaître                                                                                      tout
et
nous réduisons à rien
son entreprise de beauté
par notre manie conservatrice
qui est aussi preuve d'amour



L'un des fichiers de mon ordinateur
porte le prénom complet de Léo
par lequel personne ne l'appelle
ou peut-être seulement l'administration
et sa directrice de mémoire
qui est une administration incarnée
ou sa mère si elle fâchée contre lui
ce qui encore est une 
forme administrative
et ce prénom sonne comme il faut
pour dire sa poésie

 

[spoiler]
je pense ici à Pound 
créant du sens par l'association
de deux groupes grammaticaux 
qui n'en possédaient pas
chacun une moitié
lorsqu'on les prenait séparément
ainsi il en va de Léo-Paul 


[/spoiler]



Les poèmes de Léo
sont des objets fragiles
sans que le terme ici
de fragilité ne concerne
l'intérieur du poème
ils sont littéralement fragiles
vivant toujours sous la menace
d'un clic ennuyé un jour
d'embarras
la poésie ce n'est pas assez sérieux
pour qu'on la conserve précieusement
dans
ce vieux coffre-fort un disque dur
je garde la poésie de Léo
sur mon ordinateur
31 mars 2017

NEGATIONISME

NEGATIONISME :

 

HOLOCAUSTE

 

 

six millions

auschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juifauschwitz chambre à gaz juif

22 mars 2017

Les giflés accroupis

La monstruosité débute par le dogme
La religion est assise sur un principe dogmatique
Certaines luttes sociales fondées en raison engendrent à terme un dogme
Les luttes sociales fondées en raison adoptent un dogme en constituant une doctrine
Il existe des religions laïques 
Un principe d'identité unit les religions laïques et les luttes sociales
Toutes les religions laïques sont des luttes sociales
Les religions laïques sont assises sur un principe dogmatique
Les adeptes des religions laïques se nomment militants
Le groupement des adeptes des religions laïques forme le militantisme
Le militantisme établit le plus souvent
un corpus de règles dont la violation
entraîne l'excommunication et la réprobation publique
l'excommunication et la réprobation publique sont le lot
des apostats
Les apostats sont jugés apostats après la violation du dogme
Extensivement l'apostasie désigne tous les militants à un moment de leur engagement
Le respect constant d'un dogme n'est possible pour personne
Tous les militants peuvent être considérés apostats à un moment de leur engagent
Les religions laïques luttent contre le dogmatisme
le dogmatisme primitif oppresse de façon systématique les individus qui ne respectent pas son corpus de règles préétablies
Le dogmatisme laïque préfère parler d'oppression systémique
L'oppression systémique est le résultat d'une configuration particulière de l'espace public 
La configuration spéciale de l'espace public protège les intérêts du groupe dominant
Le dogmatisme primitif peut être assimilable au bon-sens
Le bon-sens du dogmatisme primitif crée une catégorie de non-humains
Les non-humains créés par le dogmatisme primitif sont des quasi-objets
Les non-humains sont traités comme des objets
Les non-humains se dénomment minorité
Le combat social lutte contre le dogme primitif
Le dogme des religions laïques s'oppose au dogme
de l'autre dogme
Les religions laïques veulent subveritr le dogme
primitif 
Les croyances religieuses peuvent se déployer
dans l'espace circonscrit du pratiquant religieux
l'espace circonscrit du pratiquant religieux comprend : son domicile, son corps, son lieu de culte
Les pratiquants religieux ne sortent pas leur religion de l'espace circonscrit du religieux
Les croyances religieuses du pratiquant peuvent s'exprimer
sans prétendre dire la vérité du monde ou la vérité
tout court 
Les croyances religieuses permettent au pratiquant de découvrir la vérité personnelle du pratiquant
Les croyances laïques prétendent parfois
dire la vérité des individus et du monde
Les croyances laïques prétendent dire la vérité
des individus et du monde
Le militantisme confond deux ordres de discours
La religion laïque unit les phénomènes abstraits et la manifestation des phénomènes
L'abstraction des phénomènes et la manifestation des phénomènes sont distincts
Le militantisme est le lieu de l'action
Le laboratoire est le lieu des théorisations
Le militantisme peut avoir son laboratoire
le militantisme théorise
La théorisation du militantisme constitue le dogme

La gifle peut être étudiée dans le laboratoire des scientifiques abstrayants
Le non-giflé peut décrire du point de vue physique
ce que c'est une gifle sans présumer rien de l'effet
particulier et sensible de tous les giflés du monde
Le non-giflé peut décrire le déplacement de l'air
consécutif au mouvement de la gifle et l'accélération
de la main dans l'espace entre le début du mouvement
et la joue giflée
Le non-giflé peut aborder les conditions sociales
de l'apparition de la gifle sans prétendre rien dire
des sensations personnelles du giflé singulier
et du groupe auquel le giflé se rattache par nécessité
ou en raison de  l'assignation à ce groupe par le dogme primitif
La lutte sociale dogmatique n'a pas encore
expiré sa religiosité
La lutte sociale ne s'est pas sécularisée
Le militantisme n'a pas encore banni
l'inquisition du corps de sa doctrine
L'inquisition occupe une grande place au sein des luttes sociales
Une partie du temps révolutionnaire se consacre à la recherche des traîtres
Les traitres ont été des alliés de la révolution 
Les alliés traités comme des traitres n'ont pas changé d'avis
Le militantisme est fascite par nature
Le fascime du militantisme doit être compris symboliquement 
La radicalité du militantisme
est la condition de sa manifestation
dans l'espace public
Le militantisme non-radical
Appelé réformisme ne produit
aucun résultat visible
Le giflé a le droit de ne pas attendre la transmutation de la société suivant les processus démocratiques
Les processus démocratiques incarnés dans des institutions oppressives ne sont pas dignes de foi
Les institutions sont les garantes de l'ordre établi
L'ordre établi maintient le giflé dans sa condition de giflé
Le giflé peut parler pour lui-même
de la gifle
Le giflé peut choisir d'abstraire ou non
ce que c'est une gifle
Le giflé peut peut raconter ce que c'est qu'une gifle
et le meilleur moyen d'empêcher les gifles de survenir
Les giflés peuvent tenir le discours qu'ils veulent
sans subir de discriminations de mutilations de réductions
de leur identité à une portion de celle-ci
Le giflé peut renverser le signe infâmant
et porter autour du cou le signe infamant
Le signe infamant exagéré peut devenir un élément de la revendication politique
le giflé peut faire ce qu'il veut et je n'ai pas le droit
de dire ce qu'il peut ou ne peut pas faire
Le giflé peut dire ce qu'il veut et faire ce qu'il veut
sans que je ne puisse émettre aucun jugement
Le giflé peut dire et faire et vouloir ce qu'il veut
Je ne peux que relever et constater le vouloir
le faire le dire du giflé sans émettre d'autres commentaires
que mon percept
Je ne peux discuter de l'expérience intime du giflé
ni de la position dans le monde du giflé
Je ne peux imposer mes vues au giflé dans le champ
de la vie sociale
Je peux discuter des conditions sociales de la gifle
Je peux discuter les mécanismes ayant permis
l'apparition de la gifle et sa constitution en violence
systémique faisant précéder une catégorie d'individus
du signe négatif
Le signe négatif précédant les giflés justifie la révolte
La révolte du giflé paraît nécessaire aux giflés
Je ne peux juger de la légitimité du mode d'action du giflé
Le mode d'action du giflé contraint mes privilèges
Je peux objecter au mode d'action du giflé
Le mode d'action du giflé nuit à mon égoïsme
Je peux discuter du point de vue théorique la matrice de la gifle
sans remettre en cause
l'expérience particulière et sensible du giflé
Je peux discuter hors de l'expérience
vécue de la gifle comme concept 
il est possible d'avoir constitué le giflé a priori
avant la manifestation du premier giflé comme
une simple possibilité théorique 
déclinée en acte à un moment de l'Histoire
Les giflés ne peuvent être les seuls à parler
théoriquement de la gifle parce qu'ils expérimentent
La gifle au quotidien et que le laboratoire de sciences sociales
ne connaît de la gifle qu'une entrée encyclopédique
certains giflés n'ont pas l'air de giflés
les giflés auxquels manquent l'air de giflé
sont accusés d'être des non-giflés lorsqu'ils
évoquent la gifle la voix tremblante ou ferme
le dogme des giflés porte une violence
envers ceux-là même qu'il prétend protéger
tous les dogmes peuvent tuer
Tous les dogmes finissent par tuer
le dogme est une appréhension a priori du réel
permettant l'action automatique et non-réflexive
Le croyant agit automatiquement 
le croyant suit les prescriptions du dogme
Le croyant prétend ne suivre les prescriptions du dogme que jusqu'à la subversion du dogme primitif 
Le
Le dogme exclut en fait et en droit toutes les apparences du non-concerné
Le dogme renonce à l'esprit critique
Le dogme lui préfère le respect de la règle
Les luttes sociales cristallisées en dogme préfèrent à l'esprit critique le respect de la règle
La règle présume le réel
La règle conditionne l'action sur le réel à son respect
Le non-respect de la règle dégrade le coupable
La règle est une institution comme une autre
Le dogme est un catéchisme
La règle préétablie c'est le dogme
Le dogme entraîne l'action
Le dogme prépare la mort
le dogme fabrique un autre
le dogme confond l'autre et le même 
Le dogme ne peut pas faire la différence entre le semblable et le différent
le dogme tue le même
Le dogme tue le différent

Le réel peut-être appréhendé par des catégories intellectuelles établies selon les principes de la rigueur scientifque
les catégories intellectuelles acceptent dans leur principe même la contradiction
Karl Popper donne pour condition à la science sa falsifiabilité
La falsifiabilité selon Popper peut être définie ainsi :
Un énoncé est falsifiable s'il admet en logique l'observation de phénomènes qui dès lors qu'ils seraient vrais rendraient faux l'énoncé de départ
le militantisme confond deux espaces 
le militantisme confond en raison de l'unité corporelle des individus
le théoricien et l'être social
Le théoricien et l'être social partagent la même corporéïté
Le théoricien et l'être social communiquent l'un avec l'autre
La porosité entre Le théoricien et l'être social est évidente
L'hérmétisme entre le théoricien et l'être sociale est évident
le théoricien et l'être social ont des désaccords critiques/s'entendent souvent
Le théoricien aborde son sujet en suivant des règles critiques
L'être social réagit à des situations selon de vagues préceptes moraux
L'être social combine son intérêt personnel à ses vagues préceptes moraux
L'intérêt commande les actions de l'être social
L'être social et le théoricien occupent un espace physique commun
L'espace physique commun du théoricien et de l'être social n'est pas l'espace des conceptualisations.

Le giflé se sent nié par le dogme du scientifique
Le giflé confond encore deux champs
La souffrance du giflé sert de prétexte à tout

14 février 2017

François pas 1er

CHER FRANCOIS FILLON

Dure ta route tu croyais chemin des cocagnes
mais pousse le chardon le long des bosquets
saint assis moins saint déjà hier l'auréole
couverte d'épines ta main ensanglantée
les doigts bleuis le froid immense qui t'a
saisi ce jour là enfant pris la main dans le
sac on t'a dit de ne pas toucher chapardeur
crie au loup le loup hurlant dans sa fo
ret saisissant toute proie boitante
la pluie solitaire ton visage creusé
la crème anti-rides ça ne marche plus
Nivea n'importe quoi cet âge en un soir
une page 5 ans de ta vie


ton destin en morceaux vase de
Prudhomme tu attends ta sentence
elle viendra au petit jour brassard
orange police bougeant au gré du biceps
mandat d'amener pour ta gueule six heures
ta journée qui tient sur une feuille A4
C.V recto-verso le procès verbal deux pages
tu diras P.V en lieu et place de ton Je
deux lettres il te reste cette illusion
à la fenêtre défile le monde un livre
d'images hier tu votais la loi et sale
chien enragé elle tourne son croc contre toi
forgeron blessé par la lame forgée
peut-être tu aurais du te taire ce jour là
dans la salle de classe au moment
de choisir le délégué la première victoire
il monte vite ce vin le vertige l'estrade
pupitre ta voix monocorde inaudible
déjà 1982 ta signature au bas du projet
de loi tu aurais du peut être demeurer en
ton manoir et ta voiture de course
ta femme et toute la marmaille
sans un bruit sinon le cheval ébroué
halant Sablé sur Sarthe traçant la route
à rebours cet air décati ce coin de terre
des serfs si tu veux le droit de cuissage
l'ennui une épouse galloise on connait
l'anglois las tant de guerres pour l'aventure
la côte irlandaise et son vacarme de corne
Paris, Orléans, la Bourgone un peu le sous-
continent indien les massacres aussi
tu aurais du mais non toi tu devais pécher un peu mieux
que les autres tu n'avais pas lu l'Evangile
tu l'avais entendu dire seulement et
le péché d'orgueil ça ne te disait rien
ou pour les autres quand Nicolas
les poches pleines de billes moquait
ta banane vide la vengeance ça vaut
pour le temps d'avant avec le déluge
le feu du ciel sur les villes de plaisir
etc
Même pas circoncis mais oeil pour oeil
Alliance non-formée pauvre orgueilleux

Ta solitude gonfle comme une larme
il se fait vite le désert autour de soi
on peut te raconter les marées de sable
les fausses oasis tu auras tout vu
tu n'auras rien vu

Ce sera dur demain et le jour d'après
puis tu oublieras sauf ce jour le feu
qui craque comme ce soir maudit
tu lisais le journal comme tous les soirs
un verre de whisky peut-être la lassitude
des journées bien remplies cette courbe
honnête vers ton destin sans vacarme
fonction affine tu te souviens 8/20 en mathématiques
Tu rigoles imaginant Mme Lecanu sa tombe
et toi 4 millions pour ta gueule pauvre conne
tu allais à cette vie la tienne les ors et le tralala
cette vie en poussière tu la tiens dans ta main
ce jour encore 82 ans le rocking chair
ou la chaise de massage tu l'as acheté
sur catalogue tu te méfies d'Internet
c'est comme ça au futur tu vis encore
dans le passé

Désolé pour toi quand tu seras à presque mourir
Je ne sais ce que ce sera ma vie à moi peut-être la joie
peut-être le malheur j'aurai conquis l'espace été vaincu
par le temps mort déjà avant toi m'aventurant dans les contrées
où toi par avance tu trembles mon pauvre ta vie en miettes

15 août 2013

A l'horizon, ., ton image

J'exige les baisers cruels
jamais offerts
ou
Si parfois, peut-être, dans une vie à ce point oubliée
Qu'en se penchant pour y voir
La nuque se tourne, douloureuse et
La vue vient à manquer

Des baisers
d'il y a si longtemps
Qu'on ne s'en souvient plus que par les
Photographies

 

L'eau chante dans la bouilloire, l'expression te ressemble, elle a ton âge
Et le percolateur (ou l'amour) t'est aussi familier qu'à moi-même
Le café instantané

Le temps a emporté les nuits de ta jeunesse
Hors du monde et de ta mémoire
Hors du monde et de ta mémoire
Tes nuits démolies, démodées
Ont été emportées par le temps.


Tandis qu'en moi
L'inspiration
monte, monte comme une nuit vengée, un crépuscule sauvage
Les crocs du fauve dans le langage
La grande carcasse du ciel
La crinière tachée
de mélancolie parfois
De grêle et de fleurs demain.

 

Ici, le sang s'arrête un instant. Tout à l'heure, autrement métamorphosé, il reprendra l'histoire. 
Tout à l'heure, les mots paraissaient la mauvaise herbe d'une mémoire, la pierre effritée des vies trop longues, les mots semblaient...mais
Les voilà changés par la maladie ; la mauvaise saison débute où tout se change en désert. Une suffocation. La toux tonne dans tout l'acte et les tuberculeux, en retard, enfuis du sanatorium prennent la place vide du choeur. Enfin, de la musique.

 

 

Je reconnais ton odeur et je remonte la piste avec les doigts mais déjà tu te méprends tu imagines à mon geste je ne sais quelle intention
frivole
comme si une
Caresse maladroitement
Prononcée
déliait mes phalanges

Tu imagines mon doigt parcourant l'espace entre nous
A la recherche d'une réalité
D'un de ces débris,
un mot de tendresse
le langage cal-
-caire
Tu imagines tout ceci
Parce qu'un jour tu m'as entendu
Demander le retour de mon enfance partie dans je ne sais quelle foule
Avec mes premières dents
Tu m'as entendu demander les gestes de la sensation
Pure
Tu as cru tout comprendre
De mon vouloir des baisers cruels
Mais je les exige exaucés par des lèvres
De drame
Une bouche
Tendrement bleuïe par la marée
des songes
je veux cet instant de toi
Où tes paupières changent
en la pierre
Stricte des Morts

J'aime l'odeur dans tes yeux, cette pourriture extrême qu'on appelle
L'âme humaine
Une eau bénite
Dans une Eglise déserte


et toi accroupie dans ce silence lointain, toi dans cette nef sans bruit,
tu n'entends pas le froissement de mes os contre l'idée de tes mains
Tu n'entends pas ma prière sans cesse interrompue par l'aube
Ni la nuit errante, pourchasée par le jour.


J'ai suivi ton parfum jusqu'en

La fin étrange du monde

Cet endroit de miroir, infranchissable
Eau close à la force, la colère et toutes les chaleurs
A l'infini encore je bute sur l'ombre de moi-même
Reflet de vivre
Triste reliquat d'exister
Un "Je" manqué.

 

11 août 2013

N'être au monde qu'une chanson passée

Oui. Je suis comme ça. Les mains tachées de feu
Un volcan pour rire

Ma voix arrachée de l'écorce terrestre
Du noyau brûlant, du langage paniqué
Prononce des mots de fièvre
Et d'angoisse



Abandonnez par pitié ce port de tête instable, cet air souvent que vous prenez comme si vous n'étiez au monde que pour passer. Solitude, peste de notre siècle, épidémie mentale. J'ai vu dans tous vos yeux mes épouvantes et je connais je crois le tremblement de vos nerfs, le murmure comme une prière païenne au lever des cauchemars. La neige fanée, rosée étrange des paniques, coule sur le front ; à cette heure des aubes et des ombres, la saison la pire, le froid mortel comme un adieu, hante la vie. 

Mais c'est toujours la solitude arrangée de miroirs, augmentée de reflets, ces pauvres Narcisse sans danger -une bosse contre l'eau dure du psyché.
La lumière contrefaite des amours qui ne sont pas toi (et les deux premières lettres d'AMour, ton prénom pris au piège des diffractions), drôles de bougies ces corps froids, lumière glacée, plus inquiétante parfois que la nuit enfantine.

En ta présence
Hurler
Hurler
Passer sur les lèvres amantes
Les morceaux épais
Le métal dur
La pierre sèche
De la vie
Ces formes connues
De ferveur



Vous parlez de vous comme muni d'un pouvoir incroyable, mais votre pouvoir immense c'est le sable inutile des déserts.
La lumière imbécile des cages d'escalier, l'alcool et la voix aiguë.
La nuit à pas bruyants il vous semble entendre des mots d'amour. Des paroles hurlées. Vous dites. De vos gorges enrouées. Vous prononcez l'angine blanche. On appellerait HURLER cet appel au secours ? HURLER. ?
Vos voix me paraissent le cri des gibiers traqués. Un coin d'ombre et de chaleur et vous le nommez Amour. J'ai nommé moi aussi ces caves insalubres, ces déserts sensibles, ces flaches d'eau croupies, j'ai nommé moi aussi les ombres de ces lieux du nom, oh prenez pitié, d'amour. Je prenais un râle d'égorgé et le claquement des fouets pour l'Opéra. Ah, je croyais reconnaître dans le faux accord des muscles, le point incandescent du langage. Qu'était-ce ? Du temps perdu. Et le temps perdu porte des prénoms oubliés, des initiales mal effacées -les rides de plus tard.

(sur le visage des vieillards se déchiffrent des prénoms enlacés, les caractères du temps perdu)


Jadis les cailloux trouvés dans le noir sentaient bons le chant des fleurs recluses
Mais aujourd'hui est un champ de parfum, un grand ciel et toute la
Nuit
Entrecoupée de foudre
Et de mer heurtée

(comme on se souvient des mensonges du temps passé ; ces marques inconnues dans l'argile sèche, ces miroirs de plâtre, ce monde de verre brisé, de douleurs apprises par coeur et récitées le souffle court. Un mauvais livre vaut mieux que ces amourettes)

Vous êtes seuls. Seuls dans la décadence et seuls dans la peur. Seuls seuls, seuls, seuls dans le grand vide des mots, dans la soif féroce des images. 
La poésie tombe d'un autre ciel ;
En orage de grêle

Mais pauvres bourreaux, le "JE" par vous traîné à la torture. 
Votre narcissisme étroit, blasphème 
On l'entend aimer le
Reflet d'un miroir de poche


9 août 2013

Tu entends

Tu entends ? 

On dirait le ciel
Qui marche 
dans le miroir
Comme dans une mer
Hantée

Il est comme je serai tout à l'heure
Quand cet étrange moi sera né
Ce reflet tiré
de l'eau heurtée par la foudre
et le feu
Ce moi-même dans les songes
Accouché par l'orage
Surgi
des nuages pur-
-gés

Tout à l'heure quand j'irai parcourir l'absence de toi,
Le désert dans la tête et les mille formes de sécheresse
Et seulement les sources où tu te mires désaltèrent cette sorte de soif
Tout à l'heure comme parfois je croiserai la sensation de la mort

Tu entends ?
La pluie très tardivement tombée
Comme un pas somnambule
Foulant le silence
Tu entends ? 

Un bijou détaché
Un cristal perdu
Un foulard dénoué
Les songes forcés

 

 

 

3 août 2013

sans rugir

je ne peux sans rugir laisser dire que vieillir comporte ses avantages comme je ne pourrai le laisser dire des pires saisons avec leurs sapins bariolés, leurs fêtes, leurs solstices de noir ; il y fait un froid de missel, un froid de croyant comme dans vieillir.


Je me fiche de la lumière dans les yeux des vieillards et ma vocifération prend ce tour là ridicule pour toujours, cette outrance de cabotin. J’aime les brûlures, le ventre cerclé de rouge -je porte entre le nombril et le pubis un signe d’amour, une marque fragile ; souvenir banal d’une conjurée- par le bavardage calciné de l’enfer.
Je serai
Un grand incendie dans un minuit de janvier et de gel
Changé en brasier je tolérerai 
L’existence nocturne la moins miséricordieuse.

(mais tout ceci ce sont des mots et quoi choisir entre deux mauvaises herbes ; entre la parole et le tremblement. Laquelle aux flammes obscènes et laquelle mêlée aux chardons ? Qui peut ? On se trompe toujours. Je ne suis pas un paumé, je suis un désespéré heureux. Dans la vie je flâne et je paresse, longtemps j’ai cueilli les fleurs inutiles ou recluses, longtemps j’ai trouvé beau les cailloux parce qu’un instant ils retinrent le regard d'une amante. Précieux, précieux de ses yeux décomposés).



Vieillir...
Mais moi je suis devenu fou, fou terrible il y a quelques années déjà quand autour de moi chaque personne se changeait en adulte comme si une épidémie de la peste la pire ravageait toutes les jeunesses. Et les âmes, les âmes flottaient comme des angines blanches, s'agitaient tourments insolaires.

Moi avec mes yeux de fou je les imaginais se lécher leurs bubons infectieux, se transmettre en baisers leurs salives perverses et leurs secrets contagieux.
Je les voyais vieillir
C’est à dire
Sûrement
Vivre sans rage
Guéris de la tempête primitive
Le coeur joli et dangereux
Prisonnier
Comme un lion de dompteur
Dans le cercle de feu



A quelle vitesse, avec quelle hâte n’ont ils atteint les abysses hantés de l’habitude. Se lestant le cou pour y parvenir au plus tôt, et à ce point de vase, prononcer les formules d'une religion inconnue. Dire une langue stérile, de pierre, d’édifices publics dire pour les fantômes. 

Mais j'aimais avant de devenir fou le mot d'amour
Le mot d'amour bruyant
Et son fracas
Son sable
De mouvement
J'aimais le mot d'amour
Dévié par le regard
De D.


J’aimais Diane d’un amour dangereux parce qu’elle avait les yeux les plus étranges de ce temps. Un loup peut-être, mais assoiffé alors et malade d’une maladie de loup -et peut-être suis-je écrivain mais vétérinaire certainement pas, alors je dis une maladie de loup, une maladie avec des dents ébréchées et le pelage un peu râpé comme d’avoir marché longtemps dans une forêt étroite de pins et de branches ; aux arbres toujours plus bas semblable à une nuit tombante -et la forêt ce sont mes cheveux et le loup de ses yeux s’y est promené, emmêlé, écorché, entêté.

Vieillir, vainc jusque dans ses mains. Vainc oui avec cette sorte d’orthographe  à la mèche défaite.

C’était un soir, une presque nuit, et nous dînions. Ils organisaient des dîners, eux, les adultes et j’y participais. Et ce jour dans mon assiette je vis comme une espèce de cartilage et dans mon verre un bâillement éventé. Mais personne ne protestait et mes yeux horrifiés personne non plus ne les remarquait. Le langage sénile persévérait dans l'incontinence. Et moi, moi, je me suis senti mal comme au bord de mourir, comme au rebord d'une autre vie, comme debout, là, sur une falaise, mais sur une falaise sans vertige, une falaise qui donnerait non pas sur du vide, non pas sur du néant, une falaise qui donnerait sur l'absence.

Je suis parti. Après tout ça, je suis parti pour fuir ce monde de rides, de pièges, ce monde d’ennui.


Je suis parti en Asie quelques mois, suspendant mes études, abandonnant la langue. J’errais dans la jungle tropicale, sur les plages, je me peignais en presque soleil avec les couleurs trempées de mousson. Mais je ne vivais pas non plus. 

J’ai revu Diane il y a quelques semaines, ce que je raconte c’était il y a deux ans, il y a deux ans j’haletais mimant l'effort de l'acteur, je souffrais avec quelles pâleurs oubliées..


J’ai revu Diane et oh visage de carnage
Vitrail brisé

Ô ma très sainte Diane saccagée 
Par ah je sais très bien l’hérésiarque
Le poing sacrilège traversa de haine contractée
Le souvenir

Et l’on peut dire d’elle présente
déjà

«elle dut être belle»

Mais les miroirs déjà n'en ont plus qu'un souvenir
Un certain port de tête peut-être
La rondeur encore neuve des épaules
Mais le reste comme un naufrage
Un navire couvert d'algues rutilantes
De coquillages pétrifiées
Gigantesque avarie.

Ce visage comme il a plié sous les pas d'oubli, de l'oubli lourd comme un soc, l'oubli entré profondément dans cette vie toute couverte de tourbe et d'argile fanée. 

 

J’avais juré au plus triste de mon amour -longue, longue et inutile chanson- de la préserver intacte dans la mémoire.
J'avais juré sur les lettres d'amour de garder en moi-même son visage vierge des outrages mignons
Promis, promis d'ignorer les paroles des miroirs volages

Promis promis de résister mieux que l'encre des photographies
Où le portrait déjà a couleur bleu 
et sévère.

J'avais cru ma folie l'ambre la plus précieuse
Mais je croyais aimer
Et ce n'était que le mot d'amour.

Aujourd'hui voilà comme résonne aimer :

 

Mais pour déchiffrer ce langage il faut d'autres yeux.

22 juillet 2013

Comme le temps passe et bourrelle

Dieu comme tu as changé
Je me dis à moi-même
Etrange murmure de solitude
Ces traces sur ton visage
L'air vieilli de tes yeux
Tes lèvres presque fânées
Couleur d'un rose d'antan
Je me dis à moi-même
Etrange murmure de solitude
Comme tu as changé
Et ce visage presque laid
porte les marques de mon oubli.


J'ai oublié oui, sans faire exprès, un matin de désordre.
Les cheveux si mal peignés qu'on aurait pu croire que je sortais
Du fond des âges pour la destruction, la honte ou l'amour.
J'ai oublié d'abord ton nez, les grains de beauté de ton dos
Ah comme on se souvient bien en prononçant "j'ai oublié".
J'ai oublié, la forme de tes seins
La longueur insatisfaite de tes cheveux
Ton regard destabilisé
Lorsque le soleil sèche si lentement
Dans le ciel d'automne.

Comme le temps a passé sur toi et ton visage n'est plus déjà le visage de mes poèmes
De :
Mes crises
Mon hystérie

Ma frénésie

Mon lexique psychatrique inventé pour déchirer
Ton ventre
Dans un mouvement compliqué
De haine.
 

20 juin 2013

Comme un estomac

Dans cette longue nuit qu'on prend parfois pour la vie
Nulle voix pour arracher à la terreur, un peu de lumière.
Il est trois heures

j'ai très faim

j'ignore le nom du repas pris si tard.
Peut-être déjà est-ce le matin
Un matin d'hiver, dehors il fait noir, et la lune brûle 
sans bruit
Etrange combustion
du silence.

C'est le matin peut-être
mais d'une autre saison
et j'ignore toujours le nom 
de mon geste inconnu
Parcourant la nuit tiède
Humide
Solitaire
Comme un estomac

Affamé.

 

 

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>
boudi's blog
  • une fleur qui a poussé d'entre les lézardes du béton, un sourire qui ressemble à une brèche. Des pétales disloqués sur les pavés à 6 sous. J'entends la criée, et le baluchon qu'on brûle. Myself dans un monde de yourself.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 52 424
Publicité